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Condoléances 「 Shūuhei ; Misory 」


Dim 15 Oct 2017 - 0:18
L’entrechoquement cristallin du verre éclatant résonnait dans l’espace. L’un des nombreux couloirs de la résidence était jonché de cartons, paniers et autres boîtes en bois ou en métal ; à l’image de la destination de ces effets, la scène était un vrai chantier.

    « Non, celles-là partiront plus tard, Kyoshi. Occupe-toi donc des microscopes, veux-tu ? »

Acquiesçant, l’enfant posa sur une chaise le carton de verreries qu’il venait de fermer et se dirigea vers la paillasse sur laquelle étaient entreposés les fameux microscopes. Se munissant d’un chiffon, de compresses et d’alcool à 90°, il s’attelait d’abord au nettoyage des appareils. Il frottait, puis dévissait, démontait, et frottait à nouveau sans difficultés ; il manipulait l’objet avec autant d’aisance que n’importe quel gamin avec leur jouet préféré. L’entretien terminé, il alla chercher une grosse boîte métallique pour y ranger les deux microscopes démontés. Celle-ci se présentait sous forme d’une mallette à deux compartiments, chacun des deux côtés étant pourvus d’une mousse noire découpée pour y accueillir les différentes pièces des appareils. Lorsque tout fut en place, Kyoshi referma la boîte qu’il porta à deux mains jusqu’au couloir encombré.

Lors de son discours d’intronisation, le Nidaime Raikage avait annoncé la reconstruction de l’hôpital de Kumo en complexe scientifique et il n’avait pas traîné bien longtemps avant de mettre en œuvre cet audacieux projet ; les travaux avaient déjà commencé. La famille Suzuri comptant une poignée de médecins et de chercheurs, ces derniers se préparaient donc à quitter leurs petits laboratoires aménagés pour s’installer dans un environnement qui leur serait dédié – d’où l’agitation et ce désordre momentanés très inhabituels dans cette aile de la résidence.

Silencieuse à son habitude, le fracas du métal durement posé sur le sol résonna bien au-delà du couloir à travers la résidence. Si le jeune garçon avait eu un peu de mal à transporter cette mallette, il n’était pourtant pas au bout de ses peines. Sitôt retourné à l’intérieur en ayant constaté l’absence de tout Suzuri à l’horizon (ce qui traduisait le silence des lieux), celui-ci se vit chargé d’un coffre de matériel lourd qu’il peina déjà à soulever sans que sa stricte mère ne vienne en rajouter.

    « Attends une seconde, prends aussi ça. Un shinobi doit faire preuve d’un peu plus de force et de volonté que ça après tout. »

Descendant du tabouret qui l’avait aidé à atteindre le haut de l’étagère, c’est sans inquiétude aucune qu’Hanae remit le gros carton de livres qu’elle y était allé chercher à son fils.

    « Euh… oui… enfin… c’est peut-être un peu t– »

Commençant à se plaindre poliment en recevant une nouvelle charge trop lourde pour lui – mine de rien, la somme des deux faisait déjà son propre petit poids – il avait été coupé par un bruit qui brisait le constant silence du couloir. Intriguée, la scientifique rabat les manches de sa blouse blanche avant de se diriger vers la porte encore entrouverte. C’est alors qu’elle y tombe nez-à-nez avec un homme. Grand et assez imposant, elle ne peut pourtant pas le décrire nettement avant d’essuyer ses lunettes couvertes de buée sur sa blouse.

    « Hum… veuillez m’excuser juste une seconde. » s’excuse-t-elle avant de retirer ses lunettes pour les désembuer d’un geste caractéristique. Une fois celles-ci à nouveau sur son nez, la stupeur envahit son visage. « Raikage-sama ?! » Elle ne manqua pas de s’incliner plusieurs fois dans la seconde qui suivit pour s’excuser. « Oh, pardonnez-moi… je… nous ne vous attendions pas ici… enfin je veux dire : p-personne ne vous a donc accueilli ? »

Elle joignait ses mains devant elle avec un air désolé et légèrement gêné sur le visage. Un visage dernièrement attristé et fatigué qui ne l’était pourtant pas tant que ça aujourd’hui – l’on pourrait presque dire qu’elle avait bonne mine. Pendant ce temps, Kyoshi marchait péniblement sur les pas de sa mère jusqu’à la porte. Les boîtes qu’il portait faisant trois fois sa tête, il n’avait aucune visibilité sur l’avant et de facto sur le visiteur. Les jambes tremblotantes, les bras faiblissants et le visage rougeoyant ; c’était dans un dernier effort qu’il faisait difficilement quelques pas avant de lâcher. Dans un deuxième fracas, il avait brutalement « posé » sa charge au sol. Se redressant, c’est au travers de ses mèches tombantes sur son front que ses yeux bleutés se posaient sur ce grand homme ; celui même qu’il avait vu électriser toute une foule quelques jours auparavant : le Nidaime Raikage en personne.
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Ven 20 Oct 2017 - 23:12
- « Je n’ai croisé personne sur le chemin, alors je me suis permis d’entrer… Comme d’habitude j'ai envie de dire. Vraiment navré… »

A mon tour, j’eus un sourire désolé. Les mauvaises habitudes avaient la dent dure. Il m’arrivait bien souvent de m’aventurer dans la demeure familiale des Suzuri comme s’il s’agissait de la mienne au temps de feu Shinobi. Ce dernier ne se gênait pas pour faire pareil. On parlait après tout du parrain de mon petit frère. Mais tout d’un coup, j’eus une sensation désagréable : Ce temps semblait à présent révolu et j’allais devoir arrêter de me considérer comme chez moi. La réaction d’une bonne partie des membres de ce clan durant l’intronisation était la preuve même que j’étais mal vu en tant que nouveau dirigeant du village caché des nuages. Il ne tenait qu’à moi de leur démontrer le contraire. Tâche ardue que voilà, mais somme toute normale. Le poste de Kage était délicat et son parcours semé d’embûches. Patience et persévérance allaient être mes alliées. Néanmoins, le premier pas que j’effectuais-là n’était pas vraiment stratégique. Plutôt que d’essayer de plaire ou même de convaincre, je venais là pour compatir à la perte d’un être qui m’était également très cher. Jusqu’au bout, Shinobi avait un grand kumojin et un fier Suzuri.

- « Nul besoin de manières entre nous, Hanae-san. Shuuhei-san suffira. Je suis là en tant que chef de clan, mais surtout en tant qu’ami. Pas Raikage. Voyez-vous même que je n’en ai pas l’apparat… »

Mon sourire se transforma en quelque chose de doux et amical. Effectivement, j’étais vêtu tout de noir. Un kimono standard surmonté d’un haori tout aussi sombre, mais floqué du symbole de mon clan. J’aurai pu venir poser mes couilles et les obliger à me « suivre », mais je ne procédais presque jamais par force. Mon but n’était pas de les oppresser. Je respectais trop ce clan pour me risquer à essayer ce genre d’initiatives. J’observai la jeune femme -Très belle d’ailleurs- pendant un bon moment, avant de reporter mon visage vers le petit garçon qui avait fait du boucan tout à l’heure avec sa charge. Il faut croire que le tout était bien trop lourd pour lui : « Bonjour toi. » Je lui fis un petit signe de la main ponctué par un sourire. J’aimais beaucoup les enfants. Mon rêve était d’en avoir pas mal. En attendant, il me faisait penser à mon petit Kahei. Bizarrement, je les aurais bien vus trainer ensemble. Ils semblaient être du même genre. Je voulus passer une main dans sa chevelure brune pour l’ébouriffer affectueusement, mais je finis par interrompre mon geste. J’eus un soupir amusé puis je jetai un coup d’œil aux différents paquets.

- « A vrai dire, je suis venu ici pour présenter mes condoléances… »

L’un des cartons que le gamin avait lâché s’était entrouvert et j’avais pu voir les objets qui y étaient entassés. Il ne fallut pas bien longtemps pour comprendre que ce déménagement était dû à la construction du complexe scientifique. Avais-je au moins marqué un point avec cette initiative ? Va savoir… Mais plutôt que d’y penser, je préférai continuer sur ma lancée : « Mais vraisemblablement, vous avez l’air occupé avec ce déménagement, d’autant plus qu’il me semble que peu de Suzuri soient sur place… » De par ma sensorialité assez évoluée, je sentais tout de même pas mal de personnes dans les environs, mais lesdites personnes semblaient se déplacer un peu partout dans la grande demeure : « Néanmoins, serait-il possible de prévenir les personnes présentes ? Je doute avoir du temps à l’avenir pour une visite de ce genre, alors j’aimerais en profiter pour m’entretenir avec vous si cela est possible… » Je faisais un petit peu de forcing, mais un refus ne m’offusquerait pas. En attendant, je me baissai vers les boites que le gamin avait laissé tomber avant de les soulever sans aucun problème.

- « J’aiderais notre grand garçon à transporter tout ça en attendant. »

Qu’avais-je dit malicieusement en lui faisant un clin d’œil complice.
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Mer 25 Oct 2017 - 21:10
Misory n'avait pas beaucoup dormi cette nuit. Il semblait, de par la réaction peu réactive de son corps, que le manque de sommeil allait se faire sentir l'entièreté de la journée. Journée qui s'annonçait des plus longues et éprouvantes. La jeune femme n'avait pas eu l'occasion de rencontrer grand nombre de personnes de son propre clan, car elle était du genre timide et solitaire. N'ayant pu venir à Kumo lors de la création comme ses parents avaient prévu de le faire, elle n'avait pas spécialement réussi à s'intégrer comme elle s'y attendait. Après tous les événements qui s'étaient produits dans le village et alentours, un complexe allait être construit pour accueillir les chercheurs et scientifiques. Ces derniers étaient donc en plein déménagement. Les petits laboratoires que l'on pouvaient trouvé un petit peu partout étaient en mouvement.

Misory avait mit de l'ordre dans ses affaires, machinalement. Elle n'avait pas prévu d'intégrer ce complexe, mais elle y pensait distraitement. La mort de Shinobi Suzuri aussi l'avait fait réfléchir malgré tout. Elle ne l'avait jamais vu, ne le connaissait pas du tout, mais elle avait tout de même l'impression d'avoir perdu un proche. Après tout, il était plus ou moins de sa famille. C'était une tristesse douce et mélancolique qui envahissait le cœur de la jeune femme, qui, pour penser à autre chose, avait décidé d'aider certaines familles Suzuri à empaqueter leurs affaires.

Elle se dirigea alors vers le majestueux manoir qui regroupait quasiment toutes les familles du clan Suzuri. Elle savait tres bien où il se situait mais n'y etait jamais allée. Malgré le fait qu'elle ait vu de nombreux dessins représentant cette maison, elle fut tout de même surprise de découvrir la grandeur de cette demeure. La maison entière était entourée d'un jardin incroyable qui entraîna plusieurs cris de surprise de la part de la Suzuri. Elle y voyait tellement de plantes intéressantes, tellement d'arbres qu'elle n'avait jamais vus. Des structures inédites, des manières de faire propres aux Suzuri dont elle avait déjà entendu parlé mais qu'elle découvrait pour la première fois. La maison elle-même semblait ancienne, mais on voyait clairement que le tout était entretenu méticuleusement. Rien n'était laissé au hasard et cela ne l'étonnait en rien. Le clan de l'encre a toujours eu la réputation de faire les choses de la sorte.

Lorsque Misory entra dans le bâtiment, elle ne fut pas surprise de découvrir des personnes courant dans tous les sens. Ils faisaient des allers-retours de pièces en pièces, les mains pleines de cartons et de babioles en tout genre dont Misory ne connaissaient pas forcément leur utilité. Elle reconnut certaines personnes qu'elle avait pu croiser depuis son arrivée à Kumo, personnes qu'elle salua respectueusement d'un signe de tête, ne voulant briser le silence qui régnait malgré la teneur des actions en cours. L'air sentait la poussière, mais aussi les livres qui la logeaient. Il y avait d'autres odeurs que la jeune femme ne reconnaissait que vaguement, mais elle s'imaginait sans grand mal que cela devait provenir des différents laboratoires que renfermait la résidence. En s'avançant, elle découvrit une plus grande salle dans laquelle se trouvait un petit nombre de personnes. Misory ne les connaissait pas, mais elle ne put s'empêcher de reconnaître le Raikage en personne. Elle fut si surprise de le voir ici et presque gênée de le rencontrer avec un pareil accoutrement qu'elle lâcha un léger cri de stupeur et se reprit immédiatement. Elle fit une petite révérence et releva la tête doucement.

"Bonjour Raikage-sama."

Elle n'avait pas vraiment l'habitude des convenances à adopter, ne voyant que rarement des personnes de haut rang. Elle se tourna vers les deux autres personnes proches pour les saluer. Elle fit le même mouvement.

"Je suis Misory Suzuri. Je suis venue aider à préparer le déménagement."

Elle avait maintenant l'impression de s'être introduite dans la maison par effraction tant les regards étaient tournées vers elle. Clairement, elle n'avait pas sa place ici et son intervention ne faisait qu'empirer les choses. Oui, elle ne se sentait pas comme faisant parti du clan, et cette pensée lui pinça le coeur. C'était peut-être la première fois qu'elle réalisait que cela lui manquait de faire parti d'une communauté.

"Je suis désolée de vous avoir interrompu, ce n'était pas mon intention. Je vais trouver quelqu'un dans les pièces voisines pour me guider."

Elle était si gênée qu'elle resta un moment pétrifiée sur place, en attendant presque qu'on l'autorise à quitter la pièce.
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Mer 1 Nov 2017 - 21:48
La mère soupirait. Les membres du clan n’étaient pas réputés pour leur force physique, mais tout de même, il fallait bien qu’il soit capable de prendre la relève de son père un jour ; et si ce n’est en tant que médecin, au moins en tant qu’homme. La mère soupirait. Ni le Nidaime Raikage ni le clan Metaru n’étaient étrangers au clan Suzuri, mais tout de même, il fallait bien qu’il adopte une tenue plus correcte pour tenir ce rôle.

    « Tout de même… » Soupira-t-elle.

Ses sourcils se froncèrent avant que son visage ne se crispe. Shûuhei voulait sa présence la plus amicale possible, se destituant quasiment de son rôle de Kage ; une tentative équitable de mise au même niveau – d’autant que la couleur même de son habit avait été respectueusement choisie, une certaine mise en confiance qu’Hanae ne put s’empêcher de prendre pour de l’aisance. Le caractère désinvolte que dégageait ce personnage était l’essence même de cette rigidité presque dédaigneuse dont faisait preuve la majorité du clan à son égard. Kyoshi rendit un très léger sourire à l’invité qu’il salua silencieusement aux côtés de sa mère, avant de se retourner pour s’accroupir et remettre en ordre les boîtes qu’il avait renversées. Il avait entendu toute la conversation, mais l’air virulent qu’elle lui portait ne l’incitait pas à y prendre part.

Elle se retournait droitement vers son interlocuteur avec flegme, son visage ayant changé d’expression pour moins d’agressivité, mais toujours aussi ferme. Condoléances ou pas, cette visite ne la ravissait pas. Soupirant à nouveau, elle ôta ses lunettes ; elle n’en avait jamais eu besoin. C’était dans un esprit purement esthétique qu’elle les portait dans son laboratoire, parce que ça fait « mieux », parce que ça donne un air plus « sérieux ». La petite scène qu’elle avait faite avec ses verres n’était que comédie, une subtile expression de son dédain pour le Metaru. Attachant sa paire au col très peu révélateur de sa longue robe noire, elle acquiesça.

    « Bien… »

Ne pouvant parler au nom de l’intégralité du clan, elle était naturellement obligée d’accepter sa requête, même si ça ne lui plaisait guère. Jetant un nouveau regard à son fils pour s’assurer de sa compréhension, elle amorça sa sortie de la pièce quand elle fut arrêtée par une nouvelle invitée à la porte. Les cernes de l’une rappelèrent un instant la situation de l’autre, qui bien que d’une certaine beauté, manquait cruellement de sommeil. La tête relevée, le jeune garçon détourna son regard discret de Shûuhei qui l’avait quelque peu impressionné par la facilité déconcertante avec laquelle il soulevait les lourdes boîtes. Se tenant debout, il la regardait avec des yeux curieux. Elle se présentait comme étant une Suzuri, mais le brun n’avait jamais entendu parler de cette fille à capuche. Hanae, elle, lui adressait plutôt un regard condescendant.

    « Suzuri… Misory ? Très bien. Ceux-ci vont avec les livres et le reste des rouleaux dans la réserve. Kyoshi vous y conduira. »

Ni une ni deux, elle avait attrapé une vielle boîte en bois poussiéreuse – mais nettement moins lourde que celles que Shûuhei avait dans les mains – posée contre le mur pour la mettre entre les mains de la jeune fille sans lui demander son avis, ni même comment elle était arrivée là. Elle n’avait pas tenu compte des excuses de celle-ci qui, malgré sa volonté d’aider, importunait quelque peu. Même si elle ne l’avait auparavant jamais rencontrée, la chercheuse avait entendu parler de cette jeune Suzuri qui vivait seule en dehors du domaine ; un mystère qu’elle n’avait pas à cœur de tirer au clair. Sans plus de manières et légèrement irritée, elle en profita pour s’éclipser.

Le genin regardait passivement la scène. Il affichait un regard désolé à l’arrivante pour le comportement de sa mère, même si une aide supplémentaire était appréciable, elle tombait pour le moins mal. C’est alors que celui-ci se glissa sous un petit bureau de bois pour en extirper une petite boîte ; c’était son petit atelier à lui, qui allait maintenant peut-être disparaître. La boîte contenait quelques ustensiles en bois et sentait fort ; une odeur de plantes – ses préparations. Il la prit sous le bras puis, ouvrant une armoire, sortit deux grands rouleaux qu’il prit sous l’autre. Enfin, il quitta la pièce avant de se retourner vers la jeune fille et l’Ombre du village. Il pointait sa droite d’un doigt timide.

    « C’est… par là. »

Se frottant un peu l’œil à cause de la poussière, Kyoshi guida ses aînés jusqu’au fond du couloir où se trouvaient des escaliers qui descendaient dans un couloir bien plus sombre. Au même moment, les ombres qui rôdaient dans la demeure commencèrent à se rassembler devant la porte d’entrée, au bas des marches qui y donnaient accès. La bannière verticale de la cour avait déjà été levée, mais cette rapidité d’exécution – qui n’avait d’ailleurs pas perturbé le silence religieux de la résidence – était surtout due au silence des lieux qui était tel que la conversation du chef de clan Metaru avait aisément pu être écoutée à travers les murs.

Après avoir traversé un couloir éclairé à la bougie et au parquet bruyant, ils arrivèrent devant une vielle porte en bois. C’était curieusement la seule porte du petit couloir, l’existence de celui-ci était donc en elle-même assez étrange. S’assurant que personne n’était déjà à l’intérieur, le garçon ouvre la porte qui grince, perturbant à nouveau l’éternel silence propre aux Suzuri. La pièce, assez spacieuse et hautement plafonnée, pourvue d’un lustre aux ampoules jaunies, est mieux éclairée que le couloir. Une grande table en bois est installée au centre de la pièce qui sert visiblement de rangement, les murs étant tous occupés d’armoires et de bibliothèques très fournies ; et assez vielles, un rat se promenant même entre elles.

    « Vous pouvez tout poser sur la table. »

Quelques bouquins s’y entassaient déjà, certains encore ouverts. Et pour cause : cet endroit était l’un des lieux privilégiés des anciens. Ici, c’était eux qui s’occupaient du rangement. Laissant les deux visiteurs découvrir les lieux, Kyoshi se munit d’un tabouret qui traînait au pied de la table pour atteindre – tout de même sur la pointe des pieds et du bout des doigts – le troisième étage d’une grande étagère et y placer les deux rouleaux qu’il avait sous le bras.

    « On… on ne devrait pas trop traîner… »

Il s’était retourné en baissant la tête, ses mains se frottant nerveusement entre elles. Il était un peu gêné, d’autant qu’il ne s’adressait pas à n’importe qui. Regardant cet homme et cette fille dont il ne savait que penser depuis son tabouret, plus que gêné, il était confus. Confusion créée par les membres de son clan dont il ne comprenait pas la position. S’il n’avait jamais vu Misory, le Raikage lui avait l’air d’être une très bonne personne ; le garçon le trouvait même sympathique. Mais malgré ça, il allait devoir taire le sujet ; il connait la sienne, de position. À cette seule pensée, son visage se ternit tristement.
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Jeu 9 Nov 2017 - 0:36
Désolant…

Les réactions de cette femme étaient terriblement désolantes et pas qu’un peu. Son mépris était flagrant à mes yeux. Très flagrant. Trop flagrant même. Je me demandais parfois comment Shinobi avait pu composer avec ces personnes. Elles étaient presque désespérantes. Plus que ses réponses laconiques et le dédain qu’elle m’avait adressé, c’était plus le caractère limite exécrable qu’elle avait eu avec la jeune Suzuri qui m’avait presque choqué. J’aurai bien voulu la remettre un peu à sa place, mais ce n’était ni le lieu, ni le moment, d’autant plus que je n’avais pas forcément cette légitimité puisque je n’étais pas chez moi. Etre Raikage ne me donnait pas tous les droits, on s’entend. Finalement, nous suivîmes l’enfant dans un silence presque religieux, avant de déboucher sur une pièce qui semblait servir de débarras. Sur les indications du gamin, je posai ma charge sur la table qui trônait non loin de nous avant que le gamin ne prenne une dernière fois la parole pour nous conseiller de revenir très rapidement sur nos pas…

- « Ta mère en a encore pour un bon bout de temps, gamin. Ne t’en fais pas. Je les sens d’ici. »

N’est pas ninja sensoriel qui veut. Je devais être le plus puissant du village quand j’y pensais. Mes capacités me permettaient de couvrir tout le périmètre du village, bien que cela demandait une quantité assez conséquente de chakra. Là pour le coup et sans trop de mal, je pouvais sentir tous les mouvements des personnes circulant dans la demeure et sans quasiment rien dépenser. La zone n’était pas du tout immense et ne demandait que très peu d’efforts ainsi que de chakra à malaxer. J’eus finalement un sourire. Le gamin était mignon comme tout. D’ailleurs, je me rapprochai de lui avant de passer une main dans sa chevelure. Ses traits étaient tristes à voir, mais malgré tout… « Tu ressembles beaucoup à ton père, tu sais. » J’eus un sourire affable. Les affaires sur son vieux étaient toutes aussi sensibles que celle de Shinobi. Maintenant que j’étais raikage, j’avais hérité de plusieurs informations parmi lesquelles celles de l’état des membres de ce clan. Kaldea était maintenant la plus forte des Suzuri et de loin. La plus haut gradée aussi.

- « N’ayez pas peur de moi. Je ne vous mangerai pas. D’accord, je suis raikage, mais je suis ici en tant que simple membre du clan Metaru aujourd’hui. Ne l’oubliez pas. »

J’eus un sourire avant que j’adressai au petit brun, mais aussi à la blonde qui se tenait dans un coin. Celle-là même qui avait eu un petit cri qui m’avait arraché un rire ; bien avant que mon expression ne change du tout au tout suite au comportement de la mère du bonhomme que j’aimais bien naturellement. Il en allait de même pour la blonde. Elle était peut-être réservée et silencieuse, mais je l’appréciais bien. C’était spontané, sans explications vu que je ne la connaissais pas personnellement, et peut-être même pas réciproque, mais c’était comme ça. Qui plus est, il me fallait bien la féliciter sur un point en particulier : « Tu as été magnifique pendant l’examen à Shitô, quoique tu as été trop tendre avec ma fiancée lors de votre confrontation. Une fessée n’aurait pas été de trop tu sais ! » Je lui fis un clin d’œil malicieux. J’étais certain qu’elle avait dû comprendre que je parlais là de Nora. Pauvre moniale dont je m’étais royalement moqué lorsqu’elle avait quitté l’enceinte. Couverte d’encre de la tête aux pieds et plutôt secouée.

Juste merveilleux !

- « Je le dirais de manière plus officielle à tous les membres de votre clan, mais je commence avec vous : Pardon. Pardon de n’avoir pas pu sauver Shinobi. »

Là-dessus, je m’inclinai comme pour appuyer mes dires. On pourrait penser que j’étais fou de m’abaisser autant surtout qu’il ne s’agissait que d’adolescents devant moi, mais mon incapacité en tant que leadeur avait causé la perte de leur leadeur et je m’en voulais réellement. Un grand homme se reconnaissait parfois à ces petits gestes. Je n’étais pas grandiloquent. Je ne me couvrais pas de parures, mais j’étais quand même devenu le deuxième kage de ce village. Ces deux personnes avaient peut-être un lien particulier avec l’homme. C’était fort probable. S’il fut l’un de mes plus proches amis, Shinobi était aussi très mystérieux et parfois même solitaire tant et si bien que c’était à se demander comment il avait pu devenir chef de son clan. Là-dessus, les Suzuri dans leur ensemble m’avaient paru bizarre, mais il n’y avait qu’à voir Kaldea pour s’en rendre compte. D’ailleurs, Misory semblait être aussi de cette veine. Le culte du mystère était-il inscrit dans leurs gênes ? Bonne question qui méritait réflexion profonde.

Je finis par me redresser, petit sourire aux lèvres, avant de leur demander paisiblement :

- « Et si vous me racontiez les liens que vous aviez avec lui ? Comment était-il avec vous, par exemple ? »

Histoire de connaitre un peu mieux ces deux jeunes. Ceux-là même qui représentaient l’avenir de Kumo.
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Lun 4 Déc 2017 - 0:11
Ce n’était pas le genre de la maison de discuter les ordres ou de manquer d’organisation ; même si les Suzuri n’étaient pas de parfaits pantins conçus et fabriqués uniquement pour accomplir mécaniquement quelques tâches, ils y ressemblaient pas mal. Mais soit. Si le pas s’était emboîté plutôt rapidement, certaines ombres pouvaient vouloir rester cachées au savoir de la présence de la seule et unique Ombre du village parmi elles.

Kyoshi n’osa pas en rajouter, il ne pensait pas devoir plus de respect à quiconque qu’à cette personne. Il pouvait « sentir », sentir tout, sans grand besoin de se concentrer ; une prouesse qui avait de quoi impressionner, mais qui s’expliquait plutôt normalement considérant sa position. Le garçon le laissa approcher pour qu’il vienne mettre une main à ses cheveux. Sa main était rude, robuste, comme celle de son père, plus même, mais pas sûr qu’elle soit capable de manier le pinceau aussi bien que lui.

À chacun son art. Cependant, ce geste seul n’échappa pas de lui faire penser à son père disparu. Une bien triste pensée qui vint ternir son visage de rose et d’opale. Mais, alors que le chef des Metaru le comparait à celui-ci, son visage s’étira et ses yeux s’écarquillèrent.

« Tu ressembles beaucoup à ton père, tu sais. »


Jamais. Jamais de toute sa vie on ne l’avait comparé ainsi à son père. Et pour cause, il avait tous les traits de sa mère ; si ce n’est ses yeux… Il avait les yeux clairs de son père, un contraste assez marquant avec l’iris noir de sa mère. Mais peut-être qu’il parlait là d’une autre ressemblance que son physique… Kyoshi rougit. Il s’efforça de sourire, même si au fond, son cœur peinait d’une douleur inconsolable…

Résistant, il dut mettre sa curiosité de côté. Il avait tellement envie de demander où il était, s’il allait bien, mais ce n’était le l’heure ni l’endroit, et – à vrai dire – ni la personne. Des mois maintenant qu’il était parti, des mois qu’il n’avait plus aucune nouvelle ; et pourtant, son éducation lui permit à cet instant clé de supporter le poids de son silence. Pour se faire, ses mains étaient remontées jusqu’à son foulard qu’il serra fort contre ses paumes.

Le Raikage était un homme bon, sympathique, et il venait même de se montrer touchant. Vraiment… L’hostilité des siens envers cet homme lui échappait, de son jeune âge, il ne le comprenait pas. Son sourire et sa présence rassurante lui avaient même fait oublier les consignes de sa stricte mère. Il semblait plaisanter avec la fille qui se tenait toujours timidement là, avant de reprendre tout son sérieux ; comme ça, c’était inattendu.

Le jeune garçon s’étonna de plus belle, voyant ce même homme s’incliner ainsi devant eux, il se sentit à la fois honoré et gêné. Mais en même temps, les excuses qui précédaient le geste avaient déjà dépassé son faciès pour toucher son petit cœur.

« Vous… Vous… Non… Ce… Ce n’est pas de votre faute… »


Il baissait la tête. Ses yeux grands ouverts s’étaient tristement plissés pour retenir d’éventuelles larmes. La respiration plus lente et insistante, il ne pouvait plus se forcer à sourire. Lui rappelant l’absence de son père et celle de son bien aimé chef de clan, son cœur se serrait, se tordait sur lui-même. C’était beaucoup, beaucoup en trop peu de temps. Shîto… Ce détestable mot lui donnait la nausée. Il n’y avait pas grande haine en son petit être, mais s’il devait haïr quelque chose, c’était bien les évènements pour lesquels cet endroit était maintenant tragiquement connu de tous.

Shûuhei souriait. Envers et contre tout, il gardait ce sourire serein et confortant. Certains en rageaient, d’autres en pleuraient ou en souffraient, et lui souriait… Mais comment y arrivait-il ? N’avait-il pas ragé, pleuré, souffert, lui ? N’avait-il rien perdu de ce qu’il aimait dans tout ça ? Ou alors il n’aimait pas… Son sourire était peut-être mécanique lui aussi, à la façon des manières des Suzuri, à la façon dont Kyoshi rangea machinalement son tabouret à sa place en en descendant.

Et puis, finalement, la question fatidique. La question qu’on ne posait pas ici car il ne fallait pas la poser. Alors que l’homme l’avait posée innocemment, la Suzuri étrangère à son propre clan prit la porte sans préavis. Elle avait été assez peu expressive, mais on pouvait se douter que la situation la gênait, l’agaçait, voire l’énervait, en plus du fait qu’Hanae ne lui avait fait le plus chaleureux des accueils.

« »


Il n’avait pas vraiment réagit à ce départ furtif, les émotions l’envahissant bien trop désormais. Tandis que Shûuhei avait tenté de la retenir, le jeune enfant, lui, s’était retourné contre la table centrale pour attraper la petite boîte qu’il avait amenée sous son bras entre ses mains. Sa respiration s’intensifiait et en résultait l’ondulation irrégulière de sa cage thoracique alors qu’il luttait pour ne pas laisser s’échapper ce petit cri caractéristique du sanglot d’une âme en peine.

Il passa ses mains dans les herbes médicinales que son père lui avait appris à confectionner alors que de funestes souvenirs hantaient son esprit. Il déglutit. Puis, les yeux, la voix, le corps tremblants, il se retournait vers le grand homme pour lui faire face en relevant la tête ; son visage était déjà mouillé de quelques larmes qui dansaient encore en scintillant dans le bleu de ses yeux.

« Rai… Raikage-sama, vous… Vous sa-savez comment va… mon père ? »


En quelques secondes, il avait failli à tout ce qu’on lui interdisait ici. Il le savait bien, mais c’était trop. Tout ce temps, il s’était tu. Il avait tenu jusqu’ici, mais c’était trop long. Il s’était tu si longtemps que sa gorge lui en brûlait. Quelque part, il se doutait qu’on voulait lui cacher la vérité. Il avait attendu patiemment pendant longtemps mais… rien. Alors maintenant, il ne demandait même pas la vérité, venant de cet homme, il se laisserait même volontiers embobiner par un mensonge… Mais il voulait quelque chose. Rien, c’était trop dur à avaler, trop lourd à supporter.
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Jeu 14 Déc 2017 - 22:38
Le jeune Suzuri était mignon et touchant. Son faciès larmoyant et le ton de sa demande me transpercèrent le cœur. Devant tant d’innocence et de bonté, le colosse que j’étais était complètement désarmé. Les femmes et les enfants avaient toujours ce petit quelque chose qui me faisait fondre et ce gosse ne dérogeait pas à la règle. J’avais ouvert la bouche, mais aucun son n’en sortit. Je savais plus ou moins ce qui s’était passé. Mais que lui dire à l’heure actuelle ? La vérité ? Non. Je briserais certainement son petit cœur ; et ce d’autant plus que ce n’était pas mon rôle de le faire. Je n’étais pas de sa famille ni même son parrain, bien que j’aurai aimé l’être comme l’avait été Shinobi pour Kahei. Alors tranquillement, je m’avançai jusqu’à ce petit garçon qui me faisait de la peine, avant de le prendre dans mes bras sans hésiter. Je le serrai contre moi et passai une main dans sa chevelure de jais que je pris plaisir à caresser. J’aurai aimé avoir un môme comme lui. Que je couverais et dorloterais tout le temps. Ma prochaine union avec l’ex-moniale promettait de m’en offrir quelques-uns. Tout du moins je l’espérais très fort.

- « Il nous a envoyé une missive depuis sa position il y a peu. Le conseil a jugé bon de lui faire continuer sa mission. Nous devrions avoir très bientôt de ses nouvelles. Ne t’en fais donc pas. »

Mentir me faisait mal au cœur. J’avais moins de scrupules à embobiner de jolies jeunes femmes pour obtenir leurs faveurs, mais quand on parlait d’enfants, c’était autre chose. Pour le coup, j’essayais de le préserver, mais pour combien de temps encore ? Une question sans réponse qui me chagrina encore plus que je ne l’étais déjà. Et qui me révoltait aussi. Le mandat de Seijiro avait définitivement été entaché par des gaffes en tout genre. Des prises de décisions d’une connerie affligeante aussi. Comment avait-il pu sombrer autant ? Chaque jour, je me le demandais sans là encore trouver de réponses satisfaisantes. Je balayai donc ces réflexions inutiles pour être focalisé sur le jeune garçon que j’essayais de tranquilliser comme je le pouvais. Si je pouvais remplacer sa figure paternelle, je l’aurais fait volontiers ne serait-ce que pour alléger sa souffrance. Ce n’était même pas le raikage en moi qui parlait, ni l’illustre chef de clan, mais bel et bien l’homme. Uniquement lui. Là-dessus, je desserrai ma douce étreinte pour redresser son visage poupin vers le mien. Aucun doute possible : Je risquais de devenir un vrai papa poule, moi…

- « Crois en ton père. Toi plus que quiconque. Et sois fier de lui en toutes circonstances. Et puis, un ninja se doit d’être fort ! »

Je lui fis un clin d’œil avant d’essuyer les larmes qui roulaient le long de ses joues. J’essayais de l’encourager pour ne pas qu’il sombre dans la tristesse, mais je comprenais qu’il puisse atteindre ses limites. Ce n’était jamais évident pour un bambin de son âge, même si la plupart des gamins que j’ai connu étaient bien plus costauds que ça. Tous les Metaru, en l’occurrence J’eus soudain une mine dépitée. A bien y penser, nous étions vraiment une famille de fous. Ce n’était pas pour rien qu’on nous prenait pour des brutes sans cervelles, mais peu importait pour le moment. Je finis par le lâcher avant d’avoir un soupir amusé. J’aurai bien aimé le câliner encore et encore, mais je ne voulais pas envahir son espace personnel ou le mettre mal à l’aise. Ce n’était pas l’objectif et j’avouais volontiers être assez collant avec les gens que je trouvais mignons. Ouais. Moi le grand gaillard, taillé dans l’acier le plus pur et qui pouvait très facilement écrabouiller n’importe qui d’un seul poing. Les apparences étaient toujours trompeuses, comme quoi. Par contre, j’avais été déçu de voir ce qu’avait provoqué ma question sur leur ex-chef de clan…

- « C’est dommage qu’elle soit partie… »

Shinobi semblait être un sujet tabou. J’étais d’accord pour dire qu’il était spécial, mais tout de même… S’il avait pu supporter mon petit frère dans le temps, nul doute qu’il avait également dû chouchouter les gamins de son auguste clan. Quoique… Avec la gueule flippante qu’il affichant tout le temps, je pouvais imaginer l’effroi qu’il suscitait chez les jeunes Suzuri. Ce qui pourrait expliquer pourquoi Misory et Kyoshi n’aient rien dit à son propos… J’aurai pu me triturer les méninges sur le sujet, mais je sentis finalement quelques présences qui commençaient à se regrouper peu à peu dans l’un des endroits de la demeure. On ne devrait plus trainer dans le coin. Qui plus est, je ne voulais pas créer de problèmes au garçon. Sa mère semblait être stricte, limite même une coincée du cul. Des avis négatifs que je gardai pour moi bien entendu. « On aura l’occasion de parler plus tard. N’hésite pas à venir me voir à la demeure des Metaru ou même au bureau du Raikage, quand tu auras un petit bout de temps. » J’avais failli ajouter que je lui parlerais de son père, mais j’évitai cette gaffe in-extrémis. Gaffe qui lui aurait mis la puce à l’oreille, peut-être.

- « Allez, rejoignons les tiens. Je sens des mouvements et ta mère doit sans doute te chercher. » Qu’avais-je ajouté en me décalant comme pour lui signifiais que je le suivais.

Toujours avec le sourire. Toujours.
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Lun 18 Déc 2017 - 19:05
Il le serrait là, tout juste dans ses bras. Une sensation d’abord étrange ; n’osant reculer par timidité, Kyoshi rougit en se laissant faire. Vulnérable, il s’était pour une fois ouvert. Ouvert le cœur qu’on lui congelait d’habitude pour l’autoriser à le ressortir du congélateur lors d’un triste évènement pour faire bonne figure. Ce triste évènement, c’était la mort de Shinobi. Celle d’un leader aimé de tous, et qui aimait sûrement tout le monde aussi, dans le fond.

Ces grands bras l’enveloppaient complètement, et finalement, c’était chaud, accueillant, rassurant. Il ne se l’était jamais imaginé, mais c’était étrangement agréable… Tout comme les caresses qui passaient doucement dans ses cheveux. Et pour cause, c’était tristement presque une première. Les tendres marques d’affection du genre, même au sein d’un cercle familial restreint, c’était comme prohibé chez les Suzuri ; des êtres froids, droits et mystérieux qui avaient une réputation à tenir – chose qui valait aussi pour son père, qui n’en était pas moins le plus doux et affectueux possible. Pourquoi l’avait-on privé de ça tout au long de sa vie, au juste ?

Peut-être parce que maintenant, écoutant ses mots susurrés à ses petites oreilles, son cœur se desserrait sous la chaleur du soulagement. Peut-être parce que, en l’état, il ne pouvait que le croire sur parole. Quelques larmes de plus vinrent perler sur ses yeux, mais plus que de tristesse, c’était l’expression d’une joie profonde que son visage tout entier reflétait.

Pour une fois, il avait fait preuve d’un égoïsme le dépassant, si bien qu’il n’avait même pas dit un mot sur Shinobi ; mais celui-ci n’était pas totalement irresponsable des larmes produites sur ses joues. Et puis, même si cette étreinte gênait toutes les convenances auxquelles il était soumis ici et qu’il n’y répondait pas physiquement – bien trop timide et réservé pour passer lui aussi ses petites mains dans son dos et resserrer l’étreinte ; au fond de lui, il aurait voulu qu’elle dure bien plus longtemps.

C’était égoïste, mais lui, au sein du clan, il n’avait jamais connu la chaleur d’un corps aimant. Il avait été élevé de sorte à toujours savoir canaliser ses sentiments et émotions, à savoir les dissimuler comme un parfait ninja. Pas de grand-parent, pas d’ami, ni sœur ni frère, pas de mère et presque pas de père. Son amour, il le vouait au savoir et à l’art, ainsi qu’indirectement à Kumo. Tout ce qu’il avait eu, c’était quelques mains tendues pour faire bien et les caresses rugueuses du vieux papier sur lequel il s’autorisait parfois à passer doucement la paume de sa main.

« Ou… Oui, pardon… » Répondit-il finalement encore un peu timidement alors que l’Ombre expressément venue en tant que chef du clan Metaru essuyait ses larmes sur ses joues rosées.


Il repassa ensuite sur ses larmes séchées avec sa longue manche ; il fallait qu’il soit fort, il avait dit. Les manières de Shûuhei étaient bien différentes de celles du clan du jeune garçon, mais il avait pourtant bel et bien réussi à apaiser les angoisses de l’enfant tourmenté. Kyoshi le regardait fixement, comme obnubilé par l’aura chaleureuse qu’il dégageait. Si sa peine intérieure lui semblait bien plus surmontable lorsqu’il était ainsi blotti contre cette aura, il n’oserait pas s’y replonger. Car au fond, cet homme n’était ni son père ni qui que ce soit d’assez proche pour qu’il ne se le permette.

« … D’accord… »

Éloigné ou pas, il avait pourtant toujours ce sourire rassurant et assuré qu’on trouvait chez bon nombre de Metaru, une qualité qui leur était souvent ignorée. Kyoshi prit bien soin de refermer la porte en ayant besoin de forcer un peu à cause de sa petite poigne puis ils se dirigèrent vers l’entrée de la demeure.

Au pied des quelques marches juste devant la porte d’entrée principale s’était effectué le rassemblement demandé. L’intégralité du clan ne s’y comptait pas, mais deux bons tiers s’étaient rangés sous le cerisier en fleur. Kyoshi se tenant encore à côté du dirigeant du village lui adressa un dernier regard de gratitude avant de descendre doucement les marches pour aller se tenir près de sa mère au premier rang en baissant automatiquement la tête.
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Mar 26 Déc 2017 - 15:08
Tous les Suzuri n’étaient peut-être pas présents, mais les plus importants étaient là, face à moi : Les doyens du clan, Kaldea et même Takeshi étaient de la partie. Je balayai en vitesse toute cette assemblée, mais point de trace de Misory. Elle s’était tout simplement volatilisée. Voilà qui était dommage. Cela me peina presque, mais je ne montrai rien. Je n’étais de toute façon pas venu pour elle à la base. Mains jointes devant moi, je faisais face à toute au cl an de façon sobre et humble si on veut. Je sentais des regards hostiles, mais pas de quoi m’impressionner. Après avoir frôlé la mort à Shito à cause d’un titan d’une centaine de mètres, plus rien ne pouvait plus vraiment me surprendre…

- « Je tiens avant tout à vous remercier d’avoir répondu à mon appel. Votre rassemblement m’honore. »

Ma voix était calme, mais comme d’habitude, assez forte pour que tous les membres présents l’entendent sans aucun problème. Mon sourire s’était bien entendu aminci. Je n’étais pas un hypocrite, mais je savais adapter mes expressions faciales en fonction des circonstances. De toute façon, le sujet que j’allais évoquer n’était pas du tout joyeux pour que j’affiche une mine guillerette. Ou plutôt les sujets. J’allais peut-être m’étaler sur le cas de Shinobi, mais j’allais également évoquer mon investiture. C’était de toute évidence un sujet inévitable que j’allais caresser en surface à défaut de crever carrément l’abcès. Quoique non… C’était une très mauvaise idée en fin de compte. L’initiative devait venir d’eux même…

- « Comme vous pouvez le constater, je ne viens pas en tant que raikage, mais en tant que chef de clan et surtout, en tant qu’ami. Par ma voix, les Metaru dans leur ensemble vous présentent leurs plus sincères condoléances. »

Là-dessus, je m’inclinai une première fois pendant une poignée de secondes, puis je me redressai tout de suite après.

- « Je vous épargnerai les détails de sa mort, mais sachez qu’il faisait partie de mon équipe lorsque nous nous battions pour protéger les nôtres des assauts du sôshikidan. Shinobi a été courageux jusqu’au bout. Jusqu’à son dernier souffle ; et s’il y a donc une personne qui doit prendre ses responsabilités vis-à-vis de sa mort, c’est son supérieur du moment.

Moi par conséquent.

Plus que des condoléances, je suis ici pour vous présenter mes plus profondes excuses. Je n’ai pas pu le protéger comme je le devais et je suis sincèrement désolé. J’ai failli à mon devoir et mon incompétence a engendré cette perte qui peine toute la ville. Alors, encore une fois, je vous demande avec humilité de bien vouloir me pardonner. »


Je m’inclinai une deuxième fois devant tous ces gens. J’étais bien conscient que je tendais le bâton pour me faire battre et que je brisais des codes inhérents au maintien d’un grand raikage ; mais j’avais justement ôté cette casquette pour me présenter comme un ami et comme leur égal. La preuve était que je n’étais non pas debout sur les marches, mais bel et bien sur le sol au même niveau que toutes ces personnes. Ma grande taille me permettait de toute façon d’être visible aux yeux de tous. Après une bonne trentaine de secondes, je finis par me redresser. En vérité, je n’étais pas vraiment le responsable de sa mort, mais en tant que supérieur, j’en prenais quand même mes responsabilités.

Un raikage se devait d’avoir les épaules larges ; d’autant plus qu’on parlait de l’un de mes meilleurs amis.

- « Je n’aimerais pas abuser plus longtemps de votre temps, mais pour finir, je tiens à vous dire que je suis à votre disposition. Si vous avez besoin d’une aide ou de quoique ce soit, n’hésitez pas à frapper à ma porte. Les Metaru vous accueilleront à bras ouverts au nom de l’amitié qui lie nos deux clans. »

Une dernière courbette fut de rigueur, avant qu’un mince sourire ne s’en suive.

- « Merci de m’avoir écouté. »
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Lun 1 Jan 2018 - 23:33
Plus qu’un discours de circonstance, Shûuhei, actuel Raikage venu volontairement en qualité de chef du clan Metaru et « d’ami », adressait aux Suzuri qui s’étaient difficilement réunis pour écouter ses sincères condoléances en plus de leur manifester sa préoccupation du sujet. Il employait ici des mots et gestes qu’il n’était absolument pas obligé d’employer. De sa descente des escaliers pour se mettre à leur hauteur, à ses courbettes respectueuses, en passant par son insistance et sa volonté de faire et dire « plus » que ce que l’Ombre d’un village caché était censée faire et dire ; très peu étaient les manipulateurs d’encre qui n’avaient pas compris sa démarche.

Fidèlement à leurs habitudes, les rangs tout de noir vêtus étaient restés silencieux sans peine. La seule peine qu’ils ressentaient et qui n’installait pas de nouvelle atmosphère comme s’ils auraient à s’en rappeler était la triste disparition de leur chef de clan. Ils n’avaient pas cette douloureuse pensée d’un amer souvenir car ils y étaient encore plongés, constamment plongés dans cette douloureuse pensée qu’était la mort de Shinobi.

Ils avaient respectueusement écouté et pris en compte ses excuses, attendu dans un silence presque gênant que ses marques de respect s’estompent. Les avis étaient alors mitigés, même si l’on pu dire que les plus prompts à pardonner étaient les doyens. C’était eux les plus terre-à-terre, ninjas vétérans et de grande sagesse ; ils connaissaient les risques de la vie de ninja et avaient été prêts à accepter de mettre la vie de leur chef de clan entre d’autres mains que les leurs en cas de force majeure lorsqu’ils l’avaient laissé (même s’ils n’avaient pas le choix) partir pour Hi no Kuni.

Étrangement ou pas, Kyoshi n’avait pas trouvé sa mère dans le groupe. Une confusion incompréhensible, puis finalement une déception. Alors, il se trouvait près d’elle : cette fille de son clan devant laquelle il devenait toujours rouge comme une tomate. Elle devait être juste un poil plus jeune que lui et était tout aussi, si ce n’est encore plus petite que lui. Une chevelure blonde très peu commune chez les Suzuri, un sourire malicieux qui vous transperce le cœur ; elle était si différente de tous les autres, c’est un peu ça qui l’intriguait aussi… Et pourtant, il ne connaissait même pas son prénom. Moiri, Nori ou quelque chose comme ça ; son père était un affreux poète. Une fois, ils s’étaient croisés à la bibliothèque et avaient pu s’échanger deux mots, mais en dehors de ça, quand leurs aînés ne les surveillaient pas pour les tenir éloignés de toute relation sociale, sa timidité le freinait toujours.

« Il est plus grand que tout le monde Raikage-sama, est-ce normal ? » Chuchotait-elle à son père qui ne semblait pas trop faire attention aux remarques superflues de sa fille.

C’est lorsqu’elle tourna ses deux prunelles vers le jeune garçon qui la regardait que celui-ci sursauta et déporta son regard sur le Metaru qu’il avait aussi du mal à voir de sa position à cause d’une ou deux personnes qui gênaient sa vue. Au sein d’une famille normale, il aurait été porté sur des épaules ou quelque chose dans le genre. Enfin, c’est sûrement ce que son père aurait fait, s’il était là. En soit, il n’y avait pas compris énormément plus que ce qu’il lui avait déjà dit à lui et à l’adolescente volatilisée en privé, mais Kyoshi était sacrément touché par l’initiative du grand homme. En lui germait une certaine considération, de l’admiration, ou de l’affection… Il ne saurait le décrire lui-même. Bizarre.

Terminant son palabre sur une note amicale et bienveillante, l’Ombre s’apprêtait à quitter le domaine sous le silence des visages en réflexion. Si cette notion d’amitié ne faisait pas l’unanimité, elle laissait au moins les Suzuri qui avaient daigné écouter se questionner et remettre en cause leur jugement. Certains étaient tellement troublés dans leurs convictions qu’ils fermaient les yeux un instant pendant que les doyens, tous alignés au premier rang, gratifiaient le leadeur du village de regards de gratitude et de respect. S’il y avait bien des Suzuri sur lesquels les Metaru pouvaient compter, c’était eux.

« Il est drôlement fort quand même… » Se disait enfin Kyoshi en constatant le changement d’ambiance autour de lui. Eux, les siens, le Raikage était parti en ayant assoupli leur rigidité avec de simples mots, gestes et expressions. Allaient-ils vers une entente ? C’était incroyable. Enfin… Tout n’était pas rose non plus sur cette toile, car pas mal de têtus – dont sa mère – restaient encore sur leur position sans se poser de question ou même daigner écouter qui que ce soit, supérieur hiérarchique ou généalogique…
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Condoléances 「 Shūuhei ; Misory 」

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