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Cheminer dans l'obscurité ft. Yuki Eiichiro


Mar 26 Sep 2017 - 0:54
Un mouvement. Un bruit de vibration intense. L'air est tordu. Mais pourtant, la tranche n'est pas encore droite. Ce mouvement, il le répétait depuis des mois, bientôt des années. Mais après son voyage à Shito, il avait voulu à continuer à développer cette nouvelle branche de son école d’épéisme. Mais cette technique était particulièrement compliqué à concevoir et plus encore, à maîtriser. Maîtriser le vent autour d'une lame était compliqué, mais le faire à ce degré de compression était d'un niveau qu'il ne maîtrisait tout simplement pas. Ses oreilles bourdonnaient, un effet secondaire de sa technique, à laquelle il ne s'était pas habitué. Pour autant, sa cible, un gros rocher, était coupé de manière tout à fait nette là où la lame était passée. Watari se laissa tomber, récupérant ses forces et cherchant à se remettre de ses efforts. Aujourd'hui, il avait un entraînement très particulier à superviser pour son ami chef du clan Yuki...

Se dirigeant au sein de son dojo, il se prépara à le recevoir. Il se doutait que celui-ci ne serait pas facile à diriger dans un entraînement, mais la promesse de lui apprendre à mieux vivre sa cécité n'était pas tombé dans l'oreille de l'aveugle. L'enjeu pour lui était de taille, voir même double : d'une part, il souhaitait enseigner à son ami à profiter du fruit de sa cécité, à savoir, porter un regard tout autre sur le monde qui les entouraient, et par la même occasion, pouvoir l'aider à concentrer ses oreilles et son esprit pour qu'il puisse ressentir les assauts qu'il était désormais incapable de voir. Qui sait, peut-être lui permettrait-il d'être un jour capable de voir d'une manière différente que lui qui possédait encore ses deux yeux ?

Après une douche nécessaire, il s'était installé en seiza, attendant l'arrivée de son ami. Il cherchait encore à se remettre des vibrations dans ses mains, qui tremblaient toujours et lui picotaient. Comme à chaque fois qu'il tentait de combiner son battojutsu avec la maîtrise du vent...
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Mer 27 Sep 2017 - 12:39
Il était aveugle, mais il n’était pas mort. Depuis plusieurs semaines, il se lamentait spécifiquement sur son sort, ne sachant pas réellement ce que l’avenir pouvait encore lui réserver. Perdu dans les méandres infernaux d’une Passion dévorante. Plongé dans l’obscurité absolue de sa cécité. Il avait aussi senti la morsure du froid pour la toute première fois depuis des années. Si, dans sa jeunesse, sa maîtrise était aléatoire, les années en avaient fait un maître dans l’utilisation de la glace. Or, ce jour-là, affaibli moralement, il avait laissé son chakra entièrement se vider, jusqu’à lui brûler l’extrémité des doigts. De retour à Kiri, il avait dû gérer une nouvelle situation, la nomination d’un nouveau Mizukage, non pas d’une décision désirée par le Village, mais par un pouvoir extérieur intrusif dans les affaires internes. Pourtant, la vie continuait et il était encore bel et bien envie malgré toutes les épreuves.

Il était aveugle, mais pas mort. Encore que, dans l’état où il se trouvait, il ressemblait encore bel et bien à une épave. Incapable de combattre, n’ayant jamais appris à réellement se battre à l’aveugle, il était devenu aussi faible qu’un enfant. Il ne pouvait rien faire sinon tenter quelques parades de sa canne. Pour le reste, ses attaques, souvent à distance, nécessitaient constamment sa vue. Aujourd’hui, il devait le reconnaître, il n’était qu’un enfant, bloqué par son propre handicap. Il était devenu aussi faible qu’un Genin de 10 ans. Pourtant, malgré les épreuves, il continuait de vivre. Il vivait encore. Ou, plutôt, il survivait. Aussi, avec un soupir, il se résignait à se lever de son banc. Aujourd’hui était un autre jour et il avait rendez-vous chez son ami, teneur d’un Dojo qui, durant une séance privée, allait tenter de l’aider.

Aussi, marchant vers là, de sa canne directrice et de son pas parfois encore hésitant, il prit le temps nécessaire, arrivant bientôt et toujours par la cour intérieure. Doucement, sans un mot, il s’arrêta, intrigué de savoir où se trouvait le Samouraï.

« J’imagine que ce sera le début de ton entraînement. »

Lâcha-t-il d’un soupir.
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Mer 27 Sep 2017 - 16:59
S'il avait vu son ami dans un état assez lamentable de délabrement intérieur la dernière fois qu'ils avaient pris le temps de se croiser, cette fois-ci, il pouvait à tout le moins confirmer la probable meurtrissure de l'âme qui s'était développé en lui, tel un gouffre béant. Il aurait été bien plus facile d'abandonner le chef du clan Yuki dans les ténèbres dans lesquelles il se perdait. Destinée blessure qu'il méritait ou blessure destinée à le faire avancer, c'était encore à lui de le décider. Mais... Allait-il laisser un tel ami sans tenter de l'aider à poursuivre sa route, même en l'absence de sa vue ? Watari n'était pas ce genre d'homme. Plus encore que l'amitié, il avait lui aussi un intérêt à tenter de l'aider : n'était-ce pas le plus beau des défis que pour un professeur de devoir s'adapter aux handicaps de ses élèves ?

Il eut une pensée pour la jeune femme qu'il avait rencontré à Shito et qui lui avait donné, avec d'autres, la force de s'avancer et de se trouver lui-même. C'était peut-être un hommage distant à cette dernière qui malgré sa cécité, continuait de vivre pour et par elle-même. Même s'il espérait que Eiichiro, plus jamais, ne cède à la tentation des ténèbres de son propre cœur, il voulait que de nouveau, le fier chef du clan Yuki s'élance dans les combats et redevienne le leader courageux et aimé qu'il avait pu être. Loin de ses travers.

