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Ni fierté, ni tranchant


Ven 29 Sep 2017 - 18:19

Au lendemain seulement de mon escapade à l'Hôpital Général, et seulement perdue dans mes pensées, tenant la feuille des registres au creux de ma main, je rentrais. J'avais accepté cette mission pour deux choses, et pas des moindres. Tout d'abord faire avancer Kiri. Il l'espérait tant dur comme fer, et moi aussi. Et l'autre était pour lui prouver mon entière et implacable fidélité. J'avais toujours été et serais toujours de ses meilleures alliées, peu importe ce qui avait pu ériger notre amitié, aujourd'hui la forme était bien différente mais non le fond.

Pestant à voix haute dans cette rue matinale, je songeai déjà au bain qui allait occuper bien une bonne heure avant que je ne me remette au travail. La vapeur volant dans la pièce, la chaleur sur ma peau, la relaxation qui m'attendait. J'imaginais déjà ce silence revigorant et bénéfique, calmant chacun des nœuds qui parcouraient mon dos. Illusion de tant de bien-être... « Eh ! m'dame ! Eh ! Euh.. Takamera Veno ? Euh.. Non.. » Une blague ? Je me retournai vivement pour découvrir un gamin peut-être pas plus âgé de treize ou quatorze ans, qui semblait s'être improvisé apprenti coursier. Haussant un sourcil, je le toisai et le repris d'un ton sévère. « Nakamura Ueno ? » Il hocha brièvement la tête et me tendit un énième papier sur lequel je pouvais lire la signature du Nidaime Mizukage. Décidément il ne se passait plus de moi le blondin depuis ses nouvelles tâches, était-il si pressé pour que je lui raconte les aventures de la vipère à l'Hôpital ?
* * *

Mon entrée au Grand Dojo fut fracassante tandis que je ne perdis pas plus de temps pour traverser la cour. Dévalant les allées, mes cheveux virevoletant, je n'avais même pas pris mon heure de gloire dans cette baignoire d'eau bouillante. Ni même pris une seconde pour me rattacher les cheveux. Un long soupir, et je calmai mes pas pour paraître plus sereine, plus modérée. Moi, modérée ? Eh bien il fallait bien parfois sauver les apparences. Poussant une nouvelle fois les portes, cette fois les grandes, symboliquement les plus lourdes du domaine, je pénétrai dans le dojo qui donnait d'abord sur un grand tatami. Il était là, de dos, le blond avec sa longue toge de Kage. « Ça te va bien. » j'en ricanai dans un premier temps, puis je tournai la tête pour parcourir la grande salle du regard et je repris mon sérieux, mes pas doucereux sur le sol et qui s'approchaient du Yuki. « Que puis-je pour toi Sôsuke ? »

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Ven 29 Sep 2017 - 19:26
Il y avait fondamentalement quelque chose d'étrange dans cette convocation. Même si le bâtiment du palais n'était pas terminé, il y avait fort longtemps que le grand dojo n'apparaissait plus comme un lieu neutre. Le jeune samouraï méditait sur la missive, l'air circonspect. Le nidaime qui le convoquait pour avoir une entrevue ? D'une part, il se montrait méfiant de l'inconnu. Il semblait vouloir bien faire, pourtant, celui-ci semblait quelque peu démagogue, en témoignait les souvenirs assez agaçants du discours qu'il avait bien vite cherché à fuir. Si de faux coupables, de fausses accusations nourrissaient certainement les raisons du pouvoir et qu'il n'ignorait pas les conseils des grands sages, il avait l'impression que quelque chose de fondamentalement important n'allait pas dans le discours et l'image qu'il avait voulu renvoyer, ce qui le peinait. Car même s'il était étranger à bien des individus de ce village, le samouraï ne souhaitait qu'une seule et unique chose : la paix et la prospérité pour les clans et le peuple de Kiri, ainsi que son daimyo.

Soupirant, le jeune homme ferma à clef son dojo et fit figurer sous le soleil de l'été, un monceau de bois calligraphié expliquant qu'il était dehors. Accrochant sur sa tête un chapeau tressé pour se protéger du soleil, le jeune homme soupira à nouveau en regardant le ciel bleu. Qu'il était dommage qu'une si belle époque soit troublée par tant de méfiances et de rivalités claniques. Sous cette chape de plomb estivale, il se mit en route vers l'incertain rendez-vous qu'il devait désormais honorer à l'improviste.

Les gardes du grand dojo le fixèrent avec méfiance. Il était de notoriété commune que les échauffourées des sabreurs avec les Yuki avait eu le don de le mettre en froid avec ceux-ci. Il ne souhaitait pas mentir et se contenta des salutations avec une politesse sommaire. Peut-être que la fameuse pie à l'insupportable immaturité n'était pas là pour garder les portes, mais cela faisait déjà un agacement de moins à gérer dans la journée. Méfiance et respect pour le fier samouraï, surtout lorsque celui-ci révélait la signature qui l'amenait-là. Tous les chûunins de Kiri n'avaient pas l'honneur d'être ainsi convoqué. A sa connaissance désormais, il pouvait au moins en citer deux ; c'est en prenant connaissance de la présence de la sabreuse Nakamura Ueno que le jeune homme comprit plus ou moins qu'à défaut d'une simple convocation, il y avait sûrement une petite volonté de confrontation... Ou alors espérait-il mander la méfiance du samouraï face à la jeune femme qui lui semblait si proche ?

La vipérine n'avait pas fait grand chose pour lui faire changer son avis sur la question. Ce terrible soir avait été finalement la déchéance des sabreurs. Encore aujourd'hui, ce dojo qui était le leur était comme un lieu souillé par leurs cœurs déchainés. Son visage fermé et sceptique démontrait à quel point il n'appréciait pas que ce dojo soit ainsi laissé aux mains de gens instables et dangereux, finalement si peu apte à représenter l'honneur des arts martiaux...

Méfiant, mais n'affichant aucune agressivité, le samouraï s'avance avec la noblesse de ses origines. Il est un samouraï, dont la fierté et l'honneur ne sont plus à questionner à Kiri, plus depuis l'examen international. Il sait que la guerrière serpentaire n'en est pas moins redoutable. Il ignore la force de celui qui est leur chef, mais il sait qu'ici, personne n'est en mesure de sous-estimer qui que ce soit. Manifestant sa présence et retirant son chapeau pour le tenir à la main, Watari s'exprime alors : Je dois dire que je suis un peu surpris de la présence d'Ueno-dono, même si je crois pouvoir percevoir votre dessein, nidaime mizukage. Son ton est mesuré, quelque mystérieux et rusé. Il salue la jeune femme d'un hochement de tête respectueux. Il n'a pas besoin de réitérer ses menaces ; il était certain qu'elle s'en souvenait encore. Il n'avait pas besoin d'en faire plus que nécessaire. Elle était mise au courant que si jamais il la surprenait à être une menace, il n'y aurait pas de sommation. Il a mieux à faire pour Kiri que de s'attacher à ces passions qu'il leur reproche. Alors, ignorant la présence de celle-ci, il s'incline légèrement auprès de celui qui a encore beaucoup à faire pour le convaincre, qu'il le veuille ou non. Quoi qu'il en soit, j'aurais à vous parler des orphelins du feu, après mon rapport et que vous ayez eu à traiter avec votre... Amie. En tant que propriétaire d'un modeste dojo, j'ai eu à m'occuper d'un certain nombre d'entre-eux sous l'ère... Regrettée de votre prédécesseur.

Ses mots étaient choisis pour rester diplomate. Il fallait du tact, surtout quand on savait que si Ueno et lui étaient désormais particulièrement opposés, ils étaient d'anciens alliés concernant la destitution de celle qu'il se plaisait à appeler vieille folle, ou vieux démon. Encore plus à présent que le Sôshikidan avait révélé les horreurs qu'elle avait pu accomplir pour ses projets...
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Ven 29 Sep 2017 - 19:42
« Bonjour à tous les deux, et merci d’être venus. »

Lorsque Yuki Sôsuke prit la parole, les deux invités étaient enfin entrés, à quelques instants d’intervalle. Bien entendu, ni Nakamura Ueno ni Hoshino Watari n’avaient été mis au courant que cette réunion prendrait la forme d’une sorte de trio. Pour chacun des deux Kirijins, seule une entrevue avec le Mizukage avait été mentionnée. Ils devaient donc tous deux être surpris de voir l’autre. Mais comme ils devaient s’en douter, à l’image des mots employés par le Samouraï : il n’y avait là aucun hasard de calendrier, ni aucune maladresse.

Depuis sa nomination, et son accession au pouvoir le plus lourd de responsabilités au sein de la cité de la Brume, l’Amiral avait eu le temps de réfléchir à quel chef il voulait être. Si son discours sur le toit du grand Hôpital Général avait eu des airs de phrases préparées à l’avance, toutes faites, le Nidaime avait commencé à mettre en œuvre sa politique. Et il n’y aurait sans doute que peu de meilleurs exemples que celui d’aujourd’hui.

Il s’avança d’un pas.

« Je ne suis plus l’ami de personne depuis ma nomination, mais le chef de tout notre peuple. Et il est de ma responsabilité de faire en sorte que les tensions que notre village a eues sous l’ère de mon prédécesseur soient définitivement enterrés. Je n’ai que faire de savoir si les vôtres sont personnels, ou liés à O’Dui S. Benten, mais une chose est évidente : je veux que vous mettiez les choses au clair, et que la page soit tournée. Notre village fait face à des enjeux bien trop importants pour risquer de nouvelles querelles internes. »

Il était peut-être rude de voir le Mizukage agir de la sorte, surtout pour son amie qu’il n’avait pas mis au courant. Après tout, peut-être aurait-il pu, tout en l’obligeant à venir. Mais Sôsuke n’avait pas d’inquiétude sur la compréhension de la Nakamura. Aussi bien elle que le Samouraï comprendraient le sens de ses propos et de leur rencontre en cette matinée. La question était de savoir quand le feraient-ils.

L’Ombre de l’Eau croisa les bras, son regard azuré alternant entre les pupilles du shinobi et celles de la kunoichi.

« Parlez, hurlez, frappez, mais je veux qu’une fois sortis de ce dojo, vos différents appartiennent au passé, comme l’ère du Shodaime. C’est un ultimatum que je vous pose. Mais contrairement à ce qui semble avoir été une habitude, si vous refusez, votre sang ne coulera pas, et vous ne serez pas enfermé… »

Son regard se fit aussitôt plus fermé. Si le visage fin du blond facilitait l’expression de sentiments, son sérieux et la gravité dont il appuyait ses mots étaient palpables.

« … mais vous ne serez plus Kirijin. »
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Ven 29 Sep 2017 - 21:20

Ce fut sans qu'il ne daigne répondre que je me détournai aussitôt du Nidaime. Un demi-tour vers l'arrière lorsque je vis la silhouette du samouraï. D'abord allié, puis ennemi, mon regard aussi perplexe que mon avis à son propos, je me souvins de l'altercation à bord du navire, au retour de Shîto. Je soupirai longuement lorsque je compris les intentions, tout du moins j'en déduisis un brin. Me reculant de quelques pas, je demeurai positionnée sur le côté, la tête pivotant à mi vers le Mizukage, à mi vers le shinobi. Et je les toisai. L'un plus que l'autre, avec un faux dédain qu'il méritait pour m'avoir eu en beauté. Je lui adressai d'ailleurs mon expression de mécontentement non sans m'y cacher, et qu'importe ce que pouvait en penser le brun. Quel chef de peuple mettait en tête à tête deux ninjas qui semblaient avoir des différents ? Quel ami forcerait sa fidèle à affronter ses démons ? Car c'était bien là le son de ma défaite. Incapable d'avouer mes propres crimes à défaut de déjà entendre les chuintements du serpents qui avait les écailles vibrantes.

Sans un bruissement, je laissais transmettre toute ma charmante sympathie par des pensées de mon regard perçant et reptilien sur Sôsuke. Il était hors de question que je ne prenne part à ce jeu ridicule. Tu aurais pu me demander bien des choses mon ami, mais pas de me mettre à découvert. Le faciès fermé, je croisai les bras lorsque l'Ombre prit enfin la parole, puis s'avança. Le coeur serrer, les yeux droits et sévères, j'avais déjà envie de grogner. Mais de bonne foi, et bien parce que ma confiance et mon allégeance pour cet homme était bien trop prononcé, je me tus. Sans l'interrompre, je l'écoutais. Sans émettre la moindre contestation, je me rangeai. Tu me le paierais Sôsuke. Car des queurelles au sein du village il y en avait bien trop que tu ne pourrais supporter. C'était me dévoiler que de me regarder assumer les conséquences de mes actes, de mes erreurs, ou de mes bonnes décisions. Et l'idée même de le décevoir me hantait. L'angoisse au fond de la gorge, je baissai les yeux. Signe de soumission, c'était certain, et si peu habituel. Mais lorsqu'il donna ses conditions, je me redressai, lâchant ma posture pour venir serrer les poings non loin de mes hanches. « Tu n'as pas le droit. » Secouant la tête avec un visage colérique, je vins à râler un peu plus franchement. « Malgré tout le respect que je te porte... » Car je ne lui devais pas, je lui donnais si simplement, aveuglément. « Tu ne peux menacer nos identités, la chose la plus importante en tant que shinobis, en tant que membre de ce village. Alors je ne te crois pas, Sôsuke. »

J'avais bien décidé de le défier, cette fois. Bien trop introvertie, et pourtant si expressive, je me tournai pour cacher cette crainte qu'il ne mette à l'oeuvre sa condition. Leur tournant le dos, j'inspirai profondément et exprirai de la même façon. Quelle plaie ce nouveau Mizukage. « C'est d'accord. » L'expression d'une femme désabusée, peut-être toujours aussi extrême dans mes ressentis, je me retournai et fis face au samouraï. « Puisque c'est ce que le maître Mizukage... » Puisqu'il était hors de question d'être familière avec lui pour cette fois, suite à ce qu'il voulait me faire subir, et l'avait-il dit qu'il n'était ici l'ami de personne. « Je t'écoute. J'accepterais ce que tu me repprocheras, j'accepterais de répondre même à tes interrogations, quelles qu'elles soient, au sabre ou non. »

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Ven 29 Sep 2017 - 22:08
Eh bien... Eh bien... Watari laissa échapper un rire sincère et amusé. Il était rare qu'on l'entendit rire aussi franchement de ce qu'il venait d'entendre. Eh bien, eh bien... Il fit une petite pause, son regard perçant étincelant de ruse. Autant pour les orphelins, j'imagine qu'ils passent après nos querelles intestines... J'imagine cependant que mon problème ne sera le vôtre qu si je reste admissible au titre de shinobi de Kiri. Il laissa tomber son chapeau par terre, avant de se laisser tomber sur le sol, en position de seiza. En guise de bonne foi, il plaça son sabre à côté de lui, à l'envers. Combien d'entre-eux comprendraient qu'il s'agissait-là d'un rituel propre aux samouraï ? En faisant cela, le jeune homme démontrait qu'il se laissait donc désarmé si jamais ses interlocuteurs sortaient une arme. Cela étant, fin observateur, il savait qu'à tous le moins, Nakamura Ueno était une femme attachée à la personne de celui qui leur imposait ce chantage. Il n'y aurait a priori pas d'attaques, sauf à ce qu'elle perdre ses liens avec sa confrérie et la personne dont elle semblait étrangement proche.

Cette proximité avait de quoi faire le débat et lui qui savait manier la verve et la lame ne s'en priverait pas. Mais en temps voulu. Il avait une remarque à faire auprès du Mizukage. Votre manière de faire, si vous me le permettez, vous qui m'imposez ce chantage, est quelque peu bancal. Il se tourna vers Ueno avant d'ajouter : Ueno-dono, je ne vous accuse pas de mentir, soyons franc, puisque nous avons visiblement beaucoup à gagner à nous entendre malgré nos différends. Mais... Se retournant à nouveau vers l'ombre des brumes, il lâcha alors : Il est naïf de croire qu'en nous forçant ainsi à nous entendre, cela puisse fonctionner. Sauf à ce que vous pariez sur nos propres principes et affects, c'est une méthode très risquée et qui pourrait vous trahir. Mais vous n'êtes pas là pour m'entendre faire votre critique, pour le crédit que vous lui accorderiez. Il soupira, le dos détendu, la posture ouverte, le regard toujours aussi rusé, mais l'expression soudainement beaucoup plus franche.

Sôsuke-sama, je veux comprendre comment pourrais-je faire confiance en votre amie, alors que j'ai été témoins de nombreuses choses qu'un homme d'honneur ne peut tolérer. Mais plus encore, Ueno-dono, j'ai beaucoup de mal à comprendre vos actes. Il prit une pause avant de nouveau se tourner vers celui qui orchestrait cette rencontre. Il avait beaucoup à en dire et pourtant, loin de lui était l'idée de se faire plus volubile que ne le fut le Kaguya qu'il avait tancé de ses remarques passées, mais s'il s'agissait de faire preuve de diplomatie et de cérémonie, soit.

In fine, ce qui m'oppose à Nakamura Ueno-dono me lie aussi à ses confrères et les Yuki, moi qui suis un étranger de ce village. Au milieu d'une voie de carnage, je me suis retrouvé à devoir soigner tant votre amie, Shiori-dono, que celui qui sont nombreux à blâmer le chef du clan des neiges. Il arrivait aujourd'hui à en parler avec une certaine clarté, mais la situation était vertigineusement complexe. Je ne renierai pas l'atrocité des horreurs commises sur votre amie Shiori... Je lui ai moi-même fait regretté ses erreurs et j'espère que celui qui, s'il était né dans mon pays, serait mon frère, ne me donnera pas plus de honte à son égard. Ce qu'il a fait est impardonnable. Mais il reste l'un de ceux qui souhaitent le meilleur pour le village. J'ose espérer que les sabreurs aussi.

Qu'il était complexe de se faire avocat de sa propre cause, interprète de celle des autres et arbitre de cette tragédie. Son visage ne souriait plus. Il n'avait aucun plaisir à devoir remuer ce passé qui pourtant, comme un membre gangréné, pourrissait au cœur du village et menaçait chaque jour un peu plus d'être à l'origine d'une lutte fratricide pour ceux qui étaient pourtant uni à l'origine dans le bien des autres. Il se retourna vers Ueno.

Pour être franc et au risque de me faire la paraphrase de mes propos ultérieurs, nonobstant le fait que cela soit d'ordre privé...Sans jugement, le samouraï fit une petite moue qui laissait clairement entendre qu'il était assez soupçonneux du lien qui unissait la sabreuse à celui qui se portait la toque du chef des shinobis locaux, avant de poursuivre : De facto, j'aimerais comprendre pourquoi, devant le jeune Yuki Tetsuko, l'hystérie de la jeune Shiori, l'ahurissement de ma jeune disciple, Ayuka, ainsi que ma propre horreur, vous avez bu le sang de celui qui fut-il, semblerait, votre amant. Je ne vous ai même pas vu à son chevet et je peux vous le dire car il nous a cassé les oreilles, à sa grande tristesse. Il s'interrompit, l'air agacé, en se passant la main sur ses lèvres, l'air préoccupé, avant de mieux formuler sa question : Dans mon pays, quiconque un tant soi peu normal sait reconnaître les déments et les onis. Boire le sang et les fluides de l’œil d'un blessé... Est à mon sens, la preuve d'une grande perdition et d'un danger pour autrui. Oubliez donc les détails de votre vie privée qui, je le pense, me regarde moins que vous et notre "chef". Mais convenez bien que ces actes doivent être assumés et plus jamais réitérés. Il hocha de la tête, convaincu de l'importance de ses propos avant d'ajouter : Et je sais que vous avez au minimum, maintenant que vous êtes en poste, les informations sur le départ de celle qui ne méritait pas votre titre. J'imagine qu'entre Ueno-dono et moi-même, ce point ne sera pas à débattre.

