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[Mission C] Chasse à la sorcière


Lun 25 Sep 2017 - 22:13

Il était déjà tard, le soleil tant endormi que le village lui-même était vide sur les routes que j'avais emprunté pour me rendre à l'hôpital général. Sôsuke, le Nidaime Mizukage, m'avait, plus tôt dans la journée, assigné une tâche à accomplir qui, selon lui, pourrait faire avancer bien des points au sein même des discordes de Kirigakure. Je le rejoignais à ce propos, mais ce que j'espérais par dessus tout, à défaut que cela ne soit que d'ordre personnel, c'était que les accusations révélées par l'un des rapports sur le Soshikidan soit véridique. Ainsi, peut-être que les partisans de la vieille femme se rendraient compte qu'il était nécessaire de la destituer. Je pensais notamment aux Kaguya. L'entrevue avec deux de leurs membres, il y avait maintenant un bon bout de temps, avait bien signifié qu'ils furent rangés auprès de l'ancienne ombre de la brume. Cette pensée pour le clan des os n'était nullement anodine. Bien au contraire alors que je pénétrai au sein de leur antre. L'Hôpital était, à juste titre, leur domaine, et ce fut sous l'ère Benten que cela avait été plus officiel. Mais un détail m'obligeait à me questionner : Comment les Kaguya pouvaient ne pas être au courant de cette affaire alors que l'investigation me menait sous leurs yeux ?

Récapituler les informations. Benten a été choisie pour être première ombre de l'eau par le feu Daimyô Naragasa. A sa prise du pouvoir, elle avait décrété dans un premier temps l'arrestation des autres prétendants au rôle. Parmi ces derniers il y avait Hattori Yasuhito et Fuji Asura, deux membres -ou anciens membres- de la Confrérie des Sabreurs. Ainsi s'en étaient suivis les conséquences, autant pour la vieille kunoïchi que nous-même. Shiori enfermée, puis menée à l'Hôpital. Je commencerais par là, par ce qui avait pu se passer de si grave pour qu'elle soit internée ici. Mamie Seringue avait-elle rendu visite à sa détenue ? Rien qu'à l'idée de ressasser le nom du maître des Geôles et ses méfaits, j'en avais la nausée. Concentration. Après ça les événements qui avaient suivi m'étaient bien connu : l'assaut et la fuite. Il ne restait plus que cette fameuse annonce publique du groupuscule au Pays du Feu. O’Dui S. Benten, a pris le pouvoir dans l’unique but de mener des expériences librement afin de s’accorder un rêve ignoble : celui de vivre plus longtemps que quiconque. se répétait dans mon esprit.

Avançant dans le hall, mes pas résonnaient que peu dans la grande salle qui m'accueillait. Des lumières éclairant encore certaines salles et qui se réfléchissaient sur le sol. Gardant calme et sereine ma respiration, je me fis peu entendre au premier abord. Un coup d’œil à droite, puis à gauche, et enfin je me dirigeai vers une première porte, entrouverte, donnant sur une petite salle. Sans même y entrer je me donnai à la curiosité d'un simple jet du regard. Éloignant mes yeux du seuil, je vérifiai autour de moi en laissant entendre deux légères frappes sur cette porte, je la poussai au passage, l'ouvrant plus encore. Furtivement, je rentrais, la tête vers l'intérieur, le visage sans aucune expression, au cas où finalement je me ferais prendre.

Un bruissement signalant la présence d'une femme me fit m'arrêter dans ma progression, alors que je détaillais la pièce, mon regard se planta sur elle. Mentir, être franche, finalement je miserai sur l'honnêteté. « Bonsoir, veuillez m'excuser pour mon intrusion. » La politesse n'était pas mon fort, mais ne fallait-il pas que je l'ai dans ma poche pour accéder à plus si affinité ? « Je viens sur ordre du Mizukage, il m'envoie vérifier quelques registre d'entrée et de sortie datant de la Shodaime Mizukage. Pourrais-je y avoir accès, s'il vous plaît ? » Et au pire des cas peut-être que je parviendrais à l'endormir si elle s'avérait trop farouche.

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Dernière édition par Nakamura Ueno le Mar 3 Oct 2017 - 20:26, édité 1 fois
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Mar 3 Oct 2017 - 18:24
Un bruissement de porte suivi d'une voix, voilà bien quelques heures que l'adjointe de l’hôpital n'avait reçu aucune visite. La paisible ère qui baignait Kiri n'était pas de son goût à elle qui prenait plaisir à voir les hommes et femmes blessées défiler.

