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[Intrigue / Sécession] Les vents du départ.


Ven 13 Oct 2017 - 21:02
HRP : Ceci est le sujet lié à cette intrigue.

Le vent du départ gonflait les voiles du voyage, alors que le jeune samouraï faisait face à l’océan. Son « mercenaire » au sein du bateau, accompagné de sa meilleure amie, le jeune homme ne savait plus vraiment à quoi s’attendre. Une seule chose était sûre désormais : Kiri allait bientôt être derrière lui et certains de ses alliés. Le ciel crépusculaire les berçait dans une lumière agonisante comme s’il était lui-même annonciateur d’un nouveau chapitre dans sa vie et de celles de bien d’autres. Je sais que c’est pas le moment de douter de nos motivations, mais j’espère que nous ne serons pas seul. Il soupira avant se remettre le sabre à sa ceinture et de faire face à ceux qui s’annonçaient au loin.

C’était l’heure et le jeune homme inspira un grand coup pour maîtriser son stress. Il n’avait pas réellement l’habitude ce genre de mondanités et de discours, mais il fallait bien pour autant qu’il y procède. Je ferais court. Je ne reconnais plus le mizukage et ses décisions. Ni la nomination de Nagu, un étranger au clan des Kaguya, ni la mise au ban des Yuki. Yuki Sôsuke est en train d’imposer son règne et sa paix ne concernera que ceux qui lui obéissent. J’ai rejoint Kiri à une époque où les clans s’entendaient, mais désormais, l’alliance si elle demeure aujourd’hui, ne sera pas instrumentalisé au nom de la paix de Kiri, mais au profit des ambitions du Mizukage. Il prit une pause avant de regarder vers Eiichiro et d’ajouter : Celui-ci accuse notamment le chef des Yuki de bloquer sa politique injustement. La réalité est qu’il ne rassemble pas : il écrase tous ceux qui ne le soutiennent pas en les menaçant d’exil ou de bannissement. La vérité est qu'il n'est pas cet emblème fédérateur qu'il nous faisait miroiter et que Kiri est en droit d'attendre. Ce faux dirigeant n'a de Mizukage que le nom que les politiques lui ont donné et ne nous offre aucune chance de paix ; ce n'est qu'un inconnu tout juste bon à déclamer ses bonnes intentions et à mordre ceux lui faisant offense. Il dégaina son sabre qu’il pointa par-delà les océans avant d’ajouter : Que ceux qui cherchent la véritable paix me suivent à la recherche de celle-ci dans des contrées où il fera meilleur vivre que sous l’autorité du deuxième tyran de Kiri.

Puis, rangeant son sabre dans un geste propre et assuré, le jeune homme grimpa sur le bateau et alla voir son capitaine pour lui signifier : Une fois qu’ils ont fini d’embarquer… Nous levons l’encre. C’était donc le deuxième mizukage qu’il rejetait, désormais. A croire que cela était annoncé depuis le début qu’il était arrivé comme inconnu parmi ces clans qui n’étaient bon qu’à se regarder et se nuire mutuellement. Non, Kiri l’avait lui aussi déçu et il n’avait plus d’espoir pour les clans de ce pays. Tout avait changé depuis son arrivée là-bas : un daimyo que personne ne connait, un mizukage lui aussi inconnu… Il se demandait vers quoi se dirigeait cette contrée… Mais il avait déjà accepté le fait qu’il n’était plus un ninja de la brume. Et ce, depuis cette menace de bannissement. Il laissait ce pays et à ceux qui voulaient bien y demeurer, en espérant qu’ils sauraient, dans leurs alliance, en faire une nation de paix et de prospérité. Mais l’honneur des habitants de cette terre et de nombreux individus qui l’avaient défendu étaient entachés par un surplus de manœuvre qui était aujourd’hui à l’origine de ce départ.

Il avait ouvert une voie et il se dirigeait désormais vers l’inconnu, à destination de son pays. Il ne se reconnaissait pas vraiment, dans cette posture où cette fois-ci, il instillait un mouvement auprès des autres. Peu habitué à commander, il cherchait au fond de lui-même ce qui l’avait amené ici. Mais au final, peu importait. Désormais, les raisons comptaient peux. Le principal était pour lui d’emmener ces gens vers une terre de paix où les luttes intestines n’étoufferaient pas les rêves et la fierté de ses habitants…


Dernière édition par Hoshino Watari le Ven 13 Oct 2017 - 21:06, édité 2 fois
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Ven 13 Oct 2017 - 21:04
Une nuit, une seule, pour changer le cours d’une existence. Cette nuit était probablement la plus décisive de l’existence de Tsukiyomi. Celle qui déterminerait son choix, entre la loyauté vis à vis d’une fausse famille qui l'enfermait, et la liberté dotée d’un prix douloureux. Ce choix était déjà fait depuis quelques heures déjà, mais le point de non retour n'était pas encore atteint. Il le serait lorsqu’elle mettrait le pied sur le bateau, accompagnant de fait ses amis, et quelques inconnus aux dilemmes similaires. Tout quitter d’un village dont elle avait construit les fondements au même titre que l’instigateur de ce mouvement.

A l’image de celui qui le prononçait, le discours de Watari fut simple. Pas de fioritures, pas d'excès, simplement l'honnêteté. Il n’avait jamais fait dans l'esbroufe et c'était probablement ce qui donnait une telle sincérité a ces mots. Il formulait avec exactitude la plupart des raisons qu’un Kirijin aussi engagé dans l’histoire du village pouvait avoir de quitter l’oeuvre de sa vie. Tsukiyomi, elle, avait bien d’autres raisons au delà de ce que son ami avait vécu de partir. Un renouveau, en somme. Elle ne dit mot, lorsque son discours se termina. Elle jeta un oeil à l’assistance, baissa les yeux et suivit sans plus attendre le samouraï sur le bateau. Elle voyageait léger, ses possessions étaient peu de choses et tres attachees au clan Kaguya qu’elle quittait le coeur meurtri. Il lui faudrait sans doute beaucoup de temps pour assimiler un tel choix et ne plus en souffrir mais sa raison lui dictait de le faire. C'était pour le mieux.

La jeune femme échangea un regard furtif avec Watari et s'éloigna de tout, et de tout le monde. Elle préférait regarder le large, ne pas se retourner jusqu'à ce qu’ils soient partis. Qui sait combien de temps elle parviendrait à tenir, à n'écouter que sa raison et taire ses sentiments ? Impossible de le savoir et, à défaut, il valait mieux s'épargner tout risque a ce niveau. Le regard dans le vide, elle inspira profondément. Elle souriait. Avec un peu de chance, et du temps, beaucoup de temps, ce sourire deviendrait sincère. Mais pour le moment, il fallait feindre le positif avant qu’il ne se manifeste. Car elle songeait aux quelques détails qui auraient pu lui donner de l’espoir pour sa situation, qui l’auraient convaincue de rester … Et en fin de compte, que signifiait ce départ ? N'était-ce pas la preuve qu’elle n'était pas digne de confiance ? Que faisait-elle des siens ? Et de tous les espoirs qu’elle avait récemment dans le changement qu’elle pouvait apporter avec son tuteur maintenant chef ?

Son regard se posa sur ses compagnons de route qui montaient sur le bateau. Elle avait le coeur brisé à l'idée de ce qu’elle allait faire mais elle ne pouvait y échapper. Elle baissa les yeux et, discrètement, profitant de l’inattention des autres qui s’occupaient de l’embarquement, elle quitta le bateau sans un mot. Aussi égoïste que cela puisse paraître, elle espérait que son départ passerait inaperçu. Tsukiyomi devrait vivre avec cette trahison, et les larmes sur ses joues témoignait déjà de la détresse qui l’habitait alors qu’elle écoutait son amour de Kiri et son devoir de Kaguya.


