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Comme au bon vieux temps [PV Sora]


Mer 11 Oct 2017 - 17:13


☆ ☆ ☆     COMME JADIS

"Attends" scande t-il au travers du groupuscule qui s'efface petit à petit. Sa poitrine se fait minuscule tant le bonheur qui l'assaille se fait intense. Depuis combien d'années n'avait il pas vu tel occasion se présenter à lui ? Depuis combien d'années se sentait-il "presque" fautif d'ignorer celle qu'il avait l'habitude de traiter avec tant d'affection ? Trop.. Beaucoup trop longtemps. Sans jamais se laisser tourmenter par une pluie de questionnements inutiles, Yoshitsune s'élance, traversant la bourgade d'une puis deux enjambées.

Observant méticuleusement cet écart fugace se réduire peu à peu, tandis que sa cadence se presse. Elle est là, tout près et nul besoin d'être senseur pour le savoir. Haletant quelque peu, puis un peu plus tant l'instant de la rencontre se fait imminent.

C'est ainsi qu'au détour d'une des ruelles berçant la sainte citadelle qu'est le village caché de la roche, anciennement Rokkusu que l'homme aperçoit celle qu'il cherche depuis maintenant si longtemps ; Sora... Tel est son nom. Emboîtant d'Hatsue, elle qui est sa génitrice, la jeune femme semble aussi frêle qu'elle l'était dans ses souvenirs heureux.

Les brimades tyranniques résonantes pulsant en son sein, martèlent l'échéance perfide de bravoures indomptées, passages éhontés de compteur à rêveurs ; courages latent ; démarche gracieuse et rythmé, l'aîné de la fratrie Nagamasa n'incarnait en cet instant que les chûtes de cantiques délaissés de ferveurs.

Désormais ces refuges ne sont plus qu'infamies tant les vacarmes ignares de villageois emplissent les sillages propice aux retrouvailles ; pour peu il en déverserait sa frustration par ses paroles habiles trempées de promesses austères.

Alors même que Yoshitsune étouffe de ses propres hantises, doigts brisés qui s'érodent au gouffre de sottises. Compagnon dévoilé, Yoshitsune ne croit pas les yeux de la jeune femme ni les esquisses de son faciès, mais ce sont les regards dont il a appris à se méfier. Sora ?

Il hésite un instant et en gage de faveur, il dévoile l’opale de ses traits et leur rousseur, apposant sa main sur son épaule.


« Attends... Sora Attends.» l'interpelle t-il, ces mêmes traits sévères reprenant le dessus, l'apparentant à Hideyoshi.
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Jeu 12 Oct 2017 - 1:37
La réunification du Clan Nagamasa touchait à sa fin, et déjà, Hatsue s'était empressée d'indiquer à sa fille d'un simple regard qu'il était temps de rentrer. Aucun ordre n'était à discuté, et Sora avait obéis à la seconde, lançant simplement un dernier regard en arrière en direction de son cousin avant de tourner définitivement les talons. Ses yeux violets étaient fixés sur le chemin qui se dessinait devant elles, et les paroles qu'elle entendait autour d'elle finirent par disparaître au fur et à mesure de ses pas qui la menaient un peu plus en direction de sa résidence. Le silence pesant de sa génitrice aidait sans mal la Nagamasa à se perdre dans ses pensées. Elle avait écouté Yoshitsune parler plus longtemps qu'il n'avait discuté avec elle depuis bien quelques années, et avoir égaré toute son attention sur le visage inquiétant de son cousin l'avait perturbé de nouveau, Sora faisant face à cette attitude qu'elle n'avait jamais pris l'habitude de voir. Le frère de Chôgen et elle s'étaient éloignés du jour au lendemain, à cause de raisons qui auraient pu au contraire souder un peu plus le lien qui les unissait. Néanmoins, ils en étaient là maintenant. Leur relation familiale était réduite à un simple coup d’œil et quelques paroles çà et là, lorsqu'ils étaient amenés à se croiser. Cependant, rien de plus. Ils étaient presque comme deux inconnus : situation différente d'il y a quelques années, lorsque l'on pouvait voir Sora le poursuivre à chacun de ses mouvements, le regard luisant d'affection, un grand sourire scotché aux lèvres.

Désormais, c'était le cœur serré et une certaine appréhension brillant dans les yeux que Sora observait son cousin. Ses pensées n'étaient même plus centrées sur le sujet auquel ils avaient été conviés à cette réunion du Clan, mais plutôt affairées à reconstruire ce visage qui avait perdu en chaleur. La jeune femme n'entendait même pas son cousin qui tentait d'attirer son attention afin de lui faire stopper sa marche, n'en prenant compte uniquement lorsqu'elle sentit une main se poser sur son épaule, son regard absent dévoilant de nouveau ce qui vivait en elle. La bouche entrouverte sous la surprise, Sora fit volte-face et ses yeux s'écarquillèrent légèrement alors qu'elle scrutait Yoshitsune. Un frisson la parcourut un instant alors qu'elle semblait presque voir la figure intimidante et imposante d'Hideyoshi. Face à son cousin, il était malheureusement impossible pour la Nagamasa de jouer la carte de l'indifférence, et l'aura qu'il dégageait ne cessait d'apeurer Sora d'une certaine manière. « Yo.. Yoshitsune-sama. Que se passe t-il ? » demanda t-elle sur un ton intrigué et surprit, son regard dévisageant son cousin. Après tant de temps passé à se fuir, un pas en avant était finalement fait.


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Jeu 12 Oct 2017 - 2:31


☆ ☆ ☆     COMME JADIS

Il l‘avait rattrapé, enfin… Mais pourquoi ? Pourquoi en de tas circonstances ? En de telles lieux ? Au final une pluie de questions s’abat sur lui. Alors son envie irrépressible de l’a prendre dans ses bras, se fait forte ; émotions et responsabilités se faisant violence dans un tumulte sans foi ni loi. Pourtant, interloqué par l'appellation dont elle fait usage, par le respect qu’elle lui témoigne, le fervent bushido retire sa main dans mouvement de hâte à la limite de la honte.

