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Encore un chat perdu? (LIBRE)


Dim 17 Sep 2017 - 22:20


Ses pattes foulent une terre dure, martelée par les pieds des passants. Ils se pressent dans les rues, se bousculent, tombent parfois. Mais pas cette fois. Cette fois, rien ne se pose sur son passage. Son pelage roux étincelant sous le soleil, il s'avance d'une fière allure, profitant de chaque instant de liberté. Ses moustaches sensibles apprécient la grâce du vent qui vient le caresser, lui apportant ce froid dont son lourd manteau le privait toujours. Adepte des montagnes, il ne peut que profiter d'un air plus frais que celui de sa prison de pierre. Une cage dont il s'est libéré, profitant d'une opportunité qu'on ne lui avait jamais donné.

Il croise quelques hommes, qui, dans une ferveur incroyable, s'acharnent à fuir devant lui. Il se sent comme le seigneur de ce monde. Redressant la tête, la gueule entrouverte dans un sourire étrange, il bombe son poitrail large, ses oreilles pointues fièrement redressées sur sa tête. Comme une envie de croquer le monde, ouvrant une mâchoire armée pour la chair, il pousse son cri, si reconnaissable. Galvanisé, comme s'il devenait roi parmi les hommes, il se met à courir, des ailes imaginaires le portant aux cieux. Alors même le vent, dépassé par cette euphorie de liberté, cesse de fouetter ses babines, abandonne le combat.

Mais une autre combattante, elle, n'abandonne pas. Elle le stoppe, brusquement, le tirant par l'estomac. Elle tourne de force son regard vers un étal tout proche. Quelques morceaux de viande dorés combattent pour elle et ne tardent à remporter la bataille. Doucement, léchant avec avidité ses babines baveuses, il s'avance vers sa proie immobile, prêt à frapper. Ses pattes se posent sur le rebord de bois, ses crocs s'enfonçant avec fureur dans cet ennemi sans résistance. Déchirant la peau craquante, profitant de la chair tendre, il vainc enfin son ennemie jurée, la faim. Mais celle-ci n'abandonne que pour laisser la place à sa jumelle.

Elle le tire à la gorge cette fois, brisant sa respiration en halètement, le forçant à sortir sa langue râpeuse. Il râle, la gueule aride, le souffle court, le poil sec. Son œil hagard trouve une bassine, remplit du liquide tant désiré. Rapide comme un coup de vent, il disparaît des lieux de son premier larcin, afin de plonger son visage entier dans l'eau. Il y disparaît fermant les yeux dans un bonheur tout relatif. Une nouvelle fois, lorsqu'il retire son pelage trempé du récipient, la bataille est une victoire, la guerre est finie. Sa liberté est établie, son rythme l'emmène en direction de l'entrée du village. Le félin disparaît dans l'ombre...

___________________

- Jeune homme ! J'ai perdu mon chat ce matin, il s'est échappé ! Il s'appelle Petipotam, il est roux !

Discours courant d'un matin ordinaire dans les rues d'Iwa. À croire que toutes les personnes du village s'acharnaient à perdre leur animal de compagnie pour donner du travail aux genins. Enième mission de rang D, énième félin égaré, énième bâillement de la part de Chôkuro, de moins en moins motivé pour ces stupidités.

- Vous pouvez pas les garder à l'oeil vos matous ? Cette fois c'est non, j'me casse, je vais chercher un travail plus intéressant ! Si vous croyez que j'en quelque chose à f...
- 25 000 Ryôs.

Le géant roux marqua un temps de pause. D'ordinaire, ces missions étaient rémunérées aux alentours de 5000 Ryôs. Une hausse pareille ne saurait être refusée, mais elle exprimait aussi la singularité de la mission. Se retournant en un instant, attiré par la récompense inattendue pour un Genin et une chasse au chat, sa voix grave mais, pour une fois, enjouée, s'éleva à nouveau.

- C'est d'accord. J'vais le retrouver Petipotam, ça va pas être long.

Le pas léger, son ombre s'effaça en un instant de la vue du vieil homme, partant à vive allure à la recherche de l'animal. Quelques minutes de recherche furent suffisantes à retrouver la trace du fugitif. Un étal de viande était renversé, ce qui correspondait bien aux actes d'un chat turbulent. À l'autre bout, une bassine était au sol, finissant de se vider de son eau. Il avait eu faim, il avait eu soif, il s'en était allé. Posant le pied au sol, Chôkuro s'avança vers le marchand, désemparé face aux dégâts occasionnés par l'animal.

- Bonjour. Je crois savoir qui est responsable de ce désastre mais, pour être certain. Un chat roux est-il passé par ici ?
- Un chat ? Ouais, haha, un chat a traversé l'étal comme un tourbillon. Il avait pas franchement l'air... commode. Il s'est tiré vers la sortie du village.

