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En attendant la lumière de l'aube [feat Nagamasa Takamura]


Lun 9 Oct 2017 - 12:39

Je me réveillais difficilement face contre terre. Oui, je sais ce que vous vous dites, je sais que vous me jugez avec dédains, mais non, pour cette fois-ci, ma situation actuelle n'avait absolument rien à voir avec une consommation excessive d'alcool. Non, ce n'étais pas un lendemain de cuite, qui m'obligerait à ramper jusqu'à la source d'eau la plus proche. En vérité si j'étais actuellement affalé sur le sol, l'esprit dans le flou et le corps engourdi c'est parce que ce dernier m'avait lâché, ramolli par la fatigue et une perte excessive de sang. Sang, soit dit en passant, versé pour l'art et la postérité.

Une douleur lancinante s'éveilla soudainement au niveau de mon bras, sortant une fois de plus mon esprit de l'inconscient vers lequel il se dirigeait une fois de plus. Les yeux exorbités, les dents serrées, je tentais de souffrir dignement, au détriment de ma position plus qu'hasardeuse et ridicule sur le sol. Outrepassant mes souffrances, et l'envie irrépressible de mon corps de rester immobile, je me levais d'un effort titanesque, me rendant compte que j'étais dans le cœur commerçant du village. Pourquoi ? Comment ? Je ne savais plus !

Me lançant dans une introspection, à la rechercher du souvenir précédent le néant, je marchais, certes lentement mes j'avançais. À cette heure tardive, où très matinale, j'étais seul à errer à travers les échoppes et tant mieux. Mécaniquement, mes jambes, avaient pris le relais, empruntant par habitude le chemin qui me menait à ma demeure. Le bazars dans mon esprit était tel un épais brouillard lancer par un jonin de Kiri ! En parlant de Kiri d'ailleurs, c'est seulement lorsque je relevais les yeux en passant devant un magasin de shuriken, que je pus apercevoir mon reflet et donc par conséquence la note collée sur ma joue gauche.

Repoussant ! J'étais à ce moment rien de plus qu'une loque repoussante. En colère contre moi-même j'arrachais la note de mon visage prêt à la mettre en boule et la jeter au sol. Mais un mot, attira mon regard alors que mon regard flou fixait, sans réellement la voir ce message de haine infâme : "Kirijins"

-Eh !

C'est le seul son qui sorti de ma bouche lorsque je fixais la note salie par la poussière, que je portais du bout des doigts. Prenant le bas de la feuille de mon index et mon pouce, je tenais le message devant moi, le levant un peu vers la voute céleste, espérant que les lueurs émises par la lune seraient la lumière qui me permettrais de lire la note. La fatigue et la douleur semblaient s'être échappés de mon corps le temps qu'il me fallut pour lire le message. Je lisais, un air sérieux sur le visage, dénotant totalement avec l'aspect poussiéreux et sale que j'avais en cette étrange nuit.

-Eh !

Une fois de plus ma voix retentît pour ne rien dire d'intéressant. En effet, ma seule réaction à ce pamphlet acerbe voué à attiser la haine à l'encontre des Kirijins n'était rien d'autre qu'une onomatopée mêlant surprise, intérêt et flemme. Je fixais une dernière fois la feuille, puis la gardant dans ma main gauche, je tournais le tète de chaque côté. Un peu partout semblait être placardé des notes comme celle que je tenais en main. Curieux je marchais jusqu'au mur contenant la note la plus proche et commença à la lire. Les mêmes mots étaient employés. Redressant mon papier pour le mettre à côté de celui qui était fixé au mur, j'eus tôt fait de remarqué que c'était la même note. Laissant la mienne tomber au sol. Je relisais une deuxième fois le message.

-La guerre ?

Haussant un sourcil, perdu dans mes pensées, je repris la marche vers les quartiers résidentiels sans même m'en rendre compte.

-La guerre maintenant ? C'est trop tôt ! Est ce réellement les plans de Chôgen-sama ?

Certes la guerre était inévitable tout comme les conquêtes si on voulait faire d'iwa un puissant village, et de la nation de la terre un pays respectable. Mais il était bien trop tôt, et attaquer de front n'étais pas une bonne idée pour briser Kiri. Avant que je ne m'en rende compte trop absorbé par mes pensées, la note et ma récente rencontre avec le Shodaime Tsukikage, j'étais déjà devant chez moi. Mais maintenant que mon cerveau bouillonnait impossible de dormir. Je n'avais plus qu'une idée en tête trouver la demeure des Nagamasa, leur montrer la note, et terminer ma conversation avec Chôgen car oui j'avais l'étrange impression de mettre endormi avant d'avoir eu les réponses décisives que je voulais entendre. Me voilà donc, déboulant dans le quartier de la famille de samouraï la plus connue d'Iwa, progressant d'un pas lent, mais les yeux écarquillés, transit d'une étonnante détermination. En somme je ne ressemblais qu'à un zombie à la recherche d'un précieux cerveau duquel se délecter. Quel Nagamasa rencontrerais-je en premier à quelques heures à peine avant l'aube ?
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Mar 10 Oct 2017 - 6:17
La nuit se fait longue, vide. Le sommeil ne lui vient pas. Une fois de plus. Le samouraï en vient à avoir peur de s’endormir. Le sommeil lui fait peur, il renferme ses plus terribles secrets, ses plus terribles erreurs, ses plus terribles peurs. Chaque fois qu’il ferme l’œil, son corps frissonne d’effroi, de peur que son cerveau lui montre à nouveau son accident. Un cauchemar le ramenant à la triste destinée qu’il essaie encore de détourner. Il refuse de rester le « faible Nagamasa », le sommeil lui, l’y ramène. Il n’est pas son allié. Il est son ennemi.

La nuit passant trop lentement, le samouraï s’est réfugié dans la chambre de son jeune frère, Tsunenaga. Son frère semble en paix avec lui-même, paisiblement endormi. Il est le seul membre de sa famille capable de lui procurer une once, un semblant de bonheur. Il était trop jeune pour s’entraîner alors que lui n’en avait pas l’autorisation, il n’a pas vécu tout ça. Il ne peut pas lui en vouloir.

- Je compte sur toi pour prendre ce qui t’appartiens, jeune frère. Tu es celui qui sortira notre famille de l’ombre.

Sa voix froide semble un léger murmure. Mais il reste persuadé que ses mots ont atteints Tsunenaga et que viendra le jour où il les réalisera. Mais observer son jeune frère dormir, assis sur un fauteuil de cuir, ennui rapidement le samouraï. Emboîtant le pas pour sortir de la demeure, il sort de son yukata son Kiseru, qu’il remplit de tabac. Déposant le Kiseru entre ses lèvres en arrivant finalement dehors, il attrape une allumette et la met en contact avec son calumet. Un haori noir simplement déposé sur les épaules, il enfile ses tongs pour s’engouffrer un peu plus dans les rues du quartier des Nagamasa. La nuit est encore sombre, mais la lune suffit au samouraï, qui l’observe d’un œil amoureux. L’air est frais mais agréable. Tout est parfait pour une promenade nocturne.

Takamori décide de s’installer au pied d’un arbre prenant racine au coin d’une rue adjacente à sa demeure, un coin parfait pour rester en admiration face à la beauté de la lune, compagne de ses longues nuits. Un papier s’envole alors jusqu’à lui, lui faisant remarquer que plusieurs papiers similaires sont accrochés ci et là. Il l’attrape alors et commence à le lire, éclairé par la seule lumière de la lune. Ne lui accordant aucune seconde relecture, il glisse un coin de la lettre sur le foyer de son Kiseru, déclenchant un feu qui l’emporterait entièrement. Ce genre de lettre n’a rien à faire dans son esprit, selon lui. Ce n’est que d’immondes mensonges basés probablement sur une seule petite vérité. Rien qu’il ne faille prendre au sérieux. Mais le fait qu’autant de lettres soient placardées un peu partout n’est pas bon signe.

Enfin, tout ça n’inquiète pas le samouraï, qui n’a que faire des querelles du monde. Mais s’il peut faire la guerre, alors il la fera. Un papillon passe dans son champ de vision. Son œil le suit automatiquement, le papillon étant son « animal » de prédilection. Alors que le papillon disparaît de son champ de vision, derrière lui apparaît une autre silhouette. Humaine, cette fois. Takamori l’observe marcher un instant. Il reconnaît là le visage typique des Chôkoku.

- Qu’est-ce qu’un Chôkoku fait si loin de chez lui, à une heure pareille ? l’interrompt-il, la main sur le manche de son katana.

Le voilà maintenant debout, au pied de l’arbre, dans l’ombre des nombreux feuillages. Il a trouvé une nouvelle occupation.

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Jeu 12 Oct 2017 - 23:26

D'épaisses ténèbres m'entouraient, à peine éclairé par les rayons lunaires, je continuais d'avancer tout de même. C'est, les yeux écarquillés, à l'affût de la moindre source de lumière que j'avançais prudemment dans l'allée. Soudainement au sein de cette noirceur insondable m'apparu une effrayante bille lumineuse. Cette "chose" semblait tourner dans ma direction et plus terrifiant encore, elle semblait me fixer. Mon esprit embrumé ne m'avait pas trompé !

En effet, cette "lumière" n'était en réalité rien d'autre qu'un œil. Le seul et unique œil d'un homme posté devant cette ombre gigantesque. Une voix vibra alors dans l'air, m'adressant une interrogation qui sonnait comme une mise en garde. Ce n'était pas tant la question qui se voulait menaçante mais plus le ton et l'attitude de mon interlocuteur. Mon, esprit, plus vif depuis qu'il m'ait été donné l'opportunité d'entendre une voix humaine, me fit rapidement remarquer la posture stricte et défensive du samouraï. L'instant d'après je notais sa main empoigant avec fermeté son sabre.

Lui raconter des bobards ou même un truc banal m'attirerais à coup sûr des soucis et ce n'était pas tant l'idée de me battre qui me dérangeait, vous savez, dans mon état j'étais bien assez fou pour me penser invincible, mais l'idée de m'en prendre à une personne trop importante, genre, au hasard le frère du Shodaime ou une connerie comme ça !

Ainsi donc, réprimant toutes idées folles, non sans rester silencieux, presque comateux plusieurs minutes durant, à réfléchir, je finis par sortir le bout de papier que le samouraï avait déjà dans les mains. Je n'étais pas un Hyuga... Si vous cherchez un dieu de l'observation utile même bourré c'était certainement pas moi qu'il fallait venir voir ! Tendant le bras devant moi, lui foutant presque le papier en pleine face, par mégarde, je finis par lui répondre :

-Euh... Eh bien je cherche le Shodaime... Il semble que je me sois endormi avant la fin de notre entrevue à l'académie... Et puis je dois l'avertir... Ces trucs sont affichés partout en ville. S'il veut faire la guerre avec Kiri, soit, ça ne me dérange pas... Mais l'annoncer ainsi c'est loin d'être la meilleure des idées ! Je vous aurais bien demandé ce qui trouble votre sommeil et vous a mené jusqu'ici... Mais bon vous l'avez compris je suis pressé et crever ! Plus vite je fais ce que j'ai à faire... Plus vite je retrouverais mes draps ! Donc excusez-moi ! Je continue mon chemin... Bonne soirée !

Mon bras tendu c'était progressivement abaissé à mesure que je parlais, autant par fatigue que par gêne. Ma phrase finie, je repris ma route, passant à côté du samouraï le plus innocemment du monde, lui adressant même amicalement une tape sur l'épaule.

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