Derniers sujets
» Entrainement à l'épée n°1 - Shiori
Aujourd'hui à 23:25 par Watanabe Shiori

» Le blondinet s'ennui !
Aujourd'hui à 23:21 par Aami Shôran

» Encore ... ? [Pv Shuu]
Aujourd'hui à 23:20 par Metaru Reiko

» Deux épreuves pour le prix d'une (ft. Y. Kagero & N. Sayo)
Aujourd'hui à 23:14 par Aburame Shizen

» [Equipe #4] Première rencontre matinale
Aujourd'hui à 23:06 par Kanashīdesu Inja

» Impact [Sayo N.]
Aujourd'hui à 22:35 par Nara Sayo

» La chieuse en tenue d'infirmière... [Ft.Sayo]
Aujourd'hui à 22:30 par Nara Sayo

» C'cadeau Senseï | Shojito
Aujourd'hui à 22:18 par Nara Sayo

» Pile ou face ? | Frero
Aujourd'hui à 22:03 par Nara Sayo

Partagez | 

Le dernier thé. [PV; Tsukiyomi]


Lun 11 Sep 2017 - 15:37
Le village venait de t'honorer de ce qu'on appelait dehors une "promotion", concept qui t'était jusque-là étranger et dont la logique t'échappait encore à ce jour. "Chûnin", voilà le nom de ta nouvelle position. A dire vrai, tu n'avais que faire d'une telle appellation, cela ne changeait finalement pas grand chose si ce n'est la somme plus conséquente d'argent que l'on te verserait. Encore un fois, cette notion te paraissait bien abstraite. Il y avait une chose que tu ne pouvais savoir à cet instant, néanmoins: On ne te gratifiait pas de reconnaissance pour tes actions -tu n'avais pas spécialement brillé- mais bien parce que tu étais le pion idéal que le clan et les hautes instances du village venaient de déployer sur l'échiquier. Plus tard dans la journée, tu comprendras que le manque de bras avait motivé à ce que l'on place la vie du Seigneur de Mizu entre tes mains, mais pour l'instant, c'est le jeu du clan que tu devais jouer.

A ton arrivée, le clan t'avait placé au beau milieu de ses quartiers, dans l'habitat le plus simple et le plus étroit que l'on puisse trouver: une petite bicoque sans prétention, véritable cube doté de deux pièces, une chambre et une principale, sans eau courante. Cela ne t'offensait pas, après tout, tu avais passé ta vie dans un pays où la notion de confort ne se retrouvait pas dans le luxe du matériel mais dans l'opiniâtreté investie dans l'aménagement: faire naitre tout de rien. Aussi avais-tu appliqué cette règle dans ton nouveau chez-toi, un matelas ferme au sol et quelques couvertures pour te protéger du froid du pays dans ta chambre, une petite table basse, des tapis et des coussins dans la pièce principale. Finalement, le seul véritable luxe dont tu pouvais te targuer était ce petit lopin de terre où rien ne poussait, à la vue de tous, pas même délimité par la moindre forme de barrière ou autre plante. On t'observait, et c'était tant mieux.

Dans ta logique d'intégration, tu avais commencé à façonner les pièces qui formeraient une petite clôture à l'aide de tes os, tous les jours tu y gravais des signes et autres ornements venus de loin à la main pour ensuite les faire ressortir avec un peu d'encre. Le travail était colossal mais un jour tu terminerais forcément, tu délimiterais ta propriété. Tu avais également entrepris d'y faire pousser quelques plantes, mais rien n'y faisait, à croire qu'on avait salé ton sol.

Suiatsu, ton guide, le petit dieu qui t'accompagnait partout, te fournissait l'eau en usant de ses pouvoirs, il t'expliquait le monde dans lequel tu arrivais, non sans malice, il faut bien l'avouer. Ce dernier s'amusait d'ailleurs de te voir aussi actif dans le nettoyage de tes tapis.

-Pas de gravure aujourd'hui ? Lâcha-t-il affalé sur un coussin. Tu vas pas m'dire que tu veux l'impressionner !

