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Réunion générale n°1 [Kiri]


Sam 7 Oct 2017 - 14:08
Une fois que la cérémonie en l’honneur de Kaguya Nagu fut terminée, tous les Jônins de Kiri savaient qu’ils avaient rendez-vous au Palais de la Brume, pour ce qui s’annonçait être la première allocution générale du Nidaime. Lors de son discours d’intronisation, ce dernier avait en effet évoqué des « Réunions générales », et la première devait avoir lieu en ce jour. Le choix du nouveau bâtiment administratif pour l’accueillir n’était en rien une surprise, puisqu’au rez-de-chaussée, derrière l’accueil, une sorte d’auditorium avait été aménagé exprès pour recevoir ce genre d’évènements, que cela ait été pour des délégations étrangères ou pour un rassemblement Kirijin.

Outre les Kirijins qui avaient le rang de Jônin, on pouvait noter la présence des chefs de clan ou de leurs représentants. C’est ainsi que parmi les conviés, aussi bien Watanabe Shiori que Kaguya Idaina trouvaient leur place, Yuki Eiichiro ayant une sorte de double droit puisqu’étant également gradé supérieur. Outre cela, on retrouvait également Ayumi, simple secrétaire chargée de retranscrire cette Réunion générale, Kishimoto, un envoyé du journal local « le Kunaï émoussé » et enfin… Kaguya Nagu.

Tandis que les dizaines de personnalités, toutes fortes et impressionnantes du village, s’asseyaient dans des rangs obliques, ils pouvaient observer le trio qui leur faisait face : Yuki Sôsuke, avec sur les côtés sa secrétaire et le journaliste, bien en retrait. L’allocution commença rapidement, amenant encore plus facilement le silence dans l’assemblée.

« Bonsoir, à nouveau, et merci de votre présence tardive. Avant que cette première Réunion générale ne commence, j’aimerais vous présenter Kishimoto, journaliste du Kunaï émoussé, qui sera chargé de la retranscrire pour nos concitoyens. Bien entendu, seules les annonces et décisions officielles leurs seront communiquées. Pour le reste, je compte sur vous pour ne pas l’ébruiter. »

Il n’avait pas besoin de présenter Ayumi. Cette ancienne tutrice d’enfants Kirijins, recrutée pour sa neutralité et son expertise dans certaines tâches administratives, était souvent visible dans le Palais de la Brume et en dehors. Son rôle restait également mineur.

« J’aimerais également remercier, encore, le Seigneur Raonaka de nous faire l’honneur de sa présence. »

Derrière le large pupitre duquel le Nidaime Mizukage avait pris la parole, le Seigneur du Pays de l’Eau apparut et vint se positionner aux côtés de celui qu’il avait nommé à la direction du village de Kiri. S’il ne prendrait probablement pas part aux débats, il était impensable que le Daimyô, s’étant déplacé pour cette journée commémorative, n’ait pas à assister à cette première Réunion générale.

L’Ombre de l’Eau ouvrit sa main vers un rang de l’assemblée. Plus particulièrement, il montrait Kaguya Nagu.

« Kaguya Nagu n’est pas seulement présent ici en tant qu’Héros. Il l’est également puisqu’avec Kaguya Idaina, souhaitant se concentrer sur l’éducation militaire de son clan et des jeunes Kirijins, nous avons convenu qu’il était le plus à même de prendre la tête du clan Kaguya. J’annonce donc officiellement son accession à ce poste. »

Il laissa environ une minute pour que les applaudissements donnent à Nagu le temps de se préparer à sa nouvelle fonction, qui débuterait donc lors de cette réunion. Puis il sortit de son vêtement un document, aux dorures et apposé des sceaux de Kiri et de Mizu no Kuni. Il le montra à la vue de tous, et ceux ayant une très bonne vue purent déceler deux signatures déjà présentes, tandis que trois cases restaient vierges en bas de page.

« Depuis que je suis en poste, j’ai pris le temps d’écouter chacune des versions des conflits qui se sont déroulés dans notre village. S’il est vrai que je n’y ai pas pris part, ce qui n’a jamais signifié que j’y étais indifférent, c’est par ma neutralité et ma distance avec ces évènements que je suis aujourd’hui à même de vous présenter ma décision. »

Il ne laissa pas le suspens s’installer plus d’un instant.

« O’Dui S. Benten est rendue coupable de tous les conflits internes sous son règne, et est déchue de tous ses droits Kirijins. Elle devient dès lors une criminelle et une Nukenine, et sera traitée en tant que telle. Les trois clans fondateurs, ainsi que tous les Kirijins, sont aussitôt innocentés des évènements passés. »

L’Amiral, là encore dans une optique de ne laisser aucune interférence oratoire apparaître, reprit aussitôt.

« Notre village a plus que jamais besoin d’être uni. C’est pourquoi j’invite Kaguya Nagu, Watanabe Shiori et Yuki Eiichiro à venir joindre leurs signatures à celle du Seigneur Raonaka et à la mienne pour officialiser cette nouvelle ère pour Kiri. En signant ce premier Décret, tous les Kirijins démontreront leur volonté d’être ensemble pour faire face aux enjeux collectifs à venir. »

Sur quoi le Nidaime se redressa, rapidement imité par le Daimyô de Mizu no Kuni. Prêt à leur tendre la plume, il attendait la venue des trois chefs de clans sur l’estrade, sans doute comme tous les autres gradés du village caché de la Brume…

Spoiler:
 
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Sam 7 Oct 2017 - 16:36
La journée fut longue. Commémoration en honneur des morts à Shito, terre que je n’ai même pas encore foulée étant restée ici. Et dans un sens, même si je regrette clairement l’échec de ma mission en compagnie de Tetsuko et de Nagu, je ne regrette en rien de ne pas avoir été dans le pays du feu. En vue de ce que l’on en raconte, mais surtout des évènements qui s’y sont passé, on peut dire que l’on a pris le thé nous avec nos quelques brigands… Et pourtant on a quand même réussi à ne pas protéger notre seigneur… Cela rendant notre échec encore plus écrasant. Surtout à mes yeux. Alors, ainsi morose, j’avais quand même participé à la soirée en l’honneur de Nagu ensuite. Il s’est illustré en vengeance notre défunt seigneur et maintenant, il était au centre de l’attention. Tant mieux pour lui. Même si je trouve cela assez stupide de fêter une personne pour avoir venger la mort de la personne qui était sous sa protection. C’est un peu une sorte de félicitation, tu as échoué. Cela me donne dans un sens la nausée. M’enfin, je tente de ne pas trop montrée mon côté agacé par tout cela et me content de trouver un léger refuse dans le saké. De quoi m’embrumé un peu l’esprit mais pas de trop non plus. Parce que je sais ce qu’il y a après et la soirée risque d’être encore bien plus longue.

*** 

La carrure imposante du Torrent devant moi, je marche derrière lui, pour aller au lieu du rendez-vous, la soirée est finie depuis peu après avoir battu son plein pendant plusieurs heures. Maintenant, c’est le sérieux qui est de mise après les festivités. J’ai un peu lâché prise sur la fin, pour me détendre, chercher à m’amuser également et oublié un peu tout ça. Mais la réalité nous rattrape bien trop vite. Une réalité qui porte le nom de Yuki Eiichiro à cet instant précis.

Alors que j’ai pris place à côté d’Hanzõ, l’aveugle passe tout près et je ne peux m’empêcher de le suivre du regard. Regrettant de me retrouver proche de lui. Portant ma main à mon ventre, je suis soudainement prise de nausée. L’envie de vomir. L’alcool et surtout le stress d’être dans la même pièce que lui, chose que j’ai toujours réussi à éviter jusqu’à présent. Je pâlis à vue d’œil je crois. Pourtant, je tente de ne pas avoir l’air trop mal. Pourtant ma main à ma bouche. « J’ai abusé du saké je crois. » Fis-je mine de m’excuser à Hanzõ pour donner une excuse à mon air blafard alors qu’il doit comprendre, je pense, en vue du fait que je n’ai toujours pas quitté des yeux mon ancien tortionnaire. L’alcool n’est qu’une excuse stupide. Gardant ma main devant ma bouche, je reste silencieuse, alors que tout le monde est encore en train de s’installer autour de nous.
 
