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Soirée au cœur du Dojo [PV Eiichiro]


Dim 24 Sep 2017 - 2:30
Celle qui se plaignait de l’ennui avait de quoi être comblée. Depuis son arrivée au Pays des pleurs, la samouraï n’avait pris que peu de repos entre sa découverte du village, ses explorations mais également le Dojo de son cousin. Une bâtisse en partie en travaux qui avait rapidement su devenir son nouveau foyer et en quelques jours, elle avait ressenti bien plus de chaleur humaine entre ces murs boisés que pendant trois ans dans son ancienne demeure conjugale. Dès que son cousin se levait aux aurores, Eirin ne tardait pas à le suivre, préparant le déjeuner alors que Watari avait plus de temps pour préparer soigneusement le terrain pour les leçons quotidiennes.

Et la journée passait dans un rythme à la fois soutenu par des entraînements et les sorties mais également calme en écoutant l’eau couler doucement dans la cours intérieure. Si Eirin avait été celle qui sortait le plus ces derniers temps, en ce début de soirée, c’était son cousin qui avait quitté le domaine pour vaquer à ses obligations. Lui qui semblait s’impliquer dans un village si étrange face à la rigueur et l’ordre des cités de Tetsu no Kuni et du Shoguna.

« Plus bas ! Tu pars comme ça… » Le corps finement tendu, Eirin ne portait pas sa tenue traditionnelle mais un simple pantalon et une tunique blanche, légère en cette saison estivale. Pieds nus, la guerrière tenait un bokken entre ses mains habiles et devant trois jeunes élèves du cours Hoshino, elle mimait les parades basiques des samouraïs. Simples mais efficaces et qui avaient faites leurs preuves. Il ne s’agissait pas des élèves officiels de son cousin mais les enfants du village qu’il accueillait le soir pour tenter de leur apprendre à se défendre mais également leur inculper si possible, une partie de la sagesse et la droiture qui avait bercé l’enfance de Watari et d’Eirin. « Puis tu profites de l’ouverture pour soit reculer soit si ton adversaire est en position de faiblesse, contre-attaquer ! » Doucement et sans réelle violence, la jeune femme désarma un des jeunes qui tomba à terre sans quitter cette nouvelle professeur occasionnelle des yeux.

D’un pas rapidement, Eirin alla reposer l’arme d’entraînement avant de revenir vers les enfants, s’inclinant doucement pour les féliciter de leurs efforts, un léger sourire aux lèvres « Demain Onii-chan sera présent donc s’il a le temps il poursuivra la leçon. » Ils riaient. Un écrin de joie dans un village aux couleurs maussades et à l’ambiance lourde comme pleine de rancœur et de ressentie. Une ambiance qu’Eirin n’avait pas encore pu s’approprier, sentant encore dans ses rêves, le soleil du Pays du Fer sur sa peau. Alors que les enfants partaient, certains audacieux lui lançant quelques compliments en courant rejoindre leurs mères, la samouraï leva son regard d’azur vers le ciel nuageux. C’était aussi un phénomène étrange, le temps à Mizu no Kuni. Cette difficulté à déterminer l’heure de la journée, l’avancement du soleil caché. Enfin… Ce soir elle lui avait promis de garder son trésor. Celui que son cousin bâtissait avec fierté, mais plus, qu’elle désirait construire avec lui.

Sans détacher ses cheveux qui virevoltaient à chacun de ses pas, Eirin rangea la pièce centrale, rattachant les armes aux murs avant de sortir et allumer les quelques lanternes qui se dressaient devant le dojo. Une lueur d’espoir et de sérénité qui tenait au cœur des samouraïs et surtout de son frère… Sans cela ne lui déplaise également. Puis elle rentra, fermant quasiment totalement les portes, signalant la fin d’une journée d’enseignements.

Au milieu de la salle d’entraînement elle soupira. Un soupire léger, celui d’une journée appréciée mais fatigante. Une journée qui avait su la faire sourire. La jeune femme se glissa dans la cuisine pour faire chauffer un peu d’eau et préparer un thé bien mérité.
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Dim 24 Sep 2017 - 13:13
Assis. Seul. Le silence environnant apaisait ses oreilles. Jambes croisées. Canne à son côté gauche. Il soufflait doucement sur la coupe qui se trouvait face à ses lèvres, et laissait fleurir une agréable odeur estivale. Sourire tranquille, il goûta à ces instants en profitant. Peut-être que cela devait être cela, le véritable bonheur de sa vie. Eloigné de tout. Isolé de tous. A cet instant, il pouvait oublier les derniers événements qui le tourmentaient tant. Ces événements qui rongeaient ses nuits et le hantaient la journée. Allait-il seulement un jour pouvoir se débarrasser des démons qui le déchiraient ? Poussant un soupir, tentant encore d’oublier les ruminations qui ruinaient son âme, il prit une autre gorgée de son thé.

Pourtant, rien y faisait. Comme si la solitude ne l’aidait pas, elle continuait de l’enfoncer un peu dans les limbes de sa noirceur, le plongeant une nouvelle fois à se questionner. Devait-il réellement continuer ? Ou était-il bien plus facile d’abandonner ? Se redressant, renversant au passage de son thé sur la table devant lui, il avait pris, au passage, sa canne. Il se détestait. Aveugle, il était misérable. Encore plus depuis qu’il s’était battu contre ce Titan. Encore plus depuis qu’il était rentré à Kiri. Ueno qui continuait de lui en vouloir. Sôsuke qui était désigné comme le deuxième Mizukage. Tout cela le plongeait encore un peu plus dans quelques pensées bien noires. Aussi, cherchant à se changer réellement les idées, il prit la décision de sortir voir un ami qui, par ses discussions souvent philosophiques, l’aidait bien à se reprendre durant quelques heures.

Marchant en direction de son Dojo, il laissait la fraîcheur du soir s’installer dans les rues, entendant doucement le vacarme de ceux qui finissaient la journée et profitaient d’une soirée méritée dans un restaurant, ou dans une auberge plus ou moins de bonne réputation. Quelques femmes, de modeste vertu, tentaient d’amener le Yuki à se lier à elles, le temps d’une soirée. Mais, aveugle, il n’écoutait pas vraiment ce qu’elles racontaient. Puis, après le quartier agité, ce fut à nouveau le silence qui envahissait les rues et ruelles plus vides. Et, bientôt, le Dojo. Là, alors que le silence s’abattait tranquillement, comme le doux rideau des rêveurs. Là, passant par la cour intérieure, il se rendait vers la pièce où il recevait régulièrement les quelques visiteurs. Aussi, ouvrant lentement le volet, il l’appela simplement.

« Watari ? C’est Eiichiro. As-tu du thé, mon ami ? »
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Dim 24 Sep 2017 - 15:30
La jeunesse de Kiri avait rejoint les foyers chaleureux, éternellement attirée par les douces odeurs des dîners quotidiens. Eirin finit de faire infuser quelques feuilles de menthe dans l’eau brûlante. La cuisine n’était pas spécieuse mais elle devait reconnaître à son cousin qu’il n’avait pas perdu son sens de l’organisation… S’attendant presque en ouvrant un placard à tomber sur des herbes et aliments tous étiquetés. Son regard passait par la fenêtre, regardant les arbres qui entouraient l’arrière du Dojo alors que les rayons flamboyants du soleil mourant se reflétaient dans ses iris. Le soleil avait finalement réussi à faire une rapide apparition avant que la noirceur de la nuit ne s’abatte sur Kiri. Un astre qui la ramena pendant quelques secondes à Tetsu no Kuni. Que faisaient-ils là-bas ? Katsuo était-il déjà rentré du Shoguna ? Atsuhiko était-il retourné dans son domaine familial ? Elle le savait, qu’elle n’aurait aucune réponse de la part du ciel.

Accoudée sur la plan de travail, Eirin s’était laissée avoir au jeu de la rêverie et c’est une voix masculine mais surtout inconnue qui la sortie de sa torpeur. Sans être prise de panique, la samouraï se redressa vivement, sans bruit. Certes le ton ne semblait pas agressif mais Watari ne lui avait pas parlé de visite particulière à prévoir et vu les rumeurs qui tapissaient les ruelles de Kiri et les récits qu’il lui avait contés ces derniers jours, la jeune femme se devait d’être méfiante et prête à toute éventualité… Encore plus depuis qu’elle avait appris les fortes tensions entre son cousin et certain sabreurs.

D’un pas feutré, elle s’approcha de l’encadrement de la porte, sa main posée sur la garde de son katana principal encore accroché à sa ceinture. Les quelques lanternes qu’elle avait allumées dans le Dojo lui permettaient très clairement d’observer l’homme qui s’avança dans la pièce. Un Kaguya ? Un Yuki ? Un être dont elle avait entendu le prénom par les lèvres de son frère ? Son esprit lui hurlait à la méfiance mais la jeune femme ne tenait pas à donner une mauvaise image du Dojo, du cours de Watari.

Sans que sa main droite ne lâche sa prise, elle approcha cette fois sans cacher sa présence, ses pas rapides marquaient sa traversée de la pièce centrale alors que son regard dur mais intrigué ne quittait pas la silhouette de l’inconnu. Instinctivement elle analysa de son mieux l’attitude et sa possible force physique par rapport à la sienne, réflexe d’années d’entraînement et d’études de la stratégie. C’est uniquement quand elle put totalement discerner les détails de la physionomie de l’homme qu’elle remarque cette canne et son bandeau. Aveugle. Blessé de guerre ? Sûrement vu la posture encore peu assurée qu’il arborait. Mais pour autant Eirin restait sur ses gardes car l’histoire avait su lui prouver à travers les enseignements qu’elle avait reçus que des handicaps pouvaient naître des guerriers redoutables.

S’inclinant par réflexe très légèrement, ses cheveux pâles suivirent le mouvement de son corps alors que sa voix assurée et neutre s’éleva dans la pièce « Bonsoir, Eiichiro-dono. » Polie. Neutre. Sans avoir converser avec lui, la jeune femme déjà eu des échos concernant cet homme. Des mots qui la poussaient à ne pas le chasser du Dojo mais également à rester sur ses gardes. Elle finit un unique nouveau pas vers lui, ajoutant « Watari n’est pas présent ce soir, il rentrera certainement quand la lune sera haute. Étiez-vous attendu en cette soirée par votre « ami » ? »
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Dim 24 Sep 2017 - 17:08
Il s’était arrêté là, dans l’embrasure de ce volet à moitié ouvert (ou fermé, selon le point de vue). Là, la main droite posée sur le mur porteur, la canne plongée en avant, il était attentif. Car, dans le silence qui lui répondait, il comprenait que le Samouraï n’était peut-être pas présent en cette soirée. Curieusement, cela chiffonnait légèrement son humeur. Alors qu’il n’était pas vraiment d’une belle et grande humeur, il avait espéré qu’une soirée en présence de quelqu’un, et en particulier l’homme à l’esprit si vif, aurait pu changer drastiquement sa mauvaise humeur. Poussant un soupir, regrettant soudainement une telle visite impromptue, il s’apprêtait déjà à faire demi-tour lorsque le mouvement de pas et le frottement de tissus se firent entendre. Peut-être n’était-il pas aussi seul qu’il l’avait pensé. Aussi, adroitement, d’un mouvement souple de son poignet, il dressa la canne devant lui, comme une mise en garde ridicule. Alors qu’il allait s’exclamer, qu’il allait demander qui se trouvait exactement là, une voix féminine le coupa dans son élan.

Sourcils froncés sous le bandeau, elle ne pouvait pas réellement voir la figure de l’homme qui, dressant encore sa canne devant lui, comme un geste d’une protection bien maigre, était plongé dans la semi-obscurité, à contre-jour des quelques lumières qui illuminaient cette fin de journée. Intrigué par cette présence féminine, alors qu’il aurait d’abord cru à un criminel qui, avec le butin de son vol, s’enfuyait, il se questionnait sur qui elle était. Était-ce la dernière conquête de l’ascète ? Ou était-ce une parente ? Peut-être était-elle une ombre de son passé, longtemps fui, et qui, aujourd’hui, revenait en pleine face ? Le poing crispé sur sa canne, se retenant fermement contre la planche murale, il s’intriguait de l’absence de Watari, mais de cette présence féminine. Gorge serrée, il relâcha malgré tout la tension de ses muscles, baissant la canne inutile.

Alors qu’il entendait la question de cette dernière, il souriait tristement. Comme gêné que l’homme ne soit pas là, au profit d’une femme au comportement légèrement grossier à son sens. N’en prenant pas mouche, car il n’avait plus le courage de luttes verbales et physiques, il hocha négativement de la tête, comme un aveu de son manque d’organisation. Il n’était pas attendu. Il n’avait même pas prévenu qu’il passerait de la semaine chez l’homme. Sur un simple coup de tête, et parce qu’il refusait aussi de passer une soirée remplie de cette solitude qui le rongeant, il avait choisi de venir jusque-là. Pour avoir la surprise de rencontrer une femme ? Peut-être n’avait-elle-même pas remarqué qu’elle ne s’était pas présentée ? Se gardant pourtant d’offenser la jeune femme, qu’il sentait plutôt tendue, il parla d’une voix calme et posée.

« C’était uniquement une visite de courtoisie, bien impromptue. Je comptais retrouver Watari pour partager son thé et son Saké, dont il m’a déjà prié les vertus relaxantes. »

Poussant un bref soupir, il tournait le dos à la jeune femme, encore trop confiant sur ses propres sens encore à développer. Finalement, peut-être que les étoiles souhaitaient réellement qu’il passe la soirée, de son côté, seul.

« J’aurais apprécié sa discussion. »

Un sourire, un simple sourire. Comme une nostalgie qui se dessinait sur son visage. Levant la tête vers le ciel, qu’il ne pouvait pourtant pas voir, il passait une main sur son bandeau, sentant encore si bien cette cicatrice indélébile. Plus jamais il ne verrait.

« Pourriez-vous lui faire savoir que je suis passé ? »
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Dim 24 Sep 2017 - 18:37
Après les quelques paroles que l’homme eut à l’égard d’Eirin, elle commençait à le croire, Watari. Un homme qui avait certainement traversé nombres d’épreuves et qui finissait usé, fatigué. Tout cela se devinait par les mots calmes mais résignés du Yuki mais également par ses traits tirés, de ses gestes mal assurés.

Quand il finit par lui avouer l’objectif de sa visite, Eirin ne retint pas un léger rire, à peine audible. Sa main quitta la garde de son sabre pour passer dans ses cheveux attachés et faire fuir les mèches qui tentaient de s’échapper. Ainsi Watari ne faisait pas que du thé depuis son arrivé… Deux idées émergèrent de cette découverte. Premièrement, Eirin se trouvait curieuse de goûter la création de son cousin, appréciant elle-même les liqueurs finement préparées et conservées. Et deuxièmement, elle se demanda pendant un instant si Watari n’avait pas quelques soucis avec la boisson pour qu’à une heure tardive un chef de clan vienne profiter de ses connaissances en fermentation. Enfin selon les derniers événements qu’il lui avait contées, cela n’étonnerait pas réellement la samouraï.

Elle observait les gestes de cet homme perdu. Pendant de longues années elle avait ressenti l’ennui. Attendu seule dans une demeure sans bruit, loin de ses années de missions et de maniement constant de la lame. Cette perdition, cette solitude qui transperçait dans l’attitude d’Eiichio semblait émaner dans tout le dojo. Eirin avait grandi dans les traditions et croyances samouraï de Tetsu et plus elle se concentrait sur le shinobi, plus elle se demandait quel actes avaient pour pousser le grand karma à le priver d’un sens si utile que la vue.

Il regardait les étoiles comme elle avait contemplé le soleil quelques temps auparavant et un léger soupire s’échappa d’entre ses lèvres. Sans pour autant poser son arme, la jeune femme approcha également de l’entrée, se positionnant juste à côté de celui qui n’était plus un total inconnu. Passant son visage à l’extérieur, elle fixa rapidement le ciel alors que la brise fraîche fit soulever quelques mèches opalines de sa chevelure. D’une voix toujours aussi assurée mais claire, elle se laissa aller à une simple observation « Voir les étoiles de Kiri, cela doit être assez rare. »

Puis elle fit coulisser doucement la porte, la refermant en partie mais pas totalement pour que le Dojo soit éclairé par les lueurs célestes même si l’invité inopiné ne pouvait a priori pas profiter du spectacle. Un dernier coup de vent sauvage s’infiltra dans le cœur chaud de la bâtisse, faisant voler doucement les pans de la légère tunique qui couvrait en partie la samouraï, faisant frissonner sa peau peu habituée aux nuits d’été de Mizu no Kuni. Son regard se tourna à nouveau vers celui caché, volé du Yuki alors qu’elle ajouta « Vous pourrez lui annoncer quand il se décidera à rentrer, venez, je suppose que vous connaissez les lieux. »

En effet un peu plus loin se trouvait la petite table sur laquelle la jeune femme prenait ses repas depuis quelques jours. S’éloignant en direction de la cuisine tout en le gardant dans le coin de son œil, elle ajouta une nouvelle fois « J’ignore où mon cher cousin cache ses alcools . Et nous avons deux méthodes bien différentes concernant le thé. Installez-vous en attendant. »

Elle s’engouffra dans la cuisine et n’en ressortit que quelques secondes plus tard avant de s’approcher de la table et verser dans deux tasses, l’eau infusée de menthe. Un thé plus corsé que celui que le chef des Yuki avait pu déguster chez son ami. Un breuvage brûlant mais rafraîchissant, plus sauvage, moins contrôlé.

Avant de s’assoir, la jeune femme s’approcha et tendit sa main vers le ninja, vers sa propre main qui semblait tenir la simple canne comme un raccord avec le reste du monde. Un monde coloré, vif sauf pour celui qui était impossible de sortir de la noirceur. « Je peux vous en libérer pendant que vous buvez. » Il était coutume à Tetsu no Kuni de déposer ses armes avant de partager un moment intime, social. Un moyen de démontrer à l’autre sa non-intention d’attaquer et cette canne si simple, si frêle semblait être l’arme principale du shinobi. Alors qu’elle attendait sa réponse et quitte à la lui couper, elle rajouta dans une voix cristalline deux mots, dévoilant son identité si inconnue dans ce village. « Hoshino Eirin. »
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Dim 24 Sep 2017 - 22:00
Il était vrai, comme elle le disait si bien, qu’il était rare de pouvoir observer les étoiles à Kiri. Cette simple pensée, si anodine, le plongea un peu plus dans le tourment que provoquait sa terrible cécité. Même la simple observation d’un ciel étoilé lui avait été enlevée. Alors, souriant tristement, la tête encore relevée vers ce ciel qu’il avait pensé couvert, il poussa un léger soupir. Comme si, à cet instant, il ressentait un peu plus le fardeau. Comme si, à cet instant, il comprenait que sa vue lui avait été essentielle durant tout sa vie. Qu’aujourd’hui, comme depuis plusieurs semaines maintenant, il devait vivre d’une obscurité encore plus sombre que les nuits de nouvelle lune. Était-ce donc là le poids qu’il devrait supporter jusqu’à la fin de sa vie ? Ne plus voir la vie. Car, finalement, qu’était-ce que vivre s’il ne pouvait voir ? Alors, à voix basse, il avait soufflé dans un élan de nostalgie.

« Cela me manque déjà. »

Il était vrai qu’à Kiri, et à Mizu no Kuni en général, il était rare de pouvoir observer les étoiles la nuit. La seule véritable période propice s’étalait seulement la courte saison estivale. Où la brume se posait plus tardivement, et se levait bien plus rapidement. Il était alors des nuits assez douces où il était possible de se coucher et d’observer le cheminement stellaire. Mais finalement, ce trésor kirijin lui avait aussi été arraché. Et, alors qu’il le réalisait, il se contenta de baisser la tête, écoutant attentivement ce que lui disait l’étrangère. Dans son esprit, il essayait de recomposer le dernier souvenir d’une nuit étoilée tandis que les fragments s’éparpillaient et s’oubliaient. Peut-être était-il voué au néant de l’obscurité ? Car la nuit, aussi belle soit-elle, n’avait plus aucune beauté à ses yeux invalides. Elle était tantôt douce, tantôt fraîche. Se gardant un fin sourire sur son visage, il écoutait la jeune femme l’inviter à entrer à l’intérieur, à faire « comme s’il connaissait ». Peut-être ne s’était pas réellement rendue compte qu’il était aveugle. Peut-être même pensait-il que cette cécité était acquise depuis sa naissance.

La laissant partir, il fit un bref demi-tour, abandonnant la fraîcheur nocturne au profit de la douceur intérieure. Pour autant, alors qu’il refermait le Dojo derrière lui, il ne comptait pas réellement bouger. Bien sûr, il était venu à plusieurs reprises. Pour autant, cela datait d’une époque où la vue ne lui manquait pas. Ce monde sans couleurs, il ne le connaissait pas encore. Cet intérieur, dont il connaissait seulement la table basse où il avait déjà bu une coupe avec son ami, lui était encore plus mystérieux maintenant qu’il ne le connaissait plus. Poussant un soupir, il patientait, attentif aux sons en provenance de la cuisine. Aussi, incapable de réellement rester en place, il laissa traîner le bâton sur les tapis, vérifiant qu’aucun obstacle ne gênait sa marche. Ainsi, il fit deux pas. Et, bientôt, tapotant la table basse de sa canne, il restait debout, attendant le retour de son hôtesse inconnue.

Elle revenait, laissant entendre qu’elle ne faisait pas le thé comme le faisait l’hôte des lieux. Elle n’était pas Watari, comme le laissait-elle encore confirmer, bien que la voix suffisait à le savoir. Aussi, souriant, il acceptait doucement la remarque, hochant la tête en entendant le verre de la coupe toucher le bois de la table. Un remerciement silencieux. Et, déjà, il s’exprimait.

« J’apprécie un thé bien fait, peu m’importe le préparateur. Et plus il est corsé, plus il est vivant. »

Souriant doucement, il fronçait les sourcils. Que lui demandait encore la demoiselle ? De quoi voulait-elle le libérer ? Le fardeau de sa tristesse ? Son manteau ? Aussi, ne sachant que lui répondre, il se laissa à garder le silence, attendant que, finalement, elle se présente sous le nom, connu, du possesseur du Dojo. Légèrement surpris par ce patronyme reconnaissable : Hoshino.

« Seriez-vous son épouse ? Ou peut-être sa sœur ? Il n’évoque jamais sa famille. »

Aussi, se baissant, s’accroupissant, il se mit à tâtonner sur la table, à la recherche, de la coupe encore invisible du thé à la menthe.
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Dim 24 Sep 2017 - 23:47
Un homme brisé. Plus les secondes défilaient, plus Eirin voyait les fractures, les fissures qui semblaient faire souffrir l’âme de cet homme. D’un regard attentif et observateur, la samouraï observait les mouvements hésitants, les gestes qui ne se finissaient pas ou même des incompréhensions qui naissaient entre eux deux. Jamais dans sa vie elle n’avait rencontré un homme privé de savvue mais Eirin ne tenait pas à s’arrêter à cette particularité, cette blessure. La jeune avait souvent rabaissé ceux qui le méritaient à ses yeux mais il serait totalement réducteur et contraire à ses valeurs que de considérer un guerrier comme inférieur à cause de ses difficultés physiques naturelles.

Encore debout à côté de lui, elle s’abaissa, posant un genou à terre pour se retrouver à la hauteur du chef de clan assis face à la tasse fumante alors que les senteurs de menthe s’échappaient doucement dans le reste de la pièce. Face à son trouble, elle retenue difficilement un rire. Mariée à Watari ? D’une certaine manière Eirin en avait conscience, si elle s’était retrouvée lié de cette manière à son cousin, son mariage n’aurait eu moins de chance de mourir aussi précipitamment « Non, il n’est pas marié et encore moins avec ma personne. Je ne suis pas sa sœur, car il ne possède qu’un frère. Cependant notre sang se ressemble puisqu’il s’agit de mon cousin. » d’une voix plus calme et soulevant le mystère, elle ajouta « Il ne vous parlera jamais spontanément de notre famille. »

Son regard azuré dévia vers la main hésitante du Yuki, celle qui cherchait avec un certain désespoir le breuvage invisible. Le laisser chercher, regarder ses doigts bandés courir sans indications sur la table de bois relèverait d’un certain sadisme, trait de caractère qui pouvait caractériser la jeune femme mais pas dans cette situation, pas quand le jeu ne s’était pas encore glissé dans son esprit. Silencieusement, sa main fine et pâle se superposa sur celle plus imposante du shinobi, ses doigts chauds rencontrant la peau non couverte par les bandages. Sans un mot, elle poussa doucement son bras et sa main blessée sur la gauche du Yuki, jusqu’à ce qu’il puisse sentir la tasse brûlante et remplie du thé parfumé.

A la fin de ce mouvement partagé, la jeune femme finit par rompre le contact mais ne se redressa pas encore. « Watari sait maîtriser l’équilibre du thé, celui qui semble tant apprécié dans ce village. Alors je vous laisse apprécier la possible vivacité de celui qui est entre vos mains. »

Les lumières dessinaient les silhouettes, accentuaient certains traits et jouaient avec les ombres. Encore posée à côté du guerrier ninja, la samouraï observait les lignes du visage fatigué qu’elle découvrait, son esprit ne pouvant s’empêcher d’imaginer l’homme sans son bandeau. Certains pourraient y voir une intrusion dans l’intimité du Yuki mais Eirin ne considérait pas la découverte physique comme un affront. Le souffle de la jeune femme se laissa mourir plusieurs fois sur la peau de du cou du Yuki avant qu’elle ne l’aide à comprendre ces précédentes paroles « Vous libérer de votre canne, sauf si elle vous est indispensable. »

La jeune femme ne se redressa pas de suite au cas où son invité accepterait. C’était donc à cela que ressemblait un ninja de Kiri. A voir si elle allait se trouver déçue ou non de cette première rencontre. Alors que le vent se levait légèrement, chassant les derniers nuages du ciel étoilé, Eirin finit faire une remarque, dévoilant le maigre savoir qu’elle possédait sur les clans du village de la brume « Pas trop brûlant pour un homme de glace ? »
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Lun 25 Sep 2017 - 10:06
Ses doigts, encore couverts de bandages récemment changés, tâtonnaient sur la table. Alors qu’elle parlait de sa relation avec le propriétaire Hoshino, qui n’était ni son frère ni son époux, mais un cousin, il s’était plus ou moins attelé à créer l’image mentale de cette arbre généalogique qu’elle lui dressait. Pourtant, si son esprit s’occupait de cette tâche, son corps continuait de chercher le breuvage posé sur la table. Se retenant pourtant de pester contre la Hoshino, qui ne pouvait réellement comprendre la difficulté d’être un aveugle, il s’était contenté d’un hochement de tête alors qu’elle parlait de sa famille et de ses liens parentaux avec Watari. Pourtant, ne désirant pas se montrer malpoli envers elle, alors qu’elle l’invitait à sa table d’une manière bien incongrue, il laissa seulement entendre quelques mots courtois.

« Je peux comprendre, Watari. Les histoires familiales ne sont pas toujours faciles. »

Soudainement, alors qu’il terminait seulement sa phrase, un frisson le fit, un instant, tressaillir. Comme d’un petit sursaut, surpris, il sentait finalement une main fine et douce se poser sur la sienne. Sourcils froncés, encore plein de questions à l’esprit, il avait tourné sa tête vers ce souffle trop proche de lui. Que faisait-elle exactement ? Pourquoi l’aidait-elle ainsi ? Était-ce de la pitié ? De la compassion ? Ou un autre de ces vulgaires sentiments qui conduisaient les gens à le voir comme un animal si blessé qu’on ne pouvait que lui venir. Pourtant, il ne fit rien. Agacé de tâtonner dans le vide, il appréciait cette douce main directive, se laissant doucement guider par le contenant. Déjà, ses doigts, entourés de leurs bandages, il hocha de la tête, murmurant des remerciements.

« Merci. »

Aussi, hochant de la tête, il comprenait fort bien ce qu’elle disait. Watari lui semblait être un homme d’équilibre, un homme à la recherche de la paix et de l’harmonie. Peut-être l’avait-il déjà trouvé. Contrairement à lui qui, physiquement comme psychologiquement, semblait encore chercher le chemin. Déjà devait-il encore choisir un chemin à prendre. Alors, avec un sourire, il approcha la coupe de ses lèvres, soufflant doucement sur celle-ci, il inspirait l’odeur vivante du thé à la menthe. Sans aucun doute, elle maîtrisait bel et bien cet art.

« S’il est un homme d’équilibre, vous êtes une femme pleine d’énergie. »

Lâcha-t-il, alors qu’il prenait une première gorgée. Puis, posant doucement la coupelle sur la table, le sourire aux lèvres, il appréciait le goût légèrement plus corsé du thé offert. Aussi, écoutant attentivement la jeune femme, sentant encore sa proximité dans son cou, il se questionnait sur la position bien étrange qu’elle devait avoir. Un instant, il frissonna. Elle était tellement proche. Trop proche. Une proximité surprenante pour cette inconnue qui semblait rompre le code de l’espace intime. Peut-être était-elle seulement trop curieuse de la cécité du personnage. Peut-être ne pensait-elle pas à cette proximité qui, soudainement, se révélait si dérangeante pour le Yuki. Alarmé, la canne toujours dans sa main gauche, il finit par la déposer silencieusement sur la table, comme une offrande devant l’étrange requête de son interlocutrice.

« Ainsi, vous voulez rendre un aveugle plus seul qu’il ne l’est déjà ? »

Une question. Elle était dite gentiment, posément. Mais il savait l’isolement brutal qu’il vivait lorsque cette canne n’était plus sous sa main. Un isolement physique. Un isolement social. Un isolement qui, pour lui, était synonyme d’une perte entière de la réalité. Pourtant, ici, il n’était pas chez lui et il sentait encore cette femme être sur ses gardes. Aussi, lâchant son bâton, son seul guide dans son monde obscur, il poussa un lent soupir.

Finalement, le sourire aux lèvres, il avait souri face à sa dernière remarque. Reprenant la coupe de ses deux mains, il hocha de la tête. Le sourire aux lèvres, soufflant encore un peu sur son thé encore bien chaud, la tête légèrement baissée, il acceptait doucement la remarque de la femme.

« Savez-vous que la morsure du froid est la plus chaude ressentie ? Lorsqu’une partie du corps est congelé, lorsque vous avez réellement froid, le corps produit une énorme quantité de chaleur. Lorsque nous dépassons nos limites, nous la ressentons plus vivement. »

Et il pensait à ses doigts, entourés de bandage, qui souffraient encore de la chaleur de la tasse. Pourtant, se gardant d’une grimace, il prit une autre gorgée du thé, hochant la tête d’approbation.
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Mar 26 Sep 2017 - 1:33
Une femme d’énergie. Oui, ce guerrier ne la connaissait que depuis quelques courtes minutes mais il venait de pointer très distinctement une caractéristique de la jeune femme qui se tenait à ses côté. Une samouraï plus vive que la plupart des semblable, une femme qui après l’ennui aimait sentir le frisson du danger, le goût de l’inconnu. Tel le thé qui fumait doucement au-dessus de la table, Eirin avait toujours su attirer instinctivement autant qu’elle avait su être crainte pour son esprit indépendant. Sans cette fougue qui la définissait, son regard ne serait certainement jamais posé sur le village de Kiri ou encore sur le Pays de Mizu no Kuni.

Quand elle put observer la peau du Yuki tressaillir, cela la fit sourire légèrement. C’était une preuve que même un utilisateur des glaces les plus dangereuses pouvait frissonner dans ce village, face à elle. Dangereuses car elle avait senti lors du fugace contact, les blessures qui avait dû lacérer la peau du guerrier, récemment. Fantômes du passé, les missions. Les batailles. Les hurlements qui suivaient le son des lames effilées alors qu’elles tranchaient l’air avant de continuer dans les chaires. Rares étaient les instants où le passé de la Hoshino ressortait aussi vivement, un passé que son esprit enfouit de nouveau dans les tréfonds de ses souvenirs.

Sans bouger, elle aligna par réflexe la canne avec le bord de la table, finissant par répondre à l’intéressé. « Vous n’êtes pas seul si mon cousin garde sa porte ouverte à votre égard. Je ne pense pas qu’une simple canne puisse définir la solitude ou du moins, celle que vous semblez ressentir. » Être seule, oubliée. Se sentir inutile, se sentir écartée. Tant de sentiments qui avaient habité le cœur de la manieuse de lames pendant de longues années. Une période pendant laquelle très peu étaient les âmes qui l’auraient écoutée. Comme une période de sommeil qui avait tenté d’endormir le feu qui brûlait en elle à l’aide de l’ennui, arme redoutable.

Son souffle finit par se faire indiscernable pour le Yuki alors qu’elle se redressa rapidement mais sans violence. Cette vivacité de mouvements sans qu’on ne puisse nier la grâce féminine qui l’avait toujours accompagnée. La jeune femme s’assit face au chef de clan, versant également du thé dans sa tasse, un breuvage que son cousin pourrait qualifier de trop brutal, trop agressif pour les palais délicats. Après qu’elle ait reposé la théière de porcelaine, elle replaça une mèche de ses cheveux qui barrait sa vue derrière son oreille avant également de réajuster sa tunique légère qui avait découvert son épaule dans son mouvement précédant. Ce n’est qu’une fois qu’elle redressa son regard vers l’homme face à elle qu’elle sourit aux paroles qui démontraient une certaine expérience du combat et plus particulièrement des blessures de guerre.

La brûlure, cette morsure, cette déchirure. Quand la chaire mise à nue hurle et plonge la victime dans un enfer de douleur. Instinctivement les muscles du ventre de la jeune femme se tendirent alors que quelques picotements lui rappelaient ses propres souvenirs, ceux dans lesquels sont corps n’avait pas tenu, ces moments où elle avait cru mourir dans une nuée de souffrance. Des blessures qui pouvaient marquer un corps autant qu’un esprit. Secouant légèrement la tête, Eirin chassa rapidement ces pensées sombres car en effet, il y avait plus intéressant. Alors qu’il lui expliquait les réactions que son corps pourrait ressentir s’il décidait de faire d’elle la cible d’une glace certainement meurtrière, la samouraï ne tarda pas à répondre d’une voix plus légère bien que pourtant emprise d’un ton neutre « Je pourrais ainsi vous dire que les hivers de Tetsu no Kuni sont brûlants. Bien que le feu me semble plus dangereux, incontrôlable et tout aussi mordant. » Elle repensait au nombre de fois où elle avait pu observer des flammes dansantes, belles mais si dangereuses.

Alors que les doigts de la jeune femme étaient aussi pâles que ses bras qu’elle laissait visibles, elle détaillait les blessures du guerrier alors qu’il semblait apprécier son thé. Politesse ou réel plaisir ? La jeune femme tentait de l’imaginer dans une situation qui aurait pu lui valoir de telles blessures et surtout d’imaginer la puissance de la glace. Elle se surprenait, amusée à tenter de visualiser de quoi cet homme était réellement capable. D’après Watari, Eirin se trouvait face à l’un des combattants les plus puissants du village mais pourtant c’est blessé et perdu qu’il se présentait face à elle.

Après avoir bu une petite gorgée et sentit les senteurs de menthe prendre possession de ses poumons autant que de son corps, elle ajouta dans un semi-murmure « Vos blessures sont récentes. Alors comment un guerrier de glace peut-il dépasser ses limites au point de laisser sa propre froideur le dévorer ? »

Et elle, qui savait réellement de quoi était capable le feu qui l’animait ? Il l’intéressait. Yuki Eiichiro. Et dans une soirée qui aurait pu être ternie de solitude, Eirin découvrait un fragment du village des brumes.
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Mer 27 Sep 2017 - 14:17
Les frissons. Cette réaction, comme un rappel constant de son handicap. Il frissonnait constamment lorsqu’un être le touchait. D’un contact imprévu. Invisible. D’un contact non-désiré qu’il ne pouvait pas éviter. D’un contact chaleureux, qui contrastait entièrement avec les ruines désertes de son âme en peine. Constamment surpris, incapable de voir cette main, son corps s’était légèrement tendu, comme s’il se préparait déjà à éviter une attaque sournoise. Car s’il frissonnait, il se rendait aussi compte de toute sa vulnérabilité. Face à elle, il était fragile. Il ne pouvait rien faire, sinon d’accepter cette tension née de ce contact chaleureux et plein de douceur. Mélange de compassion et de tendresse. Aussi, alors qu’elle évoquait sa solitude, il poussa un lent soupir de lassitude, non contre elle, mais bien pour lui-même, alors qu’il tentait, dans son esprit, de trouver les mots qui expliqueraient au mieux son état d’âme.

« Savez-vous seulement ce qu’est mon monde obscur, sans aucun repère ni contact avec la réalité ? »

Il reprit la tasse entre ses doigts, soufflant dessus, plus songeur qu’il ne l’aurait souhaité. Il avait quitté le Domaine, pour fuir ici, en ces lieux où il appréciait le thé équilibré de son ami. Où il pouvait entendre le philosophe lui changer les idées. Pourtant, en cet instant précis, alors que sa canne lui était enlevée, l’homme aux cheveux détachés se sentait sans aucun lien avec sa réalité. Ou se trouvait-elle maintenant alors que son souffle s’effaçait doucement, dans le silence de sa réponse. Allait-elle se mettre face à lui, sur cette table basse ? Serait-elle plutôt à sa gauche ou à sa droite ? Puis, soudainement, alors qu’il prenait une gorgée du thé plein d’énergie, qui allait lui laisser pousser un doux râle de plaisir, il se questionnait sur la femme qui se trouvait là. Sur la cousine. Lui ressemblait-elle ? Comment étaient ces cheveux ? Leur couleur ? Que portait-elle ? Comment étaient ses yeux ? Souriait-elle ou pouvait-on lire l’ennui de se retrouver avec un invité non-désiré ? Quel sentiment dégageait-elle loin de ce thé ?

Il apprit qu’elle venait de Tetsu no Kuni et qu’elle craignait davantage le feu que le froid. Aussi, alors qu’il hochait de la tête, il souriait doucement. Souvent les gens craignaient le feu, plus visible. Lorsque l’on perdait le contrôle de son feu, il se répandait. Pourtant, le froid était aussi dangereux. Peut-être différemment, mais les dégâts étaient exactement les mêmes. Alors, lâchant finalement la coupe de thé, il releva la tête vers là où il espérait qu’elle se trouvait.

« Le froid est plus insidieux, plus invisible. Lorsque vous commencez subitement à avoir trop chaud, le froid est en vous, vous incitant à enlever vos couches pour vous exposer entièrement à ses morsures. »

Finalement, se relevant avec difficulté, trouvant lentement ses appuis, il fit un lent demi-tour, se dirigeant à nouveau vers la porte fermée. A tâtons, les pieds hésitants et les mains devant lui, alors qu’il gardait volontairement le pied au sol en le traînant –évitant ainsi de perdre contact avec le sol invisible-, il se rapprochait doucement de la porte. Puis, l’ouvrant lentement, il tenta de s’asseoir là, comme s’il essayait encore de mettre un peu de distance entre elle et lui. Car il ne connaissait rien d’elle tandis qu’il lui semblait déjà trop parler. L’avait-elle drogué secrètement ? Les coudes sur les genoux, la tête levée vers ce ciel invisible, il huma l’air frais qui le fit bientôt frissonner.

« Lorsque l’on donne absolument tout pour que ceux qu’on chérit survivent. Quand on est prêt à mourir pour une cause qui nous dépasse. J’ai laissé ma glace utiliser toute mon énergie, quitte à me sacrifier. »

La voix brisée, cassée, il poussa un soupir, baissant la tête et, murmurant pour lui-même.

« Peut-être aurais-je dû. »

Et il pensait à Ueno qui, depuis son retour à Kirigakure, ne s’était pas encore présentée au Domaine pour prendre de ses nouvelles. Soudainement, dans la nuit, les bandages de ses doigts lui semblaient bien maigres face à toute sa tristesse.
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Jeu 28 Sep 2017 - 2:51
Alors que le vent se mourrait doucement sur le Village de la Brume, alors que la brise cessait d’agiter doucement les feuilles des théiers du propriétaire du Dojo, le breuvage brûlant s’infiltrait dans le corps de celle qui avait toujours apprécié la fraîcheur brute de la menthe. Quand il lui fit remarquer son absence d’expérience de la cécité, un léger sourire passa sur ses lèvres encore humides de thé. Sans moquerie, sans une once de narquoiserie dans sa voix, la samouraï laissa au Yuki aveugle la possibilité de contempler un pan d’une enfance bien lointaine. « J’espère ne jamais connaître le noir constant, bien que j’ai déjà eu l’occasion d’expérimenter la perte de repère. Le bandeau que vous arborez, il en existe des dizaines dans les Dojos de Tetsu no Kuni, afin que les apprentis s’approprient totalement leurs lames et que l’instinct devienne une arme tout aussi tranchante. » Des heures d’entraînement dans les ténèbres sombres à répéter sans cesse les mêmes gestes auprès de ses cousins tout aussi perdus.

Détendant légèrement ses muscles, la jeune femme s’étira sans grand bruit avant de passer ses mains dans sa chevelure blanche et détacher sa queue de cheval, la cascade blanche retombant gracilement dans son dos et ne restant que légèrement maintenue afin de ne pas devenir une gêne pour la vision d’Eirin. Le thé avait ce don d’éveiller le corps mais également apaiser les esprits et bien que son instinct rompu lui ordonnait sans cesse de faire preuve de méfiance, la Hoshino s’autorisa moins d’efforts de concentration liés aux soupçons qui subsistaient comme toujours quand il était question de ninjas. Sa respiration calme soulevait son buste alors que ses yeux d’azur détaillaient le Yuki. La jeune femme s’autorisa à nouveau d’apprécier les traits du shinobi mais également de découvrir les détails des atours de celui-ci, du bleu glacial aux mon qui décoraient la veste. Malgré son handicap, elle arrivait à voir les réflexes de pure politesse qui habitaient le chef de clan. Une éducation certainement digne de son rang et de son Clan même si par-delà les traditions samouraïs, la jeune femme n’avait pas de réelles connaissances envers le monde si étranger des ninjas.

Le Yuki pris le temps de décrire les effets bien particuliers et cruels des glaces qu’il manipulait, la jeune femme ne pouvait s’empêcher dans ces quelques mots, de voir naître un réel défi entre les crocs tranchants de froid et la dureté sauvage des flammes qu’arborait Eirin. Cependant si elle devait reconnaître un peu de crédit à l’homme, elle reconnaissait que la fraîcheur des hivers ne lui procurait que très peu de plaisirs. La beauté dangereuse des brasiers, fiers face aux possibles attaques vicieuses des glaces. Car en cet instant précis, Eirin n’avait jamais rencontré un ninja possédant l’honneur et la droiture des samouraïs.

Sans bouger, elle observa attentivement les gestes malhabiles de celui qui tentait d’avancer sans canne, sans aucune aide. Il finit par atteindre son objectif, après de nombreux effort mais alors que le chef de clan n’en avait peut-être pas conscience, Eirin voyait un homme blessé, à terre, mais qui arrivait tout de même à s’ouvrir une voie vers les étoiles, astres nocturnes. Se relever après ses blessures et ne pas se laisser mourir, c’était possible et rares étaient ceux qui imaginaient l’expérience douloureuse qui permettait de telles réflexions de la part de la guerrière.

Il ne lui parlait pas uniquement de sacrifice mais plus, du rapport fin qu’il semblait entretenir avec le morbide et la Mort en elle-même, ce qui eut le don de faire soupirer légèrement la jeune femme. Un homme entouré, encore debout mais qui se voyait déjà dans une tombe.

D’un mouvement dynamique, elle se redressa, bu une dernière gorgée de thé avant de déposer la tasse sur la table. Le Yuki put sentir la présence féminine du dojo s’approcher de lui et arriver à son niveau quelques secondes avant qu’elle n’ouvre un peu plus la porte et que quelques mèches blanches ne découvrent la peau du visage du ninja dans ce même mouvement. Son regard perçant se couvrit du reflet des étoiles qui illuminaient le ciel de Mizu no Kuni, la nuit à présent reine du Village… Et pas de nouvelles de son cousin. Si la présence du Yuki avait su intéresser la jeune femme, une part de son esprit ne pouvait s’empêcher de s’interroger. Voilà des heures qu’il était parti à la recherche de Kuro, le jeune félin noir, troisième résident permanent du Dojo et pas de nouvelles… La balade nocturne de l’animal promettant une nuit sans sommeil pour les deux samouraïs. Une inquiétude qui traversa le corps d’Eirin qui la chassa tout aussi rapidement.

Appuyée contre l’encadrement de la porte qui donnait sur la cour principale, elle s’intéressa de nouveau à son invité. La fraîcheur qui accompagnait la Lune avait le don de soulager les âmes du Village après la chaleur écrasante du jour, mais également de faire frissonner la jeune femme au chakra naturellement brûlant. Une sensation à la fois piquante, quelques peu appréciable mais qui arracha un sourire et quelques réflexions à Eirin. « La chaleur de l’été aurait-elle le don d’abattre le Clan Yuki ? »

Avec ce ton légèrement amusé, elle rajouta sans bouger « Votre glace ne vous a pas totalement dévoré, du moins pas encore au vue de votre accoutrement. » faisant écho à ses précédentes et intéressants explications. Son katana frôla sa cuisse alors qu’Eirin croisa légèrement ses bras sur sa tunique vaporeuse et marine et s’accroupit à côté d’Eiichiro. Dans ce monde noir, dans ce monde dénué de couleur, dans un univers où les formes devaient se mêler pour ne devenir qu’une masse d’incompréhension, elle le voyait comme un homme. Son regard, sous les lueurs des lanternes, discernait un être vivant, un être humain même si son invité ne semblait plus avoir conscience de sa propre force et de sa possibilité de construire un avenir à façonner.

« Si vous êtes encore capables de trouver cette porte et l’été ne vous a pas encore terrassé… » d’une voix plus atténuée, moins distante, la jeune femme laissa son intérêt pour le chef de clan prendre possession de ses lèvres « Qu’est ce qui donne la force à votre cœur glacé de battre dans le creux de votre poitrine ? »
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Jeu 28 Sep 2017 - 18:34
Tetsu no Kuni. Avant qu’il ne se lève pour se rendre vers la porte. Il l’avait entendue contée un peu de sa vie. Là-bas. Une terre entièrement inconnue. Un instant, alors qu’il l’écoutait parler des Dojos de sa nation, il avait froncé les sourcils, tentant de se remémorer encore les vieilles cartes connues. Alors qu’elle finissait de parler de ses nombreux entraînements à l’aveugle, il s’était questionné un peu plus sur elle. Rendu curieux, il se demandait quels événements avaient rendu la jeune femme à prendre une telle décision. Quitter sa terre natale pour rejoindre son cousin, Watari. S’il se questionnait sur leur famille, il était bien plus intéressé par elle. Quel chemin ? Quelles rencontres ? Avait-elle douté ? Ou c’est pleine de certitude qu’elle était arrivée aux portes de Kiri ? L’esprit encore vagabond, il s’était laissé, un instant, à l’envier. Il se mit alors à rêver. Des paysages qu’elle avait certainement pu voir. Des rencontres faites. Chaque jour avait été différent. Et, l’enviant, il avait posé ses doigts sur cette terrible réalité qu’était ce bandeau, signe de son handicap.

De cette lassitude, il s’était levé. S’appuyant sur son genou gauche, il s’était relevé avec difficulté, cherchant encore cette équilibre inconnu. Dans ce noir absolu, il lui semblait le monde si vite qu’il était rapidement déséquilibré s’il ne faisait pas attention. Le moindre obstacle devenait alors un véritable danger, une possibilité de chuter. De s’effondrer lamentablement. Pourtant, avec toutes les précautions du monde, évitant soigneusement de décrocher son pied du bois qui formait le plancher, il se rendit, les mains devant lui, jusqu’à la porte coulissante. Ce fut à l’aide de tâtonnements que, après plusieurs tentatives, il put enfin l’ouvrir. Tirant dessus, il passa ses deux mains pour finalement s’asseoir là, sentant la fraîcheur nocturne le faire, un instant, frissonner. Légèrement souriant, il s’était alors remémoré une nostalgie du passé, soupirant même. Était-il donc destiné à cette misérable existence ? Baissant la tête, il ne sentit pas la présence de cette femme qui, pourtant, l’intéressait. Non pas pour son corps, totalement inconnu à ses sens, mais pour cette discussion. Son esprit semblait d’une énergie débordante, comme le laissait entendre son thé.

Il venait de sourire à sa nouvelle question. Laissait-elle seulement entendre qu’il était vaincu ? Aussi, laissant aller sa tête en arrière, dévoilant son sourire amusé, il savait la provocation facile.

« Il faudra bien plus qu’un coup de chaud pour m’abattre, savez-vous. »

Puis il haussa les épaules. Un simple mouvement de son corps car il n’avait aucune véritable réponse à lui donner. Alors, délaissant le sol de ses deux mains, il les dressa devant lui, espérant qu’elle puisse voir les bandages à ses doigts. Son sourire, plus triste, tenta encore de convaincre l’autre de son état.

« Elle a dévoré mes doigts, je dois être plus méfiant. »

Laissait-il encore tomber en réponse à ce qu’elle entendait. Pensait-elle vraiment qu’il allait avoir froid ? Il aimait la fraîcheur de la nuit, qui effaçait la chaleur de la journée. Soufflant un coup, il reposa ses mains au sol, délaissant son sourire à la face de la jeune femme pour reprendre sa noire contemplation de l’espace qui se présentait devant eux. Il lui était difficile d’imaginer ce qu’il pouvait réellement voir, tant il ne se souvenait plus de ses quelques moments colorés.

« J’imagine que je continue d’espérer. »

Il s’arrêta un instant pour réfléchir. Une courte réflexion qui l’amena à enchérir un peu plus sur cette question. Car, finalement, qu’est-ce qui le poussait réellement à vouloir vivre ? Alors qu’il avait perdu sa vue, pourquoi continuait-il ? Poussant un soupir, il s’interrogeait lui-même pour, finalement, d’une phrase énigmatique, conclure le fil de sa pensée.

« Je cherche encore ce que je n’ai pas trouvé. »

Puis, il se mit à sourire, imaginant trop bien son ami Hoshino lâcher une telle phrase énigmatique. Il se retint pourtant de rire, sourire allègrement, d’une pensée aussi idiote. Watari était le genre d’homme si philosophique que ses phrases, parfois, se perdaient. Alors, finalement, cette pensée l’accompagnant, il mit ses mains derrière sa tête, se couchant là, les genoux encore levés. Tournant légèrement la tête sur la droite, vers, il l’espérait, la présence de la jeune femme, il continuait de lui parler. Pour la première fois, s’oubliant un peu, il s’intéressait à elle, par curiosité de découvrir. De comprendre. La voix calme, loin des derniers instants brisés, le sourire disparaissant lentement sous le sérieux repris, il prononça quelques mots à son intention.

« Est-ce que Tetsu no Kuni est loin ? Je suis rarement sorti de l’Archipel. Comment la vie est là-bas ? »
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Sam 30 Sep 2017 - 20:52
Si la jeune femme se doutait que de fortes températures ne suffiraient pas à détruire un Clan qu’elle savait puissant de par sa réputation, il dénotait dans les mots du guerrier une lueur d’espoir. Derrière l’affirmative qu’il ne serait pas terrassé par la saison estivale, Eirin vit une volonté. Peut-être fébrile, aux abois, mais la volonté de ne pas se laisser mourir. Accroupie, son regard qui observait les silhouettes des théiers de la cour centrale et privée du dojo accepta l’invitation du ninja. Sous le faible éclairage des lanternes, les doigts de la main du chef de clan se dévoilaient dans toute leur vulnérabilité. Une peau blessée, une peau meurtrie à l’imagine de celui qui avait du connaître un rude combat.

Elle avait eu des échos du Titan, de la terreur de Shîto de la part de Watari mais même par-delà les frontières, dans le cœur de Tetsu no Kuni, on parlait de cette fameuse organisation prête à massacrer innocents et civils pour se faire connaître. Une perfidie pour le monde d’honneur et de paix que ce voulait la philosophie des samouraïs. Eirin pouvait comprendre le combat pour la liberté mais jamais au détriment de centaines d’âmes si éloignées de combats et de la violence.

Une main qui devait résumer la dure vie que l’homme à côté d’elle et une lourde épreuve traversée. Un Titan… Son regard descendit de ses mains sur ses poignets, ses avant-bras découverts, ses épaules avant de remonter le long de son cou et suivre les traits de son visage masculin. Un regard observateur alors que l’esprit vif d’Eirin tentait d’imaginer quels entraînements le guerrier avait pu subir toute sa vie, mais surtout, la jeune femme essayait d’imaginer la force qui pouvait se dégager d’un jônin kirijin manipulateur des glaces. Car malgré sa propre estime et sa fierté, elle ignorait ce qu’elle aurait pu faire face à un géant.

Une légère brise vient caresser son visage alors que les réflexions analytiques de la Hoshino furent interrompues par de nouvelles paroles, plus personnelles, au cœur du Dojo. Il lui parlait d’espoir, notion qui avait su accompagner Eirin pendant une très longue partie de sa courte vie. L’espoir de prouver à tous qu’elle pouvait égaler ses cousins, qu’elle pouvait surpasser Akihime. L’espoir qu’on la reconnaisse comme samouraï méritante. L’espoir qu’elle soit un jour plus que l’ombre de Katsuo, l’espoir de survivre à la douleur et de repousser la mort. L’espoir d’un mariage heureux, l’espoir de fuir l’ennui et la monotonie.

Sa phrase pouvait être mystérieuse mais elle fit sourire légèrement la jeune femme qui voyait en le Yuki, un homme perdu. Dans la nuit éternelle, elle chercherait certainement aussi un but, une main. Même si dans le cas du ninja, peut-être ne s’en rendait-il pas compte mais il y avait déjà au moins une personne dans ce village prête à le relever à chaque chute. La bonté, synonyme de Ten no Tsurugi.

Sous les étoiles, elle se détendait. Au cœur de la nuit, elle prenait plaisir à l’art de la conversation. Alors qu’il s’allongeait, elle voyait plus qu’un guerrier blessé. Un homme avec qui apprécier une simple soirée d’été. Une rencontre entre deux âmes qui ne savaient rien l’une sur l’autre et sur les mondes qui les entouraient. Deux pays, deux vies et deux passés totalement différents voir opposés. « On finit toujours par trouver, c’est même souvent quand notre esprit se libère des tortures de la réflexion que notre âme peut s’ouvrir. » Vivre selon le code, respecter et épouser l’honneur pour atteindre les plus honorables combattants, telle était la vocation de centaines de samouraïs.

Chercher... Elle cherchait l’aventure, l’inconnu. Elle cherchait à retrouver sa force, à frémir de nouveau quand sa lame rencontrerait à nouveau une sœur forgée.

Il n’avait jamais pu découvrir son pays natal, le Pays du Fre, autant qu’elle avait toujours découvert Mizu no Kuni dans les livres du Domaine familial des Hoshino, avant son voyage. Tetsu no Kuni… Si loin mais si proche dans son cœur. Un pays qui savait lui manquer dès que le ciel versait ses larmes sur le Village des Brumes.

Dans sa voix, Eirin sentait un réel intérêt pour la terre qui demeurait encore aujourd’hui sa partie. Une curiosité qui dénotait par rapport à la morosité qui semblait enserrer le jônin. D’abord sans répondre, la samouraï se tourna légèrement, son dos se détachant du montant de la porte coulissante et dans un mouvement fluide, elle fit basculer ses jambes dans le vide de la marche qui surplombait le sol de la cour intérieure. Ses épaules rencontrèrent la dureté du parquet verni alors qu’elle s’allongea à côté du Yuki sans pour autant le toucher. Sa chevelure de neige encadrant son visage fin, elle ferma les yeux. Dans le silence de la nuit, sa respiration se trouvait calme mais surtout, extrêmement régulière, premier enseignement dans son enfance, aujourd’hui la jeune femme n’y faisait même plus attention alors que son diaphragme contrôlait parfaitement la puissance de ses poumons.

Puis la voix cristalline de la samouraï finit par répondre au Yuki, également plongée dans l’obscurité. « Environ une semaine avec un cheval entraîné et endurant puis presque un jour de traversée maritime. » Souvenir de son périple qui datait de peu de temps, de son voyage durant lequel elle avait pu découvrir nombre de paysages si différents de ceux de son enfance. Dans une noirceur artificielle, la jeune femme poursuivit, bien que sa main savait restée proche de son katana à la moindre éventualité.

« Imaginez un hiver au froid intense et aux neiges abondantes, mais également un été aux chaleurs assommantes. Rares sont les journées où le soleil ne frappe pas les montagnes, alors que les vents sont présents dans les vallées, se faufilent entre les reliefs de pierre. Au cœur du pays se trouve le Shogunat qui domine chaque famille de samouraïs. Il est courant que chaque chef de clan influant siège auprès du Shogun. Une société ordonnée, classée, hiérarchisée. Sauf à ce que vous soyez l’héritier d’un clan et l’espoir d’une famille, vous n’avez pas à réfléchir car vous savez quelle est votre place, votre rôle. » Alors qu’elle se laissait aller à l’art de la description, ses propres souvenirs se mélangeaient à ses mots.

« La vie est agréable car claire et le pays plus riche que celui dans lequel vous avez grandi. Beaucoup pourraient également vous dévoiler leurs pensées sincères, celles qui vous affirmeront que Tetsu no Kuni représente un idéal d’équilibre, fixe dans le passé et l’avenir. »
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Lun 2 Oct 2017 - 23:14
Il ne pouvait réellement deviner ce que la jeune femme faisait. Aveugle, il se contentait principalement d’écouter ses paroles, d’entendre l’effleurement de ses pieds avec les planches du Dojo. Il entendait le bois qui accusait un poids. Il écoutait le silence. Car, aveugle, il ne pouvait compter que sur ses autres sens et, principalement, son audition. Car c’était bien celle-là qui lui permettait de rester le plus connecté à ce monde. A cette réalité intangible qui, sous ses doigts défilants, disparaissaient lorsqu’ils quittaient le support. Là, couché sur ce parquet, les mains derrière la tête, il arrivait à se détendre, oublier la difficulté de son monde. Il oubliait son mal et sa cécité. Car, soudainement, quelqu’un oubliait ce bandeau. La Hoshino ne le traitait plus comme un vulgaire handicap, mais comme un être humain. Alors, doux sourire aux lèvres, il tentait d’apprécier l’unicité de ce moment. Simple. Car, sous les étoiles invisibles de ces yeux morts, oublié de ce monde qu’il tentait encore de fuir, il pouvait un instant croire. Ici, dans le calme apaisant de ce lieu, il n’avait pas besoin de fermer les yeux pour se détendre. Même aveugle, il pouvait croire qu’il ne l’était plus. Ainsi, un sourire du passé se dessinait sur son visage tranquille.

Elle se couchait doucement. S’il ne pouvait la voir, il était capable de percevoir ce mouvement. Fin. Discret. Le glissement de son habit sur le parquet indiquait cet espace qu’elle créait. Si cela était invisible, quasiment imperceptible, il s’intriguait de ce mouvement. Puis, oubliant cette pensée sombre qui s’immisçait déjà dans son esprit paranoïaque, il tenta de garder son calme alors que, brisant le silence qui s’était installée, il l’écouta attentivement lui conter le pays d’où elle venait. Et, sourire aux lèvres, il essayait d’assembler quelques images mentales, venues d’un passé qui s’effaçait lentement. Le souffle lent, froid, le cœur battant au ralenti, il se montrait attentif à chaque mot que cette voix cristalline, unique caractéristique qu’il pouvait donner de l’Hoshino, prononçait. Il ne la savait ni grande, ni petite. Il ne savait rien de la couleur de ses cheveux, ou de leur longueur. Il n’aurait su la décrire à personne, sinon ce timbre qu’elle empruntait alors qu’elle lui parlait de sa nation. Tetsu no Kuni. Terre des Samouraïs. Terre de ce qu’elle appelait le Shogunat. Terre d’une hiérarchie.

Finalement, alors qu’elle finissait de décrire sa nation, il ne s’était pas encore arrêté de l’écouter. Attentif et curieux, il avait tenté de s’imaginer cet étrange territoire qu’il ne pouvait remettre sur une carte. Puis, alors qu’elle finissait de parler, curieux d’en apprendre encore plus, il se tourna dans sa direction, laissant ses cheveux tomber sur le côté. Sur son coude droit, les sourcils froncés sous son bandeau, marque d’une concentration intense, il laissa entendre ses premières répliques, ses premières réactions. C’était peut-être, alors, la marque de son ignorance. Se montrant à l’égal de ce qu’il était, un inconnu de ces terres, il laissait découvrir un sourire léger, encore attristé de ne pouvoir réellement voir.

« Je ne sais pas ce que sont vos montagnes et vallées. Je n’en ai jamais vu sur les îles de Mizu no Kuni, il me semble. »

Tranquillement, se redressant et s’asseyant là, mal à l’aise d’une proximité qu’il ne recherchait pas, il cherchait maintenant à se relever, perturbé par cette distance raccourcie entre les deux. Gêné, incapable de supporter longtemps cette présence féminine, il se pinça la lèvre inférieure en se tracassant de paraître malpoli. Bientôt sur ses deux pieds, il reposa son épaule contre le mur en bois. Croisant les bras devant son torse, imaginant ce monde qu’il ne pouvait plus voir, il parla d’une voix encore douce, teintée d’une tristesse nostalgique.

« Vous semblez attristée. Comme si vos terres vous manquaient, Eirin. »
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Lun 23 Oct 2017 - 14:00
Il avait réussi à la surprendre. Une manière assez commune mais pourtant les yeux de la jeune femme s’ouvrirent un peu plus sous ce sentiment. Des montagnes ? Oui il était vrai que finalement dans cet Archipel, la jeune femme n’avait pas pu apercevoir de montagnes ou tout simplement de reliefs… Alors que dans l’esprit de la samouraï, la chose était presque inconcevable qu’une âme de cet âge ne soit pas habituée à voir le monde par-delà les mers de Mizu no Kuni.

Sans se redresser, elle le laisse s’éloigner. Gêné ? Certainement. Eirin ne connaissait que peu les coutumes sociales des ninjas et encore moins du Pays de l’Eau. Il fallait dire que la première fois que son corps s’était posé à côté de feu son mari, lui-même avait un mouvement de recul, jeune homme innocent et perdu devant un corps féminin si étranger.

Ses cheveux blancs irradiaient le sol autour de sa tête immobile alors que son regard se perdait dans les boiseries du Dojo. « Comme si la terre se soulevait vers le ciel. Comme si elle trouvait la force en son sein de lutter pour s’élever toujours plus haut jusqu’à transpercer les nuages. C’est à ce moment que nombre de Yokais prennent vie avant de descendre dans nos terres guerrières. » Un monde empli de magie et de dangers qui avait toujours su attirer la jeune femme. On racontait que seuls les plus valeureux pouvaient être dignes de marcher parmi les esprits et secrètement, Eirin espérait un jour les apercevoir et de se dresser à leurs côtés ainsi que les combattre. Enfin, le shinobi avait certainement grandi avec d’autres traditions en tête dans son monde ninja si différent de celui de la guerrière aux deux lames.

Il lui parlait de mélancolie, elle retint un léger rire. Non, elle ne l’était pas réellement, du moins pas autant que la voie du Yuki incapable de voir le monde autour de lui. Le mal du Pays, un changement brutal. La jeune femme était parvenue jusqu’à ce Dojo avec l’espoir de progresser et trouver sa propre voie de guerrière pour un jour croiser le regard de son grand père comme son égale. Mais après quelques jours à découvrir le Village caché de la Brume, Eirin avait compris que les pleurs permanents accompagneraient tous ses gestes. Elle avait pu rencontrer quelques amis de Watari et le retrouver mais avait également découvert un monde où l’honneur semblait mort, où la valeur d’un guerrier s’en remettait à quelques épées douées de magie. Eirin ne remettait pas en cause leurs possibles forces mais elle avait quelque peu de mal à respecter des êtres obligés d’enchanter des lames pour combattre.

Son katana et son wakizashi avaient à ses yeux bien plus de valeur que n’importe quelle arme douée de magie.

« Tetsu no Kuni ne peut pas me manquer, ce pays est ancré dans mon âme à jamais. La force du Pays du Fer l’a forgée et y sera présente jusqu’à ma mort. » La jeune femme finit néanmoins par se redresser, assise sur les lattes de bois récemment vernies. « Être mélancolique des instants passés ne fait que nous ancrer dans nos chemins déjà parcourus. Comment espérer un avenir si votre âme ne la désire pas ? » Alors que d’autres mots se trouvaient prêts à être déversés, le corps d’Eirin se tendit brusquement alors qu’elle se remit debout, sa main posée sur fourreau de son katana. Un léger bruit. Discret mais qui approchait.

Sans un bruit, la samouraï écoutait, tentant de faire abstraction de sa propre respiration et celle du Yuki. Watari lui avait déjà dit que quelques Sabreurs avaient des griefs contre lui et son Dojo. Elle avait promis de veiller sur sa demeure et jamais parole donnée Eirin ne trahit.

Pendant de très longues secondes, elle resta ainsi, sans bouger, sans donner d’explications avant de redresser brusquement son visage quand un oiseau de papier apparut face à elle en sautant du toit. Un sursaut la saisit alors que par réflexe sa main attrapa l’oiseau animé de chakra. Délaissant son arme, sans attendre la Hoshino déplia l’origami et laissa son regard lire les quelques lignes finement écrites.

Watari. Qui lui parlait de partir avec des tigres blancs alors que quelques heures plus tôt, il lui avait fait signe de la main en partant à la recherche de Kuro. Le doute saisit Eirin. Son cousin avait peut-être réellement un souci avec le saké ? Dans quel possible bar avait-il pu finir ? Il lui disait l’aimer. Un sourire s’inscrit sur ses lèvres. Oui, elle aussi, c’est pourquoi elle l’avait rejoint à Kiri. Elle l’aimait comme le frère qu’il avait su être, comme l’inconnu qu’elle redécouvrait. La trace de la patte était également la marque d’un doute… Eirin replia le papier et le glissa dans la poche de son pantalon, soupirant. Dans quelle galère son cousin avait encore réussi à se mettre ?

« Watari vous a-t-il déjà parlé de tigres blancs ? Que cela se résume soit à des légendes de Mizu no Kuni ou un bar à saké d’ailleurs ? »

Enfin, aurait-il vraiment emmené Kuro boire ?
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Lun 23 Oct 2017 - 21:35
Les bras croisés sur son torse, la tête basse, l’épaule posée contre le cadre de la porte, il acquiesçait en silence. Il savait combien elle avait raison. Il savait que l’âme, tant est si bien qu’elle pouvait exister sans la moindre preuve tangible de celle-ci, était dessinée par les aventures vécues. Peut-être que d’une certaine façon, Mizu no Kuni ne pouvait jamais vraiment l’abandonner non plus, aussi loin qu’il pourrait partir. Il appartenait à ce territoire. Son cœur avait toujours vécu ici. Ses valeurs s’étaient construites là. Au sein des conflits. Dans le sang. Il avait appris à aimer. Il avait appris à haïr. Il avait appris. Loin de Kirigakure, il avait déjà appris. Le souffle lent, la tête pensive, il comprenait ce qu’elle entendait.

« Mais oublier les cicatrices de l’âme, c’est oublier l’espoir d’un autre avenir, meilleur. Aller de l’avant, c’est reconnaître les erreurs du passé, et travailler que celles-ci ne se produisent plus jamais. »

Puis il y avait eu ce long silence. Elle n’avait plus rien dit durant de très longues secondes, lui laissant même croire qu’elle s’était simplement évanouie, comme si elle en avait eu assez de leur discussion. Fronçant les sourcils, il avait eu l’envie de se retourner, de voir par lui-même si elle était encore présente. Mais, aveugle, il savait que son geste ne servirait à rien. Alors, il s’était contenté de tendre l’oreille, de patienter. Gardant le silence, il avait pris alors le temps d’écouter la nuit. Il écoutait les insectes qui chantaient. Il écoutait l’eau qui coulait, là, au loin. Il écoutait aussi, à quelques rues, le vacarme de quelques tardifs saoulards. Finalement, de tout cela, il écoutait uniquement le silence qui séparait l’ensemble. Comme si, entre tous ces sons, seule la tranquillité s’appréciait réellement.

Elle avait parlé à nouveau, abandonnant leur discussion précédente pour évoquer Watari. Les sourcils froncés, il cherchait dans son esprit ce qu’elle évoquait. Quelle histoire de tigres blancs ? Tentant de retrouver ses souvenirs fragmentés, il réfléchissait en silence à ce qu’elle entendait exactement. Puis, négativement, il avait secoué la tête, ne sachant exactement ce qu’elle voulait savoir. D’une moue un peu déçue, il savait que l’instant précédent, cet instant où ils avaient partagé, rompu par le souvenir de son ami.

« Non. Watari a toujours été un homme secret. Je n’ai jamais voulu l’interroger sur ce qu’il ne voulait pas me dire. »

Décroissant les bras, se remettant correctement sur ses deux appuis, remettant ses manches en place, il poussa un doux soupir.

« Il est fascinant de se dire comme le monde est étrangement différent une fois que nous sommes aveugles. Je ne verrai plus jamais la couleur d’un regard, ou le vent balayer une chevelure. Je ne peux même pas voir un mur, une pierre sur mon chemin. Le monde devient si effrayant, si hostile. »
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Mar 24 Oct 2017 - 0:17
En ce début de nuit, elle comptait grader le signe de son cousin dans sa poche. Mais sans faire part de ses craintes, la samouraï avait un mauvais pressentiment et se fit la promesse de partir à sa recherche si au lever de l’astre solaire, Watari ne donnait toujours pas de signe physique de sa bonne condition. A voir si elle le retrouverait totalement alcoolisée avec Kuro dans le même état ou s’il saurait la surprendre via les légendes de ces terres humides.

La jeune femme soupira, non pas qu’elle en voulait au Jônin de ne savoir l’orienter, mais une réponse même infime lui aurait suffi. Enfin Eirin faisait confiance à son cousin pour rentrer en un seul morceau quitte à ce qu’elle doive assurer les leçons du lendemain. Se détendant, la jeune femme écarta les quelques mèches pâles qui lui barraient le regard, celui même qui se reconcentra sur le guerrier Yuki. Il lui parlait de sa cécité, de sa blessure. Autant physique qu’une meurtrissure de l’âme. Cherchait-il à être rassuré ? Si tel était le cas, elle ne pouvait lui assurer d’un avenir heureux. Eirin vivait dans un monde de lumières et de couleurs, un monde de nuances et de spectres aux milles teintes, un univers si différent du noir éternel.

« La médecine peut peut-être vous être utile ? Et malgré le nouvel habit de vos yeux, le vent frappera toujours votre visage de la même manière. Vous pourrez toujours sentir une chevelure virevoltante, tout comme votre corps pourra toujours ressentir une douce étreinte ou le tranchant d’une lame. »

Eirin se doutait pour autant que reconnaître une certaine fragilité ne devait pas être chose facile pour le guerrier de glace. On lui avait parlé de sa puissance froide, et rares se trouvaient être les combattants aptes à reconnaître leurs faiblesses. C’était une réellement lourdeur que le Yuki semblait traîner au creux de son âme, brisée, torturée. Pourtant qu’Eirin le savait. C’était dans les heures les plus sombres que le soleil finissait souvent par réchauffer notre cœur. Appuyée de l’autre côté de l’encadrement de la porte, la jeune femme contemplait l’homme en ajoutant de cette voix toujours claire mais teintée de neutralité. « Mon cousin ne s’est pas attardé éternellement mais il m’a laissée comprendre que des dizaines de shinobis comptent sur vous. Si une seule blessure pouvait mettre à terre les plus grands, nombres de glorieux clans ne seraient que poussières aujourd’hui. »
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Mar 24 Oct 2017 - 0:51
Il avait doucement souri face aux remarques de la jeune femme. Sûrement n’avait-elle pas tort. Peut-être avait-elle raison de souligner qu’il pouvait encore compter sur la médecine. Mais il haussa les épaules. Non pas qu’il ne voulait pas entendre ce discours. Mais il ne voulait pas se permettre un tel espoir. Pas sur une probable potentialité. Les médecins avaient, à deux reprises, fait un choix. Il avait à jamais perdu ses globes oculaires. Aussi, plutôt que d’aller à l’encontre de ce qu’elle disait, il hocha négativement de la tête. Il savait qu’elle ne pouvait pas réellement comprendre. Pourtant, tentant une brève explication, il voulait faire savoir que cette condition, il l’acceptait bel et bien.

« J’ai perdu mes yeux et non ma vie. Peut-être que je les retrouverai un jour. Peut-être. Mais je ne veux pas fonder mon avenir sur cet espoir. J’ai perdu la vue, et il y a une raison. »

Poussant un soupir, il se tourna vers l’intérieur du Dojo. Et, se mettant à genoux, commença à tâtonner ici et là, à la recherche de cette canne salvatrice. Posant un instant la tête à terre, agacé de cette incapacité à se déplacer sans, mais aussi à la perdre systématiquement à chaque fois qu’il la lâchait, il vint à s’asseoir là, au milieu de la pièce, terminant ce qu’il racontait.

« Je m’habitue aux nouvelles sensations. Le vent est différent maintenant. Une étreinte est différente. Tout est différent maintenant que je ressens et vis le monde avec mes oreilles et le contact physique. »

Il sourit, tristement. Car avant de perdre la vue, tout se vivait à travers son regard. Les couleurs. Les gens. La vie. Tout, sans exception, se vivait à travers le prisme de son œil unique. Pourtant, aujourd’hui, il vivait dans l’obscurité. Perdu dans les ténèbres, il devait apprendre à trouver son chemin par d’autres moyens. Non plus comptant sur sa vue mais ses autres sens, longtemps oubliés et délaissés, il apprenait à vivre autrement. Il apprenait une autre vie. Finalement, se couchant sur un tatami, poussant un autre soupir, il se passa une main sur le visage.

« Le poids des responsabilités. J’ai toujours détesté. Le vieil Hideyoshi pensait que c’était cela qui me distinguait des autres et ferait de moi un bon Chef. »

Posant sa main au sol, il sentit sa canne, posée là. Aussi, se relevant un peu brusquement, cherchant la table, il vida bientôt les dernières gorgées de son thé. Et, se relevant, hochait de la tête.

« Votre thé est un chef d’œuvre, en bien des comparaisons à celui de votre cousin. »
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Mer 15 Nov 2017 - 2:09
Définitivement Eirin pouvait sentir que la flamme n’était pas encore morte. Pourquoi ? Elle-même avait dansé avec la mort. Pendant de longues années elle s’était battue pour se faire un nom à côté de celui de ses deux cousins et en une fraction de seconde, une lame brûlante avait su briser ses rêves, ses espoirs et son corps. Pourtant après des hurlements de douleurs, après des heures d’incertitude, après les craintes de ses proches, elle s’était redressée et avait embrassé la vie, repoussant le dernier souffle.

Il s’éloignait de nouveau. Amusant de voir qu’un gardé de Kiri semblait si peu apte à supporter la présence féminine. D’une certaine manière, il lui rappelait les jeunes samouraïs fougueux mais timides qui tremblaient en écrivant une lettre d’amour à leurs promises. Enfin, sinon cette comparaison, Eirin n’était pour autant pas persuader qu’il pouvait se trouver de nombreux points communs entre ce maître des glace et les adolescents du Pays du Pays.

Se décalant légèrement vers l’intérieur, appuyée contre un des murs en bois principal du Dojo, elle le contemplait. Ses gestes brusques, mal assuré mais également la crainte qui se situait dans chacun de ses mouvements. Sourient face à celui qui tentait d’apprivoiser son environnement, la jeune femme ne bougeait pas. Sadisme ? Pas réellement. Eirin n’était pas femme à considérer un homme comme un enfant et l’aider serait simplement lui rappeler son handicap et son incapacité à prouver sa valeur pour une simple canne.

« Les responsabilités sont incombent souvent, il ne tient qu’à nous d’en faire une force. » La responsabilité d’un nom, d’une famille, d’un être cher, d’un honneur… Oui, la vie était faite de responsabilités et même si certaines pouvaient être lourdes à porter, Eirin se doutait que les larges épaules du guerrier pouvaient et pourraient porter un clan, même dans l’obscurité.

Alors que la jeune femme se tenait prête à le remercier simplement pour les quelques compliments liés au breuvage encore brûlant… Un miaulement. Eirin se redressa vivement. Kuro. Pourtant la voix de Watari ne l’accompagnait pas… Et le chat n’était toujours présent devant eux. « Mon cousin ne tient certainement pas à vous laisser seul. Et décemment, je dois aller chercher la boule de poils qui lui sert de compagnon. Si je vous indique le chemin et vous laisse votre arme de fortune, m’accompagnerez-vous ou dois-je laisser le chat espérer ? »
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Soirée au cœur du Dojo [PV Eiichiro]

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