-Non, petit dieu. Répondis-tu en entrant dans ta pièce principale par le biais de l'ouverture qui donnait sur ton jardin stérile après avoir méthodiquement débarrassé le dernier tapis de poussière, cette même poussière qui rongeait ton foyer, car, faut-il le préciser, le sol n'était que terre battue. Dans ma tribu, les femmes ont une place importante, ce sont elles qui décident. Ton accent et le ton calme de ta voix résonnaient dans le peu de mètres carrés que tu possédais.

Afin de guider le lecteur, il faut savoir que tôt le matin, on avait commandé à Nagu, en plus de lui remettre sa promotion, de veiller à la bonne tutelle d'une de ses lointaines cousines. Ordre étrange, il faut l'admettre, d'autant que Nagu, riche de sa tradition matriarcale, comprenait par là qu'on lui commandait de veiller sur la bonne santé de la belle.

Tu avais donc terminé. La touche finale fut d'épousseter le masque fait d'os qui trônait au dessus de ta porte, ouverte en tout temps, signe d'hospitalité. Le masque en question ressemblait d'ailleurs étrangement au visage de l'enveloppe charnelle du dieu qui logeait chez toi.

-Et si la demoiselle doit s'excuser ? Toilettes publiques ? D'autant que le thé...

Les dernières feuilles de thé de ton pays infusaient en ce moment-même, après quoi tu devrais te contenter de l'immondice que l'on pouvait trouver ici.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Lun 11 Sep 2017 - 16:36
L’aigreur aurait été un chemin facile, en ce beau jour. Mais Tsukiyomi voulait éviter de le suivre, trop facile. Et il aurait été un peu honteux pour elle de surinterpréter une décision du clan alors qu’elle les connaissait si bien, leurs actes étaient limpides à ses yeux. Un tuteur, donc, un nouveau surtout. La jeune femme connaissait leur réticences à lui accorder le bénéfice du doute et la laisser grimper les échelons mais tout de même, cela commençait à se voir. Qu’importe, s’il fallait qu’elle prouve une nouvelle fois qu’elle pouvait rester dans les sentiers battus, elle le ferait. Mais presque dix ans de punition pour une erreur, ca semblait un peu excessif, même pour les Kaguya.

La Genin devait rencontrer son nouveau tuteur ce jour la. Apparemment, il y avait du mouvement, aussi devait-elle faire vite, ne pas lui faire perdre son temps. Agréable. Une nouvelle fois, elle devrait regarder les autres membres du clan aller au saloir sans se retourner, avec enthousiasme. Tant pis, elle s'entraînait seule, ca lui réussissait pas mal depuis tout ce temps. Cependant, elle demeurait très intriguée par celui qu’elle devait rencontrer. En parcourant les allées qui bordaient sa petite residence héritée de ses parents, elle essayait de se faire une image mentale de lui. Elle savait très peu de choses, principalement qu’il n'était pas d’ici. Et pour cause, si ca avait ete le cas elle le connaîtrait. Peut-être était-ce tout l'intérêt pour eux, quelqu’un dont elle ignorait jusqu’au visage.

Un petit sourire au coin des lèvres, l’enfant du clan put constater qu’elle avait trouvé le lieu de rendez vous plus vite qu’elle l’aurait cru, mais qu’elle avait tout de même un peu de retard - on ne se refait pas. Pas assez pour qu’elle puisse être réprimandée, mais suffisamment pour le principe. Quelle genre d’impression ferait elle en pensant de la sorte ? Elle regretta un court instant de ne pas s'être posé la question plus tôt. C’est donc avec une expression sérieuse à peine teintée d’un regret honnête qu’elle se présenta à son rendez vous.

