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Consultation de 11h00 : #110 Watanabe Shiori


Dim 22 Oct 2017 - 20:05

Les pages se tournaient lentement tandis que le thérapeute faisait défiler les informations détenus dans ce petit carnet que son prédécesseur lui avait fait hériter. Là, il lisait ces mots écrits avec une calligraphie soignée et concise les différentes informations relatives à sa prochaine patiente, Watanabe Shiori. Tout était clair et pourtant, peu de renseignements étaient pertinents quant à la condition de la kunoichi. Il avait été précis et pourtant, si vague, comme s'il désirait faire son devoir de passation sans trahir le secret médical. C'était donc avec la tête pleine de question que le jeune thérapeute allait devoir recevoir la patiente.

10h54, il restait quelques minutes. Tout ce dont il aurait besoin pour terminer le rangement. Lentement, il déballait dès lors avec une infinie minutie le reste de ses effets qu'il disposait de manière organisée sur un bureau qui avait nettoyé et revernis. Délaissant d'un coup de main les quelques dépôts de poussière qui avait profité du rangement pour se glisser là, il continuait son petit assemblage tout en veillant à bien aligner les différentes affaires de manière parallèle et égale. Un ouvrage imposant, quelques carnets neufs et bien empilés, un stylo, rien ne dépassait, tout était beau, tout était à sa place, ne manquant pas d'insuffler l'esprit de Yamamoto d'un brin de satisfaction.

Le reste de la pièce était à l'image du mobilier à présent fourni de quelques effets. La petite baie vitrée qui donnait sur le village était transparente comme à sa naissance, une petite bibliothèque était organisée avec quelques bouquins soigneusement triés tandis que l'enfaçage était arrangé en une belle ligne. Au centre de la pièce, on trouvait alors trois mobiliers : un divan, un canapé ainsi qu'un siège, tous trois de couleur sombre et transpirant un confort enviable. Un ting se fit dès lors entendre sur la petite horloge disposée au mur, il était l'heure.

Enfilant sa blouse, il se dirigeait dès lors vers la porte -qu'il ouvrit-, accueillant sa première patiente du jour, sa première patiente tout court.
Watanabe Shiori ?
Feignant l'ignorance, il savait très bien que cette blonde demoiselle qui se pointait devant lui à quelques pas était bel et bien son encas de 11h00. Il avait hâte de déguster cette heure planifiée afin de jouer à son activité préférée : La dissection psychique. Rentrez donc mademoiselle, il est l'heure d'aller voir le docteur.


Dernière édition par Meikyû Yamamoto le Dim 22 Oct 2017 - 20:20, édité 1 fois
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Dim 22 Oct 2017 - 20:17
Lentement, mon regard se lève vers le mur en face de moi. Combien de temps que je suis là à attendre cet homme ? Celui qui me suit maintenant depuis plusieurs mois. Le premier à qui j’ai mentit, celui qui m’a permis d’ébaucher et de concrétiser mon plus beau mensonge. L’amnésie. Il y a cru. Pendant un temps. Ou bien, peut-être qu’il a cru que ce n’était de ma part qu’un refus de parler de cela, pour ne pas avoir cette impression de le revivre à chaque fois que je décris ce que le Yuki à bien pu me faire. Parce que c’est le cas… On dit que parler, ça soulage, ça fait du bien. Mais maintenant, je suis bien placée pour dire que c’est juste un putain de mensonge. Dire avec des mots, un flot de paroles inutiles, ce que l’on a vécu ne fait que rouvrir une plaie béante, mal ou pas du tout cicatrisé. C’est comme jeter de l’huile sur le feu. Fou et inutile. Et pourtant, au fil des semaines et des séances, il a toujours cherché à me faire parler, que je me livre à lui. En vain. Parce que je me suis murée dans un silence. Non pas par refus de me confier, mais de parler tout simplement. Parce que de toute manière, cela ne changerait plus rien maintenant. En aucun cas il ne pourra effacer ce qui a était fait. Le passé est un lourd fardeau.

« Midori, viens ici ! »

Je tourne un peu la tête, fixant cette mère qui cherche à rattraper sa fille. L’insouciance. Le plaisir de ne pas s’avoir. J’envie cette enfant qui ignore à quel point le futur peut être horrible, à quel point la nature humaine peut être sombre et cruelle. Je souris alors un peu tristement. Regrettant cette période, où j’étais à mille lieux de tout cela, de cette douleur, fracture psychologique que je tente de cacher, mais qui chaque jour tend à s’aggraver et se renforcer. Une blessure mal soignée, malgré le soutien et la présence de Tetsuko à mes côtés. Combien de fois maintenant en ai-je parlé ? Deux ? Trois ? Oui quelque chose comme ça… Mais étrangement, je ne l’ai jamais dit à cet homme qui n’attend que ça pour m’aider à me remettre. Maintenant, les épéistes sont au courant, le Mizukage aussi mais lui. Il reste toujours dans le flou et je ne me sens pas de lui dire. Après tout, ai-je réellement envie d’aller mieux ? N’est-ce pas là un moyen pour moi de me sentir toujours vivante que de ressentir encore et encore cette souffrance ? Non… Je ne pense pas…

Je secoue un peu la tête pour tenter de me chasser cette possibilité de la tête. Je ne suis pas comme cela. Prompt à souffrir pour rien ! Je me crispe alors un peu, les poings serrer sur mes genoux, mains que je fixe maintenant. Quand est-ce que je me suis réellement perdue ? Quand le changement a-t-il réellement commencé ? A la mort de mon père ? A la nomination de Benten ? Ma séance de torture ? Ou même encore bien des années avant quand j’ai rencontré ce ninja de Kumo ? Mon passé me semble soudainement lourd et complexe, un sacré poids sur mes épaules.

Je fini par soupirer, mon regard se posant sur le cadran indiquant l’heure un peu plus loin. Il est réellement en retard là. Ou bien, peut-être que l’erreur vient de moi et que je n’avais pas rendez-vous aujourd’hui ? Cela serait assez ennuyeux. Me levant alors de ma chaise, je m’approche du bureau des rendez-vous pour vérifier cela.

« Bonjour, je suis Watanabe Shiori et j’étais supposée avoir rendez-vous il y a de ça vingt minutes déjà avec Kaguya-Isha. »

« Bonjour. Je regarde cela. »

Silencieuse face à la femme, j’attends simplement sa réponse et ce qu’elle m’annonce maintenant ne tarde pas de me surprendre. Je fronce un peu les sourcils en écoutant son explication.

« Votre dossier a été transféré et le psychologue qui va maintenant s’occuper de vous ne devrait plus tarder à arriver. Nous avons eu un léger souci de communication et avons oublier de vous informer dès lors de cette information et le fait que votre rendez-vous était repoussé. C’est maintenant Meikyû-isha qui s’occupera de vous et il ne devrait normalement plus tard à vous prendre. »

Un nouveau soupire franchit mes lèvres. Dire que je m’étais plus ou moins décidé à enfin lui parler au moins un peu, maintenant, tout allait repartir à zéro, parce qu’il était hors de question que je me livre comme ça à un autre.

« Ce n’est rien, je retourne m’asseoir. Merci. »

Voilà ce que je me suis entendu répondre alors que maintenant, je retourne m’asseoir sur la même chaise. Agacée en quelque sorte par cela, bien qu’en même temps soulagés, parce que même si je prétends en partie être prête à lui parler à lui, il était au final, hors de question que je le fasse… Oui, mes bonnes résolutions ne tiennent pas longtemps, je l’avoue. Néanmoins, je dois bien avouer que j’appréhende clairement de me retrouver face à un autre homme pour soi-disant parler. Non, au final, je vais faire comme d’habitude et simplement rester silencieuse. Le silence est parfois bien plus agréable et gérable que des mots. Je n’ai plus envie de répéter tout ça, d’en parler encore à quelqu’un. De toute façon, le chapitre est presque clos maintenant. Alors remuer le couteau dans la plaie est inutile. De mon point de vue en tout cas.

Perdue encore dans mes pensées, aussi malsaines que désagréable, je ne fais plus réellement attention au temps qui passe, mes traits marquant malgré moi une certaine souffrance. Et puis, je sursaute, quand une voix grave et masculine m’appelle. Relevant vivement la tête, je pose mon regard sur le roux qui vient de se manifester. Est-ce lui l’homme qui va s’occuper de mon cas ? Qui va tenter de me faire parler ? Non. Je n’en ai pas envie. Ou plutôt. Plus envie. Me levant alors de ma chaise après quelque seconde d’hésitation, je prends une respiration et m’approche de lui. Une main tendue vers lui, un sourire léger sur les lèvres toutes traces, ou presque, de mes pensées de névrosées envolées. Mais cela ne reste que du bluff. « Bonjour. » Soufflais-je alors d’une voix calme.