Il failli faire une remarque sur le fait qu'une tasse de thé ou un peu de sake eut été utile à l'entente entre ceux qu'il voulait faire "fraterniser", mais il préférait économiser sa salive. Maintenant qu'il avait adressé la vérité dont il avait été témoin, il voulait de nouveau faire participer leur juge-arbitre à cette conversation et lui faire remarquer alors : J'avais prévu de vous dire en privé tout cela, mais après tout, je pense que c'est une bonne manière de me prouver votre bonne foi Ueno-dono. Plus encore, j'aimerais vous faire remarquer le comportement des sabreurs qui, je le sais, agitent beaucoup les Kaguya et peut-être à terme, tout le village. Il inclina la tête, avant de conclure : Et nous savons, vous comme moi, que nous n'avons qu'une allégeance : le peuple de ce pays et ses habitants, les kirijins. Il sourit, mettant une emphase attendue pour souligner ses propos avant d'ajouter : Le prochain foyer de dissension naîtra du déséquilibre entre les clans, si ceux-ci n'apprennent pas rapidement à s'entendre. J'ai fait ma part, à mon niveau, nidaime-sama. J'ose espérer que votre règne saura me prouver que vous êtes celui qui saura fédérer, non celui qui, comme l'espérait votre prédécesseur, imposer son ordre et pervertir la voie de ceux qui s'étaient unis pour une quête louable. Car oui, s'il est une coupable, un être bien plus infâme que les perversions sadiques de mon ami ou de la votre... Il s'agissait d'O'Dui S. Benten, mizukage-sama.

Il n'avait pas grand chose à ajouter, ses paroles, toujours menées avec esprit et clarté, était les paroles d'un Homme qui n'avait rien à cacher ou à dire de plus. Il préférait, beau joueur et loyal, laisser à Ueno, l'occasion de montrer sa coopération à celui qui les faisait ainsi se confronter. Watari n'avait aucune envie de se battre, ni de nuire à qui que ce soit. Il était une chose indéniable au-delà de ses paroles révérencieuse : Hoshino Watari était un symbole d'honneur et d'érudition, témoin de la crème de la crème des samouraï du pays de fer, dont même ses cousins, les Nagamasa, pouvaient être fier. Quiconque l'entendait savait de source sûr qu'il ne connaissait pas le mensonge et les complots envers les intérêts du plus grand nombre. Il était l'incarnation même de l'honneur des épéistes du pays neigeux du fer.
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Lun 2 Oct 2017 - 22:49

Je ne comprenais toujours pas ces hommes, se tenant debout ou bien assis d'une manière qui, selon moi, était bien inconfortable. Si l'un prônait la diplomatie par un chantage pour le moins affectif même si dans la forme il ne le montrait pas, car jouer sur ce que deux shinobis aimaient et voulaient protégé, c'était de l'ordre du sentimental. L'autre semblait vouloir... S'asseoir ? Il joua tout de même le jeu, à mon grand regret. J'aurai tant préféré qu'il prenne son arme, quitte à en subir la défaite par la suite, au moins je n'aurai pas à déblatérer les raisons des pourquoi et des comment. J'étais donc bien de mauvaise foi, pourtant je n'avais pas menti, et je lui répondrais malgré tout.

Alors que je ne revins pas sur les mots du samouraï lorsqu'il donna son humble avis sur la méthode de l'ombre, je le fixai toujours. Je l'observai, de bas en haut, de haut en bas, de droite à gauche et vice versa. Je souhaitais desceller un quelconque défaut inavoué, et inavouable, qui me permettrait de m'en sortir encore d'une simple pirouette. C'était la méthode que j'usais le plus souvent. Et je me souvenais de la discussion au clair de lune avec le Torrent, autour d'un verre. Lui avait pu dégager le vrai du faux, mais lui me connaissait. Si je voulais mentir, alors je le pouvais. Tout du moins n'était-ce pas là tout l'enjeu d'une présence partagée et neutre, celle de Sôsuke. Il me connaissait peut-être par cœur, du moins il saurait si je trahissais mes véritables penser. Car au-delà de tout connaître des événements qui me marquaient et faisaient de moi qui j'étais, il m'avait vu grandir. Et pas véritablement dans le bon sens. J'en pestai intérieurement. J'étais faite comme un rat. Je n'avais plus qu'à avouer la vérité, et à en assumer pleinement les conséquences, aussi difficiles soient elles à entendre pour eux, et à éluder pour moi.

C'est pourquoi je le laissai exposer les faits, et les méfaits en ce qui me concernait. Si j'avais su, ce soir là, que mes actes délibérément incontrôlés feraient tant d'écho. Entre Tetsuko et Watari à présent. Vile serpent, il est à ce jour évident que tu causeras ma perte. S'il pouvait seulement comprendre que j'aimais ça autant que je maudissait ces désirs insatiables. C'était une drogue. Finalement il était mieux assis, son sabre retourné. Je ne souhaitais pas montrer cette étrange cruauté qui me dévorait. Pas devant lui. Un soupir. Seulement une expiration courte et expressive sortie de mes nasaux. J'avais permis au silence de s'installer déjà trop longtemps. « Je crains que ce ne soit mon tour, n'est-ce pas ? » Question rhétorique, qui ne servait qu'à retarder l'inévitable. M'emparant de mon épée bien verrouillée dans son fourreau, je l'ôtai de ma ceinture bien accrochée. « Si je ne peux contredire tes propos à propos de la vile première Dame en fuite, je ne peux te laisser remettre en cause l'implication de mon clan, de ma famille en ce qui concerne notre peuple. » Mon regard menaçant, reptilien, sur cette proie que m'apparaissait être le samouraï, je m'approchai lentement. Pas même un pas à chaque seconde, faisant onduler d'un ralenti languissant mes cheveux relevés par un simple anneau. « Il a déjà été vu avec le clan Kaguya d'un certain commun accord nos allégeances respectives, et nous sommes en accord : Kiri demeurera nos priorités, et ce même s'il advenait que l'adversité soit trop forte. » Et je m'arrêtai pour regarder mon ami posté sur le côté, observateur. « Et quand bien même j'ai pu avoir, dans un sombre passé, quoique ce soit avec Yuki Eiichiro, il n'en va plus de ma volonté de faire un pas vers ce clan, je laisse à d'autres le soin de parlementer diplomatiquement... Ou non. » L'évocation de ce jônin du clan Yuki m'avait donné un frisson désagréablement prenant aux tripes. Alors, priant que jamais plus je n'ai à reparler de cet homme, je fis volte-face sur le guerrier au tranchant aiguisé -peut-être plus que le mien- pour combler le reste de la distance entre mes jambes et lui.

