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à bas l'armure - libre


Dim 11 Juin 2017 - 18:41


Aujourd'hui était l'une des rares fois où il ne travaillait pas que ce soit à la surveillance du village, ou à la traque d'éventuels ennemis du village. Même s'il était habitué depuis son adolescence à porter tout son attirail, ce jour lui permettait de s'en décharger, de le laisser au placard et de pouvoir vaquer à des occupations un peu différentes. Ceci dit, ses hobbies en dehors du combat et de ses responsabilités de jônin, n’étaient pas nombreuses. Par conséquent, il passait le plus clair de son temps à se reposer où à se promener, parfois avec son ami Raekon, dans Iwa, dont il connaissait à force tous les recoins. Il aurait pu profiter de ce temps libre pour passer un moment avec sa fille, mais… Ils étaient toujours en froid, enfin, elle surtout. Et aussi étonnant que cela ait pu paraitre, ces deux-là ne se croisaient jamais. Arikasa n’était arrivé à l’apercevoir que deux ou trois fois, comme si la jeune femme s’évertuait à l’éviter. Même si cela attristait grandement le vieux Borukan, il arrivait à comprendre et n’en voulait pas à sa fille, c’était en partie de sa faute après tout… Enfin, le mieux qu’il pouvait faire était de ne pas trop y penser.

Ainsi il quitta la modeste maison qu’il occupait depuis son arrivée à Rokkusu, il y a quelques années ; et prit le chemin des plateaux du village, là où s’entrainait la plupart des ninjas Iwajin. En fait, Arikasa aimait observer les jeunes, et moins jeunes générations à l’œuvre, cela lui permettait de se dire que la relève était assurée. Puis c’était une façon de montrer qu’ils étaient soutenus. De même s’ils voulaient des conseils sur quoi que ce soit, il était là. Comme souvent, il fut rejoint par son ami Raekon qui connaissait parfaitement son itinéraire. Il le salua et se plaça à ses côtés, observant à son tour les quelques ninjas alors présents. Puis au bout de quelques minutes l’autre Borukan ne put s’empêcher de faire une remarque.

-Même sans ton armure, tu fais toujours aussi peur !
-Ce n’est pas comme si je ne la retirais jamais…
-Non c’est sûr… Mais je veux dire… Tu ne fais pas très avenant comme type.

Arakisa le fixa un instant de son regard d’acier et soupira. Lui, pas avenant ? Il ne comprenait pas. Jamais il ne s’était rendu compte de ça, et jamais on ne lui avait fait remarquer. Et dans le fond est ce que cela changeait quelque chose ?

-Moi, pas avenant ? Arrêtes tes conneries… Et puis, si je ne porte pas mon armure, ce n’est pas pour paraitre plus « chaleureux », mais juste parce que j’en ai pas besoin.
-Haha… C’est sûr, oui. Ce n’est pas ta taille ou ta face de vieux, bien sûr… Ajouta-t-il avec ironie.
-Peu importe. Vu mon âge ; me faire des amis est le dernier de mes soucis. Par contre, je compte bien assumer mon grade jusqu’au bout ; et partager mon expérience avec les plus jeunes me semble… assez judicieux.
-Alors, là-dessus, je n’ai rien à redire. C’est vrai que vu ton âge, t’as plein de trucs à transmettre, haha !
-On a le même âge, hein. Dit-il en souriant.
-Tu marques un point… soupirait il à son tour. Bon, je te laisse ici. A plus tard.
-Je t’ai vexé au moins ?
-Non, mais j’ai d’autres choses à faire là.

Puis il quitta Arikasa, et ce dernier resta là, accoudée à une barrière séparant les terrains du chemin. Peut-être que pour une fois l’un des ninjas présents, s’entrainant ardemment, viendrait le saluer, sait-on jamais… Enfin, de les voir ainsi s'entrainer lui donnait envie, à lui aussi, de pratiquer un peu; ne serait-ce que de répéter quelques mudras...




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Mar 13 Juin 2017 - 11:32
La scène avait de quoi surprendre. De la bleusaille entassée sur un carré de terre battue, s'agitant dans tous les sens, ce qui donnait à la scène l'allure d'un ballet chaotique. Légèrement à l'écart de ce groupe empoté, Seigetsu se tenait adossé à une grille délimitant le terrain, affublé de son air invariablement consterné. Ses yeux ne semblaient même pas oser se lever vers cet affligeant spectacle, alors que ses mains se réfugiaient dans ses poches. La masse d'étudiants le lui rendait bien, trop occupée à s'appliquer dans ses mouvements pour vérifier que leur intervenant les surveillait.