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Dernière édition par Watanabe Shiori le Dim 22 Oct 2017 - 22:19, édité 1 fois
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Dim 22 Oct 2017 - 22:17
Le jeune Meikyû rougissait quelque peu tandis qu'elle lui tendait la main par courtoisie. Voilà bien des années qu'il s'était acclimaté à la vue des femmes de son clan, une telle beauté, ca ne courait pas le désert et c'est donc tout naturellement que sous l'effet d'un charme de première vue, il explorait le fin sourire qu'elle tendait.
Bonjour, je suis le Docteur Meikyû. répondait-il tandis qu'il serrait la main de la kunoichi.
D'un geste, il l'engagea à entrer avant de la diriger vers le sofa confortable d'un "Je vous en prie", ne manquant pas, encore sous l'effet du rouge, de profiter de son instant de galanterie professionnelle pour jeter l’œil sur le dos de sa silhouette, nonobstant toute déontologie professionnelle. Laissant un instant de silence s'installer, il se dirigea vers son bureau afin de récupérer un carnet vierge ainsi que son stylo-feutre avant de prendre ses aises sur le fauteuil individuel en croisant ses jambes. On pouvait entendre le bruit d'une feuille qui éponge l'encre tandis qu'il inscrivait sur la première page les premiers éléments : l'heure, le nom, et une vague première impression qu'il tenait de ce premier contact. Déposant le tout sur la table basse, il était l'heure de prendre soin de la patiente. Main sur le genou, il prit dès lors parole.
Nous vous avons informé de la situation j'espère ? Je suis Meikyû Yamamoto, thérapeute, et à ce titre, je remplace le Docteur Kaguya. Celui-ci m'a déjà informé des premiers éléments de votre suivi, mais je préfère tout de même rester complétement hermétique à tout ce que vous avez déjà pu échanger avec lui afin que nous reprenions tout depuis le début et que nous puissions avancer ensemble, cela vous convient ?
En situation d'entretien clinique, il était important de garder un espace aimable tout en ne tombant pas dans l'attachement. Conserver cette neutralité bienveillante qui protégerait la patiente et son thérapeute. Seulement, était-ce dans les cordes de Yamamoto, et surtout, le voulait-il réellement ?
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Dim 22 Oct 2017 - 23:04
Petit à petit, pas à pas, je m’approche de lui, de son imposante stature alors qu’il me dépasse d’une tête voire d’une tête et demi. Relevant ainsi la tête, tout en tendant ma main vers lui, je lui adresse un léger sourire, cherchant à masquer au maximum mon appréhension. Une simple salutation franchissant mes lèvres avant qu’il ne fasse de même en se présentant. J’acquiesce alors simplement, pour laisser voir que j’ai bien compris ses dires et laisse ma main retomber le long de mon corps une fois la poigne finie.

Le laissant alors prendre les devants, je le suis, entrant dans la pièce qu’il m’indique. Jetant un rapide coup à l’ambiance de sa salle de consultation, je remarque assez rapidement l’ordre et l’absence en même temps d’effet personnel. Pourtant, je ne dis pas un mot, me laissant simplement guider encore une fois pour prendre bord sur le sofa qu’il m’indique, m’installant sur le bord de celui-ci pour rester assise. Preuve d’un certain refus de me mettre à l’aise et dès lors de communiquer librement de ce que tout le monde qualifie comme un mal-être, mes souffrances, mes démons.

Détaillant le roux en face de moi alors qu’il prend place sur son siège et qu’il prend quelque note rapide, je reste silencieuse, me questionnant dans un sens quant à savoir ce qu’il peut déjà être en train d’écrire. Alors quand il pose son papier sur la table basse, je laisse mon regard s’attarder un peu sur la feuille, peut-être un peu trop curieuse. Rapidement, il me pose quelque question et j’hausse un peu les épaules.

« Oui, j’ai été prévenue. Il y a une vingtaine de minutes, il me semble. » Soufflais-je pour l’informer qu’il y avait eu un manque de communication assez important, même si je me doute fortement que ce n’est nullement sa faute. « Mais votre méthode me convient parfaitement. » Ajoutais-je alors pour rapidement répondre à sa seconde question. Néanmoins, je n’ai pas réellement envie de parler de moi, de ressasser encore tout cela. « Vous n’êtes pas ici depuis longtemps non ? » Le questionnais-je alors à mon tour, cherchant à le faire parler de lui, pour tenter de faire perdre du temps au maximum et ainsi ne pas avoir l’occasion de me faire poser des questions sur mes démons. « Vous avez repris tous les patients du Docteur Kaguya ou bien seulement certain ? » Je pose mon regard dans le sien, marquant un réel intérêt pour tout cela. « D’ailleurs, vous connaissez les raisons de ce changement ? » Et voilà une question un peu plus compliquée, qui peut-être relève de l’ordre professionnel et dont il ne pourra pas me parler, mais je tente quand même, pour essayer de le faire réfléchir et surtout discuter de choses qui n’ont pas tant à voir avec moi que cela. Une fuite, à mille lieux de celle que j’ai toujours utilisé jusqu’à présent. Parler pour détourner l’attention et non pas juste se murer dans le silence. Espérons juste que le rouquin ne va pas mal le prendre.


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Dim 22 Oct 2017 - 23:37
Lentement, les deux prennent leurs aises, même si la kunoichi elle, reste un peu tendue comme un balai. Est-ce moi qui t’impressionne jeune dame ? Non, il le savait que trop bien que le premier rendez-vous n'est pas toujours fécond à la bonne ambiance mais comme tout homme, il espérait plaire, thérapeute ou non. Certaines personnes trouvaient raisonnable de ne rien dire, de rester silencieux sous l'attente de l'ordre du maître des lieux, tandis que d'autres préféraient meubler l'espace en déblatérant niaiseries et futilités, mais comme tout bon hôte, Yamamoto se devait de jouer le jeu.
Je vous prie de nous excuser pour la gêne occasionnée, car oui, comme vous avez pu le deviner je suis nouveau dans la région, si l'on puis dire.
Il n'était pas l'heure de ramener sur le devant de la scène l'objet de ses longues années de vie à Mizu no kuni. Car à ce temps-là, ce n'était pas avec des mots qu'il traitait les problèmes des bons gens.
Je suis originaire de Kaze no kuni, j'espère me plaire ici, on m'a dit beaucoup de bien de Kirigakure. Pour l'instant vous êtes ma première, et je n'ai pas été informé de la raison de son départ et à vrai dire je m'en tamponne l'oreille avec une bottine. Mais revenons à vous. finissait-il en joignant les mains et en visant la kunoichi, désireux de briser la glace et de rentrer dans un sujet un peu plus excitant.
Laissant s'écouler quelques secondes, il espérait bien entrevoir un brin de réaction avant de reprendre parole.
Qui êtes-vous ?
Orthodoxe était sa question pour la pratique. Il avait un intérêt croissant à ne pas s'attarder sur les étapes basiques de l'entretien. Exhaustif et valide se devait d'être le premier entretien, tout en permettant de gagner l'engagement de la patiente et d'établir un plan thérapeutique. Voilà des lunes qu'il n'avait pas converser en situation clinique alors c'est avec cet appétit un peu hâtif qu'il démarrait parce une question aussi large que personnelle. Il n'avait guère de curiosité quant à ses mots, car oui, après tout, il la connaissait déjà sur les bouts des doigts du moment qu'elle avait franchit le seuil de cette porte. Une jeune femme, vêtue sans excès, transpirant un caractère timoré, un manque de confiance, victime d'un mal-aise qui la ronge. D'ici quelques minutes elle lui parlerait de son activité de kunoichi, de la précarité de sa situation, de ses tensions familiales, pour finalement déblatérer inconsciemment que tout ce qu'elle désire, c'est se faire pénétrer par ce shinobi là un peu gradé et pourtant si inaccessible, hmpf... ils le font tous.
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Dim 22 Oct 2017 - 23:51
J’arque un sourcil à ses propos. Ainsi, il est déjà venu ici avant ? Ou bien est-ce que je dois comprendre ses mots d’une tout autre façon ? Je ne le sais pas et j’avoue que cette situation est pour moi inconfortable. Je n’aime pas ce climat, cet endroit, même si ce n’est pas sa faute. Je préférerais réellement être ailleurs, quitta a parlé autour d’une bouteille de saké ou je ne sais quelle autre boisson. Car en réalité, je suis certaine que je serais plus apte à me livrer comme ça que dans cet endroit pourtant prévu à cet effet. Ainsi, j’essaie de détourner son attention, retenant ses mots afin de pouvoir les utiliser et former des questions en adéquation avec. Pourtant, un peu trop rapidement, il cherche à faire venir le sujet sur moi. Après tout, il est payé pour ça, pour me faire parler et tenter de me faire aller mieux. Je me crispe un peu, ma mâchoire serrée, je baisse un instant le regard alors qu’il me pose cette question fatidique. Je réfléchis un instant, avant de finalement relever le regard sur lui.

« Kaze, c’est le désert là-bas non ? » Oui, j’ignore délibérément sa question, parce que je n’ai pas envie de parler de moi, de m’étaler sur tout ça et que j’ai réellement envie de penser à autre chose, au moins pour une fois. Après tout, aller mieux ne veut pas forcément dire parler, mais réussir à lâcher prise et oublier durant un certain laps de temps ce qui nous détruit et nous pourris de l’intérieur non ? « Je n’ai jamais quitté Mizu pour ma part. Du coup, j’avoue que je suis un peu curieuse de savoir à quoi ça ressemble. Vous n’en auriez pas une représentation ? » Je penche alors un peu la tête, souriant un peu, cherchant à faire l’innocente alors que d’une certaine façon, je me moque réellement de lui en éludant ainsi ma présentation. « D’ailleurs… » Je réfléchis alors quelques secondes à la formulation de ma nouvelle question. « Votre si je puis dire. Il signifie quoi ? Que vous êtes déjà venu avant ? » A ce rythme, il va me prendre pour une journaliste avec toute les questions que je pose… Du moment qu’il ne me prend pas pour une folle ou je ne sais trop quoi, ça m’ira… Surtout si on ne parle pas de moi.

