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Sarisa I - Libre


Mar 13 Juin 2017 - 0:22


Cela faisait depuis plusieurs mois, voire plusieurs années qu’il y pensait. Devant l’idée de le faire il se sentait comme un enfant, ou un ado devant son premier coup de foudre ; sauf que là, il s’agissait de sa fille. Aucunes pensées perverses là-dessous, mais essayer de reconquérir le cœur de son enfant, cet enfant qui vous a presque renié était sens doute bien plus compliqué qu’atteindre celui d’une gamine aux sentiments aussi fluctuants que ses hormones. Il ne savait pas vraiment comment aborder le sujet, comment entrer en contact ou simplement comment ne pas être rejeté au premier regard. Par contre, il savait qu’il l’avait profondément blessée, pas parce qu’il avait laissé sa mère mourir, non ; mais plutôt parce qu’il avait essayé de se laisser, lui-même, dépérir. Et toute son expérience de ninja, de Borukan, de protecteur de village ne suffirait pas à… réparer cette trahison qu’il lui avait infligée.

Il fallait une première fois à tout, il fallait se lancer. Ainsi, ce jour, il prit son courage à deux mains et mit de côté ce ressentiment qu’il éprouvait envers lui-même. Il savait où la trouver, il savait ce qu’elle faisait. Pour une raison qui ne lui était pas tout à fait inconnue, sa fille avait délaissé l’art du combat, de la chasse pour se consacrer à la médecine. Qu’une Borukan devienne médecin était… un comble aux yeux d’Arikasa. Mais, il n’allait pas s’amuser à accabler cette jeune femme qui avait, semble-t-il, tiré un trait sur son père. Alors, après une marche forcée au travers du village de la terre, il arriva finalement à son centre, là où avait élu domicile Sarisa, là où elle avait ouvert un cabinet. Sur une petite plaque en métal, seuls son titre et son prénom trônait. Comme si elle avait fait exprès de rompre ce lien avec son père, tout un symbole. Prenant une grande inspiration, il franchit la porte d’un rouge sombre.

Elle donna accès à une salle d’attente assez modeste où attendaient quelques patients. Des regards se tournèrent vers lui, quelques murmures trahirent sa présence. Et à cet une autre porte, dans le fond, s’ouvrit pour laisser apparaitre une jeune femme à la longue crinière rousse. Lorsqu’elle releva les yeux pour appeler le patient suivant, elle remarqua instantanément la présence d’Arikasa. Comment le rater ? Il esquissa un sourire gêné, elle l’ignora ; appelant le prochain patient suivant sur sa liste. Démuni, le colosse parvint à se trouver une place, dans un coin. Puis il patienta, longtemps. Jusqu’à ce que plus aucun patient n’attende, jusqu’à ce que le soleil se couche, puis jusqu’à ce que sa fille daigne enfin sortir de sa cachette. Il se demandait si la forcer à le rencontrer n’allait pas empirer les choses… Il verrait bien.

Sarisa apparue, et fit mine de sortir de son cabinet avant de s’arrêter à hauteur du vieux shinobi et sans lui adresser un regard le pria, le vouvoyant, de sortir de son cabinet, avec une froideur et une indifférence totale. Arikasa se leva mais avant de s’exécuter, voulut adresser au moins quelques mots à sa fille.

-Je voulais m’excuser de t’avoir délaissée… Et je compte me rattraper… d’une façon ou d’une autre.

L’échange, si l’on pouvait appeler une seule phrase un dialogue, fut bref, et sans suite. Et Arakisa se retrouva seul devant dans la petite rue marchande, à voir son unique enfant s’éloigner sans même se retourner.


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Dernière édition par Borukan Arikasa le Mer 14 Juin 2017 - 2:20, édité 2 fois
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Mar 13 Juin 2017 - 22:28

Elle déteste être affectée à la surveillance. Elle déteste ces moments qui l'éloignent de Kenta. Et, par-dessus tout, elle déteste lorsque ses obligations de shinobis priment sur les devoirs inhérent à un membre de la Bunke. Perchée sur l'un des toits du centre d'Iwa, Saori scrute de ses yeux pâles la foule en contrebas à la recherche d'une éventuelle menace. Le tout en espérant presque qu'un danger sa manifestera bel et bien. Ne serait-ce que pour briser la monotonie de cette garde un brin soporifique. De temps à autre son regard se pose sur le quartier Hyûga comme pour s'assurer que tout s'y passe bien. Elle sait que son clan est capable de protéger l'Héritier. Mais elle ne peut s'empêcher de penser qu'elle est la plus apte pour mener cette mission à bien. La Hyûga n'est peut-être pas la plus puissante de son clan. Mais elle est guidée par l'amour fraternel. Et aucun de ses cousins ne pourra jamais l'égaler dans ce domaine.

Un chûnin vient lui faire son rapport et elle se contente d'acquiescer avant de le renvoyer d'où il vient. L'opération se répète tout au long de l'après-midi jusqu'au crépuscule. Les shinobis diffèrent mais l'ennui demeure. Du moins jusqu'à ce qu'elle remarque la présence d'un homme à la corpulence massive dans ce qui semble être une salle d'attente. Elle le connaît. Du moins de réputation. On raconte que sa vie n'a pas été facile. Et si les récits qui circulent à son sujet sont placés sous le sceau de la vérité alors la jeune femme ne l'envie guère. À croire que la vie prend un malin plaisir à torturer les fragiles créatures qu'elle étreint...

C'est un mélange de curiosité et d'ennui qui la pousse à se rapprocher de la demeure sur laquelle elle découvre une plaque indiquant la présence d'un médecin du clan Borukan. Saori n'avait jamais vraiment songé à la possibilité qu'un de ces destructeurs puisse se destiner au bien-être de son prochain. Mais d'un autre côté - et pour leur défense - il faut bien reconnaître qu'elle ne sait pas grand chose des maître du Yôton. Un tort? Possible... Elle estime néanmoins en savoir suffisamment sur ce clan pour s'en méfier. D'un autre côté... de qui ne se méfie-t-elle pas?

De longues minutes plus tard elle peut observer un échange dont elle ne saisit guère le propos. Le Byakugan permet beaucoup de choses mais à tout de même ses limites. Toujours est-il que les mots sont parfois inutiles pour comprendre certaines choses. Et à en juger par la mine du cinquantenaire et par la brièveté du moment, les choses ne se sont pas passées telles qu'il l'espérait. Attendre si longtemps pour si peu... La jeune femme éprouve alors un semblant de sympathie pour cet homme avec lequel elle n'a pourtant jamais échangé le moindre mot. Un fait suffisamment rare pour qu'elle ne tourne pas les talons. Et lorsqu'elle découvre dans le regard de l'homme une lueur qu'elle ne connaît que trop bien elle aussi, Saori n'hésite que brièvement avant de se manifester.
"Ça fait mal, hein?" lâche-t-elle d'une voix douce. "D'être confronté à l'indifférence ou au mépris d'une personne pour qui l'on serait prêt à donner jusqu'à sa propre vie..."
C'est sans doute ce point commun qui la pousse maintenant à entamer une conversation avec celui qui, de mémoire, se fait surnommer le Fracasseur. Elle se laisse choir de son point d'observation et se réceptionne souplement sur le sol, en face de lui. Puis elle se fend d'un sourire qui n'a rien de bien joyeux avant de suivre à son tour du regard la femme qui s'éloigne sans leur prêter la moindre attention.
"Mais pour ce que ça vaut... La fluctuation de son chakra traduit une évidence: elle n'est pas aussi insensible qu'elle veut bien vous le faire croire!" ment-elle. "Gardez espoir!"
Elle ne s'est pas assez focalisée sur la demoiselle pour affirmer réellement ce qu'elle avance. Mais parfois quelques mots peuvent faire le plus grand bien. Mentir dans le but d'insuffler un peu d'espoir, fut-il éphémère...  Est-ce mal?
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Mer 14 Juin 2017 - 19:11




Il n’y eut dans cette vie que deux personnes l’ayant réellement atteint. L’une était morte et l’autre venait de lui transpercer le cœur, une nouvelle fois. Il avait compris ses erreurs, il savait pourquoi ils en étaient arrivés là ; mais il ne comprenait pas pourquoi cela perdurait. Il était redevenu l’homme, le père qu’elle avait connu. Il s’était reconstruit et la période la plus sombre de sa vie faisait maintenant partie de son passé, définitivement. Sa présence dans ce village, sa volonté face à elle prouvait tout ceci… Il ne comprenait pas, et jamais elle n’avait voulu lui expliquer, lui dire ce qu’elle avait ressenti durant ces années. Lorsqu’on aime une personne, qu’on la fait souffrir on souffre en retour. Souffrait-elle toujours ? Avait-elle un autre grief contre lui ? Une question qui semblait vouloir rester en suspens et le tiraillait de l’intérieur.

Néanmoins, dans son échec et son malheur, il était tout de même assez fière de sa fille, car même si elle était médecin –voie plutôt atypique pour une Borukan- elle conservait tout de même l’un des traits les plus communs de son clan : l’entêtement. Ce n’était pas à son clan qu’elle avait tourné le dos, non plus. Jusqu’à leur prochaine rencontre, il ne pouvait plus que la regarder s’éloigner. Il soupira, exprimant tout son dépit. Il n’avait plus qu’à rentrer chez lui, et renouveler l’expérience plus tard. Mais une voix vint interrompre son départ. Féminine, elle provenait d’une jeune femme à proximité, il la fixa un instant, décrivit son apparence et ne mit que très peu de temps, alors qu'elle parlait ; à comprendre que c'était une Hyûga, une toute jeune en plus. Ce fut sans doute la première qu’une personne de ce clan lui adressait la parole.

Il ne connaissait pas grand-chose des Hyûga, si ce n’était la division de leur clan en deux branches, l’une soumise à l’autre. Et cette jeune femme semblait être née du mauvais côté de la barrière, à en juger la croix dont était affublée son épaule gauche. En tant que servante elle avait surement connu la privation, la solitude peut-être ou encore le rejet, sans doute y avait-il dans ses paroles un fond d’expérience. Ceci-dit, leurs situations respectives n’étaient tout à fait semblables. Si leur relation, à lui et sa fille s’était si dégradée, et qu’elle le rejetait, c’était uniquement de sa faute, il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même. Néanmoins, elle avait raison, cela faisait mal. Enfin, il s’était habitué…

-Sans doute. Répondit-il évasivement.

Même si l’âge avait calmé ses ardeurs et l’empêchait maintenant de réagir au quart de tour, il n’en demeurait pas moins un Borukan et dévoiler ses sentiments n’était pas vraiment comprit dans son package génétique.

-Je ne doute pas un instant que cela changera. Ce n’est qu’une question de temps et de volonté. J’avais le choix, j’ai fait le mauvais, j’assume, c’est assez simple ; même pour un Borukan.. Affirma-t-il en observant la rouquine disparaitre au coin de la rue. Hyûga, c’est ça ? Demanda-t-il. Merci pour cette tentative de… réconfort.

Oh oui, le choix, il l'avait eu mais ce qui était fait était. Mais pour elle, c'était surement différent. Du peu qu'il avait put apprendre sur ce clan venu de Hi no Kuni; ceux nés du "mauvais" côtés du clan n'avaient pas vraiment le choix quant à leur avenir...

-Enfin, passons. Soupirait-il. Je suis Arikasa, du clan Borukan. Vous tombez plutôt bien, en fait. Sourit-il.




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Jeu 15 Juin 2017 - 21:42

Saori ne peut pas se vanter d'avoir une grande expérience de la vie Au seuil de l'âge adulte, souvent confinée parmi les siens, elle ne peut pas prétendre égaler le vécu d'Arikasa. Mais elle a déjà eu à de multiples reprises l'occasion de voir des gens qui préféraient mentir ou s'inventer des excuses au lieu de faire face à la réalité. Le Borukan n'est indéniablement pas de ceux-là. Il a avoué avoir commis une erreur. Mais là où certains baissent les bras, lui a décidé de la corriger. La jeune femme est a peu près certaine que faire face à ses fautes est le seul moyen de progresser réellement dans la vie. Après tout c'est grâce à elle qu'on peut évoluer, non? Fuir la réalité est une facilité dont seuls les lâches profitent. La Hyûga commence à mieux cerner un homme dont elle ne savait pratiquement rien quelques minutes plus tôt.

Elle n'oublie pourtant pas qu'elle est en service: son regard laiteux s'attarde de temps à autres sur des détails que les murs et la configuration d'Iwa cachent à la plupart des gens. Une manière de s'assurer que ce... relâchement ne profitera pas à quiconque. Elle s'autorise finalement un léger sourire avenant à l'attention de son aîné lorsqu'il la remercie pour ce qu'il qualifie de tentative de réconfort. Une manière de lui faire comprendre qu'il n'est pas dupe? Après tout ce n'est pas à un vieux singe que l'on apprend à faire la grimace n'est-ce pas? Elle se contente ainsi d'un léger signe de tête pour lui signifier à la fois son appartenance au clan détenteur du Byakugan et le fait qu'elle ne l'insultera pas en prétendant qu'elle a été parfaitement honnête au sujet de sa fille.
"Je m'appelle Saori..." précise-t-elle en s'inclinant poliment. "Enchantée de faire votre connaissance, Arikasa du clan Borukan!"
Cela peut paraître stupide mais lorsque l'on est habitué à servir on oublie parfois que l'on est une personne à part entière. Le simple fait d'être appelée par son prénom et pas seulement qualifiée par un nom fait du bien. Non qu'elle se plaigne de son rôle au sein du clan Hyûga, loin de là... Mais parfois on a besoin de s'assurer qu'on est pas invisibles aux yeux des autres. C'est une manière comme une autre de se rappeler qu'on existe. Toujours est-il que le quinquagénaire a réussi à capter son attention. Elle tombe... bien? Qu'est-ce qu'elle doit comprendre par là?

L'idée de pouvoir l'aider ne la dérange pas, en soi. Au sein même de son propre clan elle est considérée comme un outil. Pratique, docile et fiable. Mais un outil tout de même... Et elle a saisi le regard de l'homme sur son épaule. Pour peu qu'il connaisse un peu les siens, son appartenance à la branche secondaire du clan ne lui aura pas échappé. Est-ce ainsi qu'il la considère lui aussi? Si c'est le cas, la jeune femme est trop habituée à sa réalité pour réellement s'en offusquer. En réalité c'est plutôt la curiosité qui prime en cet instant...
"Pourquoi ai-je l'impression que vous êtes sur le point de formuler une requête?" s'amuse-t-elle.
Et pourquoi a-t-elle également la sensation qu'elle va devoir décliner? Pour peu qu'elle ait vu juste et que le Borukan souhaite s'adjuger son aide - ou, plutôt, celle du Byakugan? - il y a fort à parier que cela concerne la rousse qui vient de disparaître de leurs champs de visions. Et cette dernière ne semblait pas spécialement encline à renouer le dialogue. Si elle respecte la volonté dont Arikasa semble faire preuve pour réparer ses erreurs, elle respecte également le droit de cette fille à refuser le dialogue ou la réconciliation. Qui est-elle pour prendre parti? Tout est toujours une question d'équilibre. Et pour un Hyûga ce concept est sacré...
"Je vous écoute!"l'encourage-t-elle néanmoins. "En quoi puis-je vous être utile?"
Si elle était du genre à trahir ses émotions alors elle serait sûrement en train de sautiller sur place telle une enfant ayant de la peine à refréner sa curiosité. Mais à défaut elle se contente de croiser les bras en observant le quinquagénaire d'un air intrigué. Cette journée sera peut-être marquée du sceau de la surprise, après tout...
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Ven 16 Juin 2017 - 0:20



Ce clan lui était toujours apparu comme plutôt hautain. Le peu qu’il avait pu observer, leurs manières… Ne l’avaient pas aidé à les apprécier. Mais comme à chaque fois, la peur de l’étranger, de l’inconnu l’emportait et laissait les langues et les esprits à vagabonder sur des terrains dangereux. Ceux de l’ignorance, et de l’idiotie. Malheureusement Arikasa ne faisait pas exception à cette règle, très peu d’humain en fait, aussi intelligents fussent ils y échappaient. Pour autant, cela ne voulait pas dire que tous étaient condamnés à y rester emprisonnés. Bien au contraire, parce qu’il y avait un remède : l’intérêt. Comme celui qu’il portait à cet instant à cette jeune femme, vouloir connaitre, apprendre… Puis, elle n’était pas aussi intimidante que tous ceux qu’il avait pu croiser avant ce soir-ci.

Oui, ce Borukan, aussi imposant pouvait-il être et confiant paraitre, n’en demeurait pas moins « intimidable », dans certaines limites. Mais il faut imaginer, lorsqu’on a connu que des personnes avec des yeux dont la couleur la plus originale était le cramoisi, se retrouver face à des individus, shinobi de plus, avec des yeux comme ça… Enfin, c’était comme découvrir une nouvelle espèce ! A la fois excitant, et inquiétant. Et maintenant qu’il en avait un spécimen sous la main, il allait en profiter ; sans mauvais jeu de mot. Elle était la solution à une partie du grand problème que formait sa vie, mais l’avait-il compris ? C’était une autre question.

-Et bien… Commençait-il.

Alors que la jeune scrutait les environs, comme si quelque chose allait arriver à cet instant, comme une force maléfique tapie dans l’ombre serait assez forte ou courageuse pour s’en extirper et les agresser. Enfin, cela ne coûtait rien, supposait-il, d’en être sûr ! En tous les cas il était plutôt ravi qu’elle se montre si en clin à l’aider. Après tout, lui aussi était un étranger, dans le fond, et elle était vraisemblablement en service, elle n’y était pas obligée.

-De même, enchanté.
Sourit-il. Oh ce n’est pas vraiment une requête... ni très palpitant.

Puisqu’il ne serait pas question d’action, ni de compétences. Mais bien plus d’une discussion, et pourquoi pas, d’un apprentissage mutuel.

-Je n’ai jamais eu l’occasion de parler à un Hyûga, depuis que je suis ici et que les vôtres sont arrivés. J’aimerai seulement connaitre, un peu mieux, votre clan. J’ai compris une ou deux sur vos… coutumes, mais j’aimerai comprendre certaines choses.

Notamment comment parvenaient les membres de la bunke à accepter leur sort sans se rebeller. Le Borukan avait toujours vécu extrêmement libre, alors cette notion de soumission, d’obéissance aveugle… ça le dépassait un peu, quand même. Et pourtant il avait l’esprit assez ouvert sur bon nombre de questions.

-Et si cela pouvait permettre à nos clans de se rapprocher, ou de mieux coopérer… dans l’intérêt du village…


On pouvait se demander si la jeune Saori comprendrait le vieil Arikasa. D’une part de sa curiosité un peu déplacée, et d’autre part de sa capacité à changer de sujet du tout au tout, enfin, ce qu’il croyait. Puis, elle pouvait encore refuser de lui répondre, peut être penserait elle, d’ailleurs, qu’il voulait tenter de trouver les faiblesses de son clan, et elle n’aurait pas tort de réagir ainsi, on ne pouvait jamais savoir ce que dissimulait l’apparence des autres… avant de les connaitre.



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Ven 16 Juin 2017 - 21:00

La première sensation est semblable à du soulagement. Saori cherchait déjà un moyen de refuser la demande du quinquagénaire, persuadée qu'elle aurait un rapport avec la demoiselle qui vient de disparaître au coin de la rue. Mais en second lieu c'est de la méfiance qui commence à gangrener l'esprit de la jeune femme. Pourquoi cherche-t-il à se renseigner sur les Hyûga? L'information est le nerf de tous les conflits. S'il devait y en avoir un entre ces deux clans majeurs d'Iwa que sont les détenteurs du Byakûgan et les manieurs de lave, que pourrait-il faire de ces informations qu'il souhaite obtenir? Quelles seraient les conséquences pour les siens si elle venait à accepter ce qui semble pourtant être une demande raisonnable? Les arguments avancés sont plausibles. Mais qui sait quelles véritables intentions peuvent se cacher derrière ces mots?

La kunoïchi garde le silence quelques longues secondes tout en jaugeant du regard l'homme à la silhouette massive. Son jeune âge pourrait fort bien l'encourager à se jouer d'elle. À profiter de la naïveté qui caractérise nombre de ses contemporains dans un but purement stratégique. La paranoïa n'est jamais une bonne chose. Mais la méfiance, elle, est salutaire. Et parfois salvatrice...

Elle pose une nouvelle fois le regard sur Kenta comme s'il pouvait détenir la solution à ce problème de conscience qui se pose à elle. Saori comprend l'intérêt d'avoir des clans soudés. Spécialement lorsqu'ils sont aussi influents que les leurs. Mais elle ne peut décemment pas occulter la possibilité que son interlocuteur ait des idées dangereuses derrière la tête. Coopérer dans le but de renforcer la sécurité des Hyûga? Ou refuser au risque de la compromettre sur le long terme? Le choix est particulièrement épineux pour une personne qui a l'habitude de suivre et non de choisir...
"Je suis en service même si ce n'est pas vraiment évident..." finit-elle par avouer. "Mais..."
L'hésitation reste bien présente. Le dilemme également. Il est vrai qu'elle a pris quelques largesses avec le règlement en s'autorisant cette discussion alors qu'elle est sensée surveiller le centre du village. Pourquoi déjà? Parce qu'elle estimait que cet homme et elle avaient un point commun. Et pas des moindres. N'est-ce pas une raison suffisante pour lui accorder une chance? Comment peut-elle espérer apprendre de ce monde si elle se confine à son clan et aux devoirs que ce dernier exige d'elle?
"Mais je termine dans deux heures! Nous pourrions nous retrouver sur la place centrale et trouver un endroit favorisant davantage la discussion que cette rue?"
Pourquoi pas une auberge ou un stand de nourriture? Les possibilités ne manquent de toute façon pas dans cet endroit où le commerce est roi. Elle aura ainsi plus de temps pour réfléchir aux limites qu'elle se fixera au sujet des choses que son interlocuteur souhaite savoir. Les détails rapidement réglés, le duo se sépare. Et Saori retourne sur le toit qu'elle affectionne tant pour observer les environs. Le tout avec l'étrange impression qu'elle a malgré tout bien fait d'engager la conversation avec cet homme étonnant...

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Le soleil a déjà cédé sa place à l'astre lunaire lorsque Saori rejoint le lieu de rendez-vous. Elle est la première mais son dôjutsu lui permet de localiser aisément Arikasa. Elle se demande parfois si en user constamment n'affaiblit pas ses autres sens. Après tout à trop se reposer sur une capacité, on en oublie les autres. Peut-être qu'elle devrait laisser la vie la surprendre de temps à autre... Toujours est-il qu'elle attend patiemment le quinquagénaire avant de s'incliner une nouvelle fois avec la politesse qui la caractérise lorsqu'il se présente devant elle.
"Avant d'aller plus avant dans notre discussion j'aimerais que nous nous mettions d'accord sur un point: j'accepterai de répondre à vos questions pour peu que j'estime qu'elle ne représente pas un danger pour les miens." Jusque-là, rien d'anormal. "Et, échanges de bons procédés oblige, je vous interrogerai en retour sur les vôtres. Si ces conditions vous semblent acceptables alors je vous laisse le choix de l'endroit où nous poursuivrons cette conversation!"
Car il s'agit bien de cela n'est-ce pas? La kunoïchi se refuse nombre de petits plaisirs. Le simple fait de boire un verre ou de manger en compagnie dans l'une des nombreuses échoppes du village en fait partie. De ce fait elle ne connaît pas vraiment d'endroit où ils pourraient se rendre bien que quelques idées lui traversent l'esprit. Dans ce cas il vaut sans doute mieux laisser au quinquagénaire le choix de l'endroit qui les accueillera.
"Puisque vous avez émis l'idée, il vous revient l'honneur de la première question." lui indique-t-elle, décidant de faire un pas supplémentaire dans la direction de Borukan. "Mais sachez que je n'ai malheureusement pas beaucoup de temps devant moi. Une heure, tout au plus!"
Avant qu'un autre devoir l'appelle. Celui de protéger Kenta comme la Soke l'exige. Une mission qu'elle prend autrement plus au sérieux que celles délivrées par Iwa.
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Ven 16 Juin 2017 - 22:19


Il crut d’abord qu’elle esquivait sa demande et cherchait à se dérober, mais rapidement cette première impression fut dissipée. Elle ne faisait que repousser le moment de cet échange. Elle ne refusait donc pas, un bon point autant pour elle que pour lui, car cela prouvait, en quelques sortes, qu’il n’était pas aussi nonchalant que le prétendait son grand ami, Raekon. Il acquiesça donc d’un simple de la tête et le fit signe de la main alors qu’à son tour il s’éloignait, vacant à d’autres occupations au moins aussi intéressantes. Et la première d’entre elle fut de rejoindre son domicile pour préparer deux ou trois trucs plus ou moins importants, comme ce qu’il allait faire de ces statuettes achetées plutôt dans la journée. Autant dire, tout un programme.

Il lui fallut une heure tout au plus pour mener à bien cette mystérieuse première affaire. Ce qui lui laissait évidemment en gros une heure… Qu’il épuisa en promenade, simplement ; parce que le Borukan, de par son âge, avait appris à se satisfaire de choses très simples. Puis, la marche maintenait en forme. Sur le chemin, il croisa le fameux Raekon. Un gringalet de Borukan mais absolument pas dénué de talent. C’était l’un de ses frères d’armes, et sans doute le seul véritable qu’il lui restait et le plus chiant aussi. Ils échangèrent quelques mots sur leurs activités respectives. Lui, avouait être de sortie pour un rencart… à son âge, plus ou moins le même que Borukan, c’était une belle chose. Evidemment Arikasa ne put s’empêcher de le charnier un peu, mais à côté de Raekon… Il était un enfant de cœur.

Surtout lorsqu’il lui expliqua la suite de son programme.

-Heu… Tu me dis, là, que tu as rendez-vous… avec une gamine ? Je ne te connaissais ce genre de penchant Arikasa. Dit-il avec un sérieux déconcertant.
-Pas rendez-vous, non ! Arrêtes de déformer tout ce que je dis… Ca pourrait être ma fille! T'es vraiment un pervers... J’ai rencontré cette jeune Hyûga, et nous allons discuter coutumes et traditions !
-Hyüga… Hum… Ces gens sont…
-Tss tss, nous sommes dans le même village, et je pense que nous avons les mêmes objectifs, autant apprendre à nous connaitre mieux que les quelques échanges de ces dernières années.

Ils discutèrent ainsi encore quelques minutes et Arikasa reprit la direction de la place centrale, afin d’y rencontrer, de nouveau, Saori. Une fois arrivé, l’échange fut aussi courtois que le premier. Aucune hostilité d’un côté comme de l’autre, et une méfiance plutôt raisonnable. Les demandes de la jeune femme était plutôt légitime, un donné pour un rendu, le Borukan n’y voyait aucune objection.

-Bien sûr, cela me parait plutôt équitable. Sourit-il.

Il devait maintenant d’acquitter d’une tâche assez sympathique, trouver l’endroit idéal pour discuter. Ce n’était pas ce qui manquait à ce village, on pouvait presque compter autant de lieu de restauration que de commerces, enfin, à peu prés. Il l’invita donc à le suivre, il savait où aller. Un endroit habituel, peut-être pas le meilleur restaurant de tous les temps, mais celui qu’il préférait en tous les cas. Il ressemblait d’ailleurs davantage à un long bar qu’à un restaurant. Il ne disposait pas d’une grande salle, juste de quelques tabourets alignés sur une petite dizaine de mètres. Il poussa les files de perles en bois faisant guise de vitrine Il prit place, et la laissa en faire de même. Le patron arriva aussitôt, salua le Borukan, échangea quelques mots avec lui avant de saluer à son tour la Hyûga. Il n’avait pas fait les choses dans l’ordre… Mais bon… Cela importait peu dans le fond.

-Voilà, ici ce n’est pas mal, il y a surement mieux, mais le patron est… sympathique. Si vous voulez quelque chose, allez-y, commandez, j’ai un compte ici, pas de soucis.

Ce qu’il fit lui-même, il prit comme d’habitude, la même chose depuis plusieurs années : un bol de soupe bouillant et ultra pimenté. Le genre de plat que seul un Borukan peut avaler, évidemment. Le genre de plat qui réveille les papilles et donne du sens à un repas.

-Enfin, on n’est pas là pour parler gastronomie. Donc, première question ; pourquoi votre clan a fui Hi no Kuni ? Je veux dire, vous êtes des shinobi puissants… Un clan plutôt respecté dans ce village… Qu’avait de si… insurmontable la situation là-bas ?

Il s’était déjà fait une idée de la réponse, mais ce qui comptait vraiment, c’était ce qu’elle allait dire !
Arikasa était alors aussi prêt à écouter que sa soupe l’était à être dégustée.



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Dim 18 Juin 2017 - 4:28

Saori ne s'offusque guère lorsque le gérant de l'établissement choisi par Arikasa l'ignore au premier abord. Elle a l'habitude de paraître invisible aux yeux de la Sôke. Tellement, à vrai dire, qu'elle juge ce comportement normal. La jeune femme se contente donc d'attendre que l'échange entre le quinquagénaire et l'homme se termine avant de s'incliner poliment pour répondre aux salutations qu'on daigne enfin lui adresser. Elle garde néanmoins le silence comme on lui a appris à le faire. Parfois au prix d'une douleur qu'elle préfère oublier. Et elle se retrouve bien embêtée lorsqu'on lui demande ce qu'elle souhaite commander.

D'ordinaire elle n'a pas droit à ce genre d'égards. Ho bien sûr elle connaît le monde qui gravite autours de son clan. Mais sa réalité se confine majoritairement à la Bunke et aux obligations qui s'y rattachent. Le simple fait de choisir ne fait parti de ses attributions. Et se retrouver dans un lieu comme celui-ci est une chose suffisamment rare pour qu'elle ne sache pas vraiment ce qu'il convient de faire. Ou pas... Hors des balises que sont le règlement qu'un shinobi d'Iwa se doit de suivre ou des obligations d'un membre de la branche secondaire des Hyûga, elle est un brin perdue. Tout ceci est nouveau pour elle. Tout comme le fait de parler à un inconnu sans que cela ait un rapport avec son métier ou son destin.
"Je prendrai la même chose que lui!" indique-t-elle donc au tenancier. "Et un verre d'eau!"
Elle observe l'homme qui prend leur commande comme pour s'assurer que cela ne posera aucun problème. Elle le suit encore un instant du regard lorsqu'il retourne à ses occupations avant de reporter son attention sur Arikasa, quelque peu curieuse d'entendre sa question au sujet des siens. Saori est toutefois vite fixée: il souhaite savoir pourquoi le clan a quitté le Pays du Feu. Se demande-t-il par conséquent si c'est à cause d'une certaine forme de lâcheté? Est-ce que l'interrogation du Borukan en cache une autre? Ou est-ce de la simple curiosité? Après tout il faut bien commencer quelque part. Et ce qui a motivé l'arrivée des Hyûga à Iwa est un point de départ comme un autre.
"Je ne peux pas vous répondre..." avoue-t-elle finalement. "Tout simplement parce que je n'en sais rien. Tout ce que je peux partager avec vous, ce sont des suppositions..."
La Sôke ordonne à la Bunke qui, en retour, obéit. Les premiers ne prennent pas la peine d'expliquer ce qui motivent leurs décisions aux seconds. Et les seconds ne cherchent pas à comprendre. C'est ainsi que les choses fonctionnent et fonctionneront toujours au sein du clan. Certains ont le privilège de choisir. Et d'autres se content de suivre. Cet équilibre garanti le stabilité du clan et la sécurité de sa branche principale. Les choses sont ainsi, tout simplement.

Saori ne s'est jamais questionnée sur le bien-fondé d'un tel système. Tout comme elle ne s'est jamais interrogée sur bien d'autres choses. Pourquoi des animaux volent tandis que d'autres sont condamnés à ramper? Pourquoi certains vivent quand d'autres meurent? Pourquoi la paix est glorifiée mais que la guerre règne trop souvent? Toutes ces questions n'ont qu'une seule réponse: la nature en a décidé ainsi. Tout simplement. Pourtant elle doute que son interlocuteur se contente d'une telle réponse.

La jeune femme se recule pour laisser davantage de place à l'aubergiste qui leur amène leurs commandes. Son estomac se réveille et réclame sa pitance. Mais la Hyûga n'ose se saisir des baguettes. Elle attendra qu'Arikasa commence pour lui emboîter le pas. Et pour l'heure il est sûrement plus intrigué par sa réponse que par le bol qui lui fait face.
"Mon clan est fidèle à certains principes vous savez? L'équilibre entre toute chose occupe une place prédominante dans nos croyances et nous nous sommes donnés pour mission de le maintenir. Nous avons toujours protégé Hi no Kuni contre ses ennemis, peu importe leurs nombres ou leurs motivations mais n'avons jamais cherché à causer du tort à nos voisins. Du moins, pas à ma connaissance!" juge-t-elle utile de préciser. "Mais que faire lorsque l'adversaire ne vient pas de l'extérieur mais de l'intérieur? Quel parti prendre lorsque les gens que vous connaissez commencent à s’entretuer? Soutenir un camp, c'est s'aliéner l'autre..."
Pour peu qu'elle se soit trouvée à la tête du clan, Saori aurait sans doute été incapable de choisir qui aider et qui affronter parmi ses compatriotes. Déjà parce qu'elle peut difficilement s'imaginer prendre une décision d'une telle ampleur pour son clan alors qu'elle est confinée à la servitude. Mais aussi parce que combattre une partie de son propre peuple sonne comme une hérésie. Les Hyûga avaient décidé de protéger le Pays du Feu. Non de contribuer à sa déchéance ou à répandre davantage de mort en son sein.
"Je suppose que ce n'est pas de gaieté de cœur que notre dirigeant à décidé de quitter notre nation. Mais cette option était sûrement préférable à celle qui consistait à rester passif pendant que nos amis et nos voisins se massacraient. D'autant plus que la guerre civile aurait tôt ou tard fini par impacter le clan j'imagine. Il valait peut-être mieux s'en aller avant de payer le prix de la folie des autres..." se hasarde-t-elle en haussant les épaules. "Ce ce que je pense en tout cas. Mais je n'étais même pas née à cette époque. Alors..."
Alors elle ne fait que supposer, comme elle l'a dit quelques instants plus tôt. Peu importent les véritables raisons qui ont conduit les Hyûga jusqu'à Tsuchi no Kuni. Si la Sôke en a décidé ainsi, c'est que c'était ce qu'il y avait de plus sage à faire. La jeune femme n'a pas le moindre doute à ce sujet.

Elle porte le verre d'eau à ses lèvres et s'assure que Kenta va bien en activant brièvement son dôjutsu. Rassurée, elle se demande quelle question elle va bien pouvoir poser à son interlocuteur. Elle y a déjà réfléchi, évidemment. Mais il s'agit maintenant de se décider. Une chose pour laquelle - vous le savez maintenant! - Saori n'est guère douée. Elle s'octroie donc un instant de réflexion avant de reprendre la parole:
"À mon tour! Votre clan est... réputé pour le caractère excessif de ses membres. En cela il contraste beaucoup avec le calme que l'on prête aux miens. Lorsque vous m'avez proposé de vous parler de ma famille vous avez évoqué la possibilité que les nôtres puissent ainsi se rapprocher et même collaborer. Alors ma question est la suivante..." commence-t-elle avant de marquer une pause, hésitante. "Pensez-vous sincèrement que les Hyûga et les Borukan puissent s'entendre? C'est un peu comme espérer voir un jour le ciel et la terre se confondre! J'avoue que je suis curieuse de savoir comment vous en êtes venu à imaginer une telle chose. Et si les vôtres partagent votre vision des choses..."
Est-il une sorte d'original au sein même de son clan? Ou la majorité des siens sont-ils vraiment aptes à coopérer? Il est vrai que Saori considère un peu les Borukan comme des brutes sans cervelles. Une conclusion sans doute un brin hâtive et basée sur pas grand chose. Peut-être que leurs tailles imposantes tend à conforter cette impression. Mais pourtant la jeune femme doit le reconnaître: Arikasa est bien loin de l'image qu'elle se faisait des membres de ce clan. Reste à savoir s'il fait figure d'exception...

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Lun 19 Juin 2017 - 0:00



Cette jeune Saori était un brin téméraire. Non pas d’accepter une rencontrer et un échange avec un Borukan, mais plutôt d’avoir pris le même plat que son ainé. Il fut d’ailleurs très surpris qu’elle ne pose de question sur ce que c’était. Surpris qu’un autre être vivant puisse avaler ça, aussi. Cela prouvait en quelques sortes qu’elle n’avait pas froid aux yeux. A moins que ceci fusse dû au fait que ce choix, fut son premier. Enfin, cela ne déplaisait à l’ancien du clan originaire de Tsuchi.

La suite de l’entretien fut par contre un peu plus conventionnel, et les réponses que la Hyuga apportait aux questions de shon homologue Borukan était un peu plus… Hésitantes. Néanmoins, Arikasa pouvait amplement le comprendre, il n’avait peut-être pas choisi la mieux placée d’entre tous les Hyuga pour assouvir sa soif « d’informations ». Enfin, il n’allait pas non plus lui jeter la pierre, d’autant plus dans sa position.

Le point de vue de la jeune femme quant au départ de son clan de Hi no Kuni était plutôt plausible, voire même le seul concrètement envisageable, pour le moment. Et le Borukan n’allait pas remettre cette réponse en cause, c’était à peu près celle qu’il attendait en fait. Il acquiesçait donc de la tête en l’écoutant et en avalant une première gorgée de cette soupe sur-vitaminée que lui avait apporté le cuisinier quelques secondes auparavant.

Puis vint enfin le moment de la question, et donc son tour de répondre. La question était un plus compliquée que celle qu’il avait posé, et plus intéressante sur le fond aussi. Arikasa reposa son bol de soupe devant lui, essuya ses lèvres et sa barbe et prit un petit temps pour réfléchir. Après un instant, il répondit.

-Eh bien, déjà tous les Borukan ne sont pas… Excessifs. Rigola-t-il avec légèreté. Alors, personnellement, je pense que oui. Mais ce qu’il faut se demander, c’est si tous sont capables d’accepter les différences des autres ? Les Borukan n’ont pas de codes aussi élaborés que les Hyuga. Chez nous, tous les individus sont libres de suivre leur chemin, dans l’honneur et le respect du clan. Est-ce que les Hyugas accepteraient ce modèle ? Sans l’appliquer bien sûr. Est-ce que toi tu l’accepterais ? –ça ne compte pas comme question- ajouta-il rapidement. Je sais que certains Borukan ont du mal avec votre clan, parce qu’ils ne sont pas de Tsuchi no Kuni, mais aussi parce que vous êtes… différents. Aujourd’hui, je pense qu’il soit impossible que nos deux familles s’accordent complétement. Avoua-t-il avec un certain regret. Mais, si quelqu’un se dévoue pour faire le lien… Alors peut-être que cela sera possible. Puis, on ne doit pas oublier que nous sommes ici dans un but commun…

Et il n’y avait pas que les Borukan, ou les Hyuuga dans ce cas. Arikasa avait conscience que tous avaient à redire sur leurs voisins, avec ou sans raison d’ailleurs. Tout le monde n’était pas forcé de s’apprécier, de se faire des câlins ; mais Arikasa ne voulait pas que l’exclusion puis les guerres intestines prennent le pas sur le bon fonctionnement d’Iwa.

Il observait la jeune Hyuga, et se dit alors que c’était peut-être eux la solution, enfin, la jeune génération. Parce que changer ma mentalité des plus anciens, leur faire admettre leur bêtise ou tout au moins leur erreur, était bien plus compliqué. Ceci-dit l’acceptation et l’entente véritable passait pas un long, très long chemin de croix !

-Je pense qu’il faut « simplement » quelqu’un pour leader ce village, pour faire comprendre à chacun ce qui est vraiment important. Donc mon dernier mot à ta question est : Oui, je pense que nos deux clans peuvent s’entendre, mais de là à ne faire qu’un, peut-être pas.

L’avenir dirait si cette éventualité apporterait quelque chose à l’entente de chacun…

-Allé, à ton tour ! Expliques moi ce que sont la Bunke et Soke, quel est l’utilité de ce système ?




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Mar 20 Juin 2017 - 5:23

Elle comprend rapidement que ce qui différencie les deux clans ne se limite pas seulement aux apparences. C'est leurs fondements même qui s'opposent. Ainsi, si - comme Arikasa le lui explique - les Borukan acceptent que chacun de ses membres jouissent d'une liberté qui lui est propre, les Hyûga hiérarchisent la famille et définisse les droits ou les devoirs qui régissent la vie de ses membres en fonction de leur ascendance. Le concept des premiers ne pourrait jamais s'appliquer aux seconds. Et ce gouffre qui sépare l'un et l'autre pourrait bien être un obstacle infranchissable dans cette recherche de compréhension mutuelle. Saori se perd un instant dans ses pensées tandis qu'elle essaie brièvement d'imaginer ce que serait sa vie si elle était considérée comme une Sôke. Ce que, d'ailleurs, elle est...

Pourtant ce n'est pas la rancoeur qui l'anime mais plutôt la peur. Celle de l'inconnu. Que deviendraient les Hyûga sans règles comme celles qu'ils appliquent actuellement? C'est... inconcevable. Les choses sont ainsi parce qu'elles le doivent. Retirer cet aspect-là reviendrait à priver la famille de l'un de ses piliers. Combien de temps faudrait-il avant que la discipline s'estompe? Que les possesseurs du Byakûgan deviennent... des Borukan? Non, cela ne se peut!

La jeune femme est tirée de ses pensées lorsqu'elle glisse négligemment une part de son repas entre ses lèvres. Elle avale de travers et tousse plusieurs fois avant d'avaler d'une traite l'eau de son verre. Qu'est-ce que c'est fort!!! Lorsque la brûlure s'estompe Saori rougit et reprend sa contenance habituelle. Trahir ainsi ses sentiments n'est pas vraiment en accord avec la doctrine de son clan. Honteuse, elle baisse légèrement le regard et se contente d'écarter du dos de sa main le bol sur le côté. À chaque jour suffit sa peine! Fort heureusement pas le moindre membre de son clan ne se trouve dans l'établissement. Ce qui ne signifie pas pour autant qu'elle n'a pas été observée. L'ennui avec le Byakûgan, c'est qu'il peut également être utilisé contre vous...
"Excusez-moi!" lâche-t-elle, contrite. "Je ne voulais pas manquer de respect à qui que ce soit."
C'est davantage au tenancier qui l'observe de loin qu'à Arikasa qu'elle s'adresse. Ce dernier souhaite d'ailleurs savoir la différence entre la Sôle et la Bunke. Chose compréhensible, en soi. Il y a peu de gens qui comprennent le fonctionnement du clan. Et c'est souvent cet aspect-là qui les pousse à considérer les Hyûga comme des gens étranges. S'ils savaient, ils comprendraient sans doute que cette façon de faire est la plus logique. Et peut-être reproduiraient-ils ce modèle dans leurs propres familles. Qui sait?
"Pour ce qui est de la Sôke et de la Bunke, c'est une bonne question!" concède-t-elle. "Et ça n'a rien de bien compliqué dans le fond. Les premiers sont les dirigeants de notre clan. Ils sont issus de sa branche principale et il leur revient la lourde tâche de décider pour le reste de ses membres. La Bunke, justement, est issue de la branche secondaire. Notre devoir consiste à protéger la Sôke, au péril de notre vie s'il le faut. Nous sommes les boucliers du clan, en somme. Mais notre devoir ne s'arrête pas là: nous devons également les servir en toutes circonstances! C'est là notre privilège! Ce système garanti une stabilité sans faille aux nôtres. Chacun sait ou est sa place et ce, depuis sa naissance."
La jeune femme se garde néanmoins de préciser certaines choses. Comme le fait que le sceau placé sur les membres de la Bunke peut infliger une violente douleur en cas de refus d'obtempérer. C'est en quelque sorte la laisse utilisée par la Sôke pour s'assurer de l'obéissance aveugle des éléments les plus réfractaires. Elle ne cache pas ce "détail" parce qu'Arikasa pourrait en tirer parti mais plutôt parce qu'elle se sentirait un peu coupable de réduire la branche principale au rôle de tortionnaire. Car - Saori en est fière! - elle n'a que rarement eu à souffrir de ce fuinjutsu. Ce qui prouve, dans le fond, qu'elle est un élément de valeur. Et qui suffit à son bonheur.
"Ce qui m'amène un point suivant. Vous avez parlé tout à l'heure d'un... lien entre votre clan et le vôtre! Mais si vous pensiez à moi alors vous comprendrez aisément que ce n'est pas possible. Moi, j'existe pour servir!" explique-t-elle fièrement. "Je n'ai aucun pouvoir décisionnel et encore moins d'influence au sein du clan. Si tel est réellement votre but alors un rapprochement ne pourra s'opérer qu'à travers un membre de la Sôke."
Elle ne sait pas réellement si le quinquagénaire pensait à elle lorsqu'il évoquait ce lien. Mais il semble honnête de préciser ce détail avant qu'il ne fonde trop d'espoirs en elle. Une servante ne pourra jamais lui apporter ce qu'il souhaite. Saori ne peut qu'espérer que la Sôke apprécierait l'idée. Mais dans le cas inverse alors la kunoïchi s'en remettrait à leur jugement. S'ils la refusent, c'est qu'il y a une bonne raison. Toujours!
"À mon tour! Vous ne m'en voudrez pas mais cette question-ci sera plus personnelle!" prévient-elle. "Qui était cette jeune fille tout à l'heure et que lui avez-vous fait pour qu'elle vous... fuit de cette manière?"
Oui, cela fait deux questions. Elle en est consciente. Mais puisque ça ne concerne par directement les Borukan et leurs traditions peut-être que son interlocuteur lui fera l'honneur de répondre. Car avant de connaître un clan, ne convient-il pas de connaître l'individu qui vous en parle?

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Mer 21 Juin 2017 - 2:26


Il lui fit signe de la main, pour lui faire comprendre qu’il n’y avait aucun mal. Elle avait raison, les Borukan étaient réputés comme tels pour une bonne raison, et ce n’était pas surprenant pour des shinobi maîtrisant un élément découlant d’une des forces de la nature les plus destructrice. Comme les volcans, les Borukan étaient explosifs, c’était un fait avéré depuis le début. Et seule une grande introspection, un grand drame et une grande ouverture d’esprit pouvait permettre à l’un de ces ninjas de pouvoir « changer ». Si un Borukan pouvait changer, un Hyûga le pouvait ? Un Bunke pouvait il se rebeller contre sa condition ? Un Soke pouvait-il oublier sa position dominante ? Une grande question qu’il ne poserait pas, ne voulant pas montrer le fond de sa réflexion.

-Je suppose que c’est une question d’habitude. Répondit-il à l’adolescente.

L’habitude à ce système pour son clan, l’habitude de la servilité pour elle. Comme lui était habitué à la liberté. Mais être habitué à une méthode plutôt qu’une autre ne voulait pas dire qu’on ne pouvait pas s’entendre, de Borukan à Hyûga, ou à tout autre clan. En fait, Arikasa, tant bien que mal essayait-il, ne pouvait sans doute pas comprendre, il n’était pas né Hyûga, n’avait jamais côtoyé, réellement, un de ces shinobi. Enfin, si cela leur convenait, si la branche soumise comprenait son sort… Soit. Il n’avait rien à remettre en cause dans les choix de vie des autres, tant qu’ils n’étaient pas répréhensibles, évidemment. Puis l’explication de Saori était toujours logique, bien argumentée. Suffisamment pour que homologue Tsuchijin ne revienne pas dessus.

En revanche, il était vrai que l'idée lui avait traversé l'esprit, mais de ses paroles Arikasa comprit qu'elle n'était pas prête à être cette personne, le lien. Ce qui était assez cohérent, prendre ce genre de responsabilité, à son âge, lorsqu'on a été habitué à ne prendre aucunes décisions "importantes...

-Non, je ne pensais pas spécialement à toi, gamine. Juste à quelqu’un n’ayant pas peur de ses ambitions, faire en sorte que tous les clans d’Iwa soient unis en dépit de leurs différences. Pour qu’Iwa soit plus solide encore que ces montagnes qui l’abritent.

Répondit-il, songeur, avalant une nouvelle gorgée de soupe. Il l’observa un instant et, avant qu’elle ne se vexe ; car mal interprétées, ses paroles pouvaient passer pour une forme de dédain, ou pire encore, de non-respect

-Ne crois pas que c’est contre toi, mais toi, tu as… un peu peur, pour le moment. Arrêtes-moi si je me trompe. Finit-il de répondre.

Par contre, son questionnement suivant… Il ne s’y était pas attendu. A une autre époque Arikasa aurait simplement envoyé bouler la personne, sans ménagement. Mais aujourd’hui… Avec la toute relativité qu’il portait aux choses, n’y vit aucun problème. L’identité de « sa fille », n’était un secret, ni même les raisons de leur échange assez… houleux. La plupart des Borukan savaient qui et pourquoi… Alors… La surprise, donc, sur le visage, il ne lui fallut pas bien longtemps pour répondre.

-Cette jeune femme est ma fille, elle s’appelle Sarisa. A une époque, j’ai failli à mon devoir, j’ai commis une faute. Et elle ne m’a pas pardonné, voilà tout.

En gros, en résumé, en concis… En version courte… C’était exactement ça. Ensuite, le type d’erreur… C’était une autre histoire qu’Arikasa se gardait de raconter au premier venu. Il fallait une confiance plus importante que l’appartenance à une même communauté pour l’entendre. Ce qui ne voulait pas dire non plus qu’il ne faisait pas confiance à sa jeune interlocutrice. Mais, il y a certaines vérités à demi-dissimulées qui méritent le temps d’être comprises, en passant par la connaissance et la compréhension de la personne qui la détient…

-C’est… compliqué. Ajouta-t-il avant de passer, assez rapidement, à un autre sujet. Hum… J’aimerai savoir ce que tu penses d’Iwa.

Une question un peu piège, mais le mensonge était aussi simple en guise de réponse. Il le savait.


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Mar 27 Juin 2017 - 16:17

Tout le monde à une faiblesse. Que ce soit le shinobi le plus puissant ou le plus humble des serviteurs, personne n'est totalement infaillible. Dans le cas d'Arikasa il semblerait que son point faible soit sa fille. Un point propre à nombre de géniteurs ou génitrices. À croire que les enfants sont une personnification de la faiblesse. Saori reste impassible mais elle note précieusement cette information dans un coin de son esprit. Le Borukan n'est pas un adversaire, loin de là. Et pour l'instant leurs rapports sont marqués du sceau de la convivialité. Ce qui ne signifie pas, malheureusement, que les choses ne seront pas appelées à changer.

La fluctuation du monde transforme bien souvent des alliés en ennemi, Et la jeune femme ne pouvant pas influencer sur les décisions de la Sôke, rien ne lui garanti que l'avenir sera synonyme de paix entre les deux clans. Mais si les choses devaient dégénérer, la Hyûga saurait ainsi comment mettre à genoux Arikasa: avec un kunaï sous la gorge de sa fille. Saori s'en veut un bref instant d'avoir des pensées pareilles avant de se rappeler qu'elle n'est qu'un outil entre les mains de son clan. Pourquoi s'inquiéter du rôle que l'on vous réserve tant que vous vous en montrer digne? Le reste n'a que peu d'importance finalement. Les regrets doivent aller à ceux qui prennent les décisions, non à ceux qui se contentent d'obéir. C'est là le dur poids que la Sôke a sur les épaules...

La kunoïchi fronce les sourcils en continuant d'observer son aîné, consciente qu'il n'a pas vraiment joué le jeu. La plupart des informations qu'il lui a données sur sa fille, ils les avaient déjà partagé avec elle lors de leur rencontre dans cette ruelle. Le Borukan ne semble pas vouloir s'attarder sur le sujet. Parfois le silence est plus explicite encore que les mots. Il ne fait que confirmer l'importance de la gamine à ses yeux. Ce qui lui fait penser...
"Je suis peut-être... une gamine!" admet-elle. "Mais je suis avant tout une membre du clan Hyûga et une Jônin d'Iwa! Et à ce titre je ne crois pas qu'un tel... qualificatif soit judicieux lors de nos échanges! Si je tolère que vous me tutoyez, c'est uniquement par égard pour votre âge. Mais ne prenez pas cette concession pour un encouragement, je vous prie!"
Si la soumission est totale envers la Sôke ce n'est pas le cas pour les gens qui ne font pas partie du clan. Les droits et le respect qu'elle a volontairement abandonné d'un côté, elle souhaite bien les conserver de l'autre. Arikusa lui est agréable et sa présence a quelque chose d'apaisant, de rassurant. Mais les familiarités n'ont pas lieu d'exister entre deux shinobis qui ne se connaissaient pas quelques heures plus tôt. Le respect, lui, se doit d'être constant!
"Et oui, bien sûr que j'ai peur!" avoue-t-elle sur le ton de l'évidence. "Pas pour moi mais les membres de la Sôke et l'avenir du clan! C'est un sentiment sain dans la mesure ou il vous permet d'être constamment en alerte!"
Les émotions se contrôlent. Combattre l'instinct n'est pas une tâche aisée mais rien n'est indomptable pour un esprit doté de volonté. Plutôt que de subir la peur, Saori a simplement décidé de l'apprivoiser. D'en accepter les bons côtés sans s'abandonner aux mauvais. L'abnégation est enseignée - et nécessaire - aux membres de la Bunke.

La jeune Hyûga soupire et se redresse quelque peu sur son coussin, consciente qu'elle a réagit trop vivement. Elle calme donc sa respiration et reprend la contenance que chaque détenteur du Byakugan se doit d'adopter. Elle remercie d'un simple mouvement de la tête le serveur qui a eu l'amabilité de lui rapporter de l'eau avant de reporter son attention sur son aîné. Sa question, donc!
"Pour répondre à votre question: mes sentiments sont partagés à propos d'Iwa!" commence-t-elle, hésitante. "Je comprends l'intérêt de réunir les clans pour protéger cette... notre nation. Mais la présence des civils est un obstacle à notre efficacité. Et la frontière entre bouclier et cible est toujours très mince..."
Posséder un village caché comme Iwa est à double tranchant: il peut vous garantir la paix ou la sécurité mais annonce également au monde que vous avez les moyens de faire la guerre. Si vous venez à être perçu comme une menace par vos voisins alors il y a de bonnes chances que ça dégénère. La guerre civile à Hi a été dévastatrice. Que dire de deux nations - voir plus - qui entreraient en conflit?
"Je me demande parfois si au lieu de dissuader nos ennemis potentiels Iwa ne serait pas plutôt de nature à attirer leur attention, c'est tout!" précise-t-elle en haussant les épaules. "Quant aux civils... Je sais bien que l'on ne peut pas s'en passer alors que nous dépendons du commerce. Mais je suis pragmatique: en cas d'attaque sur la cité ils seraient surtout une gêne..."
Comment lui donner tort? On peut se focaliser sur un combat ou alors sur la survie des habitants. Pas les deux en même temps. Et sûrement pas avec efficacité! L'endroit pour construire le village est mal choisi malgré la protection naturelle formée par les montagnes. Cette cité est bien trop tiraillée entre le commerce et l'armée...
"Et vous, votre avis?" lui retourne-t-elle la question. "Quelque chose me dit que vous allez me chanter les louanges d'Iwa... Je me trompe?"
Elle s'autorise un sourire fugace avant de tremper les lèvres dans l'eau fraîche.

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Mar 4 Juil 2017 - 21:34


Arikasa écouta et observa sa jeune interlocutrice et invitée du moment avec amusement. Au moins sa réaction prouvait que les membres de la bunke n’étaient pas émotionnellement handicapés, ce qui lui donnait un aspect un peu plus humain qu’un simple « outil ». Appeler les gens plus jeunes que lui « gamin » était un toc que le Borukan avait développé au cours des dernières années, notamment celles succèdent sa cinquantaine… compliqué à comprendre pour les petits jeunes… Mais ça avait plus une marque de respect que de la condescendance. Et puis, dans les faits, lui était aussi juunin et tout de même vieux ; alors… Cela ne changeait rien à l’état des « choses ». Son marteau par exemple était toujours aussi efficace qu’au premier jour, et pourtant le nombre de ses années le rendait presque antique.

Enfin, ces deux là n’avaient clairement pas la même vision de ce qu’était l’un et l’autre, avant tout. A cet instant il considérait davantage Saori comme une enfant n’ayant pas eu d’enfance, ou alors très limitée, s’il tenait compte des quelques explications qu’elle lui avait données. Puis il n’allait pas se garder de la tutoyer parce qu’elle ne l’osait pas. Certes le manipulateur de magma savait faire preuve de retenue, de respect et de politesse, qu’il en arrivait, à un moment, à estimer la barrière que dressait le vouvoiement plus qu’obsolète. Enfin, chacun faisait ce qu’il voulait, dans le fond. Enfin, elle ne le connaissait pas vraiment, ne savait de son mode de fonctionnement, alors forcément… C’était justement ce point qui pouvait rendre les relations entre les personnes autant qu’entre les clans si… tendues.

-Bah… On sera sans doute amenés à faire des choses dans un but commun… Alors plus la communication est simple, plus il nous sera facile de coopérer. Mais, je te remercie pour ta tolérance. Ria-t-il faussement.

Même si lui était d’une tolérance à la limite du laxisme, qu’il avait un respect réel pour tout le monde, même ses ennemis ; il n’oubliait pas qui tolérait qui ici, factuellement.

-Non non… Tu as raison, la peur est moteur de survie. Mais c’est aussi un frein. Enfin…

Sa vision d’Iwa semblait assez tranchée, et son avis sur ceux peuplant le village aussi. Lui-même avait sa propre opinion –heureusement- tout aussi précise. L’expérience surement, lui permettait d’expliquer ce qu’il avait compris ; d’entre la notion de civil, de militaire, et de shinobi. Et certainement que la réponse qu’il lui donnerait la surprendrait, car sous l’habit de l’archétype du pro-Iwajin se cachait un homme un peu plus en retrait, en fait.

-Iwa est riche, c’est un fait. Nos ennemis, quels qu’ils soient, où qu’ils soient ; veulent ce que nous avons. Il est sûr que « notre » vanité nous perdra. Iwa n’est pas l’exemple parfait sous tous les plans, loin de là. Mais il est l’exemple de l’unité d’un pays. Tu sais, il y a plusieurs dizaines d’années, Tsuchi était infesté de criminels, et même si le commerce était déjà assez florissant, et bien… Et les chivils d’abord se sont liés pour fonder Rokkusu, qui devint rapidement une plaque tournante économique dans la région, puis les ninjas du pays, ses clans originels ainsi que le tien se sont rejoint pour fonder Iwa… C’est ça Iwa, des personnes dont les différences font leur force, mais peuvent aussi être leur pire faiblesse. Et comme tu l’as compris, les civils, les shinobis… sont complémentaires. Et le jour où nous serons pris pour cible, il y aura sans doute des pertes Iwajin. Ahceva-t-il son long monologue explicatif.

Oui, sa vision d’ici était très clair, mais aussi celle qu’il avait de ses habitants, quelles que soit leur origine.

-Tu as ton clan, ton rôle est de protéger les tiens, par tradition plus que par volonté, parce que vous êtes marqués ainsi. Mais en tant qu’Iwajin, tu devras protéger ceux qui ne peuvent le faire seuls. Comme moi, je n’hésiterai pas à m’interposer ; pour n’importe lequel des habitants de ce village, qu’il m’apprécie ou pas.

Termina-t-il d’expliquer avec un léger sourire avant d’avaler la dernière goutte de son bol.


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Mer 5 Juil 2017 - 22:12

Si Saori n'approuve pas le point de vue de son aîné, elle parvient néanmoins à le comprendre. Il est toujours dur de dire qui a raison. Ho bien sûr chaque personne est convaincu que la voie qu'il emprunte ou que sa façon de considérer le monde est légitime. Mais ce serait faire preuve d'aveuglement que de penser détenir la vérité absolue. Ainsi, même si son opinion n'a guère changé depuis le début de cette discussion, la Hyûga tente néanmoins de tenir compte du fait qu'elle peut être elle-même dans le faux. Elle juge néanmoins utile d'apporter sa propre vision des choses aux dires du quinquagénaire. Si leur échange est marquée du sceau de l'honnêteté - même en partie - alors autant qu'il le reste. Après tout les idées sont faites pour être partagées...
"Nos points de vue divergent sur le rôle d'un shinobi!" réplique-t-elle sans la moindre once d'agressivité. "Vous partez du principe que nous devons protéger les civils mais notre devoir est avant tout envers cette nation. Son peuple en est sûrement une composante, je ne le nie pas. Mais le ciment, ce qui maintient le tout en place, est formé par les trois clans qui ont fondés Iwa. Les saigner dans le but de protéger des personnes incapables de le faire elle-même ne servira qu'à affaiblir Tsuchi. Car si ses défenseurs doivent endurer toutes les peines du monde pour que d'autres n'aient pas à souffrir, un beau jour ils ne seront plus aptes à protéger qui que ce soit. La nature est ainsi: les faibles meurent et les forts survivent! Pourquoi tenter de modifier les règles édictées par la nature elle-même alors qu'il suffit de s'en accommoder?"
Ce serait sans doute possible si la morale ne régnait pas en maîtresse absolue dans bien des coeurs. Aux yeux de Saori, cette dernière n'est qu'un obstacle à l'efficacité, une façade qui brident les instincts primaires qui définissent pourtant l'humanité et lui ont permis de progresser à travers les âges avant de s'imposer en espèce dominante. Protéger les faibles? C'est une façon de renier la nature même de l'Homme. Certaines choses doivent être faites, d'autres non. Et la morale brouille tout simplement un fragile équilibre naturel. Pourquoi protéger les faibles? Quel est l'avantage de mourir à la place d'autres? Ces réponses, elle ne les a jamais obtenues. Et pourtant ce n'est pas faute de s'être questionnée sur le sujet...
"Je voudrais également nuancer vos propos de tout à l'heure: vous affirmez que je sers la Sôke davantage pas respect de la tradition que par volonté. Ce qui est faux!" affirme-t-elle. "Il est vrai que certains membres de la branche secondaire ne sont pas heureux de leur condition mais ce n'est pas mon cas. En ce qui me concerne je sers non seulement parce que ça me semble juste mais avant tout par choix. Et, ce faisant, je renforce la tradition de mon clan!"
L'oeuf ou la poule? ils pourraient débattre de longues heures sur le sujet. Or elle ne dispose plus que de quelques minutes avant d'endosser à nouveau le costume de garde du corps de Kenta. Cette discussion est passionnante, c'est vrai. Confronter ses idées sur fond de respect est un exercice agréable auquel elle n'est guère habituée. Mais Saori pourrait très vite se prendre au jeu. C'est pourquoi elle reprend la parole:
"Veuillez m'excuser, je dois y aller Arikasa-san!" glisse-t-elle en se levant. "Mais j'apprécierais beaucoup poursuivre cette discussion à l'occasion pour peu que vous y consentiez!"
Elle s'incline légèrement pour le remercier - à la fois pour le repas et leur échange - avant de s'éclipser avec la grâce qui la caractérise. La jeune femme ne le sait pas encore mais la teneur de ce dialogue l'empêchera de trouver le repos quelques heures plus tard...

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Sarisa I - Libre

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