Un autre monde, sans toute cette désolation, sans cette tristesse... Avait-il rappelé à son ami et élève du jour, en se tenant dans les ténèbres qui l'enveloppaient. Dissimulé à ses yeux, désormais crevés. J'aurais voulu vous l'offrir, mon ami. Il s'avança doucement vers lui, dans son dos. Mais désormais, je vais devoir vous enseigner une autre manière de le percevoir. Glissant dans les ténèbres qui l'entourait, Watari avait un ton calme et serein, quoi qu'assez grave. Une pointe d'amertume tenaillait le cœur du jeune homme et se reflétait dans ses mots. Ce n'était pas de la pitié, mais des regrets. Élève de l'école de la voie des samouraï, le jeune homme avait des sens affutés autant que son regard pouvait par le laisser présager. Mais cela, Eiichiro devait s'en douter, non pas en se souvenant de son regard, mais plutôt dont la manière dont le jeune samouraï réfléchissait et s'exprimait.

Vous souvenez-vous de l'exercice que je vous ai fait pratiqué dans les marais, Eiichiro-sama ? Peu importe s'il s'en souvenait, la prochaine question allait lui rappeler : Pouvez-vous encore entendre le croassement des grenouilles, le chant des oiseaux et le jeu des éléments et de la nature des marais, ici encore ? Peu de gens prenaient le temps de s'arrêter pour réfléchir. Pour contempler. Ici, dans son dojo en plein agrandissement, on pouvait difficilement entendre les oiseaux sauvages. Pourtant, derrière la cacophonie de la vie des Hommes, ils étaient là, invisibles pour ceux qui ne les remarquaient pas, alors qu'ils continuaient à vivre. Kuro, le petit chat noir de Watari, sans crier garde, alla se frotter contre la jambe de son disciple, le surprenant sûrement au passage. Cet entraînement débutera comme la dernière fois et je vous enseignerais à percevoir les sons que votre conscience n'est pas habitué à entendre. Ce sera la première étape pour que je puisse ensuite tenter de vous transmettre mon expérience instinctive des armes que j'ai développé au fil de mes entraînements. Asseyez vous. Ordonna le samouraï à son disciple, après s'être rapproché pour être face à lui.

Une fois qu'il s'était effectué, le jeune homme lui attrapa les deux mains, de telle manière que, tout deux, en seiza, face à eux-même, se contemplent malgré leur yeux fermés. Leurs mains et bras, croisées, il cherchait l'apaisement de son ami.

Me faites-vous confiance, mon ami ? Si oui, je veux d'abord commencer par essayer de vous libérer d'une partie du poids de ce qui vous ronge. J'ai besoin de savoir. Que s'est-il passé, pour que Yuki Tetsuko-kun et Watanabe Shiori-dono se soient enfuis après que celle-ci vous ai crevé les yeux ? Il savait que ce n'était pas quelque chose de simple, qu'il lui demanderait, mais il précisa alors : Personne ne vous jugera ici. Ce n'est pas l'heure des jugements. Il nous faut juste repartir de cet instant où votre vue vous a été prise, pour que je puisse resituer ce qui était probablement déjà l’œuvre des hotoke et des kamis.

Cette question était peut-être triviale, mais les pièces du puzzle qu'il avait été insuffisante pour qu'il puisse comprendre à la fois l'ennui et les souffrances de son ami, tout comme cette tragédie qui s'était jouée ici et qui, bien que passé, restaient sûrement à la fois dans les cœurs des deux sabreurs et dans celui du chef du clan Yuki.

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Mer 27 Sep 2017 - 18:05
A sa grande surprise, le Samouraï n’avait pas l’intention de le garder longtemps dans le silence obscur de son handicap. Au contraire, alors qu’il s’arrêtait, l’aveugle put, très rapidement, discerner la voix de cet homme qui, comme toujours, parlait avec une profondeur d’esprit surprenante. Ou plutôt, lui rappelait les mots qu’il avait lui-même prononcé. Il avait évoqué cet autre monde. Un monde sans toute cette désolation, sans toute cette tristesse. Et, alors que l’homme parlait de sa voix harmonieuse, une voix qui n’invitait pas à la colère, celui qui ne pouvait plus voir posa ses doigts sur son bandeau. Et, dans un murmure, il lâcha la terrible vérité qui s’imposait dans son esprit.

« Je ne verrai jamais ce monde … »

Pourtant, là n’était pas la question de son ami. Le cœur encore lourd, il écoutait son ami lui demander s’il entendait bien les animaux des Marécages et, alors qu’il tendait une oreille attentive, le corps tendu dans ce simple exercice, il poussa bientôt un soupir.

« J’entends tout et rien. »

Poussant un soupir, il s’agaçait de toutes ces manières. S’il savait que son ami lui voulait le bien, Eiichiro se questionnait réellement sur son apprentissage. Allait-il vraiment lui apprendre à vivre sans sa vue ? Ou contentait-il l’endormir de ses nombreuses fables ? Aussi, alors qu’il s’asseyait comme lui demandait celui qui, aujourd’hui, était le mentor des deux hommes. Avec le sourire, malgré la tension de son dos, il se laissait tomber là, devant l’entrée du Dojo. Ce premier entraînement, étrange, lui faisait déjà froncer les sourcils. Quel homme particulier ! Au lieu de l’entraîner de la manière la plus brute qui soit, jouant de sa cécité et de son incapacité à bien entendre, l’homme le faisait s’asseoir.

Soudainement, la question tomba. Une question abrupte et non-préparée, qui n’était absolument pas liée à cet entraînement sinon qu’elle se liait aux événements qui avaient conduit à sa cécité. Se redressant légèrement, penchant la tête en arrière, il en voulait à cet ami qui le piégeait de la sorte. Passant sa langue sur ses lèvres, déglutissant, sa gorge se serrait. Comment l’homme osait-il seulement remettre sur la table cette tragédie dans laquelle il avait perdu entièrement sa vue ? Poussant un soupir, plein de désespoir, il se questionnait soudainement sur son ami et compagnon de thé ? Lui avait-il menti délibérément ?

« Tu oses vraiment, Watari ? »

Perdant entièrement son sourire, d’une voix basse et brisée, il perdait l’envie de cet entraînement qui, soudainement, devenait le piège tendu par celui qu’il considérait comme son ami. Poussant un soupir, se relevant déjà, il peina à ramasser la canne qu’il venait de lâcher, alors en confiance.

« Il s’est passé que j’ai usé de mes Senbons pour abuser du corps de la Watanabe. Et que ce faux Yuki s’est senti pousser des ailes suffisantes pour secourir son amante sans avoir le soupçon d’un plan. »
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Mer 27 Sep 2017 - 18:28
Un soupir serein. Il avait senti la tension qui s'était nouée en son ami. Pour Watari, cela avait suffit à confirmer ses soupçons. Pour dire vrai, je me doutais de ce qui s'était passé. Il s'était relevé et faisait face à son ami. Je ne vous blâmerais pas. Je n'étais pas à votre place à cet instant. Je ne connais pas vos motifs. S'ils étaient de l'ordre du juste, de l'injuste, de la loyauté, de l'ordre. En fait, cela importe peu pour cette première étape de mon entraînement, Eiichiro-sama. Le voilà qui s'enfuyait déjà. Preuve qu'il avait raison d'aborder ce passage difficile dans la vie de son ami. Maintenant qu'il lui avait fait avoué ses exactions, il pouvait lui proposer ce qu'on lui avait enseigné. Dans mon pays d'origine, mais aussi dans de nombreux pays, l'harmonie et l'honneur. Croyez-vous dans les kami et la voix des hotoke ? [...] Mon ami, la souffrance que vous avez causé ce jour-là... Et peut-être celle qu'on a causé à cette jeune femme, indépendamment de vos faits... Probablement est-ce la providence qui vous l'a renvoyé. Il se tut quelques instants. Je doute que cela vous permette de l'accepter. Pas aujourd'hui. Mais c'est ainsi que le karma fonctionne. Ceux qui versent le sang doivent être prêt à voir le leur couler...

Il le savait, même lui ne serait pas un jour exempt de ce retour, des blessures qu'il aurait pu causer. Peut-être qu'un jour, ce serait son ami qui lui infligerait le retour de la souffrance qu'il venait de raviver ? Si vous voulez revoir un jour le monde dont on vous a privé, Eiichiro-sama, la première étape nécessaire que j'essaie de vous faire franchir est que vous retrouviez un semblant de paix intérieure. L'acceptation est la première étape. Il prit une pause, et reprit avec un ton plus ferme, sévère, comme il l'avait rarement été à l'égard d'Eiichiro : Je ne suis pas moine, mon ami. Je n'ai pas destiné ma vie à jouer aux oracles et sonder les cœurs. Cela étant, si vous partez maintenant, cela n'amènera rien de bon. Car si cette épreuve vous est infligé, il y a une raison et vous ne la surmonterez pas par la lâcheté. En voulez-vous la preuve ? Attrapant un Shinai, il alla le tendre à son ami et lui indiqua alors : Essayez donc de me toucher, si vous en êtes capable. Mais retenez juste cette leçon de mon pays : celui qui ne sait pas écouter son cœur ne peut brandir sa lame. Se mettant en garde face à lui, usant d'un shinai pour lui faire sentir sa présence face à lui, il ajouta alors : Il ne tient qu'à vous de faire de cette épreuve dans votre existence, l'occasion d'apprendre à cheminer dans l'obscurité, Eiichiro-sama. Son ton était impitoyable et tranchant, malgré la sérénité qu'il dégageait. Il n'avait promis aucun répit à son ami et celui-ci devait apprendre à accepter que son cœur était un pilier tout aussi important pour le guerrier que ses dons physiques..
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Mer 27 Sep 2017 - 19:40
Il serrait les dents alors que ses doigts atteignaient le bâton salvateur qui permettrait bientôt sa fuite. Il détestait cette trahison. Cet homme qu’il considérait comme un ami. Celui avec qui, à l’heure actuelle, il partageait le plus clair de ses thés. Ce dernier osait revenir sur les faits marquants qui avaient causé sa terrible et déchirante cécité. Comment un homme sain comme ce dernier pouvait seulement une telle question ? Poussant un soupir, il se détournait déjà quand ce dernier reprit finalement, comme s’il allait continuer cet interrogatoire ? Pensait-il pouvoir, sans gêne, interroger un interrogateur ? Les doigts serrés sur le manche de sa canne, il se retenait d’un commentaire, comme il le jugeait si bien en cet instant, à l’aide de ses phrases alambiquées et si philosophiques.

Comment pouvait-il lui parler de revoir ce monde ? A lui qu’on avait arraché la vue, comment aurait-il pu seulement voir une couleur ? Comment pourrait-il encore distinguer une seule lueur ? Comprenait-il seulement cette privation de son sens ? Pouvait-il seulement comprendre cette absence ? Se tournant vers cet ami qui pensait l’aider, les doigts fermés sur la canne, le sang lui montant déjà à la tête sous la rage qui lui brûlait les entrailles, il attrapa l’arme tendue. Lâchant même sa canne, l’attrapant ainsi de ses mains serrées, il vérifia sa prise. Comment osait-il seulement lâcher ces mots ? Comment pouvait-il seulement croire qu’il lui donnerait encore cette vue qui lui manquait ? Comment ? Comment …

Qu’il se faire voir avec son entraînement. Qu’il aille se faire foutre avec son karma. Il n’y avait aucune mystique entité. Seuls les actes comptent. Il avait abusé de cette fille. Il avait brisé son esprit. Il méritait seulement les conséquences de ses actes. Il méritait de perdre cet œil. Non pas pour le Karma. Seulement pour l’accumulation de ses crimes. Alors, se lançant vers cet ancien ami, le Shinai au-dessus de la tête, prêt à frapper fort de haut en bas, il hurlait déjà. Il criait sa peine et sa tristesse. Il criait sa colère et sa haine. Il criait son handicap aveugle. Il criait son cœur blessé. Il criait de ses doigts bandés. Il détestait cette misérable existence. Qu’il crève pour ses crimes. Qu’il crève pour oublier ce monde. Et il se lançait là, vers Watari. La bouche ouverte. Le cœur blessé. L’âme brisé. Les yeux bandés. Les doigts serrés de bandage.
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Mer 27 Sep 2017 - 20:09
Mon ami, vous nous prouvez que vous êtes encore capable de voir. D'un geste, d'un mouvement, le samouraï venait d'attraper dans son poing le shinai qu'Eiichiro venait d'abattre vers lui. Tant de colère. Tant de souffrances que je peux ressentir dans la lame que vous tenez entre vos mains. Le silence, alors que la lame était maintenue entre par la main du samouraï. Vous fuyez, maintenant vous criez votre cœur. Si c'est l'expiation que vous cherchez...

Une frappe, précise, sur le poignet du chef du clan Yuki. Le shinai tombe au sol. Aussi brusque que la première, une deuxième vient frapper dans l'articulation de l'épaule gauche, puis dans la droite. Watari ignorait la colère ou la pitié en cet instant. En face lui, il avait un chien sauvage, blessé, qui aboyait face aux mains tendues. Mais la fierté d'Eiichiro était grande. J'honorerais votre souhait, mon ami. Peut-être serait vous ensuite à même de m'écouter. La peur de la faiblesse. Le poids des remords. L'âme du chef du clan Yuki était une neige corrompue d'émotions qui cherchaient à se libérer. Il ne lui laisserait pas le temps de réagir. Pivotant à grande vitesse, Watari continua l'estocade sur les articulations du genou droit. Désormais derrière son adversaire, la pointe ronde vint frapper la zone des lombaires et le centre de gravité de l'aveugle. L'ayant désormais rejeté au sol, il posa la pointe de son arme d'entraînement sur la nuque d'Eiichiro. Est-ce vraiment cela que vous désirez ? Est-ce que vous croyez que c'est par la rage, le désespoir, que vous parviendrez à vous faire pardonner de quiconque ou même de vous-même ? Watari avait le ton acerbe. Vos yeux vous manque-t-ils tant à ce point ? Alors ouvrez grand votre cœur et faites-vous face ! Relevez-vous et battez-vous pour retrouver cette paix intérieure qui vous manque tant ! Car si en vérité, vos yeux ne marchent plus, il y a des choses que seuls un cœur honnête et discipliné peut saisir ! Assez de lâcheté face à vous-même ! Appuyant avec le bout de son shinai sur le cou de manière le presser, Watari lui ordonna d'une voix semblable au rugissement des tigres : Yuki Eiichiro, chef du clan des Yuki, relevez-vous et faites face !

Il voulait lui faire comprendre à quel point ses cris de souffrances et de colères étaient les cris d'un homme qui voulait vivre. Il voulait lui faire comprendre que ce monde qu'il désirait tant était à portée de ses doigts, même bandés. Il voulait lui faire comprendre que la rédemption ne s'obtiendrait qu'en se montrant fort et en faisant face au poids de ses crimes. Et comme l'ami qu'il se voulait être, il ne laisserait plus le chef du clan Yuki fuir ses propres démons.
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Mer 27 Sep 2017 - 21:46
Son coup fut facilement paré. Un coup porté sans aucune réflexion. Uniquement cette rage qui le rongeait intérieurement. Cette colère qui corrompait chacune de ses pensées. Cette haine qui le dévorait. Sans aucune pensée, sans même le soupçon d’un plan, il s’était lancé sur son ami. Et le shinai fut arrêté dans sa course, d’une poigne assurée. Et l’autre parlait tellement. Toujours autant. Alors même qu’il se lançait contre l’autre, ce dernier osait encore lui jeter à la face tous ses maux. Il osait encore lui parler de tous ses défauts. De sa colère. De toutes ces émotions négatives qui brûlaient entièrement son cœur. Les doigts serrés sur le manche, comme sa mâchoire crispée, il s’agaçait de cet homme qui se pensait tout permis. Pensait-il seulement réellement le connaître ?

Ce fut sûrement une suite incompréhensible d’un enchaînement qui le réduisit bientôt à manger la poussière de ce sol. Désarmé, il sentait la pointe du Shinai plantée dans le bas de son dos. Comme une pression pour l’empêcher de se relever. Et d’entendre encore ses mots ? Les poings fermés, la mâchoire crispée, le Yuki poussa un long soupir, reprenant le calme de ses pensées, tentant d’oublier un instant sa position indélicate. Comment pouvait-il se retrouver ainsi, au sol ? Il était d’une médiocrité misérable. Cela ne serait jamais arrivé sans son impulsivité. Sans sa cécité. Il avait perdu le contrôle. Sur son cœur. Sur son esprit. Il avait laissé ses émotions le guider et le laisser aveuglément sur cet adversaire aguerri. Et le voilà, là, à terre. Soufflant largement, encore énervé de s’être tant emballé, il détestait l’Hoshino pour son comportement. Il dépassait les bornes. Peut-être était-il son ami. Peut-être. Mais à cet instant, il devait reprendre ce contrôle qu’il perdait de plus en plus. Alors, la mâchoire encore largement crispée, il cracha à sa destination.

« Penses-tu vraiment me connaître, Hoshino ? Mes crimes, je les mérite. Cette Watanabe s’est seulement vengée. J’ai créé ce monstre en violant son corps de mes armes. J’ai perdu mon deuxième œil pour l’avoir posé sur son corps nu. »

Et, alors qu’il se retournait violemment, il balançait toute sa rage dans un coup de pied à destination des genoux de l’autre. Puis, se dégageant, d’une roulade qui lui fit perdre l’orientation, il se releva péniblement, plus chancelant, l’équilibre noyé dans son esprit encore tourmenté. Tentant de présenter ses poings face à lui, le souffle légèrement court de cet échappatoire manqué, il cherchait encore son adversaire, tournant la tête à gauche et à droite.

« Je suis aveugle mais je peux encore me battre, Hoshino. »
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Mer 27 Sep 2017 - 22:46
Faire cela ne lui plaisait pas vraiment. Mais que faire, à part tenter d'atteindre cet ami si complexe et au caractère si difficile à vivre ? Être un ami d'Eiichiro Yuki pouvait être fastidieux et être une tâche particulièrement ingrate, comme en témoignait les vociférations pleine de colère de son partenaire d'entraînement, qui avait tenté de le déséquilibrer avant de se dégager. D'un petit saut gracieux et mesuré, il avait esquivé le coup aux genoux. Il se comportait encore et encore comme un chien enragé et ne supportait pas ... En fait, il était difficile de savoir ce que voulait Eiichiro, car lui-même semblait être perdu dans ses désirs et ses émotions. Il cherchait à lui faire recracher tout ce qu'il avait sur le cœur et restaurer sa fierté d'Homme, mais comment faire ? Sur un ton particulièrement calme et rusé, le jeune homme l'invectiva :

Qui connaît mieux l'autre de nous deux ? N'êtes-vous pas celui qui ne se souvient même pas d'où nous nous sommes rencontrés ? Vos cris et vos paroles en dîtes-bien plus sur vous que vous en êtes capable de remarquer par vous-même, Yuki.

Cela dit, il assumait pleinement ses erreurs. Ou plutôt, ses crimes, puisqu'il les percevaient ainsi. Quant à Watari, il assumait lui aussi bien plus les échos de son propre cœur. Si la synthèse devait être faite de son cheminement de ces dernières années, il se savait en train d'avancer là où il s'était arrêté, faute d'assumer les appels de ses désirs. En ce moment, lui aussi se muait en une bête féroce qu'il contenait dans l'espoir de châtier celle qui hurlait en face de lui. Se remettant en position de battōjutsu. Les yeux fermés, focalisant sur le moment où il aurait à avancer pour continuer le ballet de sa lame, il se permit alors d'ajouter :

Il est au moins heureux que vous compreniez la portée de vos erreurs. J'imagine que vous n'avez fait qu'empirer la situation du jeune Tetsuko...

Et pourtant, il s'obstinait. Encore et encore, Yuki Eiichiro ne semblait jamais apprendre de ses erreurs et d'hurler en silence contre lui-même en refusant les mains tendues. Vous battre est sûrement l'une des seules choses que vous savez faire correctement, mon ami. Mais là aussi, il est heureux que vous vous montriez à nouveau capable de faire preuve d'esprit combattif. Cela prouve qu'il y a peut-être encore une volonté de vivre en vous.

Il se tut. D'un geste éclair, il venait de rentrer dans la garde de son adversaire, pour lui asséner un coup de pointe féroce dans le ventre.

Mais vous battre, avec moi, ou avec d'autres, n'expiera pas vos crimes ni ce qui vous ronge.
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Jeu 28 Sep 2017 - 16:24
Le coup, dans son estomac, fut d’une propreté sans égale. Alors qu’il se tenait debout, les poings fermés devant lui, dans l’attaque de son invisible adversaire, il tournait la tête. Tantôt à gauche. Tantôt à droite. Ecoutant cet ami qui se faisait toujours plus violent dans ses mots. Que lui voulait-il ? Qu’espérait-il exactement de cet entraînement ? Son unique but était-il donc de se battre contre un aveugle, pour prouver qu’il était au moins capable de mettre un homme privé d’un sens ? Y avait-il seulement quelque chose de glorieux dans ce combat d’un sourd et aveugle ? Les poings fermés, la mâchoire crispée, il enrageait encore. Il détestait cette terrible vérité que lui balançait le Samouraï. Il détestait entendre. Il se détestait.

Puis, le coup. Un coup en plein dans son estomac qui le plia directement en deux. A genoux, le front contre le sol, les bras autour du ventre, il cracha la bile qui lui remontait. L’envie de vomir en même temps, il restait là, à moitié à terre, incapable de réellement penser correctement. Les larmes au bord des yeux, il rageait intérieurement. De se laisser contrôler de la sorte. De ne pouvoir prendre le dessus sur cet opposant. Il détestait sa cécité. Il détestait ce crime. Il se détestait. Puis, hurlant pour lui-même. Hurlant au sol. Hurlant son propre dégoût. Hurlant. Pour lui. Contre lui.

« Putain !!! »

Puis un souffle. De désespoir. De lassitude. Perdu. Comme une épave dérivante. Comme un être oublié. Car dans l’obscurité de sa vue, son cœur se mourait lentement, autant que sa conscience. Et cette question incessante qui lui revenait. Pourquoi ? Pourquoi fallait-il qu’il en soit ainsi ? La voix faible, il poussa un long soupir avant de demander à son ami.

« Pourquoi ? Que veux-tu que je fasse ? »
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Jeu 28 Sep 2017 - 19:22
Que devait-il faire ? Watari leva les yeux au ciel. Les mots qu'il allait employer par la suite allaient être importants. Que fallait-il faire pour faire le deuil d'une erreur ? La réponse en tant que telle, in fine, était simple mais nonobstant cette simplicité, ses agissements contra legem, de facto, rendaient cette tâche bien plus ardue. Il voulait lui donner cette solution simple pour qu'il puisse se sortir de cet océan ténébreux où il dérivait et s'enfermait.

Parce que nous sommes la somme de nos actes, Eiichiro. Il prit une pause avant de lentement s'avancer, vers son ami, prostré au sol. La seule chose que nous pouvons faire, en ce monde, c'est de se battre tous les jours pour ce que l'on estime juste, sans jamais avoir de regrets. Ses pas étaient lents. Il ne comptait pas frapper plus son adversaire, qui était, il le savait, sur le point de vomir. Comportez vous comme l'Homme que vous auriez pu être pour votre clan et pour Kiri. Celui qui s'est sacrifié pour apporter la paix à cette contrée. Pour la prospérité de son nom et la félicité des autres.

Arrivé à sa hauteur, le samouraï s'agenouilla et lui tendit sa main, sous son nez, pour qu'il puisse le sentir et qu'il identifie cette main tendue. Le choix vous appartient, Eiichiro Yuki. Vous pouvez continuer à vivre comme un scélérat châtié par la destinée. Ou vous pouvez accepter les mains tendues qui cherchent à vous élever et vous aider à trouver votre voie.
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Jeu 28 Sep 2017 - 22:28
Peut-être que, pour la première fois, Eiichiro entendait quelqu’un lui parler. C’était l’une de ses rares fois où le sourd entendait le muet. Où les mots dépassaient le stade primaire et où, imperceptiblement, il acceptait ce qui se disait. Le souffle court, la bile aux lèvres, une main encore à l’estomac, il gardait le poing fermé, agacé de sa propre faiblesse. Il n’avait qu’une envie, que tout cesse. Que son mal cesse. Que cela s’arrête enfin. Aussi, poussant un soupir, il sentit bientôt la main de son ami passer, comme un bras tendu pour l’aider à se relever. Gardant la tête encore basse, l’écoutant, il se laissa tomber sur le côté, puis roula uniquement sur le dos.