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Lun 23 Oct 2017 - 0:16
Typiquement typique. Elle avait les ténèbres des filles de la région, mais ne partageait pas leurs crocs, semblait-il. Laissant échapper un fin rire, il s'amusait de la situation. Elle était un livre ouvert aussi facile à lire que disponible. Ses mots en disaient bien plus sur elle qu'elle ne l'aurait fait en répondant simplement à la question. Elle ne souhaitait pas rester classique et respectueuse, fort bien. Un jeune thérapeute aurait certainement été gêné par un tel manque de conformité, mais Yamamoto avait une belle bouteille et il ne comptait pas être victime du petit jeu crédule de la blonde kunoichi.
Vous vous dérobez tout le temps des simples questions d'usage ? interrogeait le Meikyû.
Kaze no kuni, Mizu no kuni, la guerre, ses tatouages camouflés, le clan Meikyû, il ne comptait pas déblatérer un traître mot de son passé et de sa vie. Donner un semblant de réponse serait revenu à lui faire croire qu'il était question de sa propre personne et non de la sienne. Laissant le temps s'écouler, il attendait qu'elle moufte, qu'elle se dévoile à lui afin qu'ils puissent entamer le cœur du sujet et avancer ensemble dans l'exploration de sa pensée, de sa psyché. Soudain, gêné par un rayon de lumière un peu trop insistant il s'en alla baisser quelque peu les stores avant de reprendre son assise. L'atmosphère était à présent baignée d'une luminosité tamisée qui rappelait vaguement sa terre natale lorsque le soleil était à son zénith et qu'il fallait préserver la fraîcheur de la maisonnée. Sous cette pensée, les souvenirs étaient extirpés de sa mémoire tandis qu'il attendait réponse à sa question. Il se revoyait avec son clan, avec son neveu, sa sœur, sa cousine, à s'entraîner sur le sable brûlant et à forger son corps sous la pénibilité d'une chaleur étouffante. La vie aréique a ça d'être propice à la convivialité, car en effet, lorsque la nature est votre ennemie et que les bandits sont légions, vous n'avez pas le luxe de pouvoir choisir la claustration. À ce moment, votre famille demeure votre plus grande protection et votre assurance. Vous apprenez à les aimer, à les chérir, car vous savez au fond de vous que vivre sans eux, c'est choisir la faucheuse.
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Lun 23 Oct 2017 - 0:33
Un léger rire franchit à mon tour mes lèvres quand il me pose une nouvelle question. Penchant un peu la tête sur le côté, je laisse entendre deux petits mots. « Qui sait ? » Provocation ? Oui et non, parce que je n’avais pas envie de lui donner une réponse limpide. Instaurant dans un sens, une sorte de jeu entre lui et moi, quant à savoir qui arriverait à poser la dernière question, qui obtiendrait enfin une réponse concrète de l’autre au lieu de se renvoyer encore et encore la balle. Chose que je compte d’ailleurs continuer de faire à cet instant.

Redressant ainsi un peu la tête, je laisse mon regard se posé dans le sien alors que je croise mes jambes et pose mes mains sur mon genou, que mon yukata court ne couvre nullement. « Pourquoi me demander qui je suis alors que vous savez parfaitement ? Il n’y a rien à dire de plus sur moi que les bruits qui court vous ne pensez pas ? » Je relève alors un peu la tête, le toisant légèrement pour réellement être dans la provocation. « Car même si vous dites ne pas vous fiez à ce que votre prédécesseur à bien pu dire sur mon compte, vous vous êtes déjà faites une image de moi, n’est-ce pas ? Vous savez déjà quoi penser de ma personne et vous vous complaisez dans un petit jeu pour tenter de me faire parler, je me trompe ? » Je souris alors un peu en coin, avant de porter l’une de mes mains à mon visage pour appuyer mon menton dessus, mon index sur ma joue. « Si vous voulez que je vous parle de moi, parlez-moi d’abord de vous, c’est ce que l’on appelle la galanterie, il me semble ? » Et là, je suis réellement entrée dans un jeu de provocation pure, arborant un masque qui ne me sied guère d’une fille trop confiante en elle, pour chercher à me protéger, pour ne pas me livrer à lui, quitte à ce qu’il perde patience et m’envoie sur les roses. C’est un peu ce que je cherche je crois, qu’il abandon mon dossier, mon cas, pour ne plus être suivie, bien que je doute que ça puisse réellement aider.

Je soupire alors un peu. Jouer les muettes, c’est bien plus facile que de faire les hautaines… J’aurais réellement du garder cette habitude et pas vouloir jouer comme ça avec le feu, car je risque réellement de me brûler les doigts et de me faire avoir à mon propre jeu.