Dernière édition par Kaguya Tsukiyomi le Jeu 19 Oct 2017 - 12:36, édité 1 fois
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Ven 13 Oct 2017 - 21:19
Elle n’avait aucune attache pour ce village. A la grande limite, la jeune samouraï avait su développer une réelle affection pour le dojo que son cousin avait bâti. Déjà car Eirin admirait le courage dont il avait fait preuve en quittant leurs terres de naissance, mais en plus en voyant tant d’élèves, elle s’était laissée le luxe d’imaginer sa vie ici, à Kiri.

Puis les jours passant avaient su lui démontrer le visage sombre du Pays de l’Eau, un village comme embourbé dans une eau stagnante de vices et de violences. La jeune femme avait su faire quelques rencontres intéressantes, comme quoi les ninjas ne semblaient pas tous méprisables. Enfin, quelques âmes découvertes ne suffisaient pas face au futur départ de son cousin, d’autant plus que celui-ci lui avait clairement fait comprendre que ceux qu’il estimait pourraient être du voyage.

Ses bagages ? Juste un sac de toile, le même qui l’avait accompagné pendant tout son voyage vers le Village de la Brume avec dedans quelques vêtement, quelques souvenirs de Tetsu. Quelques feuilles de thé également, provenant des plants de son cousin, un arbre sain dans une terre salie. Simplement vêtu d’un pantalon en toile, de ses bottes de cuir ainsi qu’une veste brune, la samouraï se rendit directement au bateau avec son cousin et Tsuki. Son discours ? Elle l’écouta mais il ne savait pas raisonner en elle comme pour les Kirijins. Non, elle ne partait pas car elle possédait une haine contre ce village, non, elle ne fuyait pas en hurlant que Kiri n’était qu’une dictature.

Eirin quittait cette terre avec un frisson d’aventure sur sa peau et un cœur prêt à fendre les flots à présent sur le bateau.
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Ven 13 Oct 2017 - 22:03
Quand il la fit appeler, Ayuka ne s’attendait pas à une nuit sans sommeil. D’un pas nonchalant, la jeune femme avait longé les couloirs avant d’atteindre le salon privé d’Eiichiro, son chef de clan ou plutôt son meilleur ami qui se gênait pas pour l’appeler alors qu’elle se tenait prête à sortir dans quelques restaurants de la ville. La Yuki poussa la porte avant de la refermer et de se laisser tomber sur l’un des fauteuils qui faisaient face à celui de l’homme de glace. « Si c’est pour que je te fasse la lecture, tu peux toujours rêver, l’Okonomiyaki a une nouvelle carte. »

Non, elle ne s’attendait à de tels mots. En quelques paroles, une boule naquit dans son ventre, mélange de tristesse et de rage quand il lui expliqua tout. Tout. Jamais un homme qui en plus se permettait de porter leur nom ne les avait autant rabaissés. D’un geste vif, elle s’était redressée, la mâchoire serrés et les muscles tendus, hurlant presque « Mais pour qui il se prend ! Un chef à respecter !? » Car non, pour Ayuka, il n’avait rien d’un Mizukage digne de ce nom… Enfin peut-être si. Kiri ne méritait peut-être que lui mais pas les Yuki. Elle avait été présente lors de la fondation du village, elle avait prêté sa lame au pays de la brume comme tout son clan et c'était ainsi qu’ils étaient traités ?

Sans Eiichiro pour la calmer, Kiri aurait pu connaître une réelle tempête en ce soir de lune sombre. Chercher les enfants, les sortir de cet enfer de mépris. Ayuka ne perdit pas une seconde et sortit de la pièce avant de gagner sa chambre sans bruit, son corps léger et gracile aidant à la discrétion. Dans son sac, elle n’emporta que deux haori, sa tenue traditionnelle ainsi que le précieux souvenir de son père. Une fois totalement habillée dans sa tenue habituelle, son kanata à sa ceinture et deux kunais dans son dos, elle sortit sans remords.

Ayuka ne tarda pas à trouver les deux petites filles et les tenants dans chacune de ses mains, elle leur murmura quelques mots réconfortants « Papa et moi on va partir en voyage et on vous emmène, par contre c’est top-secret donc chuuut… Faut pas se faire repérer sinon on a perdu le jeu ! » Des vêtements chauds et les voilà parties. Au début elle ne pensait revenir qu’avec les deux petites filles mais c’est finalement avec le grand frère de Setsuka, Muramasa qu’elle arriva dans le salon. Lui faisait-elle confiance ? Non. Mais elle avait confiance en l’amour d’un frère pour sa sœur et si elle-même en avait eu une, elle ne l’aurait pas laissée dans ce village toute seule.

Quelques explications rapides mais pas plus, il fallait agir vite. Ayuka lança un dernier regard vers le Domaine, sans regret. Le groupe quitta rapidement le village et les adultes aidèrent au mieux les deux enfants à avancer, que celui soit Muramasa avec sa sœur ou Ayuka et Aki avec Rakka. Enfin, Ayuka avait aussi une tâche importante, guider par le bruit d’une légère clochette à son poignet, Eiichiro.

C’est essoufflés qu’ils arrivèrent, mais c’est soulagée qu’elle écouta le discours de Watari. Elle partait pour lui, pour Eiichiro, pour les enfants mais aussi pour elle. Tetsu… Après presque dix années sans voir ce pays, Ayuka sentait de nouveau l’envie de découverte naître en elle. Ils pouvaient les traquer, les haïr, elle s’en fichait. Kiri les avait trahi, Kiri n’était plus malgré la douleur du départ présente dans son regard. Adieu, Kiri.

Elle fut une des premières à embarquer sur le bateau, aidant Rakka et Eiichiro à embarquer avant de rejoindre Watari et Tuskiyomi, avant de se poser et écouter les vagues frapper doucement contre la coque du navire. « Je me souviens des montagnes Watari, j’avais oublié à quel point elle m’avait manquées. ».

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Sam 14 Oct 2017 - 0:21
Assis sur le sol devant le domaine de sa famille, le jeune homme observait la nuit qui s'offrait à son œil. Muramasa avait pris son temps aujourd'hui, il n'avait que très peu vue ses sœurs et encore moins le reste du clan, préfèrent rester seul. Cela lui arrivait des fois, l'envie de s'entraîner ou de s'éduquer ne l'avait nullement séduit. En s'éveillant de ses pensées, il finit tout de même par se lever. La dernière devait encore se trouver chez le chef de clan et elle allait devoir rentrer, maintenant. Pour appuyer sa parole, le jeune homme avait demandé à sa jumelle de l'accompagner. Il savait très bien que Setsuka ne l'aurait pas suivi s'il venait seul. C'est ainsi que les deux jumeaux se mirent en route pour retrouver la jeune sœur.

Il n'avait pas été surpris de voir Ayuka, mais bien plus par le faits qu'elle semblait quelques peu pressé par le temps. Les deux aînés de Setsuka accompagnèrent la jeune femme dans le salon. Elle leurs donna de rapide explication. Cela suffit pour le jeune brun qui demanda à Koneko de partir avec Ayuka et les petites, qu'il allait les rejoindre, mais il devait, avant de partir prendre quelques affairent pour eux trois.

Muramasa avait fait une promesse, à lui-même comme à son père, il se devait de protéger son clan, sa famille. Il était résolu à quitter Kiri. Il récupéra quelques affaires, seulement le strict nécessaire, rien de plus. Il finit par rejoindre le reste du groupe au point de rendez-vous. Aidant tous ceux qu'il pouvait aider, il gardait tout de même un œil sur ses sœurs, il n'avait pas confiance et bien que tout le monde semblait avoir le même but cette nuit, rien ne pouvait lui ôter cette boule qui le tiraillait l'estomac. Il ne faisait rien contre le clan et encore moins contre les idées de son père, mais il ne comprenait pas se mal être.

