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Plumes et crocs [PV Eze]


Sam 26 Aoû 2017 - 23:32

PLUMES ET CROCS

FEAT HO' N. EZE


    Parfois il s’amuse à voguer, au creux des herbes folles, au fil du vent, au rythme de ses bourrasques. Son pelage dansant en guise d’étendard, l’alerte d’une présence unique : un loup parmi les hommes, habitué à leurs pas, à leurs caprices. Il ignore la plupart, joue de son charisme avec d’autres. L’ordre est simple, la peur en premier, qui débouche sur la panique, pour ouvrir les portes de l’agressivité. Rares sont ceux qui savent vraiment parler, ceux qui savent se taire. Le silence est la réponse qu’il préfère entendre. Quand la proie fait le mort, c’est le délice d’un repas avant l’heure.

    Lunaire, il scintille de nuit, s’avançant tel le prédateur qu’il est censé être. Chassant, scrutant, traquant. Le monde est une merveille, ses trésors sont pour lui, roi de tout. Un insecte en appât, la flore en spectatrice, scandant son nom.

    De tout et de rien ? Sa vie se joue à la seconde, transcendante et aiguisée. Il se sait bestial mais pas seulement. Son lien avec Meian fait de lui un être à part, le loup hybride, le non-solitaire. Il s’est habitué aux commentaires des yeux, des sens. Leur logique n’en a aucune, ce duo questionne et intrigue. Lui ignore, recadre, modélise à sa volonté. Ceux qui jugent ne sont pas dignes d’intérêt, qu’ils soient humains ou non.

    Même les arbres sifflent parfois, lui hurlant de courir, de fuir les êtres qui ratissent sans replanter, qui soulèvent et brûlent. Le danger, il en est conscient, mais sa soif lui en demande plus. Les barrières imposées, ces limites invisibles, il s’en débarrasse.

    Un bond et il est au ciel. Il vole presque, pattes étendues, le corps tout entier qui s’étire avec une souplesse que l’on n’imaginerait pas. Un saut, une cabriole, des griffes qui lacèrent, martyrisent, prennent appui et jettent. Un loup ne court pas, il foule. Son passage est craint et suggéré dans les bruits comme dans la prestance.

    Il s’arrête enfin. La piste prend fin.

    La pauvre bête ferme les yeux. Elle ne cherche même pas à fuir, son destin est déjà tracé.
    Naiem s’élance, c’est son jugement ultime.

    Mais là où la chair devait être douce et velue, elle devint ferme et sans goût. Pas de sang ni de bruit. Des plumes remplaçaient la fourrure. Quelque chose venait d’intercepter la foulée du loup à mi-chemin. Le choc le fit plonger vers l’avant. On venait de le bloquer dans sa chasse.
    Au loin, la proie s’enfuit, consciente de sa dernière chance.

    Naiem se met à grogner, dévoilant ses plus belles canines. La silhouette l’intrigue, son odeur est unique ; des effluves qui se mélangent et créent une identité à part entière. Il sent l’homme, la mort, le bois et le charognard. Allure d’homme, odeur de corbeau, texture minérale.
    La chose se lance, il était sa cible. Il l’observe, plus intrigué qu’intimidé. Il bondit in extrémis, attend, joue et fait la ronde avec l’hybride. Une danse infinie. Il tend ce qui s’assimile à des bras, à l’image des prémices d’une étreinte.

    Voulait-il/elle vraiment une accolade ?
    Existe-t-il sur terre plus désespéré ?

    Naiem ne pouvait comprendre. Des enfants, encore, pourquoi pas. Mais l’ombre était bien trop grande pour être de bas âge –si encore pouvait-on parler d’âge-. Le questionnement fit place à une certaine pitié ; le loup se stoppe, faisant face à la pire chose qu’il pouvait attendre ; une embrassade forcée. Curiosité oblige, il se laisse saisir.

    Étreinte de glace. Il n’y a ni pouls ni battement de cœur, ni chair ni expression. Marionnette, bois et tissus. Une illusion effacée. L’objet s’agite, dans un déclic, des lames commencent à sortir pour espérer percer la chair et non la câliner.

    Naiem rugit. En un mouvement, il éjecte l’engin de torture de son dos et se retrouve la gueule ouverte sur ce qui aurait dû être un cou. Une morsure, une seule, et cette chose se briserait à tout jamais.

    Adieu, fruit du diable.

    Les crocs se resserrent, l’étau apporte la mort.


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Dim 27 Aoû 2017 - 10:11
L’inventaire de l’audacieux subissait la pénurie ; malgré que la métropole pétreuse soit fleurissante commercialement, certains mets étaient bien trop dispendieux pour ta bourse monétaire. Un exercice de l’échéance dernière s’imposait ; celui de la traque. Au sein de la famille des Ho’ ; Chasseur et Patience n’était qu’un, issus de la même racine grammaticale. Longuettes furent les journées sous les lames du Dieu astre Hélianthe ; caché parmi les vagues des dunes de Kaze No Kumi à la récompense d’une maigre récompense nourrissante. Il fallait dire que les maigres scorpions purpurins de Taiyô ne soldaient guère un estomac en mal de vie. Attendre aux alentours d’Iwa n’était que partie de plaisir face à un passé bien plus irrévérencieux.