Je dois avouer que j’ai un regret, celui de voir cet homme encore ici, se tenir encore droit et marcher dans les rues de Kiri, comme si on avait encore besoin de lui, comme si on désirait encore sa présence. J’aurais aimé le voir, déprimé, dépité, réduit à néant par la cécité dans laquelle je l’ai plongé. Mais non, car même si son égo à prit un coup, monsieur reste un être fier et il se pavane là. Je serre les dents et me crispe un peu. Ne pouvait-il pas pourrir dans un caniveau ou même tout simplement, ne pas revenir de Shito ? Comment a-t-il pu survivre à tout cela d’ailleurs ? De ce que l’on a dépeint de la guerre qu’il y a eu là-bas, ce n’était pas tout doux, alors dans son état… Comment ? Comment est-ce qu’il a pu s’en tirer. En réalité, il ne me laissera jamais tranquille n’est-ce pas ?
 
La voix de Sosuke me tire un peu de mes démons et je lâche ainsi le chef des Yuki des yeux, pour regarder maintenant l’estrade et les personnes présentes sur celle-ci. L’ombre les présentes d’ailleurs rapidement et je fronce les sourcils en entendant les mots sur le représentant de ce torchon qu’est le kunaï émoussé. Ne sait-il pas que ce journal déforme les propos ? Qu’il mette tout à leurs sauces ? On a eu le loisir de le voir sous l’ère de Benten… Pourquoi est-ce qu’il se fie ainsi à eux ? Je n’apprécie pas trop cela et mon air encore un peu plus crispé le montre bien… Et non, en aucun cas, je n’imagine qu’en réalité, dame Benten avait fait du forcing sur eux pour que les informations soient déformées et mit à son avantage…
 
Vint alors l’apparition de notre nouveau Seigneur et je tente de me détendre un peu, m’affaissant dans ma chaise, ma main quittant mon visage pour aller se cacher sur mes cuisses. Où, nerveusement, je continue de triturer mes doigts. Incapable d’oublier pour l’heure la présence de mon ancien tortionnaire dans cette même pièce. Mais vint alors l’instant des réjouissances, encore une fois. Car encore une fois, Nagu était mis en avant, comme si, la soirée que l’on venait de quitter ne suffisait pas. Pourtant, je ne dis rien et suis le mouvement général d’applaudir le métisse. Pourtant, il y a quelque chose que je trouve étrange… L’implication que le Nidaime se donne dans cette nomination en tant que chef de clan. Est-ce qu’il a pris part à cela ? N’est-ce pas normalement au clan de choisir le chef de celui-ci. Normalement, il est juste là pour officialiser, alors pourquoi ce nous ? Est-ce que ça veut dire qu’il se donne des droits sur le choix des chefs de clan ? Est-ce que cela implique également qu’il peut décider qu’un chef de clan doit être changé sans l’accord de celui-ci ? Je fronce un peu les sourcils, alors que je tente d’analyser cela. N’est-ce pas une forme de dictature ? Bien que je dois sûrement me tromper et que peut-être à cause de la prise récente de sa fonction à notre tête, il a encore du mal à trouver les bons mots et que désireux d’avoir l’air proche et impliqué, il s’implique trop verbalement alors que derrière ce n’est pas le cas ?
 
Je ne m’attarde pas plus longtemps sur ma réflexion, il semblerait que maintenant, le véritable sujet de la réunion soit en train d’être posé. Mon regard détaillant ce qu’il nous montre alors qu’il s’exprime à ce sujet. Benten… Sa décision. Je reste silencieuse écoutant ses propos à ce sujet et tourne la tête vers Hanzõ une fois son monologue finit. Est-il d’accord pour la signature ? Oui. Il le semble, il me fait un léger mouvement de tête… Pourtant, pendant quelque seconde, je reste incapable de me lever, alors que signer ce papier implique de pardonner à Eiichiro ce qu’il m’a fait. Hormis ne plus jamais voir, il n’aura donc aucune conséquence ? Mais à côté, je suis pardonnée de l’avoir rendu aveugle… J’ai cette impression d’être obligée de signer uniquement pour avoir une pseudo-rédemption, mais en même temps, je refuse de lui en accorder une… Je ferme les yeux un instant, pour tenter de canaliser toutes mes pensées. Je ne dois pas agir égoistement. On ne parle pas que de moi, mais également de mes six compagnons, les six autres porteurs d’épées légendaires.
 
J’ouvre les yeux et me lève alors, m’approchant d’un pas décidé vers le centre de l’attention. Attrapant le papier officiel, je ne le signe pas tout de suite. Oh non. Je ne suis pas assez folle pour signer un papier sans l’avoir lu au préalable, car après les fourberies de Benten, je ne peux être sûre que le Nidaime, malgré qu’il m’inspire davantage confiance que cette vieille folle, ne suive pas le même chemin qu’elle. Ainsi, je prends bien le temps de lire avant de finalement me décider à y apposer ma signature. 

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Dim 8 Oct 2017 - 1:18

« And when you start to feel the rush, a crimson headache, aching blush »




Les Kirijins avaient beau aimer la guerre et le sang, Shitô avait su faire taire leurs appétits guerriers. C’est pourquoi il ne fut étonnant de les voir tous se réunir sous la même bannière, celle de la célébration. Et en ayant manqué si longtemps à l’appel le Squale ne se priva pas de faire partager sa présence et celle de l’Écailleuse à l’assemblée, dont beaucoup purent le reconnaître. Pendant la fête il croisa nombre d’inconnus mais aussi pas mal de visages sur lesquelles il pouvait mettre un nom, saluant et offrant des verres. S’il était resté jusqu’au lever du jour, le Torrent aurait même pu être un peu pompette. Malheureusement, ses responsabilités de ninja de rang supérieur ainsi que celle de membre de la Confrérie l’obligeaient à assister à l’élocution de l’Ombre de l’Eau et c’est sans surprise que là aussi, il allait répondre à l’appel.

Sur place il rejoignit la seule des Sept à être conviée comme lui à la petite sauterie, elle comme porte-parole des leurs. Elle semblait plutôt fébrile et peu enchantée d’aller se fourrer là-dedans et Hanzô avait la matière pour le comprendre désormais. Il ne cracha mot sur la route, se contentant d’ouvrir la marche d’un pas rythmé, ayant hâte de voir de quoi il retournait exactement, ce que Sôsuke avait prévu pour lui et les autres hommes du village. Était-ce un simple discours ou le chef de guerre allait-il enfin annoncer un tournant pour la cité de la Brume ?

Une fois arrivé dans le lieu de résidence et symbole du pouvoir en place, le Palais Brumeux, Hanzô constata l’étendue des travaux auxquels il avait participé avec un petit sourire satisfait avant de s’engouffrer entre les battants ouverts de la grande porte, en ayant monté la large série de marches faites de pierres polies et peu lisses pour éviter qu’elles furent glissante, quand on connaissait la propension à la pluie de la région. Chaque parcelle de l’endroit avait été pensée pour s’incorporer dans le paysage et le connaissant assez bien il n’eut aucun mal à trouver l’auditorium pour cette mascarade politique et sociale.

Assis à une place qu’il s’était assigné non loin des rangs des dignitaires, se jugeant de valeur égale sinon supérieure aux autres gradés qui avaient pourtant exercés leurs postes respectifs pendant un temps bien plus consécutif que le sien, le Torrent semblait à sa place. Samehada encore plus… Dans cette pièce, les chakras les plus goûtus s’entassaient ne demandant qu’à être dégustés par les crocs acérés d’une danseuse qui voulait son tour de piste. Mais il ne pouvait décemment pas attaquer tout ce beau monde, il se devait de faire bonne figure et d’un claquement de langue, les rugissements naissants devinrent frétillements. Elle aurait son moment. Juste un peu plus de temps…

Quand le dépourvu d’yeux pointa le bout de son nez et passa devant eux, la grande taille du Kaguya lui permettant presque d’être au niveau de sa nuque alors qu’il était debout, il regarda du coin de l’œil Shiori qui semblait affectée par le passage du chef des geôles, allant même à s’excuser en justifiant cela par la boisson. Mais il n’était ni dupe ni stupide et pourtant. Il lui répondit d’un simple sourire qui dissimulait toujours ses dents. Un sourire qui voulait dire ne sois pas si dure avec toi-même, laisse toi le temps. Mais un sourire qui voulait aussi dire le plus vil des prédateurs est assis à côté de toi et pas debout, tu n’as aucun soucis à te faire.

À voir les mains bandées à travers les gants et sa démarche, ses émanations, il ne semblait pas si effrayant. Cela le déçut même. Il était là, le Monstre Sanguinaire de Kiri ? Un homme sans yeux qui semblait bête blessé dans un purgatoire de démons bien plus néfastes ? Il eut un rictus malsain, avant d’être balayé par les propos du Mizukage en poste.