Remerciant le marchand d'un hochement de tête, le jeune Akimichi s'en alla, intrigué. L'homme rigolait, son visage déchiré d'un sourire ironique. Il y avait un souci avec ce chat. Un gros souci. D'où la hauteur de la prime. Les portes d'Iwa furent bientôt là et, ici aussi, la panique règnait. Un homme était au sol, son chapeau et son pantalon déchirés. Comme si une bête sauvage venait de tenter de le dévorer. Mais tous les regards se portaient vers le haut d'un bâtiment, juste à côté de l'entrée. Naturellement, les yeux du papillon noir se levèrent aussi. Avant de s'écarquiller.

- Ça, c'est pas un chat. Et ça vaut plus que 25 000 Ryôs.

Petipotam était retrouvé. Et il était bien roux. Son pelage rayé ne laissait aucun doute sur son identité. Et d'un seul coup l'ironie du boucher prenait tout son sens.

Petipotam était un tigre.


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Lun 18 Sep 2017 - 17:57
Les habitudes avaient la vie dure. Malgré son nouvel emploi d'agent de l'ombre, sir Naro peinait à lâcher ses vielles habitudes. Aussi, bien que l'aube soit depuis, fort longtemps, révolue, ses pas l'emmenèrent au sein du marché. Le village de la roche donnait autant d'importance au ninjutsu qu'aux étals d'amulettes ou d'écrevisses, tant est que la place centrale n'avait rien à envier au marché ouvert d'une grande capitale. En cherchant un peu on pouvait trouver de tout, au grand bonheur du vieillard. Il sautillait de stand en stand comme une sauterelle en rûte, marchandant des produits dont il n'avait pas besoin, et qu'il n’achèterait jamais.
Toutefois Muh était bien connu par les gens du coin, et on excusait aisément ses excentricités. Au contraire, le doyen des Genins inspirait une certaine sympathie, allant même jusqu'au respect. Car diantre, monsieur était dur en affaire, possédant le talent particulier de pouvoir évaluer précisément la valeur réel d'un objet. Sa parole faisait souvent office de loi dans ce domaine, le rendant également quasiment impossible à arnaquer.

Quoiqu'il en soit, une cuisse d'agneau dans sa main gauche et sa fidèle pelle dans l'autre, il arpentait désormais les rues d'Iwa, se dirigeant d'une nonchalance infinie vers les portes d'entrée. Son sourire radieux illuminait à lui seul cette journée grisonnante, et rien ne semblait pouvoir perturber sa sérénité.
Hélas la vie était une femme difficile. Elle s'invita dans son bonheur d'un bond monstrueux, le plaquant au sol comme un ouragan secouant un caniche en bas age. Cette légende du taijutsu fut balayée en un instant, assaillie par un monstre que le sage des quatre chemins lui même n'aurait pu terrasser. Oui, un bijuu venait d'envahir le village, et Muh venait de subit fièrement son assaut, ne sacrifiant pour cela que l'intégrité de ses habits, et son morceau d'agneau. Cependant n'ayez crainte citoyen d'Iwa, votre héros se relevait déjà, son courage magnifique rayonnant comme un soleil.

"Bordel d'oison bridé! Chapelures de culs de babouin, c'est à qui ça hein!?"

Oui, cet élégant apartheid traduisait sans détour son état d'esprit, tandis qu'il fusillait du regard son entourage. Si tout le monde était préoccupé par le prédateur jouant au chat perché, lui cherchait l'éventuel propriétaire de ce monstre. Il avait eut tout le temps d'apprécier le pelage soyeux, et le collier en cuir ne lui avait pas échappé.
Aucun doute, le maître de ce matou devait être aussi démesuré que l'animal, et son regard ne tarda pas à croiser la route du seul tas de muscles présent en ces lieux. Sans aucun préavis, Muh fit un bon gigantesque, dégainant sa pelle pour l'abattre sur le crane du malheureux, convaincu de la justesse de ses actes.

"Non mais vous vous croyez où là? Ça à l'air d'un zoo ici peut-être? Parsembleu, libre à vous d'avoir un tueur sur pattes en animal de compagnie, mais ayez au moins la décence d'acheter une laisse!"

Non, il n'était pas sénile. Pour tout vous dire il n'avait pas bu une goutte d’alcool dans la journée, et c'était sans doute pour cela que son cerveau ne fonctionnait pas correctement. Quoiqu'il en soit, le vieil homme semblait convaincu de son bon droit, et, du haut de ses 140 centimètres, il couvrait le géant de son mépris. En même temps il fallait le comprendre, ce n'était pas tous les jours qu'il se faisait agresser par un tigre.
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Mar 19 Sep 2017 - 15:24
Ses narines sont grandes ouvertes, ses yeux scrutent la foule pressée devant lui, ses muscles se bandent au point de lui faire mal. Il est prêt. Sa vieille ennemie, faussement satisfaite par les quelques morceaux de viande avalés le matin, revient à la charge. Elle s'infiltre jusque dans son regard, brouillant celui-ci d'une multitude de veines sanguinolentes. Elle envahit son cerveau, aveugle ses pensées, réduit sa lucidité. La bête, un jour domestiquée, redevient le prédateur qu'elle a toujours été. Les 5 sens en alerte, elle n'attend que la bonne occasion.