L’eau à la bouche ; tu étais à la recherche de tannerie de qualité, de cuir de divers animaux mais aussi de beauté sauvage. Une beauté sans artifice ; une beauté simple et naturelle ; une dune isolée parmi les roches. Quelque chose qui fera passé tes oeuvres à une étape supérieure ; une danse mystifiée au sein des escarmouches, l’Art sur un champ de bataille, naviguant avec grâce et nonchalance parmi les cadavres et le sang encore épais et noirci des divisions coéquipières. Les feuilles mortes rappellent aux souvenirs, au même titre que les amours morts.

Un serpent qui danse au bout d’un bâton ; le fardeau de ta jeunesse : tu es similaire à un flot grossi par la fonde des glaciers, l’oeuvre prête à bondir. Et ce n’était pas ta prunelle presque experte qui s’amusait à chasser le lièvre et le renard ; tu voulais plus. Un trophée digne de ta superbe. Puis, à l’orée de l’astre lunaire, son pelage se reflète contre le métal noirci de l’ébénisterie mouvante, l’allure profonde, visage sans nom ; se jetant dans la gueule du loup.
Ou du « vous. »

Les fils céruléens s’activèrent et le pantin désarticulé s’anima tel une araignée sur un plastron, plongeant pour une danse ; une nouvelle valse infinie. La créature avait l’air puissante. Sauvage mais ô combien intelligente. En retrait comme à ton habitude, tes doigts temporisaient infatigablement, le sourcil baissé face à une concentration : Une dague dans les ténèbres valait mieux qu’un millier d’épées à l’aube d’un jour nouveau. Le premier choc fut efficace et eu au moins l’intérêt d’engager le combat, la dague se positionnait contre la peau, prête à être incruster dans le muscle.

Un duel muet ; les deux êtres se jugent et se jaugent. Les crocs ont l’air puissant et l’attitude était vénale. Merveille de mère nature ; pelage digne des plus grands marchés noirs. La source monétaire pouvait être intéressante, la chamarrure de tes orfèvreries encore plus. Archange de le beauté animale, tu engendres un mouvement de balancier sur ta propre marionnette avant de la lancer vers la créature ; enlace de la vigne et de la ronce, le piège se refermait avec une efficacité presque trop simple.

C’est fini.   

Le loup jappe suite aux lames de Kaubōi. Croire en la bise amicale d’un pantin ; d’un homme faux. Encore quelques secondes, quelques minutes au delà de sa puissance et la bête s’effondra. Sauf que.

Soit par manque d’expertise, soit par sous estimation de la puissance du gibier ; la marionnette bondit de ton emprise, tes fils de Chakra se tendent, nerveusement. Tes dents grincent alors que ton oeuvre apparait au creux de la gorge baveuse de l’ennemi.
Une cassure.
Nette.
Précise.

Tu tires vers l’arrière, la marionnette cassée en deux se détachant par morceau, survolant le plateau rocheux dans quelques débris de bois. Le pantin était bien trop fragile pour un adversaire de cette taille, il allait falloir que tu confectionnes des soeurs du destin ; plus massives que cette offensive marionnette à l’allure d’épouvantail. Tu sors de ta position alors que ton pantin arrive à tes pieds, la nuque brisée en deux, son visage sans faciès pleure. Admettre la défaite est un blasphème pour le guerrier, tu ne te prives pas t’extirper les griffes de ton propre tableau, fichu pour fichu, l’artisan n’était pas à une réparation de plus.

Dans ta rétine qui danse, j'ai vu briller cette flamme.   
Tu déglutis.
Bientôt éteinte.  
 
Décidant d’opter pour un procédé irrationnel, tu approches lentement, en ligne droite. Ta mâchoire détenant l’une des longues griffes du défunt Kaubōi, la main droite, cachée en l’arrière de ton être, attrapant trois Senbon, artillerie parfaite pour ne pas gâcher la crinière ivoire de sang. La proximité apparait. L’espacement disparait. Tes fils de Chakra contenus dans ta main gauche, toujours actifs, un mouvement brusque vers le loup traine le cadavre contre le sol, lançant comme diversion ce corps inanimé vers ton futur trophée, espérant que le poids de la marionnette puisse faire suffisamment basculer la cible pour que tu puisses administrer tes Senbon sous son ventre.
La Charogne arrive à toute allure.
Les Senbon sont lancés.

Tu es dans la gueule du loup.
Ou du « vous. »
À ton tour.

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Dim 27 Aoû 2017 - 21:11

PLUMES ET CROCS

FEAT HO' N. EZE


    L’émail éveille. La prise achève, le bois se fissure puis cède. Dans un grincement sourd, un pantin rend l’âme. Il n’a pas de visage pour hurler, pas de muscles à savourer. Seule sa carcasse inerte atteste de ses matériaux brisés ; Naiem en reste pourtant méfiant, cette chose n’a pas besoin d’os ou de souffle pour se relever, alors même égorgé, il reste une menace.

    Étrange créature, une âme errante ?

    Cherchant la logique des yeux avant celle du cœur, le loup renifle comme si les effluves allaient se transformer en une réponse concrète. Mais la dépouille n’a ni sens ni justice, elle reste boiserie et résidus.

    Une odeur se renforce. Celle humaine. Le jeu devient clair, ce n’était qu’une poupée et quelqu’un voulait jouer à la dînette avec le loup. Il en serait ; le canidé se penche vers l’avant, il grogne pour signer son engagement à l’invitation. La silhouette siffle au loin.

    Soudain, la mort reprend vie. Les brides du jouet se déplacent sans réelle logique ; digne des scènes d’épouvantes, elle se met à glisser à même le sort, comme jetée vers son triste sort. Naiem la réceptionne la gueule ouverte, c’était une balle à ne pas rater.

    Au loin, quelques sifflements.
    Et un soupir.

    Le tien. Soupir las, soupir lourd. Assez féroce pour titiller les branches et soulever la poussière. Te voilà suspendue aux branches, le regard fixe. Le sol remue sous l’air chaud, l’air s’opacifie. En un instant, tout n’est que poudre terrestre et gravillons. Les projectiles sont balayés de par leur faible poids. Naiem pousse un grondement sinistre. Tu n’as pas besoin de le regarder pour comprendre qu’il râlait. « Je me débrouille très bien tout seul » aurait-il scandé, s’il le pouvait.

    Tu roules les yeux et la terre tourne.

    Le canidé s’élance au milieu du tourbillon de misère. Il se sait furtif et vif. Il surgit, en bête féroce, face à son nouvel ami. Son corps tout entier bondit et écrase son poids sur l’inconnu. Ses pattes l’emprisonnent, griffes rentrées, sur la rocaille.

    Ses poumons se gonflent, comme désireux de capturer tout l’air du monde. Sa prise se lâche ; il hurle de toute sa puissance, faisant trembler même le plus sourd des rochers. Terreur transmise. Il soulève ses pattes, se détache, et recule presque un sourire aux babines.

    Ta main vient frapper son arrière train. Sa petite scène est ruinée.

    « T’es sérieux Naiem ! »

    Tu t’efforces de le sermonner d’un regard sévère pendant que tes genoux se plient pour perdre en hauteur. Tu aurais bien plongé ta main comme une brindille qu’on tend vers un insecte qui se noie, mais tu n’avais encore aucune garantie que celui-ci n’allait pas te piquer.

    « Mes excuses, il est d’un caractériel…»

    Ta paume se ravise alors à mi-chemin pour venir ranger une mèche ni rebelle ni sage, mais qui jouait juste le rôle d’occupe-main.

    « Mais il n’est pas le genre de bête que l’on peut attaquer comme ça »

    Plus qu’un avertissement, c’était une justification. Naiem était différent ; ses yeux parlaient et son affinité avec l’espèce humain (au travers de ta personne) faisaient de lui un hybride de sens : Corps de loup, esprit espiègle et fin, comme l’homme. Ton buste vrille momentanément vers la dépouille à l’odeur brassée. Elle semble inerte-pour le moment- « J’espère que ce n’était pas trop précieux » souffla-tu à toi-même, incertaine de la portée de tes mots. Tu n’avais rien, pas de quoi payer ni rembourser, toi habituée à une vie sans argent. Ton horizon ne pouvait s’endetter, pas de manière matérielle du moins.


Technique utilisée :
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Lun 28 Aoû 2017 - 10:39
Si seulement.
Si seulement tes compétences guerrières étaient égales aux compétences que tu possédais concernant le traitement du bois. Si seulement ton encéphale était programmé, de fait, pour l’escarmouche napoléonienne. Que nenni. Forte était l’usurpation ; faible était le belliciste. Tu étais perdu, perdu face à l’imposante crinière opalescente. Kaubōi avait été attrapé au vol comme une vulgaire mouche ; une céleste euthanasie et un arrière goût de divertimento prise à la volée. Encore une fois, tu n’étais pas Roi stratège militaire mais seulement fougueux chasseur. Ou jeune simplet. Tandis que ta diversion avait échouée, l’attaque assassine fut balayée par frêle vent alors que les robustes pattes du loup s’agrippaient contre ton torse.

Point le temps d’avoir le recul sur la situation que tu ressentis une vive violence suite au choc t’amenant contre la roche des alentours d’Iwa. Fin de carrière pour jeune Ninja ; la tignasse incandescente aura eu peu de temps pour démontrer la totalité de ses capacités. Enfin, si tu en possédais réellement quelques unes, de ces fameuses capacités. Tu grimaces alors que tu observes un fin filet de bave mollir de l’immense gueule du canidé, figure de dégoût et un avant bras qui te protège le visage tant bien que mal face à la puissance de mère nature.
Ne pas finir sur une croix en bois.
Fin.

Hurlement au faux clair de lune ; tes oreilles auditives grincèrent en même temps que ta vue s’abaissait ; plissant tes globes oculaires. Et alors que tu fermais les yeux en pensant que la fin de l’épopée venait de parvenir à la dernière page du récit, la pression interne ton propre corps disparu instantanément. Un bruissement. Non. Une voix. Douce et limpide. Tu sursautes. La chasse est esquintée ; le rituel était brisé ; le cérémonial chassant et la déisme de la patience rompue comme hymen fertile. Naiem ? Ce lycaon imbu de stéroïdes était dompté ?
Absurde et chimérique.

Caractériel ? Tu observes la destination de la brumeuse voix ; interlocuteur d’Iwa avant que tu ne te relèves, dépoussiérant tes habits, un oeil sur l’ancien adversaire. Une sauvage ; une fine créature aux allures frêles qui contrastait avec la bête. Aucun mot venant de ta part, il ne servait à rien de blablater concernant le fameux caractère de l’animal de compagnie. Le lièvre et le renard étaient peut-être bien des animaux plus dociles à ton attaque. Ton regard se balade sur ta marionnette ; monstruosité défaite face à une guerre à sens unique. Un jeu ; un espoir ; une défaite.

Kaubōi était seulement le résultat de plusieurs dizaines d’heures de travail ; de nombreux espoirs et synonyme de refuge face à la réalité du village.  