Sourire aux lèvres, le ventre encore douloureux, il aurait voulu voir la tête de l’Hoshino. Le souffle légèrement court, reprenant en même temps sa respiration, celui qui se trouvait à terre souriait. S’amusant de son ami, il poussa un lent soupir.

« Tu sais, mon ami … »

Il était légèrement essoufflé, la tête levée au ciel. Poussant un lent soupir, il se demandait quelle serait la suite des événements. Était-ce vraiment cela l’entraînement du Samouraï ? Il devait expier ses crimes ? Les Samouraïs étaient toujours de plus en plus curieux pour l’esprit du Shinobi qui se demandait où l’autre voulait réellement en venir.

« Je peux te parler autant que tu veux de mes crimes, il n’en reste que je suis toujours aveugle. »

Toujours la tête vers ce ciel noir, une main toujours sur le ventre, il reprenait doucement son souffle. Peut-être était-ce cela dont il avait besoin, finalement ? Pouvoir s’avouer le criminel qu’il était réellement ? Pouvoir enfin parler de ce qui pesait tant sur sa conscience.

« On peut encore parler longtemps, sans que je ne sache mieux me battre. Je te rappelle que le problème le plus urgent, c’est mon incapacité à voir … »

Laissa-t-il finalement entendre alors que sa main retombait sur son bandeau, comme un signe de son plus grand handicap. Finalement, se redressant, il finit par se relever lentement, s’appuyant sur ses genoux pour se retrouver entièrement debout.
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Ven 29 Sep 2017 - 0:30
Enfin, il semblait avoir réussi à obtenir un peu de calme atteindre son ami. Enfin, celui-ci semblait abandonner ses tourments et sa rage pour les regarder en face et ne pas s'y laisser consumer. Il souriait, même s'il avait rejeté sa main. Cela dit, il semblait être toujours tourmenté à l'idée de ne pas pouvoir voir. C'était pourtant dans ses intentions de lui prouver qu'il y avait un autre moyen de voir qu'avec ses yeux.

Aveugle de tes yeux, assurément. Sauf à te greffer des yeux, rien ni personne ne peut te rendre cette vue-là. Mais me crois-tu si je te raconte les légendes de certains qui, à force d'entraînement et d'habitude, pouvez se passer de leur vue ? Moi-même, je suis capable de ressentir les agressions qui me seraient portées.

Cela dit, il ne savait pas s'il était techniquement possible qu'il lui transmette une telle technique. Il n'en savait rien, mais il fallait essayer. Et il savait qu'une très très grande concentration serait nécessaire à toute entreprise de ce type. Que ce soit l'art des ninja ou celui des samouraï, le point commun était qu'un cœur ouvert était nécessaire.

Les choses étant bien faites, la foi et la philosophie de mon peuple n'est pas sans lien avec ce que j'essaie de te faire purger, mon ami. Sans tes yeux, il ne te reste que tes autres sens pour pouvoir te battre. Mais maintenant que tu n'as plus tes yeux, ceux-ci doivent te tourmenter. Plus encore, c'est ta conscience qui doit s'être fait plus présente. Sinon, tu n'en serais pas là, à me tendre le shinai pour te faire battre.

Et oui, il y avait bien du sens à ses paroles, à ses questions, à ses gestes et à ce qu'il cherchait à lui faire comprendre. Je pense, maintenant que je maîtrise un peu plus le chakra, qu'il est possible de voir grâce au chakra. Mais la nécessité d'être lucide et concentré est tel que je sais que te former à la méditation est un préalable nécessaire avant de t'orienter vers ceux du villages qui pourront t'enseigner à utiliser le chakra pour voir avec l’œil de l'esprit. Compléta-t-il en le regardant se relever.
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Ven 29 Sep 2017 - 21:11
Son ami avait le Don de la Parole. Il allait sans dire que, à l’écouter parler, encore et toujours, le Yuki se questionnait un peu plus sur l’idéologie et mœurs des Samouraïs. Intrigué par ses légendes, il se demandait réellement s’il ne tentait pas seulement de l’endoctriner. Les sourcils légèrement froncés, il souriait. Curieux. C’était cela qu’il ressentait en son cœur alors qu’il écoutait les paroles de ce vieil ami retrouvé. Watari. Hoshino. Tetsu no Kuni. Il venait de là-bas, à une autre époque. Puis il était venu là à Mizu no Kuni. Comme une ombre de son passé, Eiichiro s’était parfois questionné sur leur histoire commune, ce qu’il savait réellement de sa noirceur. Avaient-ils un jour parlé des démons qui le hantaient ? Parlait-il des nuits trop sombres où les créatures revenaient, sans visage ? Finalement, écoutant le sage, il se demandait comment il en était arrivé.

La manipulation du Chakra. Telle serait la solution que lui évoquait son ami. En manipulant correctement cette source d’énergie, il serait capable de voir sans voir. Il était capable de sentir les agressions portées contre lui. Était-ce encore une croyance stupide ou une véritable capacité développée par le Samouraï ? Intrigué, curieux, le Yuki se relevait péniblement, sentant encore la douleur lui plier l’estomac. Légère grimace, il sentait encore ses articulations endolories par les premiers coups portés. L’homme était doué. Il lui rappelait la précision dont il faisait preuve lorsqu’il torturait. Il visait exactement les mêmes endroits. Alors, il souriait, appréciant que son ami ne retienne pas ses coups.

Aussi, se relevant, n’ayant finalement pas accepté la compassion de son ami, il savait l’apprécier pour ce qu’il était. Le Samouraï était réellement doté d’une force étonnante. Redoutable, il lui semblait avoir l’esprit ici et ailleurs en même temps. Comme s’il était incapable de réfléchir deux fois dans le temps que le Yuki pensait « Un ». Intelligent. Peut-être même plus intelligent qu’il ne l’était. Plus sage, aussi. Le Samouraï était, sûrement, bien supérieur à lui en bien des points. Pourtant, malgré ses cicatrices, Eiichiro se relevait encore et, s’en allant lentement vers les planches en bois qui composaient le Dojo qui s’agrandissait, il sourit, se tournant vers l’endroit où il pouvait, le plus sûrement, se trouver.

« Apprends-moi tes légendes d’hommes qui peuvent voir sans voir. Je ne peux pas rester aveugle toute ma vie. »

Lâcha-t-il, posant le pied sur la première marche, une main sur la colonne proche. D’un sourire, amical, il invita cet ami à lui conter ses histoires, à lui apprendre comment dépasser cet handicap qui, devenu gênant, devait devenir sa nouvelle force.
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Sam 30 Sep 2017 - 0:37
Il voulait apprendre des légendes. Mais c'était peut-être là la première erreur de son ami ! Il ne s'agissait pas de légendes. Il ne s'agissait pas de mythe ou de contes. Il s'agissait de l'héritage de toute sa terre natale qui s'exprimait derrière la méditation et le calme. Plus encore, pour pouvoir ouvrir son esprit au monde qui les entouraient, il lui faudrait atteindre une paix intérieure avant de pouvoir espérer discerner le monde par un flux qu'il était, en dirait ses doigts, plus adepte de déchaîner que de maîtriser celui-ci. Il était donc, a priori, mal parti pour s'en sortir. Mais le chef du clan Yuki n'était pas seul.

Si tu souhaites apprendre à voir par le chakra, alors tu comprendras vite que tu auras besoin d'avoir un esprit aussi limpide que le cour de l'eau. Ce n'était pas sans raison, que je te demandais si tu entendais la nature autour de toi. Nous sommes nimbés par les énergies du monde et du corps de chaque être vivant.

Il était plutôt clair que face à l'immensité du monde, ce dernier allait avoir besoin d'énormément de recul pour le regarder en face et se reconnecter à lui. Ce qu'il voulait lui enseigner, c'était la quête de tous les guerriers du pays de fer. Les légendes parlent de moines ayant atteint l'illumination et de guerrier ayant complété la perfection de leur être. La plupart des samouraï, même s'ils ne le recherchent plus directement, cherchent à atteindre cet état de conscience infini. Atteindre la connexion avec la plénitude de l'univers pour ne devenir qu'un avec lui, sans rien rejeter, sans tout accepter. Atteindre la capacité de maîtriser un tel état de conscience était la quête de tout guerrier et de tous les clans de guerrier. Il y a une part de méditation, dans la tradition du zazen et une part d'entraînement de techniques de sensorialité ninja. A force de méditation et d'entraînement, je peux affuter vos sens pour ressentir les assauts physiques. Pour le reste... Ceci étant une base que je peux t'offrir, soit il faudra faire preuve d'inventivité par toi-même, soit il te faudra apprendre d'un autre shinobi du village.

Il prit une pause, avant de rajouter : La philosophie de mon peuple est basé sur tout ça. Si on nous enseigne les vertus, c'est pour nous apprendre à discerner le poids de nos actes et le moment où il serait juste que nous tirions nos lames dans nos existences. Mes laïus précédents allaient en ce sens. Pour pouvoir bien voir, il faut déjà s'arrêter pour observer et contempler.
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Sam 30 Sep 2017 - 14:19
Il hochait la tête, comprenant peut-être pour la première fois son ami le philosophe. Ou peut-être était-il seulement le plus sage des deux. Était-ce alors l’éducation qui l’avait conduit sur cette route de l’esprit ? Ou seulement le chemin traversé pour découvrir Mizu no Kuni ? La sagesse s’apprenait-elle des parents ou n’était-elle qu’un cheminement personnel qu’il pouvait aussi vivre ? Inspirant lentement, montant encore les deux marches qui le séparaient des planches du Dojo si familier, il se questionnait sur la famille de l’homme. Mystique et mystérieux, il ne parlait que rarement de son passé, sinon de ce qui les liait. Les sourcils encore froncés, découvrant constamment ce monde vide, il poussait une autre expiration.

Alors, écoutant son ami, tentant de calmer son être intérieur, il vint à s’asseoir, les pieds sur la marche inférieure. Puis, posant ses coudes sur ses genoux, croisant les doigts, il laissa sa tête fièrement relevée, oubliant un instant ce qu’il entendait. Car il ne lui demandait pas de faire attention, mais bel et bien d’abandonner sa conscience. Il lui demandait non pas de se concentrer davantage mais de perdre cet état d’esprit. Peut-être était-ce là la véritable difficulté pour l’aveugle. Abandonner. Se perdre. Tout était synonyme de ce « lâcher-prise », de perdre soudainement le contrôle qui lui était si cher. Était-ce même seulement possible ?

Il pensait. Constamment. C’était là la grande difficulté de cet entraînement. Il pensait. Trop. Si parler de ses crimes était une chose, ceci se révélait être une étape bien plus compliquée. Car parler était une épreuve. Ne plus penser, mais surtout s’abandonner à ses sens, en était une toute autre. Poussant un long soupir, il s’agaçait encore de penser en cet instant. Car il continuait de chercher ces sons. Il continuait de vouloir percevoir. Rageant intérieurement, il ne trouvait pas cette paix intérieure si nécessaire, et vitale, à sa nouvelle survie. Car s’il voulait se dépasser, il devait pouvoir apprendre à se tempérer. Sans cela, il ne pourrait jamais devenir un autre homme. Soufflant lentement, relâchant la pression de ses muscles, il se redressa finalement.

« Ton exercice est difficile, Hoshino. Comment veux-tu que j’apprenne à distinguer, sans même penser ? »

Il souriait, loin de l’énervement vécu plus tôt. Bien sûr, il s’agaçait de ne pas réussir ce qui lui était demandé. Il pensait encore constamment. Il cherchait, à l’aide de son audition, le cours d’eau, les oiseaux, les insectes. Il cherchait mais ne trouvait pas. Inlassablement il se demandait si la quête du Samouraï n’était pas qu’une fable contée pour des enfants naïfs. Et si, stupidement, il n’avait pas écouté un charlatan.
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Sam 30 Sep 2017 - 20:33
Il était amusant de se dire que l'aveugle était si pressé de réussir un tel exercice. Après tout, méditer était parfois le travail de toute une vie et lui trouvait l'exercice compliqué après quelques minutes à le pratiquer. Cet homme n'avait donc jamais appris que toute chose venait à point nommé pour qui savait attendre ? Non, Eiichiro était quelqu'un de bien trop impatient et c'était bien cela qui le freinerait dans son apprentissage, s'il ne trouvait pas une solution. Arrêter de penser est simplement quelque chose qui, s'il est possible de le faire, n'est pas une chose courante. En vérité, l'exercice consiste plutôt à recentrer son attention. Dès qu'une pensée parasite ton ordre intérieure, qu'un regret, qu'une colère, qu'une joie te traverse, qu'un son t'attire, qu'une sensation te fait réagir... Prends conscience que ta conscience est attirée ailleurs. Et en répétant inlassablement cette exercice, l'esprit s'habituait à se discipliner pour mieux se concentrer et ne pas se focaliser que sur une chose, un détail. Une fois cet élargissement de l'esprit effectué, il était possible d'en ressortir plus concentré, plus relaxé, plus apaisé, plus serein.

Calme, sérénité, discipline étaient des atouts communs à quiconque voulait maîtriser quoi que ce soit, que ce fut le chakra sous toutes ces formes, la perception de celui-ci en passant par sa transformation, mais aussi l'apprentissage des gestes et l'introspection. Ce simple exercice ouvrait bien des chemins à celui qui prenait le temps de le parcourir et de le maîtriser. Cet exercice est a pratiquer autant que possible. Que ce soit pour mieux ressentir le monde ou apprendre à calmer vos émotions. Quant à percevoir le chakra ensuite... J'imagine que si vous m'attrapez les mains, je peux vous guider sur la piste du mien et peut-être, par la suite, celui des autres. Liant les gestes à la parole, il attrapa sans plus de ménagement les mains du chef du clan des Yuki et commença à diffuser son chakra à la nature si fluctuant, naturellement aligné avec le souffle du monde...
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Dim 1 Oct 2017 - 16:09
Il frissonna de ce contact particulier. Alors qu’il acceptait les deux mains de son ami, Eiichiro se questionnait sur l’ensemble de cet entraînement. Sourcils légèrement froncés, oubliant un instant ce qu’il devait faire, il tentait malgré tout de percevoir que son maître lui demandait. Percevoir un chakra. Percevoir l’invisible. L’aveugle se questionnait encore énormément sur les pratiques du Samouraï. Inspirant. Expirant. Il tentait encore de faire le vide. Non pas pour percevoir le lointain, mais seulement ce qui était au plus proche. Il devait sentir ce qui se tenait là, à proximité de ses doigts.

Hochant la tête, il se concentra uniquement sur les doigts de son ami, cherchant à découvrir la source de son chakra. L’exercice était compliqué, peut-être plus intense qu’il ne l’aurait voulu. Car il lui valait s’occuper d’une seule et unique chose. Il devait oublier le reste pour s’occuper uniquement de cette pensée. Poussant un soupir, il cherchait en vain ce qu’il ne trouvait pas. Il devenait alors plus compliqué pour lui de se concentrer et, perdant à nouveau patience, il retira ses mains de celle de son nouveau compagnon d’entraînement. Frappant du poing contre la colonne, se faisant d’ailleurs mal au passage, il serra les dents sous l’énervement. Puis, poussant un soupir, il laissa sa tête tomber en arrière alors qu’il se demandait comment faire.

« Je comprends ce que tu veux me dire, Hoshino. »

Il hoche légèrement de la tête, avant de remettre sa tête face à, il l’espérait, la tête de son ami.

« Ce sera un travail de longue haleine. Combien de temps t’a-t-il fallu pour y arriver ? »
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Mer 4 Oct 2017 - 13:23
Eh bien, il est heureux que vous le compreniez. Comprendre, c'est déjà envisager. Avait-il commenté, le regard légèrement circonspect face à ce qui était un nouvel accès de colère de son ami envers lui-même. Il ne le changerait pas facilement, mais cela dit, il y avait déjà une certaine forme de progression dans son comportement. Moins tourmenté et perdu, Eiichiro semblait avoir retrouvé un objectif pour le faire avancer : surmonter sa cécité et il l'espérait, surmonter les vices qui l'avaient ainsi conduits dans cette position.

Cela étant, il n'était pas encore capable de percevoir le chakra, ce qui, sans pour autant qu'il ne l'exprime, le désespérait un peu. Peut-être surestimait-il le talent du chef du clan Yuki ? Il avait été un grand guerrier, mais il pensait que sur l'aspect moins spirituel et plus technique, plus matériel, il parviendrait à le surprendre et à rapidement saisir les énergies des êtres qui peuplaient ce monde. Celle-là même qui, impulsé dans tous son corps, était celle qui nourrissait le froid propre à ce clan qu'il dirigeait. Sans pour autant en avoir la preuve, il se demandait même si ce n'était pas la cause de la blessure qui lui avait fait bandé les doigts. Peut-être était-ce même une manière de l'aiguiller...

Comment t'es-tu blessé tes mains, Eiichiro? En ce qui me concerne, c'est quelque chose que j'ai appris depuis ma plus tendre enfance. Au début, la turbulence de la jeunesse fait que nous nous amusons ou nous lassons. Et puis, un jour, on réalise. On réalise le poids de notre propre existence et du fait qu'elle soit entouré de tant de choses que nos yeux seuls ne perçoivent pas. Il se doutait bien que cela n'allait pas rassurer son ami, mais il ajouta : Ta maîtrise du chakra pourra t'aider. Si tu es capable d'utiliser le hyôton, c'est que tu peux le malaxer. Alors, il faut que tu identifies celui-ci et que tu cherches à l'identifier chez les autres. Pour ma part, ma maîtrise du chakra est venue plus tard. Tu pars donc de moins loin.

Watari se releva et alla chercher du thé. Il lui faudrait un certain temps de contemplation avec lui-même pour y parvenir, un peu de thé n'aiderait qu'à a accompagner ce mouvement vers ces perceptions qui lui étaient encore méconnues.
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Cheminer dans l'obscurité ft. Yuki Eiichiro

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