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Politique est-elle affaire de femmes ? [PV; Tsukiyomi & Ueno]


Ven 15 Sep 2017 - 14:45
-Il vaudrait mieux pour toi qu'elle vienne, pas vrai ?

En effet, il vaudrait mieux. Tu te savais en cet instant trop tranchant, trop absolu pour obtenir quoi que ce soit des Sabreurs, et ce tout en sachant que tu portais un message de raison. Finalement, tu n'avais réussi à t'extirper de ton rôle, tu demeurais l'étranger et les coutumes de ce pays te dépassaient encore trop pour que tu aspires, raisonnablement, à la moindre initiative sans être épaulé par un guide plus scrupuleux que Suiatsu qui ne cherchait pas réellement à élever ta conscience politique.

-Mais du coup, la politique au pas de l'oie, tu abandonnes ?

-Non, petit dieu, mais j'ai bien compris qu'il ne fallait pas sauter les étapes dans cette tribu.

Car ta nation d'ordre tu l'obtiendrais, c'était là tout l'objet de ta mission: Préparer les tiens face à l'adversité, grandir ton peuple pour qu'il détienne à lui seul le monopole du droit d'exister. En outre, les sages paroles de Tsukiyomi avaient fait naître en toi un début de doctrine ethnocratique, une idéologie dangereuse à laquelle tu ne préféras pas dessiner de frontières trop hâtivement par crainte de devoir, une fois ladite doctrine exprimée, devoir faire de nouveau machine arrière. Cette même doctrine, tu savais qu'elle serait partagée par l'immense majorité de ton clan car enfin elle l'avait habité depuis ses grands débuts, à voir ensuite si Sabreurs et Yuki accepteraient de s'y reconnaître. Il faudrait ensuite l'élaborer et en poser des bases claires afin de l'étendre outre-mer.

***

L'immensité de la bâtisse qui abritait en son sein l'esprit des Sabreurs t'inspirait ce sentiment de grandeur que tu avais jusque-là refusé, signe que l'air du pays t'avait enivré au point de te faire oublier tes racines. Du petit Nagu qui marchait paisiblement dans la terre battue de son lointain pays natal il ne restait plus grand chose. Ce village était une véritable machine à broyer les esprits, finalement; il était le support physique d'un rêve grandiloquent, un rêve assombri par les desseins de quelques parasites dont les visages t'étaient encore inconnus mais dont tu ne tarderais pas à découvrir la silhouette une fois reçu en leurs lieux.

Et dans ces lieux tu ne devais pas te trouver. Ton action, bien que salvatrice pour Kiri -c'est ce que tu voulais croire, tout du moins- allait à l'encontre de la volonté de ton clan. Mais qu'importe, les dirigeants d'aujourd'hui ne seraient peut-être pas ceux de demain. Peut-être le futur se trouvait-il là, en la personne de Tsukiyomi, qui avait répondu à ton appel.

-Alors tu es venue. Tu frappas aux portes du Dojo. En entrouvrit ces dernières. Le clan Kaguya est venu négocier la paix. Ton accent venait de tonner.

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Ven 15 Sep 2017 - 16:48
Il fallait le lui concéder, Nagu avait du caractère, et il était décidé. Finalement, contre toute attente, il avait donné raison à Tsukiyomi, chose qu’un Kaguya n’avait pas fait depuis bien longtemps. Pour une fois qu’elle livrait une opinion personnelle au lieu d’un schéma de pensée adapté à l’interlocuteur, cela s’averait payant. La genin avait néanmoins cette crainte grandissante qu’il était trop tôt pour ce qu’ils entreprenaient. A vrai dire, elle n’aurait jamais fait une chose pareille d’elle même, et ne suivit le mouvement, dans un premier temps, que par respect pour la hiérarchie et par crainte que ses soupçons sur la formation de son duo avec Nagu soit fondé. Et si on était en train de tester sa fidélité au clan ? Devait-elle alors suivre son tuteur ou l'idéologie des Kaguya ? Car les ordres étaient contradictoires.

Alors qu’elle suivait le chemin imposé par son tuteur, Tsukiyomi longea l'hôpital dont la vue la convainquit qu’elle faisait le bon choix. Elle avait une responsabilité en tant que membre du clan Kaguya. Constater son rôle dans l'hôpital lui rappelait que sa famille avait bien des visages et qu’il pouvait montrer plus d'adaptabilité qu’il ne le laissait croire. Son existence, sa survie même en témoignait. Tsukiyomi en déduit qu’elle devait accepter le rôle qui lui incombait de représenter le clan dans ces négociations, car elle ne pouvait le laisser à son seul tuteur.

Une fois sur place, elle dut attendre quelques instants qu’il la rejoigne. Elle espérait que personne ne viendrait lui demander le motif de sa présence. Le clan ne lui donnait qu’assez peu l’occasion de sortir ces derniers temps et aussi ancrée dans l’histoire que puisse être sa présence, cela pouvait éveiller des soupçons. Par ailleurs, elle n'était pas certaine de la ligne de conduite que Nagu voulait adopter. Son arrivée ne dissipa aucunement ses doutes, puis qu’il n’explicita rien du tout, se contentant de constater sa présence et d’ouvrir la porte après le minimum de politesse requis. La jeune femme ne put s'empêcher de poser une question en l’entendant évoquer le clan comme s’ils le représentaient à eux deux.

“Hum … Nous sommes les seuls au courant de cette excursion n’est-ce pas ?”

La shinobi était à peu près certaine de la réponse et doutait soudainement de l'intérêt de poser une question rhétorique de la sorte. Mais c'était un moyen comme un autre de s’assurer que ses craintes étaient transmises, et qu’elle n’aurait pas à assumer la responsabilité seule de ce qui pouvait être vu comme une trahison au sein du clan. Puis, elle suivit le mouvement en entrant, prudemment. Elle n’avaient pas la moindre idée du type d’accueil auquel ils pouvaient s’attendre, en particulier en s'annoncent comme Nagu venait de le faire.
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Mar 19 Sep 2017 - 0:00
Le Grand Dojo avait rouvert ses portes. Le Gardien était rentré au bercail depuis peu, et cela n'avait pas été de tout repos, il fallait bien l'avouer. Quelques jours seulement après nous avions condamné l'accès à la bibliothèque pour masquer toute trace de notre échange peu amical. Pour ne pas dire violent. Fallait-il encore tout ranger. Étagères renversées, livres abîmés sur un sol immaculé de rouge. Une scène mystérieuse qui pourtant me valait des crimes que je souhaitais garder bien enfouis. C'était exactement comme autrefois. Une équipe. Une trahison. A croire que ceux-ci allaient par paire chez moi. Alors nous nous étions tapé dessus, et je l'avais saigné. Cette idée même me fit frissonner alors que l'un des bouquins écrasé au sol y retourna aussi vite qu'il y avait été extrait. Un long soupir dans cette pièce vide de vie. Je lâchai le reste des ouvrages si précieux que j'avais empilé sur mon autre bras et enjambai le tout pour prendre la direction de la sortie.

Le Grand Dojo de la Confrérie des sabreurs était étonnamment peu rempli en ce jour. Les anciens qui venaient s'entraîner aux combats de corps-à-corps et de kenjutsu, ne s'étaient apparemment plus donné rendez-vous. Peut-être était-ce alors suite à l'incident produit dans la cour juste derrière ces grandes portes. Le Shodaime Mizukage avait fait bien du remue ménage avec ce premier décret. Puis elle en avait abusé et humilié la Confrérie. Voilà tout ce que j'en retenais. Un être trop lâche pour venir seul chercher ce qu'il voulait. Et si nous -certains des sabreurs- avions décidé de nous allier à d'autres personnes qui ne supportaient plus demeurer sous le règne d'une cheffe qui avait commencé par dénigrer la légitimités de ses ninja. En commençant par le clan Yuki. De ce clan que j'avais bien l'impression d'un peu trop connaître, que ce soit par ce vieil ami probablement sur les flots à l'heure actuelle et dont les retrouvailles étaient proches : Sôsuke. Il y avait aussi le chef de cette famille, Eiichiro, qui après une ambiguïté palpable n'avait été qu'une sombre déception et qu'encore à ce jour je ne pouvais pardonner. Mais si celui-ci m'était un peu connu, l'autre clan célèbre qui arpentait également les rues de Kiri, les Kaguya, je n'avais encore eu d'occasion de me rendre compte de qui ils étaient, et ce depuis la construction du village caché de la Brume. Il était dit que ceux-ci avaient bien décidé de se ranger du côté de la "mamie seringue". Un choix comme un autre. Peut-être simplement n'avaient-ils pas été impactés par les décisions pragmatiques de Benten.

Ce fut en descendant des tribunes menant aux quartiers réservés à la Confrérie que l'un des disciple qui s'entraînait là vint immédiatement m'informer que plusieurs coups avaient frappé à la porte. Ils n'étaient plus que trois à rester sur le tatami, pourtant j'ordonnai dès lors à tous de disparaître des lieux. D'un pas franc je vins ouvrir cette grande porte. Une femme, un homme, sans aucune ressemblance physique. Ce fut l'homme qui parla en premier. Des mots qui me valurent un haussement de sourcils. Le clan Kaguya, en la représentation de deux jeunes gens probablement proches de mon âge, venait chercher la paix. Mon regard émeraude se tourna ensuite sur la femme, mais je restai silencieuse. Info ou intox, ce qui était sûr c'était que je ne pouvais refermer cette gigantesque porte sur eux. La main se posant sur la garde de mon épée mais sans aucune menace, la posture fière, je me reculai et leur fit signe. « Je crois bien qu'il s'agisse d'une proposition qui ne se refuse pas. » Un brin d'humour présomptueux, qui ne changeait pas chez moi. Les talons firent demi-tour pour finalement parcourir d'une traite la distance jusqu'au devant du tatami. Pas un regard de plus à mes hôtes, je soupirai longuement avant de tourner un peu la tête pour enfin me présenter face aux shinobis. « De bonne foi, je suis Nakamura Ueno, membre de la Confrérie des Sabreurs. » Et d'un sourire peut-être franchement amusé je lâchai mon sabre pour poser ma main sur ma hanche avant de reprendre. « Et j'ai hâte de savoir quelle genre de paix vous venez négocier à l'improviste au Grand Dojo. »

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Jeu 21 Sep 2017 - 16:15
Un signe de tête et un regard franc plongé avec insistance dans celui de la Kaguya firent office d'affirmation, affirmation éloquemment silencieuse, signe qu'elle ne devait en aucun cas parvenir aux oreilles de qui que ce soit; jouer avec l'autorité du clan et valser sur le doute des Sabreurs, voilà la ligne de conduite que le binôme devait s'imposer pour permettre à leur entrevue de trouver échos dans le jeu du pouvoir. Et dieu sait que le cas des Sabreurs aurait tiraillé de nombreux diplomates entre excitation et perplexité. N'étant ni diplomate ni monothéiste, cet aspect te passa loin, très loin au-dessus de la tête.

Sans surprise, les deux Kaguya furent reçu sans plus de temps, le climat de tension régnant entre les deux clans aidant sans doute à ce que le dialogue soit, et vite, établi. Ce fut une femme qui vint ouvrir la danse et à en juger par la maturité de ses traits et la légèreté de son discours. Une proposition que l'on ne pouvait refuser ? Petit Rayon de Lune venait-il de perdre la tête ? Un crime dont il fallait se dédouaner au plus vite ! L'accent était de mise.

-Et je suis Wakibara no Nagurikaï mais ici on me nomme Nagu du clan Kaguya et voici Tsukiyomi du clan Kaguya. Peut-être aurait-il été plus raisonné de laisser ta cousine le privilège de se présenter. Tu prenais ton rôle de tuteur trop à coeur, visiblement. Merci de nous recevoir dans votre superbe bâtisse, elle a toute ma franche admiration. Ton regard s'était perdu ci et là, l'architecture te faisait clairement de l'effet.

Trêve de fioritures, il fallait passer aux choses sérieuses, amener la problématique en douceur, murmurer les solutions et laisser la raison des Sabreurs prendre la parole. Un sourire.

-La paix qui fera renaître Kiri. Je ne vais pas ressasser les évènements qui ont divisé nos deux clans, j'estime qu'ils appartiennent au passé et je préfère m'attarder sur la portée de vos décisions plutôt que sur l'aspect factuel, c'est dans l'intelligible que se trouve la clé de la paix, coupons le ressentiment du présent et laissons-le suffoquer dans le passé.

Tu montrais patte blanche, signifiais que le passé ne serait pas sujet à débat, mieux valait aller de l'avant.

-La Brume s'épaissit de jour en jour, la colère des uns et des autres alimente les nuages qui planent sur notre présent et l'orage éclatera irrémédiablement dans le futur le plus proche. Mon clan estime que, et je le rejoins sur ce point, votre éminente Confrérie a manqué de sagesse en opposant résistance à la volonté de notre Matriarche à tous, Benten. Voilà c'était dit. Votre décision, fondée ou non, peu importe, je ne viens pas discuter du passé, a raisonné avec beaucoup de violence dans le village. Je viens mettre un terme à cette violence avec vous. Place à la proposition. Je vous demande, pour éviter que le ressentiment ne trouve échos dans le présent et assombrisse notre futur, non pas de vous excuser mais de garantir que vous êtes prêts à construire un avenir uni aux côtés de tous les membres du village, sur un pied d'égalité, en renonçant dès à présent à cet esprit de discorde qui vous a habité il y a quelques temps. Précision. Je vous demande d'accepter, et de bonne foi -en réponse aux paroles prononcées tantôt par la Sabreuse- de vous plier en tout temps aux règles du village incarnées par le Mizukage d'aujourd'hui, celui de demain et pour les générations à venir. C'est la seule concession que je vous demande, elle est pour moi naturelle, mais peut-être ne l'était-elle pas pour vous, et je peux le comprendre.

C'était là à peu près tout ce que tu voulais.

-Je crois savoir que votre Confrérie possède en son sein un conseil. Je vous demande de lui soumettre cette proposition. Je m'engage à paraître devant lui pour expliciter ma demande si besoin est. C'était là l'objet de notre venue.
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Ven 22 Sep 2017 - 16:59
S’il fallait se mettre à la place de la Sabreuse qui les accueillait, nul doute que Tsukiyomi se demanderait de quel genre de manège il était question. Deux jeunes gens, pars vraiment parmi les plus hauts placés de leur clan, venant négocier avec un air grave une paix entre deux clans qui, au mieux, s’ignoraient froidement depuis bien trop longtemps. C'était présomptueux mais, contrairement aux apparences, dénué de plans. Ce n'était visiblement pas du genre de Nagu et, pour une fois, Tsukiyomi ne faisait que suivre.

La genin du clan Kaguya s’inclina poliment lorsqu’elle fut accueillie, et laissa son tuteur la présenter. Pas qu’elle eût véritablement l’occasion d’ouvrir la bouche, mais ca n’etait pas plus mal. Il l’avait embarquée dans cette situation sans vraiment établir de plan ni la préparer - ce qui était typiquement Kaguya de son point de vue, nul doute qu’il en était. Tsukiyomi n’avait aucun autre choix que de faire acte de présence et, éventuellement, si l’occasion se présentait, nuancer les propos de son tuteur s’il venait à être un peu trop tranchant et hâtif dans ses conclusions comme il l’avait été quelques temps plus tôt avec elle.