Et alors son airs misanthropes s'enlacent sans qu’il ne puisse réverbérer d'autres paroles acerbes. Alors l’azur du ciel n'a plus rien de narcotique, d’enchanteur -statère de péchés qui désormais sur ses épaules frêles. Dans ses contemplations, Yoshitsune qui force son regard semble incertain, ses organes se crispent comme lors des danses macabres, le mutisme le sonne dangereusement et le galbe qui le plombe, l’obstrue dans un sentiment de désarroi d’un impuissance face tel situation. « C'est bien toi, Sora ? J’ai bien du mal à te reconnaître. » A quoi penses-tu donc en agissant de la sorte Yoshitsune ? Bien sûr que c’est elle… Et bien évidemment qu’il le sait ce malotru. Mais les adages troubles, ce dernier est convaincus d'avoir la réflexion d’un philosophe et d’agir tel qu’il se doit.

Au fond de lui, sans doute aurait-il aimé continué à l’observer silencieusement parce qu'au moins il serait sûr de ne plus jamais l’a perdre de vue, d'être hors de l’ignorance. C’est d’ailleurs ce qui explique qu’en à peine un battement de paupière, son doux faciès ne rencontre honteusement la surface du sol. Indisposé, non pas habitué à réagir, son corps -automate d’un jour nouveau, demeure placide face aux nuisances de “l'inconnu”. Incapable d'inhaler les flagrances pourtant si familière du lieu sous le choc, l’aîné Nagamasa pressent la douleur se répandre comme la peste à l’image de ces souvenirs d'antan qui resurgissent. Ses lèvres hermétiques prohibent ainsi ses plaintes martyrs, les éclairs bleus craintif partent en quête de jades maudits. C'est vraiment dommage.

Et tandis que les sentiments jaillissent semblable aux fumées louangées, Yoshitsune tente de requinquer ses idéologies conscientes. S’efforçant alors à reprendre haleine, l'air subitement saccadé. Les affres semblables aux brûlures menaçant les larmes de couler. Alors, pour égayer tes humeurs bien trop dramatique, celui-ci pense au passé, maudit son propre sang qui est dit muse, son imagination qui lui paraît alors étrangement surréaliste. Pourtant, il demeure de plus belle stupéfié ; l'ostentation qu’il porte à la figurante n'étant là qu’affabulation, de cette colère qui le domine.

Les regards importent peu, ce dernier se sentant fulminant. La conscience encore toute abasourdie, cherchant d'une main égarée un endroit où toutes ses géhennes pourraient reposées. Il endure le temps d'un souffle, les dernières effluences de ses amertumes s'évanouissant.


« Euh... En tant que futur chef de clan, il est de mon devoir que de faire un point avec chacun de mes compagnons » répondit-il
Est-ce là, la raison de sa venue ? Non c'est même là sans doute un mensonge, mais il ne peut admettre la vérité.

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Ven 13 Oct 2017 - 2:12
Le face à face était frappant, soudain. Sora, qui s'était laissée emporter par des pensées envoûtantes, était désormais rattrapée par tout le brouhaha incessant autour d'elle alors que son attention était principalement portée sur Yoshitsune. Ce cousin si cher à ses yeux et qui, pourtant, du jour au lendemain, s'était éloigné, l'abandonnant non seulement elle, mais aussi toute expression chaleureuse et agréable sur son visage dorénavant apeurant. La jeune femme, de ses yeux si expressifs, observait un homme qui l'avait peu à peu intimidé au fur et à mesure du temps passé à se croiser, le fossé se creusant par la même occasion. Le lien qui les reliait n'était plus aussi fort qu'avant, et cela avait toujours tourmenté l'Iwajin quelque part. Elle espérait toujours que les choses changent, que tout redevienne comme avant, comme au bon vieux temps. Etait-ce trop demandé ? Est-ce que tout finirait par s'arranger ? C'était incertain. Sora ne pouvait le savoir, restant à naviguer en eaux troubles, et se réfugier dans ses souvenirs heureux passés avec Yoshitsune était le seul moyen pour elle de ne pas perdre espoir quant au retour de celui qui lui avait donné une part d'affection lorsque sa mère n'avait cessé d'être dur avec elle. L'éducation qu'elle avait donné à sa fille avait été stricte et l'était toujours autant, Hatsue donnant une tape dans le dos de la Nagamasa pour lui commander d'avoir une posture plus appropriée face au fils d'Hideyoshi qui était, qui plus est, son sensei. Sans attendre, Sora exécuta l'ordre et se fit plus droite, ayant pourtant bien du mal à se tenir ainsi face à quelqu'un qu'elle aimait particulièrement. Sa génitrice courba légèrement le dos avec respect, avant de, finalement, continuer sa route, laissant les cousins désormais seuls.

Le regard de Sora parcourait le visage de Yoshitsune, sans aucun doute à la recherche d'un signe quelconque de chaleur sur ce visage devenu bien froid, et rapidement, sa carrure droite se fissura. Elle ne pouvait rester aussi professionnelle face à ce membre du Clan Nagamasa, et fronça les sourcils en voyant l'attitude particulièrement perturbante de son cousin. Hésitante, elle ne savait pas vraiment comment agir, quoi dire, quoi faire. Durant un instant, Yoshitsune semblait dévoiler autre chose que cette face inquiétante et intimidante qu'il transportait quotidiennement avec lui, et rapidement soucieuse, presque instinctivement, la main droite de la Nagamasa s'éleva, se portant non loin de l'épaule du fils d'Hideyoshi. Même s'il était désormais son sensei, il était avant tout son cousin et s'il y avait quelque chose qui n'allait pas, en dépit des événements qui étaient venus ternir leur relation, Sora ne pouvait se résigner à l'éviter. Pourtant, elle se ravisa bien vite de terminer son geste lorsque la voix de Yoshitsune raisonna dans ses tympans.