Le bateau se dessina enfin devant eux, tout était arrivé si rapidement. Il tourna la tête vers la voix d'un homme qui entonna un discours. S'il avait déjà fait son choix dans le salon, ce que venait de dire Watari, ne fit que lui confirmer qu'il n'avait plus sa place sur ces terres, mais sa place se trouvait parmi son clan. Le destin était scellé, ce soir ils partaient tous les trois quittant Kiri pour d'autres horizons. Il se souvenait même plus s'il était un jour parti dans un autre pays, il s'agissait peut être de cela cette boule dans le ventre qui ne semblait pas vouloir se calmer. Regardant les autres montés, il avait fait un signe de la tête envers Eiichiro et Ayuka, en signe de respect, mais aussi de remerciement, car il n'avait pas plié le genou, il savait gardé la dignité des Yuki et elle leur avaient permis à ses sœurs et lui de faire partie des vrais Yuki.

Une fois dessus, le brun chercha à être le plus utile possible, son regard se perdit un moment en direction de Kiri. Fermant son œil valide, il inspira et expira. Le borgne allait devoir être fort, plus fort encore que ce qu'il s'était imaginé, car nulle ne sais ce qu'ils les attendaient et lui qui ne portait déjà aucune confiance aux âmes de Kiri, voilà qu'il embarquait vers des terres qui grouillaient encore plus d'une population possiblement néfaste.

Spoiler:
 

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Nous avons tous une chaine qui s'enroule autour de notre cou, nous faisant suffoquer. Tyran nous devenons, pour atténuer la douleurs qui pourtant, ne nous quitte jamais, même au-delà de la vie. Ce jour là, je la regarderais en face et je deviendrais son champion.

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Sam 14 Oct 2017 - 0:24
Rakka, doucement bercée par cette nuit tiède et tranquille, fut tirée de ses songes par une jolie tête blonde devenue familière en son nouvel environnement. L’enfant grogna un peu, mais sous l’insistance de celle s’apparentant désormais à une tante, elle se releva et se frotta les yeux. Il était tard, il n’y avait plus de lumière au-dehors et la fillette ne comprit qu’à moitié ce qu’Ayuka lui soufflait pour la rassurer. Mais pourquoi ? Quel jeu ? Où allaient-ils ? Et son père dans tout ça ? Rakka ne comprenait pas ce qu'il se passait, mais, docilement, elle suivit son aînée.

Ayuka marchait vite, trop vite, et elle ne disait rien. Ce silence brisait les dernières effluves de sommeil restant à la fillette et serrait son cœur sous une angoisse que sa course dissimulait un peu. Setsuka les rejoignit, puis Muramasa, Koneko et Akimitsu que Rakka détailla de ses grands yeux d’ambre. Il y avait quelque chose de bizarre dans le comportement des adultes et, pour une fois, la brune ne se préoccupa pas de la présence de l’autre fillette.

Ils marchèrent. Rakka fut secondée par son oncle pour suivre ce rythme bien peu habituel et arriva près d'un bateau devant lequel se massait une foule à laquelle elle ne s’attendait pas. Pour elle, les pièces du puzzle ne s’emboîtaient pas, Ayuka demeurait grave, tournée vers Watari dont la voix perça la brume d’incompréhension prenant place dans l’esprit juvénile.

Les mots s’étaient inscrits en elle et la panique s’empara de la brunette. Cela ne faisait pas sens. Lâchant la main qui la faisait tenir jusque là, Rakka chercha frénétiquement une silhouette salutaire. Où était celui qui s’élevait au-dessus de tous les autres dans son cœur de petite fille ? Elle le cherchait, s’étant jetée entre les corps agglutinés pour trouver son père auquel elle s’accrocha de toutes ses forces dès qu'elle l’eut rejoint.

À lui-seul, ce contact d’abord crispé s’adoucit comme ses angoisses s’envolaient en sa présence. Rakka s’apaisait, laissant ses pensées lui dévoiler une seule et unique vérité : cet homme ne lui avait jamais menti, il ne l’avait pas épargnée, il était devenu son pilier et, à ce titre, elle aurait pu le suivre jusqu'au bout du monde. L’enfant desserra alors son étreinte et glissa sa main dans celle d’Eiichiro avant qu’Ayuka ne vienne les aider à monter à bord.

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Sam 14 Oct 2017 - 15:26
Toujours cette sensation... alors qu'elle est allongée sur une branche d'arbre, fixant le ciel embrumé, elle sent à peine le vent venant ébouriffer ses cheveux et faisant flotter les pans de son furisode autour d'elle. Le soleil décline, lentement mais surement et bientôt, la nuit prendra sa place. Mais pour le moment, Setsuka ne peut pas s'empêcher de sourire légèrement, sa main droite reposant sous son crâne tandis que la gauche câline machinalement un corbeau posé sur son ventre. Le petit animal est avec elle depuis deux heures déjà, se laissant caresser sans broncher tout en se servant de temps à autres dans le sac de groseilles posé sur son torse. En temps normal, cela l'aurait peut être légèrement mise en colère, mais là, elle s'en moque complètement. Depuis quelques jours déjà, elle a l'étrange impression que quelque chose cloche au sein de sa famille. Rien de vraiment malsain ou dangereux, mais... il faudrait vraiment qu'elle soit aveugle pour rater les regards sombres échangés entre cousins et doyens. Et sourde pour louper les murmures mécontents qu'elle entend de plus en plus souvent. Apparemment, le fait que ce soit Sôsuke-san qui soit élu pour devenir Mizukage a déplut à énormément de monde au sein du clan, jeunes comme doyens et apparemment, cela provoque une certaine... Colère. Son coeur se glace légèrement à cette idée : tout ce que disait autrefois sa mère s'est réalisé. Lorsqu'elle avait sept ans, peu de temps après... l'incident, le village a enfin été terminé. Enfin, ce sanctuaire promis par sa mère, ce lieu fermé aux criminels et autres ennemis a enfin terminé. Mais la paix n'a pas durée malheureusement et maintenant...

****Et on va me demander pourquoi je veux pas grandir ? Pourquoi je veux même plus être humaine ? C'est toujours pareil. Les grands veulent toujours tout immédiatement et peu importe les sacrifices qui ont été faits avant.****

Un léger croassement la ramène rapidement à la réalité et elle sourit de nouveau en se rendant compte que le volatile a sentit ses troubles et semble ne pas les partager. C'est surtout cette idée qui la relaxe légèrement en fait. Les animaux ont de la chance des fois... eux au moins n'ont pas à se préoccuper de politique, trahisons familiales et autres. Contrairement aux humains, les animaux ne mentent jamais, raison pour laquelle elle préfère de loin leur compagnie. Cela dit, elle soupire légèrement : le ciel est en train de virer à l'écarlate, les ombres commençant à s'étendre sur le sol ce qui indique clairement que la nuit tombe. Il vaudrait mieux qu'elle rentre rapidement avant qu'il fasse nuit. Après tout, sanctuaire ou pas...