Alors qu’il prenait la parole pour exposer sa proposition, sa protégée l’observa avec respect. Il fallait admettre qu’il n’avait pas peur de se jeter directement dans la gueule du loup, sans véritable support autre qu’une genin qu’il venait à peine de rencontrer, et sans connaissance approfondie de la diplomatie et des gens auxquels ils s’adressaient. Peut-être que Tsukiyomi avait tort de le voir comme cela, mais s’il s'était agi d’elle, il lui aurait bien fallu des semaines d’observation de la personne à contacter, et des tonnes d’informations avant de tenter quoi que ce soit. Raison pour laquelle elle n’osa ouvrir la bouche durant son discours, quand bien même elle aurait appuyé quelques details supplementaires, pour nuancer.

Comme Nagu l’avait justement souligné plus tôt, les Sabreurs semblaient avoir leur ego, un peu comme les Kaguya d’ailleurs. Et la position des Kaguya n'était pas si confortable pour qu’ils puissent s’asseoir sur cette information. Aussi, une fois son discours terminé, elle prit la parole, poliment, comme pour compléter et se poser en interlocutrice au même titre que son tuteur. Après tout, s’il lui avait demandé de venir, ce n'était pas pour décorer.

“J’ajouterai qu’il ne s’agit en rien d’une faveur que nous demandons vis à vis du seul clan Kaguya mais de la mise en place d’une dynamique qui nous sera bénéfique à tous. Tout autant que vous, nous souhaitons nous engager a un comportement, une démarche qui, au delà de tout individualisme, renforcera le village dans une unité indispensable à notre survie et notre prospérité.”

Elle mit l’accent sur ces deux derniers termes clé. La simple bonne foi ne suffisait pas toujours, de même que la perspective de paix. Les sabreurs étaient des combattants au même titre que les Kaguya, et ne craignaient pas de se salir les mains, elle en était certaine. Alors il fallait parler à l’ego, et l’instinct de survie. La fierté.
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Dim 24 Sep 2017 - 2:19
Pourquoi être si solennel ? Je me posais sincèrement cette question, surtout en des temps aussi superficiels que perdus dans l'instabilité. Une paix ? A en voir leurs impressions et leurs expressions je n'avais pas vraiment l'impression que l'armistice était de mise, un enjeu. Mais il fallait bien admettre qu'ils se complétaient de manière forte amusante. Si l'un jouait du jugement, la deuxième se contentait d'observer. Or il était aussi véridique qu'ils n'étaient pas tombés sur la plus diplomate du Grand Dojo, et il faudrait dès lors me faire violence si un mot venait, à tort, titiller cette envie de dégainer. Je sentais d'ailleurs l'agacement de Dokueki, le reptile, qui sifflait à mes oreilles ses intentions malsaines. Ce fut pourquoi, encore de bonne foi, je retirai avec lenteur mon sabre de ma ceinture pour venir le poser juste derrière, sur l'estrade ou reposaient d'autres épées d'entraînement. Un geste aussi dangereux que bienveillant. Faisais-je une erreur ?

Le discours du Kaguya, je n'en avais pas manqué une miette. Je l'avais même peut-être trop assimilé alors qu'il prétendait que la réaction de la Confrérie -et de ses alliés d'un soir- était disproportionnée. Un affront réel qui me fit hausser un sourcil et lâcher un soupir que je n'avais pas émis avec discrétion. Alors, revenant leur faire face, je leur adressai à chacun un regard qui en disait long. Les palabres si menaçantes -bien que de bonnes intentions- ne seraient plus permises à partir de maintenant en sein de cette demeure du savoir des épéistes. En revanche, il fallait bien admettre que la jeune femme avait réussi à tempérer mes ardeurs. Les laissant finir, un à un, j'usai d'un faible suspens avant de leur répondre, m'avançant alors vers eux pour comparer. « Dites-moi, Kaguya... » Commençais-je avec insistance. « Auriez-vous tenu le même discours si, au sein même du lieu symbolique de votre grandeur, une personne entourée de ses chiens avait profané des menaces envers votre clan, remettant en cause votre puissance et vos préceptes ? » Je fis une pause légère, un sourire carnassier aux lèvres. « Si votre fierté demeure intacte, aujourd'hui, la nôtre n'est plus entachée. »

Perdant un peu plus cet air animal, je passai une main sur mon visage comme pour me défaire de toute hostilité et repris un faciès un tantinet plus sympathique et serein. Je repensai à ces mots lourds de compréhension pour moi, pour les Sabreurs tandis qu'il avait demandé quelque chose qui nécessitait bien trop de sacrifice. Légèrement agacée, je répondis cette fois à tout ça avec plus de froideur dans la voix. « Vous devriez apprendre, chers représentants d'un jour de votre clan, que nous autres Sabreurs, sommes protecteurs de Kiri, acteurs de son élévation, et non pour une unique personne. » Je glissai mon regard sur la première fresque ornant la boiserie à ma droite. Elle représentait un enfer et son divin monarque. Et tout en l'observant de mes émeraudes envoûtées, je repris. « Alors jamais nous ne soutiendrons quiconque de dangereux pour le plus grand nombre. A contrario, nous sommes pour une paix à Kiri, mais sans que celle-ci ne dépende du simple bon vouloir d'une seule personne. » Quittant l'objet accroché au mur comme une histoire racontée en image, je retournai sur la jeune femme d'abord puis sur l'homme. « C'est pourquoi j'accède à votre requête de quémander une trêve, pour le bien des kirijins. Ni pour vous, ni pour nous, mais pour le village que nous défendons. Accordons nos manières en cette réunion que vous souhaitez et discutons. En revanche... » Je fis une pause pour plonger mon regard reptilien dans celui de la pâle Kaguya Tsukiyomi. « J'informerais les miens tandis que vous le ferez auprès des vôtres. Je refuse qu'un semblant du clan Kaguya soit en faveur de cette union, je veux que votre famille soit elle aussi de bonne foi. » J'espérais avoir été claire sur cette contrepartie tandis que je me fichais complètement d'avoir touché un point sensible.

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Dim 1 Oct 2017 - 14:15
Débattre avec un contradicteur c'est bon quand les idées touchent un même point, que la divergence converge vers un même but placé bien au-delà des divisions. Peut-être ne l'avais-tu pas toi-même abordé ainsi mais votre visite n'avait en rien pour but de poser un quelconque débat, d'autant plus que votre interlocutrice semblait surtout adepte de la contradiction et ne voulait pas entrevoir ce qu'il y avait par-delà les frontières du factuel et de la querelle vindicative. Cette animosité dont elle faisait preuve résumait le sentiment d'humiliation qui agitait les esprits occupant les lieux. Sentiment que tu n'avais pas tout de suite capté, trop inadéquat en ce qu'il n'aurait jamais ébranlé ton esprit dans pareille situation.

Être diplomate c'est bon quand on ne brusque pas celui auprès duquel on vient négocier, c'est aussi bon quand on ne se retranche pas dans le bastion de la mollesse. Il ne faut garder à l'esprit que le but supérieur de la mission pour laquelle on est dépêché, la bonne transmission de l'information, dans ton cas. Surtout ne fallait-il pas répondre frontalement à l'aigreur des propos de la sabreuse ni renoncer à la fermeté nécéssaire pour rester fidèle à tes position.

-Ecoutez... un mot prononcé avec un grain de fatigue simulée. Nous ne sommes pas ici pour supporter votre frustration, nous la comprenons néanmoins. Au risque de me répéter, nous venons négocier un climat de calme. L'énergie remontait dans tes propos. Vous ferez parvenir notre position, parfait. Un geste de la main pour sonner la fin de la rencontre. C'est tout ce que nous cherchions.

Inutile de rentrer dans le schéma du serpent qui se mordait la queue, cette histoire prenait un terme maintenant. L'avenir éclairera sur la réussite de votre entreprise. Aussi tu te retournas pour rejoindre la lourde porte par laquelle vous étiez rentrés.