Tu réactivas tes fils de Chakra, tirant une nouvelle fois contre le sol terreux ton pantin désarticulé, il fallait dire que ce qu’on pouvait difficilement appeler combat avait bien amoché la créature de bois ; l’épouvantail était absurde. Levant la marionnette, droite, tes yeux détaillèrent les points de réparation.

La jonction du cou est cassé ; l’un des bras est hors d’usage et la cage thoracique est quasiment déconstruite. 
Tu coupas tes fils, la marionnette s’effondrant de tout son poids.
Mais c’est réparable.  

Point de présentation ; tu n’en voyais pas la digne utilité. Sans être dédaigneux pour autant, tu t’agenouillais à ton tour, farfouillant dans tes diverses poches quelques outils. Réparation basique sur le moment, seulement pour que le pantin ne tombe pas plus en lambeaux.

Il est dommage que votre compagnon n’est certainement pas pu aider à repousser l’attaque du village, sa violence aurait été fort utile.  
Simple supposition.

Quelques coups secs sur le bois, deux ou trois secrets d’artisan pour réajuster et joindre les mécanismes internes, dire que ça prenait forme serait de la fabulation. Comme à ton habitude, la réparation t’amenait dans ta propre bulle, ne percevant plus ton entourage ; une nuitée circulaire se propageant, couvrant la jeune demoiselle et Naiem d’un voile goudronneux.
Le problème de la passion.
Du caprice.

Émettre le terme « réparation » serait absurde, il s’agissait là plus de rafistolage militaire. Toutefois, le pantin désabusé se releva, se déplaçant absurdement vers l’incommensurable canidé, posant une main crochu sur le museau de ce dernier. Tu n’étais plus à une action stupide.

Démon à la gueule béante ; je te présente Kaubōi.  

Une main occupée ; ton visage ivoire se tourna vers la sauvage.

La question paraitra absurde et je m’en excuse d’avance mais ; savez-vous où je peux trouver une telle fourrure ?  

L’Art.
Et son avidité.
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Mar 29 Aoû 2017 - 21:48

PLUMES ET CROCS

FEAT HO' N. EZE


    Des prunelles tamisées, une ombre sans couleur. La magie qui brise la monotonie d’un discours. Il accusait sans le vouloir, évoquant des jours entiers de travail (sculptait-il ces choses par passion ?). Mais son blâme était vaste et lourd, scindant la réalité en deux divisions. Son jugement du village fila au travers d’une dépouille inerte. La logique n’était plus, où bien loin de la tienne.

    Tu allais t’excuser, avec la sincérité significative d’un caractère noble ; mais il fit danser ses doigts dans le vide. La réponse d’un cadavre sans souffle, qui glisse sans but : Un magicien et sa poupée de scène. Tes yeux s’illuminent d’une curiosité temporaire. Mais il la claque et la jette aux charognes dans une simple tirade où il évoque l’attaque barbare qui avait souillé Iwa.

    Tes lèvres tombent facilement, sans mascarade. C’était le genre de remarque qui brisait tout semblant d’évasion, comme si ta vie entière était rappelée aux enfers pour en avoir ouvert les portes. Pandore et sa boîte n’étaient qu’insignifiance à côté de toi.
    Des erreurs indigestes, un regard qui se courbe.

    Une main de bois sur une truffe humide. Le souffle de Naiem le berce, attirant et repoussant les quelques brides de tissus qui recouvraient la marionnette. Il n’a pas reculé, il se sait plus fort. Son côté vaniteux réagit derechef à l’appellation « démon » ; Son buste se gonfle, ses poils s’électrisent. Il aime cette image et veut la préserver. Alors quand un inconnu l’accueille ainsi, il s’en lèche les babines.

    Ton visage se tourne vers le sans visage ;

    « Et voici Naiem »

    Une introduction en ricochet ; l’un présente son jouet, l’autre son reflet. Ni l’un ni l’autre pour accorder sa confiance en premier, un sentiment louable, à ton goût.

    La main du pantin stoppa ses salutations, retombant là où la gravité l’appelait.

    « Si… Si je peux aider d’une quelconque manière pour la répa… »

    Brindille qui craque. Ta voix se stoppe, ton souffle est aspiré ; Une main énorme venait de t’attraper à la gorge, clouant sec toute forme de pensées. La force appelle la force, on t’étrangle en vitesse ; ton corps est projeté quelques mètres plus loin.

    Une chute lourde et sourde, un arbre qui réceptionne une tempe, puis l’épaule, puis le bras. Tu glisses et ta peau s’arrache d’elle-même. La course se termine sur un linceul de terre, toujours avec cette large paume en guise de collier. Pas le temps de réagir, ni de sentir. Ton propre sang arrose la pierre. Au-dessus, une épée sort de son fourreau ; un sabre de samouraï, dans sa forme la plus traditionnelle possible. Tes pensées s’agitent. Un visage masqué ne t’effraie pas mais une nouvelle odeur te terrorise. L’homme avait plongé le tranchant de lame le long de ta jugulaire, mais ne termina pas son acte. Un sursis ? Une seconde d’hésitation ? Où peut-être n’était-ce tout simplement son but final ?

    Une seconde comme éternité.
    Une éternité comme seconde.
    Te voilà piégée dans ce cycle sans fin qui s’amuse à précéder la mort.