Il faut dire que le job était peu stimulant. D'ordinaire, il aurait été difficile pour un shinobi zélé et pleinement investi de sa mission de se prendre de passion pour l'enseignement du lancer de kunai à de jeunes pousses. Autant dire que c'était peine perdue pour un tire-au-flanc de la trempe du Jônin. Il avait une nouvelle fois fait montre d'une redoutable astuce, en préconisant à ses élèves une bonne heure de répétitions de mouvements fantômes, c'est à dire de lancers de kunai... sans kunai. De quoi décupler au centuple l'absurde de la séance.

Alors que la parodie d'entraînement battait son plein, le désintéressé sortit de son immobilisme, dégainant un bouquin dont il repris la lecture aux environs de la moitié. Il s'efforçait tant bien que mal de s'adonner à son activité, fronçant progressivement les sourcils, puis allant même jusqu'à murmurer sa lecture, chose inhabituelle pour lui. Mais les exclamations tels que "HAN !" ou encore "YAAA !!!" à chaque mime de lancer lui firent rapidement perdre le fil. L'exaspération laissa doucement place à l'agacement.

« Bon, ça m'fait chier, on arrête là les nains. » Les petites têtes blondes se tournèrent alors dans sa direction, certains déçus de leur prestation, d'autres soulagés de passer à autre chose. « Mettez-vous en rang, et grouillez-vous. » Ils s'exécutèrent donc, non sans difficultés car ils essayaient chacun de grappiller une ou deux place dans la file. Sans même prêter attention à la demi-douzaine d'aspirants tombés au sol, et au double de ceux qui n'étaient toujours pas en place, Sei vint se placer en tête du "cortège", et sans même regarder où il le lançait, tira un kunai de sa sacoche et l'envoya, d'un seul et même geste désinvolte, au coeur de la cible qui se trouvait à une dizaine de mètres.

Les têtes se penchèrent hors de la file les unes après les autres, non sans être impressionnées. « V'là c'que j'attends de vous, ni plus ni moins. Le premier qui rate la cible prends mon pied au cul. Pas d'questions ? » Le stress prenant le pas sur la curiosité, pas un môme ne dit mot, et le premier lanceur s'exécuta... après s'être échauffé et avoir mimé le mouvement une bonne quinzaine de fois. Ce qui n'était visiblement pas suffisant, puisque, malgré la force du lancer, le projectile fuit la cible, puis la dépassa allègrement.

« Bordel... toi, tu veux mon pied au cul... » Le regard hybride de l'Iwajin suivi alors méticuleusement le kunai, avant de s'apercevoir qu'il prenait droit la direction d'un spectateur situé derrière une barrière un peu plus loin. Ce dernier était à ce point massif que le toucher à une telle distance n'aurait même pas représenté un exploit. En revanche, sa mort, ou même sa blessure, apporterait de graves emmerdes au responsable du groupe : Seigetsu lui-même. Restait à espérer que le vieil homme visé ait encore quelques réflexes. « J'te préviens, si tu le tues, c'est toi qui rempli la paperasse. » adressa-t-il à l'auteur du lancer, tout en fixant l'impressionnant inconnu que le kunai s'apprêtait à percuter de plein fouet.
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Mer 14 Juin 2017 - 2:13


Regarder tous ces jeunes gens se démener et essayer de maitriser les bases du kenjutsu donnait un certain sentiment nostalgique à Arakisa, de ces années où il s’entrainait durement dans la rudesse de l’éducation Borukan, ou tout au moins celle qu’il avait reçu. La façon qu’avait le professeur d’un de ces groupes de ninjas en herbe d’enseigner lui semblait assez familière, il n’aurait su dire s’il s’agissait de la bonne méthode mais c’était déjà celle-ci qui était pratiquée il y a un demi-siècle, une preuve que les bonnes choses ne se perdaient pas, finalement. Néanmoins, il trouvait ce jeune homme un peu trop… détaché de la mission qu’on lui avait confiée, ou qu’il s’était peut-être octroyée… Enfin, même s’il avait presque la soixantaine, Arikasa ne s’estimait pas suffisamment supérieur ou meilleur pour critiquer les pratiques des autres. D’autant plus qu’il ne serait pas, à coup sûr, le plus tendre des enseignants.

Il observa l’entrée en scène de ce jeune homme avec la plus grande attention, son visage lui disait quelque chose mais de là à pouvoir y mettre un nom... Il était à peu près sûr d’avoir croisé au moins une fois la plupart des ninjas d’Iwa, au détour d’une rue, devant un stand ou ailleurs dans le village ; mais il était vrai qu’il ne s’était jamais intéressé spécifiquement à l’un d’entre eux. Enfin, toujours était-il que le spectacle qu’ils offraient tous était des plus distrayant, et le jeune senseï paraissait plutôt doué au lancé de kunai, comme tout bon ninja qui se respecte à vrai dire. D’ailleurs, un shinobi –sans en faire sa spécialité- qui ne parvenait pas atteindre sa cible… Disons qu’on pouvait douter du reste de ses capacités, ou de sa détermination. Puis, ce fut au tour des élèves de montrer ce-dont ils étaient capables. De la bonne vieille pratique ; rien de tel. D’un coup d’œil, il se rendit compte que l’exercice avait foiré.

Le geste pas assez vif, pas assez assuré, un manque évident de force et de précision. S’il atteignait sa cible, ce serait un miracle. Et, effectivement, le kunai manqua sa cible de plusieurs mètres et, évidemment, comme si le hasard et la chance avaient décidé de se liguer, ce fut le Borukan qui devint la nouvelle cible. D’un mouvement assez rapide et précis, Ariksa leva la main et arrêta la lame en plein vol, à quelques centimètres de son torse. Cela faisait depuis longtemps qu’il n’avait pas eu à arrêter un jet de Kunai à main nue. S’il avait eu son armure, il n’aurait sans doute pas bougé… Il soupira, et kunai en main, décida de rejoindre le petit groupe. D’ailleurs, tenir un kunai… ça aussi cela ne lui était pas arrivé depuis un bail. Il avait toujours eu l’impression que ces petits bouts de métal semblaient ridicules entre ses doigts, limite semblables à des clous… des gros clous.

Maintenant à hauteur de ses malencontreux agresseurs, il tendit l’arme à son propriétaire.

-Mouvements trop lents, trop amples ; tu perds de la force, de la vitesse et donc de la précision. Sourit-il au gamin. Puis il porta son regard sur le senseï. Très bonne méthode dans l’ensemble, mais… apprenez leur déjà à lancer des cailloux. Et la prochaine fois, placez vos cibles contre un mur, ou au bord d’une falaise, ce n’est pas ce qui manque par ici. Lui adressa-t-il de sa voix rauque.  

Il lui tendit son énorme main calleuse :

-Arikasa, du clan Borukan ; et vous ?



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Mer 14 Juin 2017 - 19:02
Alors qu'une quarantaine d'yeux étaient fixés sur lui, l'inconnu aux gros biceps ne fit qu'une bouchée du kunai, qu'il attrapa en plein vol le plus sereinement du monde. Après une exclamation impressionnée collective, les gamins se mirent ensuite à applaudir, tandis que leur senpai laissa lui échapper un ouf de soulagement. Pas de blessé, pas d'emmerdes.

Pendant que l'auteur du pitoyable lancer s'inquiétait à l'idée que sa victime ne lui vole son kunai, sous le regard d'un Seigetsu dont c'était le cadet des soucis, l'homme vint à leur rencontre afin de rendre son projectile au gosse. De près, il était encore plus intimidant, et contre toute attente, son âge n'arrangeait rien : il lui donnait l'air encore plus sculpté et dur. Comme un roc affuté par les époques traversées.

Il distilla quelques conseils avisés à l'enfant, puis au professeur. Ce dernier haussa les épaules, cigarette nonchalamment coincée entre les dents. « Contre un mur ? Ils s'appliquent pas si y a pas un minimum d'risque. Pas vrai les nains ? » Mais bien qu'ils s'étaient parfaitement accommodé à leur surnom, comme de juste avec le Shuuryou, les aspirants semblaient trop occupés à admirer le nouvel arrivant et sa silhouette de super-héros pour daigner répondre à leur enseignant. Pas de quoi le toucher dans son égo pour autant. Avec un léger geste de la tête en direction du kunai, il ajouta : « Avec c'genre de déconvenue, au moins, ils s'ront plus vigilants la prochaine fois. »

De sa fine griffe, il attrapa celle tendue par Arikasa, qui par effet de contraste, semblait être la main d'un géant. « Seigetsu Shuuryou. Enchanté. » répondit-il sobrement. Il fit ensuite une moue intriguée. « Le clan Borukan, hein..? » Qui à Iwa ne connaissait pas le clan des cracheurs de lave ? Même pour un natif de Hi no Kuni comme Sei, ce nom n'était pas inconnu. D'ailleurs, l'adoration des mômes pour Arik-san sembla se renforcer encore un peu plus lorsqu'ils l'imaginèrent sur le champ de bataille, recouvrant des vagues ennemies entières sous des flots rougeoyants. Sans trop savoir pourquoi, le jônin, lui, eut en tête l'image d'Arikasa prenant un bain dans un volcan. Il avait une imagination débordante.

« Dites, Jiji-sama... » Oui, il était évident que même s'il était intimidant, le Borukan n'échapperait pas à l'attribution d'un surnom par le professionnel en la matière. « ... les enfants ont l'air d'vous trouver cool. » Il sembla prendre le temps de réflexion quelques secondes, puis reformula. « Non en fait, vous avez l'air carrément cool. » Puis il se tourna vers ses élèves, qui approuvèrent son idée avec enthousiasme. « J'suis sûr qu'vous avez une ou deux histoires épiques à raconter à cette bleusaille. » La foule de marmots était pendues aux lèvres d'Arikasa.

C'était gagné : encore du temps de glandage. Seigetsu était définitivement doué pour déléguer son travail.
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Jeu 15 Juin 2017 - 1:33

-Je comprends la démarche, mais mettre d’autres personnes en danger n’est peut-être pas la solution. A la rigueur, vous en prenez un, et vous le mettez derrière la cible. Ou deux ! Un à droite l’autre à gauche.

Le Borukan avait un tas d’idées pour permettre à de jeunes pousses de s’entrainer avec une pression suffisante pour réussir. Puis, ce n’est pas comme si un kunai, avec leur force, pouvait faire grand mal, ou tout au moins tuer, ou alors par erreur…. Enfin, tout ce qui l’intéressait dans cette histoire, c’était qu’ils prennent conscience que la sécurité des autres étaient leur priorité, protéger était, selon Arikasa, l’essence du shinobi ; sa raison d’être. Se battre, attaquer… N’étaient que les moyens de résoudre les menaces, rien de plus. So père lui disait souvent : tentons déjà de garder ce que nous avons avant de vouloir ce que les autres ont. Une phrase, un nindo presque, d’une clarté incontestable. Mais lui, aujourd’hui, n’allait pas ennuyer tous ces jeunes avec des sermons d’un autre âge.

Et maintenant, Seigetsu lui demandait de raconter quelques-unes de ses histoires « shinobesques » à sa « classe », tentait-il de flatter l’ancien ? De s’en servir pour occuper cette bande de mouflets pendant que lui se la coulerait douce ? Et, même s’il avait en effet participé à quelques combats mémorables, il doutait que cela soit si palpitant une fois raconté et surtout : il était assez mauvais conteur. Il jeta donc un regard suspicieux au Shuuryou, oscillant, voulant décliner l’invitation, mais en même temps les « nains » comme les appelait le gringalet ; lui faisaient tellement pitié… Ce serait un genre de pause pour eux aussi s’il se décidait à raconter quelque chose. Il soupira, et prit le temps de la réflexion, quel souvenir pourrait-il bien tirer de sa mémoire ? Le choix était important, mais un autre problème figurait au tableau : bien souvent ses affrontements ne duraient pas vraiment longtemps…

-Bien, bien. On dira que c’est votre récompense pour ne pas m’avoir tué.

Une récompense… Sa connerie passagère parvenait à le surprendre lorsqu’elle se présentait. Pour un tel échec on lui aurait fait faire quelques dizaines de pompes, à l’époque, et encore ; les bons jours.

-Je n’ai rien de vraiment épique en stock. Dit-il avec un certain détachement. Aucun de mes ennemis n’a jamais vraiment été… digne d’être un shinobi. Mais, je me souviens d’un combat, il y a une dizaine d’années. Son regard s’assombrit. J’assurais alors la protection d’un village à une centaine de kilomètres d’ici. Une bande de ninjas, des criminels, ont attaqué mon village et tué tous ses habitants durant mon absence. J’ai éliminé tous ceux encore présents à mon retour, à coups de marteau pour la plupart. Et j’ai pourchassé tous les autres à travers Tsuchi et les pays voisins, cela m’a pris un an, à peu prés. Mais je les ai tous eu. Leur chef était le plus robuste, c’est d’ailleurs lui qui m’a fait ça. Montrant la cicatrice qui parcourait son visage.

Finalement, ce combat fut surement le plus épique d’entre tous. Il se souvenait parfaitement de cet homme qui avait voulu infiltrer le pays de la terre de son organisation criminelle. Un homme utiliser le métal à sa guise, un homme rapide et silencieux.

-Ouais il était balèze celui-là… dit-il songeur. Mais j’ai fini par écraser son crâne, à mains nues… Ajoutait-il en reproduisant le geste sur une pierre qu’il avait ramassé. Il n’y a pas grand-chose d’épique dans tout ça malheureusement.

Et la suite de ce combat, de cette victoire le mena ici, à Iwa, entrecoupé de solitude et de tristesse. S’il avait compris, il y a dix ans, l’importance des responsabilités qui lui incombaient… Enfin.

-Faites de la protection des autres votre priorité, en tant que shinobi. Votre métier sera de défendre les gens de ce village, et ce pays. Ceux qui ne le peuvent pas par eux-mêmes. Si vous voulez devenir shinobi pour autre chose… hum. Changez d’orientation aujourd’hui.

Il marqua une pause, fixant les jeunes ninjas de son regard noir, les couvrant de son ombre, presque menaçant ; on aurait presque dit qu’un orage se préparait si bien l’atmosphère était devenue pesante.

-Enfin ! Vous devriez reprendre l’entrainement… parce qu’avant de vouloir ne serait-ce que vous protéger… Ben, vous avez encore du chemin !

Alors que les gamins s’agitaient à droite à gauche, le colosse se rapprocha de Seigetsu.

-C’est un plutôt bon groupe que vous avez là… Donnez leur le bon exemple. Bien. Sinon, Jiji ? Vous m’expliquez ?

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Dernière édition par Borukan Arikasa le Sam 17 Juin 2017 - 11:51, édité 1 fois
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Sam 17 Juin 2017 - 11:26
A mesure que le Borukan racontait son histoire, les gosses, entassés autour de lui et aspirés par son discours, réagissaient de façon unanime à chaque rebondissement. Des "Oooooh !" inquiets aux "Waaaaaah" fascinés, les nuances de candeur étaient nombreuses. Entre temps, Seigetsu lui s'était rallumé une cigarette, sans perdre une miette de la terrible vendetta d'Arikasa contre des brigands.

Lorsque ce dernier évoqua la cicatrice entaillant son visage, le natif de Hi no Kuni recracha une longue gerbe de fumé, ne pouvant s'empêcher de repenser à son oeil droit, même s'il n'en laissa rien paraître. Sa cicatrice à lui. Machinalement, le redoutable chef des brigands qu'avait affronté Arik-dono avait pris l'aspect du propre père de Sei dans son esprit. Un homme grand, fort, menaçant, masqué par un cache-oeil derrière lequel se trouve une affreuse orbite vide. Une image qui évoqua des frissons chez le Jônin.

Il fut ramené à la réalité par l'épisode de l'écrasement de crâne, qui eut un effet saisissant sur les élèves. Mais l'expérimenté shinobi apporta une conclusion qui en disait long sur son état d'esprit : "pas grand-chose d’épique dans tout ça". Le Shuuryou était on ne peut plus d'accord avec ce constat; des innocents tués, des meurtriers terrassés, du sang... tous cela faisait rêver les apprentis shinobis, mais ils apprendraient bien vite à leurs dépens que la violence du monde ninja n'avait rien de divertissant, sauf peut-être pour ceux qui déclenchent les guerres.

Un moment de gêne suivi la fin de l'histoire, puis, sur les conseils d'Arikasa, les jeunes se dispersèrent avec entrain, certains reprenant l'entraînement de plus belle, d'autres "jouant" aux ninjas, mimant les exploits de leur héros d'aujourd'hui.

« Votre histoire a fait son petit effet... » dit-il alors que l'imposant guerrier s'approchait de lui. Les deux hommes se retrouvaient à l'abris des oreilles juvéniles, les cris enfantins masquant leur conversation. Lorsque le Borukan s'adressa à lui, Seigetsu haussa à nouveau les épaules. C'était presque un tic chez lui, tant il relativisait tout. « "Donner l'exemple"... C'est bien abstrait pour ce que nous sommes. Mon job est de leur apprendre le leur : tuer. » Il marqua une pause, et expulsa sa fumée en posant son regard sur sa classe. « On a beau enrober cela de toutes les légendes qui permettent de nous donner une image de héros, vous l'avez très justement dit. Il n'y a rien d'épique dans tout ça. »

C'était presque une malédiction chez les Shuuryous que d'être à la fois pragmatique et pessimiste. « Nous protégeons ce que nous avons à protéger, face à ceux qui l'attaquent pour eux-même protéger ce qu'ils ont à protéger. Je ne vous apprends rien, Arik-san, mais l'exemplarité m'intéresse moins que de les rendre capables de mettre ce kunai au coeur de sa cible. Pour le bien d'Iwa, et d'Iwa seulement. » Ce n'était pas très romantique, mais c'était assez proche de la réalité.

Quant au surnom ? « Hm... les cheveux blanc, ça ne pardonne pas, Jiji-sama. » Côte à côte, on avait l'impression qu'il aurait suffit au Borukan de souffler sur le Shuuryou pour faire s'envoler celui-ci.
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Sam 17 Juin 2017 - 17:38


Pour Iwa. C’était exactement ce qu’il attendait, ce qu’il voulait entendre. Ils étaient d’accord sur ce point, l’inverse aurait été étrange en fait. En revanche, donner l’exemple lui semblait aussi important. Il ne ‘s’agissait pas d’avoir un comportement parfait, d’être un bon samaritain ; mais plutôt de transmettre des valeurs et faire en sorte que tous y adhèrent sans se poser de question afin d’éviter toute déviance.

En effet, ce qui était sans doute le plus redoutable pour ce village tel qu’il avait été imaginé et construit autant dans sa structure que dans sa philosophie, était les comportements déviants, les idées déviantes ; ceux qui mènent le plus souvent à la trahison. Malheureusement le Borukan en avait l’expérience, et le résultat fut… tragique. Enfin, il supposait que Seigetsu avait à peu près la même vision que lui… Mais dans le doute.

-Donner l’exemple lui, pas par ce que vous êtes, ou parce que vous faites ; mais par votre vision d’iwa, votre patriotisme en quelque sorte. Si vous êtes réellement pour la conservation de tout ce qui a été fait ici, vous devez leur transmettre. C’est ça l’exemple. Que tous comprennent et assimilent ce que signifie « Iwa » et être Iwajin. Enfin, je ne vous appends pas votre tâche, je suppose.

Répondait-il en observant les jeunes ninjas reprendre leurs activités, bien qu’un peu dissipés. En les regardant il comprenait que leur inculquer cette philosophie, ou cette idéologie ne serait pas une mince affaire. Il ne s’agissait pas juste d’en faire des soldats sans cervelle, ils devaient comprendre, et rapidement, ce que tout ceci représentait.

-Haha ! Mes cheveux sont plus argentés que blancs ! Dit-il d’un air renfrogné. Et c’est un peu rapide comme surnom, on ne se connait pas tant que ça ! Il se tût un instant observant toujours les apprentis et ajouta : Si jamais vous avez besoin d’aide, n’hésitez pas à me faire signe !

Conclut-il, souriant. Puis il posa son regard d’acier sur le senseï, il se posait quelques questions à son sujet…

-Oh, au fait; d’où venez-vous, Seigetsu ? Le nom Shuuryou ne me dit rien, du moins, pas ici… Et cela fait un certain que je vis dans ce pays. Et, ne vous en faites pas, quel que soit l’endroit, le pays d’où vous êtes ; je ne vous jugerai pas. Quand bien même mon « jugement » ait de l’importance.

Ariksa n’était pas homme à juger les autres, il considérait tous ceux vivants à Iwa comme ses pairs, même s’il ne les connaissait pas tous. S’ils étaient arrivés dans cette contrée, dans ce village, c’est qu’ils avaient fait, vraisemblablement, le bon choix.





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