“ Bonjour ? ”

Un long silence suivit sa salutation. Elle avait certainement trouvé celui qu’elle cherchait, ainsi qu’un inconnu dont elle ignorait totalement qu’il devait être la. Une odeur emplissait la petite pièce, odeur qu’elle trouva plutôt agréable bien que entêtante. D’un coup d’oeil rapide, elle détailla celui qui - a priori - devait être Kaguya Wakibara Nagu. On ne le lui avait pas décrit, simplement dit qu’il “venait de loin”. Songeant à ce point précis, elle ne sut pas trop comment s’adresser à lui. C’est pourquoi elle ne le désigna pas et prit le parti de saluer respectueusement, en toute simplicité. Elle s’inclina sobrement mais non sans manifester sa déference avec application. Lorsqu’elle se redressa, elle eut néanmoins bien du mal à ne pas jeter de multiples regards interrogateurs en direction de l’autre personne. Elle supposait que rencontrer son tuteur se ferait seule à seul, mais elle avait probablement eu tort. Après tout, elle ne savait rien de son interlocuteur, et encore moins de ce en quoi consistait cette rencontre, ce qui était parfaitement perceptible pour quiconque voyait son regard passer alternativement de son tuteur a tout ce qui se trouvait dans la pièce. Elle espérait simplement ne pas créer de malaise dès son arrivée.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t1156-presentation-de-tsukiyomi

Lun 11 Sep 2017 - 18:29
L'annonce perla. En bon homme que tu étais, tu fus frappé par la silhouette de ta nouvelle interlocutrice.

-Bonjour, femelle. Lâcha Suiatsu sans que sa voix ne laisse entendre la moindre once d'intérêt.

Comme à son habitude, le petit dieu venait de te prendre de court. Voilà que la situation virait à la catastrophe, impossible d'expliquer à la belle que les dieux de la trempe de celui qui se trouvait là ne connaissaient pas les frontières du sexe et qu'en étant l'un des créateurs, l'approche technique, la simple et invariable dichotomie du mâle et de la femelle, était la seule qu'il daigne adopter. Lui soumettre l'idée de ne serait-ce qu'envisager d'adapter au pauvre langage des hommes les idées et concepts dont lui seul avait l'expression se révèlerait être une provocation ouverte, et nul ne voulait s'attirer les foudres d'un être divin. Aussi prias-tu -ironiquement- pour que la manoeuvre de ton guide ne te porte pas plus préjudice. Mieux valait ignorer.

-Oh, bonjour. Ton accent marqua d'emblée ta différence. Je suis Wakibara no Nagurikai, mais tu peux m'appeler Nagu du clan Kaguya. Ton énorme main présenta ton humble salon. Je t'en prie, prends place à côté. Je te prépare le thé de mon pays, il est très apprécié dans ma tribu.

Alors que tu servais le thé, un détail te frappa: N'était-elle pas un peu trop âgée pour que l'on quît ta protection ? Le fier clan Kaguya, te semblait-il, élevait des guerriers sans distinction de sexe, alors que faisait-elle là sous ton toit ? Tu vins t'accroupir en face d'elle, elle n'avait pas la carrure d'une combattante. Tout en la fixant, tu disposas les verres. Suiatsu avait disposé ses jambes sur mur et fixait le plafond, les mains derrière la nuque.
Par où commencer ? Quelque part, tu étais impressionné, c'était la première fois qu'un membre de ton clan pénétrait sous ton toit.

-Je suis... très honoré d'être chargé de ta protection, petite Tsukiyomi. Comme à l'habitude, tu nommais les êtres petits "petits" et dieu sait qu'à côté des gabarits que l'on retrouvait dans ta tribu de Kaze, peu de Mizujins pouvaient aspirer au statut de "grand". Je ferai savoir à tes parents que je me montrerai digne de la tâche qu'ils me confient. Un rictus se dessina sur le visage de Suiatsu. Lui savait tout. Mais avant, j'ai tout de même quelques interrogations. Tes yeux se posèrent sur ton verre. Je ne connais pas beaucoup de gens du village, alors j'espère ne pas t'offenser mais... pourquoi voudrait-on que je te protège ? En fait, c'est ce terme de "tuteur", là, je ne sais pas vraiment ce que ça veut dire.

Une fois de plus tu te heurtais à l'inconnu, à ton manque de connaissances de ce nouveau monde. Peut-être était-elle une princesse ou une personnalité de haute importance provenant d'une caste noble ? Tu avais déjà entendu quelques mots à ce sujet au gré de tes déambulations en ville, et même si la notion ne t'était pas familière, tu l'acceptais tout de même. Tu auras d'ailleurs l'occasion de te frotter aux plus importants d'entre eux dans quelques heures.

HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Lun 11 Sep 2017 - 23:31
Dubitative, la jeune Kaguya leva un sourcil circonspect en réponse à la première salutation impolie. Elle cessa instantanément de porter son regard dans la direction de celui qui l’avait émise, estimant qu’il valait mieux ignorer la chose tant elle risquait d’être elle même impolie à son tour en y répondant. Elle constata bien vite que c’était la chose à faire puisque son nouveau tuteur fit de même. Au moins, ça ne lui serait pas reproché. Celui-ci semblait vraiment aux petits soins pour l’accueillir ce qui ne surprit pas vraiment Tsukiyomi tant cela témoignait de ce qu’elle savait déjà : il n’était pas d’ici. Et ce fait lui fit gagner instantanément des points de sympathie dans l’esprit de la Genin qui se détendit un peu, indépendamment de la présence de l’autre dont elle ne saisissait pas bien la fonction.

“ Merci beaucoup. ” Répondit-elle sobrement à la première occurrence de Nagu, en s’inclinant une nouvelle fois avant de s’installer où il le désignait.

Il semblait agir avec beaucoup de modestie ce qui laissait une impression assez paradoxale dans l’esprit de la jeune femme. Pas qu’elle aurait préféré qu’il soit imbu de lui même et agressif, mais elle avait encore plus de mal à déceler les intentions du clan derrière cette affectation. S’il devait la surveiller, il cachait très bien son jeu et semblait très bon comédien. Ou bien c’était elle qui devait l’espionner sans le savoir ? Prouver sa loyauté en rapportant les faits et gestes du “l’étranger”, aussi insultant que ça puisse être ? Pas tout à fait certaine de pouvoir accorder sa confiance tout de suite mais se refusant à monter un mur de glace entre elle et le Chunin, elle s’apprêta à lui poser une question banale, mais il la devança. Lui n’avait aucun problème à parler franchement, ou bien il était vraiment un expert de la manipulation, ce dont elle doutait. Il n’avait de toute évidence pas toutes les informations. Tsukiyomi remercia sarcastiquement les pontes Kaguya pour leur négligence, à l’évocation de ses parents. Un potentiel moment de malaise à venir, super.

“ Disons pour commencer que vous n’aurez pas de parents à informer puisque je n’en ai pas. C’est selon moi le coeur du sujet, j’ai plus ou moins été élevée par tout le clan, indirectement. Aussi étonnant que cela puisse paraître je n’ai pas toujours correspondu aux attentes que cela implique. Ils pensent probablement qu’être votre protégée me mettra définitivement … du plomb dans la tête. ”

Cela sonnait vraiment très négatif, avec le recul. Et surtout, c’était assez peu flatteur pour elle qui voulait faire bonne impression. Que pourrait-il imaginer en entendant cela, qu’elle était une traîtresse, ou pire, incompétente ? Tsukiyomi s’astreint bien vite à alléger un peu la discussion tout en restant dans le sujet, non sans avoir goûté au thé qu’il lui proposé, et validé son appréciation d’un sourire sympathique et un hochement de tête.

“ Ou bien ils pensent que l’enfant du clan serait la plus à même de vous aider à vous y intégrer tout en apprenant de vous ! Je préfère le voir comme ça, comme un honneur pour moi et un service pour vous.”

Voilà qui sonnait définitivement plus positif et, elle l’espérait, plus chaleureux. Quelque part dans le meilleur des mondes, cette hypothèse était la vérité, mais malheureusement, son esprit ne vivait plus dans ce monde là depuis un bon moment. Mais si c’était le cas de son tuteur, qui était-elle pour casser l’illusion ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t1156-presentation-de-tsukiyomi

Mar 12 Sep 2017 - 18:32
"Vous", une marque de respect qui ne te semblait pas appropriée mais qu'importe, le problème n'était pas là. En vérité, tu avais été trop bon, comme à l'habitude, et cette même bonté te perdra sans doute car en totale inadéquation avec les idéaux que tu défends. Au-delà de l'orphelinat, statut dont tu ne contestais pas le poids, ta lointaine cousine agitait le fait qu'en ces temps troubles et face à la tempête qui frapperait sans doute très bientôt le village, elle n'était pas fiable, du moins c'est ce que tu entendais par "me mettra définitivement du plomb dans la cervelle". Inutile de dire que l'expression de ton visage annonçait une suite beaucoup moins pacifique.

-Non. Non, il n'y aurait pas d'intégration facilitée, pas d'échange joyeux, du moins pour le moment. Il n'y avait aucune agressivité dans ta voix mais cette fermeté naturelle qui surgissait lorsque tu étais contrarié.

Cette société miraculeuse où tout le monde avait sa place, cette tribu unifiée dans la joie, tout cela n'était que parfaite utopie - un cauchemar, donc. En posant pied sur les rives de ce lointain pays tes espérances les plus folles s'étaient inclinées devant la décadence de cette nouvelle invention qu'était Kiri, les "surhommes" -Kaguya- dont les légendes de ta tribu chantaient les louanges avaient terminé violés par l'idéal saugrenu caché derrière la construction de ce village et de ces murs. Un peuple entier caché derrière le plus pervers des mensonges: la violence appartenait au passé. Cette société miraculeuse transpirait du discours de Tsukiyomi, du moins c'est ce que tu en comprenais.

-Etant donnée la situation, j'avais osé penser que tu serais placée sous ma protection, ou mon instruction, mais peu importe, maintenant. Petite gorgée avant que le thé ne refroidisse. Laisse-moi te raconter ce que je sais: Il y a peu, notre Matriarche, Benten a décidé de mettre un terme à l'autonomie proclamée des Sabreurs en leur infligeant une défaite des plus humiliantes. Leur chef, meneur d'une rébellion de quelques instants est aujourd'hui en prison, un autre s'est vu dépossédé de son sabre et un troisième emprisonné également. Cet épisode raviva au sein du village une crise qui selon moi est beaucoup plus ancienne que le problème posé par l'autorité de Benten: Les habitants de ce village se fourvoient sur la nature originelle de l'idée de Kiri. Une petite pause. A bien y regarder, Kiri est tiraillée entre trois forces: Les Sabreurs qui s'estiment dispensés de respecter les règles quand leur égo est touché, ou, plus précisément, quand on les place devant l'autorité; Les Yuki, un clan calculateur dont la pensée s'articule en deux temps: le premier est d'accéder au pouvoir et au prestige, le second, de mener la politique qui lui semble légitime; et enfin il y a nous dont la Matriarche, Idaina, a affirmé qu'elle resterait fidèle au pouvoir en place, pouvoir rendu possible par les purges dont nous sommes les principaux acteurs. Grosso modo. La situation telle que je la pressens induit un rapport de force entre notre clan et les rares partisans de Benten et de l'ordre d'un côté et des Sabreurs suivis, j'en suis presque certain, des Yuki et de toute une frange de la population trop occupée à se complaire dans l'oisiveté de l'autre. Seulement, si nous nous sommes alliés, ce n'est pas pour que l'anarchie perdure, pas pour que ce climat de contestation aveugle remplace le chaos mais bien pour nous élever, braver ensemble la violence de notre monde et en ressortir grandis. Notre tribu de Kiri a besoin d'ordre, de recentrer ses impératifs, de cesser d'entretenir ses enfants dans la douce illusion de la paix. Ton exposé terminé, tu en arrivais enfin à elle. Mais qu'as-tu à voir dans tout ceci ? Je comprends que tu n'adhères pas aux idéaux du clan, je ne suis moi-même pas en accord total avec certaines de leurs méthodes, aussi je ne peux te jeter la pierre. En revanche, face à l'anarchie, je ne trouverai aucun terrain d'entente, et, à partir de cet instant, toi non plus. Aussi, parce que je serai en première ligne si le conflit devait éclater, si les Sabreurs ne renonçaient pas officiellement à leur sentiment d'autonomie et les Yuki à leur supériorité de race, tu y seras aussi. Cet affrontement, nous pourrons le remporter au sein du village, il nous grandira, replacera les lignes et enfin nous pourrons avancer vers l'avenir.