Une douce odeur vient alors le chatouiller. Du boeuf. Non. De l'agneau. Un superbe parfum de chair bien cuite, appréciable, délicieuse. Ses griffes se plantent dans la roche sur laquelle il se tient, ses pattes arrières le propulse en bas de la rue. En un instant, ses yeux injectés se pose sur celui qui, distraitement, tient en main le met tant attendu. Un petit homme aux cheveux blancs, sa barbe lui formant une crinière presque parfaite. D'un bond, il écrase avec ardeur l'individu de ses deux pattes, arrachant de ses crocs affamés son repas du moment. Aussi vite qu'elle est descendue, la bête remonte, couchée sur un toit, la satisfaction imprimée sur son visage alors qu'elle déchire la peau et avale, en quelques secondes, l'intégralité du produit. La faim, une fois de plus, l'a abandonné.

CLANG !

Le bruit métallique de l'outil résonne comme un gong dans la place, camouflant presque les paroles du vieillard. Un cri s'échappe des lèvres du géant, révélant plus sa surprise que sa douleur. Sa main se crispe, son œil se fige. Dans une lueur froide, insupportable de colère, son regard se pose sur son assaillant. Ou plutôt dans le vide. Personne à l'horizon, sauf cette voix qui s'élève dans le silence de l'endroit. Les bouches sont grandes ouvertes, les sourires d'amusement ont disparu. Quelques genoux claquent, des yeux observent le sol. Le sol ? Levant un sourcil d'incompréhension, le papillon noir baisse sa tête, apercevant enfin celui qui l'invective si ardemment.

Un nain ? Un lutin ? Un gnome ? Rien de tout ça, son visage ne ressemble en rien à ceux des légendes. Il est humain. Et âgé. Très âgé. Il porte un bandeau de ninja. Mais pas de veste militaire. Un Genin ? De cet âge là ? Chôkuro se trouvait déjà bien trop âgé pour porter ce grade, mais cet homme était d'une toute autre époque. La rage fait place à l'incompréhension, ses deux mains se posent sur ses hanches, un sourire sur son visage. Un léger rire s'échappe d'entre ses lèvres, sa main glisse dans son dos.

- Premièrement, ce tigre n'est pas à moi. Il est l'objet de ma mission. Deuxièmement, normalement je ne frappe pas les ancêtres. Troisièmement...

Ses doigts se referment sur un manche de bois, avant de lever l'arme et de l'abattre sur le crâne du vieillard.

- … C'EST QUOI CES MANIÈRES ?!?!

Avec force, la poêle en fer fend les airs.

CLANG ! Un partout, balle au centre.

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Dernière édition par Akimichi Chôkuro le Mer 20 Sep 2017 - 7:21, édité 1 fois
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Mar 19 Sep 2017 - 21:01
Son coup de pelle n'avait pas eu exactement l'effet escompté. Pour tout dire, il aurait pu frapper le sol, le résultat aurait été le même. Néanmoins il ne se laissait pas abattre, et déjà le mastodonte se retournait pour faire des excuses. Au moins, cette tête de linotte était polie, et eh... Comment ça "normalement"?
Sa réflexion n'eut pas vraiment le temps d'aller plus loin, car déjà la main géante attrapa une arme de fortune, et tenta d'obtenir vengeance. Sauf que monsieur, vous n'aviez pas l'effet de surprise, et en temps normale Muh ne se serait jamais laissé touché. Mais le gros lard avait encaissé, alors lui aussi allait encaisser. Se tenant droit comme un I, il accueillit la sentence sans même sourciller, perdant par la même occasion ce qui restait de son chapeau. Il feignait parfaitement l'indifférence, bien qu'il dusse pour cela fournir un effort surhumain. Ce type avait une force monstrueuse, et l'assaut du tigre semblait une douce caresse après ce coup de tonnerre.

"Gllledann!"

Ce fut les seuls mots que le Naro put prononcer. S'il avait su resté impassible, son cerveau finissait actuellement de rebondir à l'intérieur de son crâne. Cela ne l'empêcha de prendre conscience qu'ils avaient volé une partie de l'auditoire du grand félin, car ceux qui connaissait le vieillard savait qu'il n'en resterait pas là.

"Gredin!"

Cette fois c'était la bonne. Tandis qu'il agrippa sa pelle, prêt à relancer ce sympathique échange, le vieillard se souvint des mots du colosse. Pas son tigre... Et ben oui, c'était fort possible. Pourquoi il avait cru que c'était lui le propriétaire déjà? Sa taille en faisait-il réellement le coupable? Doutant de lui-même, notre héros posa sa main droite sur sa gourde, l'agitant légèrement afin de confirmer sa contenance. Elle était encore pleine, ce qui signifiait qu'il était encore sobre...
Il savait qu'il devait sans doute s'excuser, mais il n'en avait pas envie, et en plus ce type combattait avec une poêle. Il regarda un instant sa pelle, regrettant de ne pas avoir lui même pensé à l'usage alternatif de l'ustensile de cuisine. Non, personne n'égalait son style, inutile d'en douter.