Soupirant sa gaité d'avoir une sollicitation, elle comprenait dès lors que la kunoichi n'était pas venue pour taper la causette. Nulle surprise quant à la raison de sa venue, il était tout à fait prévisible que l'admission du Nidaime soit synonyme de remue-ménage.

"Bien, bien..."

De ses deux globes peints sur son front, elle s'en alla calmement vers un mobilier afin d'en retirer deux lourds et imposants bouquins qu'elle entreposa sur un bureau juxtaposant le sien.

Ouvrant l'un d'eux à une page définie, un œil curieux pourrait se rendre compte de l'aspect soigné des ouvrages. Les lignes étaient tracés délicatement, la calligraphie était impeccable et aucune case n'était omise si l'on faisait omission de certains trous et ratures dessinées mystérieusement à la hâte.

Aiguisant un fin sourire, la vieille femme rejoignit dès lors sa place initiale sans manquer de signifier son amusement d'un sourire sénile.

"Bon courage jeune femme, vous en aurez besoin."

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Mar 3 Oct 2017 - 20:44

De toute évidence, force était de constater que cette dame devait bien s'ennuyer ici, seule, derrière son bureau. Ses marques sur le visage signifiaient assurément son appartenance au clan Kaguya, et pas des moindre probablement, la crème de la crème : Deuxième affirmation. Un sourire, large et cordial bien que peut-être un tantinet forcé, parcourut mes lèvres laissant entrevoir un bout de ma blanche dentition. Il me fallait cette vieille secrétaire dans ma poche, mais je me doutais bien que ce ne serait pas chose aisée, je n'étais pas la plus avisée en matière de relation humaine. Alors, silencieuse, je la laissai ramener ces deux ouvrages qu'elle eut la gentillesse de m'ouvrir à la bonne page, du moins j'osais l'espérer. D'une main je sortis les documents prêtés par Sôsuke tandis que je la remerciai d'un ton doux mais ferme. Je glissai mon index sur les pages ouverte, et la phrase de l'employée me fit tiquer. Bonne chance. Or je n'en montrai rien et continuai à comparer les deux témoignages.

Ce qui attira d'abord mon regard furent immédiatement les gribouillis dessinés qui tâchaient salement le gros livre. Le deuxième aussi. Quel dommage de vouloir falsifier un tel document qui avait dû prendre bien du temps à quiconque le tenait. « Si je peux me permettre... Qui a accès à ces dossiers madame ? » Mon timbre de voix était bien moins éloquent, un peu plus suspicieux. « Ne trouvez-vous pas désolant, madame, qu'un tel travail soit gâché par ces coups de crayon... Tellement précipités que certains coins sont déchirés ? » Mon regard vaquait entre l'une et l'autre des mes informations. D'une part les livres, registres officiels de l'Hôpital Général, et de l'autre ces papiers, copies conformes de ce que le Nidaime avait mis à ma disposition. Quelque chose clochait là-dessous, c'était évident, et il fallait que je découvre le pourquoi du comment. Benten, dans sa fuite, aurait-elle fait escale jusqu'ici ? Aurait-elle employé quelqu'un pour qu'il se charge d'effacer des preuves de ses méfaits ? Je devais en avoir le cœur net. Quitte à user de n'importe quel moyen.

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Mer 4 Oct 2017 - 1:16
Le feuilleton de la journée semblait bien parti, à peine la kunoichi était-elle arrivée qu'elle assénait déjà les premières question à la vétérane. Toujours armée de son fin sourire maternelle, elle baignait la Sabreuse d'une expression bien heureuse avant de répliquer.

"Allons jeune dame, j'imagine que le Nidaime ne vous a pas positionné ici uniquement à cause de vos beaux yeux."

Elle l'incitait à la réflexion.

"A votre avis, qui pourrait bien avoir accès aux dossiers ?"

Acquiesçant à ses propres mots, elle laissait s'échapper un temps de pause avant de reprendre parole.

"Des fois, certaines personnes sont plus maladroites que d'autres, notamment certaines jeunes filles qui ne sont plus si jeunes, certaines personnes haut-placées qui ne sont plus si haut-placées. Ainsi va la vie dans les couloirs de l'hôpital."

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Mer 4 Oct 2017 - 16:14

Plus mes perles d'émeraude étaient rivés sur ces bouquins et plus l'évidence semblait plus flagrante encore. Sur mes papiers se trouvaient des dates, des heures qui situaient les allers et venus de la Shodaime. Or, sur les livres, les endroits qui empêchaient une lecture clarifiée se positionnaient parfois entre deux des informations officielles. Alors, sans un mot de plus aux dires de la secrétaires qui égayait ma curiosité, je pris un crayon pour répertoriés en des flèches et une marque d'interrogation ces passages non répertoriés dans les registres du Mizukage.

Il était évident qu'elle me parlait de cette sournoise mais ancienne première Dame. Qu'elle ait caché quelque chose au village entier -ou presque- cela n'était pas un secret. En revanche, l'objet même de ces cachotteries était toujours un véritable mystère. Du moins si l'aveu annoncé à Shîto et revenu dans les rapports de la haute s'avérait véridique, je devais en découvrir les sombres faits. Je me retournai vers la vieille femme, et son visage me sembla si bienveillant que mes méfiances s'éveillèrent. Je lui rendis cependant son sourire d'une traite avant de soupirer doucement. Délaissant les registres desquels j'avais eu les informations souhaitées, je m'avançai vers cette dame qui m'observait. Comprenant qu'il était inutile d'user de la ruse pour avoir ce que je voulais, elle m'avait fait comprendre que le chemin serait rude. Mais alors, d'une ultime bonté de sa part, je replaçai deux mèches baladeuses sur mon visage pour les coincer derrière mes oreilles, et retombant sur mes épaules. « Vous avez sûrement autre chose à faire mais j'ai encore quelque chose à vous demander, madame. » J'inspirai profondément avant de plonger mon regard dans le sien. Un air franc, professionnel, et pourtant qui suppliait presque cette Kaguya pour qu'elle accède à sa requête. « Vous avez dû en entendre des choses dans ce grand hôpital, non seulement en tant que secrétaire mais également en tant que... Membre du clan Kaguya. »

Je rangeai mes feuilles précieusement dans ma sacoche sous ma ceinture et repris de nouveau. « La véritable raison de mon irruption ici est de découvrir si oui, ou non, O'Dui Benten cachait un noir secret. Il semble bien que oui de par le témoignage de ces livres, pourtant quelque chose me taraude. » Et je devins plus ténébreuse, non menaçante mais davantage sérieuse. « Avait-elle un laboratoire ou autre chose de la sorte, secret, qui lui aurait permis de mener à bien des expériences que nul autre ne devait apprendre ? Y avait-il un lieu où la Shodaime Mizukage se rendait mais que cela ne puisse être révélé à tous ? » A ce moment, j'espérais simplement que mon interlocutrice serait docile et toujours aussi bienveillante à mon égard. Elle devait bien savoir où pouvait se rendre Benten qui valait la peine de ne pas en informer les archives officielles, et plus important encore, qui nécessitait de falsifier les registres de l'Hôpital.

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Mer 4 Oct 2017 - 16:34
Derrière le visage de la sabreuse se dévoilait un voile d'insolence assez désagréable aux yeux de la vieillarde. Mais n'était-elle pas similaire ? Voir cette kunoichi prendre un ton sérieux ravivait de nostalgie la Kaguya.

"Aaahhhh, ma petite, vous me rappelez bien quelqu'un. Une jeune kunoichi, connue de tous comme la "Maigre Reine" qui sillonnait le monde à la recherche de défis. Jamais elle n'eut souffert de fracture, jamais un individu n'eut réussit à lui briser l'échine, elle était solide comme un roc et sur ses yeux se dessinait un regard implacable et empli de flamme."

Un petit instant de pause, elle ressassait des images lointaines. Ouvrant un de ses tiroirs, un unique trousseau de quatre clés était entreposé là au beau milieu du bois avant d'être pris et tendu vers la dame pourpre.

"Tenez. Au second sous-sol, juste après l'escalier, tournez à gauche, continuez tout droit jusqu'à atteindre une porte qui semble décharnée sur votre droite."

Ce n'était guère de la crainte, elle le savait, si elle le voulait et ce malgré les sévices du temps elle pourrait très bien lui confisquer son organe vocal, lui briser chacun de ses 207 os tout en les comptant et se débarrasser de sa carcasse mortifiée sans que nulle trace de son passage ne subsiste. Mais celle-ci reflétait une ardeur qui lui faisait aujourd'hui défaut, comme un soupçon de vie qui l'avait à présent quitté.

"Je vous fais confiance fillette et ne vous demanderez qu'une seule chose. Veillez bien à faire comprendre au petit Nidaime que le clan Kaguya n'est aucunement lie à ce que vous pourrez bien trouver là-bas. A vrai dire, aucun de nous n'a jamais traversé cette porte et nous ne préférons tout simplement pas."

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Mer 4 Oct 2017 - 18:18

La défiance que je faisais preuve était une habitude malsaine chez moi, et pourtant son récit me captiva. Devenant plus observatrice encore, je ne pus échapper à cette lueur dans son regard marqué par les âges. Finalement, et sans même la connaître, n'était-elle pas restée la même ? Silencieuse pour me laisser simplement bercer par ses mots, j'eus un sourire, une petite gêne ressentie. Un honneur. Je le prenais en compliment, je le prenais comme un encouragement. Nous n'avions aucun lien pourtant elle avait détenu un soupçon d'attendrissement. C'était bien pour ces anciens nommés que ma lame appartenait au village caché de la brume. Et même si elle ne me parut davantage apte à se protéger elle-même, elle me rappela pourquoi je faisais partie de la Confrérie, pourquoi j'étais toujours fidèle à Kiri.

Sans confession de ma part, je la laissai poursuivre et m'emparai délicatement du trousseau qu'elle m'offrait de bonne foi. Retenant ses explications dans un coin bien actif de mon cerveau, j'acquiesçai d'un mouvement de la tête. Serrant ce qui me permettrait de faire la lumière sur cette affaire, le poing fermé, et j'assimilais ses instructions avec la plus grande écoute. Je ne pouvais refuser sa demande. Je comprenais son envie de protéger sa famille, son clan. Et je repensais à l'entrevue avec les deux jeunes manieurs d'os. Il était impensable maintenant pour moi de leur porter défaut. Je souris aussi sincèrement que je ne l'avais plus fait depuis longtemps, symbolisant l'accord passé avec la vieille kunoïchi. « Merci. » Me contentai-je avant de faire demi-tour. Je n'en avais pas tout à fait fini, et alors que je repoussai un peu plus la porte de ce bureau de ma main, je repris plus faiblement, mais juste assez fort pour qu'elle m'entende. « Saviez-vous que votre regard est toujours bercé de cette flamme, Dame Kaguya ? » Et je passai le seuil de la pièce pour mettre un terme à cet échange fructueux.

Ni une ni deux, je dévalai les escaliers qui m'engouffraient toujours plus dans ce grand hôpital. Ni fatigue, ni essoufflement se faisait entendre, seulement le résonnement de mes pas qui s'enchaînaient quatre à quatre sur les marches. La main libre posée sur le manche de mue reptilienne pour le maintenir à ma ceinture, et l'ébène qui volait dans ces couloirs interminables, puis je m'arrêtai devant la porte de sortie. Sous-sols 2. Je ne perdis pas une seconde et sortis de ces escaliers de malheur pour entrer. Il faisait sombre malgré les quelques loupiotes qui jonchaient les murs. Je tournai à gauche, mes yeux plissés le temps de s'habituer à la luminosité affaiblie. Le pas pressé, presque à courir, je me précipitai devant cette fameuse porte. Elle était si faible que je me demandai même pourquoi la prévoyante vieille Shodaime avait simplement mis ce morceau maigre entre le reste du monde et ses desseins.

Je brandis une première clé pour l'essayer. Un échec. Tentant avec une autre, j'entendis le cliquetis qui déverrouilla cette porte maudite. L'écartant dans un grincement insupportable, je fis quelques pas en avant lorsque le battant se claqua doucement contre le mur qui le maintenait. Mes yeux calculèrent tout dans les moindres recoins, des papiers volants que je ramassai au sol pour y lire deux ou trois lignes, aux flacons qui décoraient l'endroit lugubre. C'était une odeur confinée qui me prit aux narines, et qui m'arracha une légère grimace avant que je ne m'aventure un peu plus dans l'antre.

Il faisait froid et l'atmosphère était morbide. Un frisson me parcourut l'échine lorsque je m'approchai de ce récipient dans lequel trônait un cœur humain. Puis il y avait ce qui ressemblait à un foi. A un cerveau. C'était à vomir. Les tripes bien accrochées, je fouillai un peu plus dans les tiroirs d'un bureau délaissé pour y sortir un dossier déjà bien rempli. Dedans se trouvait des fiches, des rapports, des inconnus dont les décès étaient certifiés. Puis, déballant un peu plus tout ce charabiat scientifique, je m'arrêtai sur une feuille en particulier, et un nom bien connu. "Watanabe Shiori, patient numéro 110. [...] Insémination de semence fertile. [...] Gattsu, patient numéro 101. [...] Positif. [...] Etat de l'expérience : Succès." La lecture prenait une toute nouvelle tournure. Il n'y avait même pas la place pour une quelconque rage. Seulement de l'horreur. Shiori avait été enceinte. Mais alors comment avait-elle pu ne rien voir, comment nous n'avions pu remarquer la différence après tout ce temps ? Le kunaï. Ce soir là, son ventre avait saigné. Fausse couche. Perte du fœtus. Un soupir de soulagement alors que je restai bloquée sur l'évocation du Berseker. Hanzô, son frère disparu, le père de Tetsuko. Ses mots me revinrent à l'esprit. Mais rien. Rien dans tous ces documents ne mentionnaient plus cet homme.

Je laissai ma trouvaille sur le bureau et me retournai pour explorer la pièce. Il y avait deux autres portes, aussi fébriles que la première. Sans réfléchir, je m'approchai de la plus proche, au coin droit de la pièce principale. Essayant une nouvelle clé, celle-ci usée, je forçai un peu plus la serrure pour qu'elle me laisse découvrir ce qu'elle renfermait. Il n'y avait qu'une faible source de lumière au dessus d'un coffre. Sur les côtés s'en trouvaient d'autres, plus petits. Je m'approchai de la dite boîte en métal lourd pour tirer la poignée. Fermé. Regardant mon trousseau je les essayai toutes une par une. Inspirant profondément d'impatience, je finis par sentir le déverrouillage de l'objet imposant. Les yeux un peu plus écarquillés, je m'empressai de l'ouvrir pour fouiller au sein de ce bazar. Il y avait des objets de combat, ils étaient somptueux, était-ce des affaires personnelles de la vieille bique ? Il y avait aussi des outils de médecine, tâchés de sang. Et une maigre pochette. M'emparant de celle-ci, je retournai à la clarté de la pièce adjacente pour le découvrir plus facilement. C'était ce que je cherchais. "Rapport d'autopsie. [...] Décapitation. Le patient n'aurait pu survivre sans sa tête. [...] Gattsu Le Berseker mort le [...]". « Il ne rentrera plus voir ceux qui l'attendent... » Soupirai-je en songeant au Torrent, mais aussi à la petite Pie. Basculant mon regard en bas du dossier, une note avait été rajoutée. "Corps entreposé au numéro 101." Quelle ironie, avait-elle prévu une place à la morgue pour nous tous, portant les matricules qu'elle nous avait attribué autrefois ? C'était la prochaine étape : la morgue.

Mais la curiosité fut telle que la dernière porte, à l'opposé dans le coin gauche m'interpella. En si bon chemin pourquoi s'arrêter là ? La dernière clé non utilisée devait sûrement l'ouvrir. Bingo. Le seuil à peine ouvert, je fus prise d'un dégoût sans nom. Le sang était venu jusqu'à l'entrée, il était séché. L'odeur de décomposition était si forte que je m'en bouchai le nez. Seulement je devais comprendre. Relevant lentement le regard, j’aperçus depuis mon emplacement les pieds d'une table d'opération rongés par l'acidité du sang. Un corps allongé. Un corps si grand, large et musclé, nu. Il dépassait même les rebords de son piédestal. Une gerbe commença à monter, car ce corps, il n'avait plus de tête.

Me retournant aussitôt, je vins à frémir, et mes jambes tremblantes avaient du mal à user de mes muscles pour déguerpir. Je ne manquai pas de récupérer le gros dossiers d'un bras, et y ajoutai la preuve de la mort d'un des jônins les plus puissants du pays dans cette petite pochette. D'un pas hésitant et déstabilisé par l'épouvante de cette scène, je m'éclipsai de tout cette atrocité confinée en un lieu. La cruauté humaine explicitée en seulement trois petites pièces dans le deuxième sous-sol de l'Hôpital Général. Benten était grillée. Elle était l'abomination incarnée. Et cela, bien que je remontais les étages à une allure moins soutenue qu'en descendant, je comptais bien tout ramener au Nidaime Mizukage.

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[Mission C] Chasse à la sorcière

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