Déception, peine. La main de la jeune femme se recroquevilla, se portant à son vêtement qu'elle attrapa entre ses doigts, le serrant fortement alors que sa mâchoire se serra elle aussi. Son cœur se crispa sous ces mots. Pendant quelques secondes, elle avait cru voir quelque chose qui se rapprochait du garçon qu'elle avait connu petite. Elle s'était alors attendu à d'autres paroles, pensant que le pas qu'il avait fait vers elle mènerait vers une discussion plus personnelle, où tout deux finiraient par se retrouver au bout du compte. Cependant, c'était semble t-il pour une raison tout à fait différente que Yoshitsune l'avait rattrapé, et l'attitude qu'il avait adopté depuis si longtemps s'était de nouveau manifesté. Cela la blessait, lui rappelant sans cesse cette sensation qu'elle avait à chaque fois qu'elle le croisait sur sa route, et elle usa de bien des forces pour ne pas laisser ses yeux s'embrumer jusqu'à libérer des larmes. Durant un instant, elle resta alors silencieuse, son regard tremblant légèrement sous la peine, hochant simplement la tête à l'annonce de son sensei. Puis, sa voix un peu enrouée raisonna finalement. « Entendu. » dit-elle, ses yeux violets soutenant difficilement ceux de son cousin. « Qu'attendez-vous de moi, sensei ? » rajouta t-elle sur un ton qui n'arrivait que peu à cacher quoique ce soit. Sora ne pouvait se comporter différemment avec Yoshitsune.


Dernière édition par Nagamasa Sora le Lun 16 Oct 2017 - 2:56, édité 1 fois
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Sam 14 Oct 2017 - 14:55


☆ ☆ ☆     COMME JADIS

“Mais qu’est-ce qui t’arrives ? Serait-ce là les émotions véritables qui se cache en toi Sora ? ” Yoshitsune semble articuler, l'impétuosité rendant sa voix alors presque râpeuse, il aurait pu se croire viril dans une autre vie cela dit, son ton oscille pathétiquement. Il connaît la vérité qui trouble en réalité ce coeur qui est sien. Rassemblant les quelques énergies restantes, il s'écarte de son reposoir, délaissant cette univers de pitié et déferle vers l'ennemi du soir, persuadé de toutes ses forces qu’il est là la bonne façon d’agir. Pourtant l’est-ce réellement ?

Les invectives furibondes sont dérisoires quand la vastité de ses œillades dénoncent les sentiments véritables à l’égard de Sora. Sa plénitude bien qu'ingrate s'oppose à ses allures présomptueuses dont joue Yoshitsune ; si il est roi, il est roi des bouffons, à esquisser des rictus plein d’hypocrisies toute plus abracadabrantes. Ainsi pense t-il que son clan le bénira, parce qu’il a le faciès tout plein de jérémiades, plein de complaintes gracile, pauvre martyr. Et bien peut-être que ce sera le cas, mais jamais plus il n’aura cette relation privilégié avec elle. Et déjà qu’il jalouse intérieurement cette intime proximité qu’elle a avec Chôgen, il n’est pas certain qu’il saurait l’accepter. Et ses bastonnades sont futiles face à ces regards acerbes qu’il forcé de lancer.

Il y'a pourtant ce ciel qui se plonge dans son regard, plus qu'orageux, sans doute aurait-il aimé qu'elle ne subisse pas cette tempête et ses tonnerres qui grondent depuis ses yeux. Typhon et autres cyclone n'empêchent pas à son autorité d'avoir des airs surréalistes, pourtant Yoshitsune tes malédictions demeurent empiriques.

Il n’est qu’une ombre déstructuré, comme les autres entités qui se dressent fièrement pour mieux embusquer. Il se dresse près d’elle et avant que son compagnon le sorte de cette réalité (qui n’est qu’un mirage de ses pensées) et épongé sa soudaine curiosité. Il reporte alors son regard sur son ami du soir, dans ces débauches qu’on ne peut voir comme un trésor saupoudré d’or dans l’oubli planifié de ces graciles cabrioles rapprochées. Aux premières paroles, elle n’avait lâché qu’une pâle exclamation, peu compréhensive de ces expressions. Mais une fois à l’intérieur, la véridicité des propos émis plante ses griffes au fond de son cœur. Illustre Yoshitsune au caractère de pure candeur.


« J’aurai voulu en savoir plus sur toi depuis le temps. Savoir qu’en est-il de tes rêves, quelles sont devenus tes ambitions ? » alors qu'il poursuit sa marche avec Sora
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Mar 17 Oct 2017 - 4:59
Sora se confrontait à elle-même désormais, pour ne laisser paraître aucun de ces ressentis qu'elle abritait sur le moment. De par ces simples mots prononcés, Yoshitsune avait balayé les espoirs naissants au sein de la Nagamasa, les réduisant en poussière d'une seconde à l'autre. La carrure imposante et intimidante de son cousin reprenait le dessus sur cette allure plus humaine qu'elle avait pu percevoir quelques instants plus tôt. A ce moment là, elle avait grandement cru qu'un fragment de l'homme qu'elle avait connu, de ce cousin dont elle avait été si proche, refaisait surface. Foutaises. La réalité n'avait pas mis bien longtemps à montrer le bout de son nez, frappant de plein fouet Sora qui tentait maintenant de contenir les larmes embrumant son regard. Partant à l'opposé de sa figure maternelle, la jeune femme faisait route aux côtés d'un homme qu'elle n'avait cessé d'admirer autant que Chôgen mais qui l'intimidait fortement à présent. Les relations qu'elle avait avec ses deux cousins étaient totalement différentes l'une de l'autre. Avec le Tsuchikage nouvellement promu, il y avait ce lien affectueux et soudé qui ne s'était jamais brisé malgré les épreuves, au contraire de cette connexion avec Yoshitsune qui s'était froissée, fissurée, presque détruite et qui désormais ne tenait que par la volonté de Sora d'un jour, retrouver son cousin adoré, ainsi que par l'affection inexprimée de son cousin qui perdurait.

Fuyant le regard de Yoshitsune, ses prunelles s'égarant plutôt sur le chemin qui se dessinait devant eux et qu'ils empruntaient tranquillement, Sora essayait tant bien que mal de renfermer son mal au plus profond d'elle-même pour ne pas montrer qu'elle venait d'être blessée. Une question vint jusqu'à elle, et la jeune femme ne mit pas plus d'un instant à donner sa réponse. Dans son esprit, et ce depuis qu'elle baignait dans les idéaux de sa famille, l'Iwajin avait toujours souhaité devenir le samouraï parfait ; celui qui, d'un simple coup d’œil impose le respect et la puissance du Clan. Celui même qui démontre également que quiconque se frotte à un Nagamasa n'aura pas la chance d'en ressortir indemne. Ce rêve, cet objectif, ce dessein, Sora courait après chaque jour, chaque minute lors de ses entraînements. Elle se donnait au maximum, repoussant toujours ses limites pour parfaire ses capacités, ses techniques, et le maniement de son katana. Travailler jusqu'à l'épuisement ne lui faisait pas peur, bien au contraire. La Nagamasa tentait d'aller toujours plus loin dans sa progression, déterminée à atteindre le niveau de ses cousins et, pour sa mère, faire sortir la branche secondaire de l'ombre.

Hastue avait toujours exprimée à sa fille son désir de grandir la lignée cousine, et s'était montré dur aussi tôt qu'elle l'avait pu avec sa progéniture. Prématurément, la sœur d'Hideyoshi avait placé sur les épaules de Sora le lourd fardeau qu'était la tâche de prouver aux autres que les secondaires pouvaient être aussi forts que les protagonistes principaux et dévorer tout l'espace qui l'éloignait de Yoshitsune et Chôgen. C'étaient là les desseins que Sora essayait jour après jour d'embrasser. « Je.. » commença la Genin d'une voix encore un peu enrouée, prenant une grande inspiration avant que son regard ne luise de détermination à travers encore quelques émotions visibles. « Je veux être digne de porter le nom des Nagamasa en devenant le samouraï irréprochable sur tout point. Celui que tout le monde admire, respecte, et qui est capable de protéger ceux qui lui sont chers. » annonça t-elle sur un ton qui se voulait aussi décidé que ce qui brillait dans ses yeux violets, ceux-ci ne se portant aucunement sur le visage de son cousin et sensei qu'elle évitait encore, intimidée et blessée. Elle ne parlerait pas de la pression quotidienne qu'elle subissait par sa mère, car Yoshitsune s'en doutait peut-être déjà et même dans le cas contraire, cela n'avait pas vraiment d'importance. Les Nagamasa avaient une image à tenir, à grandir toujours plus, et c'était ce que Sora ferait.

« Rien ne me découragera, Yoshitsune-sensei. » On pourrait lui dire d'abandonner, la traiter d'incapable, lui dire que sa progression était décevante comme le lui avait dis sa mère, Sora ne baisserait pas les bras. Dévouée à ce rang qui lui était destiné, portant le fardeau d'une tâche confiée par une femme avide de notoriété, la Nagamasa atteindrait son but coûte que coûte.
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Mer 18 Oct 2017 - 8:18


☆ ☆ ☆     COMME JADIS



Sans jamais s'en rendre réellement compte, Yoshitsune avait-il tant changé que cela ? Ne laissant plus que derrière lui le sillage d'un visage apaisant ? Les vestiges de mémoires plus agréables qu'à l'accoutumée ? Lui ne s'en était jamais rendu compte. N'ayant la accompli que le seul devoir qu'est celui de son cœur, qu'en tant que fier fils du Fer, il ne peut désormais plus renier. Et c'est peut-être parmi les méandres de cette vérité muette que réside l'ombre d'une relation éternelle et fluette. Car il est chose vrai quand sur son visage qu'il connaît si bien, Yoshitsune reconnaît la de sombres ressentiment qu'il aurait souhaité balayé d'un mièvre sourire enjôleur. Mais surtout maintenant, surtout avec les meurtre de Shiro et Koga... L'éternel samouraï ne pouvait plus se permettre d'aimer. Le destin déciderait aussitôt de s'en repaitre et ça il ne saurait le tolérer. Pourquoi ? Parce qu'il est en réalité "Amour", il aime cette facette aimante de la jeune bushido qui l'accompagne ; parce qu'il se remémore peu à peu le panel déchirant de souvenirs qui bercent tant son existence que celle de Sora.
Ces balades en forêt ; cette infime air qui résonne encore dans sa tête ; chanson dont il se souvient comme si l'aube n'eut jamais connu crépuscule depuis lors, myriades d'images aussi fidèles que celle du triste recueil froid qui dort près du feu ; ces journées de chasse dans les gargantuesques ergs enneigées, montagne qui couronnent la nation du fer...

Destins Entremêlés, Futur co-dépendant.

Alors quand il voit ces deux cœurs tant étrangers l'un à l'autre, il sent sa poitrine qui se tord mais demeure fort. Pour lui, qui prétend aimer comme il n'est plus permis et pour elle, qu'il chérit à l'image de ce propre sang qui virevolte en lui. Pour l'homme qui se tenait à la poupe du cortège, la situation pesant comme un rocher sur les épaules de Yoshitsune. Était-ce possible d'être si double ? Certainement dû à la complexité du coeur humain, organe qui est sien.

En cet instant, il aurait aimé être conversationniste et songea à Chogen qui avait toujours eu l’art naturel de tisser par ses mots, des fils rouges entre lui et le monde. Il songea à la richesse de ses plaisanteries, ses calembours, ses tirades enflammées et exhortations emphatiques que son esprit cultivait en abondance ; autant de secrets étrangers à Yoshitsune, qui ne trouvait dans sa gorge à lui, qu’une sècheresse aride pour une maigre récolte de mots secs et bourrus. Et en bon homme de strict nécessaire il ne semait pas en largesse mais en vérités inavouées.

Alors, content de ne pas l’importuner, Il hocha simplement la tête par deux fois en fixant ses beaux yeux clairs. Il pensa à un ciel, fragile d’une chaste pâleur, et aux rêves qui en parcouraient les horizons immobiles. Au rêve de Sora qui paraissait toujours aussi beau et cela même apres la pluralité des années qui s'effacent. Une déclaration basse lui échappa.


« Il est rare d'observer une rose couverte d’épines lacérantes se camoufler parmi les sommiers de Sodome. » répondit-il


Yoshitsune continua de l’observer, troublé comme toujours, par l’étrange familiarité qu’elle lui faisait éprouver. C’était une sensation bizarre que d’avoir l’impression de la connaître de cœur après tant d'années passées, de la connaître comme s’ils étaient toijours pétris dans la même glaise ou forgés à partir du même métal. Alors trop inquisiteur, il ne pouvait-être avec Sora, comme il était d’ordinaire. Il ne se repliait pas profondément en lui-même et déployait plutôt ses mots, ses phrases, comme un aigle ses ailes. Seulement n’était-il pas habitué à ce ciel, lui dont les pieds ne quittaient presque jamais le solide plancher. Alors il s’ébrouait dans l’azur trop brillant, cet océan de malaise, avec une maladresse qui lui paraissait infini pour communiquer des rachitiques tendresses et affections. Il n’était pas habitué à être d’avantage qu’un militaire abrupt.