"Hum... Jolie poêle, c'est une couverture en céramique ou en acier?"


Mais qu'est-ce qu'il racontait? Son ton pouvait laisser croire à des excuses, mais son cerveau se refusait d'éjecter les mots. Tant pis, le mal était fait, et puis ils avaient un autre problème non?

"Sinon je m'appelle Naro Muh, enchanté! Hum, on devrait peut-être s'occuper du gros chat?"

Effectivement ce ne serait pas un luxe, d'autant qu'au lieu de faire fuir les civils, le prédateur semblait les attirer. Une jolie foule s'était formée autour d'eux, formant naturellement un arc de cercle autour des deux génins et du félin. Ce dernier commençait d'ailleurs à s'agiter, à moins qu'il tente de se gratter sur les tuiles de son perchoir.

"Bon j'ai une idée pour le faire sortir de là! Je reviens dans deux secondes, fais attention à ce qu'il ne dévore personne. Ou au moins personne d'important."


Ne laissant pas à son nouveau collègue le temps de répondre, Muh s'élança de nouveau dans les étals du marché. Il ne lui faudrait normalement pas plus de trente secondes pour faire l'aller retour, mais il fallait tout de même qu'il négocie sa solution miracle. Car qu'importe la situation, le marchandage, c'était sacré!
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Mer 20 Sep 2017 - 8:39
La foule se presse, avide de potins, de ragots et de racontards. Comme à son habitude, la société, ennuyée, lassée de son quotidien barbant, recherche l'évènement. Pour les chanceux présent ce matin, l'effervescence était justifié. Ils lèvent tous les yeux, analysant chaque détail de la scène qu'ils, sans aucun doute, se dépêcheront de raconter à leurs amis jaloux le soir même. Leurs regards n'expriment plus le sentiment naturel face à un telle créature, ils oublient la peur. Leurs genoux tremblent mais leur cœur s'emballe. Pour une fois dans leur quotidien si monotone, ils deviendront, le temps d'une journée, le centre de l'attention de leur cercle d'amis. Voilà pourquoi la foule se presse.

- Tu peux m'appeler Chôkuro. D'ordinaire je travaille seul.

Le fauve, lui aussi, est un être solitaire. Ses babines se retroussent, montrant ses crocs acérés. Il haït la foule, tous ces yeux posés sur lui, attendant avec impatience que quelque chose de plus se passe. Ils veulent du spectacle, lui ne veut que la tranquillité. Mais on ne lui offre pas. Pire encore, le brouhaha augmente, de plus en plus de gens arrivent. Le silence, qui s'était imposé suite aux insupportables bruits de ferraille auparavant, s'était déjà brisé. La bête restait le centre de l'attention. Mais tout cela avait commencé avec quelques personnes. Ces personnes avaient créé un événement là où il n'y en avait aucun.

- Va où tu veux mais reviens. Je suis sûr que tu ne veux pas manquer la suite.

Un sourire illumine le visage de l'Akimichi. Étrange. Au fond, ce vieillard l'énerve. Mais il est touché par sa personnalité et ses réactions diamétralement opposées. Lui qui, d'ordinaire, n'accorde d'importance à personne, qui travaille en solo, qui déteste avoir un intrus dans les pattes, se prend soudain d'une certaine affection pour cet être amusant. Amusant ? Son visage se referme, masquant ce sourire niais. Cela ne lui ressemble pas, ce n'est certainement pas en passant du temps avec un petit vieux qu'il serait amené à progresser. En revanche, un affrontement avec un tigre pouvait se révéler intéressant.

Le cri de l'animal le tira de ses pensée. Ne jamais perdre trop de temps à la réflexion. On perd toujours en réflexes. D'un bond agile, la bête se jette à nouveau vers le sol, visant avec précision une petite dame au premier rang, parmi les premières à être arrivée. Bien que curieuse, la foule s'écarte avec violence, sans que personne ne trouve le courage de protéger ou de sauver la femme. Tétanisée par la peur, elle n'ose plus bouger non plus, promise à une mort certaine. Elle est trop loin pour être sauvée maintenant. Seul un miracle semble pouvoir réussir cet exploit.

Les griffes du tigre s'écrasent avec force et poids, ne laissant aucune chance au point de chute. Le sang gicle, tachant son col blanc d'un rouge intense. Habité par une envie d'infliger la peur, de faire fuir les gens, il ne s'arrête pas. Il ouvre grand sa gueule et plante ses crocs dans... la terre. La poussière constitue cette fois son repas, couvrant ses moustaches d'une couleur brune, emplissant sa gueule d'un goût dégoûtant, atroce, insupportable.

