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Piégés [Ueno]


Sam 14 Oct 2017 - 16:47
Le lendemain de la Réunion générale marquait encore un tournent dans l’avancée du village caché de la Brume. Convoquée depuis la veille, la personne que le Nidaime attendait patiemment dans son bureau était une des pièces maîtresses du grand échiquier qui s’était installé à Kiri et ce depuis l’ère du Shodaime. Nakamura Ueno, une Sabreuse au passé difficile et à la lame si puissante mais pourtant si dangereuse. Elle était là, l’ironie du village principal de l’Archipel : sa force militaire était inouïe mais dans ses rangs les tensions persistaient. Et ces dernières transformaient bien des gens…

« Ah, te voilà. Entre et assieds-toi, je t’en prie. »

L’Ombre se leva aussitôt de son grand siège, et se tourna vers la grande baie vitrée que son bureau lui offrait. La vue d’une bonne partie de son village lui insufflait à chaque fois une énergie et une volonté rudes, tandis que les souvenirs accompagnaient un rappel de ses responsabilités. Il ne tarda pas à adresser un regard tendre, voire amusé, à son amie.

« Nous ne nous sommes pas vus depuis le Grand Dojo. J’imagine que tu as eu du mal à me reconnaître, là-bas. Et c’est normal : j’ai menti à deux reprises. »

Il se retourna complètement vers la jeune femme. Tandis que ses bras – légèrement plus marqués qu’à l’accoutumée – se croisaient, le leader du village caché de la Brume reprenait.

« Premièrement, tu es et resteras toujours mon amie. Deuxièmement, O’Dui S. Benten n’est pas seule coupable de la fissure présente au sein de Kiri. Certaines personnes, comme Yuki Eiichiro, sont également fautives. »

C’était une première révélation. Pour la première fois dans une entrevue, l’Ombre de l’Eau évoquait sans dévier de ce qu’il pensait réellement de son village et de ses soldats. Et tandis qu’il avait commencé, Nakamura Ueno ne pouvait comprendre que l’évidence : Yuki Sôsuke cachait quelque-chose, depuis sa nomination.

Ce dernier sortit d’ailleurs quelques dossiers de son bureau. La kunoichi put d’ailleurs reconnaître sans le moindre mal celui qu’elle avait constitué lors de sa mission à l’Hôpital Général, où elle avait notamment recensé des preuves accablantes à l’encontre de la Shodaime.

« J’ai croisé les renseignements que tu as obtenus avec toutes les histoires et versions qui m’ont été rapportées de l’ère O’Dui S. Benten. Le Shodaime faisait preuve d’une autorité presque tyrannique, mais son comportement a été exacerbé par des refus de coopération et des fourberies internes. Le clan Yuki, ou plutôt son chef, n’ont jamais pu respecter l’autorité d’être extérieurs. »

Il poussa un long soupir.

« J’ai d’abord pensé que le remplacement de la tyrannique et les évènements de Shîto suffiraient à rétablir l’ordre, mais ma rencontre avec Eiichiro et d’autres shinobis comme le samouraï Watari m’ont prouvé que nous en étions encore loin. Oui Ueno, c’est pour ça que j’ai pu paraître parfois difficile à suivre : j’agissais pour qu’ils se dévoilent. Et ils n’ont pas manqué de le faire. »

Sur le large bureau en marbre du Kage était laissé un journal. Il ne fallait pas être devin pour comprendre qu’il s’agissait d’une édition spéciale du « Kunaï émoussé », qui faisait naturellement état de la veille : la journée commémorative et la Réunion générale première du nom.

Le Nidaime prit le papier dans ses mains, le regarda brièvement, et le relaissa tomber sur le meuble.

« Yuki Eiichiro a refusé de signer un traité symbolique pourtant unificateur et dénué de tout piège. En faisant ça, il a semé la discorde au sein de son clan, mais est aujourd’hui piégé. Si Watanabe Shiori a montré des réticences à la Réunion générale, le clan Sabreurs et le clan Kaguya ont signé, et le reste de l’opinion générale ne comprend pas la position du clan Yuki. Il est impossible pour ces quelques perturbateurs de compter sur une rébellion où ils seraient seuls contre quasiment tout un village. Ils sont donc piégés, et doivent actuellement réfléchir à un choix crucial : où ils rétropédaleront et se rangeront aux côtés des Kirijins, pour Kiri, ou ils déserteront. »

Son regard azuré se fit un peu plus sombre dans ses traits.

« S’ils choisissent de quitter le village, alors la preuve suprême de leur toxicité pour le village aura été prouvée. Et le village caché de la Brume sera enfin uni, par ses trois clans fondateurs et par tous les Kirijins qui n’auront plus à craindre d’être trahis par leurs prochains. »

Il ne rajouta qu’une seule chose.

« Comprends-tu, maintenant ? »
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Sam 14 Oct 2017 - 18:21

Le veille, l'hommage avait battu son plein tout au long de la nuit, et même lorsque les figures importantes du village s'étaient éclipsées pour aller vaquer à d'occupation, semblaient-elles, primordiale, Kiri n'avait pas perdu de son abondance au contraire, chacun avait vécu un peu de joie dans le malheur, dans ce que cet événement représentait. La mort du feu Naragasa, ainsi que les nombreuses pertes connues à Shîto. L'impression était telle qu'avec ce soir-là nous étions enfin prêts à tourner la page, ce pourquoi le Nidaime avait organisé son assemblée.

A l'aube de la nouvelle ère, j'étais déjà à faire face à sa porte. L'invitation du jour précédent en disait long, et pourtant si peu. De quoi voulait-il me parler après une réunion si importante. Sur la route je m'étais aussi prise au jeu du Kunaï émoussé pour en lire la première et deuxième page, mais ce n'était qu'une humble manière d'écarter l'appréhension que je ressentais. Après des découvertes significatives mais plus qu'accusatrice sur la fuyarde ancienne dame de la brume, je n'oubliais pas la confrontation avec le samouraï seulement quelques jours auparavant. Je n'avais rien contrôlé, tout m'avait échappé, jusqu'à mon bien le plus précieux. Mais je l'avais conservé. Que cela ait été par bonté ou par pitié, tout ce qui m'importait c'était d'oublier tout ça. Alors, inspirant profondément, je poussai la porte pour voir à quelques pas le blond Mizukage depuis le seuil de son bureau.

Il était mieux rangé que la dernière fois que je lui avais rendu visite. Plus organisé. Il était évident que quelqu'un était passé par là pour y mettre de l'ordre. Ou alors le chef avait eu le temps de s'y perdre pour mieux s'y retrouver. Je ne pus retenir un sourire lorsqu'il m'invita à prendre place. D'un pas lent, mais inhabituellement toujours silencieuse, je fis profil bas et vins simplement m'asseoir, avec retenue et grâce, sur le divan qui faisait face au meuble encore bien rempli ceci dit. Il devait en avoir du boulot, et pourtant j'étais là. Ce qui me prouvait que je n'étais pas à cette place pour parler de nos beaux souvenirs. Mais ce regard, et ces premières palabres me rendirent perplexe. Si je n'en montrai rien, bien que les traits de mon visage semblèrent se détendre. « Tu étais différent, c'est vrai. Et j'avoue que c'est encore flou. » Me contentai-je avant de le laisser reprendre. La suite n'allait pas avec le reste. Ressentait-il vraiment le besoin de préciser une telle chose ? Après toutes ces années il devait penser que le doute en viendrait peut-être à bout. Je n'en dis pas un mot, mais cette fois la réaction ne put être masquée complètement. Si la prononciation de la vieille Benten n'avait plus d'effet sur moi, celle du chef des geôles me prit à la gorge. Pas ça Sôsuke, je ne voulais pas revenir dessus. Cependant, il n'avait pas fini, c'était évident, alors en fuyant son regard je décidai d'ôter le fourreau de Dokueki de ma ceinture pour venir l'adosser contre un recoin du bureau. Il me sembla que je devais m'installer avec confort, que cette discussion ne serait pas si rapide que le précédent tête à tête. Et je reposai mon attention sur l'Ombre qui préparait son argumentation.

Obnubilée, je ne pus reposer mon dos sur ce qui était prévu à cet effet. M'avançant même sur le bord du long siège, je scrutai chaque élément qu'il présentait et plus encore. Mes yeux analysait chacune des expressions du Yuki ainsi que les mouvements de ses muscles. Je m'arrêtai droit sur ses saphirs lorsqu'il avoua son jeu. Serrant la mâchoire, déglutissant, je soupirai discrètement mais tins son regard. Il agissait pour un but. Ca expliquait certaines choses mais en masquait d'autre encore. Je décidai de ne pas l'interrompre, après tout c'était une façon comme une autre de procédé, même si j'avais pu être un objet collatéral mais important à tout ça. C'était donc celle-ci ta stratégie, Sôsuke ? C'était une forme de manipulation pour mieux chercher ce qui nuisait au reste. Ce n'était pas la plus louable des façon de faire, pourtant comment le blâmer ? Il y avait tant à réparer et construire au pays de l'eau. Une seule question me vint à l'esprit mais resta là encore un peu.

Or mon regard se fit plus franc et attentif encore lorsqu'il reprit à propos du chef du clan Yuki. Mais cette fois, ce n'était que de la haine qui se décrivait dans mes yeux. Le récapitulatif de la rénion était même passée presque inaperçu, je n'avais retenu qu'une seule et unique information : Kaguya et Sabreurs étaient pour la paix à Kiri et l'unification, tandis que Eiichiro avait encore une fois fait preuve de rébellion. Il ne changerait jamais. Il n'apprendrait jamais, et ce même sans sa vue. Il était décidément plus aveugle que jamais. L'éloignement certain, et reproché par le samouraï lors de la confrontation, m'apparaissait maintenant presque comme une libération, après tout il n'aurai jamais supporté cette nomination, il était bien trop peu pragmatique, c'était même inexistant chez lui.

Un soupir plus annoncé m'échappa des lèvres et je baissai d'abord le regard pour finalement le fermer pour répondre à sa question. « Je crois, oui. Je comprends que tu imagines qu'il va partir, peut-être avec sa famille, ta famille, non ? » Mes mots reflétaient une amertume mal placée, et pourtant inévitable. Je restai tout de même calme, le self-contrôle maintenu, je repris. « Mais je dois aussi comprendre que tu vas les laisser faire ? » Cette fois, je vins poser mes main sur le marbre frais devant moi et relevai la tête pour le regarder, les crocs serrés. « Tu dois savoir que ce n'est pas à moi que tu apprendras les méfaits d'un poison, mais j'espère que tu sais que lorsque ce dernier est ancré dans l'organisme il n'est pas facile de s'en débarrasser. Tu peux évidement soigner la plaie qui l'aura injecté, et en l'occurrence j'en comprends que tu veux les laisser partir, c'est ça ? » J'haussai un sourcil un peu provocateur mais prouvant bien mon questionnement, tandis que je me levai pour lui faire face, un léger sourire au coin des lèvre. « Mais si tu veux mon avis d'experte, une toxine dans un corps il faut... Éjecter chaque particule qui le transporte. » Si j'avais pesé mon expression, par là je n'entendais rien d'autre que l'élimination radicale de ce virus qui, selon le Nidaime, avait sévi au sein du village caché de la brume. « Et cela peu importe de qui il s'agit, et même d'un chef de clan un peu trop prétentieux. » Sur cette dernière phrase, ma voix était plus grave, plus sombre.

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