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Jeu 31 Aoû 2017 - 13:54
Tsunami. Ça coupe le souffle. Une valse de puissance et une non réponse qui t’aurait fait surélevé un sourcil dans une autre situation ; une autre circonstance. Marquage à la culotte et au garrot, l’envol de la sauvage faisait geindre les quelques branchages s’éparpillantes sur le plateau de la confrontation antérieure. Tu avoues ne pas bien comprendre ce qu’il se passe au moment T ; un manque de temps de réflexion ; un avortement de rapidité qui te faisait défaut à ta position de guerrier rocheux.

Naiem grogne ; les crocs ivoires apparaissaient face à la situation et le poil s’hérisse ; devenant montagnes de pics en acier. La bête devenait monstre peu à peu alors que tu apercevais la demoiselle finir sa course contre l’axe de l’arbrisseau le plus proche, le plasma sanguin se mêlant à l’écorce de l’arbre. Condamnation & sacrilège ; il fallait avoir la bonne réaction au meilleur moment. Se servir des alliés plutôt que de ses propres capacités ; meilleure option ; chances optimales. Le Roi alliance ; imposante marionnette sur loup affamé de vengeance.

Les fils de Chakra s’activèrent dans une auréole céruléenne ; le pantin désabusé se collant contre le torse de la créature céleste. Son cou se disloquant suite à un mouvement brusque, un fil tendu trop fort, volontairement. Colonne vertébrale tordu ; tête tombante à la manière d’une possédée, ses bras s’agrippant dans un cliquetis métallique, la dernière partie de la marionnette à savoir ses jambes s’unissant ; faisant de même. Le tout attaché grossièrement par ces fameuses chaines que tu lies entre eux par un noeud presque invisible, légèrement transparent.

Une fusion acquisition ; un méta-game.
Telle une perle de pluie d’un pays où l’eau est denrée rare ; l’animal fonça sans même attendre la finalisation rapide du projet, tes cordes bleuâtres s’allongeant à chaque foulée du canidé sur les terres brulées L’acier faisait ombre au bois et aux crocs ; deux adversaires qui s’unissent pour vaincre le commun ; cible prioritaire. La ligne droite se réduisait peu à peu ; dire mot : La morsure parlera pour vous, pour eux, pour elle, pour je. Des vérités qui ne servent pas à grand chose. Ta main droite occupée par le Kaubōi ; tu malaxas une onde dans l’autre ; préparant plusieurs fils plus épais ; plus denses ; plus résistants.

L’étrange créature ; en quête de tendresse ; termina sa course en même temps que tu eus tiré vers le bas le brin de fausse matière textile qui retenait la nuque de ta poupée de polichinelle ; presque immédiatement un épais nuage violacée se diffusa dans la zone. Par anticipation ou par pure expertise ; ta main gauche fut lancé au même moment, envoyant au lointain une bataille de fils à marionnette sur la fleur non apprivoisée d’Iwa, la ramenant vers toi. Lame contre jugulaire, l’effet de mouvement fit naitre une brève ouverture, atome sanguin carboneux décorant le cou de la Inuzuka. Valait-il mieux une brève cicatrice plutôt que la mort ?

La fumée infiltrant la zone, paralysa pendant un bref moment l’agresseur, permettant au puissant canidé de venir se nourrir de son mollet droit. Stratégie bâtarde et bancale mais qui avait eu le mérite de te permettre de recueillir ton allié du moment avec une certaine violence dans tes bras. Contrepartie militaire de devoir couper les fils de ta marionnette, laissant au bon vouloir le pantin à l’animal ; s’en servant d’armure de seconde main ; bricolé bien trop vite à ton goût.

Sirène des plaines rocheuses, tu déposas la demoiselle contre ta jambe, t’abaissant pour la tenir en presque éveil ; tu n’avais plus aucun contrôle sur sa créature et encore moins sur ta marionnette. La gueule du loup renfermée sur la jambe sanglante de l’homme ; la paralysie disparaissant, son sabre levé vers les étoiles.
Prêt à abattre Naiem.
Ironie de la chasse.
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Jeu 7 Sep 2017 - 11:12

PLUMES ET CROCS

FEAT HO' N. EZE


    Veux-tu voir le sang, humain ? Celui qui vibre, celui qui danse ? Ici, je suis le roi, je repeindrais des monts entiers s’il le fallait. Faire de tout ça un art incompris, s’en vanter. Pour moi c’est naturel, l’ordre des choses, la chaîne alimentaire est une toile blanche qu’il faut marquer. La hiérarchie, les lois ? Rien de tout ça ! Sa jambe va valser et tu le regarderas frémir. Son râle, je te l’offre, écoute si tu l’oses.