****Vu le comportement de ces idiots, on sait jamais ce qui peut se passer. Puis bon... J'ai pas envie de me faire hurler dessus par Shunichi-san.****

La seule pensé de cet homme qu'elle est obligée d'appeler "Père" fait naître une légère pointe de glace dans sa poitrine. Ce qu'elle peut HAÏR cet homme ! Heureusement, il est tellement occupé à l'ignorer pour entraîner Muramasa-san qu'éviter sa présence est probablement la chose la plus facile au monde. D'ailleurs, elle sent également son coeur se glacer encore plus en repensant à son grand frère... ce grand frère qu'elle adorait avant et qui a finit par la trahir. La balafre sur sa joue droite semble d'ailleurs picoter à ce souvenir, mais elle se dépêche d'orienter ses pensés ailleurs. Sans vraiment savoir pourquoi, elle a l'étrange impression que quelque chose va changer ce soir là. Après un dernier câlin, elle voit le corbeau prendre son envol, certainement pour rejoindre son groupe et elle sent vaguement un étrange déchirement. Elle se dépêche de redescendre de l'arbre, enfilant de nouveau ses tabis, puis ses zoris avant de commencer à marcher vers la maison, mais à mesure qu'elle marche dans la rue, l'impression augmente au fur et à mesure.pourquoi elle se sent si... Froide d'un coup ? On dirait presque...

****On dirait presque... pourquoi j'ai l'impression que je reverrai plus Kiri ? En tous cas, pas avant longtemps ?****

Sans trop savoir pourquoi, elle raidit légèrement son corps, ses deux bras se mettant à trembler légèrement, prêts à faire tomber ses deux kodachis dans ses mains à la première alerte venue. L'impression n'est pas menaçante : elle ne ressent aucun danger mais... Après ce qu'il s'est passé à ses sept ans... La mort de Nadare et son enlèvement lui ont au moins appris que ses instincts étaient dignes d'être suivis. Alors que le vent recommence à souffler, cette fois en plus frais, elle s'immobilise complètement en voyant une jeune femme portant une épée discuter avec une fillette aux cheveux noirs qu'elle reconnaît comme étant sa petite cousine Rakka. Elle et l'autre fille ont le même âge, bien que Rakka soit légèrement plus âgée, mais en dépit du fait qu'elle soit la fille de son cousin préféré, à savoir Eiichiro, toutes deux sont loin d'être proches. En fait, Setsuka a presque l'impression que l'autre fille est jalouse de quelque chose, mais quoi Cela dit, la jeune femme semble avoir ressentie son approche car elle se retourne immédiatement vers elle, ce qui lui permet de la reconnaître plus ou moins difficilement.

"Ano... Ayuka-san ? Rakka-Nee ?"

Bien qu'elle soit une Yuki, Ayuka fait partie de ses nombreuses personnes avec qui elle n'a eu que très peu de contacts. Pendant les trois premières années de sa vie (dont elle ne se rappelle presque plus), son monde était limité à un père absent, un frère glacial, une soeur gentille, prête à jouer avec elle et protectrice, un autre grand frère blagueur, joueur, toujours là pour elle et une mère à l'époque douce dans les bras de laquelle elle passait le plus clair de son temps. Ensuite, elle a pu voir de plus en plus de monde, mais à part quelques prénoms retenus difficilement, elle n'a jamais réellement pu apprendre à les connaître. Elle ne peut même pas se rappeler du lien qu'elle a avec Ayuka, s'il s'agit d'une tante, une autre cousine ou autre. La jeune femme explique ensuite les raisons de son départ et Setsuka ne peut pas s'empêcher de devenir curieuse. Un... jeu ? Vraiment ? elle s'apprête à poser une question, mais se crispe subitement lorsqu'une silhouette familière apparaît à quelques mètres de là. Silhouette qu'elle reconnaît facilement compte tenue de la forme et de l'épée placée sur son dos. Elle n'a plus été en contact avec son grand frère depuis l'incident avec lui, six mois plus tôt. Bien sur, elle le voit en fait régulièrement, mais en général, ce sont de très brèves rencontres, ce qui lui va très bien comme ça. Malheureusement, il semblerait que cette fois, leur rencontre va être plutôt longue... Même si fort heureusement, sa soeur apparaît brusquement derrière le jeune homme, ce qui au moins, lui donne ce réconfort. Un voyage, un jeu... Elle ne peut pas s'empêcher de soupirer d'un seul coup. Setsuka est peut être jeune, mais elle n'est pas stupide : quelque chose a mal tourné et les adultes ont une fois de plus décidés de prendre les devants.

****Alors... C'est fini ? On doit vraiment partir ?****

Bien qu'elle ne pose pas la question à voix haute, elle se contente de grimacer, prenant sans broncher le sac que sa soeur lui tend, puis la main de cette dernière avant que le groupe ne se dirige vers le port. Sans vraiment y faire attention, son regard darde partout autour d'elle, essayant d'accrocher le moindre détail. Elle peut vaguement sentir Rakka s'inquiéter près d'elle et envisage un bref moment de lui parler, mais le souvenir du froid de l'autre fille envers elle lui revient et elle préfère détourner la tête, continuant d'observer le village autour d'elle. C'est... étrange. Elle pensait se sentir beaucoup plus mal en quittant cet endroit. Après tout, c'était censé être le début de quelque chose de beaucoup plus grand. Le premier pas d'un rêve fait par son clan et les Kaguya. Mais maintenant, ce rêve est froid et sans signification. Juste une ombre... comme tout le reste. Et sans même s'en rendre compte, son poing gauche se contracte, les ongles pénétrant les paumes de ses mains. C'est toujours pareil. Un rêve est fait, et d'une manière ou d'une autre, les grands finissent toujours par le détruire. Son grand frère... Nadare-nii a donné sa vie dans ce village. Il l'a protégée et est mort, déçu de ne pas pouvoir voir le village construit. Et maintenant, elle s'apprête à quitter ce village... tout ça parce que les adultes n'ont, une fois encore pas été capables de s'entendre. Ses ongles ouvrent subitement la chair de sa main, laissant un liquide chaud et poisseux commencer à suinter avec que son chakra glacial ne commence à se montrer un bref moment, gelant le dit liquide. Si elle avait un doute avant...

****Bakas...****

Complètement plongée dans ses pensés, elle ne se rend pas compte des deux nouveaux arrivants, ni même qu'ils viennent d'arriver sur un bateau. Ce n'est que quand elle entend les pas de Rakka sur le pont de bois alors que cette dernière se jette sur Eiichiro qu'elle relève la tête. L'espace d'un bref moment, elle envisage d'aller à son tour voir son cousin qu'elle reconnait facilement au bandeau cachant ses yeux, mais en voyant Rakka dans les bras de l'homme, elle se contente de soupirer. De toutes manières, vu ce qu'elle pense actuellement, elle préfère garder ses distances... si bien qu'elle file s’asseoir sur la figure de proue du navire, laissant ses pieds pendre dans le vide. Peu importe si c'est dangereux... Pour le moment, elle s'en moque complètement


Dernière édition par Yuki Setsuka le Sam 14 Oct 2017 - 22:18, édité 1 fois
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Sam 14 Oct 2017 - 19:46
Ce fut une sortie silencieuse. La Réunion, qui se terminait bien plus tôt pour lui qui refusait de signer un papier dont il ne pouvait connaître le contenu exact, était un véritable simulacre. Alors que sa canne traînait sur les tapis et que le vent chaud de l’été soufflait, il sortait de l’amphithéâtre aménagé pour l’occasion. En réalité, il détestait ce lieu. Alors qu’il entrait seulement en fonction, le nouveau Mizukage, deuxième de son titre, avait décidé de construire un premier bâtiment, où il prendrait fonction pour accueillir, s’il le devait, des délégations étrangères. Tout était uniquement fait pour l’honneur de l’homme. Un « Palais » des Brumes, fait pour être vu. Fait pour l’admiration. Fait pour imposer le respect. Tout n’était que dans l’apparence de cet homme qui, éloigné des sphères du pouvoir, se pensait pourtant le plus à même de palier aux problèmes. Pantin de son Maître. Eiichiro avait choisi uniquement la voie du silence. Celle où, se contentant de se taire, il avait désobéi à cet homme qui refusait toute opposition. Comme un véritable dictateur, il se comportait comme la première Dame des Brumes. Est-ce que le vieux Daimyo avait réellement perdu autant la raison lors de ses dernières décisions ? Poussant un soupir silencieux, l’aveugle sortait de cette prétendue concertation. Elle n’était que le dictat d’un seul homme. L’Usurpateur.

« Eh bien… Je m’étonne que tu sortes si vite de leur conclave. »

Un sourire. Triste. Mais amical. Cette voix, de l’entendre si régulièrement autour d’un thé ou lors de leurs entraînements, il la reconnaissait sûrement bien mieux que d’autres. C’était le Hoshino. L’ombre de son passé. Un samouraï. Un sage parmi les fous. Posé et calme, il semblait aux antipodes des feux du Yuki. Pourtant, étrangement, les deux se trouvaient et se retrouvaient constamment. Si l’aveugle ne prétendait jamais être aussi éclairé que l’homme, il appréciait sa compagnie parfois biscornue. D’un sourire, hochant de la tête, il appréciait cet homme qui ne lui ressemblait pourtant pas. Parfois, il se questionnait encore sur cette étrange amitié. Était-ce l’amour du thé qui réunissait ces deux hommes si dissonants ? Se perdant dans le fil de ses pensées durant un instant, il leva la tête vers un ciel obscur et invisible.

« Si tu savais, mon ami. »

Un instant de silence. Une réflexion de son esprit. Puis alors qu’il haussait les épaules et ne s’arrêtait pas de marcher, il lui racontait cette blague.

« Vois-tu, notre Mizukage a décidé de nommer son Héros de Kiri, le Kaguya d’outremer, à la tête de ce Clan. Voilà qu’un autre exilé accède aux fonctions suprêmes. »

Il soupire, désappointé par la nouvelle décision. Comment un homme pouvait-il seulement prendre tant de mauvaises décisions en seulement quelques semaines ? Il semblait pour l’aveugle que le nouveau Mizukage, bien que profondément bon dans ses actes, tentait d’éviter les écueils du passé en les commettant à nouveau. S’il voulait faire bien, il ne faisait que plus mal. Les Yuki étaient les Sabreurs de l’ère Benten, à ceci près que le Maître des Lieux punissait l’ensemble d’un Clan pour la volonté d’un seul homme. Se tenir face à un dictateur, Hattori Yasuhito en avait fait les frais. Depuis, le village devait signaler sa tragique disparition. Le monde devait-il être guidé par des souverains absolus ? N’existait-il donc aucune autre forme de pouvoir sinon cet absolutisme délirant ?

« Quant aux Yuki, il m’a été demandé de signer un papier. »

Il s’arrête un instant, posant une main sur le bandeau qui couvrait ses yeux. Sourire aux lèvres, amusé de cette étrange situation, il évoquait la suite des événements.

« Selon les dires du Mizukage, ils étaient là pour effacer les crimes passés des Sabreurs envers le Clan. Mais je n’avais personne sous la main pour me confirmer que le contrat évoquait bel et bien cela, aussi j’ai préféré me taire et attendre. »

Il poussa un soupir alors que, d’un tapotement de sa canne, il reprit sa marche tranquille, assuré que le Hoshino ne perdait pas un seul mot de ce qu’il disait. D’une voix posée, pourtant vibrante d’une émotion forte, il reprit la suite de son monologue.

« Le Nidaime a pris la décision d’exclure administrativement le Clan Yuki de toutes les missions, au sein comme à l’extérieur du village. Sur le seul principe que je ne pardonne pas, il m’a donc été poliment demandé de sortir. »

Etrangement, il pensa à la Sabreuse à l’origine de ses nombreux maux. Watanabe Shiori. Cette criminelle qui lui avait arraché son œil, qui l’avait rendu aveugle. Elle s’était aussi rapprochée du Clan, laissant savoir à l’observateur qu’elle passait ses nuits en compagnie d’un bâtard qui, quelques jours plus tôt, s’était attaqué publiquement à l’aveugle, face à une assemblée de Yuki. Pourtant, aujourd’hui, gardienne de la paix, elle avait tenté un rappel à l’ordre, évoquant le frais passé de Kiri. Elle avait parlé de l’agression contre la Confrérie. Elle avait parlé de l’étrange politique menée par la vieille Dame des Brumes. Pourtant, de toute l’assemblée présente, quelques hommes et peu de femmes, elle avait été la seule à montrer des signes de conciliation. Comme si elle était la seule à comprendre les véritables enjeux qui s’étaient joués quelques instants plus tôt. Alors qu’elle faisait bel et bien preuve d’une diplomatie nouvelle, face à son ancien tortionnaire et pourtant victime de sa vengeance, l’aveugle avait admiré son soutien. A cet instant, il avait su apprécier cette femme au potentiel terriblement dangereux. Aussi, discrètement, il avait hoché de la tête pour remercier son soutien.

« Seule la nouvelle Cheffe de Clan, Watanabe Shiori, s’est exclamée face à cette décision arbitraire, bientôt rebiffée par un de ses propres hommes. »
« Cela ne m'étonne guère. Je sais que vous nourrissez une certaine animosité l'un envers l'autre, mais elle m'a l'air d'être quelqu'un de bien, au fond d'elle. Que comptes-tu faire, désormais ? »

Son ami avait l’art de poser les questions. Tantôt gênantes, tantôt d’une précision chirurgicale, il savait manier les mots comme il devait. Amusé, il s’arrêtait de nouveau au milieu de la rue, laissant quelques passants l’effleurer pendant qu’il constatait l’ébullition de son propre esprit. Que comptait-il faire exactement ? Il était étrange qu’il se le demande lui-même à cet instant. Il était vrai qu’il ne le savait pas lui-même. Aussi, haussant les épaules, l’aveugle de pousser un autre soupir. Devait-il seulement encore croire en ce projet dont il n’avait jamais été le leader ? Devait-il encore guider un Clan qui, par ses décisions, se retrouvait sans aucun poids politique ? Il n’avait jamais aimé Kiri. S’il s’était battu avec Feng, sa cousine, pour cet avenir, il n’y avait jamais cru. Pourtant propulsé comme nouveau Chef de Clan par la décision du vieil Hideyoshi, il avait dû gouverner cette famille. Finalement, Kiri ne l’avait jamais aimé, comme le rappelait trop bien les nombreuses cicatrices qui parcouraient son dos. Et cette cécité.

« Je suis fatigué du pouvoir, mon ami. Je n’ai jamais aimé Kiri, et elle me le rend bien. C’était le projet de Feng, pas le mien. Le vieillard s’est trompé de Chef en me désignant, sais-tu. »

Kiri lui était étrangement indifférente. Alors que son esprit voyageait, il se remémorait ces six derniers mois. Il lui semblait alors que, dernièrement, tout avait été un enchaînement de destins croisés et de mauvaises rencontres. Sûrement, s’il l’évoquait au Hoshino, ce dernier lui rappellerait une de ses mystiques histoires sur la balance des âmes. Pourtant, ce discours, il n’avait pas envie de l’entendre. Pas maintenant. Et, alors qu’il s’enfonçait dans les limbes de son esprit, ce fut son ami qui l’en sortit en parlant de lui.

« Je doute qu'il se soit trompé. Être chef n'est jamais une chose simple. Et si ce que tu me dis est vrai, le seul qui ne me convainc pas en tant que chef, ce n'est ni plus ni moins que Sôsuke Yuki. Celui-ci souhaitait m'exiler avec Ueno, si jamais nous ne faisions pas la paix. Cela dit, je ne veux pas d'un simulacre d'ordre par la terreur comme l'aurait fait Benten. Si bien que je pense aller chercher des causes plus nobles à servir et mettre à exécution sa menace de mon propre chef. »
« Tu comptes donc partir, c’est ça ? »

L’idée n’était pas inintéressante. Dans son sombre esprit, le Yuki se questionnait sur cette possibilité. Se libérer des chaînes du pouvoir et des responsabilités. Se libérer de cet univers si contraignant. Se libérer des Sabreurs. Se libérer de cette politique. Peut-être que partir était le moyen d’abandonner les démons du passé. Tout ce sang qui tâchait encore ses doigts. Tout ce sang versé pour cette nation. Une main sur les bandages qui couvraient à jamais son regard, l’aveugle acceptait cette étrange idée. Fuir. Partir. Abandonner. N’était-ce finalement pas là tout ce qui lui manquait pour trouver enfin la sérénité qui lui manquait ? Peut-être était-ce là le véritable secret des Hoshino ? Sourire aux lèvres, la tête levée vers ce ciel chaud, il sentait son corps s’alléger au fur et à mesure qu’il acceptait l’idée. Loin de Sôsuke l’Usurpateur. Loin de Ueno. Loin des Sabreurs. Loin de Kiri qui le dévorait. Car elle avait ses démons et il les portait en son âme. Kiri dévorait et il en avait assez de payer ce prix trop douloureux aujourd’hui.

« Peut-être qu’il est temps pour moi d’arrêter de me battre à contre-courant d’un projet qui n’est plus celui rêvé par le Clan. Je vais le laisser être perverti par les ambitions des uns et des autres. J’aurai trop donné dans cette lutte, mon ami. »

Lâcha-t-il alors. Il avait perdu sa vue. Sa réputation salie. Ses sentiments brisés. Tel était l’homme aujourd’hui. L’ombre d’un meilleur passé. Poussant un soupir, il reprit lentement sa marche en direction du Domaine Yuki. Cette nuit, il comptait bel et bien disparaître sans laisser un mot. Une disparition nocturne. Sans une seule trace sinon son absence. Et, hochant de la tête, il écoutait son ami lui parler de ce qu’il comptait faire. Ainsi, sa route se tracerait finalement loin de Kiri.

« J’ai mes contacts fiables pour partir. Il peut exfiltrer l’équivalent d’un bateau complet, une kobaya, par un navigateur spécialiste du pays de l’Eau. Rassemble tes hommes de confiance cette nuit. Ceux qui voudront bien te suivre. Ceux que tu estimes être digne de confiance pour t’épauler. Pour ma part, je compte retourner au pays du fer et profiter de la protection que nous offre le Shogunat. Quant à l’avenir… Mon cousin est devenu probablement le Tsuchikage d’Iwagakure. Nagamasa Chôgen. Je pense qu’il ne serait pas contre m’accueillir, moi et mes frères. »

***

Le froid de la nuit se faisait sentir alors que l’aveugle était paisiblement assis dans sa chambre. Assis devant sa table basse. Les jambes croisées. La respiration calme. Depuis sa rencontre avec le samouraï, il avait appris l’art de la méditation. S’il n’était pas le meilleur élève, il faisait de son mieux pour réussir l’exercice. Aussi, durant ce temps, il oubliait le monde. Il oubliait le déshonneur vécu. Il oubliait cette trahison ressentie. Il oubliait les attentats contre sa personne. D’abord Shiori. Puis Tetsuko. Il oubliait Kiri. D’un soupir, il en sortait, laissant sa tête traîner un instant durant en arrière. Finalement, peut-être que, véritablement, le mieux était de s’éloigner de ce village qui rongeait ses nuits. Poussant un lent soupir, il entendit sa meilleure amie entrer dans la pièce.

En effet, une dizaine de minutes plus tôt, il l’avait faite demander car il devait lui parler de toute urgence de ce qu’allait être la suite. Aussi, alors qu’elle entrait seulement, d’un sourire léger mais encore triste, il avait relevé la tête face à son commentaire. La voix grave, sévère, et en même temps si basse, l’aveugle n’avait pas le temps, ni l’envie pour rire avec elle. Il l’aimait, malgré tout, car elle représentait le plus sûrement ce qu’il aurait voulu d’une sœur. Son caractère et sa langue étaient deux atouts appréciés. Aussi, cherchant la canne de sa main gauche, il prit finalement la parole.

« Yuki Sôsuke, le Mizukage, a choisi que, parce que je n’ai pas signé son papier, le Clan Yuki ne pouvait plus exécuter la moindre mission jusqu’à nouvel ordre. Il a aussi choisi de nommer le Héros de Kiri, en concertation avec Kaguya Idaina, comme le nouveau leader du Clan. »

Il poussait un soupir, levant la main droite pour inviter au silence. Il ne voulait pas entendre ses réclamations. Il n’était déjà plus le Chef du Clan. Il n’était plus que Yuki Eiichiro, un homme qui s’était battu pour son Seigneur. Qui s’était battu pour sa patrie. Qui s’était aussi battu pour son village, plus récemment. Pourtant, il n’avait jamais voulu être Chef. Ni même être un dissident d’un pouvoir qu’il désirait unificateur. Mais tout ne pouvait lui sourire. Sûrement même que ses vices étaient l’une des causes de ce trouble.

« J’aimerais que tu emmènes les filles, Ayuka. Conduis-les hors du village, loin de cette folie démesurée. Je quitte ces terres cette nuit, où je rejoindrai les Hoshino et leur famille. J’ai trop donné à Mizu no Kuni et Kirigakure. »

Poussant un autre soupir, l’aveugle se relevait péniblement, fatigué de ces longues réflexions interminables. Il ne savait pas si c’était la meilleure décision. En réalité, il ne savait même pas si ce n’était pas la pire qu’il pouvait prendre en cette première soirée. Peut-être aurait-il dû se poser davantage, réfléchir un peu plus. Peut-être aurait-il fallu qu’il évalue l’ensemble des probabilités. Mais aujourd’hui, il était arrivé à ce stade. Pourtant, il ne voulait pas emmener tout le Clan. Il ne s’était jamais senti absolument proche de chacun. Aussi ne désirait-il pas l’exil de l’ensemble de la famille mais se contentait uniquement de ceux qu’il aimait, et ceux qui tenaient à le suivre. Le reste du Clan reviendrait à cet Usurpateur. A cet étranger qui, comme un conquérant, posait ses bottes sur les terres Kirijins pour la première fois de sa vie. Il n’avait pas non plus combattu sur les terres de Mizu. Il n’avait pas versé son propre sang. Ni vu celui de tant d’amis. Cet homme. Ce poison.

Ce fut ce soir-là qu’ils partirent dans la nuit. Il avait abandonné le bandeau Kirijin sur son lit, comme un dernier geste. Il ne reniait pas son appartenance à ce village, il l’abandonnait peut-être temporairement, peut-être définitivement. Alors qu’il disparaissait dans le cœur de la nuit, son esprit, dans le silence des lâches, réfléchissait aux conséquences de cet acte. Sôsuke verrait-il cela comme un dernier affront à son autorité suprême ? Allait-il seulement laisser le groupe disparaître ? Car, finalement, n’était-ce pas là ce qu’il désirait réellement ? Se débarrasser de ces gêneurs ? Il n’était pas différent de la vieille Dame. Si elle emprisonnait ses opposants, il les réduisait au silence politique. L’un comme l’autre n’était que le reflet d’un même miroir. Peut-être que, signant le papier, le départ de l’aveugle aurait été plus tranquille ? A n’en point douter, l’Usurpateur n’aurait pas cru un seul instant à sa signature. Méfiant. Peut-être même possédait-il une unité secrète, lui rapportant finalement les dossiers dont il ne pouvait pas lui-même avoir connaissance. Mais, finalement, des deux hommes, qui était le plus à même de guider ? Celui qui conduisait une dizaine de membres à partir de leur propre chef quelques semaines après sa prise de fonction ? Ou celui qui se battait pour des valeurs qu’il n’avait jamais abandonnées ?