L’annonce ne tarda pas. D’abord, les banalités, les présentations. Journaliste, secrétaire, en somme rien qui ne piqua son intérêt. Puis Raonaka Ao qui venait se pavaner aux côtés de son ami blond. Puis après les célébrations qui avaient déjà eu lieu, Nagu fut honoré du titre de chef du Kaguya Ichizoku, ce qui tira au Requin un signe de tête affirmatif cachant ses yeux azur derrière quelques mèches. Difficile de saisir s’il était heureux ou frustré. Pourtant Hanzô n’applaudissait pas, il restait là les paumes sur ses genoux.

Il agita ensuite de la paperasse. Le saint graal des agitateurs, une tribune qui accusait la vieille peau de tous les maux arrivés sous sa coupe. C’était tant mieux, au moins la Watanabe et son neveu n’auraient plus à s’inquiéter d’une possible épée de Damoclès au-dessus de leurs têtes. Mais il était facile d’imaginer que la manieuse de l’épée intangible ne veuille point laisser le tôlier des prisons s’en sortir avec une tape sur l’épaule. Cependant elle devrait s’y plier.

Yuki Sôsuke n’explicitait pas de répercussions pour ceux qui signeraient et viendraient ensuite faillir à ce Décret. Il n’y avait donc que du positif ? Son cheminement de pensée suivait son cours mais quand sa comparse se leva il lui signifia qu’elle prenait la bonne décision et elle alla donc apposer sa marque sur le papier, prouvant la bonne volonté des Sept à coopérer. Une fois rassise, il se tourna vers elle, planta le bleu acier dans le doré de ses prunelles.

« J’espère vraiment qu’il ne nous a pas tous convoqués pour qu’on vous regarde signer un papier et pour apprendre que Nagu dirige le Kaguya Ichizoku... »



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« Inoffensif je fus, une offensive je tue ; une gencive de plus ♪ »
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Dim 8 Oct 2017 - 14:56
Il y a de ces moments où la joie semble infinie. La soirée donnée en ton honneur et en mémoire des guerriers tombés à Shitô avait mis en avant ton statut de "tonton Nagu" auprès des enfants et orphelins, enfants avec lesquels tu avais joué et distrait avec cette attitude bienveillante que l'on te connait bien. Ce fut aussi l'occasion pour glisser quelques blagues et descendre quelques verres entre hommes. Rien d'héroïque dans le fond mais Kiri avait surtout besoin d'un peu de bonheur et ne se serait pas contenté d'une soirée trop formelle. Et d'ailleurs, pendant que le peuple continuerait les festivités le pouvoir se concentrerait au Palais de la Brume, symbole du renouveau Kirijin, pour statuer sur l'avenir.

***

A croire que dans ce village les moutons étaient gardés par des loups. Aucun, à quelques rares exceptions, des barons présents dans la salle n'avait l'air enclin à la tendresse ou à la bonté. Kiri était décidément un monde très dangereux.

Tu n'étais pas dupe, tu savais bien que ce genre de réunion se fichait pas mal de ton héroïsme, tu aurais été au contraire plus utile dehors à contenter la foule et son besoin de symbolique. Si on t'avait fait venir c'est que tu avais une importance. Peut-être allait-on faire état des répercussions de l'attaque que ton escorte avait essuyé au cours de ta mission échouée. Etrange que Tetsuko ne soit pas là... Ou alors peut-être avait-on reconnu en toi un être assez capable pour aspirer à faire entendre son avis. Ou encore, peut-être devrais-tu dicter le gros titre du kunaï émoussé qui se ferait une joie de te citer en couverture.

Puis ce fut le coup de tonnerre, l'annonce de la raison de ta présence. Idaina se retirait pour te remettre la tête du clan. Tu n'étais clairement pas prêt. Applaudissements. Combien étaient sincères ? Voir La Grande, archétype le plus pur de l'idéal Kaguya te remettre les rennes à toi, l'étranger, ça ne devait pas rentrer dans les plans de beaucoup de manoeuvriers. Tant mieux, ton action n'en raisonnerait que plus fort.

Puis l'apaisement fut prononcé. Benten supporterait la culpabilité de tous les maux de son règne, une façon de se tourner vers l'avenir sans plus se soucier du passé. Un choix qui te paraissait le meilleur mais qui devait tout de même s'accompagner de quelques rappels à l'ordre. Mais politique est aussi affaire de temps, aussi préféras-tu ne pas t'attarder sur ce sujet.

Puis le premier acte officiel de ton mandat de chef pointa le bout de son nez. Un décret qui n'engageait à rien sinon à montrer sa bonne foi. Et de la bonne foi tu en avais à revendre. Aussi t'empressas-tu de te présenter le second devant l'assemblée pour y apposer ta signature. Une brève poignée de main au Mizukage et au Daimyô, puis tu allais te rasseoir.
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Dim 8 Oct 2017 - 16:14
Il était assis là. Sa canne posée contre sa jambe droite, le pied gauche sur son genou droit, les doigts croisés à sa ceinture, le Jônin et Chef de Clan, seul représentant des Yuki sinon le Mizukage en personne, patientait en silence. Dans cette pièce, il n’était entouré que de ses ennemis. Réunion au sommet où il se retrouvait sans aucun allié. Seul et aveugle, il devait se fier à ses autres sens pour sentir toutes les énergies, aussi positives que négatives. Aussi, poussant un soupir, il laissa tomber sa tête en arrière alors que l’attente devenait, déjà, trop longue pour cet homme. Impatient, comme à son habitude. Alors, se tournant réellement les pouces, il prit patience et réfléchissait sur les derniers événements qui s’étaient déroulés. Et, alors qu’il se plongeait dans les méandres de son esprit, la voix d’un homme vint à retentir. Yuki Sôsuke.

Et, déjà, il le fatiguait. Accueillant d’abord un journaliste et sa propre secrétaire, car il était visiblement surchargé d’un travail qu’il ne connaissait pas, il évoqua bientôt la présence d’un homme qui n’avait pas sa place en ces lieux. Le récent Daimyo, visiblement choisi parmi les plus proches associés de feu le précédent, était présent, comme si l’ombre politique planait encore. Comme si l’Amiral de l’Eau ne pouvait agir seul, sans l’appui de son maître. Agissait-il donc comme un véritable chien ? Était-il bon à aller chercher la balle que son maître lui demandait de récupérer ? Ou prenait-il seulement une véritable décision par lui-même ? Poussant un sourd soupir, se contentant encore d’écouter, l’aveugle s’agaçait déjà d’une présence non-militaire en ces lieux.

Pourtant, la suite devait annoncer une suite de nouvelles toute aussi intéressantes les unes que les autres. Ainsi, en premier lieu, il présentait le nouveau chef Kaguya, un certain inconnu du nom de Nagu. Il semblait, aux mots choisis par le Mizukage, qu’en concertation avec la précédente matriarche, ils avaient communément choisi ce nouveau Chef, dépossédant peut-être le Clan d’une telle décision. Était-ce si courant qu’un homme s’arroge ce droit ? Ou Sôsuke suivait les traces de son ancien Maître, s’arrogeant le pouvoir de nommer comme il le désirait ? Avait-il aussi le pouvoir de destituer en son seul nom ? Pourquoi avait-il consulté seulement la cheffe quant à l’éducation des Kirijins ? N’était-ce finalement pas une décision qui devait se prendre avec l’ensemble des Clans ? Les dents serrées, l’aveugle se contenait comme il pouvait devant des paroles de plus en plus téméraires.

Ce fut d’un autre soupir qu’il accueillit de cette mauvaise comédie. Durant cette échange, le Nidaime voulait lui faire signer une prétendue trêve entre les trois Clans, suite aux querelles créées sous l’ère dramatique du Shodaime. Mizukage qui, finalement, avait été choisi par son propre Maître. Voulait-il vraiment faire avaler cette pilule de la sorte ? Passant une main sur son bandeau, il se rappelait le difficile épisode qu’il avait vécu alors qu’il chassait la Dame des Brumes de son territoire aménagé. Car c’était là qu’il avait perdu la vue. Finalement, l’homme finissait de parler, invitant les Chefs de Clan, dont le nouveau Kaguya, et la nouvelle Sabreuse, Watanabe Shiori, à signer un décret qui devait effacer les querelles d’un passé encore trop présent. Aussi, alors que les corps se mouvaient, l’aveugle restait assis en silence, se contentant de patienter, les doigts croisés à sa ceinture. Son erreur serait t’interpeller cet Usurpateur. Non, il ne se donnerait pas en spectacle. Aussi ne comptait-il pas signer un papier qui reconnaissait le pardon aux criminels qu’étaient les Sabreurs Watanabe Shiori et Yuki Tetsuko, ceux qui avaient tant attenté à sa vie ces dernières semaines.

Et ce Mizukage comptait-il vraiment lui faire signer un papier dont il ne connaissait nullement le texte, sans même un homme de confiance en sa présence pour le lui lire ? Et quels étaient les enjeux collectifs à venir ? Assis, silencieux, il écoutait.


