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Bâton [Eiichiro]


Ven 22 Sep 2017 - 21:45
Au lendemain de l'annonce aux gradés faite au Grand Dojo...

Qui pouvait imaginer ce que Yuki Sôsuke, passé par tous les états lors de la réunion au Grand Dojo, pensait depuis un jour. Une journée, c’était le temps qu’il s’était donné pour se couper de tous les autres, Ueno compris. En tant que Nidaime Mizukage – car ce n’était finalement pas une mauvaise blague ou une folie – il ne lui avait pas été difficile de ne demander qu’à être tranquille. A l’abri des regards, et surtout grâce au fait que seuls les plus éminents gradés Kirijins étaient au courant de la nouvelle tête de leur village, l’Amiral avait pris une chambre dans une des rares auberges de la cité. Il y avait passé toute la journée qui avait suivi l’annonce du jeune Yuki Tetsuko.

Ainsi, il sut totalement ce qu’il voulait faire, à sa première sortie. A nouveau dans les ruelles de Kiri – qu’il continuait de découvrir – le blondinet n’eut qu’à demander à quelques passants pour se faire une idée de l’itinéraire à suivre.

Ce n’est qu’au bout de quelques échanges et d’une bonne quinzaine de minutes qu’il parvint à destination. Et fort heureusement pour lui, et sans doute pour son orientation, la personne que le nouvellement nommé Mizukage désirait voir était là. Il la voyait, mais de ce qu’il avait pu entendre, la réciproque n’était plus vraie.

« Yuki Eiichiro ? C’est moi, Yuki Sôsuke, vous permettez ? »

Il n’en rajouta pas plus, sa question étant suffisamment large de sous-entendus. D’ailleurs, elle avait ce côté rhétorique. Premièrement, le chef de clan était aveugle et deuxièmement, en tant que Mizukage, il était difficilement imaginable qu’on lui refuse sa présence. Surtout que sans le connaître, Sôsuke avait cette intuition si précise selon laquelle son interlocuteur n’aurait pas tardé à venir de lui-même. Mais il avait été dépassé par l’Amiral.

« Vous étiez là à la réunion du Dojo, n’est-ce pas ? J’imagine que l’idée de voir un déshérité parvenir à la plus haute marche du village ne doit pas vous satisfaire, surtout lorsqu’on a tant œuvré contre la prétendue tyrannie de mon prédécesseur. »

Difficile d’ailleurs de deviner le sens de sa démarche. Yuki Sôsuke avouait de lui-même comprendre les aspirations et avis du borgne. Dès lors, s’il ne se trompait pas, pourquoi venir tendre le bâton pour se faire battre ?
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Sam 23 Sep 2017 - 1:03

Depuis hier, le Yuki était d’un silence surprenant. Personne ne l’avait réellement entendu prononcer de mots. Plongé dans ses pensées, il ne disait nul mot, ne commentait rien. Certains imaginaient encore que les récents événements avaient laissé des traces indélébiles à son âme. D’autres se tracassaient quels événements avaient bouleversé tant l’homme qu’il se taise ainsi. Le silence, si peu habituel du personnage, semblait faire craindre à chacun une violente réponse à la moindre contrariété. Aussi, chacun, depuis la veille, l’évitait soigneusement. Personne ne lui adressait la parole, mais quelques vaillants hommes s’aventuraient dans ses environs pour changer sa cruche d’eau par une autre, parfois remplir sa tasse ou simplement lui proposer quelques ingrédients. Silencieux, même taiseux, il cogitait. Il réfléchissait à tout ce qu’il avait appris.

Sous le cerisier en fleurs du Domaine Yuki, alors qu’un nouveau jour se levait pour l’homme, il était sorti de bonne heure matinale, sans aucune aide, tapotant de sa canne sur les différentes marches puis le gravier qui faisait l’ensemble de la cour qui entourait l’arbre encore sous les brumes matinales de cette journée estivale. Si le soleil ne brillait pas encore, ni sa chaleur réellement ressentie, l’aveugle appréciait le silence spirituel des lieux qui, si tôt, n’accueillait encore personne. Poussant déjà son premier soupir, lassé des événements dont il perdait toujours un peu plus le contrôle, le Chef de Clan se questionnait largement sur son propre avenir. La veille, à peine rentrait-il fatigué de sa lutte titanesque, qu’il apprenait la nouvelle nomination d’un Mizukage. En son absence. D’un pouvoir extérieur au village. Encore une fois, la hiérarchie militaire était bafouée au profit d’un pouvoir dépassé par les événements.

Il ressentait encore la fatigue musculaire. Aussi, posé sur le banc de pierre qui siégeait sous l’arbre fleuri, dont il n’avait pas eu la joie de voir la floraison en raison de sa récente cécité, il s’était légèrement voûté en avant, les mains posées sur le haut de sa canne. La tête basse, le bandeau sur les yeux, l’homme s’était plongé dans des réflexions qui, longtemps, l’avaient empêché de se reposer d’une nuit nécessaire. Combien de temps passa ? Il n’aurait su le dire. Si personne ne s’activait encore dans l’enceinte du Domaine, des pas dans le gravier lui firent savoir qu’une âme approchait de façon trop matinale pour que cela soit anodin. Relevant la tête, les sourcils froncés cachés sous le bandeau noir, il écoutait attentivement ces pas qui s’approchaient. Quelqu’un était bel et bien là pour lui. Et, alors que les premiers mots tombaient, le visage du Jônin resta froid, loin de la chaleur dont on pourrait s’attendre à l’approche de l’homme considéré comme le plus fort de Kiri. Un homme qui n’avait que rarement mis les pieds à Kiri, si tant est qu’il les avait posés avant-hier.

« Nidaime-san, ai-je seulement le choix de vous accepter ? »

Avait-il répondu, froidement, à son interlocuteur. Car, depuis hier, lors d’une réunion de hauts gradés, Yuki Sôsuke n’était plus un inconnu. Au contraire. Celui qui n’était personne pour Kiri, pourtant enfant chéri du Seigneur, était devenu la personne la plus influente d’un Village dont il ne connaissait rien, sinon sa position géographique. Celui qui n’était plus un Yuki, qui pourtant osait se présenter encore sous ce nom. Pourtant, toutes ces pensées, il n’en disait rien. Il ne serait pas accusé de trahison ou d’un quelconque parjure. Aussi, écoutant les mots du nouvel Ombre, il souriait, amusé des mots employés. Puis, se redressant un peu, ne prenant guère la peine de l’inviter à s’asseoir ou de lui-même se lever – après tout, il était encore un aveugle-, il finit par hocher de la tête.

« Je n’étais pas seul. C’était un effort commun, né d’une alliance entre le Clan Yuki et le Clan des Sabreurs, afin de renverser la tyrannie avérée de votre prédécesseur. Ou pensez-vous que des arrestations sommaires, sans l’appui de preuves, ne sont pas le fruit d’un pouvoir totalitaire, Mizukage-sama ? »

Il sourit. Doucement. Amusé. Car, ici, se présentait la première véritable épreuve du Chef. Il ne comptait pas évoquer sa réticence à ce que ce faux Yuki soit présenté comme le nouveau village de l’incarnation d’idéaux le dépassant. Mais, comme dans toute bonne partie de Shogi, ou de Go, il ne comptait pas révéler son plan ou ses pièges, ni même le véritable fond de sa pensée. Car ici, si le nouveau Mizukage avait les devants, se présentant face à lui, s’il avançait le première pièce, Eiichiro tirait l’avantage de tirer parti de ses réactions. Alors, prenant parti de pouvoir attendre pour réagir, l’aveugle comptait patienter. Aussi, lâchant sa canne, il allait chercher de sa main couche la coupelle qui se trouvait à ses jambes, prenant une gorgée d’eau.
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Sam 23 Sep 2017 - 10:14
Le chef de la famille sans doute la plus importante de tout le pays était froid. Voilà donc quel genre de personne était Yuki Eiichiro, du moins à première vue. Jamais l’Amiral n’avait eu l’occasion de voir ce dernier, qui avait accédé aux hautes sphères du clan il y a plusieurs mois à peine. Pourtant d’entre les deux Yuki, il était clair que celui qui finalement n’était plus borgne mais bel et bien aveugle était celui qui avait le plus œuvré pour la cité de la Brume. Mais la question n’était pas là. En tout cas, ce n’était pas sur cet aspect que Sôsuke espérait travailler durant son entrevue privilégiée avec son cousin éloigné. Sans que cela ait été vu par son interlocuteur, l’Amiral avait immédiatement partagé le rictus du Jônin.

« Allons, l’Histoire a définitivement montré que vous n’avez besoin de personne pour faire vos choix et prendre vos décisions. »

Laissant le plus Kirijin des deux prendre son verre d’eau, après avoir constaté qu’il n’avait pas vraiment besoin d’aide, celui qui serait bientôt officiellement Nidaime Mizukage jeta son regard vers l’horizon, à savoir des ruelles et bâtisses du village qu’il serait bientôt amené à gouverner.

« Et puis, je ne serai Nidaime que dans une semaine… »

Il était intéressant de constater les mots que Yuki Eiichiro avait choisi pour se justifier. Le plus important semblait bien entendu son désir de paraphraser son interlocuteur, tout en changeant le mot « prétendue » par « avérée ». Il n’y avait pourtant là aucune surprise : il aurait été déroutant de constater que le chef de glace avait agi sans conviction. Persuadé d’avoir œuvré pour l’intérêt commun, il affichait peut-être ça, pour dissimuler autre chose. Pour l’instant, Yuki Sôsuke n’en savait trop rien. Mais c’était justement ce qui l’avait poussé – durant sa journée de réflexion – à accepter la tâche que les deux Seigneur lui avaient confiée.

Et c’était d’ailleurs ce qui semblait manquer à Kiri. Oui, définitivement, pour des philosophies et pensées comme celles de Yuki Eiichiro, l’Amiral savait qu’il ferait un bon Nidaime Mizukage. Ou plutôt, il était persuadé qu’il saurait dans quelle direction aller, et mener son village.

« Avérée pour qui ? Pour les Yuki et les Sabreurs, qui ne semblaient finalement pas si proches lors de la réunion d’hier ? Que doit-on penser des Kaguya, ou de tous ceux qui ont soutenu le Shodaime, soit par conviction soit par respect de la hiérarchie ? »

S’il ne pouvait pas voir le léger sourire de la future Ombre, pour cette dernière, Yuki Eiichiro était bien bel et bien quelqu’un de clairvoyant, même avec sa cécité. Et le Déshérité était curieux d’entendre ce qu’il avait à dire. En tout cas, il était déjà conforté dans sa décision de l’avoir vu en premier. Cette rencontre était déjà cruciale.
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Sam 23 Sep 2017 - 16:41
Levant doucement la coupelle vers son interlocuteur, ou plutôt face à lui, en espérant que ce dernier le soit bel et bien. Tranquillement assis, il écoutait cet homme qui parlait sans savoir, qui évoquait sans avoir vécu. Pouvait-il seulement être le juge d’un Village dont il faisait seulement ses premiers pas ? Pouvait-il seulement comprendre un fait, sans avoir même toutes les informations et ses propres aprioris ? Mais, finalement, quelle était la véritable raison de sa venue alors que l’homme, la veille, avait considéré comme le représentant d’un Clan dont il ne faisait plus partie ? Suspicieux, même méfiant, le véritable Yuki se questionnait encore sur la soudaine apparition d’un fantôme longtemps oublié, mais jamais effacé.

« L’Histoire raconte ce qu’elle veut bien, à ceux qui le veulent bien, par ceux qui le veulent. »

Une phrase énigmatique. Lourde de sous-entendus. Car Eiichiro savait depuis longtemps qu’aucun fait n’était retranscrit comme il se devait. Toujours déformée, par ceux l’ayant vécu d’un côté, qui voulaient leur part. Toujours maltraité, par ceux de cette opposition. Et l’Histoire nageait là-bas, quelque part dans ces eaux troubles et difformes. Elle existait. Et peut-être se souviendrait-on de son comportement belliqueux. Peut-être serait-il oublié. Aussi, alors qu’il l’écoutait attentivement, car de toute façon, il n’avait pas vraiment le choix, le Yuki s’intéressait aux mots employés par le Mizukage. Hochant la tête, il souriait, encore amusé de ce qu’il laissait entendre dans ses propos. Aussi, jetant la tête légèrement en arrière, l’aveugle regrettait de ne pouvoir voir la floraison des cerisiers de cette année. Déjà, la sublime vue lui manquait.

« Entendez par là un partenariat, Mizukage-sama. Le Clan Yuki ainsi que les Sabreurs avaient un ennemi commun. Ils se sont ligués contre ce dernier. Une fois ce but atteint, l’alliance fut défaite. »

Comme un réflexe, bien que les circonstances étaient encore mystérieuses pour Kiri, car il n’avait jamais clairement mentionné que les Sabreurs l’avaient rendu aveugle, le Yuki passa une main sur son bandage, comme un rappel douloureux du sacrifice pourtant nécessaire. D’une grimace, s’arrachant à l’horrible souvenir de ces derniers instants où la vue était encore un de ses sens valides, il reprit ce qu’il disait.

« Kiri a été divisée par le règne d’un despote et ce sera bel et bien à vous de nous appeler des rebelles ou des résistants. Car l’Histoire n’est écrite que par le futur. »

Alors, avec un sourire, il se plaisait de cette discussion. Car elle n’était pas le véritable de la visite d’un homme qui devait penser à la reconstruction d’un village plus désuni que jamais. C’était bel et bien à lui de prendre les devants. Aussi ne devait-il pas plutôt regarder vers le futur plutôt que le passé ? Quoi qu’il en soit, le Yuki était revenu sur la question de sa fameuse Histoire. S’il n’était pas le plus fin lettré, son éducation l’avait poussé vers quelques livres dans sa jeunesse. Aussi savait-il que tous les faits historiques n’étaient écrits que par le futur, sur son propre passé.
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Lun 25 Sep 2017 - 19:42
« Et c’est justement pour ça que je viens vous voir. Je n’y étais pas, et je ne pourrai jamais changer ça. Mais je suis intimement convaincu que c’est en écoutant ceux qui ont souffert de cette division liée au Shodaime, que je saurai agir au mieux pour le village. »

Il y avait là une différence de taille entre O’Dui S. Benten la première, et Yuki Sôsuke le second, l’ego. La première Dame avait toujours agi en pensant tout savoir, de manière abrupte et directe. Si ce qu’on disait sur elle était vrai, et qu’elle aurait décidé d’essayer de comprendre les Sabreurs plutôt que de directement ordonner l’arrestation de deux d’entre eux, les choses n’auraient-elles pas pris un meilleur cadre ?

Le Nidaime avait conscience – ou du moins l’honnêteté – de ne pas tout savoir. Bien au contraire. Il était peut-être le Kirijin qui connaissait le moins son village. Pourtant, c’était bien sur ce critère que les deux Seigneurs de Mizu no Kuni semblaient avoir monté leur choix. Et plus il y réfléchissait, plus Sôsuke comprenait. Ce n’était pas une faiblesse, en aucune forme. C’était sa force.

« Vous me semblez sage, et je n’ai pas de mal à voir en vous le chef du clan Yuki. Mais vous me pardonnerez, je ne suis sans doute pas aussi habile dans la philosophie que vous. Aussi, je serai direct comme je l’ai toujours été. »

Son regard azuré prit de la hauteur. Le ciel, les cerisiers en fleur, tout semblait convenir pour un paysage magnifique. La légère brise caressant sur l’instant le visage du Nidaime, il reprit.

« Vous n’êtes pas d’accord avec ma nomination. D’ailleurs, vous ne me considérez ni Kirijin, ni Yuki. »

Des mots bien plus difficiles, surtout pour celui qui s’auto-critiquait, quelque-part, à savoir le Nidaime lui-même. Pourtant, ni sa voix ni son visage – invisible à Eiichiro – n’avait changé. Il avait toujours ce ton à la fois rigoureux mais pas exempt de mélodie.

Une chose était sûre, pour être direct, il l’avait été.
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Lun 25 Sep 2017 - 22:36
Celui qui était face à lui avait un comportement bien étrange. Il ne se comportait pas comme un Mizukage, ni même comme un quelconque supérieur. Stratagème ou véritable humilité de l’homme, Eiichiro s’en méfiait d’autant plus. Quelle était la réelle ambition de cet étranger qui se présenter sous son cerisier à cette heure si matinale ? L’aveugle ne voyait peut-être pas mais une telle visite n’était que rarement pour la courtoisie et présenter quelques hommages. Si l’homme était présent, il devait l’être pour une raison dont il était encore le seul au courant. Aussi, sur ses gardes, il l’écoutait encore parler de ces termes pompeux et fatigants. Habitué au sphère du pouvoir, il lui parlait comme s’il était un Seigneur. Il se fichait bien des enseignements à tirer. La Dame était tombée pour ses erreurs.

« Je ne suis pas sage, et je ne l’ai jamais prétendu. »

Lâcha-t-il seulement. Et, en réponse à question silencieuse, il tapota du bout de sa canne sur son bandeau. Avec un sourire, il devait le reconnaître, la perte de sa vue lui avait au moins donné une certaine prudence. S’il ne se considérait pas encore sage, son incapacité à se déplacer aussi aisément que par le passé, lui donnant l’obligation de garder une statique étrange et récurrente, l’homme avait ainsi appris à poser ses mots, à réfléchir davantage alors que la vue lui manquait. Comme si ne plus voir lui avait donné la possibilité de mieux penser ce monde qui, pourtant, chaque jour, lui manquait. Avec un soupir, il reprit la coupe qu’il portait à ses lèvres alors que, finalement, l’étranger se dévoilait entièrement. Inflexible, finissant sa gorge, l’aveugle souriait, amusé de cette étrange franchise. Le jeu était-il donc déjà fini ? Hochant la tête, prenant appui sur sa canne, il se redressa de toute sa hauteur, laissant ses cheveux détachés voler au plaisir de la brise.

« Vous faites erreur, Nidaime-sama. »

Il hochait déjà négativement de la tête, appuyant son propos. Tâtonnant à la recherche de la cruche d’eau encore remplie, il continua de répliquer à celui qui était venu pour lui parler de sa nomination.

« Vous avez bel et bien raison sur une chose. A mes yeux, vous n’êtes ni un Kirijin, et encore moins un Yuki. »

Il renversa finalement la cruche qui s’écoula bientôt sur le banc en pierre. Poussant un soupir, agacé de cette constante maladresse, il se tourna à nouveau vers son interlocuteur pour exprimer la suite de sa pensée.

« Pour Kiri, sa stabilité et son unité, ils ont besoin d’une unification des Clans derrière un seul et unique homme. Le Daimyo a fait son choix et, bien que je ne l’approuve pas, j’accepterai votre nomination. »

Il s’arrêta un instant, à la recherche de sa coupe qui n’était pas encore vide. Finalement, évitant une autre catastrophe, il porta le couvert à ses lèvres pour une autre gorgée d’eau, tandis qu’il finissait d’exprimer son opposition.

« Pour moi, vous n’êtes qu’un arriviste, ayant abandonné sa famille, et qui vient profiter du fruit d’autrui. Sachez, Mizukage-sama, que vous n’aurez pas mon respect. »
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Jeu 28 Sep 2017 - 19:41
L’ego n’était pas le seul trait qui le séparait de son prédécesseur, et visiblement de bon nombre d’autres grands noms. En effet, Yuki Sôsuke n’avait pas de mal à admettre lorsqu’il se trompait. L’important pour lui étant bien entendu de le reconnaître dans les faits, mais également de le faire à temps. Et là, il se rendait bien compte qu’il avait fait une erreur : celle de croire les rapports et les faits, et d’avoir pris Yuki Eiichiro pour un sage.

« Mais si, selon vous, je ne suis ni un Kirijin ni un Yuki, en quoi me suis-je trompé plus tôt ? »

Invraisemblable mais pourtant acté : le chef du clan de la glace avait dit que le Nidaime faisait erreur, avant de lui donner totalement raison ensuite. Ce n’était plus un problème d’éloquence, mais bel et bien de logique ou de la pure provocation. Quant au choix des mots – dont la qualité était sans doute relative aux « sages » – était aussi à déplorer. Pour un aveugle, dire qu’à ses yeux il ressentait quelque-chose n’était pas de bon goût.

C’était justement la cécité du concerné qui avait fait comprendre à l’Ombre de l’Eau qu’il n’était même pas nécessaire d’afficher un sourire de façade pour cacher sa gêne. L’homme qu’il avait devant lui venait de basculer dans une autre catégorie, sans aucun doute moins glorieuse que la précédente. Est-ce que Yuki Eiichiro avait été un homme important sous l’ère de la Première Dame ? Assurément. Mais il n’aurait quasiment plus de crédit sous celle d’aujourd’hui. Car Yuki Sôsuke était déçu, par tant de provocation et de maladresse.

« Vous savez très bien que c’est le clan qui m’a déshérité, pour seule raison que je m’intéressais davantage au Kenjutsu qu’au Hyôton. Et en parlant ainsi, vous me rappelez cette époque lointaine où le clan Yuki était nombriliste. »

Il enchaîna, toujours avec une voix non dénuée d’autorité, mais au timbre tranquille.

« Non, je n’ai jamais abandonné ma famille. Je l’ai aidée avec ce qu’elle me laissait faire. Quant au fait d’être Kirijin, si mes pieds n’ont certes jamais foulé la cité de la Brume auparavant, mes mains elles ne sont pas entachées du sang de mes compagnons, que j’aurais tués uniquement parce qu’ils obéissaient à leur chef. »

Le soupir qu’il laissa s’échapper en se relevant était assez fort pour être clairement distingué par l’aveugle. Yuki Sôsuke allait quitter les lieux, comme ses paroles en étaient devenues le présage.

« Vous avez choisi l’action au lieu de la parole pour régler les problèmes que vous voyiez sous l’ère du Shodaime. Sachez deux choses, Yuki Eiichiro. La première : si vous voulez ma tête, ou simplement ma démission, venez m’en parler. »

Ses premiers pas n’atténuèrent pas le volume de sa voix.

« La seconde : sous mon ère, vous ne ferez jamais couler le sang d’un Kirijin. »

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Jeu 28 Sep 2017 - 20:34
Le Chef de Clan souriait, amusé de la réaction du Mizukage. Car l’homme, à la première remarque, s’en était allé. Vexé ? Ou peut-être avait-il été blessé dans sa non-reconnaissance ? Était-ce donc son ego que l’aveugle avait atteint de sa remarque ? Sourire aux lèvres, il l’entendait faire demi-tour, de son pied qui tournait dans les graviers. Ainsi, répondant à sa première remarque, il lâcha quelques mots.

« Je viendrai. »

Puis, alors que l’homme partait déjà devant, l’aveugle se redressa légèrement, grandissant sa cage thoracique pour se faire encore bien entendre de l’homme qui s’en allait.

« Peut-être devriez-vous donc vous méfier davantage de vos amis les Sabreurs, Mizukage-sama. Ils ont le goût facile pour le sang, m’a-t-on dit. »

Il pensait évidemment à sa tendre amie, Ueno, qui lors de leur première rencontre, s’était amusée à le charcuter. Il pensait aussi à Shiori, qui, plus gravement, avait à jamais charcuté sa vision. Quelle séquelle physique avait-il seulement laissé à l’une des femmes ? Le sang, il ne le faisait que rarement couler, contrairement à ces furies. Pourtant, amusé de cette entrevue, le Yuki se redressa. Aussi, marchant tranquillement, la canne devant lui, il rentrait à l’intérieur du Domaine où il devait bientôt préparer aux événements qui allaient venir.

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Bâton [Eiichiro]

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