Partagez | 

[Arc n°2/Intrigue n°4] Ce chef


Ven 6 Oct 2017 - 22:01
« Maître Mizukage ! Une lettre importante vient d’arriver pour vous ! »

Il était très surprenant pour le chef de Kiri de voir arriver sa secrétaire dans cet état-là. Sa coiffure carrée ressemblait à un fouillis de paille, ses lunettes rondes penchaient légèrement sur le côté, et le souffle haché ne laissèrent pas de doute au Nidaime : Ayumi venait de courir à s’en perdre un poumon. Avait-elle seulement frappé ? Loin d’être si intransigeant pour lui faire payer ce possible manque de respect, il préféra se dire qu’il y avait une bonne raison. Et elle se trouvait sûrement dans l’enveloppe qu’elle avait ramenée.

Elle ne se fit pas prier pour la transmettre à son chef. Lui ne se fit pas attendre pour la regarder, la retournant pour y chercher quelque-chose.

« Mais Ayumi, il n’y a aucun sceau apposé à l’enveloppe. Est-ce par rapport à la cérémonie de demain, peut-
Lisez-la, monsieur. »

Là, l’Amiral aurait pu se fâcher. Mais il savait bien que l’ancienne tutrice de jeunes Kirijins, débauchée ici pour son sérieux, sa polyvalence administrative et sa neutralité, ne pouvait qu’agir ainsi par acquis de conscience. S’il n’y avait rien de particulier à dire sur l’enveloppe, finalement vide de toute signature ou donc de sceau, le Yuki en sortit finalement le contenu.

Il y avait un parchemin, plié en trois pour rentrer dans son conteneur, et également une petite note. Ce fut cette dernière que le chef de la Brume décida de lire d’abord, à haute voix.

« Maître Mizukage, vous trouverez ci-joint un message anonyme qui, à l’heure actuelle, est placardé partout sur les murs d’Iwagakure no Satô. »

A cet instant précis, Sôsuke aurait été du genre à plaisanter. Mais le comportement anormal de sa secrétaire qu’il commençait à connaître, malgré son accession au pouvoir encore récente, lui intima de prendre les choses au sérieux. Il n’hésita pas un seul instant et développa aussitôt la lettre qui était jointe.

Lettre:
 

Au fur et à mesure de sa lecture, son visage très expressif se crispa. Il lui fallut d’ailleurs une seconde lecture avant qu’il ne la repose sur son bureau. Sur quoi il resta silencieux une bonne minute. Son adjointe administrative n’osa pas briser son silence, lourd de sens et de compréhension.

« Es-tu la seule à l’avoir lue ?
Hormis vous, oui monsieur. »

Il n’était pas rare que les courriers, lorsqu’ils étaient adressés à la personne du Nidaime Mizukage, soient fouillés et lus par Ayumi, avant de lui être fournis à intervalles réguliers. Mais le chef de Kiri comprenait alors en quoi ce qu’il venait de lire était d’une importance critique. Il soupira.

« Bien, je suppose qu’il est impossible de vérifier ces informations. Si elles sont vraies, et que les murs d’Iwa sont pleins de ce… torchon, je ne peux pas prendre le risque d’envoyer un de nos hommes là-bas. »

Le regard abaissé suffit à montrer le triste accord qu’accordait Ayumi aux propos de son supérieur. Il était impossible de prendre un tel risque, c’était tout à fait logique. Tandis qu’il se leva, l’Amiral se tourna immédiatement vers la large baie vitrée qu’offrait son bureau. La vue sur une bonne partie de son village alourdissait la réflexion qu’il avait actuellement. Encore une fois, il resta muet pendant plus d’une minute, avant de prendre une bonne inspiration.

« Bien. N’en parle à personne, et retourne t’occuper des derniers préparatifs pour la cérémonie de demain.
Mais, monsieur, cet Aranada Toshiro, c’est probablement le meurtrier présumé du Seigneur Naragasa. Comment une telle information a-
Va t’occuper des derniers préparatifs ! »

Depuis qu’elle était en poste, et qu’elle avait pu découvrir le Nidaime Mizukage, Ayumi n’avait pas eu de mal à lui faire confiance et à lui démontrer sa fidélité. Néanmoins, il lui avait toujours paru « concilient » voire « gentillet ». Pourtant, à cet instant précis, il venait de faire preuve d’une autorité déconcertante. Etait-ce la preuve d’un caractère qu’il cherchait à dissimuler, ou à l’état critique de la situation ? Dans tous les cas, les doutes sur sa capacité à gérer un tel évènement – s’ils existaient – avaient aussitôt disparu chez la secrétaire, qui s’éclipsa après un dernier salut.

Yuki Sôsuke était désormais seul, avec ses pensées. Bien sûr, il repensa aux paroles de sa concierge. Aranada Toshiro, ce nom ne lui disait rien. Mais les coïncidences voire ressemblances évoquées dans cette lettre par rapport aux évènement réellement survenus étaient flagrantes. Etait-ce vraiment ce médecin qui avait été tué par Kaguya Nagu ? Et si c’était le cas, pourquoi aurait-il attenté à la vie du Seigneur Naragasa ? Il y avait d’ailleurs une question encore plus épineuse que l’Ombre se posa.

« A être trop gentil, j’ai fini par accélérer les choses. Seigneur Naragasa, les doutes que j’ai eus sur votre mort semblent se confirmer. Même depuis l’au-delà, vous continuez à me rendre la tâche compliquée. Mais au moins… »

Il croisa les bras, regardant toujours le paysage brumeux que lui offrait sa large baie vitrée.

« … vous me verrez devenir ce chef plus vite que prévu. »

Cette lettre, le fait que la mort de l’assassin présumé du Seigneur Naragasa soit divulgée : qu’importe les informations qui pourraient s’y avérer vraies… à Mizu no Kuni, et possiblement à Kiri, il y avait un traître.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

[Arc n°2/Intrigue n°4] Ce chef

Page 1 sur 1

Ascent of Shinobi :: Territoires de l'Eau :: Kiri, village caché de la Brume :: Palais de la Brume
Sauter vers: