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De borgne à aveugle, il n'y a qu'un oeil (Pv: Yuki Eiichiro)


Dim 24 Sep 2017 - 16:40

Le regard tourné vers le ciel, Kinoko observait les nuages. Comme toujours ou presque au sein de Mizu no Kuni, la pluie ne cessait de tomber. Le visage trempé et les cheveux humides, la kunoichi cachait sa cigarette noire avec sa prothèse. Drôle de façon de l’utiliser, après tout il s’agissait d’une arme à la base. Tout en inspirant une grande bouffée de fumée blanche, la femme se surprit à penser au jour où elle avait perdu son bras. Bien entendu, de tels souvenirs étant tout sauf agréables, elle s’efforça de penser à autre chose. Cela devait faire déjà plus de cinq minutes qu’elle s’était absenté de son établissement. Bien qu’elle ait confiance en ses employés, elle préférait garder le contrôle de la situation.


Après avoir écrasé sa cigarette dans sa main de substitution, elle laissa le mégot tomber en compagnie de nombreux autres. Fumer était son petit péché mignon et l’état de la ruelle derrière l’auberge en témoignait parfaitement. Le pas rapide, Nasu retourna à l’intérieur. Il y faisait chaud, de quoi sécher rapidement ses vêtements. Laissant sa cape sur un porte-manteau, elle se rendit derrière le comptoir. Minami, sa plus jeune employée ne mit pas longtemps à la rejoindre. Tout juste majeure, ce petit brin de femme était une travailleuse assidue. Malheureusement, elle était encore très maladroite et Kinoko ne comptait pas le nombre de fois où elle avait déjà laissé des commandes tomber par terre.


« Oh, vous êtes de retour Kinoko-sama, dit-elle avec entrain.

- Comme tu peux voir. De nouveaux clients sont-ils arrivés durant ma pause ? demanda la patronne en balayant rapidement la salle du regard.

- Trois personnes ! s’écria-t-elle

- Très bien. Le couple près de l’âtre, je suppose. Qui est le troisième client ? s’interrogea Nasu.

- Le type là bas, répondit Minami en pointant du doigt un homme.

- Il n’a pas l’air très loquace... Qu’a-t-il commandé ?

- Pour le moment, juste une bouteille de saké. Un Semi o Kiru il me semble, précisa la jeune serveuse.

- Il a du goût visiblement, expliqua la patronne presque pour elle même.

- Au fait, le couple m’a commandé deux chirashi maison, dont un sans avocat.

- Je m’en occupe », répondit la femme sans quitter l’inconnu des yeux.


Depuis le temps qu’elle faisait ce métier, Kinoko avait le don pour cerner les gens. Cet homme seul qui commandait une bouteille de saké ne la laissait pas indifférente. Quelque chose en lui la touchait. C’était comme si sa peine se répandait jusqu’à elle. Était-il seulement triste ? La femme aurait pu le jurer, mais elle avait du travail en cuisine pour le moment.


Tournant le dos, elle quitta la grande salle. Deux chirashi maison, ce ne serait pas bien long à préparer. Après s’être lavé les mains, elle se mit au travail. Par chance pour le petit couple, l’auberge disposait en cette belle soirée de poissons à la fois frais et de grande qualité. Un ami d’enfance qui travaillait toujours comme pêcheur lui avait fait un très bon prix ce matin sur une cargaison de thon rouge.


Pourtant, sans savoir vraiment pourquoi, Kinoko n’arrivait pas à se retirer de la tête ce mystérieux inconnu. La tête ailleurs, elle se coupa même le bout de l’index. Par chance, les plats qu’elle préparait n’en furent pas affectés. Après une dizaine de minutes, la tenancière revint en salle avec les deux plats en main. Lorsque Minami remarqua le retour de sa supérieure, elle se rua vers elle pour aller servir le couple. Tout en soupirant, Nasu s’assit derrière le comptoir. Son doigt la faisait souffrir, quelle imbécile de se laisser distraire alors qu’elle utilisait un couteau à la lame si effilée.


Tel un chef d’orchestre, Kinoko organisait le service au sein de l’auberge en restant derrière le comptoir. D’une main de maître, elle dirigeait ses employés au gré des situations. La soirée continuait d’avancer, bière et saké coulaient à flot. L’étranger commanda même une nouvelle bouteille. Y voyant là une belle occasion d’engager la conversation avec cet homme qui occupait son esprit depuis un bon moment déjà, Nasu décida de le servir en personne.


Une bouteille neuve de Semi o Kiru à la main, la tenancière s’avança en esquivant les clients déjà très alcoolisés. Sur son passage, elle serra quelques mains et offrit un ou deux sourires. Ses clients l’appréciaient et cette affection était réciproque. Arrivant au niveau de l’inconnu, elle put l’observer plus en détails. Bien qu’il ait globalement une allure noble, il semblait négligé. Ses cheveux de jais étaient en bataille. Jusque là, rien de bien intéressant. Toutefois, un détail attira vite l’attention de Kinoko. Devant les yeux de l’homme se trouvait un bandeau lui masquant la vue. Quelle en était la raison. Était-il blessé ou aveugle ? Impossible à dire présentement.


Au vu du bruit et de l’ambiance qui régnait au sein de l’auberge, il y avait fort à parier que l’homme ne devait pas l’avoir entendu arriver. Elle posa donc la bouteille avec délicatesse pour ne pas le surprendre. Sa prothèse posée contre sa hanche, la femme ne cessait de le toiser.


« Une deuxième bouteille moins d’une heure après votre arrivée ? C’est pas la forme j’ai l’impression, dit-elle avec compassion. Vous ne voudriez pas que je vous prépare un bon petit plat pour accompagner l’alcool ? », le questionna-t-elle ensuite.


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Dim 24 Sep 2017 - 18:52
Cela faisait maintenant plusieurs jours qu’il était revenu de Shîto. Si pourtant il fuyait les responsabilités inhérentes à ses positions, s’il continuait de s’isoler comme il le faisait, le Yuki n’était pourtant pas sans rien faire. Ou, plutôt, il ne faisait plus rien de réellement productif. Avec sa nouvelle cécité, il avait découvert un nouveau monde. Différent. Plus effrayant. Où les gens existaient par leurs bruits et leurs touchers. A son retour, il avait découvert l’absence de sa Passion. Ueno ne voulait plus le voir. Et, soudainement, la terrible solitude s’était abattue sur l’esprit de l’aveugle. Il ne pouvait voir personne. Brutalement, il se sentait plus seul que jamais. Aussi, régulièrement, le soir, effrayé par l’abandon, il sortait. Jamais au même endroit. Un temps, il vagabondait dans les rues, jusqu’à entendre un peu de ces bruits flatteurs, de rires aux éclats, de chants et d’ambiance survoltée. Parfois, il s’installait là, tentant comme il pouvait de s’intégrer à un groupe qui, finalement, l’ignorait. Le plus souvent, il ne cherchait pas les lieux les plus bruyants, qui le faisaient encore souffrir de maux de tête, mais il se rendait là où les odeurs éveillaient son estomac à un appétit nouveau.

Ce soir-là ne changeait pas à son habitude. Loin de trouver le recueillement nécessaire, l’homme avait quitté un peu plus tôt le Domaine Yuki et s’en était allé à travers les rues de Kiri. Parfois, il s’arrêtait là-bas, quelques minutes, ou ici, pendant quelques instants. Il écoutait, principalement. Il prenait aussi le ton de sentir, sous ses doigts, le bois humide. Tristesse marquée sur son visage, pas souvent bien lents, il traînait et ruminait largement les nombreuses questions qui restaient sans réponse. Car, le plus souvent, il ne savait que faire exactement. Car personne ne comprenait réellement son tourment. Personne ne pouvait connaître la descente qu’il vivait, chaque jour, de se lever sans pouvoir définir l’heure. D’être incapable de cuisiner sans se brûler. D’être seul, au réveil, sans personne pour nous rassurer. Triste, tel était sûrement le sentiment le plus vivant qu’il ressentait durant ces longues journées où les Geôles le fatiguaient. Où le Clan le fatiguait. Pouvait-il seulement se défaire de ce sentiment étrange et lancinant qui s’agrippait à ses entrailles ? Poussant un soupir, passa bientôt le pas d’une auberge au vacarme tranquille, loin de l’exagération de certaines tavernes plus animées (et qui finissaient régulièrement dans des luttes de tables et de fenêtres). D’un pas mal assuré, bousculant au passage quelques habitués qui ne désiraient pas de son contact involontaire, il vint à finir par trouver une place, libre, près d’un mur, légèrement à l’écart du centre plus bruyant, et s’installa. Sentant la présence, relevant légèrement la tête et dévoilant la triste réalité de son bandeau, il souffla brièvement.

« Votre meilleur Saké, le Semi o Kiru, si je ne m’abuse ? »

Il était aveugle, mais il n’était pas encore sourd. Passant entre les habitués, il avait entendu ceux-ci vanter la qualité supérieure du produit. Ils en disaient que du bien et, se laissant aller à l’humeur joyeuse collective, il passa la commande si coûteuse. Silencieux, il souriait aux blagues, il écoutait attentivement tandis que, d’une main, il gardait la coupe, de l’autre la cruche servie en même temps. Personne ne vint réellement lui parler car il était seul. Parfois, il sentait le regard de certains, qui jugeaient son bandeau. Il sentait tantôt le mépris du Shinobi, tantôt de la pitié. Et cette pitié méprisante, il s’y habituait dans le silence de son existence. Alors qu’il était entouré de nombreuses personnes, il continuait de se sentir. Il se sentait plus seul que jamais. Car même entouré de ce monde, lui, n’avait bel et bien personne. De nouveau, ce silence qui hantait son âme.

Le temps passa. Peut-être une trentaine de minutes. Peut-être plus, sans qu’il ne sache exactement ce qu’il en était. La gorge serrée, il avait déjà commandé une deuxième cruche pleine du même Saké qui coulait si légèrement entre ses lèvres. Appréciant la qualité de la boisson, il finissait déjà la première cruche. Et, dans le silence qui tombait suite à sa dernière gorgée, il sursauta légèrement lorsqu’une voix féminine le surprit, s’étant rapprochée dans le vacarme général. Les sourcils froncés, distinguant péniblement la voix féminine, il sortit de ses longues ruminations solitaires, tentant d’effacer la nostalgie d’un temps où son regard voyait. Relevant la tête, tentant un bref sourire, il hocha de la tête pour la saluer. Avec le sourire, élevant la voix pour se faire entendre de cette dernière, il parla.

« On passe le temps comme on peut. Aujourd’hui, votre Saké est le meilleur compagnon que j’ai trouvé. »

Laissant un sourire timide apparaître sur le bas de son visage, seule partie réellement visible sinon son nez, il haussa les épaules devant la demande si particulière de la femme. Est-ce que cela aiderait seulement à sa méprisable humeur ? Néanmoins, il imaginait que la demande n’était pas directement faite à tous les clients. Autant accepter l’offre généreuse.

« Vous pouvez me faire votre meilleure recette et spécialité. »

Un autre sourire. Il n’avait pas réellement faim mais il ne comprenait pas la soudaine attention qu’il recevait, particulièrement car la voix n’était plus celle de la première rencontrée. Aussi, sans être pour autant sur ses gardes, le Yuki se questionnait sur la curieuse apparition d’une autre femme que celle qui, à plusieurs reprises, lui avait légèrement parlé.

« Vous auriez des chambres, dans le cas où je viendrais à abuser de votre alcool ? J’aimerais éviter que toutes les rues découvrent un ivrogne aveugle. »
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Lun 25 Sep 2017 - 0:11

L’inconnu sursauta quand Kinoko l’invectiva. Il ne l’avait pas vu arriver, ce qui semblait confirmer l’hypothèse de sa cécité. Le coeur noué, la femme se dit qu’elle n’était pas passé si loin d’un tel drame dans le passé. Bien qu’elle ne soit que borgne, elle partageait sa détresse. Ce devait être ce qui l’attirait chez cet homme d’âge mûr. La réponse qu’il donna l’attrista un peu plus encore. Certes, les âmes en peine étaient son fond de commerce, mais ça ne voulait pas dire pour autant qu’elle aimait les voir souffrir. Qu’une bouteille d’alcool face office de compagnon était bien triste, même pour une aubergiste.


Nasu n’eut pas grand mal à voir que les sourire que l’homme lui offrit étaient factices. Il agissait ainsi pour tenter de cacher la peine qui le rongeait. Quelle pouvait-elle bien être ? Buvait-il pour oublier un amour perdu ? Cela avait-il un rapport avec son apparente cécité ? Ou bien encore s’agissait-il d’un ninja revenant d’une mission ratée. Oui, si Kinoko pouvait dire une chose, c’était que cet homme était shinobi. À ses yeux, cela ne faisait aucun doute. Il dégageait une aura de puissance. Son chakra devait être puissant et la kunoichi de peu d’expérience sentait qu’elle n’avait pas à faire à n’importe qui.


L’aubergiste afficha un sourire sincère quand l’inconnu accepta de manger. Après tout, boire le ventre vide était rarement une bonne idée et elle ne voulait pas le voir finir la tête dans le caniveau. Ce serait bien dommage qu’un si joli minois se retrouve couvert d’un mélange de boue et de vomi.


« C’est ce que j’aime entendre ! s’amusa Kinoko. Mon meilleur plat donc ? C’est parti. Oh, et pas de soucis pour la chambre, mais ce sera plus cher bien sûr », précisa-t-elle avant de s’éloigner.


L’air radieuse, Nasu prit la direction des cuisines. Elle était de bonne humeur. Donner un peu de réconfort à une âme en peine faisait partie des choses qu’elle appréciait le plus faire au sein de son établissement. Une fois isolée, elle se demanda ce qu’elle pouvait bien lui préparer. Le poison du matin étant de qualité, il valait mieux privilégier un plat qui en comporterait. Nul besoin de s’aventurer du côté du poulet ou du boeuf dans le cas présent. En y pensant, Kinoko décida qu’il valait mieux tabler sur une valeur sûre. Elle ne connaissait personne au sein de Kiri à ne pas apprécier ses sushis. Ce n’était, certes, pas une recette très compliquée, mais elle faisait toujours son petit effet.


Après s’être munie de son couteau, la femme commença à couper de fines tranches de saumon. Désireuse de satisfaire les papilles de l’inconnu, elle ne se contenta d’une seule variété de poisson et s’attela à dresser une assiette à la fois complète et variée. Nul doute qu’il allait apprécier ce bon petit plat. Avant de retourner en salle, Kinoko prépara un bol de sauce salée et un autre de sauce sucrée. pour conclure, elle place un peu de gingembre et de wasabi sur l’assiette. Fin prête, elle prit la direction de son client aveugle.


Sur le chemin qui la séparait de sa table, elle manqua de percuter de plein fouet le même individu alcoolisé qu’à son premier trajet. Tout en haussant les sourcils, elle soupira en se demandant ce qui la retenait de le foutre à la porte séance tenante. Faisant taire bien vite son agacement, elle s’approche de l’homme. Elle constata qu’il avait déjà entamé la seconde bouteille de saké. Il ne perdait pas de temps. D’un autre côté, elle avait bien mis dix minutes à lui cuisiner ce plat. Pouvait-elle espérer d’un client qu’il reste assis ici sans consommer ? Non, absolument pas et ce serait ridicule.


« Votre plat est là, dit Nasu en posant l’assiette sur la table. Il s’agit d’un assortiment de sushis. La majorité sont au saumon, mais il y en a quelques un à l’ôtoro. Vous pourrez aussi en trouver à l’avocat et aux oeufs de saumon, lui expliqua-t-elle. J’espère que vous apprécierez votre repas », conclut-elle guillerette.


Toujours debout, Kinoko regarda autours d’elle. Près du bar, Minami faisait de son mieux pour ne pas céder sous la pression tandis que Jinpachi, son second serveur, s’en tirait aussi bien qu’à l’habitude. Considérant que ses deux employés pouvaient bien se passer d’elle pour le moment, elle décida de tirer une chaise pour s’assoir aux côtés de l’inconnu. Tout en s’allumant une cigarette, elle ne cessa d’observer son bandeau.


« J’en oublie les notions les plus élémentaires: Kinoko Nasu, patronne de cet établissement, expliqua-t-elle avec fierté. Si vous n’y voyez pas d’objection, j’aimerai bien rester un peu avec vous. Un repas est toujours plus agréable accompagné d’une bonne discussion ne croyez-vous pas ? », lui demanda la tenancière en soufflant sa fumée par le nez.



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奈須 きのこ
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Sam 30 Sep 2017 - 17:16
La Solitude. Ce terrible maux qui le rongeait de plus en plus. Isolement. Abandon. Des maux implacables. Insondables. Son esprit, guidé par ses anciens vices, semblait se morfondre toujours un peu plus dans l’étroitesse d’une vie où, soudainement, plus personne n’était vraiment là pour lui. Était-il donc condamné à cette vie de miséreux où, comme un vieillard, il aurait besoin, jusqu’au bout, de l’assistance d’autrui ? Pouvait-il seulement se passer des autres ? Car ce soir, comme tant de soirs, il n’avait pas su rester seul. Pourtant, alors qu’il patientait silencieusement le retour d’une serveuse qui lui aurait préparé un plat, il se sentait tout aussi seul. Entouré de ce monde, la solitude le prenait à la gorge.

Il sursauta lorsque la même voix revint vers lui. Car il ne pouvait pas voir, il devait écouter. Mais il ne l’avait pas entendue arriver. Tentant un mince sourire de remerciements, il hocha principalement la tête, tentant de se concentrer uniquement sur sa voix. Elle lui détaillait l’ensemble du repas, essayant sûrement de lui mettre l’eau à la bouche. Peut-être était-ce sa façon, bien que maladroite, de compenser la brutale cécité du Yuki. Elle tentait alors de lui offrir une image précise de ce qui se présentait sous lui. Mais s’il ne voyait pas, il pouvait encore bel et bien sentir, voire même goûter au charmant plat qui, selon les prévisions et les dires, se présentait comme alléchant.

Ce fut le bruit de la chaise tirée qui lui arracha une grimace, alors qu’il posait une main à son oreille gauche, comme attaquée par ce grincement imprévu. Comme si quelqu’un tirait brutalement une chaise sans la soulever. Un bruit anodin qui ne devait faire tourner personne dans cette auberge mais qui irritait la nouvelle sensibilité auditive du Yuki. Puis, alors qu’il se remettait de cette agression, il comprit que c’était bien la personne face à lui, une femme se présentant comme la patronne. Elle se nommait Kinoko Nasu et, demande insolite, elle souhaitait lui parler. Déjà relevait-il la tête, surpris par l’incongruité du phénomène. Tâtonnant à la recherche de son assiette, qu’il atteignit bientôt, il haussa les épaules devant l’étrange requête. Et, avec le sourire de l’homme attristé, il hocha un peu de la tête.

« Vous savez, je ne suis qu’un autre client. Ici, vous êtes la patronne et si vous souhaitez vous asseoir à la table, je n’ai pas mon mot à dire. »

Si son récent statut de Chef de Clan lui avait bien appris quelque chose, c’est qu’il était au pouvoir, en charge de décider. Aussi, s’il prenait une décision, s’il donnait un ordre, il était important que les autres le suivent, peu importe ce qu’ils pensaient. Aussi, même si elle lui posait une question, elle était bel et bien la seule cheffe de ces lieux. Car s’il savait maintenant qui elle était, l’inverse n’était pas aussi vrai. Aussi, prenant un sushi entre ses doigts, l’apportant à sa bouche, sa main vint tâtonner à la recherche de la cruche de Saké, encore largement disponible.

« Vous êtes donc tout à la fait la bienvenue pour prendre repas avec moi. Mais que me vaut la chance d’une rencontre en tête en tête avec la gérante de ce lieu ? »

Il souriait. Bien sûr que son esprit, par éclair de lucidité, se montrait encore impitoyable envers ces gens. En réalité, il ne comprenait tout simplement pas pourquoi cette femme comptait s’arrêter pour lui parler. Était-elle donc tant attirée par sa cécité qu’elle ne pouvait s’empêcher de pousser sa curiosité malsaine jusqu’au vice de parler à l’aveugle ?

« Yuki. Yuki Eiichiro, Chef du Clan du même nom. »

Et, comme à chaque fois, il savait que la prochaine question concernait cette fameuse cécité dont tout le monde voulait entendre l’histoire. Était-elle le fruit d’un véritable combat titanesque ? Ou le fait d’une incroyable traîtrise ?
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Dim 15 Oct 2017 - 10:44

Face à l’arrivée de la tenancière à sa table, le ninja sembla se mettre sur la défensive. Il expliqua qu’elle n’avait nullement besoin de demander pour s’assoir. Après tout, n’était-elle pas la patronne de cet établissement ? En réalité, la question ne se trouvait pas là. Certes, cet endroit lui appartenait, mais elle était une commerciale. Son but était de vendre ses produits. Pour ce faire, il fallait faire en sorte que le client soit roi, et surtout pas que le propriétaire le soit. Ce serait là une erreur des plus bêtes. Qui plus est, il s’agissait aussi de la plus élémentaire des politesses. Peut-être bien que cet homme seul souhaitait le rester. Il arrivait, après tout, assez fréquemment que des clients recherchent la solitude, en compagnie d’une bouteille d’alcool. Il ne semblait pas être de ceux-ci, mais Kinoko pouvait se tromper.


« Au contraire mon bon monsieur, rétorqua Nasu d’une voix chantante, ici le client est roi. Quelle hôte ferais-je si je m’abrogeais le droit de gêner la tranquillité de mes clients sans leur consentement ? », lui demanda-t-elle avec un sourire.


Pendant que Kinoko parlait, le bel aveugle tenta tant bien que mal de se sustenter. Usant directement de ses doigts, il s’empara d’un sushi qu’il porta à sa bouche. La femme se sentit alors bien bête d’avoir placé des baguettes à droite de son assiette. L’espace d’un instant, alors qu’elle terminait de préparer son plat, elle avait oublié son infirmité. Quelle idiote elle faisait ! Gênée, Nasu croisa les bras contre sa poitrine en s’enfonçant contre le dossier de sa chaise. Par chance, l’homme ne pouvait pas voir son erreur. C’était une bonne chose. Finalement, après qu’il ait terminé de savourer sa nouriture et qu’il se soit désaltéré, il accepta que que la tenancière lui tienne compagnie. Il se demanda cependant ce qui pouvait bien lui valoir un tel traitement de faveur. Il conclut ensuite en se présentant.


Kinoko eut d’abord envie de rire face à la question de son interlocuteur. Lui parler en tête à tête était une chance ? Quelle blague ! Elle n’était qu’une simple tavernière dans le civil et une misérable genin dans le militaire. En revanche, pour sa part, l’homme était le grand Yuki Eiichiro. Loin d’être un quidam, ce shinobi était à la tête du puissant clan Yuki. C’était une sommité, à n’en pas douter. Par respect pour son supérieur et ainé, Kinoko se releva et effectua inclina le dos.


« Yuki-sama, honorée de faire votre connaissance, lui annonça-t-elle avec fougue. C’est la première fois que nous nous rencontrons, j’ignorais ce dont vous pouviez avoir l’air. Je suis moi-même ninja. Oh, une simple genin en revanche, la direction de cet établissement me prend bien du temps », expliqua Nasu, toujours debout.


Il arrivait que des grands noms du village viennent passer du temps chez elle, mais cela n’arrivait pas non plus tous les jours. Il y a avait bien son ami Hanzô qui était un habitué, mais en dehors de lui, ce n’était vraiment pas une habitude. Heureusement, Kinoko était douée pour faire face à ce genre de situations. Comme elle avait reçue l’autorisation de lui tenir compagnie, la femme décida de se rassoir. Elle était certes respectueuse en vers cet homme, mais il ne l’intimidait pas pour autant. Après tout, qu’avait-elle à craindre ? Il n’avait aucune raison de lui vouloir du mal, et de ce qu’elle avait put voir, il ne semblait pas au mieux de sa forme, nonobstant sa cécité. Elle voulait lui venir en aide, faire en sorte de l’apaiser. Pourquoi ? Elle même ne le savait pas. Sa compassion venait peut-être du fait qu’elle soit à la fois borgne et manchote. Nasu ne savait que trop bien ce qu’on pouvait ressentir après un handicap récent. Il y avait donc fort à parier que c’était bien le cas de cet homme. Qui plus est, elle n’avait jamais entendu dire que le chef du clan Yuki était aveugle. Oui, ce devait être récent. Par expérience, elle savait qu’il ne voudrait pas parler de cet évènement, certainement encore très douloureux dans sa mémoire.


« Pour être honnête, vous sembliez seul et triste. Je préfère voir un bel homme sourire plutôt que de le voir broyer du noir, affirma-t-elle le ton taquin. Pardonnez ma familiarité, je voulais simplement prendre soin d’un client. Maintenant que je sais qui vous êtes, il est évident que j’ai le devoir de bien m’occuper de vous », conclut-elle en souriant, avant de se rendre compte qu’il ne pouvait pas le voir.


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奈須 きのこ
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De borgne à aveugle, il n'y a qu'un oeil (Pv: Yuki Eiichiro)

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