Il marchait en silence, laissant sa canne traîner au sol pour éviter les trous et pieds du groupe. Silencieux, il écoutait aussi cette clochette volontairement attachée par sa meilleure amie, qui lui permettait de se guider plus aisément. Dans la nuit. Dans le silence. Il avançait vers son départ. Il marchait vers sa fuite. Sans se retourner. Il n’était pas nostalgique. Il ne le serait pas. Mais, alors qu’il avançait dans l’obscurité de ses yeux morts, il se ressentait pourtant une tristesse. Car s’il n’avait jamais porté le projet, il avait néanmoins assumé le rôle de Chef durant un temps. Mais le pouvoir n’avait jamais été fait pour lui. Encore aujourd’hui, il se sentait écrasé. Pourtant, pourchassé, il savait qu’il le serait. Car Sôsuke, dictateur, n’accepterait jamais la fuite d’un tel groupement sans aucune conséquence. Poussant un soupir silencieux, se laissant distancer de quelques pas, l’aveugle était fatigué de ce combat interne.

***

Il se tenait aux côtés de son ami. Il n’avait jamais été un homme de paroles. Encore moins lorsqu’il fallait prononcer plus de deux phrases. Aussi, le Yuki détestait-il les discours, qu’il trouvait rapidement ennuyeux. Pourtant, ce soir-là, il ne pouvait y échapper. Près du navire, ils se tenaient tous là. Il y avait évidemment deux hommes au centre, Watari et Eiichiro. Puis, autour d’eux, principalement sous la forme d’un demi-cercle lunaire, les deux groupes réunis ne formaient plus qu’un unique. Ici, les Yuki se mélangeaient aux autres. Hoshino. Kaguya. Yuki. Tel était l’état de ce groupe étrange. Egaré au milieu d’une crique mystérieuse, c’était le Samouraï qui prit la parole pour les deux guides. L’homme était d’un entrain étrange, comme s’il reprenait soudainement vie. Exilant plusieurs hommes, femmes et enfants en une seule fois, l’aveugle se questionnait sur le soutien qu’ils trouveraient loin des territoires aqueux. Car si ici, il pouvait encore sur sa réputation, bien que salie, les territoires étrangers ne le connaissaient que peu. Au moins, l’homme était inspirant.

Alors qu’il attrapait sa fille qui venait à sa jambe, posant une main dans son dos, ce fut un triste sourire qui apparaissait sur son visage encore fermé. S’il avait nourri une profonde lassitude pendant son séjour kirijin, il nourrissait maintenant bien davantage de craintes. Pour Rakka. Pour Akimitsu. Pour Ayuka. Pour Setsuka. Vers quoi conduisait-il tous ces Yuki qui continuaient de le suivre ? Que devait-il penser de cette Kaguya qui se retournait soudainement contre son propre Clan ? Quant aux Hoshino, quels étaient leurs sentiments ? Eiichiro ne savait que penser exactement de ces événements qui se déroulaient encore trop vite pour lui. Pris dans cette spirale infernale, glissant sa main dans celle de sa fille, sa canne tapota le pont qui unissait le navire à la berge. S’asseyant, poussant un soupir, il posa sa tête contre le rebord, passant une main sur le bandeau blanc qui ornait son visage. Relâchant ses épaules, prenant la fillette contre lui, il laissait son esprit naviguer au son des flots qui allaient bercer son court sommeil.

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Sam 14 Oct 2017 - 20:01
Lorsque mon grand frère m'avait annoncé sa future désertion peu de temps après la réunion, je ne savais comprendre cette décision, puisque je n'étais point présent à la réunion. Ce n'était que lorsqu'il m'expliquait le pourquoi du comment que je commençais à compatir et à converger avec ses dires. Pourquoi cet individu, qui était un parfait inconnu aux yeux de tous avant d'être nommé à la tête de notre village, avait décidé de pénaliser lourdement ainsi notre clan, celui qui a grandement contribué à l'éradication du banditisme dans les contrées de Mizu no Kuni ? Pas la moindre personne de confiance ne pouvait confirmer les dires de ce dernier, qui insinuait que ceux-ci concordaient parfaitement à ce qu'il y avait écrit sur le document.

Avec moi, je n'avais emporté que très peu de matériel : je possédais principalement quelques vivres qui me seront utiles pendant plusieurs jours. Je savais d'ores et déjà ce qu'il allait m'attendre en suivant la grande majorité de mon clan, et j'assumerais les conséquences de mes actes. Une chose est néanmoins sûre : ce n'est qu'un au revoir. Épaulant la plupart des enfants de notre clan afin qu'ils nous suivent, je gardais convenablement à l'oeil Rakka avant de me diriger avec elle en direction du bateau que nous allons utiliser. J'aurais largement préféré ne pas devoir en arriver à un tel stade, mais nous retourner physiquement contre le Mizukage aurait été un véritable suicide.

Lorsque nous étions arrivés au fameux lieu de rendez-vous, alors que j'avisais la plupart des visages présents en adressant un léger signe de la tête à Eiichiro pour dire que j'étais fin prêt, un léger pincement au cœur se faisait ressentir. En m'en allant, j'abandonnais plusieurs personnes qui m'étaient chers : mon ancien senseï, Watanabe Shiori, ainsi que la plupart de mes amis, où figurent Tetsuko et Shyko, ainsi que quelques-uns de mes confrères. Tournant légèrement ma tête vers la direction du village en essayant de paraître le plus impassible possible, j'adoptais une marche lente en direction du bâteau, avant d'aviser finalement les autres individus présents. Un jour, je reviendrai.


Dernière édition par Yuki Akimitsu le Sam 21 Oct 2017 - 13:34, édité 1 fois
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Ven 20 Oct 2017 - 16:33
Début Flashback


♦ L'infinité...l'obscurité...les ténèbres...l'enfer. Voici les mots dont les hommes se serviraient pour décrire mon état,ma solitude...mon existence ; mais je ne suis pas un homme, je ne l'étais plus, et cela, depuis bien longtemps...

♦ Traqué pour ma profession, ma personne se retrouvait à collaborer avec ceux qui avaient juré sa soumission. La situation aurait de quoi me faire rire, si je n'avais pas autre chose en tête. Il était vrai que le destin ne semblait pas être en ma faveur et pour beaucoup, j'étais bel et bien fini. Cela était mal me connaître, car l'entité que j'étais devenue était consciente de son potentiel, sachant que tôt ou tard, elle referait surface plus forte que jamais. Je n'avais jamais été aussi prêt de la vérité…

♦ N’ayant pas l’habitude de vivre sur Terre, j’avais utilisé tout l’argent que je possédais pour m’acheter une petite embarcation que j’avais amarré dans un lieu peu fréquenté des marécages brumeux. L’endroit était parfait, car je pouvais garder quelques habitudes de marins et la brume quasiment toujours présente en ces lieux m’octroyait une intimité non-négligeable. 

♦ Une voix venant des ténèbres de l’intérieur de ma péniche que je venais tout juste de rejoindre, m’interpella comme on peut l’être dans ce genre de situation. 

« Il est des crimes que vous avez commis, mon ami… »

♦ L’expérience acquise au cours de mes années sur les flots, m’avait permis de me retrouver plusieurs fois dans ce genre de situation. Entre les assassins engagés par les équipages adverses, les revanchards, les proxénètes voulant récupérer leur dû et les autorités, de nombreuses personnes m’avaient déjà joué ce petit tour. Le ninja en moi savait qu’il n’y avait rien à craindre en ces lieux, mais le corsaire lui, était préparé à se battre. Je savais que Kiri me jugerait pour mes actes passés tôt ou tard, mais je mentirais si je disais que je savais que cela arriverait aussi tôt après qu’Eichiro Yuki, chef de clan et geôlier, ait découvert une partie de mon tumultueux passé. 

«...mais pour cette fois, vos talents correspondent à mes besoins et nos intérêts coïncident » 

♦ L’individu qui sortait de l’ombre ne désirait pas s’en prendre à ma personne. Bien au contraire, les yeux du shinobis qui me faisait face, montrait de la satisfaction, voir un soulagement. Étant persuadé que ces intentions ( pour le moment ) n’étaient pas hostiles, j’invitais l’épéiste qui se tenait face à moi de s’asseoir à ma table.

« Hum…quelque chose me dit que tu ne t’adresses pas à Maeda Kazuya, mais plutôt à Kamasu le pirate. Je vais donc te répondre en tant que tel. Qu’as tu à m’offrir ? »  répondis-je en souriant légèrement.

«J’ai appris à parler la langue des pirates, "Kamasu". Je peux te payer, car tout travail mérite salaire, mais plus important encore je m’engage à ne pas ébruiter ton identité. » dit-il en posant une petite bourse remplie de pierres précieuses. 

« Haha, tu sais vraiment comment me prendre les sentiments. » lança le genin qui ramassait son butin avant de reprendre ensuite le fil de la conversation. 

« Tu prépares quelque chose d’illégal, il ne faut pas être un Nara pour le deviner. Donne-moi les informations nécessaires à l’accomplissement de notre méfait… »


Fin Flashback


♦ Une brise, fraîche et agréable, caressait mon visage faisant virevolter légèrement ma chevelure sombre. Le bateau était prêt à partir et le plan que nous avions monté se déroulait jusque-là sans accro. J’avais été aidé dans la préparation de notre projet, grâce à l’apport de puissants alliés en la personne du clan Yuki et lorsque l’on a pour allié l’un des clans shinobis les plus puissants, tout est plus facile.

♦ De ce que j’avais compris, Watari préparait une porte de sortie pour lui et d’autres shinobis du village de la brume. Le gouvernement étant en pleine mutation, j’imagine que ce dernier laissait quand même le bénéfice du doute à Yuki Sôsuke, l’actuel Mizukage, avant de prendre sa décision. Après le sommet entre les plus grandes personnalités du pays, je fus très rapidement recontacté afin de jouer le rôle pour lequel je m’étais préparé. 

♦ Depuis l’heure de ma rencontre avec Hoshino Watari, je n’avais cessé de mener double-jeu. Les délais étaient courts… très courts pour la préparation de ma quête, mais la situation actuelle de Kiri arrangeait un peu mes affaires. Les heures de préparation de la journée commémorative ainsi que son déroulement me permettraient de tout mettre en place. Les commandes affluaient et les échanges entre Kiri et le reste du pays de l’eau se multipliaient. La futur présence du daimyo renforçait encore plus cette intense activité et malgré un renfoncement de la sécurité au village, personne n’aurait pu voir venir le coup. 

♦ Étant un simple genin, je n’attirais pas la curiosité des puissants qui passaient leur temps à mener leur guerre politique et diplomatique. Malgré son retrait récent dans la vie administrative du village, les Yuki restaient très influents et il me suffit juste de me présenter aux gardes des portes avec une missive écrite par un des membres de ce même clan pour sortir du village afin d’avancer dans mes travaux. En même temps, difficile de contester un parchemin qui porte le nom de votre actuel Mizukage non ? 

♦ Quitter le village de nuit, était la tâche comportant le plus de difficultés. Les lieux voyaient de nombreux ninjas qui patrouillent afin d’éviter une éventuelle offensive ennemi. Un attentat contre la capitale militaire du pays de l’eau n’était pas à exclure et à vrai dire cela aurait bien arrangé mes affaires.

♦ Grâce à la fonction d’Eichiro, j’avais bénéficié de l’accès au centre pénitencier de Kiri. Je désirais recourir à l’aide de Yasei Komamura, pour mettre en place le plan d’évacuation massif. Contrairement à moi, mon ex confrère n’avait pas perdu son équipage, qui l’avait lâchement abandonné à son triste sort, lors de la purge perpétués par les Yuki. Désireux de se venger, il ne fut pas difficile de le convaincre de nous aider, car il souhaitait lui aussi retrouver sa liberté et massacrer ses subalternes. Tout se passerait depuis les geôles de Kiri qui étaient logiquement éloignés du reste des bâtiments publiques, tant la population carcérale représentait un danger. Yasei, me donna les indications pour trouver un navire de secours qu’il avait mit de côté en cas d’urgence. Ma personne ne faisait pas forcément confiance au personnage, mais était sûr qu’il ne mentirais pas, car la mort l’attendrait en cas d’entourloupe.

♦ La présence d’un maître du doton étant nécessaire, nous avions réquisitionné un prisonnier ayant les capacités nécessaires à la création d’un tunnel qui nous ferait sortir du village. Il viendrait lui aussi avec nous, afin de ne laisser aucune personne ayant connaissance de mon rôle dans cette histoire.

♦ J’avais explicitement fait savoir à Watari que les Yuki ne devraient pas tous passer par les geôles en même temps question de crédibilité. Que chaque groupe devraient être cohérent dans sa composition. Il est toujours plus facile de retenir que l’on a vu deux personnes qui n’ont rien à faire ensemble que l’inverse. Il ne fallait rien laisser au hasard, car toute erreur se paierait cash !

♦ La sortie du village c’était passé sans grosses difficultés et ce fut dans un rythme effréné que nous nous éloignâmes du village. Yasei et moi guidèrent les fuyards à travers bois et marais afin de trouver la petite crique où se trouvait le navire. Le terrain avait été très difficile à traverser, mais la détermination affiché par tout un chacun nous avait permis d’arriver sans trop de bobos. Le prisonnier de plus qui nous accompagnait, nous avait quitté en chemin, préférant continuer seul ce qui ne convenait pas à Komamura. En effet, ce dernier voulait tuer l’ex détenu afin d’effacer toutes traces, chose que je refusais de faire pour la seule et bonne raison que les traces qu’il laisserait derrière lui pourrait guider d’éventuels poursuivants.

♦ Quand tout le monde fut à bord, j’utilisai mon don pour manier les cordages du navire et ainsi lever les voiles beaucoup plus rapidement que 10 hommes réunis. Je n’avais que très peu d’égal en navigation et je connaissais Mizu no Kuni comme ma poche. Le sens des courants, les lieux à éviter, les points stratégiques, je connaissais tout cela. Notre vaisseau ne permettant pas la navigation en eaux profondes, nous étions obligés de suivre un itinéraire côtier afin de quitter le pays. D’après mes calculs, l’aller-retour me permettraient de revenir le soir de la journée commémorative sachant que le retour serait plus rapide après avoir débarquer les déserteurs.

♦ Sur l’une des îles qui se trouvaient sur notre route, j’avais demandé à Yasei d’y rester afin que nos passagers ne soit pas déranger par sa présence, lui qui adorait titiller autrui. Je lui avait laissé une partie de mon butin pour qu’il puisse se refaire et poursuivre ses objectifs. Je me retrouvais maintenant seul avec la troupe de d’anciens kirijins alors que les côtes voisines pointaient le bout de leur nez. N’ayant pas le temps de le voir venir, Eichiro me frappa violemment derrière la nuque chose qui eut pour effet de me faire perdre connaissance.

♦ A mon réveil quelques instant plus tard, ils avaient tous disparus. Je me retrouvais seul, avec quelques piécettes en guise de remerciement et une multitude de stigmates corporels dû au traitement du chef du clan Yuki….
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[Intrigue / Sécession] Les vents du départ.

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