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Dim 8 Oct 2017 - 17:19
Watanabe Shiori fut la première à se lever. Si elle prit volontiers quelques instants pour lire – voire relire ? – le document dont il était question, elle ne fit finalement rien d’inquiétant. Sans doute y avait-elle lu ce qu’elle espérait, à savoir un simple traité, comme annoncé, qui ne visait qu’à officialiser une volonté de laisser le passé derrière les Kirijins, et d’avancer pour les enjeux à venir. Sa signature était donc officielle, et les Sabreurs rejoignaient dès lors la nouvelle ère de la Brume. C’était une première victoire, sans doute plus importante que celle possible et future des Kaguya, puisque Sôsuke savait très bien les tensions qui existaient avec les épéistes spéciaux. C’était d’ailleurs de ce clan que les deux arrestations du Shodaime avaient entraîné tant d’évènements…

Se retenant de soupirer, chose qu’il fit intérieurement, le Nidaime regarda ensuite le jeune Héros se lever. Kaguya Nagu, choisi par Kaguya Idaina pour lui succéder, s’était levé en deuxième. Nul doute qu’il avait eu beaucoup à assimiler, ce qui justifiait qu’il n’avait pas été aussi « rapide » que Shiori. Serait-il tout aussi attentif ? Dans tous les cas, il décida lui aussi de signer. Deux des clans fondateurs de Kiri symbolisaient déjà le renouveau uni d’un village qui en avait bien besoin.

« Merci. »

Ce fut le seul mot que l’Amiral adressa à Shiori et Nagu. Cela suffisait de toute façon à leur exprimer la gratitude face à leur décision. Peut-être avait-elle été facile à prendre pour le Kaguya, mais il savait à quel point elle ne l’avait sans doute pas été pour la Sabreuse, surtout elle. Et elle ne le serait probablement pas pour le clan Yuki.

Ce dernier, toujours représenté par Yuki Eiichiro, ne sembla pas vouloir se ranger aux autres. L’aveugle, qui attendait peut-être que quelqu’un l’aide à se lever, ne bougeait pas. S’il y eut bien quelqu’un de disposé à le faire se lever, l’immobilité du chef de clan de la glace persista. Dans une attente certaine et un silence court, puis long et même dérangeant, l’homme qui représentait la troisième famille fondatrice de Kiri refusait officiellement d’obtempérer.

On aurait pu croire qu’une telle action, ou en l’occurrence inaction, entrainerait une réflexion toute aussi longue chez le Nidaime. Mais non. Ce dernier s’apprêtait déjà à reprendre la parole, comme si ce scénario n’était finalement pas une si grande surprise pour lui.

« Bien, je remercie les représentants des clans Kaguya et Sabreurs pour leur volonté de participer à la nouvelle ère de Kirigakure no Satô. Néanmoins, il n’en est vraisemblablement pas de même pour la famille Yuki. C’est une situation que je plains, mais un avis que je respecte. »

Il prit une inspiration un peu plus longue que la normale. Il repensa à l’une des phrases clés de son discours d’intronisation : il serait l’Ombre de l’écoute et de l’action. Il avait été l’oreille de tous les Kirijins. L’heure de l’action était désormais venue.

« Le clan Yuki est dès à présent, de par son refus de participer à l’évolution du village et de tourner la page du Shodaime, exclu des sphères de décisions et d’actions du village de Kiri. Ce serait une insulte à tous les autres Kirijins de devoir travailler et coopérer avec des gens qui refusent le rassemblement. Plus aucun Yuki ne sera missionné, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la cité. J’invite dès lors tous ceux qui sont présents à cette réunion de quitter les lieux. »

Le Nidaime Mizukage ne laissa pas la polémique s’installer, il reprit aussitôt.

« Je ne suis et ne serai jamais un despote. Ce sera au clan Yuki de trouver une solution s’ils veulent être réintégrés à un village qui n’attend pourtant d’eux que la cohésion et l’appartenance, et non le conflit permanent. En tant que Yuki et Nidaime Mizukage, je serai toujours à l’écoute d’une solution, mais pour l’heure, le clan n’est plus que simple résident de la Brume. Si personne n’a de question, nous pourrons passer à la suite. »

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Dim 8 Oct 2017 - 17:55
La plume lâchée, Nagu suivant maintenant mon geste pour signer à son tour, j'accorde un signe de tête à notre nouveau chef et m'éloigne de l'estrade pour reprendre ma place au côté du Torrent. Silencieuse, ne répondant pas à la remarque de mon confrère je fixe le centre de la pièce. Sosuke, attendant, impatient probablement la descente d'Eiichiro pour venir signer, sauf que les secondes s'éternisent devenant de longue minutes et le chef des Yuki ne semble pas vouloir descendre. Ce scénario pourrait me faire sourire, mettant ainsi ce clan que je déteste plus que tout à mal, mais n'est-ce pas une sorte de remake de ce que l'on a vécu nous, les sabreurs sous l'ère de Benten ? Un nouveau chef, un nouveau clan mit de côté. Est-ce ça l'idée ? Une tournante dans la mise à l'écart de l'un des clans fondateurs à chaque nouveau règne ? Etrange rituel. Mais là, la faute n'est pas de notre chef, pas comme avec Benten, il me semble.

Silencieuse, j'analyse alors qu'enfin, je daigne poser mon regard vers l'aveugle, à l'instant même où le Nidaime prend la parole pour annoncer la sentence de cette manque de collaboration. Je me crispe un peu à cela. C'est légitime cette fois. C'est l'acte d'Eiichiro qui pousse à cela. Mais au fond je ne peux m'empêcher de repenser à ce que nous, les sabreurs avons subis. Je serre les dents. Je devrais être soulagée de voir le Yuki ainsi chassé, mais je ne le suis pas. Acte fou. Charité à la con. Je me lève à l'instant même où Sosuke propose de passer à la suite. Jouer l'avocat du diable. Ne vais-je pas là me brûler les doigts ? "Nidaime-Sama. Excusez mon intervention. Mais n'avez vous pas peur, justement qu'en agissant de la sorte, cela montre le début d'une ère comme celle de Benten ? Votre prédécesseur, nous, avait, nous les sabreurs mit à l'écart et l'on sait tous comment cela à fini. Ne voulez vous pas plutôt, laissez le temps au Yuki de réfléchir ? Vous connaissez tout aussi bien que nous, les soucis qu'il y a eu et signer un papier, sans réfléchir, peut faire peur à certain." Tentais-je d'argumenter. "Ne serais-ce pas mieux de laisser un peu du temps à ce clan pour prendre une réelle décision ? J'ai agis au nom des sabreurs, parce que j'avais l'appui d'un de mes confrères ici présent qui m'a manifester son accord, mais ici, Yuki Eiichiro, ne peut savoir ce que son clan pense de tout cela." Implorant un peu du regard le chef de notre cité. "Laissez du temps pour réfléchir avant de prendre une telle décision qui risque de créer de nouveau conflit inutile. Le clan Yuki n'est pas à mettre de côté de la sorte. Il est l'un des piliers de Kiri, à juste titre, comme les Kaguya et les Sabreurs." Baissant alors la tête. "Je vous supplie de revenir sur votre décision quand à l'exclusion quasi total du clan des Yuki dans la vie militaire de Kiri." Et à cet instant, je regrette déjà mes paroles... parce que seul Dieu est témoin de ce qu'il m'en coûte de défendre ainsi, le clan des Yuki. Ce clan que j'aimerais réellement voir descendu complètement de l'échelle social. Pourtant, je ne me complaire à voir cela, pas après ce que nous les sabreurs avons vécu. Et lors de notre réunion, nous avons jurer tout les sept d'agir pour le bien des sabreurs, mais aussi pour le bien de Kiri. Alors, là, même si égoïstement, j'ai envie de hurler que c'est bien fait pour le clan Yuki, je ne le ferais pas, me contentant simplement de feindre une main tendue vers eux. Aussi venimeuse puisse-t-elle être pour eux. Je n'ose d'ailleurs pas regarder Hanzõ qui doit probablement m'en vouloir de les défendre comme ça. J'agis comme une folle à cet instant non ? J'en sais rien... J'ai juste peur de revoir une ère comme Benten et comme elle avait commencé par l'exclusion partielle d'un clan...

Dans tout les cas, maintenant que j'ai fini mon petit discours de cinglée, je me laisse retombée dans mon siège, attendant la réponse de Sosuke.