    Avant ça, il y eu jetée, volée et fracas. Ton corps qui se dépose dans des bras à la résistance factice ; ils soutenaient parce qu’il fallait soutenir. Le moment présent comptait, le petit être était maintenant salvateur et tyran, cible et inquisiteur. Tes pensées s’étouffent dans les échos lancés par ta tempe meurtrie, le brouillard en seule réponse. Pas d’illumination, pas d’idée précise, tu t’abandonnes aux nébuleuses, tantôt là, tantôt ailleurs. C’est tellement plus simple. Flotter à jamais, une berceuse rythmée par ton propre pouls en guise d’accompagnement. Ton corps se lève mais il n’est pas debout, tes yeux sondent mais ils sont comme clos. De l’inconscience naît la rêverie passagère, ces envies cachées et l’illusion d’un autre monde. Tu te vois en tortionnaire, abusant d’une liberté mensongère, frappant çà et là un homme aux mille visages. Le sabreur n’était plus simple épéiste mais métaphore humaine de ton dégoût. Son visage masqué laisse place à tellement d’image qu’il en devient brouillon. Le voilà vieilli par les âges et synonyme à celui de ton ancien seigneur féodal, sombre reflet d’un esprit perverti par les ambitions, pourri jusqu’à la moelle. Maintenant il est tendu, métamorphe, en transition. Il devient jeune et arrogant, annonciateur. Ses mimiques disparaissent, sa logique aussi. Il a l’œil de l’un, le rictus d’un autre. Que le Mal prenne un visage, qu’il s’extériorise. Les traits combinés font de l’homme un monstre sans algorithme, infidèle à la réalité, cruel à regarder. Une vision indigeste, cernée par le carmin qui relie ta vérité à celle imaginée. Le goût amer du sang, celui qui cloue au sol, qui te ramène à lui. Tout ça est bien réel. Un assassin, pas un mot, tellement d’éventualité. Une rancœur personnelle ? Un Daimyo qui veut finir son sale travail ? Les affaires du groupuscule ? Les hypothèses construisent des ponts sans limite de nombre, plus ou moins stables, ne laissant aucune assurance d’aspirer à franchir des courants fougueux sans les rejoindre à tout jamais.

    Maintenant.

    La prison d’émail se referme. Enfin, on voit le vermeil ! La chair qui s’affaisse en premier, les os qui prennent la fuite ensuite ; la peau les cartilages et les muscles deviennent une pâtée dont Naiem se délecte. Sa gueule se transforme en appareil de sentence. La jambe tombe à l’horizontale, elle n’est pas complètement sectionnée mais seuls quelques brides humaines le retiennent à un genou qui pleure. Aux pleurs s’ajoutent les cris qu’il n’arrive pas à étouffer. Sa fierté passe après, l’expulsion de la douleur étant bien plus impétueuse. La mâchoire lâche une prise qui a déjà perdu de son goût. Elle se repositionne sur la deuxième jambe pendant que le corps entier de l’individu s’affale sur le dos.

    Bouquet final, on va danser tous ensemble

    Le corps de la bête convulse d’impatience. Il force sur ses pattes, plongeant son propre corps dans une spirale infinie. Une ronde tellement rapide qu’elle emporte avec elle arbres et terre battue. C’est magnifique. D’un côté le loup dirige, de l’autre la marionnette termine, faisant du samouraï la nouvelle poupée désarticulée du trio. La nature, même dans le noir, s’embaume de pourpre, de l’opaque. Couverture onctueuse pour la soirée, festival ensanglanté. Naiem termine son mirage, lâche prise, expédiant à terre les restes d’humanité que le sabreur pouvait garder. Il se retourne, faisant de nouveau face au jeune homme. Sa toison d’argent n’est plus unie, maquillée de vitesse, archive de la scène. Le bal prend fin comme il avait commencé ; dans un salto, de plumes et de crocs.

    Spoiler:
     
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Sam 9 Sep 2017 - 2:27
Le sombre spectacle ; gueule béante et filet presque sanguin, presque baveux. Cette peinture tâchant le tableau de légende aurait pu te fournir un haut de coeur, te faire manquer un battement mais la sélection naturelle avait cet orée décisif entre l’oeuvre horrifique et la magnificence d’une muse. Il serait obscène de croire que le sang plasmique n’était pas digne de fascination pour quiconque possédait un bandeau de militaire et cela, qu’importe l’inscription inscrite sur la planque métallique, rayée par quelques cadavres. la gorge en feu. Malgré ce que tu aimais croire de ta petite condition d’homme hautain ; tu étais un hominien du sang.

Et cela fut une mystification ; une danse entraînante comme une personne qui pissait des lames de rasoir ; il s’agissait de fascination malsaine mais de voir ton oeuvre sous un nouveau prisme, sous une nouvelle aura : une ligne verte qui s’arrêtait dans des larmes sucrées ; de presque bonheur. Un déclin de pays avec une chambre à gaz et trop peu de résistance face au sabre qui appelait à une certaine immigration, à la fuite et aux non dit ! Une espèce de problème identitaire en regardant ce qui restait, vaguement, du corps de l’agresseur, devenu agressé.
Iwa, terre d’asile.
Psychiatrique.

La sauvage s’était dégagé de tes bras, si on pouvait appeler la chose une étreinte au vu de ton enveloppe corporelle filiforme. Toutefois, malgré la fascination que tu commençais à avoir pour l’étrange créature, une grimace de dégoût était figé sur ton faciès ivoire, avant que tu ne replaces une mèche presque aussi naturellement ensanglantée que la crinière teintée de la bête aux crocs méphistophéliques. Tu aurais bien voulu crier son nom ; lui faire comprendre de reprendre ses esprits mais pouvait-on hurler au loup à une personne qu’on ne connaissait pas ? Dont le prénom et l’adhésion du Clan était inconnu.

Alors l’immense rouge et ivoire s’avance vers toi ; te regardant, son armure de fortune totalement détaché, mauvaise mine de bois comme crayon cassé par la hargne d’un étudiant. Tu te lèves comme tu le pouvais, la vue presque omnibulée pour la deuxième fois par la scène de théâtre. Des larmes coupées au dégoût, tu découpas les fils de Chakra qui liait le pantin de bois et le loup difforme ; finissant édenté. Ton oeuvre s’écrasa une bonne fois pour toute contre le sol, quelques morceaux de sa cage thoracique peignant le sol terreux de l’endroit. Et sans trop savoir pourquoi, la créature te lécha la main ; comme un remerciement ; comme un pardon ; comme une rime sans défaut.

Les anges pleurent en silence lorsque les fleurs fanent. Au sein de cette orchidée, je cueillerai l’or qui dort.   

Des propos que quiconque aurait pu analyser après avoir lu deux ou trois brefs bouquins liés à la littérature séculaire. Alors que ta main s’aventurait sans trop le vouloir contre l’épaisse crinière rougeâtre de Naiem, teintant par la même occasion la paume de ta main de ce sang encore frais. On avait tous une histoire à raconter, le problème c’était que personne ne souhaitait l’entendre. Son âme était perdue ; sonnée comme l’humanité dans un collier de molaires. Il serait déplacé de te permettre tout geste à son encontre malgré cette situation burlesque qui avait interrompu ta patiente chasse. Bien heureux de ne pas être à la place de cet ancien samouraï au bandeau inconnu.

Crois-tu, blanche créature que je puisse faire quelque chose pour ta maitresse ?   

Comme unique réponse, son museau frais passant sous ta main, la soulevant comme il pouvait, c’est à dire avec une force qui te semblait démesuré ; peut-être l’adrénaline coulant encore dans tes veines. Ne possédant à aucun moment une base quelconque de médecine, tu fis ce qui te semblait le plus logique. En temps de guerre ; il fallait pouvoir se servir des moyens du bord. Tu tiras la marionnette des pattes du âpre loup et détacha de cette première quelques morceaux de tissu non tâchés par le sang de l’ennemi, seul Dieu sachant que la tâche était hardi.

L’enveloppe en peine et en diffusion diffusée, tu attrapas le bras de la demoiselle, la retournant avant de plisser les yeux face à la situation. Quelques hématomes étaient déjà apparues au niveau de la tranchée, suite à l’étrangement, la coupure coulante encore. Te permettant de farfouiller sans aucune gêne dans sa crinière - sous un grognement défenseur de Naiem - tu bandas une légère plaie, entourant d’un morceau de tissu lugubre le crâne de la demoiselle. Il n’y avait aucun mérite à faire cela, plutôt même de la honte. Un énième bandage vient couvrir la peau arrachée par le divin bois au niveau de l’épaule ainsi que du bras, finissant un tableau pathétique d’empathie.
Tu te reculas, admirant l’oeuvre.

Si ta maitresse survit, tu auras de la chance de ne pas finir sous un pont à la merci des lames du mauvais temps et de la famine…   

Tu ris, infirme.
Nerveusement.
Jaune.
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Ven 15 Sep 2017 - 23:14

PLUMES ET CROCS

FEAT HO' N. EZE


    Une paume qui effleure. Il avait dans la caresse quelque chose de maternel, de lointain. Ce berceau éternel qui réchauffe, brode, répare et console. La chaleur d’une étreinte, sa douceur aussi. Bordée de draps, encerclée par une famille. Consolation d’un soir, une chanson en guise d’attrape rêve. Les mots, des fils d’argents qui capturent le malin, dirigent l’espoir, consolident l’identité. Quelques secondes de plus, à se refermer ainsi, les yeux clos, la tempe pensante. L’enfant né, la femme louve, aussi primitive qu’intuitive. Tu es la chimère qu’on confond, l’hybride qui effraie, bercée par le battement cardiaque neuf, supportée par un inconnu. Ses bras sont arche de Noé, le refuge pour les derniers, les ultimes. Jadis louvette intrépide, aujourd’hui métamorphe blessé. La dernière. Les autres sont oubliés, emportés par les flots de la cupidité, des caprices humains et de leur faim. Pire que les loups, pire que les rats. La seule espèce capable de s’entre-tuer par simple convoitise, sans besoin primaire. Ils mangent à outrance, gras et gros, obèse de sang, obèse de foi. La mort est un but à lui tout seul, sans ouverture. Tuer pour tuer. Vivre pour vivre. Ego et égoïsme. Un monde qui tourne sur lui-même, conscient de sa propre futilité.

    Solitude consolée, isolée par le sang, embrumée par les coups. Rêve endolori, l’un n’allant pas sans l’autre. Une conscience jalonnée par la chute, les marques, les blessures. Masochisme d’un instant, envolée à tes propres mœurs. Loin du sol et de ses méfaits, flottant sur un corps d’enfant, sur ses maigres épaules qui pourtant te jettent si haut.

    Tantôt debout, tantôt vacillante. Ici et là. Dans ses bras et loin dans les cieux. La rosée et le carmin. Une pluie nouvelle, hors norme. Elle vient repeindre les corps, dessécher la flore, apaiser les cœurs ; Naiem avait récompensé le monde entier d’un breuvage singulier. Mariage éphémère, odeur de rouille sur plateau de givre.

    Une main encercle ton cou. Vas-tu m’étrangler et en finir avec tout ça ? Quelques minutes, pas bien plus.

    Mais la prise ne laisse pas de marque et se déplace en longueur. L’épaule, le bras. Il laisse juste un filet soyeux, linceul éphémère, bandage quelconque. Retour à ce lit de jeunesse qu’on borde, à ces tendresses qui donnent sans jamais reprendre. Le cadeau d’une vie confortable, d’un avenir, d’une présence qu’on chérit. M’aimera-t-on à nouveau ? Le regard en arrière, porté au loin, vers ceux abandonnés, vers ceux délaissés. Ces étreintes de jadis, ce confort que tu t’interdisais, la nostalgie qui les accompagne comme une ombre qu’on ne peut éteindre. Mise en lumière, vestiges d’un passé et tourments qui y sont liés.