Il apposa alors sans jamais savoir pourquoi sa main sur le crâne de Sora.



« Je compte sur toi ma précieuse Sora. » répondit-il
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Sam 21 Oct 2017 - 16:26
La présence de Yoshitsune à ses côtés était rare, exceptionnelle, maintenant que le lien qui les unissait tout deux s'était presque brisé. Sora n'avait toujours pas pris la douloureuse habitude de le voir si distant et si loin d'elle, hors de sa portée. Le voir ainsi, aussi près, était néanmoins presque nouveau à ses yeux. Son cœur était serré, les paroles du futur chef du Clan raisonnant comme un écho dans son esprit habité par la détermination qu'elle avait à vouloir atteindre ses objectifs. La carrure imposante de son cousin, et qui l'apeurait également, écrasait la stature plus frêle et enfantine que Sora transportait avec elle à chaque fois qu'elle se trouvait positionnée à côté d'un homme ou d'une femme avec beaucoup plus de prestance et de puissance. Elle était si petite en comparaison à bien d'autres ninjas, mais elle était surtout trop inférieure face à ses deux cousins avec sa force, ainsi qu'avec son avancée encore trop éloignée de celle réalisée par le Tsuchikage et son bras-droit, pour sortir de l'ombre et enfin, marcher aux côtés de Yoshitsune et Chôgen.

Pourtant, malgré tout le parcours qui l'attendait, Sora avait assurée à son cousin que rien ne la découragerait, et elle entendait bien démontrer que ses paroles n'étaient pas sans vie. La fille d'Hatsue était une Nagamasa, et malgré toutes les paroles blessantes que l'on pourrait prononcer à son égard, lui mettre des bâtons dans les roues ou toute autre chose, la jeune femme continuerait d'avancer, pas à pas, se relèverait à chaque fois et finirait par brandir avec fierté ce rêve qu'elle poursuivait depuis bien longtemps. Elle deviendrait toujours plus digne de porter ce nom qui se révélait lourd à soutenir sur ses épaules et continuerait d'y mettre toute son énergie. Sora espérait obtenir un jour le rang tant désiré du samouraï parfait, mais elle était au fond envieuse également d'observer un respect total de la part de cet homme qui s'élançait avec une élégance certaine dans l'allée qu'ils empruntaient. Car en vérité, l'Iwajin n'avait plus la possibilité de lire quoique ce soit sur le visage et les expressions de Yoshitsune à son égard. Il était devenu si fermé en comparaison d'antan, et le temps écoulé à ne plus s'adresser que des regards avait peut-être terni les pensées de son cousin envers elle. Sora n'en avait aucune idée, et présentement, ses violettes pupilles n'avaient aucunement l'intention de s'égarer sur le faciès du futur chef du Clan.

Elle sentait néanmoins le regard de celui-ci posé sur elle et tentait de garder cette détermination visible sur son visage et dans son attitude. Au fond, elle ne voulait pas le décevoir lui non plus. L'amour qu'elle éprouvait pour ce membre si cher de sa famille et qui s'était laissé immergé par l'obscurité était bel et bien présent, ruisselant dans son cœur, aussi intensément qu'avant. Au même titre que sa génitrice, Sora souhaitait que son sensei puisse être fier de ses prouesses et de sa progression. Voir un sourire, un signe quelconque d'affection ou de félicitations de la part de Yoshistune à son égard la rendrait heureuse, pour sûr. Cependant, il n'en était rien pour le moment. Tout deux restaient de leur côté, et le pas de son cousin envers elle lui avait fait espérer un court instant que les choses pourraient s'arranger. Malheureusement, ce moment où elle l'avait senti de nouveau proche d'elle s'était bien vite envolé pour laisser place au devoir de Yoshitsune en tant que futur chef des Nagamasa.

Plongée dans ces pensées entremêlées, Sora n'avait pas entendu les premières paroles du Bras droit de Chôgen, revenant une nouvelle fois à la réalité lorsqu'elle sentit un contact établi entre lui et elle, la main de Yoshitsune se plaçant sur le haut de sa courte chevelure ébène. Son cœur bondit dans sa cage thoracique sous la surprise et le trouble que lui procurait ce geste. Cette attention s'était envolée au fur et à mesure du temps, de la même manière que s'était noyé leur lien familial auparavant très soudé. Elle n'avait pas senti la main de son cousin dans ses cheveux depuis si longtemps que ceux-ci s'hérissaient légèrement. Yoshitsune changeait de nouveau d'attitude, optant pour une raison qui lui était encore mystérieuse un mouvement affectueux qu'il n'avait plus répété aussi souvent qu'elle l'aurait souhaité, ainsi que des paroles qui la laissèrent sans voix durant un instant. Dans ces mots, Sora pensait percevoir une certaine confiance de son sensei quant à cet objectif qu'elle tentait d'approcher chaque jour un peu plus, et cela vint réchauffer son cœur meurtri par une relation ternie et que le temps n'enjolivait pas. Était-il au moins véritablement sincère avec elle ? La porterait-il jusqu'à ce rêve qu'elle poursuivait avec ardeur ? « Est-ce que... » commença Sora avant d'oser enfin lever son regard vers cet homme qui l'intimidait grandement, et qu'elle admirait tout autant. Ses yeux tentaient désormais de plonger dans ceux de son cousin, à la recherche de réponses, de ressentis qu'elle pourrait percevoir. « Est-ce que vous pensez que j'y arriverais, Yoshistune-sensei ? » demanda t-elle avec curiosité et une certaine appréhension aussi, de faire face à un nouveau changement d'attitude de son cousin. Elle ne savait pas vraiment sur quel pied danser avec lui présentement, à l'inverse du Shodaime Tsuchikage avec qui la bonne entente ne s'était jamais éteinte. Et ces mots qu'il avait prononcé dernièrement raisonnaient en boucle dans son esprit. Ma précieuse Sora. Des mots affectueux et touchants qu'elle n'avait pas laissé filé dans les méandres de son esprit, ceux-ci lui apportant une chaleur dont elle avait longtemps été privée.