Je n'en avais pas fini avec lui. Les fameuses conséquences avaient fait retentir leur glas, il était temps de me laisser découvrir. C'était bien pour le Nidaime, mon vieil ami, que je le faisais. Pour prouver cette bonne foi qui m'habitait. Pour ne décevoir ni lui, ni le village. Je ne voulais pas partir, simple ruse ou non d'ailleurs. Alors, tenant fermement l'écrin décoré d'un serpent entortillé de Dokueki, je tendis le manche fait de la mue vipérine vers le samouraï. Saurait-il seulement le dégainer ? pensais-je nerveusement. « Accepte donc de découvrir quelle est mon arme, ma fidèle. Qui il est. » Alors, seulement il entendrait les sifflements qui hantaient mon esprit. Peut-être comprendrait-il à quel point cette soif était infinie et qu'y prendre goût n'était rien de moins, rien de plus, qu'une allégeance à mon sabre légendaire et unique.

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Mer 4 Oct 2017 - 18:49
Il est des silences qui en disent beaucoup plus que de longs palabres. Lui qui était peut-être l'un des meilleurs parmi les plus éloquents de Kiri, savait à quel point l'emphase du silence était aussi expressive que les bonnes tournures éloquentes. Il s'était tout d'abord senti observé, disséqué par le regard de celle qui devait se confronter à lui sous l'ordre du nouveau chef des ninjas de la brume. Ce silence, couplé à ces regards observateurs étaient probablement la réflexion d'une personne qui était belle et bien embêtée par la tournure des événements. Aurait-elle préféré l'affronter ? Mais pourquoi ? Serait-ce la présence de son ami qui lui aurait donné l'envie de faire parler les armes, plutôt que les cœurs ? La situation était particulièrement intrigante. Sans pouvoir démêler le vrai du faux, ses déductions cherchaient à cerner l'une des personnes qu'il avait vu commettre les pires perfidies sur terre. On était au-delà d'un meurtre, voire même d'un assassinat de sang-froid. Lui qui avait choisi d'arrêter de blesser son adversaire au cours de son combat à Shito, il ne se rangeait à la létalité de ses coups que dans la plus pure des nécessités. Tuer, n'était pas, pour lui, plaisant. Ni même la souffrance qu'il pouvait provoquer. La douleur que l'on cause aux autres avait des conséquences. Tirer sa lame et abréger la vie d'un individu était tellement lourd de conséquence que tout l'art du guerrier départageait selon une éthique de la vertu, le moment opportun pour se battre et blesser d'autres personnes.

Et la nécessité d'une telle mesure pour un samouraï ne se révélait-elle pas dans toute sa splendeur dans le cas présent ? Il n'était pas nécessaire de reparler des faits qui les amenaient à cette situation. Tout au plus, ses pensées attestaient à quel point les errements de chacun pouvaient amener des catastrophes. Mais peut-être que Nakamura Ueno était elle aussi, une personne qui s'était trouvé au moment le moins opportuns. Son changement d'attitude entre hier et aujourd'hui lui faisait se poser la question de savoir pourquoi elle s'était ainsi comportée, elle qui semblait réellement se comporter d'une manière à tout le moins, exemplaire. Et ses réponses allaient peut être lui être rapidement donner. L'annonce de celle-ci raisonnèrent comme une résignation à ses oreilles. Elle cédait la parole après avoir chercher le refuge derrière le silence qui s'était prolongé d'une manière pratiquement coupable pour la jeune femme. Elle n'assumait donc pas ses actes ? Cette pensée accentua l'intensité du regard du samouraï qui se fit rieur. Son sourire, acéré, démontrait à quel point sa conclusion lui était intéressante.

La question rhétorique qui suivit fut acquiescé en silence par le jeune bretteur, qui reprit un sourire plus neutre. Il n'était pas le moment de prendre plaisir à l'échange, mais d'en saisir toute la mesure. Allait-elle mentir ? Peu probable. Mais pour autant, ces mots seraient déterminants, il le savait. Et pour faire économie de mots, il n'en fut pas déçu. Un accord, un désaccord et un désaveu. Si le premier n'amenait pas à de plus amples commentaires, le second pouvait quant à lui nécessiter clarification. Quant au troisième... Les lèvres lui brûlait à ce sujet, tellement la réponse lui était particulièrement étrange. Il n'eut pas vraiment le temps de lui répondre, puisque celle-ci semblait ne pas avoir terminé sa réponse. Et le point d'orgue qu'elle allait lui offrir lui arracha un sourire profondément amusé et interloqué.

La surprise ne manquait pas dans ses yeux. Le geste était symboliquement fort et lui-même le savait. Ces armes étaient pour eux, une partie de leur identité. Des trésors dont ils dépendaient pour se battre. C'était l'une des raisons mêmes pour lesquelles il avait une naturelle rivalité envers eux. Lui, se battait par ses propres moyens, sa propre maîtrise, mais eux, usaient de ces lames mystiques et leurs règles étaient particulièrement sévères, quant à la détention de ces armes. Si l'on devait continuer à disserter sur le sujet, il était bien plus probable que ce fut les armes qui trahiraient leurs identités que l'inverse... Le manche était tendu vers lui et il était libre ou non d'accepter cette étrange manière d'échanger avec la porteuse de cette arme.

Je pourrais tout à fait m'étonner que cette liaison avec le chef du clan Yuki se termine ainsi, mais j'ai promis que cela ne me regarderait pas plus. J'ose espérer que notre bien révéré nidaime mizukage-sama ne t'oppose pas à lui comme il le fait actuellement me concernant. Bien que notre amitié existe, je ne suis pas pour autant ignorant de son tempérament qui semblent être encore moins compatible avec le votre que n'est le mien avec le sien. Il sourit, montrant à quel point il n'oubliait pas cette zone d'ombre particulièrement étrange, ce revirement de cœur qui le laissait quelque peu sur sa faim de réponse. Écartant une de ses mèches de cheveux, il fit une petite pause pour reprendre : J'accepte ta demande, Ueno-dono. Permets-moi juste d'ajouter ceci : les sabreurs ont peut-être à cœur de servir Kiri, mais ce sont leurs actes précédents qui m'amènent à douter de ceux-ci. Cela étant, je me fierais au moins à vos paroles, vous concernant.