    Des yeux mi-clos, à peine de quoi apercevoir la chevelure rousse qui caresse tes plaies. A ses côtés, l’épave d’un pantin, et Naiem. L’unique, le dernier. Le seul qui n’ait que l’allure d’un ectoplasme quand tu regardes vers l’historique de ta vie. Il a leur pâleur, l’argenté divin, la toison qu’on veut protéger à jamais. Il a les flammes d’or dans son regard, leur démence. Mais quand tu tends le bras, que tu le frôles, il ne disparaît pas. Son pelage glisse et réchauffe tes doigts endoloris. Son corps fume et embrase, comme à la sortie de chacune de ses folies meurtrières. L’animal avait parlé.

    Des soins rudimentaires pour un corps pas spécialement pressé de s’en remettre ; Le loup décide pour vous deux. Il soulève avec finesse le poids de sa vie. Te voilà allongée sur la plus qualitative des soies, maculée d’une nouvelle compagne, la sève des aurores. De rouge et de blanc. La bête tourne son profil vers son allié transitoire ; son attitude parlait d’elle-même.

    C’est l’honneur mon enfant, l’honneur qui te sera donné. Une course à l’envers du temps, la cavalerie unique, changeante. Libre à toi. Libre à nous.

    Il avait proposé de terminer cette rencontre dans une balade finale, celle qu’on fixe avec envie, l’escorte de tout homme. Le choix lui avait été donné : Finir la course ou la commencer. User de ses plumes, où s’allier aux crocs.




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Ven 22 Sep 2017 - 15:49
Le ciel t’observe. La scène te souriait comme une mère à genoux ; tu avais fait bonne attention pour finir dans Paradis superficiel. Comme déjà dis, sous le marteau de la Justice, tu n’étais pas un Ninja médecin et tes capacités restaient ô combien superficielles, similaire à tes nombreux accessoires que tu portais presque quotidiennement. Il y avait aucune honte à avoir du plaisir dans l’appareillement, mais il fallait être honnête : Aujourd’hui était la rencontre entre deux mondes ; les verbes de la sauvagerie se mêlant dans une flaque d’esthétique à l’aura d’un astre solaire malicieux. Un monde qui manquait d’horizon mais qui avait le mérite de permettre quelques rencontres.
Candices ; sanguines.

Une envie de mettre fin à la mascarade comme un homme pieux devant une foulée de petites âmes. Ta chasse se terminait dans un puissant flot carmin, sans peau et ton oeuvre brisée ; inutile comme Genin à 30 ans passés. Il s’agissait là d’un début de carrousel, quelque chose qui tournoyait avec plus ou moins de poésie, de charme et de violence. Une dernière révélation dans les yeux presque éteints d’une demoiselle sans nom. Une apparence ; d’une appartenance à un Clan ; d’une amitié guerrière face à la réalité du terrain. Face à ton envie de fuir ce monde ; cette métropole, briseuse d’âme pour gain de source monétaire.

La Guerre pour la Paix.
Les bandages étant finalisés, tu prenais donc soin de ton propre enfant, du moins, ce qu’il en restait. Ramassant vaguement quelques morceaux de bois, ensanglantés du sang de l’ennemi, tu attrapas le gros du pantin difforme avant de le replacer dans ton dos dans un mouvement presque pathétique, macabre. La scène n’était pas bien belle à voir ; quelques rires vipérins cachés dans les plaines. Les animaux se moquent des humains et vice-versa. Tu n’étais pas un militaire d’exception, il s’agissait là d’une banalité, mais tu étais au moins rassuré d’avoir pu minimisé les dégâts. Personne n’était mort. Du moins, personne de vivant.
De réel.

Et alors que tu réglais les dernières dispositions pour que Kaubōi ne tombe pas en ruine à l’aide de quelques fils de Chakra épaissis volontairement, tu laissas un oeil anxieux sur l’immense créature, soulevant presque de façon divine la demoiselle aux crocs ivoires. Tu plonges en ne voyant point les crocs face à la scène. Il s’agissait là d’un duo captivant ; l’alliance de l’évolution de l’homme et de la mère nature. Un refus certain, un attachement au passé contre la transformation territoriale et la séparation des espèces. Une amitié qui avait le goût de la spontanéité et de l’individualité à la fois. Quelque chose de raréfiée.

Puis ; comme un remerciement certain ; la créature s’avance. Te regardant de tout son être. Alors d’un pas presque perturbateur pour ta propre personne, tu avances, posant une main légère sur la crinière de la monstruosité animale. Sans grande difficulté, tu montes alors, capturant de ta main presque protectrice la demoiselle, de peur qu’elle ne tombe suite à son état. Une triste vie qui attendait un rayon d’astre parmi quelques nuages brumeux. Dans cette pensée, le canidé s’élance aux travers des rochers et des plaintes du cadavre laissé dernière vous. Nul besoin de plus, nul besoin de moins. Alors tu protèges ; tu observes ; tu fais attention depuis peu à un être humain ; à un être non composé de bois mais de chair musculaire et de sentiments. Alors traverse les époques et tente de comprendre ce que tu refusais de voir, de savoir et de connaitre. Une morale similaire à une céramique historique.
Enfant du siècle ; enfant du millénaire.

Seul sous un nuage noir face aux pluies diluviennes. 
Une caresse, une mèche remise derrière son oreille.
Son âme éclate dans le miroir comme ses pulsions qui lui viennent.  


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Plumes et crocs [PV Eze]

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