-Tsukiyomi ? Lâchas-tu par-dessus ton épaule. Si le coeur t'en dit, je te laisse à l'hospitalité de nos frères sabreurs, pour ma part, le devoir m'appelle autre part. En vérité, tu avais une clôture à terminer et du linge à frotter. Dame Ueno, je vous remercie pour votre temps. L'avenir puisse nous réunir de nouveau.

Et tu étais loin, emportant tout de même l'espoir qu'il y avait dans cette Confrérie quelqu'un de sensé.
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Dim 1 Oct 2017 - 16:31
Pour ce qu’elle en savait, Tsukiyomi fut positivement surprise par l’échange. Elle n’espérait aucunement de voir son nouveau tuteur pratiquer le badinage autour d’une tasse de thé avec la sabreuse, ça n’était dans les habitudes ni de l’un ni de l’autre à première vue. Cependant, étant donné la position actuelle du clan Kaguya et le chaos ambiant dans le village, l’on aurait pu s’attendre à une hostilité manifeste d’un bord comme de l’autre. Evidemment, tout n’était pas tout blanc non plus, et Tsukiyomi avait conscience que ce genre de paix s’inscrit sur la durée, avec énormément de travail.

Les dents serrées, elle ne lâchait pas son interlocutrice du regard tandis qu’elle répondait avec bien peu de manières. Elle aurait pris pour elle tous les reproches - assumés et sous entendus - de la sabreuse si elle ne se savait pas sciemment tenue à l’écart de tout cela. Tsukiyomi avait bien des choses à reprocher à son clan, mais cela tenait de la querelle individuelle et elle n’en perdait pas pour autant la fierté de son appartenance à son illustre famille. Mais la lunaire était expérimentée, et rester impassible était devenu sa spécialité avec les années. Elle ne put néanmoins s’empêcher de fermer les yeux un peu plus longuement que de coutume en écoutant son tuteur. L’amertume était perceptible dans sa voix, et qui pourrait l’en blâmer ? Certainement pas elle. Mais elle pensait néanmoins que ce n’était pas nécessaire dans la situation actuelle. Il serait vraiment dommageable de rompre la communication pour un éventuel coup de sang. Fort heureusement, il ne poussa pas le discours plus loin, et s’éloigna, pragmatique. Une poste que la jeune femme appréciait et qui lui fit réaliser qu’elle avait sans doute eu de la chance dans la démarche douteuse que le clan avait eue de lui attribuer un tuteur.

Acquiesçant à son propos lors de son départ, la genin prit le parti de rester quelques secondes de plus. Elle ne comptait pas spécialement développer quoi que ce soit de plus auprès de la sabreuse, mais - si possible - tempérer le discours qu’il en ressortait et donner sa propre garantie auprès d’Ueno. Cela n’avait pas la valeur que l’on aurait pu espérer, mais avec un peu de chance, elle pourrait se poser en interlocutrice privilégiée chez les Kaguya ce qui, ambitions mises à part, était probablement la meilleure chose que l’on pouvait souhaiter politiquement pour les Kaguya à l’heure actuelle.

“ Je n’exige aucune confiance de votre part, je sais ce genre de demande complètement hors sol. Néanmoins, sachez que le clan Kaguya - quelle que fut leur posture dans les récents événements - se veut aussi protecteur du village. Nos intérêts sont les mêmes que les vôtres et à ce titre, vous aurez pour preuve nos futures initiatives dans la sauvegarde de Kiri et ses habitants.”

Elle fit une pause, songeant à ses craintes concernant leur légitimité à négocier quoi que ce soit au nom du clan. C’était ce genre d’instant de vérité qui donnait à Tsukiyomi du grain à moudre quant à ses objectifs et ses ambitions. L’immobilisme récent du clan créait une ouverture non négligeable quant à son évolution future. Les initiatives telles que celle de Nagu avaient une ampleur et un écho bien plus larges dans ces circonstances.