Il fallait donc désormais qu'il s'essaie à cette lame qui ne lui plaisait guère. Rien que le manche de cette arme lui inspirait une certaine réticence. Mais il n'était plus un enfant et il avait une certaine confiance en lui. Sa main partiellement recouverte de tissu noir alla se poser sur ce qui était visiblement la garde de l'arme. Alors que ses doigts se refermèrent, il dégaina celle-ci et laissa ses yeux se clore pour étudier cette étrange sensation qui venait de se répandre en lui. Était-ce un piège ou une tentative de lui jouer un tour ? Dans son royaume de sérénité et de plénitude, des sifflements se mirent à l'envahir. Ce n'était pas quelque chose qui le surprit outre mesure, mais un jeu de chasse à la souris se mit en place en son for intérieur. Et si le serpent semblait être relativement discret pour se cacher, il apprendrait que les tigres étaient tout aussi doué pour chasser les prédateurs que la proie des serpents eux-mêmes.

Cette entité se faisait fuyante. Nul doute qu'il refuserait de lui obéir. Peut-être aurait-il pu chercher une solution, mais cela ne l'intéressait pas. Ses yeux fermés, mais le front plié sous l'effort, il commenta sa traque : L'esprit qui habite cette lame a l'air timide. En tout cas, le concernant. Il souriait, malgré son air concentré et ses yeux fermés. Dans ses oreilles, les murmures de la créature cherchaient à le déstabiliser. Cherchant à trouver par où s'infiltrer, la chasse était lancée. Il aurait beau jouer sur la rancœur qu'il pouvait ressentir envers sa propriétaire et à plus grande envergure, tout Kiri, chercher à se moquer de son passé et de son futur... L'âme de Watari ne vacillait pas, ni ne succombait. Il finit par rouvrir les yeux, le sourire particulièrement amusé, avant de rendre l'épée à sa propriétaire. Ne prenons pas le risque d'un incident diplomatique avec ce qui est votre propriété, Ueno-dono. Voici une arme bien dangereuse qui est la vôtre. Elle me rappelle les pires légendes de mon pays et attise autant ma curiosité que mon amusement. Cette lame n'est pas à mettre entre toutes les mains... Il fit une petite pause avant de regarder du coin de l’œil le mizukage et d'ajouter : Et visiblement, entre celle de votre amie, celle-ci semble avoir des conséquences fâcheuses.

Il ferma à nouveau les yeux avant de regarder la sabreuse et lui dire : Il semblerait que ma mise en garde s'adressait bien plus à votre arme qu'à vous. Mais ma position ne change pas à ce sujet. Si jamais votre arme vous pousserait à agir contre ce que j'estime juste, je ne compte pas laisser ce serpent sévir, Ueno-dono. Il n'avait pas besoin d'en rajouter plus. Pourtant, la discussion avait au moins pour partie disculper la jeune femme aux yeux du samouraï. Malgré tout, il espérait que le mizukage prendrait la mesure du danger que l'arme pouvait être pour celle qui la portait. Et vous, nidaime-sama, n'êtes vous pas curieux de vous saisir de ce manche ? Qui sait, le serpent vous apprécierait peut-être plus que lui ne m'apprécie. Petite bravade amusée, il était cependant curieux de voir comment réagirait cette arme entre les mains de celui qui était leur chef. Cela était peut-même bien plus la question qui intéressait le plus le jeune homme actuellement. Car s'ils étaient testés, il n'en demeurait pas moins que le samouraï du pays de fer était lui-même curieux et avide de se faire une opinion de l'homme qui avait servi à la cour de feu, le seigneur de ce pays...
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Mer 4 Oct 2017 - 19:41
« Je connais Dokueki. A vrai dire, je connais presque toutes les épées uniques de Kiri, et plus largement de l’Archipel de l’Eau. Et toutes celles que j’ai pu tenir se sont faites fuyantes. Mon rêve d’autrefois était d’être un Sabreur et cela me coûta d’être déshérité de mon clan. Pourtant, je suis aujourd’hui à la plus haute marche de la hiérarchie du village. Quelle ironie, n’est-ce pas ? »

Il était peut-être difficile de comprendre, particulièrement pour les deux Kirjins, d’entendre leur chef se dévaloriser de la sorte. Dans son discours, il ne se posait ni en leader incontestable par sa force ou sa polyvalence ni en chef exemplaire de par son passé. Déshérité, à peine Kirijin, incapable de se faire accepter par la moindre lame légendaire qu’il avait pu toucher : Yuki Sôsuke n’avait pas le bagage d’un homme puissant ou redouté, si ce n’était de ses récents pouvoirs politiques obtenus. Dès lors, il n’y avait rien qui faisait de Yuki Sôsuke le Nidaime Mizukage incontestable.

Sa force brute était moins impressionnante que celle de Gattsu. Sa Glace avait tout à envier à celle de Yuki Eiichiro. Son Kenjutsu était risible comparé à celui de Sabreurs comme Ueno, Tetsuko ou encore Shiori. Il n’avait pas d’armes particulières comme la Peau de Requin d’Hanzô, ou encore la terrible faux d’Arukisa. Sa sagesse et son expérience étaient sans doute en dessous de ce qu’avait proposé O’Dui S. Benten, le Shodaime.

En définitive, le seul domaine où l’Amiral semblait être meilleur que les autres, était la navigation. Mais comment pouvait-il espérer gouverner un village déjà divisé, en se permettant d’être l’inférieur de beaucoup de ses soldats et ce dans différentes écoles ? La réponse était évidente : il ne l’accepterait pas.

« Mais mon rêve depuis, a mué. Ma conviction est aujourd’hui de protéger Kiri et de veiller à sa stabilité. Nul doute que les vôtres sont identiques, et même si je comprends les suspicions ou animosités qui vous animent, je ne peux vous laisser davantage les avoir. Il faut cesser de regarder en arrière… et surtout il vous faut comprendre qu’il ne vous appartient plus de surveiller vos prochains. C’est mon rôle. »

Il fit un pas en avant, regarda la lame reptilienne de Nakamura Ueno, puis en fit un second.

« Si l’un de vous venait à être un danger pour le village, ce n’est pas à l’autre de s’en occuper. C’est à moi et à moi seul. Est-ce bien clair ? »

Yuki Sôsuke dégageait une impression étrange. Sans vraiment avoir changé l’expression de son visage et la neutralité qui l’accompagnait généralement, ses deux interlocuteurs pouvaient ressentir une certaine forme d’autorité, appuyée par une absence totale d’hésitation. Et c’était justement là que tout s’était joué pour le Nidaime. Un secret, historique et bien gardé, lui imposait cette confiance aussi bien en ses choix présents que futurs. Il savait où il allait, et par la même occasion où Kirigakure no Satô devait aller.
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Jeu 5 Oct 2017 - 0:52

La tension que je ressentais intérieurement était grande. Peut-être même telle que sur mon faciès se dessinait la culpabilité d'une faiblesse avouée. Cet homme, après le Torrent et le Nidaime, apprendrait que derrière le physique d'une guerrière aguerrie se cachait le faible esprit contrôlé par sa lame. Les images, les retours d'une enfant apeurée à la rencontre de ce vile serpent. De cette sœur aux palabres longues, harcelantes, et cinglantes qui démontraient l'illégitimité de ce don unique. De ces méfaits d'une adolescente assoiffée de terreur. La femme d'aujourd'hui n'avait-elle définitivement pas changé ? Il était indéniable que si. Je m'étais ouverte, offerte volontiers à des causes plus nobles. La grande famille des Sabreurs. La soulève d'une abomination, dont à ce jour je connaissais les sombres secrets et que je gardais encore enfouis au fin fond de mon esprit dérangé. La défense d'un village qui n'était pas les miens mais pour défendre un plus grand desseins encore : Celui du monde ninja. Et il y avait mon absolue épaule qui résiderait aux côtés du nouveau Mizukage, bien qu'en cet instant il me sembla l'ignorer pour me mettre dans une pareille situation.

Je ne relevai pas les premiers propos du samouraï. Mais ne pouvait-il pas la fermer cette fois ? Prise à l'estomac d'une brûlure superficielle à l'évocation d'une entrevue avec le bourreau Yuki, je lançai immédiatement un regard -presque de pitié pour ceux la connaissant vraiment bien- à l'ombre qui se tenait à quelques pas. Si j'étais bien capable de faire une idiotie ce serait face à lui, et ce malgré que le conflit était des moindres face à la rancœur d'une certaine Watanabe.

Puis je revins aux devants de l'homme à genoux, et d'un pincement de cœur, l'observai s'emparer de mon bien le plus précieux. Comprendre que cette opportunité ne se représenterait pas était chose aisée, alors il devait en profiter. Pourtant, à l'expression de son visage, puis à ses paroles pleine de sens et d'accusation, je pus en conclure combien la rencontre pouvait être agitée. Ce n'était pas palpable, ce n'était pas réel. C'était une sensation que je ne connaissais qu'à l'excès, mais que je n'arrivais à me détacher suffisamment pour ne plus m'y perdre. Je repris la main de Dokueki mais ne rangeai son tranchant. Le picotement de sa compréhension quant à la faille immensément dangereuse qui me hantait. Je serrai les mâchoires lorsqu'il supposa que cette épée devrait probablement être confiée ailleurs. C'était impossible. C'était honteux. J'avais honte d'entendre pareilles sornettes. Abaissant le regard de culpabilité, à nue cette fois plus qu'à n'importe quel moment depuis bien longtemps, je n'écoutais plus qu'un mot sur deux prononcé par le brun. En fait, quiconque aurait pu faire irruption en ce lieu que mes yeux ne se seraient pas échappée du sol.

Ce fus la réponse de Sôsuke qui me fit relever la tête. Coupable. J'étais coupable, et je l'admettais par ce regard qui avait perdu sa flamme, son soupçon vipérin. J'observais le Nidaime exposer sa vision des chose, me rappelant alors comme un souvenir, du Yuki déshérité d'autrefois. Jamais je n'avais vu ce visage si différent devant moi. Ma confiance et ma dévotion ne changèrent pas, en tant que Kirijin. Mais ce fut bien mon amour propre et mon amitié qui prirent un coup. Les yeux rivés, les lèvres sans plus d'expressivité, je l'écoutais avec attention. Ses pupilles sur ma lame me força, à l'instinct, de refermer plus férocement ma prise sur la garde de Dokueki. Non une menace, seulement une crainte, celle qu'on me le retire.

Je déglutis lorsque ses derniers mots furent prononcés, bien qu'un ricanement nerveux ce fit entendre. Avais-je dès lors prouvé ma bonne foi pour rien ? Pour que finalement on ne m'exile de ma terre natale ? Je ne voulais y croire, et je n'y croyais pas. Bien que blessée de toute part, je trouvai encore la force de ranger mon arme dans son étui, mais ne replaçai ce dernier à sa place d'origine. « Bien que je n'ai pas demandé ce procès, ni même la rancœur de mon ancien compagnon d'infortune. » Je jetai mon regard franchement désolé sur le sabreur, avant de revenir au Nidaime et de lui faire face. « Si tu ne parles ni en ami, mais en ombre de la brume, alors Sôsuke, je parlerais en tant que kunoïchi au service de Kiri, or tu sais bien combien me coûte toute cette entrevue. » Le cœur lourd, la tête au bord de l'explosion, les traits sévères, je tendis devant moi l'arme des crimes qui m'étaient reprochés, mais que je ne comprenais pas tant. « Malgré que de ce geste il semblerait que j’acquiesce les accusations de cet homme ci-présent, je ne peux encaisser davantage. » Ma réaction était délibérément insondable, et moi-même je savais que l'extrême de cette situation était grotesque. « Dokueki est dans ma famille depuis des générations et m'a été donné de mon père qui l'avait reçu du sien avant lui. Je suis sa détentrice, et il est mon arme. Mais je refuse de mettre ni mon identité de Kirijin, ni la sienne en cause pour une faute qui n'a été mortelle pour quiconque. » D'une courte expiration, je regardai cette fois mon épée enfermée qui me criait d'un son strident de ne pas continuer. Je ne lui obéissais pas. « A défaut de ne pas prendre compte son désir à lui, si tu estimes que tu dois me le retirer alors fais. Mais sache que je me battrais pour Kiri, et je ne compterais plus le nombre d'actes pour vous prouver que je ne suis pas quelqu'un de mauvais comme semble peut-être le croire le samouraï. » Les sourcils froncés, la gorge nouée, je me tournai de nouveau vers le second homme. « J'ai conscience de ce que j'ai pu faire, mais j'ai aussi conscience de ce que je ferais pour ce village et tous les gens qui y habitent. Alors trouvons un commun accord, car pour une fois je ne souhaite pas me renfermer une fois de plus dans une spirale sans fin. » C'était sincère, bien que cela pourrait sonner comme faux. Plus que pour le Mizukage, je me rendais compte que sans en avoir le contrôle j'avais pu agrémenter un jugement dans le cœur et l'esprit d'une personne que j'avais estimé le temps d'une alliance.

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Jeu 5 Oct 2017 - 2:30
Watari se fichait bien personnellement qu'on l'exile. S'il y avait une personne, plus que toutes les autres, qu'il détestait réellement au point d'en sentir de la morgue, elle n'était nullement présente. Peu lui importait les origines de Sôsuke. Peu importait pour lui qui était sabreur, Kaguya, ou Yuki. Peu lui importait le passé, contrairement à ce que sous-entendait le mizukage. Peu importait qui couchait avec qui. Les mœurs de l'époque étaient ce qu'elles étaient. Il n'irait pas jusqu'à dire qu'il se fichait des états d'âmes d'Eiichiro, d'Ueno, de Shiori ou du jeune Tetsuko. il n'était qu'un bâtard ? Allons, nidaime-sama. Si vous vouliez vous apitoyer sur votre sort, ne le faites pas quand vous vous adressez à l'un des étrangers de votre village, s'il vous plaît... Et même s'il n'ajoutait pas sa pensée, il n'avait pas besoin d'invoquer l'ironie pour lui faire comprendre que la situation ici était rocambolesque. Qui le mettait en cause ? La jeune sabreuse à l'épée à tout le moins maudite qui lui était dévouée depuis qu'ils les avaient vu ensemble ? Ou lui, qui, bien conscient de sa place dans ce puzzle politique, ne faisait qu'exprimer ses opinions. Son regard voulait tout dire. Il trouvait la réaction de Sôsuke pour le moins étonnante, voire risible. Mais était-ce pour autant du mépris ? Depuis le début, il ne le jugeait pas. Parce que si tout cela lui tombait dessus, il essayait pour autant de faire de son mieux. Je ne suis pas votre ennemi, ni celui des sabreurs, tant qu'ils ne nuisent pas aux intérêts du village. Si vous pensez pouvoir les incarner seul, cela vous regarde. Mais si vous cherchez à déposséder les autres de leur libre arbitre, je me demande si vous valez réellement mieux que la vieille folle qui vous a précédé. Mais là encore, je suis sûr que vous saurez entendre ceux qui sont vos subordonnés.

Watari était un samouraï. Il avait son honneur et du respect pour lui et les autres. S'il savait faire preuve de tact, s'il savait mentir, il ne voyait pas l'intérêt de mentir à celui qui se voulait tant être l'unificateur de ce village. Un guerrier n'a pas besoin d'étaler sa force pour se montrer fort. Un chef n'a pas besoin de demander à ce qu'on lui fasse confiance. Ne cherchez pas à mériter votre titre, Yuki Sôsuke. Vous êtes devenu le nidaime mizukage. Arrêtez de vouloir l'être. Soyez-le. Et il pourrait continuer de lui demander à quel point le ciel lui paraît clair. Il pourrait l'exiler pour se faire accepter, s'il le voulait bien. Toute l'autorité du monde ne ferait pas plier Watari. Et même si vous vouliez centraliser votre autorité, vous faire l'unique détenteur de l'ordre en ce village... Vous pensez sincèrement que je laisserais un innocent mourir en attendant vos ordres ? Ou que j'irais affronter un confrère, fut-il sabreur, sans vous en toucher un mot avant ? Je me demande bien qui ne fait pas confiance en qui, ici. Watari était clairement agacé et cela se vit lorsqu'il se passa une main sur le crâne après avoir remis son sabre à la ceinture. Le regard avait beau être autoritaire, il n'était pas impressionné. Il n'affichait pas pour autant un air provocant ou rebelle. Il était juste là, ennuyé de voir quelqu'un crier pour que les autres se taisent. Il y avait de toute façon bien plus important que les tentatives maladroite de leur leader de se faire accepter.

Même Ueno semblait bien plus détruite par la scène que galvanisée. Le monde ne tournait plus droit désormais. Elle allait le prendre pour un fou, mais en cet instant, il était sûr d'une chose : la sabreuse était prête à se séparer de quelque chose qui lui semblait être déterminant pour elle. Elle semblait persuadée qu'il la prenait pour quelqu'un de mauvais. Mais le retournement de situation, qu'il fut ou non prévu par le mizukage, lui prouvait au moins de sa fidélité envers le village et probablement son dirigeant. La situation l'exaspérait au plus haut point et il ne souhaitait pas voir la sabreuse être plus mal. Peut-être était-il trop mou, mais il n'était pas là pour punir quelqu'un ou pousser à la punition quelqu'un qui semblait être réellement en train de regretter.

Ueno-dono. Vous m'avez mal compris. Ce que vous me montrez-là me prouve que vous n'êtes pas quelqu'un de mauvais. De là à dire que je vous confierais ma vie sans sourciller, ne brisons pas d'étapes. Mais je pense que vous avez fait quelque chose de très courageux qui mérite que je vous fasse à nouveau confiance. Il prit une pause, la regardant droit dans les yeux et lui dit alors : Vous n'avez pas fui vos actes. Et vous êtes prêt à vous séparer de votre arme. C'est faire preuve d'un grand courage : je peux sentir à quel point cela vous est difficile et j'ai un profond respect pour cela. Il se retourna alors vers celui qui les intimait d'avoir confiance en eux et en lui. Que vous décidiez de m'exclure pour mes paroles et mon opinion est une chose. Mais cette jeune femme doit être épaulée. Elle doit avoir confiance en nous. Par ses collègues sabreurs. Car seul un esprit fort pourra dompter cette lame, c'est la confiance que lui fourniront les autres qui pourra la faire maîtriser l'esprit de cette épée. Autrement dit : Si elle peut assumer et regretter ses erreurs, je suis certain qu'elle ne les reproduira plus.

Il se retourna vers la jeune femme : Si vraiment, vous dévouez votre force pour ce village, vous ferez ce qui est nécessaire pour que votre lame ne vous emmène pas hors de ce chemin. Vous l'avez même dit : vous ne voulez pas vous renfermer, c'est pourquoi je tiens à tendre cette main en la faveur de votre cause.

Lui-même était surpris d'arriver à de telles extrémités et ses paroles étaient bien moins tranchantes qu'elles n'avaient pu l'être. Arrivé à ce stade, il ne savait pas si honnêtement, elle accepterait sa gentillesse et sa confiance. Il ne regrettait rien, mais peut-être elle, ne lui pardonnerait pas.
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Ni fierté, ni tranchant

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