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Dim 8 Oct 2017 - 18:22

« And when you start to feel the rush, a crimson headache, aching blush »



Eiichiro s’illustra d’une façon non anodine et refusa de signer l’accord, ce qui en sort parvint aux oreilles du chef de village et du sabreur comme une faute grave, là où Shiori ne parut que mitigée, moins satisfaite qu’elle le devait. Un refuse tacite mais compris de tous auquel le Nidaime apporta une réponse des plus logiques. Si les Yuki voulaient pouvoir agir et intervenir dans la vie militaire alors ils se devaient de s’illustrer par la signature de ce traité. Comme les Sabreurs, ils devaient mettre leurs querelles de côté pour épouser une paix durable et saine, sans quoi Kiri retomberait dans ses travers. Et Hanzô ne pouvait tolérer le refus du chef Yuki, là où lui avait mis de côté sa haine dévorante pour l’aveugle en guise de bonne volonté. En ne signant pas le papelard, il signait son arrêt de mort. Si son clan avait un tant soit peu de jugeote, alors ils verraient cet homme comme un mauvais décisionnaire et l’extirperait de sa place pour en mettre un plus sage, le laissant à la merci des Bêtes, de la Bête. Tout viendrait à point à celui qui savait attendre.

Et là, Shiori se leva, sous le regard médusé du porteur de Samehada qui ne savait plus où donner de la tête. Avait-elle perdu l’esprit, à se mettre en défenseuse de la veuve et de l’orphelin, de l’handicapé surtout. Voilà qu’elle déballait une tirade pour le mieux utopiste, et pour le pire rébarbative et incohérente. Sôsuke ne fermait pas la porte et ne menaçait pas de prison comme l’avait fait Benten, l’affubler de copie de la vieille était une insulte qu’il ne pouvait laisser passer.

Il ne se sentit pas investi car le Yuki et Kage était son ami, mais car Kirigakure avait besoin de la voix et de l’esprit plus clair d’un des Sept. Un qui avait du recul et n’était pas directement mêlé à la spirale de folie s’étant emparée du village lors du règne du Shodai.

Une fois qu’elle eut fini, retombant sur son siège, il saisit l’occasion, les Yuki encore présents dans l’assemblée. C’était à son tour de parler, qu’ils le veuillent ou non. Et il avait bien l’intention de prendre la place qui lui revenait, après tout, de droit. Se décrédibiliser et se ranger du côté de cet énergumène incapable de prendre la décision la plus juste et logique, quitte à régler ses problèmes plus tard ? Folie. Jamais.

« Je me dois de m’opposer aux dires de ma consœur et de prendre de ses mains l’avis de tous, car il n’est pas représentatif de la confrérie. » Il plongea ses yeux dans ceux de sa camarade, l’air désolé mais froid, dur, animé comme le Torrent. « Ta décision est censée et la porte que tu laisses ouverte est largement suffisante, nous, Sept, approuverons et n’intercéderons pas. Libre aux Yuki de comprendre et d’agir en conséquence pour récupérer ce qui leur revient. Il n’est plus temps de réfléchir, nous avons eu tout le temps pour ça. Il est temps d’agir, dans un contexte qui, entre le Shoshikidan et les différentes nations, n’augure rien de bon. La fermeté dont tu fais preuve est un modèle à suivre, et si Eiichiro s’est tu au lieu de demander plus de temps, alors c’est une réponse on ne peut plus clair. Ne laissons pas l’égo meurtri agiter les esprits aiguisés. Je ne supplierai pas, mais sachez que nous serons, les Sabreurs de Kirigakure, disposés à laisser votre mesure s’ériger en règle. » Toujours debout, il lança à Shiori qu’il avait quitté des yeux pour regarder Sôsuke, un regard glacial et bien représentatif de sa façon de penser. Dans ses lapis azuli elle pouvait sûrement lire. Ne t’interpose plus. Tu t’es trompée. Là est la marche à suivre. Tu ne dois pas t’opposer à moi, encore moins en public, ou nous finirons comme les Yuki. Laisse Sôsuke s’occuper de leur cas.

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« Inoffensif je fus, une offensive je tue ; une gencive de plus ♪ »
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Dim 8 Oct 2017 - 19:39
Yuki Sôsuke était à la fois un homme de terrain et un stratège. S’il se devait de délaisser ce premier trait en faveur du second depuis qu’il était devenu Nidaime, cela n’empêchait pas qu’il n’était pas omniscient. Aussi, il fut réellement surpris de voir que la première personne à prendre la parole fut Watanabe Shiori.

Il la laissa s’exprimer, sans jamais l’interrompre. S’il aurait eu du mal à comprendre le fondement d’une telle pensée, il se rappela ne pas pouvoir totalement se mettre à la place de celle qui avait tant vécu, et qui ne connaissait que trop bien les souffrances passées. C’était une douleur qui s’exprimait, mais la forme qu’elle prenait sonnait comme une maladresse aux oreilles du dirigeant.

Ce fut ensuite Hanzô qui se leva. Le manieur de Peau de Requin s’opposa de façon mesurée aux dires de celle qui les représentait, eux les Sabreurs. Et c’était là une particularité propre à la Confrérie : il n’y avait pas de réel chef, à la manière des Kaguya ou des Yuki. Watanabe Shiori était la représentante, et sûrement la figure forte d’une famille sans liens de sang, mais dont l’honneur et les évènements passés en avaient consolidé les membres.

« J’entends ton point de vue, Watanabe Shiori, et je ne peux qu’être désolé d’avoir à reparler du Shodaime. Mais, vois-tu ici une arrestation ou une attaque ? Non, il n’y a là qu’une mise à l’écart, certes, mais provisoire. Car tant que les Yuki, représentés par leur chef, refuseront de faire passer les intérêts communs de Kiri avant leur rancœur personnelle et perpétuelle, serait-il dans l’intérêt du village et de ses habitants de les faire participer de manière active ? Voudrais-tu risquer la vie de Kirijins ou le bon déroulement de leurs missions en y incluant des shinobis pour qui ça ne représenterait pas la priorité ? »

Le regard azuré et le visage expressif de Yuki Sôsuke aidait à faire comprendre tant à Shiori qu’à Hanzô sa position. Mais le reste de l’assemblée était elle aussi visée dans son ensemble. Son discours, qui se voulait rassembleur, prenait une tournure un peu accusatrice, mais toujours en direction des Yuki.

« Alors que le simple fait que je ne sois PAS mon prédécesseur devrait suffire à ce que son sujet cesse d’être abordé, vous continuez de me parler du Shodaime. Mais c’est par la cohésion de vos grandes familles que vous l’avez poussée à fuir. Et aujourd’hui, alors qu’elle n’est plus là et que nous faisons face à des enjeux internationaux inédits, que nous pleurons nos compagnons injustement morts à Shîto ou encore notre ancien Seigneur, certains ici choisissent encore la discorde plutôt que la cohésion ? »

C’était là une triste ironie mais pourtant réelle sur la situation Kirijine. Le clan Yuki s’était allié avec les Sabreurs pour s’opposer à O’Dui S. Benten, alors que le village n’avait aucun problème extérieur et l’instabilité de sa dirigeante pour seul maux. Aujourd’hui, tandis qu’ils avaient obtenu gain de cause, qu’ils n’avaient plus le chef qu’ils jugeaient tyrannique à leur tête, ils refusaient de signer un document qui officialiserait leur loyauté à Kiri. Que faisaient-ils des centaines de morts de Shîto, de la volonté du défunt Daimyô Naragasa ?

Il y avait un réel dégoût dans l’image que Sôsuke avait de son clan… ou plutôt de son chef. Et c’était justement un espoir qu’il nourrissait : que cette décision de ne pas signer un document pourtant si précieux et cohérent soit seulement la sienne. Il était confiant, voire persuadé que bon nombre de Yuki ne seraient pas en accord avec la décision de leur chef.

« Cette décision est, je le répète, temporaire. Le jour où le clan Yuki sera prêt à signer ce traité, il sera aussitôt réintégré dans son ensemble. Mais là encore, je ne peux pas m’amuser à laisser davantage de temps à quelqu’un qui en a eu autant que vous, Shiori et Nagu, ce serait assumer que vos souffrances sont moins fortes que celles de quelques Yuki, ce qui est totalement faux. Chacun a souffert, et je ne pourrais pas me permettre de saluer votre volonté à aller de l’avant, si je laissais certains la refuser sans rien dire. »
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Dim 8 Oct 2017 - 20:31
Il souriait. Hochant de la tête, il s’était relevé. Il acceptait la décision du nouveau dictateur de Kiri. Cette fois-ci, il ne comptait pas se battre. Silencieusement, reprenant sa canne, il marchait en direction du courant d’air. Il ne comptait pas se battre. Il ne comptait pas répondre. Seulement se contenter de cette non-signature, de cette abstention face à un papier dont il ne connaissait pas les propos sinon ceux donnés par l’Usurpateur. Se levant, marchant encore lentement sous le poids des regards qu’il sentait dans son dos, il poussa un lent soupir. Finalement, la décision était justifiée et sûrement l’homme désirait plus que tout le voir perdre sa place. Peut-être même que le Mizukage, amoureux des ambitions, désirait maintenant la place de Chef. Après tout, certains aiment le goût du pouvoir plus que d’autres.

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Dernière édition par Yuki Eiichiro le Dim 8 Oct 2017 - 21:15, édité 1 fois
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Dim 8 Oct 2017 - 20:40
L'âme Kirijine dans toute sa splendeur. Les propos du Mizukage faisaient s'élever les voix protestataires, vindicatives, approbatrices du tout Kiri. Bientôt le brouhaha s'emparait du silence de la salle alors que le clan Yuki commençait à se retirer peu à peu. Dans le respect de sa tradition martiale, le clan Kaguya resta anormalement calme devant l'humiliation de son rival séculaire. Quelques observations vinrent tout de même alerter ton esprit de nouveau chef.

-Eiichiro est un chef charismatique, aucun Yuki ne l'aurait défié avant ça. Un ancien du clan te renseignait sur la personnalité de ton rival.

-Le borgne n'est plus que l'ombre de lui-même depuis la chute de Benten. Les Yuki sont en déroute ! Un autre avait chuchoté.

-Nous ne nous précipiterons pas. Avais-tu lâché avec la plus grande fermeté. Je n'ai aucun champion à lui opposer et le Yuki n'est pas encore mort.

***

Ce fut ensuite au tour des sabreurs de se décrédibiliser. Shiori s'était rétractée sur une position à demie-teinte sitôt placée devant la pression des évènements. L'histoire du Dojo se jouait une fois encore. Une fois encore, la Confrérie faisait preuve d'instabilité. Avant ton investiture, cela t'aurait agacé, mais à présent, cela t'arrangeait presque. La sabreuse venait de pointer du doigt la désunion des sabreurs et ton lointain cousin l'alimentait avec tout l'instinct Kaguya qui l'animait. Des rires cyniques dans les rangs Kaguya.

-A quelle voix devons-nous prêter oreille ? Lanças-tu avec un brin d'acidité pour enchaîner avec un ton de dérision. Watanabe Shiori ou Hanzo des Kaguya ? Notre sensibilité nous porterait plus vers le second mais un grand sourire nous ne voudrions pas nous immiscer dans les affaires de la Confrérie.

Devant pareil spectacle, vous ne pouviez que rire. Tous se perdaient dans des batailles d'égo et d'explications absurdes tandis que vous restiez là comme seuls gardiens d'une cohérence il y a longtemps oubliée.

-Maître Mizukage, nous sommes prêts à laisser le temps aux sabreurs de se mettre d'accord même si vous semblez soutenir les mêmes positions que nous. Un autre sourire. Je vous en prie, continuons, nous vous écoutons.
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Dim 8 Oct 2017 - 21:16
Non... Mais ? J'hallucine ? En voyant Hanzõ se lever et prendre la parole après moi, pour reprendre mes dires de voler, je le fixer et le foudroie du regard. Serrant les dents pour ne rien dire alors qu'il se la joue un peu trop pour un qui n'a même pas été capable de garder son épée. Pire, encore, son regard. Son ferme là silencieux. S'il pense me museler de la sorte. Il se trompe et pas qu'un peu. Pourtant, je reste bel et bien silencieuse à cet instant, attendant la seule et unique réaction de Sosuke à mes dires, c'est là, la seule chose que je désire à cet instant, autre le fait d'avoir des explications avec l'autre abrutit porteur de Samehada.

Ecoutant donc les mots de notre ombre, je ne dis pas un mot tout de suite, laissant les derniers Yuki quitter les lieux avant d'entendre les rires chez les Kaguya et les propos de leur nouveau chef. "Désolée." Soufflais-je doucement à Hanzõ preuve que je ne compte pas lui obeir. S'il croit qu'il me fait peur avec ces menaces où je ne sais trop quoi. La bonne blague. Me levant alors à nouveau. "Nidaime-sama. En aucun cas je ne vous compare à la Shodaime. Je tente juste de vous prévenir qu'une telle action pourrait pousser le clan Yuki à se rebeller contre vous. Nous savons tous qu'Eiichiro a été à la tête du mouvement libérateur du joug de Benten et là. Vous venez de lui donner une raison de penser que vous agissez comme tel. Je tentais juste de vous prévenir qu'une action comme cela peut se retourner contre vous. Quitte à visiblement me discréditer, moi et mes frères. Car vous l'aurez compris, je parle en mon nom et pas celui des Sabreurs. Car avant d'être Sabreuse, je suis Kirijin et la Kirijin en moi à des craintes." Soufflais-je en posant mon regard sur Nagu. "Mais à l'instar des Kaguya qui prennent tout cela à la légère en vue de leurs petits commentaires plus que déplacés, nous, les sabreurs, sommes réellement soucieux du Kiri que vous êtes désireux de construire. C'est pour cela que je me permets d'intervenir maintenant. Et vous dire ma façon de penser. Car ici, il n'est plus question de la dame des brumes, mais bel et bien de vous et de nous tous." Montrant alors la porte. "Ainsi que le clan Yuki que vous venez de pousser hors de cette salle." Lançais-je alors, d'une voix forte. "Vous voulez une unité. Nous la voulons aussi. Mais mettre davantage un clan dissident à l'écart ne fera que renforcer les conflits que vous ne voulez pas." Prenant alors une respiration. "On a tous souffert, mais là, il n'est plus question du passé, mais bel et bien de maintenant et de l'après, de ce futur que nous voulons tous. Vous savez ce que vous avez à faire pour avoir la signature de cet homme. Vous le savez autant que moi et si c'est le prix à payé, je l'accepterais volonté. Car tout comme vous, j'aspire à ce Kiri que vous avez décrit !" Soufflais-je alors rajoutant dans un murmure "Tout ne se résous pas avec des mots." Avant de regarder Hanzõ, d'un sourire triste, sachant parfaitement ce que mes mots voulaient signifier, après tout pendant notre réunion de sabreurs, j'avais fait comprendre que je m'opposais à la mise à mort du chef des Yuki. Préférant le voir souffrir que vivre... Sauf que là... Je me sacrifiais clairement pour permettre à Sosuke d'avoir la signature des Yuki, car ne suis-je pas en grosse partie la raison de leurs refus ? Tant que je ne serais pas punie pour avoir crever son oeil à Eiichiro, jamais les Yuki n'accepteront de suivre l'homme qui pardonne si facilement. Oeil pour Oeil comme on dit. Ne serait-ce pas là, le plus logique ? Même si ce n'est pas quelque chose que je veux, même si je préférerais réellement voir cet homme crever la gueule ouverte dans un caniveau. Je ne peux pas risquer de voir Kiri à feu et à sang uniquement à cause d'une petite querelle entre deux représentants d'un clan.

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Mar 10 Oct 2017 - 15:29
« Il suffit ! »

Pour la première fois depuis qu’il était devenu le Nidaime Mizukage, Yuki Sôsuke avait montré une autorité vocale certaine en public. Et cela donnait l’effet escompté : la salle fut surprise. Ce qu’il y avait de bien avec le fait de ne pas être un sanguin, avait toujours pensé l’Amiral, c’était que lorsqu’on montrait les crocs on ne pouvait qu’être écouté. Et c’était exactement ce qu’il s’était passé ici. Tandis que le chef Yuki s’était retiré comme il l’avait été ordonné, que le nouveau leader Kaguya avait approuvé les paroles du chef de Kiri et que la représentante des Sabreures prolongeait un débat qui n’avait pas lieu d’être, l’Ombre en avait apparemment eu assez.

Il se tourna immédiatement vers Kaguya Nagu.

« Merci. »

Un simple mot, qui vint précéder un regard ensuite jeté vers Watanabe Shiori. Les pupilles azurées du Kage trahissaient là encore une certaine autorité. La représentante de la Confrérie des Sabreurs était allée trop loin, et elle s’en doutait. Elle le devait.

« S’il y a pire que de ne pas signer ce traité, ce serait de ne pas le respecter. Mesure tes paroles lorsque tu parles des autres clans de notre village, encore plus lorsqu’elles sont censées représenter la pensée des Sabreurs. Ma décision est irrévocable et prendra fin lorsque les Yuki seront prêts pour le village et non contre les leurs. »

On aurait pu croire qu’il aurait sauté sur un autre sujet, mais il avait quelque-chose à rajouter. Et alors qu’il enchaînait, un petit rictus s’invita sur son visage.

« Et puis je t’arrête : le clan Yuki ne tentera aucune sorte de rébellion, ce serait leur manquer de respect que de penser ainsi compte tenu de l’amour qu’ils ont pour Kiri. Laissons-leur simplement le temps de s’organiser et de réfléchir à la position qu’ils veulent adopter. »

Tandis qu’il rassemblait divers documents sur son pupitre, Yuki Sôsuke repensait à Watanabe Shiori. Quelle kunoichi surprenante, à bien des égards. Mais aujourd’hui, elle ne montrait clairement pas son meilleur visage, surtout compte tenu de tout ce qu’elle avait vécu. Les spectres du passé lui étaient-ils si lourds qu’elle en avait perdu sa clairvoyance ? Il était impensable que parmi tous les Sabreurs connus de la Confrérie, tous aient choisi d’être représentés par une femme qui aurait réellement ce genre de pensées, tout le long de sa vie.

Non, le Nidaime préférait mettre ça sur le dos d’une erreur, ou sur le compte de la fatigue.

« Bien, le traité étant prévu comme une introduction à cette réunion et loin d’imaginer tout ce qu’il pourrait susciter, j’aimerais que nous passions tous à la suite. »

C’était anodin, mais le simple fait que le chef de Kiri annonce cela permettait à tout le monde de se tenir prêt, et de comprendre qu’il n’était plus temps de parler du traité, des clans ou de toute autre chose de ce genre. La Réunion générale n’était absolument pas destinée à s’éterniser sur un tel débat. Derrière lui, et le Seigneur, deux ninjas aux tenues bleu marines et aux masques blancs firent leur apparition.

« Déjà présents lors de mon intronisation, ces shinobis représentent une unité d’élite que je compte mettre en place dès aujourd’hui au sein de Kiri. Il s’agira du Kyôi. »

Parmi l’assemblée, certains avaient bien entendu remarqué que lors du discours du Nidaime sur le toit de l’Hôpital Général, deux silhouettes identiques et surtout vêtues de la même manière avaient encadré l’évènement. Rares étaient ceux qui auraient pu se douter d’une telle annonce, mais c’était bel et bien ce dont il était question ce soir. Le Kyôi, première unité d’élite du village cache de la Brume.

« Comme je l’ai dit à de nombreuses reprises, les victimes que nous pleurons aujourd’hui et les évènements récents auxquels nous avons tous dû faire face donnent à notre village des enjeux encore plus larges et importants qu’avant. Politique et action internationale, désertions, information, diplomatie, Soshikidan : je ne peux me permettre de simplement attendre, ne rien changer dans la gestion du village et faire courir à nos citoyens de nouveaux risques. En plus de nouvelles méthodes d’apprentissage et d’entraînements, le Kyôi visera à rassembler des membres compétents et répondant aux objectifs primordiaux et sensibles que nous aurons à remplir. »

Sans avoir besoin de le regarder, Yuki Sôsuke savait très bien qu’il était épié par Raonaka Ao, le Seigneur assis à côté de lui. Il n’était là qu’en tant que spectateur, mais il restait la personne la plus influente ici. Si aucune décision n’avait été prise avec lui, il semblait néanmoins que son silence prouvait un certain accord avec les annonces faites.

« Les Kyôinins seront des Kirijins qui, une fois sélectionnés, suivront, en parallèle de leurs missions habituelles, des entraînements particuliers pour répondre à des situations d’urgence et veiller à la stabilité de notre village. Je serai épaulé, aussi bien dans le recrutement que l’entraînement de l’unité Kyôi, par Kaguya Hanzô, mon bras droit à compter de ce soir. »

De nouveaux applaudissements éclatèrent. Après Nagu, c’était le manieur de Samehada qui était mis à l’honneur. Pour Yuki Sôsuke, cette pause était également le moment opportun pour faire face à d’éventuelles questions ou remarques.
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Mer 11 Oct 2017 - 16:08

« And when you start to feel the rush, a crimson headache, aching blush »



La porte ouverte de Sôsuke semblait être ignorée par Eiichiro comme Shiori, qui n’y voyaient sûrement qu’une punition, comme une gifle sur la joue d’un enfant trop turbulent ; et les enfants sur-réagissent. Hanzô ne participa pas à la surenchère des souffrances, des maux qui marquaient les corps et les esprits. À l’image des dernières années, son regard bleu vagabondait sur l’élite de Kirigakure no Satô, beaucoup de tumulte étant lisibles sur les visages des dignitaires. Ao, lui, semblait calme. Bien trop calme.

Les manieurs du Hyôton se mirent donc en branle et quittèrent tous autant qu’ils étaient la pièce spacieuse destinée à les accueillir de prime abord, guidé par l’aveugle et sa canne qui soupirait, souriait, comme si tout cela n’avait aucune importance. Etait-il stupide au point de ne pas comprendre les répercussions sur lui-même et les siens ? Le Torrent ne chercha pas plus loin et laissa le cortège de monarques sans couronnes s’éclipser.

Ce regard si particulier qu’il avait adressé à Shiori, elle l’avait ignoré. Il n’était point menaçant, pas plus que commandant la jeune demoiselle. Il était porteur d’un conseil, d’une idée qu’elle ne s’enticha pas de respecter ; et elle continua dans sa lancée comme un animal ayant flairé le sang. Comme Hanzô sur la piste d’un traître. Après la tirade de Sôsuke qui confirmait sa position et le fait que tout était acté, qu’il n’y avait pas d’échappatoire pour l’aveugle qui avait snobé son supérieur direct avec allégresse, condamnant son clan à l’inactivité et à la passivité par égoïsme, vanité doucereuse qu’il n’avait su mettre de côté pour simplement griffonner ce bout de papier.

D’une oreille, il écouta les propos du Kaguya. Il était malin, presque malicieux, à distiller la vérité visible de tous en la marquant par des mots bien choisis. Ses pairs semblaient amuser et s’il s’était écouté à ce moment précis, leurs ricanements se seraient mués en cri de douleurs ; il aurait rendu le clan qui y tenait tant au simple état d’ossements. L’idée quitta son esprit, tandis que l’ébène continuait son petit jeu, augmentant les tensions entre lui et Shiori. Hanzô des Kaguya ? Voilà qui était commode, maintenant qu’il était revenu, puissant et armé de Samehada. Il n’avait pas entendu ces mots plus jeune, seul dans les fosses, rejeté de par son hérédité avec le premier porteur du titre de ‘Bête Bâtarde’. Il siffla de mépris à la pensée d’être assis à côté d’eux dans la tribune leur étant assignée. Il avait beau le qualifier de plus apte à diriger les Sabreurs, il n’en restait pas moins cet amer goût de tumulte que les Sept avaient eu du mal à dissiper et qui leur revenait en plein visage. Il y était pour quelque chose, mais le mettre en exergue ainsi… ?

Ils se voulaient gardien de la cohérence, Hanzô les voyait comme une troupe de hyènes gardiennes de leur seule survie, d’abord rangée soigneusement dans les jupes de Benten puis tourné dans le sens opposé du vent quand la despote avait fui, abreuvant Sôsuke de ‘maître Mizukage’, de douces caresses. Sa vision de Nagu avait changé en quelques secondes, bien que ses motivations furent facilement compréhensibles.

Sa consœur continua dans la direction qu’elle avait prise, persuadée d’être dans le juste. N’avait-elle rien écouté de ses propos ? Il serra le poing pendant qu’elle continuait de parler, faisant blanchir ses jointures à l’abri des regards contre sa cuisse. Son désolé n’était que de la poudre aux yeux, elle n’en pensait pas un mot, il le savait. Elle avait raison sur le fait que les Sabreurs voulaient aider à construire une meilleur cité de la Brume, plus solide. Mais de là à justifier l’acte de l’éborgné par deux fois… ? Tout ne se résolvait pas avec des mots, mais tout pouvait être aggravé par eux.

La voix tonnante de Sôsuke mit fin au débat et enfermé dans son mutisme, bien que son expression sereine montrait qu’il en fallait plus pour l’atteindre ou l’effrayer, il détacha l’océan de ses pupilles de Shiori, déçu. Jamais il ne laisserait la manieuse de Dokuyaku subir quoi que ce soit pour son acte légitime. Il donna comme réponse à son sourire un haussement de sourcil et un serrement de sa mâchoire.
Comme il l’avait prévu, sa collègue fut rappelée à l’ordre, pour le plus grand plaisir de la foule Kaguya. Et sûrement de son chef fraîchement élu. Hanzô lui n’esquissa rien de concret, juste ses pupilles sur le Nidaime et Ao, successivement. Enfin, la situation avança et le sujet du traité fut passé sous silence, il y avait plus important. Le Kyôi.

Ses interrogations sur les hommes qu’il pensait de la garde personnelle du Kage furent abreuvées de réponses. Une section d’élite assignée à des tâches brumeuses, qu’il put regarder car présente et se mettant sous les projecteurs. Ses palabres sur Shitô, la mort et l’international ne tirèrent au Squale qu’une moue pensive, se questionnant sur l’application réelle de cette organisation intramuros.

Puis vint le moment où son nom fut cité, et pas pour rien. Après avoir décrit plus en profondeur les modalités de son unité spéciale, c’est une annonce aussi importante que l’élection de Nagu qui tonna. Hanzô venait de rejoindre les hautes-sphères du pouvoir en qualité de bras-droit, proche conseiller de Sôsuke et décideur pour les troupes qui peupleraient Kyôi.

Bien que souriant, quelques questions le taraudaient. Pourquoi ne pas le lui avoir annoncé plus tôt, est-ce qu’il comptait l’aliéner en le bloquant au village ? Il ne pouvait concevoir son existence sans les missions périlleuses et les déplacements, le danger et le combat. Il aurait tout le temps d’en discuter en privé avec le Nidaime. Il remercia l’énonciateur d’un signe de tête, dupliqué à la clameur d’applaudissements. Puis il vint à regarder Shiori et Nagu pour analyser leurs réactions.

Étant connu pour ses talents stratégiques et son goût de la belligérance, cela suggérait l’œil avec lequel l’Ombre envisageait le futur pour un connaisseur du Torrent. Peu enclin à se mettre plus en valeur qu’il ne l’était déjà, il resta assis droit sur son siège et attendit la suite des dires et des réactions.

« En voilà, une surprise. » lâcha-t-il à demi-mot pour lui-même, Samehada ravie pour son maître mais aux prises avec les même questionnements. Allait-elle devoir rester entre ses omoplates encore longtemps ?


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« Inoffensif je fus, une offensive je tue ; une gencive de plus ♪ »
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Ven 13 Oct 2017 - 19:13
Une voix forte et un ordre simple. Mon regard se pose sur le Mizukage et je reste silencieuse, attendant d'entendre ce qu'il va bien pouvoir dire maintenant, alors qu'il vient réellement d'exclure un clan, et ce peut importe les pseudo portes ouvertes qu'il a laissé ouverte. Car en aucun moment, ce n'est ça que le clan Yuki va voir en premier. Oh non. Ça va simplement être cette mise à pied absurde et sortie de nulle part, comme peut-être une vendetta pour l'ancien exilé qu'il est contre son propre clan. Parce que pour les plus simple d'esprit, n'est-ce pas la plus simple interprétation qu'il puisse y avoir ? Maintenant qu'il est au pouvoir, au dessus de son ancien clan, n'est-ce pas un moyen de se venger de celui-ci ? Enfin, ce n'est qu'une pensée, une interprétation comme il y en a plus d'une. Et je reste dés lors silencieuse, comme l'ordre qui a été donné par le chef de la brume, comme mon frère d'arme, même si pour le second, cela fut de façon bien plus silencieuse.

Recouvrant ma place au côté du possesseur de Samehada, je regarde cette piteuse scène se jouer devant moi. Espérant pendant un bref instant avoir eu une hallucination auditive quand, son merci à l'attention du clan Kaguya s'est laissé entendre. Dans le genre foutage de gueule on ne fait pas mieux à cet instant. Bien que je n'arrive pas réellement à me décidé quand à savoir qui des Kaguya ou de notre ombre est le plus performant à ce jeu. Les uns retournent leurs vestes à la première occasion, courbant l'échine devant n'importe quelle autorité, comme des petits toutous, des moutons incapables de penser par eux-même. Bien que quand même capable de critiquer. Ou bien, l'autre, qui trône dans une pseudo-prestance malsaine à cet instant. S'il ne voulait pas ressembler à sa prédécesseure, à cet instant précis, c'est amèrement la seule comparaison que je peux faire. Alors qu'il me reprend de voler de manquer de respect aux autres clans, quand lui-même remercie l'un de ses clans de se moquer ouvertement d'un autre. N'est-ce pas là, l'hôpital qui se fout de la charité ?

Mon regard posé sur lui, je l'écoute, déjà agacée par ces mots, alors qu'il tente de me faire la morale. Un blabla inutile et complétement insensé alors qu'il ne le respecte guère lui-même. Mon envie à cet instant précis ? Ouvrir mon bec et lui faire voir les vautour qui lui tournent autour à cet instant. Les kaguya ne lui sont pas fidèle à lui, mais juste à ce titre qu'il porte. Suffit que demain, l'homme assis, ayant succédé bien trop rapidement et facilement à Naragasa Kira décide de nommer un Sandaime Mizukage que les osseux sans vergogne ni état d'âme jurerons allégeance à celui-ci. Les plus fidèles en apparence, ne sont pas forcément ceux en qui ont peut avoir le plus confiance.

Un soupire franchit mes lèvres alors que je m'accoude, posant mon menton sur ma main. Un regard plus que blasé posé maintenant sur Sosuke alors qu'il m'assure que les Yuki ne tenteront rien contre lui. Pourquoi donc ? Parce qu'il est le mizukage ? parce qu'il a confiance en yeux ? Aveugle et inconscient. Voilà comment il est. Il doit probablement croire au bon dieu et à ses sornettes de bonnes femmes. Affligeant. Mais vas-y cause toujours. Voilà ce que mon faciès transpire. Arrogance, agacement. Il me prend pour une cinglée ? Ou que sais-je d'autre. Qu'il en soit ainsi. J'en ai rien à faire. S'il pense réellement qu'il peut avoir foi en tout le monde, on court à notre perte. Il est bien trop naif et j'en suis rendu à me demander combien de temps, il arrivera à tenir à notre tête.

Oui, là voilà la différence avec Dame Benten. La naïveté. Là ou la vieille mégère agissait par crainte et autorité, il tend la joue et le bâton pour se faire battre.

M'enfin, les choses sérieuses vont visiblement commencer. Bien qu'en réalité, tout à déjà commencé sans qu'il le remarque réellement. L'engrenage est lancée et je redoute de voir la fin, une nouvelle chute catastrophique. Mais il est clair, qu'à ce moment-là, je me ferais une joie de me tenir à ses côtés pour lui dire un Je vous avais prévenu. Pourtant, il n'est aucunement l'air de cela. Qu'il fanfaronne encore tant qu'il le peut encore. Qu'il profite de ce siège tant que les Yuki ne se mettront pas en marche.

Parano ? Oui, je le suis. Mais les Yuki à mes yeux, sont les plus perfides. Si les Kaguya sont inoffensif et de bon suiveur, les Yuki eux... C'est une toute autre histoire. Mais bon, peut-être que je m'inquiète pour rien. Probablement que le blond à de la suite dans les idées et qu'il agit en tout état de cause. Pourtant, je ne peux m'empêcher d'en douter. Il m'apparaît comme trop naif, comme un homme qui, après la dictateur de Benten, semble désireux de sauver la veuve et l'orphelin. Un pseudo héro qui va précipiter sa chute. Être idéaliste rend stupide.

Silencieuse, non, faisant tapisserie alors que le Nidaime continue de faire son petit discours, de présenter cette unité. Je ne peux m'empêcher de lever les yeux aux ciels alors qu'il annonce la nomination de son bras droit. Tournant un peu la tête, je regarde Hanzõ, surpris par cela. Encore plus ennuyeux. "Bonne chance." Soufflais-je alors qu'il aurait été de coutume de dire félicitation ou encore bravo. Non, je ne m'étais pas trompé, que du contraire. J'avais bien choisi et pesé mes mots. Parce que le sabreur à mes côtés, en aurait grandement besoin. Surtout en vue du tableau qu'il va former avec le Mizukage.

Un Yuki déshérité, n'ayant jamais mit les pieds à Kiri avant sa nomination en tant que Chef.
Un Kaguya raté, devenu Sabreur à deux reprises et ayant perdu son sabre une première fois, et ayant été absent également pour les conflits avec Benten en tant que bras-droit.
Ai-je le droit de dire que l'on fonce droit dans le mur ? Bien que je n'ai rien contre le sabreur, son absence durant le règne de Benten est un désavantage. Un mauvais choix. Une partie de Shõgi déjà perdue alors que les premières pièces viennent seulement d'être bougée... Goût amer en bouche. M'enfin, on verra où l'avenir nous portera. Espérons juste que je ne finirais pas en prison pour avoir encore une fois tenté de tenir tête à une ombre.


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Réunion générale n°1 [Kiri]

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