“ Les temps changent, Dame Ueno. A notre échelle comme à celle du village tout entier. Vous trouverez en nous les bons interlocuteurs du clan. Nous avons déjà répondu à l’appel de l’union par le passé et nous le referons, quelles qu’aient pu être les choix récents de mon clan.”

Tsukiyomi jeta un regard autour d’elle avant d’ajouter, sans lâcher la jeune femme de son regard intense et non sans un sourire poli.

“ Je vous donne ma parole, et ma garantie. Le futur vous démontrera sa valeur. Merci de votre temps, Dame Ueno.”

Ainsi, sur ces derniers mots, elle s’inclina respectueusement et tourna les talons. Peut-être que tout cela ne donnerait rien, à en croire certains Kaguya on ne pouvait faire confiance aux Sabreurs. Tsukiyomi, elle, préférait donner une chance à l’inconnu. C’était ce genre d’acte de foi qui avait fondé le village de Kiri, après tout.
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Mer 4 Oct 2017 - 21:40

L'ambiance était presque palpable. Une certaine euphorie mêlée à de la rancune et à une tension symbolique. Est-ce que je leur en voulait, non à eux personnellement mais aux Kaguya de n'avoir répondu présents à la soulève ? Non. Pas le moins du monde. C'était simplement naturel chez moi. La méfiance, la véracité et la perversité de vouloir creuser encore un peu plus un trou déjà bien profond. Mais j'avais été sincère dans mes propos et il était évident que la demande du clan ancestral serait mise à exécution. Je voyais déjà les réponses des autres Sabreurs arriver. Et aucune n'aurait été négative. Alors pourquoi faisais-je tant de manière ? Parce que je me devais de protéger les miens d'une possible riposte. Même si ces deux-là semblaient épris d'une bonne volonté, et d'un sentiment partager pour remettre ce village debout, rien ne me prouvait jusqu'à présent que c'était là l'affaire de toute la joyeuse famille.

Déviant mes yeux sur le métisse, je restai de marbre, quoique les yeux un tantinet plissés. Il me semblait bien trop sombre, mystérieux, pour quelqu'un qui engageait une paix temporaire. Je ne pouvais être que la mieux placée pour le comprendre, moi qui n'avais fait que les défier sur un terrain déjà trop glissant. J'encaissais, sans le couper, bien que ce n'était pas l'envie qui me manquait. Il y avait une part de mauvaise foi selon moi, car j'étais bien persuadée que quiconque, et encore moins les Kaguya, n'aurait accepté le traitement qui avait été fait aux Sabreurs du temps où Mamie Seringue était encore sur son trône de fer. Or, je ne pouvais admettre qu'il avait raison. Pourquoi débattre ici, et maintenant, alors que nous aurions tout le loisir de le faire une fois réunis en bonne et due forme. Du moins, c'était tout ce que j'espérais à présent.

Lorsqu'il s'éloigna, je ne fit aucun mouvement, seulement un regard lent et lointain qui suivit chacun de ses pas vers la sortie. Ce fut la présence encore immobile de la jeune femme qui me fit détourner les pupilles. Je ne pouvais nier que par ses mots, et même par cet air plutôt laxiste avec ce soupçon de sévérité. Elle était donc définitivement le parlementaire diplomate de cette petite entrevue. Je ne pouvais nier que cela avait fonctionné sur moi. Les traits de mon visage se détendirent et cette fois, j'acquiesçai. « Vous serez informés les premiers d'un rendez-vous entre nos clan, autant toi que Kaguya Nagu, j'en mets ma parole en jeu, cette fois. » Car moi je ne m'embarrassais pas d'une quelconque marque de vouvoiement. Non que je ne la respectais pas, au contraire, mais de par cette initiative je démontrai mon implication personnelle. Car elle avait raison. Ils avaient de bons arguments, l'un comme l'autre. Alors que la pâlotte se dirigea vers la porte de sortie, je baissai le menton, en signe de salutation, avant de regarder la porte se refermer derrière la silhouette fine de la Kaguya.


Fin de l'écrit.

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