Applaudissements de la part de Suiatsu. Le petit dieu se délectait de ta confusion, lui savait déjà que Benten appartenait au passé, que Sabreurs et Yuki avaient déjà entamé la partie. Quant à toi, ta solennité te revenait en pleine face, voilà que tu te retrouvais presque honteux de faire la leçon à une femme bien plus légitime que toi au sein du clan.

-Notre sang... tu hésitais a toujours été versé dans les combats qui opposèrent l'humanité à son impératif d'évolution. Il fut versé sur mes terres il y a longtemps pour garantir la continuité des Guerriers Sombres et des Kaguya, il fut versé ici pour unir le pays jusque lors livré à l'anarchie... Nous ne pouvons pas laisser des irresponsables mener notre peuple à sa perte pour des caprices...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Mar 12 Sep 2017 - 23:16
Le haussement de sourcil circonspect n’eut pas à se faire attendre bien longtemps lorsque Tsukiyomi observa un étonnant changement chez son tuteur. Elle ne comprenait pas exactement les raisons d’un tel monologue, s’il essayait lui même de faire le point ou s’il essayait de lui faire sa première leçon, ou même encore d’exposer son statut dominant dès le départ. Toujours est-il que la jeune femme perdit toute aise comprit instantanément qu’elle ne ferait pas d’exception dans son traitement des Kaguya pour celui-ci. Manifestement, elle devait se montrer irréprochable en tant qu’enfant du clan avec lui aussi, ne montrer ni faiblesse ni dissidence d’aucune sorte. Noté. Néanmoins, elle trouvait dommage de se recroqueviller devant lui alors même qu’elle essayait de faire une bonne impression. Et, tout simplement, sa fierté l’en empêchait. Les potentielles erreurs factuelles qui pourraient les mener tous deux à l’erreur ou pire, à la position de faiblesse, c’était hors de question. Aussi se permit-elle d’articuler un discours plus nuancé.

“Je suis tout à fait au fait des jeux de pouvoirs qui se déroulent dans le village, j’y évolue depuis plusieurs années. Et quand bien même le clan essaie de nous maintenir - ou juste moi - éloignés de ces questions, je ne suis pas dupe. J’ai participé à la construction de Kiri. Mon rêve était bien loin de ressembler à ce que je suis forcée d'observer chaque jour, croyez-moi.”

Elle se garda bien de renseigner sa tendance à se lier à des membres d’autres groupes d’influence du village. Chaque chose en son temps, et elle doutait de la réception de ce genre d’informations. Elle reprit néanmoins, le plus sincèrement du monde, non sans crainte de ce qu’il adviendrait de ce faux départ.

“ De par ma situation je suis très attachée à mon clan, et fière d’en faire partie. Tout le clan pourra témoigner d’années de ferveur de ma part pour le servir. Et toute critique de ma part n’est que la manifestation de mon souhait le plus profond, celui qu’il perdure et garde la place qui lui revient. Pour nos sacrifices. Nous sommes des fondateurs et nous ne devons pas nous reposer sur ce seul titre. Seulement … “

Une pause malvenue, mais tant pour laisser le temps à ses propos de s’articuler que par angoisse, elle avait besoin de prendre quelques secondes. Une nouvelle gorgée de thé. Inspirant. Elle reprit.

“ Seulement je pense que l’unité à laquelle vous faites allusion, l’ordre contre l’anarchie, nécessite l’appui d’une morale, et une capacité d’adaptation pour arriver à son terme. Je ne souhaite pas voir mon clan se sacrifier, payer un prix trop lourd pour être les seuls artisans de l’ordre. En nous contentant de ce que nous avons toujours fait, j’ai bien peur que le résultat ne soit qu’en demi-teinte, et le sacrifice total et inutile.”

La genin hésita, avant de se décider à ajouter quelque chose, les yeux rivés sur ses mains aggripées à son thé.