- Ninpô ! Décuplement Partiel !

La main du papillon, soudainement d'une taille bien supérieur à la normale, avait entouré le corps de la dame, lui offrant une protection de fortune. Les griffes acérées du fauve avaient tout de même déchiré la chair des doigts, provoquant un rictus de douleur chez le rouquin. Rapidement, il avait enlevé sa main, éloignant la femme de la zone de danger. Mais, alors que le roi de la jungle rate sa cible, rien n'est fini. Le poing, sous sa forme géante, se rapproche avec vitesse de la face de l'animal. Le choc est brutal, violent, assourdissant. Cette fois c'est le sang du tigre qui recouvre la main humaine. Le corps de la bête est propulsé à quelques mètres, s'écrasant dans les maisons en face. Il brise un mur, stoppant son envol parmi les roches.

- … fais attention à ce qu'il ne dévore personne. Ou au moins personne d'important.

Mission accomplie monsieur Naro. Ou presque.
Le tigre respire encore et, déjà, commence à se relever.

RÉSUMÉ:
 

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Mer 20 Sep 2017 - 22:51
Malgré l'attractivité du zoo improvisé, le trafic du marché ne désenflait pas. Pour un homme ordinaire, courir à travers cette foule chaotique pouvait s'avérer difficile, mais notre vieux renard avait plus d'un tour dans son sac. Il avait passé sa vie à arpenter ce genre de lieu, et il nageait dans cette océan de corps aussi bien qu'un dauphin. Son objectif était clair et précis, et il lui fallut tout juste une trentaine de secondes pour atteindre le stand en question.
Il connaissait cet endroit depuis des lustre, et le simple fumet suffit à lui mettre l'eau à la bouche. Personne ne pouvait résister à l'attrait du Jamôn Serrano. Ce jambon légendaire avait vaincu des hordes de végétariens, et si les gourmets du monde entier se l'arrachaient, peu d'entre eux savaient qu'on pouvait en trouver dans ce stand ridicule. Sincèrement, même les mouches évitaient l'endroit tant il faisait peine à voir. Pourtant, derrière les quelques cuisses de bœufs suspendues à l'arrache se terrait un morceau de paradis. Seulement voila, si le Naro était dur en affaire, le type qu'il avait en face de lui était un challenger de taille. Motivé par l'urgence de la situation, notre héros se lança à l'assaut.

"Brosse à chiottes, comment peut-on être aussi radin."

Alors qu'il maugréait sur le chemin du retour, Muh sorti de sa rêverie par un énorme brouhaha. S'il n'avait aucun doute sur l'origine de ce vacarme, il ne comprenait pas toutefois ce qui avait pu se passer. Son pas se fit plus pressant, et bon sang, il manqua au moins trois battements de cœur à la vue du spectacle.

"Nom d'un chameau, que c'est-il passé? Il s'agit d'un tigre, pas d'un troupeau de bison! Qu'est-il arrivé à cette maison?"

Alors qu'il clamait tout haut son mécontentement, un rapide coup d’œil à son "partenaire" suffit à le calmer. Après tout il était un peu coupable. Il aurait du savoir qu'en coopérant avec un aussi gros tas de muscles, qu'il y aurait quelques dégâts collatéraux. Au moins, personne n'avait été blessé, et la foule semblait s'être un peu dispersée.

"Bon, il est temps de montrer à ce chat les talents d'un vrai Shinobi!"


Déballant la surprise qu'il portait dans son dos, le vieillard révéla une superbe pièce de viande. L'odeur de bœuf fumé se répandit instantanément dans l'arène improvisée. On ne parlait pas d'un simple roti d'agneau, il s'agissait là d'un jambon d'une qualité inouïe. Un homme perdu en plein désert choisirait sûrement cet hydromel bovin plutôt qu'une jarre d'eau fraîche, alors qu'en serait-il d'un tigre? Faim ou pas faim, énervé ou calme, aucun animal ne pouvait résister à cette odeur, et encore moins lorsqu'on parlait d'un prédateur sur pattes.
La cible s'élança, galopant vers le détenteur du succulent trésor. Seulement Muh avait déjà servi d'os à mâcher, et il n'avait nul envie de renouveler l'expérience. Feintant quelques pas vers l'animal, il balança néanmoins le fameux appât vers son collègue, et commença à courir.

"Bon alors, tu as peut-être envie de payer pour dégâts collatéraux, mais pas moi. Je propose qu'on éloigne ce truc de la foule. Et ne t'inquiète pas, il nous suivra jusqu'au bout du monde tant qu'on aura ça dans les mains! Son ton laissait penser qu'il avait terminé, mais un post-scriptum s'ajouta à son plan. Ah oui, et évite de tabasser un animal sans défense! On doit juste l'immobiliser, pas le stériliser!"

Aussitôt dit, aussitôt fait. Le héros du jour avait déjà atteint son allure de pointe, et d'un bond majestueux il passa du sol aux toitures environnantes. Il connaissait un terrain vague non loin de là, et il avait déjà un plan en tête pour immobiliser la bête. Il arriva un peu avant son compatriote, et tandis qu'il priait pour que ce dernier n'abatte pas la pauvre bête, il balança shurikens et kunai un peu partout, chacun d'entre eux étant relié à du fil ninja. Cela faisait partie des ustensiles géniaux qu'il avait découvert dans sa formation de Shinobi. Sincèrement, aucun autre fils n'atteignait ce niveau de solidité et d'élasticité, et nul doute qu'Iwa ferait une fortune en commercialisant cela dans le monde civil.
M'enfin, ce n'était pas le sujet. L'amas de fils et d'armes forma rapidement une toile, qui faisait peine à voir, certes, mais qui suffirait à capturer le ventre sur patte. Muh se tenait derrière son filet improvisé, sautant sur place en agitant les bras, afin d'attirer l'attention de son coéquipier.

"ALLEZ, TIR AU BUT MON VIEUX, COURAGE!"
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Jeu 21 Sep 2017 - 10:23
Le sang, le goût de la roche, le poids sur son dos. Ils marquent l'arrivée d'une ennemie jusque alors inconnue. Elle l'empêche de bouger normalement, elle bloque sa respiration et ankylose ses muscles. Il emploie toute sa force, une première fois, pour tenter de se relever. Échec. Cette adversaire est bien plus dur à combattre que les autres. Un sentiment étrange s'empare de son cœur, comme un froid qui l'envahit. La sensation d'être arrivé au bout de la route, de ne plus rien voir, rien sentir. Il ouvre les yeux et rencontre ce regard rougeâtre, insupportable de haine. Ses iris jaunâtres, si pacifiques d'ordinaire, n'expriment plus que la rancune et le désir de vengeance. Ses muscles se bandent, la bave à ses lèvres s'écrase au sol, son corps se redresse, son souffle reprend. Sur ses quatre pattes, la bête semble enragée, animée d'une colère sourde qu'elle ne semble même pas comprendre.

- Mais tu veux que j'en fasse quoi de ton jambon ? C'est quoi en plus ce... oh bordel... ?!

Deux regards de haine qui s'éteignent, deux colères qui se calment. Un doux fumet envahit leurs narines, réveillant leurs primitivités. Ils sont plus proches l'un de l'autre que jamais et plus ennemis que jamais. Le parfum si parfait de la viande porcine entre dans leurs narines, les libérant de tous sentiments extérieurs. Le tigre et le papillon, de leurs yeux hagards, se fixent l'un l'autre. Chacun attend de voir la réaction de l'autre. De l'extérieur, personne ne saurait dire qui des deux est le plus animal. La faim, l'envie, l'imagination de savourer ce met délicieux, bien plus parfait que la majorité des choses existantes, les rendent totalement fous. De la bête et de l'homme, c'est la bête qui se jette en premier. D'une agilité surprenante, le géant se jette sur le côté. Son regard se pose alors sur une petite silhouette aux cheveux blancs, qui s'enfuit à toute vitesse. Le vieux.

Il se relève, démarrant dans la seconde, à la poursuite de son compatriote. Le vieillard devait être beaucoup plus lucide que l'Akimichi et devait avoir une idée pour avoir lancé ce jambon avant de fuir. Mais ce n'est pas cette idée qui le pousse à courir si vite, tentant d'échapper au fauve à ses trousses. Il est hors de question que ce soit la bête qui profite de ce repas splendide et unique. Ce morceau de viande appartient corps et âme au fils du plus grand clan de gourmets du monde. Il est le seul à mériter ce Jamôn Serrano. Car oui, en fin cuisinier qu'il est, il a reconnu ce qu'il tient entre les mains. L'animal, lui, n'y voit rien de plus qu'une récompense de qualité, qu'il dévorera probablement en quelques secondes. Un tel manque de respect ne peux pas être accepté.

- Vas y cours Petipotam ! Personne ne vole de la nourriture à un Akimichi. PERSONNE !

La course effrénée se continue. Par moments, la bête rattrape la montagne, l'écrase au sol, tentant de planter ses crocs dans la chair porcine. Chaque fois, c'est la main de Chôkuro qui l'accueille, le repoussant momentanément. Pendant quelques minutes, tentant vaguement de suivre le rythme du grand-père, bien trop rapide pour lui, ils roulent tous deux au sol, se couvrant de poussière et de saletés. Cependant, par la grâce du sort ou par l'attention portée au trésor, jamais le jambon ne touche la terre ou l'herbe. Jamais le plat n'est abîmé. Bien qu'enragés, tous deux savent à quel point ils ne peuvent se permettre de perdre l'objet de leur désir.

De nouveau, le petit homme se retrouve dans son champ de vision. Il ne bouge plus. Des kunai sont plantés un peu partout, des fils presque invisibles à des yeux non aguerris tendus entre eux. Une gigantesque toile d'araignée tendue devant lui. Le vieillard s'agite, crie, secoue les bras, comme s'il n'était pas assez visible. Son plan apparaît clairement aux yeux de l'Akimichi et une idée, surtout, germe dans son crâne. L'occasion de se débarrasser de son concurrent affamé était trop belle. Il n'était plus question de capture, de chasse, de chat perdu. Il n'était question que de nourriture et, en cela, Chôkuro était imbattable.

- D'accord, je te l'envoie !

Littéralement. Sa main droite grossit à nouveau, ses pieds arrêtent leur course dans un nuage de fumée. Il tend la main gauche, le jambon bien serré au creux de son poing. Imbécile et sauvage, la bête se jette sans réfléchir sur le morceau de charcuterie. Celle-ci lui est retiré juste sous les crocs, alors qu'une main démesurée l'attrape par la taille. Par instinct de survie, il mord dans la chair, faisant couler un sang qui n'est pas le sien. Et puis, soudainement, c'est le vent qui le fouette avec violence. Plus rien ne le tient, plus rien ne le supporte. L'homme vient de le balancer, comme une vulgaire balle. Le corps de l'animal s'écrase lourdement dans le filet, sa rage ne faisant que l'empêtrer un peu plus dans ce piège.

Le vieillard semble surpris de ce qu'il vient de se passer, du moins c'est l'interprétation que le rouquin fait de son expression faciale. Sortant un kunai de sa ceinture, il pèle une fine tranche dans ce jambon d'exception. Dans un sourire de satisfaction, il porte la viande à ses lèvres, ses dents la déchirant avec plaisir. À la fois moelleux et puissant, emplissant la bouche d'une senteur unique, d'une fraîcheur sensationnelle, la faible teneur en sel venant juste caresser son palais, l'Akimichi est heureux. Dans un sourire sincère et de contentement, il s'adresse enfin à son partenaire d'un jour.

- Tu m'as dit de tirer au but. J'ai bien visé, non ? Et bien à moi la récompense !

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Dim 24 Sep 2017 - 11:28
Certaine personne avait tendance à être bien trop littérale. Certes, l'instruction était un peu douteuse, mais quel esprit tordu pouvait arriver à pareille interprétation? Tout d'abord depuis quand un bras pouvait atteindre une telle proportion, et puis, lancer un tigre? Sérieusement? Notre héros n'eut pas énormément de temps pour réagir. Il faut dire qu'il s'attendait à recevoir environ un kilos de viande, pas deux cent trente kilos recouverts de fourrure et de griffes
Alors que le boulet de canon arrivait, il sortit de sa poche un petit parchemin. Il eut juste le temps de dérouler, puis une fumée blanchâtre recouvrit la scène. Un énorme bang retentit dans l’arène improvisée, tandis que peu à peu la poussière s’évacuait.

L’inertie du projectile avait largement dépassé ses attentes, tant est que les armes s’étaient toutes décrochés de leur perchoir. Ceci dit, cela n’avait point nuit leur cause, puisque le tigre se retrouvait empêtré dans une liasse de fils. La toile devenu camisole de force empêchait tout ses mouvements, et d’ailleurs vu ce contre quoi il venait de s’abattre, le félin n’avait sûrement plus beaucoup d’énergie.
Le vieillard avait fait place à un grand bouclier noirâtre posé à même le sol. Le son sourd et grave informait sur la nature métallique de l’objet, et vu la couleur noirâtre, on penchait sans doute sur du bronze. Notre Naro attendit quelques secondes que le tableau se stabilise, puis il stoppa sur la protection qu’il venait d’invoquer. Une rangée de dents superbement blanche déformait son visage, tandis qu’il pointait sa pelle vers le ciel. L’enthousiasme de sa voix laissait penser qu’ils venaient de gagner guerre de cent ans.

« HOURRAAAA ! Bien joué camarade ! Encore une fois, mon intellect prouve que l’expérience est la meilleure arme du ninja. Non sincèrement, pas la peine de me remercier, c’est avec plaisir que j’aide les jeunes pousses de notre fier village ! »

Ce monologue aurait pu se prolonger encore fort longtemps, seulement un détail inopportun faucha son inspiration. Il constata d’abord les mouvements de mastications, puis son regard se posa sur le trou béant au sein du Jamôn Serrano. Son escapade au marché lui revint soudainement à l’esprit, et plus particulièrement le prix auquel il avait acquis ce trésors culinaire.

« Félicitation mon vieux, tu as fait du bon travail. Son ton sincèrement enjoué prit alors une teinte plus sombre. Par contre, as tu la moindre idée du prix de ce que tu mâches là ? J’ai la tête d’un millionnaire peut-être ? Si tu veux une récompense, parles-en au propriétaire du gros chat là, mais pour ce qui est du jambon... »

Muh posa violemment sa pelle sur le sol, se tenant juste en face de son allié d’hier. Son regard avide incendiait le colosse, tandis que sa voix devint aussi tranchante qu’une hache de boucher.

« Si tu manges, tu payes. »

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Lun 25 Sep 2017 - 8:37
Fierté et Joie. Des sentiments bien trop rares dans son cœur font leur apparition. L'enthousiasme du vieillard est contagieux, il se transmet en un instant à l'esprit de son partenaire qui, dans une euphorie rare, se met aussi à célébrer la capture du fauve. Son poing serré levé vers le ciel, un morceau de jambon entre les dents, son sourire sincère le trahit. Le géant de pierre a, finalement, un cœur en état de fonctionnement. Son doigt redescend du ciel, pointant son allié, dans une scène digne d'une mauvais série humoristique. Déchirant le calme de la zone, son rire gras et puissant répond au cri de l'autre homme, donnant à l'endroit une impression de bonheur non dissimulé.

Le goût amer de la défaite. De nouveau, le froid de la captivité, la douleur, les membres endormis. Une nouvelle fois, prisonnier de chaînes qu'on lui impose. Il est immobilisé, jusqu'aux griffes, complètement incapable de bouger ne serait-ce que l'oreille. Les cris autour de lui, empreints d'un bonheur perceptible, l'enrage un peu plus. Ses tortionnaires ont fini par l'avoir, usant d'une méthode infâme, visant ses points faibles. Il avait cru être le prédateur, il avait toujours été la proie. Si son vol plané lui avait fait comprendre son infériorité, il ne l'avait vu que trop tard, il était déjà perdu. Il avait perdu la partie, qu'il avait cru gagnée en sortant de sa cage le matin même.

- Chez moi, quand on donne, on ne fait pas payer.

La joie avait fait place à la tension. Palpable, physique, oppressante. Les deux hommes, si différents par la taille et l'âge, par l'expérience et les habitudes, s'affrontaient désormais dans une joute de regards intense. Une nouvelle fois, goûtant au bonheur du jambon, dont il avait presque avalé toute la viande, le géant roux ouvrit ses yeux en grands, signe de son bonheur établi. Dans le but de détendre l'atmosphère, il tendit, à regrets, le reste du morceau de charcuterie à son partenaire d'un jour qui, en cet instant, ressemblait plutôt à un ennemi.

- T'auras tes sous quand j'aurais été payé.

D'une main ferme, passant derrière celui qu'il considérait encore comme un allié, il attrapa le filet improvisé où était prisonnière la bête. Il chargea sa proie sur son dos, ignorant presque le vieillard, ses pas le dirigeant déjà vers la zone où la mission lui avait été donnée. Il est furieux. La traîtrise de l'homme qui, quelques minutes auparavant, lui avait offert de la nourriture, bouillonnait en son cœur avec une violence rare. Même la bête qui se débattait derrière lui, en vain, ne l'intéressait plus. Il avait cru avoir trouvé un ami, quelqu'un qui possédait la même mentalité que lui. Quelqu'un avec qui il pourrait partager des choses, qui le comprenait. Mais il avait été trahi. Cependant il était certain que, dans ses pas, le petit vieux avançait à la même vitesse.

L'homme est là, planté comme une statue de cire là où Chôkuro l'a laissé. Apparemment, il n'a rien trouvé de mieux à faire que d'attendre, dans un silence de mort. Il ne bouge pas d'un millimètre, comme si son corps avait déjà cédé face à la vieillesse. Dans un nuage de poussière et le tremblement du sol, le géant pose la bête au sol, toujours prise dans son filet. Semblant d'un seul coup recevoir un nouveau souffle de vie, le mandataire ouvre les yeux, sans s'apercevoir que ses cheveux s'envolent au passage. Un cri s'échappe de ses lèvres, bien plus puissant que ce à quoi l'on aurait pu s'attendre.

- PETIPOTAM ! VOUS L'AVEZ SAUVÉ ! DANS MES BRAS !

Dans un geste bien trop enthousiaste, le grand-père saute sur le géant, l'embrassant avant d'être repoussé poliment. Continuant à sourire, il tranche le filet, accrochant une solide laisse au collier de son animal. Docile, le fauve se laisse faire, bien trop apeuré par les deux chasseurs, encore à côté de lui. Un échange de billets plus tard et il a déjà disparu, laissant toute cette histoire derrière eux. Ou presque. Le papillon noir se retourne vers son compagnon, lui tendant l'intégralité de la prime.

- Tiens. Ton argent. De la part d'un vieillard reconnaissant, lui.

De nouveau froid et sombre, la voix de Chôkuro atteint des basses significatives. Ce ton qui signifie sa colère, ainsi que sa retenue, son envie de ne pas faire de mal à celui qu'il, en d'autres circonstances, aurait pu considérer comme son ami...

Règle n°1: Ne jamais contrarier un Akimichi en train de manger.

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Encore un chat perdu? (LIBRE)

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