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Merci Yoshi' ♡

Spoiler:
 
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Dim 22 Oct 2017 - 23:20


☆ ☆ ☆     COMME JADIS



Les mots de Yoshitsune sont à l’égal à de fines lames acérées, tant ils écorchent les commissures des lèvres de Sora de sourires importuns, qui tailladent sa peau laiteuse de fossettes esseulés, dessinant de minces ridules au coin de ses yeux. Événement très peu commun quand on sait depuis combien de temps l’aube d’une discussion bancale n’a pas traversé l’aube de leur pensée. Mais désormais Yoshitsune est là, prêt à se repentir de son comportement passé ; il est là prêt à fournir des explications quant à son comportement distant vis à vis d’elle. Mais tandis qu’elle en souffre, lui se revoit déambuler la peur lui dévorant les tripes. Il revoit Hideyoshi le tétanisé, vil tyran, voleur d’espoir désabusés ; comme en transe il entend encore et encore ses mots qui tambourine en lui. Pourtant il l’a regarde sans jamais l’a laissé se douter de quoi que ce soit, se contentant de lui sourire simplement. Pourquoi ?

Parce qu’on dit que les sourires sont miroir de l’âme, exultant de vérité chez certains paraîtrait-il, les siens, eux, peinent à dissimuler les revendications de sa chair. Ils hurlent des supplications silencieuses, professent des inclinations inassouvies. Ils le trahissent et saccadent les battements de son cœur à mesure qu’ils lorgnent, las, les traits anguleux de la jeune samouraï. Se sentant comme impuissant, victime d’une triste hérésie, le Wagashira s’interroge quant à la véracité des propos qu’il pourrait énoncer.

« Est-ce que je pense que tu y arrivera ? », découlant d’entre ses lèvres charnues les mots sonnent songeurs, ou tout du moins, le sens qu’il leur y prête. Il n’a pas besoin d’entrouvrir les lèvres pour qu’elle ne décèle ses intentions, son regard en dit long et les veines qui tressaillent contre ses temps et le long de son cou ne font que corroborer ses intuitions. Mais ce soir, feindre l’ignorance l’amuse moins qu’à l’accoutumé. « Toi et moi sommes héritier de sang guerrier qui coule dans nos veines », alors il se prête au jeu de l’axiome, bien qu’ayant conscience des préjudices encourus. Ce n’est pas un amusement comme un autre, loin de là. C’est un manège savamment orchestré, une traque dont il a accepté, sans état d’âme, d’être le gibier.

« Pourquoi cet air si inquiet ? », un sourire carnassier s'étire sur ses lèvres avant qu’il n’éclate soudainement de rire satisfait et enjoué. « Si moi et Chogen avons réussi a en arriver là où nous en sommes », il marque une pause, indiquant du coin de l’oeil leurs hiérarchie par-delà les ombres qui s’agitent dans les rues ; il rapproche son visage du sien et susurre, d’une voix minuscule, « … tu devrais être capable d’en faire autant, si ce n’est de dépasser Hatsue cette arriéré. », tel un couperet, quelques mots qui démangent le bout de ses lèvres, au risque de consumer les yeux du jeune oisillon d’un ardent brasier. « Après tout... », son regard outrecuidant plongé dans le sien, il termine,« Tout comme moi tu es une Nagamasa. »
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Sam 28 Oct 2017 - 3:11
Sora ne s'était pas attendu à sentir cette main sur le haut de son crâne, ces doigts désormais mêlés à sa chevelure sombre. Ce geste pourtant si anodin pour beaucoup et autrefois pour elle s'était transformé en quelque chose de rare, d'inexistant même, depuis que Yoshitsune et elle s'étaient éloigné. Cette chaleur qu'elle pouvait sentir lui était devenue presque étrangère au fur et à mesure du temps passé, mais elle lui faisait du bien. Beaucoup de bien. Son cœur blessé à la vue de cet homme qui s'était montré si froid et qu'elle aimait pourtant profondément semblait se régénérer un peu alors que la jeune femme souhaitait que cette main reste sur ses cheveux encore quelques instants. Aujourd'hui, les fragments d'une affection oubliée et enfouie entre Yoshitsune et Sora semblaient refaire surface alors que, pendant un long et douloureux moment aux yeux de la Genin, le futur chef du Clan avait creusé un fossé entre eux deux, brisant peu à peu ce lien familial si fort qui les reliait. Il avait abandonné tout signe d'amour envers une cousine qui avait toujours espéré quelque chose, et voilà qu'en ce jour pourtant si habituel au départ, le frère de Chôgen montrait une facette qu'elle n'avait pas perçu depuis tant de temps. C'était curieux, troublant, émouvant mais agréable, et comme à la recherche de réponses quant à l'attitude et les mots de son cousin, les yeux violets de Sora étaient maintenant plongés dans les pupilles de Yoshitsune. Osant affronter cette intimidation qu'elle ressentait désormais sans cesse lorsqu'elle croisait la route de cet homme après lequel elle avait couru étant petite, la Nagamasa tentait de lire à travers ce regard qu'elle avait esquivé quotidiennement. La soutenait-il vraiment dans ce qu'elle souhaitait entreprendre ? Que l'effort soit de taille ; que la pente soit difficile à gravir ; que les obstacles soient hauts et compliqués à franchir, la jeune femme était bien décidée à se surpasser et surmonter tout ça pour parvenir à ce but si précieux qu'elle tentait d'approcher chaque jour un peu plus. Mais qu'en pensait vraiment Yoshitsune ? Avec appréhension mais impatience aussi, elle attendait la réponse.

Une réponse qui ne tarda pas à venir, la voix de son cousin raisonnant une nouvelle fois jusqu'à ses oreilles. Sora secoua doucement la tête de gauche à droite à la question du bras droit de Chôgen, évitant pour le moment de répondre. Yoshitsune était à l'origine de cette mine qu'elle arborait depuis quelques instants maintenant, mais la Nagamasa ne souhaitait pas le lui avouer. Au fond, elle avait peur d'entendre des mots qui la blesseraient. Loin derrière ses cousins devenus si grands, si puissants, Sora était effrayée à l'idée que Yoshitsune n'ait pas confiance en ses capacités évoluant lentement malgré le nom du Clan qu'ils portaient tout deux et le fait qu'elle s'entraînait dur chaque jour. Pourtant, ces peurs n'avaient pas à la tourmenter. Le rire de Yoshitsune raisonna, troublant toujours plus la Genin qui sentit ses yeux s'embrumer de nouveau sous ce faciès chaleureux et avenant qu'elle voyait devant elle et qui lui avait tant manqué. Mais pour combien de temps encore ? Yoshitsune avait déjà changé d'attitude après tout. Est-ce que ce visage qu'elle avait désespérément cherché à voir depuis cette distance installée s'envolerait une fois encore ? Sora n'en avait pas envie et profitait de ce qu'elle pouvait observer. Rien qu'un instant. Rien qu'un moment.

Elle écoutait cependant avec attention les paroles de son sensei, et chaque mot semblait lui donner progressivement un peu plus de force et de détermination. Son cœur se nourrissait de ces encouragements inattendus pour se réchauffer, et la Nagamasa entendait son sang battre dans ses tempes alors que son visage était désormais un peu plus à proximité de son cousin. Un fin sourire réussit finalement à se dessiner sur ses lèvres lorsqu'il fit allusion à ce Clan qui les reliait tout les deux. Nagamasa. Yoshitsune était digne de porter ce nom pourtant lourd à soutenir au quotidien, et s'il avait réussi à faire partie des meilleurs, Sora n'échouerait pas non plus. Admirant Chôgen et son frère depuis toujours, les mots du bras droit du Tsuchikage la poussaient davantage à se donner au maximum. Elle y arriverait, et ces précieuses paroles raisonnant dans son esprit troublé mais heureux de retrouver une parcelle de ce que fut autrefois son cousin, Sora hocha doucement la tête, sa main serrée contre son vêtement se resserrant un peu plus. Son regard reflétait bien des émotions qu'elle n'arrivait pas à cacher face au fils d'Hideyoshi. « Je ne vous décevrai pas, Yoshitsune-sensei ! » réussit-elle à dire d'une voix un peu enrouée mais qui raisonnait déterminée. Coûte que coûte, Sora gravirait les échelons et montrerait aussi bien à sa mère qu'aux autres qu'elle était digne d'être une Nagamasa, devenant le samouraï irréprochable et respecté de tous. La route serait longue, certes, mais chaque jour, la jeune femme se remémorerait les mots de ses cousins pour, peu à peu, avancer et s'élever au même rang que ceux dont elle admirait la force. « Merci. » murmura t-elle, sa carrure enfantine s'approchant un peu de celle imposante de Yoshitsune. L'envie de retrouver ces étreintes perdues la démangeait au plus profond de son cœur mais, finalement, Sora s'y résigna, son mince sourire disparaissant rapidement. Elle ne savait pas sur quel pied danser avec lui. Elle avait peur qu'il change de nouveau, et recula d'un pas, tentant d'occuper son esprit sur autre chose pour ne pas succomber à son chagrin naissant. Des pensées amères qui la menèrent vers une nouvelle source de curiosité. La route serait épuisante pour parvenir à son dessein, mais Sora tiendrait bon, et ne ferait pas le chemin toute seule. Prochainement membre d'une équipe avec deux autres Iwajins, Sora n'avait pourtant aucune idée de qui ils étaient et ne put s'empêcher de poser la question, secouant discrètement la tête pour chasser ce chagrin persistant. « puis-je savoir qui sera à nos côtés ? » demanda Sora, intriguée, ses violettes pupilles fuyant de nouveau celles de l'intimidant Yamagenzô, cherchant désormais un point à observer.

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Dim 19 Nov 2017 - 20:47


☆ ☆ ☆     COMME JADIS



« Ton compagnon sera Shoda, un garçon que j’ai eu le bonheur d’éléver. Vois-le comme un frère. »

Son odeur de feutrine propre, parfum de lessive et de sève, sa délicatesse abîmée, comme une tendresse écorchée par la vie elle-même, c'est tout ce que Yoshitsune perçoit de Sora. Et les intonations presque déférentes de sa jeune voix, basse sans être lugubre, vive sans se montrer immature. Pourtant, cette jeune femme qu’il adore lui demeure presque inconnu ; seule son enveloppe se fait palpable, quantifiable – sa texture est un mystère. Mais si l’aîné lui témoigne assez de confiance pour lui permettre d'approcher, pour lui offrir ces sensations propre à son coeur ; celles qui compte le plus à ses mains, la raison tient justement à ce que cet organe qui pulse en son sein ne cesse de vanter les mérites de celle-ci, Sora quelque peu ordinaire, patiente autant qu'elle peut l'être à son égard, et dont l'attention se justifie moins par son génie que par sa nature profonde – d'après elle. Yoshitsune, lui, n'est pas vraiment d'avis de l’a croire. Il l’a connaît virtuose, ingénieuse et surtout talentueuse. Il l’a sait capable de gravir des montagnes et de devenir un ninja aussi qualifié si ce n’est plus que Chogen. Lui ? Non, il a bien trop d’égo pour oser un jour lui annoncer qu’elle lui est déjà supérieure en bien des points. Lui qui sent la fragrance de savon, le velours d'une gestuelle qui prend toujours garde à ne pas trop s'imposer, le sucré d'une jeunesse maladroite, et cela lui suffit.

Il se laisse donc entraîné dans cette marche, l‘a suit pas à pas, une marche après l'autre, avec précaution du bout de ses getas qui cognent l’asphalte, ne relâchant nul indice dépréciateur sur la fatigue qui depuis longtemps s'est emparée de ses muscles.

Et pendant tout le chemin il se demande ce que Sora peut ressentir en le voyant après une longue absence. Ce n'était pas quelque chose d'exceptionnel : il le faisait souvent, à tant de reprises que cela lui était devenu naturel. Il ne le faisait pas qu'avec elle: il lui était devenu très facile de s'interroger sur la réaction de n'importe qui, à condition qu'il s'intéressât un minimum à la personne. Avec Sora, c'était cependant différent : c'était l’une des seule personne avec laquelle il se sentait vraiment concerné. Il avait des frères et des sœurs, mais qu’il avait entrevu grandir ; elle, non. Du moins, c'était le cas avant. Et toujours il avait imaginé que Sora serait soulagé de le voir plus désormais. Au lieu de cela, il lisait d'autres émotions qu'il avait du mal à décrypter. Peut-être y avait-il un brin d'indifférence, mais elle pouvait alors être affectée. Il y avait probablement de la détresse, et elle venait de sa présence. Du fait que Sora était là, alors qu'il ne devait pas l'être. Et sa colère était si grande, elle était peut-être méritée ; pourtant Yoshitsune n'arrivait pas à en déterminer l'origine. Si elle était dirigée contre lui, qu'avait-il donc fait, à part ne pas être là ?

Il détestait cette différence qui lui rappelait à quel point il n'était qu'un homme. (Il ne pouvait pas tout faire.)

Au fond de son iris scintille un éclat que Yoshitsune décèle dans son appel :


« Y’a t-il des choses que tu as à me reprocher Sora ? Ton regard je le sens fuyant depuis tout à l’heure. »


Avec cette labiale toute traditionnelle dans la syllabe finale du prénom – roulé imprononçable à ses origines du fer – qui donnerait presque l'impression qu'il s'adresse à quelqu’un auquel il tien.

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Sam 2 Déc 2017 - 17:18
Les pas des deux Nagamasa raisonnaient dans la ruelle empruntée, leur silhouette s'éloignant un peu plus du lieu où la réunion avait pris vie. Sora était à côté d'un homme qu'elle n'arrivait pas à regarder dans les yeux pour le moment, trop perturbée par des pensées qui la blessaient, la fouettant de plein fouet malgré les mots encourageants et bienfaisants de son sensei. De ce qu'elle pouvait entendre, Yoshitsune avait élevé quelqu'un comme un membre de leur Clan. Un garçon qui serait désormais son équipier, et avec qui elle pourrait faire connaissance lorsque viendrait le jour où le groupe se rassemblerait pour travailler ensemble et gravir les échelons au fur et à mesure du temps. Cependant, la jeune femme avait du mal à comprendre. Son cœur se serra davantage, se rapprochant de l'implosion tandis que chaque battement était désagréable. Elle tentait de trouver réponses à sa question afin de lever ce mal qui la rongeait, la dévorait. Aucune ne lui venait. Aucune ne semblait la satisfaire, et la Genin continuait de voguer en eaux troubles, à la recherche d'une quelconque lumière qui l'aiguillerait vers une zone plus claire où l'épais brouillard se retirerait. En vain. Elle était perdue dans une incompréhension, et se contenta d'hocher la tête, doucement, continuant d'égarer ses prunelles sur l'environnement qui l'entourait plutôt que sur le visage de son cousin qui, malgré ce qu'elle pouvait laisser paraître, lui manquait terriblement.

Cette envie de lui exprimer tout ce qu'elle ressentait ne cessait de grandir dans son être, froissée cependant par le béant fossé qui s'était creusé au fil du temps entre eux deux. Sora avait vécu bien trop longtemps loin de Yoshitsune, ne lui adressant que quelques regards et de brèves salutations. Si leur nom ne les reliait pas à chaque fois, peut-être se seraient-ils véritablement perdus ? L'apprentie samouraï, face à cette discussion inattendue et pourtant si espérée, était rattrapée par tant de souvenirs, tant d'événements plus ou moins beaux, plus ou moins attristants. Bien des ressentis traversaient son esprit, mais celui qui, finalement, s'imposa face aux autres, fut l'incompréhension. Pourquoi avait-il pris soin de Shoda sans daigner lui démontrer à elle qu'il était toujours là ? Pourquoi ne s'étaient-ils pas retrouvés plus tôt ? Tandis que Shoda avait reçu l'attention du chef des Yamagenzo, Sora en avait été privé et cela, elle ne le comprenait pas, ses pas commençant à se faire plus lents. Elle avait mal, commençait à fléchir face à tout ce qui pesait sur ses épaules. Comme un boulet enchaîné à la cheville d'un prisonnier, la samouraï vivait avec un mal quotidien, plus ou moins fort. Elle ne savait pas quoi faire, ni quoi dire. Elle voulait qu'il l'éclaire, et qu'ils puissent s'expliquer. Partagée entre colère, chagrin et frustration, la Nagamasa ne savait pas par où commencer, et quelque part en son sein résidait la culpabilité de ne pas avoir osé renouer les liens forts qu'ils avaient possédé auparavant. Tôt ou tard, il lui faudrait résoudre ce lien qui l'avait profondément atteinte, et peut-être que ce jour était le moment venu pour se libérer de cette noirceur qui l'avait tant envahie.

Ainsi, sa marche s'arrêta d'un coup, tandis que sa main libre attrapa la manche de son cousin, l'obligeant à faire volte face. Son visage s'abaissa un instant sur sa main refermée sur son vêtement. « Je suis désolée, Yoshitsune-kun. Je ne comprends pas. » Elle n'était plus face à son senseï, ni face à un supérieur quelconque, mais bien devant son cousin, membre de son clan et si précieux à ses yeux. Sa tête se releva ensuite, dévoilant une mine métamorphosée. Peine, mécontentement et trouble se mélangeaient dans ses beaux yeux tout comme sur son visage. « Tu élèves quelqu'un sans même faire attention à ceux que tu as laissé de côté. Tu prends soin de cette même personne en oubliant ceux qui ont chaque jour espéré être chéri de la même façon. J'ai toujours été effrayé à l'idée que nous restions éloignés jusqu'à la fin, et je me reproche de ne pas avoir osé prendre les choses en mains. Mais qu'en est-il de toi ? » demanda t-elle, une larme finissant par parcourir sa joue. D'un vif geste du revers de la main, la jeune femme effaça toute trace de perle salée. Son regard restait fixé sur le visage de Yoshitsune, ne le fuyant plus à présent qu'elle avait exposé ses sentiments. Désormais, son cœur battait à vive allure dans sa poitrine. Elle avait peur. Peur que cette discussion ne mène à rien, et que souvenirs du passé restent le seul moyen de se rappeler de cet homme qu'elle aimait et qui lui avait donné affection et conseils.

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Comme au bon vieux temps [PV Sora]

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