“ Par ailleurs, je ne peux concevoir une unité au prix de la morale et de la légitimité. Que vaudrait cette unité si elle apporte une misère égale à l’anarchie que vous décrivez ? Je me battrai pour sauver des vies, et pour la paix, et j’ai espoir que mon clan en sera l’artisan, du bon côté de l’Histoire.”

Tsukiyomi ne s’attendait pas à se livrer de façon aussi conséquente sur sa vision du monde, mais elle n’était pas dupe, commencer une relation de tuteur/protégée sur la base de l’hypocrisie ne promettrait rien de bon. S’il voulait voir en elle quelqu’un d’imparfait, de faible, ou une potentielle traîtresse, tant pis. Elle avait déjà fait face à ces problématiques. Mais peut-être apprécierait-il sa franchise ? Car tout dans ses mots et sa voix témoignaient de sa sincérité.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t1156-presentation-de-tsukiyomi

Ven 15 Sep 2017 - 13:54
La paix interne passerait donc, pour ta protégée, par l'avènement d'une morale supérieure. En cela elle n'avait pas tort, une réponse brute marquerait la rupture définitive de l'action et de la pensée, en outre, ce qu'elle avait pensé bon de nommer un résultat en demi-teinte ne serait que le prolongement destructeur de ce sentiment anarchique à la seule différence que les Kaguya en seraient officiellement les avatars. Un choix stratégique de mauvaise augure à bien y réfléchir. Tu ne pouvais que concéder la bataille du bon sens à Tsukiyomi, la dialectique n'en serait que plus fertile.

-Tu as entièrement raison et je salue ton attachement au clan. Un grand rire nerveux. Dans ces circonstances, ton accent chantait plus que jamais. J'ai pensé que tu étais opposée au clan mais c'est moi qui ne comprenais rien ! Rire tout aussi fort. Mais parlons plus sérieusement. Une morale et une éthique supérieures devront accompagner nos guerriers en cas de conflit, cela est vrai.

Qu'avais-tu à perdre en cet instant précis ? Tout. Les mots que tu prononcerais pourraient te coûter la vie mais tu te sentais investi de la lourde responsabilité de changer le clan - dans l'optique de le rendre plus fort, bien-sûr.

-Nous devons nous battre pour l'étendard originel de Kiri... Montrer que seule l'unité doit l'emporter, mais ça tu l'as déjà entendu. Je me suis peut-être un peu emporté en parlant de guerre ou de combat, mais il faut garder à l'esprit que cette éventualité est une option de plus en plus envisageable et j'ai bien peur que nos positions actuelles nous y conduisent irrémédiablement.

Tu ne faisais que te répéter mais au-moins marquais-tu fermement tes positions, tu ne voulais pas lâcher trop de terrain.

-C'est cet idéal d'unité pour lequel nous devons combattre. Le clan souffre de sa réputation va-t-en-guerre et tout ceci est malheureusement bien fondé. Nous ne devons donc pas frapper aveuglément et empirer la crise, tu l'as bien souligné mais porter une perspective d'avenir. Un petit temps de réflexion. Un petit sourire. La réthorique sera donc la suivante vis-à-vis des sabreurs: Abandonner les privilèges que vous vous êtes octroyés ou nous vous chasserons ? L'un dans l'autre, ils sont les seuls à s'être indignés face à l'autorité... Si nous faisons comprendre à tous que nous n'oeuvrons pas pour la guerre mais pour la paix... Une petite lueur d'esprit. Je ne fais pas confiance au clan pour suivre une ligne aussi diplomatique. Tu te levas. C'est moi qui irai. Tout de suite. Considère cela comme notre premier échange joyeux. Un temps. Tu es bien-sûr libre de rester ici, ma maison est ouverte à tous. Mais si jamais il te venait à l'esprit de m'accompagner, tu emprunteras le chemin qui passe par l'hôpital tandis que je serai passé par le chemin opposé. Ca te laissera le temps d'y réfléchir, le détour est pour moi.

Et tu t'en allas sans plus de diplomatie.

HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Le dernier thé. [PV; Tsukiyomi]

Page 1 sur 1

Ascent of Shinobi :: Territoires de l'Eau :: Kiri, village caché de la Brume
Sauter vers: