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Auprès des nôtres [Kiri/Event n°1]


Jeu 21 Sep 2017 - 16:56
S’il devait à la base représenter les intérêts de Mizu no Kuni de par l’absence du Seigneur Naragasa, Yuki Sôsuke n’aura finalement jamais pénétré l’enceinte de Shîto. Village presque olympique créé pour accueillir le premier évènement ninja international, il était finalement devenu le théâtre d’un chaos sans précédent. Malgré sa trentaine d’années, jamais l’Amiral n’avait eu à observer de telles scènes : des guerriers et des civils, venant des quatre coins du monde, se déchirer mutuellement. Au loin, il avait aperçu ce qu’on lui avait rapidement confirmé comme un fait : la présence d’un titan haut de cent mètres. Quant à lui, il avait encore du mal à se rendre compte qu’il avait affronté cinq cents hommes. Et dire qu’au départ il était prêt à s’opposer seul à eux…

La situation était devenue critique très peu de temps après que les premiers brigands n’aient pénétré dans le village de Hi no Kuni. Mais c’était vraisemblablement à l’intérieur que tout s’était joué : si le géant avait été vaincu, la surprise engendrée par ce groupuscule (finalement bien plus grand qu’on pourrait le croire) avait désorienté tous ceux qui s’étaient opposés. Et forcément, vu le peu de relations entre les grandes institutions shinobis, et surtout Iwa, Kiri ainsi que Kumo, la défaite face au désormais nommé Soshikidan était actée.

Faisant de son mieux pour guider tous ceux qui fuyaient la zone, allant même jusqu’à se séparer de son cheval au profit des plus démunis, Yuki Sôsuke n’avait pas le loisir de penser à quoi que ce soit d’autre. S’il s’intéressait naturellement aux Kirijins et aux personnes qu’il connaissait du Pays de l’Eau, il ne pouvait s’empêcher d’également gesticuler à l’intention d’étrangers, tant qu’ils étaient eux aussi désireux de rentrer auprès des leurs.

Quelle horreur, pensa-t-il encore et encore.

***

« Quelle merde ! »

S’écroulant sur son fauteuil, Yuki Sôsuke avait sous les yeux des dizaines de Kirijins et civils de l’Eau à bord de son modeste navire. Si la délégation Kirijine était également venue à bord d’un navire – plus grand – la précipitation avait fait que tout le monde avait embarqué sur le premier bateau aperçu. Ainsi, aussi bien l’embarcation Kirijine que celle de l’Amiral voguaient vers l’archipel…

A côté, Nakamura Ueno était la seule personne vers laquelle le blond portait son attention. Elle était sauve, c’était primordial, mais surtout, elle était la seule de Kiri qu’il connaissait pleinement. Et l’épisode des « cinq cents affrontements » consolidait davantage le lien qu’ils avaient, sur le moment comme dans la vie. Il s’adressa directement à elle.

« Une fois qu’on arrivera, il faudra escorter les civils chez eux. Tu penses pouvoir dégoter quelques Kirijins pour le faire ? »

Spoiler:
 
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Jeu 21 Sep 2017 - 17:34
Que dire ? Watari avait vu la chute du géant et les événements de Shitô comme un sombre et lugubre présage. Affectionnant la paix, l'harmonie et la stabilité, il ne pouvait s'empêcher que de regarder avec un oeil particulièrement critique la démarche de ceux qui, sous le couvert de la justice, provoquaient dans de souffrances et d'injustices. Tout n'était-il donc que par-delà les idéaux, une volonté de conquête et de pouvoir ? Le samouraï laissait son regard se porter par-delà les flots qu'il ne maîtrisait pas. Retourner à Kiri après de tels événements étaient une certaine forme de supplice pour lui qui avait affronté les démons du villages avant d'être sélectionné pour cet examen. D'ailleurs, quelle valeur aurait-il, cet examen, maintenant ? Cette question resterait sûrement sans réponse, ses organisateurs ayant été assassinés au nom de la raison politique d'une guerre civile qui touchait désormais à son terme. Mais pouvait-on espérer la paix, quand on usait de la force, de la guerre et du meurtre pour imposer ses idées ? N'était-ce pas là finalement que les échos éternels et inaudibles du karma qui faisaient des Hommes, des êtres prisonniers d'un monde de souffrance ?

D'ailleurs, pouvait-on parler d'une défaite des villages face à cette organisation ? Débâcle, assurément, mais une défaite ? Et pouvait-on parler de victoire pour ces enfants de la guerre civile, quand, sur la route de l'embarcadère pour rentrer, des réfugiés affluaient, certains ayant perdus leurs proches, d'autres dépossédés de leurs familles ? Combien d'orphelins résulteraient de la proclamation de cette pseudo-justice qui n'était, semble-t-il, que le reflet de l'égo et de la démesure de certains ? Confiant un bol de riz à une mère et son jeune enfant, le samouraï voyait l'avenir comme sombre et particulièrement incertain.

Plus que jamais, l'entente et la coopération, qu'elle fut interne ou extérieure, seraient sûrement l'une des clefs nécessaire à la survie et à la prospérité du plus grand nombre. C'est pourquoi, il préférait être actif, plutôt que de rester à ne rien faire sur ce navire où il avait embarqué.

Le capitaine de ce navire est-il ici ? L'humble aide d'un samouraï pourrait-elle être utile sur ce navire, bien que celui-ci ne soit qu'un profane dans l'art de profiter des souffles du vent ? S'était-il adressé, sans trop savoir vers qui ou où se diriger.

Ses pensées s'en allaient aussi vers sa jeune disciple, Ayuka, qu'il espérait sauve. Il ne l'avait pas revu, depuis leur festive soirée culinaire.
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Jeu 21 Sep 2017 - 17:48
Cet homme, un ennemi, il avait marqué mon esprit. Non de la haine, seulement une grande colère. Envers moi, envers lui, envers eux. L'incapacité que nous avions fait preuve pour protéger ce village fraîchement bâti pour nous, pour le monde entier, pour les shinobis au sens large. C'était là une preuve incontournable de l'incohérence des grandes pays. "Grandes." Quel intitulé ridicule. Alors que nous devions tous prouver nos valeurs, nos forces, nous n'avions fait qu'être les pions d'un échiquier plus important encore. Des jouets. Voilà comment nous avions diverti les ruines de Shîto. Et malgré tout ça je n'avais qu'une chose en tête. Un affrontement dérobé. Ce sabre qui faisait si pâle figure s'entrechoquant avec Dokueki. Il m'en avait privée, ce général lui avait arraché le plaisir de le saigner. Et je le retrouverais pour que jamais plus il ne s'échappe.

Les yeux bercés loin devant, peut-être même après le pont du navire, bien plus encore que l'océan lui-même, sur le sommet de la garde, le fourreau debout sur le sol boisé du bateau, mon menton était posé dessus tandis que j'étais seulement penchée vers l'avant et un peu abaissée. Dépitée ? Probablement. Songeuse ? Assurément. Il m'en faudrait quelques jours pour m'en remettre. Gênée par le morceau de bandage entourant une partie de mon bras, je me mis à grogner et me redressai. Pareil artifice pour une si petite blessure, si ce n'était pas l'Amiral qui ne l'avait pas exigé, j'aurai sûrement envoyé ailleurs toute remarque qui me rappelait cette flèche qui m'avait abîmé l'avant-bras. C'était les risques du métier. Et d'avantage lorsque cinq cents bandits déterminés, bien que peu entraînés, se décidaient à prendre les armes.

Les râlement du blondin me sortirent de mes pensées. Si lui aussi s'y mettait, c'était qu'on était mal barré -sans mauvais jeu de mot-. Alors que je soupirai à cette réaction je me retournai pour finalement m'adosser à la première chose qui pourrait me maintenir le dos, sans véritable confort, pour pouvoir lui faire face, bien que légèrement décalée de son axe. Je relevai mon arme abritée de son étui et, le tenant fermement je me vins bousculer la tête du Yuki de l'autre bout. Un léger tapotement pour le faire réagir tandis que je fronçai le regard sur lui « C'est toi l'Amiral non ? Montre un peu que t'en as. A moins que tu comptes repartir ? » Je ramenai vers moi ma belle fidèle et la replaçai entre les tours agiles de ma ceinture rouge. « Mais si tu y tiens je peux essayer d'en convaincre. Après tout nous avons tous pris une sacré leçon. » Me détachant de mon appui, je me retournai pour faire face à la foule encore atteinte du dernier événement. « J'te préviens, je ne serais pas toujours là Sôsuke, car j'espère que tu projettes de débarquer avec nous tous. » Un dernier regard pour cet ami, ce confrère même s'il n'osait l'avouer. Pourtant je restai silencieuse, dans l'espoir que la détente s'enclenche et qu'alors, il vienne me devancer pour prendre son rôle d'Amiral et chef de ce navire.

Et puis une voix se détacha de tous. Non loin de nous, je posai mes pupille sur le grand brun qui me rappelait bien une histoire à raconter au capitaine. Un samouraï, en effet. Pas des moindres. Il avait permis à la destitution de Benten, tout du moins aidé à sa fuite. Trouvant alors le moyen de l'annoncer, je me reculai et vins me placer aux côtés du fauteuil sur lequel se reposait l'Amiral Yuki. « Je ne reconnais pas un humble samouraï, je vois un compagnon d'infortune, tu n'crois pas Capitaine ? » dis-je suffisamment fort pour que l'épéiste l'entende tout en m'adressant au blondin.

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Jeu 21 Sep 2017 - 18:03
« J’irai là où notre Seigneur Naragasa m’enverra. Ça a toujours été comme ça, Ueno. »

En disant cela, Sôsuke se rendait bien évidemment compte qu’il pourrait la décevoir. Kiri n’était pas son village, en tout cas pas ailleurs que dans ses racines les plus profondes. S’il voulait tout faire pour les aider, il savait bien qu’en tant que déshérité, il ne serait pas vu d’un bon œil de la part des Yuki, même si les décisionnaires d’il y a quinze ans n’étaient peut-être plus les mêmes. Mais à quoi bon hésiter ? L’Amiral savait que sa fidélité allait à celui qui lui avait donné une chance d’être celui qu’il avait toujours voulu être : Naragasa Kira.

Que penserait d’ailleurs le Daimyô de Mizu no Kuni ? Il piquerait sa crise, pensa aussitôt le blond. Ce fut d’ailleurs en l’imaginant et en prédisant ses réactions que Sôsuke manqua de remarquer un homme qui s’avançait de manière pourtant insistante. Ce fut le mot samouraï, et surtout l’expression de la voix de la Nakamura qui tira l’Amiral de ses pensées.

La petite trentaine d’années, les particularités esthétiques propres aux samouraïs, mais également des indices qui pointaient clairement du doigt un Kirijin. Kiri était-elle à ce point une cité où regorgeait tant de talents, comme ses parents avaient pu lui dire lorsqu’ils se voyaient chaque année ? Au-delà de son éthique – et de son éloquence particulière – cet homme semblait désireux d’aider. Et ça tombait bien.

« Il y a effectivement quelque-chose que tu pourrais faire, c’est d’escorter nos civils, tout du moins ceux qui seraient blessés ou dans le besoin, jusqu’à chez eux. »

Il accorda un regard à Ueno, comme pour appuyer ce qu’il allait dire ensuite.

« Je n’ai pas de réelle autorité sur Kiri, mais je ne doute pas que tes efforts seront récompensés par le Seigneur Naragasa. »

L’Amiral se leva, et s’approcha du samouraï. Durant ces quelques instants, il vit partout les rescapés, civils comme ninjas, et tenta de ne pas repenser davantage aux tristes évènements de Shîto. L’important pour tout le monde, c’était de rentrer chez soi, et de panser ses blessures.
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Jeu 21 Sep 2017 - 19:40

« Mais si eux ont eu l’honneur d’être vaincus, toi, tu vivras avec la honte d’avoir laissé tes soutiens être tués à ta place. »

La honte d'avoir survécu ? Depuis cet instant, le temps s'était arrêté autour de moi. Je revoyais notre combat défiler en boucle dans ma tête. Les actions de l'Iwajin, la capture du Kumojin... Et notre défaite cuisante. Nous avions été totalement impuissants. Shîto n'étaient désormais qu'un tas de ruines, où j'y conserverais des souvenirs pendant un long moment. Amorphe, voilà comment l'on pouvait me caractériser actuellement. Une serviette mouillée sur la tête, j'étais assis près de la rambarde d'un des deux navires Kirijin, de retour au bercail. Mon regard était vide, et le fil de mes pensées désordonnée. Les autres s'activaient autour de moi, comment pouvais-je encore revenir près d'eux, après mon cuisant échec ?

Le Soshikidan. Apparemment, les autres shinobis avaient dû s'opposer à leurs membres, et aussi à ce titan qui avait finit par s'écrouler. Dans la globalité, on s'en était plutôt bien sortit... Quelle bêtise. J'avais perdu un de mes camarades ninja, nous avions perdu le village de Shîto, et probablement tout le Pays du Feu désormais. Mes poings se serrèrent alors que je baissais mes yeux livides au sol. A quoi ressemblait mon idéal désormais ? Quelle Sérénité pouvais-je espérer atteindre ans un tel état ? Mes convictions, ébranlés. A vrai dire, j'avais envisagé cette possibilité. J'étais conscient de mon manque d'expérience, de ma jeunesse naïve... Mais cela ne suffirait pas à excuser tous les morts dont j'étais responsable indirectement. Koga et Daisuke étaient ceux qui s'étaient le plus donné dans cet affrontement, et pourtant j'étais celui qui s'en sortait indemne. Enfin, physiquement tout du moi. Je ne savais même plus où me diriger maintenant, quel chemin emprunter ? Quel objectif viser ?

Ma routine nonchalante m'avait suffit jusqu'à maintenant. Lorsque mes parents décidèrent de rejoindre le reste du clan Yuki pour fonder le village de Kiri, je pensais que cela aiderait à la construction d'une Paix éternelle. Je me fourvoyais tellement, c'en était ridicule. Et un être comme moi avait le grade de Chûnin ? J'étais même en charge d'une équipe. J'imaginais déjà les têtes que feraient Arikusa et Shinichi s'ils me voyaient. Mais, tout cela n'avait plus d'importance actuellement. Il n'était pas l'heure de se descendre, je devais rester fidèle à moi-même. Alors qu'un profond soupir s'échappait de mes lèvres, je me levais de ma place assise, gardant la serviette sur ma tête, et me mettant à vagabonder passivement le long du navire sur lequel je me trouvais.

Maintenant que je le notais, ce navire semblait assez atypique. Je n'avais pas prêter attention au bateau sur lequel j'avais embarqué. Non loin de mon chemin, un shinobi de Kiri qui proposait ses services pour aider. Noble de sa part, même si sa tête ne me disait rien. Me lassant bien vite de cette vision, je reprenais ma pénible marche dans le but de me trouver un lit disponible, et sombrer dans un monde bien meilleur que celui-ci. Imbécile que j'étais. Seul le visage de ce Nara restait en moi désormais. Le chef de cette organisation Nukenin... Nous avions perdus au moment où nous nous étions interposés. Mais c'était aussi cela, le fardeau d'un ninja. En vérité, je ne regrettais aucune de mes actions. La seule chose qui me déprimait, c'était le ridicule de ce que je pouvais faire. Ma force, que représentait-elle ? Un rien. Peut-être devrais-je songer à me reconvertir... Oublier mes rêves de Sérénité... Assez curieusement, ce genre de possibilités me fatiguaient au plus haut point. Je n'étais pas abattu au point de m'oublier moi-même finalement.

- Alors c'est cela, la honte d'avoir survécu...

Je m'arrêtais alors, posant mes yeux sur l'horizon bleutée, alors que notre route allait nous ramener à notre terre natale.
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Jeu 21 Sep 2017 - 20:09
Le combat titanesque, d’une intensité exceptionnelle, touchait à sa fin. Alors que le deuxième Bunshin, le seul restant, disparaissait d’une vague glaciale, le laissant seul avec sa propre destinée, Eiichiro sentait ses forces l’abandonner. Dans cet effort commun, d’une union sans précédent, il avait le choix, sûrement suicidaire, de se placer près de la jambe encore intacte. Et, dans un rapide calcul, il avait choisi d’utiliser sa technique Bunshin de seulement moitié, évitant de vider trop rapidement ses réserves déjà bien entamées. Alors que ses pensées s’étaient envolées vers des êtres qui ne connaîtraient peut-être jamais son sort. Pourtant, ce sort, il l’acceptait. Il acceptait cette mort invisible. Cette mort qu’il ne verrait pas. Car, pour lui, rien ne s’éteindrait. Seulement son souffle qui allait s’arrêter, subitement.

L’étreinte de glace s’effritait lentement. Sûrement. Finalement, il devait abandonner le combat. Plus aucune glace ne viendrait de ses mains froides. Le souffle froid, il devait s’écrouler. Il devait mourir là. Oublié. Abandonné. Pourtant, son visage n’était pas triste. Seulement cette étrange résolution. Cet abandon. Il souriait alors qu’il sentait les derniers limbes de son esprit s’évanouir sous le froid de sa propre glace. Il avait même frissonné sous l’extinction de ses mouvements qui ne le tenaient plus. Il avait senti ses doigts froids, d’abord. Ses avant-bras. Il avait senti ses mollets se refroidir. Et dans cet ultime oubli, il pensait encore à Kiri. Pour qui, encore à cet instant, il se battait. D’un sacrifice qui serait oublié.

***


Navire de Kiri, temps indéterminé après l'épisode de Shîto

Les flots. Le tangage. Les oiseaux marins. Cette sensation étrange d’être sur les eaux. D’être bercé. Soudainement, les sourcils froncés sous son bandage, il levait déjà sa main gauche, interrogatif de cette sensation, se pensant encore mort. Levant le bras au-dessus de la tête, il sentait chaque articulation douloureuse, chaque geste qui devenait une véritable peine. Ce fut son épaule qui, plus difficilement, gardant le bras encore tremblant. C’est alors que, continuant de reprendre ses esprits, et reprendre possession d’un corps qu’il pensait avoir perdu, il réalisait alors être entièrement couché. Dans une pièce qui bougeait au fil de l’eau. Encore les sourcils froncés, incapable de réellement comprendre sa situation, il sentait la chaleur et la vie reprendre possession de ses muscles endoloris par le froid. Grimaçant sous la douleur qui naissait, il relâcha soudainement un soupir venu de très loin.

Il était encore vivant. Par un miracle dont il n’arrivait pas à définir l’origine, il avait survécu à un titan, alors qu’il perdait connaissance sous l’effort de ses réserves entièrement épuisées.

Alors qu’il sentait bientôt la douceur des draps à ses pieds, qui lui caressait aussi lentement les genoux et les cuisses tout aussi dénudées, il ressentait sa tenue trop légère pour les circonstances. Il détestait être aussi peu vêtu. Il était alors trop fragile. Trop susceptible de recevoir un véritable coup sanglant. Pourtant, ce ne fut qu’à cet instant que, sa main droite, lançant comme un appel à l’aide, lui fit comprendre que quelqu’un était là. Dans sa main, des doigts s’étaient glissés. Des doigts que, instinctivement, il prit entre les siens, comme un réflexe. Comme pour se rassurer. Comme pour assurer à son propre esprit qu’il ne se mentait pas à lui-même. Quelqu’un.

« Qui ? »

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Jeu 21 Sep 2017 - 22:21
A moitié réveillée, ses pensées s’en retournaient au passé. Dans la cale du navire principal, celui de l’Amiral de Kiri, Ayuka se laissait bercer par les balancements lents mais réguliers du bateau qui fendait les flots. Un voyage, mine de rien conséquent et pendant de longues heures, dans cette cabine, elle repensa à Shîto. Son examen face à Yuri la sabreuse de Kiri qui s’était soldé par une victoire, le test du tunnel… Et dans son demi-sommeil, un sourire avait su naître sur les lèvres de la jeune femme. Finalement, pour un événement international, l’examen s’était révélé être d’une facilité certaine. Et peu se souviendraient sûrement des combats de genins alors que le village avait été en grande partie détruit et que des heures sombres s’annonçaient.

Peut-être que certains Kirijins avaient déjà choisi un camp différent du leur… Mais peu importe. Ils étaient en vie. Watari, Eiichiro, elle et tous les autres. En vie et sur le chemin du retour. Un retour vers un foyer toujours brumeux, mais un chez-eux et pendant une fraction de seconde, Ayuka revit le sourire de Tsukiyomi qui devait les attendre à présent.

Les heures sombres n’avaient pas lieu d’être sur ce bateau, cet espoir de vie.

Si Ayuka avait tout d’abord embarqué avec son ami samouraï et pris le temps de contempler les flots sur le pont, le vent marin fouettant son visage pâle et ses cheveux s’imprégnant des senteurs océanes, Ayuka avait rapidement délaissé ce sentiment de liberté pour le modeste hamac accroché au mur, près de la couchette de son chef de Clan. Assise, ses jambes bougeant dans le vide au grès des vagues, elle avait pris le parti de ne pas le laisser seul au réveil. Mais la fatigue s’était rapidement faite son ennemie et quand les doigts d’Eiichiro serrèrent brusquement les siens, c’est tout son corps qui réagit, sursautant.

« Bon sang.. » Murmura-t-elle d’une voix basse et encore empreinte de sommeil alors que de sa main libre, elle se frotta légèrement les paupières puis la passa dans ses cheveux, libérant totalement son visage. Déjà souvent de mauvaise humeur au réveil, la jeune femme ne put s’empêcher de soupirer en entendant la fameuse mais si compréhensible question d’Eiichiro. Bon… Ayuka prit quelques secondes pour remettre ses idées claires, ses souvenirs retournant s’enfermer dans le creux de son esprit.

Puis d’une voix moins agressive mais si reconnaissable, cette voix aigüe mais féminine, elle ajouta « La seule personne sur ce bateau qui a assez de patience pour avoir l’impression de passer sa vie à ton chevet ses derniers temps, mais rester tout de même. » Certains pourraient y voir une agression, une insulte. Mais la jeune femme serra également les doigts du brun, une main bien plus grande qui enserrait la sienne, fine. Un geste tendre, réconfortant.

« J’ai cru que tu étais mort. » Son autre main alla envelopper celle d’Eiichiro, démontrant une nouvelle fois sa présence dans la cabine. Qu’elle n’était pas que des mots, mais une âme à côté de la sienne. Son propre corps était engourdit par la fatigue, par la tension nerveuse qu’elle avait encaissée depuis de longues heures… Oui, elle voulait rentrer. Retourner à Kiri, revoir le Domaine, recommencer ses séances d’entraînement et laisser la noirceur se noyer face à un avenir harmonieux et de paix qu’elle espérait pour Kiri. Enfin, dans l’univers sombre qui était à présent celui d’Eiichiro, Ayuka tenta d’être une lueur rassurante. Cette lumière qu’elle aimerait avoir auprès d’elle si les rôles avaient été inversés

« Tu ne crains rien sur ce navire. Vu le nombre de Kirijin présents à bord, un titan des mers n’arriverait pas à t’atteindre. Et nous sommes seuls, dans une cabine elle-même dans la cale. La porte est fermée donc personne ne peut t’atteindre sinon le sommeil et le repos car tu as vraiment besoin d’eux. » Si elle avait pu montrer un ton d’abord énervé puis rassurant, la jeune femme se permit ajouta, malicieusement « Et je garde la porte donc n’espère même pas recevoir de charmantes visites, il n’est pas question que tu te fatigues encore plus. »

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Jeu 21 Sep 2017 - 23:07
Nakamura Ueno... Il ne s'attendait pas à la revoir dans de telles circonstances. Elle semblait différentes. Mais pour autant, le jeune homme se méfiait particulièrement d'elle. Elle avait l'apparence voluptueuse d'une kunoichi dans la fleur de l'âge. Le physique qui savait faire tourner les têtes. Mais sûrement pas la sienne... Il l'avait ignoré, délibérément, la dernière fois. Bien trop perturbé par la folie ambiante de la scène. Y repenser faisait naître en lui des sentiments déplaisants, tant et si bien que son regard se fronça. D'ordinaire déjà particulièrement perçant, ses yeux se firent coupant comme le fil d'un rasoir. Soudainement, malgré son apparence de sérénité, l'air autour du jeune homme venait de vrombir. Ses gestes, d'ordinaires si gracieux, se faisaient plus menaçants. Son hostilité rendait l'ambiance meurtrière.

Nakamura-dono... Il est vrai que je fus le malheureux compagnon de l'infortune de kiri. Mais... Le bruit rapide du métal qui se retrouve à l'air libre. Sa lame avait été dégainée avec grande vitesse sous le regard ébahi de l'assemblée. Pourtant, il n'avait eu aucune intention de tuer. La pointe était juste là, défiante. Symbole de la fierté du jeune homme. Mon honneur vous pardonnera difficilement vos travers. Sachez qu'au moindre doute, ma lame ne faillira pas. Et sur ces mots, il procéda à un chiburi, dans le seul but de faire contempler à celle qui semblait hématophile, qu'il se tenait prêt à ne pas la laisser faire. Kiri n'a pas besoin que ses ninjas versent leur sang, mais si jamais vous devenez un danger pour les innocents, je ne vous laisserais pas sévir.

Se retournant vers l'amiral, il ne précisa pas à quel point ce-dernier aurait dû se méfier d'Ueno. N'importe qui ici avait suffisamment idée que le samouraï se méfiait d'elle et ses propos, certes cryptiques, n'étaient pas de bonne augures. Pardonnez-moi, messire, d'avoir fait tant de raffut, mais cela était entre moi et Nakamura-dono. Il baissa la tête, en guise de respect à son interlocuteur inconnu, avant d'ajouter : Même si la gloire n'est pas ce que je recherche, j'irais protéger les petites-gens jusqu'à ce qu'ils soient tous rentrés chez eux, sains et saufs. Ma récompense, messire, est que l'harmonie ne soit menacé par quiconque. Et c'était plutôt vrai. Par le verbe, la lame ou par ses actes, Watari avait toujours prêté main-forte à ceux qui avaient besoin d'aide. C'était sûrement cela qu'il considérait comme sa plus grande différence avec les sabreurs. Il serait moins docile que par le passé maintenant que la situation semblait si catastrophique. Sans doute faudrait-il du temps pour que son avis sur l'étrange sabreuse puisse évoluer...


Dernière édition par Ten no Tsurugi le Ven 22 Sep 2017 - 10:50, édité 1 fois
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Ven 22 Sep 2017 - 10:34
En effet, et comme à chaque fois depuis des années maintenant, deux décennies maintenant, sa réponse ne me plaisait toujours pas. Partir, toujours repartir pour le Seigneur Naragasa. N'en avait-il pas assez de vivre loin de ses proches ? Je connaissais bien sa situation pourtant je n'étais que peu compréhensive pour ses décisions. Je ne faisais que les respecter, les acquiescer, sans dire un mot de plus car autrement il serait cruel de ma part de lui demander qu'il en soit autrement. Puis il savait qu'un an passé, s'il ne passait pas sur la terre ferme je finirais sûrement par aller le botter d'avoir oublié de revenir.

Alors que le léger sourire à mes lèvres témoignait de la réaction de l'Amiral, fière qu'il ait pris les devants sur son propre bateau pour aller à la rencontre de ce Kirijin, je déchantai presque aussitôt. Il s'en souvenait alors. Il ne semblait même se rappeler uniquement de cet épisode, alors que j'étais arrivée auprès de Eiichiro, envoûtée mais non pas par l'homme ou par l'horreur, cela avait été l'attraction de tout ce rouge sur son visage. Alors seulement lorsqu'il évoqua ce fait, mon regard se refroidit, plus encore que la glace d'un Yuki. Comment osait-il menacer une sabreuse de la sorte. Samouraï ou non, il allait très vite comprendre que je n'étais pas singulièrement cette femme la. S'il souhaitait goûter à la vipère, alors il aurait la vipère. M'approchant, la main empoignant le manche de Dokueki, je le relevai de quelques centimètres avant d'entendre sur les côtés plusieurs chuchotements. Une bonne partie de l'assemblée nous observait. Tantôt admiratifs, tantôt craintifs, tantôt hostiles, ces personnes innocentes jugeaient les méfaits, et si je répondais je risquais probablement de me mettre à dos plus d'un épéiste accompli. Sage, peut-être trop, je relâchai ma garde et reposai cette main sur l'une de mes hanches. « En tant que membre de la Confrérie des Sabreurs de la brume, je n'ai aucune preuve à faire, et certainement pas devant un autre kirijin. »

Simplement atteinte par ces tels propos qui mettaient en danger mon secret, mon vrai visage, je finis par poser une main amicale sur l'épaule de l'Amiral, je lui jetai un rapide coup d’œil avant de retourner à ma place originale et ainsi m'écarter un peu plus de la foule comme un peu plus tôt, avant que ce scandale n'éveille des soupçons.

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Ven 22 Sep 2017 - 11:23
Quelle scène inattendue. Peut-être que Sôsuke, en y repensant, aurait dû davantage prêter attention à la précédente phrase de celle qu’il considérait parfois comme sa petite sœur. Un compagnon d’infortune : ces deux-là se connaissaient. Et lorsque le samouraï dégaina, la situation ne manqua pas d’attirer le regard de la plupart des membres présents sur le navire, et forcément celui de son capitaine, qui restait sceptique.

Tandis qu’il laissait la scène se dérouler, et les deux shinobis régler leurs comptes, le Déshérité attendit surtout de voir ce que l’homme ferait de sa proposition. Après l’avoir finalement acceptée sous des termes toujours plus mielleux – et qui résonnaient surtout comme des à-côtés inutiles – Sôsuke remarqua certains membres de son équipage, et bien entendu beaucoup d’autres, être toujours attentifs. Peut-être espéraient-ils un combat ?

« D’habitude je n’ai rien contre un règlement de compte à mains nues, mais vu les évènements desquels nous rentrons, je pense que ça serait déplacé. »

Il fit deux pas en avant, et s’adressa à l’ensemble des personnes à bord.

« Il n’y aura pas le moindre conflit à bord de mon navire. Nous sommes tous en deuil aujourd’hui. »

Quelques-uns, surtout parmi son équipage de base, semblèrent déçus. Les autres, ou bien indifférents, ou bien soulagés, reprirent leurs activités ou leurs conversations. Sur quoi Yuki Sôsuke adressa un signe de tête au samouraï, approuvant son acceptation et lui signifiant qu’il pourrait s’occuper des rescapés une fois qu’ils seraient amarrés.

Puis il retourna s’asseoir, non loin de Nakamura Ueno. Il y avait forcément des choses qu’il ignorait sur elle, mais plus largement sur Kiri. Décidément, ce village semblait être autant divisé et problématique que ce que le Seigneur Naragasa lui avait parfois dit…
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Ven 22 Sep 2017 - 21:37
Dans quelques jours, la détermination reprendrait le dessus. Hors, à cet instant, Arukisa avait perdu sa foi. Elle était méconnaissable. Silencieuse, recroquevillée sur elle-même à l’arrière du bateau, elle observait les siens quitter le continent. La tête entre les genoux, elle ne put retenir une larme qui s’échappa et vint se noyer dans les eaux profondes. Une nouvelle fois elle quittait Hi, et dans quel état. Elle ne put s’empêcher de penser à sa famille, qu’allait-elle devenir avec ce nouveau pouvoir ? Si seulement elle arrivait à les convaincre de rejoindre Kiri...
Shîto n’avait été qu’une vaste mascarade. Un trompe l’oeil qui avait berné le monde entier. Personne n’avait vu venir ce qui s’était passé. La stupéfaction, puis la terreur, et enfin la défaite. Les villages avaient plié genoux devant le Soshikidan, complètement impuissant devant leur organisation. Un plan finement mené qui avait semé le désordre et le chaos. Un aboutissement final qui devait mettre fin à la guerre civile du pays de Feu selon eux. Mais par quels moyens ? A quel prix ? Celui du sang d’abord. La sabreuse s’était retrouvé au beau milieu des civils lorsque l’attaque avait eu lieu. De ses yeux juvéniles elle avait observé la peur, l’incompréhension et l’impuissance à laquelle ils faisaient face. Un coup de pied dans une fourmilière, voilà ce qu’avait fait cette organisation. Le nombre de morts et de blessés étaient impossible à définir. Désarmée devant cet assaut soudain, Arukisa n’avait pu sauver que quelques personnes. Mais qu’était devenu cette femme qui tentait de porter son bébé à travers la foule ? Et cet enfant qui pleurait en appelant son père ? Les plus faibles n’étaient sûrement plus de ce monde, piétinés par l’effroi. La panique menait les gens à accomplir des actes incontrôlables. La Rose rouge tentait de penser à ceux qu’elle avait sauvé, mais elle ne pouvait oublier ceux qui n’avaient pas eux de héros. Et bien que chaque vie soit précieuse, il y avait des kirijins dans les disparus.

L’ambiance sur le bateau était au plus bas. Chacun était marqué par les événements, et le manifestaient à sa façon. Arukisa aperçut quelques têtes connues, comme Nakamura Ueno, membre également de la Confrérie des sabreurs. Il y en avait d’autres dont elle n’avait que très peu croisé le chemin. Tandis que certains laissaient libre cours à leur tristesse, certains compensaient par de l’agacement, on sentait de la tension. Mais un kirjin manquait à l’appel, du moins elle ne le voyait pas. Shinichi, son coéquipier. Depuis le début de ces tristes événements, elle n’avait plus aucune nouvelle de lui. Elle était inquiète. La sabreuse espérait qu’il ait réussi à s’en sortir, sinon elle lui en voudrait de ne pas avoir su se sortir de cette situation alors que c’est le spécialiste pour filer en douce. Et elle s’en voudrait, de ne pas avoir été avec lui.
Un homme se détacha du lot. Aru’ ne portait que peu d’importance à ce qui se disait, trop absorbée par son chagrin, mais elle l’entendit dire quelques mots qui l’interloqua. Il venait d’interdire les conflits sur son bateau. C’était une bonne chose. Comment pouvait-on penser à se quereller entre nous en des temps pareils ? En temps normal, cela aurait révolté la kunoichi mais elle n’en avait pas la force aujourd’hui. Néanmoins, elle venait d’apprendre aussi que ce shinobi était le maître à bord. Elle s’aperçut qu’elle était monté sur ce navire machinalement, en suivant la marche, sans même savoir à qui il était. Sur le coup, elle prit un peu conscience de son état et secoua la tête, il fallait se remettre les idées en place. Mais c’était trop tôt, trop difficile. c’était son premier grand conflit en tant que ninja, et il était dur à encaisser. Après tout, elle n’avait que quinze petites années et bien que ses supérieurs lui aient fait confiance en lui donnant du grade, elle manquait d’expérience. Néanmoins, cette aventure serait un mur porteur de l’édifice que constitue sa vie.

Souhaitant se donner un petit coup de fouet, Aru’ se leva et partit vers Ueno et celui qui semblait être le capitaine. Le poids des émotions semblaient si lourds qu’elle eut l’impression de traîner un boulet à chaque pas. De sa petite voix, elle lâcha quelques mots.

- Je suis contente de te voir en vie Ueno. Dit-elle en lâchant un sourire un peu forcé avant de faire un signe de la tête au mystérieux homme en signe de respect.

En réalité, elle la connaissait que très peu, elles s’étaient juste croisés quelques fois lors des rassemblements de la Confrérie. Mais à cet instant, elle était réellement soulagée de voir qu’une de ses connaissances étaient encore en vie. Sa phrase pouvait paraître brute, mais c’était les mots justes. Elle était juste contente de la voir en vie. Un peu bêtement, elle ne put s’empêcher de demander si quelqu’un avait des nouvelles de son équipier. Sans même savoir à qui elle s’adressait.

- Qu...quelqu’un a vu Yuki Shinichi ? Dit-elle, la voix tremblotante.

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"Un autre jour, une autre aventure !"


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Sam 23 Sep 2017 - 17:05
Je trépignais sur place. L'agacement était à son apogée pourtant j'arrivais encore à ne pas laisser libre cours à mes envies, à celles de Dokueki, lui qui vibrait encore de l'affront du samouraï. Un combat potentiellement imminent, or que je ne provoquerais pas par respect pour le capitaine du navire. En temps normal je n'aurais eu aucun remord à entraver ses ordre, mais cette fois était différente. Le bateau dans son ensemble n'avait pas besoin d'un tel spectacle et c'était bien chose que j'avais horreur. Il n'empêchait que ses mots, sa menace, me travaillaient l'esprit. Rejointe aussi vite par le blond, je ne me tournai même pas vers lui pour adresser ces quelques mots cinglants, qui reflétaient mon brin de colère. « Je peux t'assurer que je ne laisserais pas cela sans réponse. Que ça te plaise ou non Amiral. » Puis un long soupir alors que je me mordis la lèvre et qu'un spasme de nervosité s'empara de ma nuque. Il n'avait pas mérité ces phrases mais je perdais un peu plus le contrôle de moi-même. D'abord le général ennemi, puis ce kirijin, c'était trop pour mon esprit combatif.

Mais une voix plus féminine et enfantine me fit faire volte-face à l'entente de mon prénom. Qui était-ce cette fois ? La surprise d'une jeune fille brune aux allures écarlates de par ses vêtements. Nul doute possible. Arukisa avait donc été également de la partie, et assurément bien rescapée comme chacun des présents sur le bateau. Aucun sourire, aucune expression, pourtant mon regard pouvait trahir le soulagement -bien que léger- de la voir saine et sauve. « Toi aussi à ce que je vois. Ravie de te voir à bord Arukisa. » Je lui adressai un faible sourire appuyant mes mots, mais témoignant aussi de mon humeur peu joyeuse. Finalement je me tournai vers le Yuki pour reprendre la parole. « Gozan Arukisa, membre de la Confrérie des Sabreurs. » Une certaine fierté dans la voix, je savais pertinemment qu'une fois de plus il serait intriguée par cette nouvelle rencontre. Après tout l'Amiral ne connaissait que trop peu de Kirijin et il avait tant à apprendre.

A la question de la brune, je restai perplexe et haussai banalement les épaules. « Je ne sais pas. Mais nous prendrons davantage conscience des dégâts une fois sur terre. » Des termes bien sombres pour ma voix qui l'était tout autant, rappelant alors sans trop m'en rendre compte de l'état critique du voyage qui aurait dû se passer tout autrement qu'en baignant dans le sang et le désarroi.

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Sam 23 Sep 2017 - 18:32
La personne avait sursauté. Il en était certain. Encore douloureux de son combat, il avait pourtant réussi à sentir les quelques vibrations d’un corps qui s’alarmait soudainement. Sûrement assoupie, d’une trop longue veillée, elle avait fini par s’endormir et, de surprise, elle avait légèrement juré. Une voix féminine qui, dans son sursaut, s’était dégagé de l’unique prise que le Yuki avait avec le réel. Car l’être humain n’était visible à son esprit que par le toucher ou l’audition. Mais cet instant ne dura qu’un bref moment, le temps de quelques secondes, le froissement des habits. Et, alors qu’il sentait de nouveau le contact chaleureux d’une main qui se glissait entre ses doigts encore froids, l’homme avait étrangement souri. D’un sourire tranquille et calme. Comme si, à cet instant, il pouvait être content. Puis, ces mots. Cette voix. Et son sourire s’était légèrement élargi. Car c’était elle.

Un souvenir. Quelques jours plus tôt. Tout au plus une semaine. Car, pour lui, les jours ne différaient plus des nuits et son sommeil, perturbé par sa cécité, n’était plus le même. Il s’était alors retrouvé à l’hôpital suite à ses blessures. Plusieurs jours durant, il ne s’était pas réveillé, plongé dans un état différent, proche de l’inconscience. Il s’était alors réveillé une journée, ou un soir, alors que le bruit environnant se faisait douloureux pour ses oreilles devenues soudainement plus sensibles. Deux infirmières rangeaient et nettoyaient la pièce où, couché dans un lit, il se réveillait parfois quelques minutes. Ce soir-là, car, s’il ne le savait pas, la nuit était bien tombée sur Kiri, il n’était pas seul. Outre les deux femmes, une autre se tenait là, couchée sur ses jambes, une dans la sienne. Alors, dans un murmure, il avait appelé les deux autres qui, inquiètes, étaient venues à son chevet immédiatement. Elles lui avaient demandé s’il souhaitait qu’elle soit réveillée et il avait refusé. Qu’elle se repose. S’il avait espéré un instant que ce soit la Sabreuse Ueno qui soit présente, ce n’était pas le cas. C’était une toute autre amie. Elle. Qui lui avait tant tenu la main. Alors, ce soir-là, alors qu’elles reprenaient leur travail, qu’il laissait la douleur le plonger à nouveau dans l’inconscience, il avait serré un peu plus cette main. Sa main.

« Ayuka. »

Il hocha de la tête aux mots qui suivirent. Lui aussi l’avait pensé. Lui aussi avait cru mourir sous ce Titan. En réalité, il n’avait pas pensé un instant pouvoir survivre. Face à un monstre gigantesque, il s’était lancé dans une bataille qu’il ne pensait pouvoir gagner. De sa glace, il en ressentait maintenant les petites brûlures sur le bout de ses doigts. Faisant bouger ses pieds en silence, il tint plus fermement cette main qui était sa seule ancre à la réalité dans ce navire qui, il le savait, le ramenait chez lui. Soudainement, Shîto devenait un lointain souvenir, un rappel constant de la débâcle vécue par l’alliance de trois villages. Pourtant, il le savait, ce retour était nécessaire. Il devait aussi se reconstruire, apprendre à vivre de ce terrible handicap.

Finalement, alors qu’elle finissait de lui faire savoir qu’elle serait la seule présence féminine en ces lieux, il s’était mis à sourire, amusé, comme si elle semblait entendre qu’il pouvait chercher les courbes pour s’oublier. Elle avait toujours eu ce mordant si particulier. Comme si le Yuki avait toujours eu une faiblesse pour les femmes. Particulièrement quand celles-ci avaient le caractère sauvage des lionnes. Quand elles avaient les courbes plongeantes. Alors qu’il s’asseyait finalement dans son lit, remarquant à cet instant qu’il était vêtu uniquement d’un caleçon, tandis qu’une couverture chaude lui avait été mise jusqu’aux épaules, avant qu’elle ne tombe finalement sur ses jambes. Ses cheveux, eux, n’étaient plus attachés, tombant ici et là de son visage, glissant le long de son dos. Poussant un soupir, gardant sa présence en lui tenant la main, il gardait son sourire amusé.

« Ma mère laissait entendre qu’il fallait justement bien se dépenser. Plus nous étions fatigués, mieux nous dormions. »

Ironiquement, cela n’était pas un mensonge du Chef de Clan qui se rappelait que, dans la cour du Domaine, elle lui rappelait souvent que plus il se donnait à ses entraînements, mieux il dormirait la nuit. Que se retenir était une erreur. Autant dire qu’il déformait gentiment les propos de cette dernière pour prendre le contrecoup de son amie.

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Auprès des nôtres [Kiri/Event n°1]

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