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Lun 23 Oct 2017 - 21:39
Le regard fixe, il la transperçait d'un œil aiguisé tandis qu'il soutenait son menton de deux doigts. Malicieuse ? Arrogante ? Elle transpirait à ses yeux une personnalité malodorante, toxique et pernicieuse. La petite chipie désagréable transposait sa petite frustration de kunoichi "basique" à travers ses échanges avec le thérapeute. Aux yeux du Meikyû, il n'y avait aucun doute à présent, elle serait étiquetée comme une garce aussi impolie que méprisante.
Vous savez, la galanterie n'a pas lieu d'être dans cette pièce. Je suis votre thérapeute, je ne suis pas ici pour vous mettre mal à l'aise, bien au contraire. rétorquait le docteur tandis qu'il translatait leur relation en faisant des aller-retours du doigt entre elle et sa propre personne.
Elle avait ce dédain mesquin, cette audace puérile de se sentir poussé des ailes dans cette situation, car elle savait bien que dans cet hospice on lui donnerait l'occasion d'ouvrir sa gueule, de clamer ses petits tracas, à la différence de la zone publique où elle serait astreinte à la fermer comme la bonne femme qu'elle était.
S'il faut que je parle de ma propre personne afin que vous puissiez comprendre que je ne mords pas, alors très bien, je me soumettrai à votre exercice.
Croisant les jambes de l'autre sens, les mains sur les genoux, bien enfoncé dans le canapé, il reprenait une position plus confortable.
Que voulez-vous savoir au juste ? Il n'y a pas grand chose à dire, je suis originaire de Kaze no kuni, j'ai fait quelques interventions en tant que thérapeute dans le pays il y a de cela quelques années et je reviens sur cette terre pour retrouver de la famille qui a emménagé dans le coin.
Une partie de lui tendait à croire qu'il n'avait que faire de ses jérémiades, de ses paroles stériles et son attitude réfractaire, car après tout, quels que soient ses mots, d'ici quelques dizaines de minutes la séance prendra fin et elle ouvrira sa petite bourse pour cracher les sous. Néanmoins, demeurait dans l'esprit du jeune Meikyû une certaine curiosité d'en savoir un peu plus sur celle-ci, de creuser le sujet et d'entrevoir au-delà de ses mécanismes de défense la réelle source de son agitation et de ses piailleries. Au fil et à mesure de l'observation il prenait conscience de l'existence d'un petit mystère qui entourait la kunoichi. Quelque chose n'allait pas, quelque chose était étrange, et de là, l'intrigue prenait tout son sens.

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剛隷 -Le Golem de Kirigakure
« It's meaningless to just live.
It's meaningless to just fight.
I want to win.
»
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Lun 23 Oct 2017 - 22:46
Le doigt posé sur ma joue, je le regarde, cette lueur malicieuse teintant légèrement mes pupilles pour tenter de camoufler mon mal-être d’être là. Je joue un rôle, qui ne me sied guère, mais une façon d’agir pour tenter de parler d’autre chose. La fuite. Une chose que j’apprécie ici, dans cet hôpital. Je déteste cet endroit et tout ce qu’il représente. D’ailleurs, je me rends bien compte que tout cela ne lui plait aucunement. J’hausse un peu les épaules. On ne peut pas plaire à tout le monde et dans un sens, j’en ai un peu rien à faire de lui plaire. Parce que si cela venait à arriver, je me livrerais à un homme qui est juste présent dans ma vie, uniquement pour me soigner d’une psychose provoquée par un autre shinobi. Je pourrais prendre la mouche à sa façon de me parler, y décelant d’une certaine façon un manque de considération. « Alors, parlez-moi de vous, si vous ne voulez pas que je sois mal à l’aise. » Avais-je alors rétorqué un peu trop rapidement.

Il semble alors accepté ma demande, bien qu’un peu trop vaguement quand même. Je laisse mon regard détailler son visage, ses traits. « C’est en effet ce que je vous demande. » Lui confirmais-je doucement, en affirmant un peu plus ma position, prenant davantage appui sur ma main. Suivant ses mouvements du regard, je ne peux m’empêcher de lever les yeux au ciel, en entendant sa réponse. En somme, il ne parlera pas réellement de lui comme ça. Pourtant, je ne peux m’empêcher de sourire un peu. « Qui êtes-vous ? » Lui demandais-je alors, lui retournant tout simplement la toute première question qu’il m’avait posée. Un jeu assez dangereux en quelque sorte, mais auquel je me prête quitte à ce que je l’énerve réellement. Mais j’en ai que faire, au pire, il ne voudra plus suivre mon cas et cela est la chose la plus arrangeante qui soit. Je devrais peut-être le pousser à bout ? Tester de trouver la limite de sa patience, tout en restant quand même dans une certaine politesse. Reste juste à savoir comment je pourrais bien réussir à faire cela… « Et je veux un peu plus de détail que la présentation bien trop brève que vous m'avez faite il y a quelque minutes. »

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Lun 23 Oct 2017 - 23:09
Une patiente un peu trop zélée qui tente d'inverser les rôles c'est assez courant. Elle a goûté à ce petit zeste de puissance, ce plaisir de se sentir maîtresse de la situation. Sûrement ne l'avait-elle pas dégusté depuis des lustres ? À vrai dire, qu'en savait-il, il ne la connaissait que depuis quelques minutes après tout. Elle était telle une chienne ayant posé les crocs sur un morceau de barbaque qui se languissait à présent d'en déguster un nouveau. Pff.. ruminait-il intérieurement tandis qu'il conservait sa face neutre. Elle joue le défi, répliquant ses mots, tentant de l'atteindre. Elle désirait lui faire perdre patience, seulement n'avait-elle pas conscience qu'elle avait en face d'elle un roc robuste qui a fait face à des monstres bien plus imposants que cette petite biche qui s'est senti poussée des ailes et des dents.
Est-ce ça votre "jutsu", votre technique de défense, à vous défiler devant la moindre interrogation ?
D'un bras tendu à son paroxysme, il récupérait dès lors le cahier de son prédécesseur, relisant quelques paragraphes qui s'étaient amenuisés dans la mémoire du jeune docteur. Refermant celui-ci, il pointait la couverture vers la kunoichi en signe d’interpellation.
Nous allons faire un petit exercice si vous le voulez bien. J'ai entre mes mains les notes que m'a légué mon prédécesseur avant son départ. Une certaine partie de ce cahier contient des informations à votre sujet, une brève histoire de vous ainsi que quelques éléments de suivi.
Prenant une pause, il la jonchait du regard avant de reprendre parole.
Je veux que vous me disiez, de la manière la plus franche possible, selon votre avis, qu'est-ce qu'il a bien pu inscrire sur votre personne.
Il sonnait l'heure de l'épreuve. Trahissant cette confiance qu'il avait hérité du fait du secret professionnel, il avait décidé d'outrepasser les règles de l'éthique et de complétement anéantir toute déontologie à l'égard de son collègue. Les séances thérapeutiques sont à l'image des champs de bataille : il n'y pas vocation à faire sa proprement, toute solution est bonne à prendre lorsqu'il faut avancer. Néanmoins, était-il vraiment question "d'aider" la kunoichi ?

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Mar 24 Oct 2017 - 0:37
« Je vous retourne bien volontiers votre compliment. » Soufflais-je en le regardant droit dans les yeux alors qu’il tente peut-être un peu de me déstabiliser en parlant de défense et de fuite si ouvertement. Je reconnais bien volontiers que je fuis, pour ne pas parler de moi, mais ne fait-il pas exactement la même chose à cet instant ? Un effet miroir, c’est ça que l’on fait non ? Il me renvoie la même image que je tente de faire. C’est un peu déroutant, mais pas au point d’être déstabilisant. Après tout, tout cela n’est que du blabla qui ne m’aidera en rien. Une perte de temps et d’argent que je fais pour tenter de montrer une pseudo-bonne volonté aux autres en faisant ainsi croire que je cherche à me remettre de ce qu’Eiichiro m’a fait subir. Une mise en œuvre stupide et ennuyeuse au final. L’entraînement serait bien plus constructif que tout ça.

Un soupire franchit mes lèvres alors que je change maintenant de position. Il parle, me propose un pseudo jeu auquel je n’ai aucunement envie de participer, ni même de jouer pour tout dire. Je croise alors les bras sur ma poitrine, mon regard le toisant un peu, restant tout bonnement silencieuse alors qu’il prend encore un peu la parole pour tenter de me motiver. C’est vain, mais totalement. Mon regard se posant dans le sien, je ne pipe plus un mot. Il n’est plus question de provocation, de joueuse les emmerdeuses et de lui poser mille et unes questions bateau. Juste de jouer les carpes, de ne rien dire. J’ai des séances d’entraînement ou justement je reste sans parler, à juste voir mon thérapeute chercher à me faire parler, mal à l’aise de me voir jouer renfermée sur moi-même. Je ne parlerais pas ou plutôt, je ne parlerais plus jusqu’à la fin de la séance. Le seul moment où il entendra encore ma voix, c’est uniquement quand je le saluerais pour partir ou qu’on parlera de ce foutu prochain rendez-vous.

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Mar 24 Oct 2017 - 18:35
Il n'y a rien de plus intime, de plus chargé qu'un silence partagé disait-on. Seulement, était-ce réellement de l'intimité qu'ils partageaient ? Non. C'était le mutisme de la crânerie, un dialogue perfide qui représente néanmoins un terrain très fertile pour le thérapeute et son analyse. Par son silence, la jeune kunoichi révélait beaucoup de vérité. Elle pensait le gêner ? Seulement, s'il avait bien une vocation à la faire communiquer, il n'a jamais été question que celle-ci soit forcément porter par la parole. Car oui, petite Watanabe, en ce moment même, nous correspondons. Quel doux dialogue que le langage des yeux et des gestes, quelle merveilleuse cascade d'idée prononcée dans le calme le plus complet.

Déposant le carnet sur la table à son niveau, il était à présent à portée de la Sabreuse qui devait bouger son postérieur pour l'atteindre. Qu'elle fasse donc si elle le désire, lui se complairait très bien à l'observer, à la dévisager, les yeux dans les yeux tandis qu'il demeurait là, les genoux croisés, l'expression indifférente.

L'omission de toute parole se fit ressentir au moment où les deux protagonistes, une fois acclimatés à ce mutisme, pouvaient entendre le doux vacarme, le doux chaos bruyant de cette horloge qui fait fonctionner sa mécanique. Les aiguilles dans leurs cycles reproduisaient le bruit des tambours à une échelle minime, qui grâce au silence, était mis complétement en exergue.

Il aimait ce jeu, il aimait cette situation. Non, il n'avait pas ce désir puéril de la voir craquer pour montrer qu'il était le plus endurant, c'était bien plus que ça. Il pouvait à présent porter son esprit dans le reflet de l'âme de la kunoichi, transperçant son être, atteignant les plus profondes minuties de sa psyché. Ses micro-expressions trahissaient son non-dit, ils représentaient le code de son Moi profond qu'il s'amusait à décrypter avec une profonde motivation. Elle est telle un reflet sur la surface de l'eau, trompeuse... réalisait le Meikyû.

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Mar 24 Oct 2017 - 20:34
Même quand on marque un refus de communiquer, on parle quand même. Montrant par des gestes ce refus. Comme on le dit souvent, il est impossible de ne pas communiquer. Quoi que l’on fasse, il y a toujours des informations qui filtre. Le silence montre un refus de parler, de se livrer. Mais il reste toujours le non verbal qui est là pour influencer et faire comprendre des choses au monde qui nous entoure.

Ainsi, les bras croisés, je montre à ce thérapeute sortir de son désert, un désir de me protéger, de garder pour moi ce qu’il me demande. Un refus tout simple de me livrer à lui, comme à n’importe qui d’autre. Preuve flagrante que je suis sur la défensive. C’est d’ailleurs pour cela également que je baisse assez souvent la tête, pour fuir le regard de l’homme en face de moi. Je me replie sur moi, pour ne pas parler, pour ne pas le laisser m’introspecter en quelque sorte. Parce que si son prédécesseur tentait de combler ce silence, lui, il ne fait rien et se contente simplement de rester tout aussi silencieux que moi… Chose qui accentue en plein mon malaise d’être présente ici. J’ai envie de partir.

Je me râcle alors légèrement la gorge, pour tenter de combler un peu se silence. Gênée par celui-ci. Mes jambes croisées tout comme mes bras, je donne de léger coup de pieds dans le vide, trahissant mon ennui. Le temps s’écoule trop lentement, bercé par le tic-tac de sa pendule. C’est dans des moments comme ça, qu’on réalise qu’en réalité, le temps qui passe est bien trop lent… Pourtant, si je fais une rétrospective sur ses six derniers mois, voire même tout simplement depuis la mort de mon père, je suis forcée de reconnaître, qu’en réalité, le temps passé vite. Trop vite même.

C’est ça… Ici, c’est un peu comme une pseudo-pause après le tumulte de ma vie. Je ne devrais pas chercher à abréger ce moment, pourtant, je ne peux m’empêcher d’avoir cette impression de perdre mon temps… Parce que là, tout ça, c’est et ne sera jamais constructif à mes yeux.

Relevant un peu le regard sur lui, espérant qu’il va réellement briser le silence, même si je ne lui répondrais pas… J’en ai marre de cette ambiance trop lourde. Parce qu’on est tous les deux dans l’attente de quelque chose au final et c’est malsain. J’aime pas du tout.


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Jeu 26 Oct 2017 - 1:21
Le manque de parole commençait petit à petit à alourdir l'air et rendait de plus en plus pénibles les cliquettements continus et aliénants de l'horloge. Figé, il continuait son petit exercice tandis qu'elle dévoilait ses réactions de plus en plus envahissantes. Elle s'était creusé sa propre tombe. Elle qui avait décidé de se priver de parole commençait graduellement à souffrir de son propre mutisme. Espérait-elle qu'il l'ouvre ? Qu'il cherche à tout prix à la faire s'exprimer ? Qu'il s'incline devant son jeu puéril pour courber l'échine devant sa volonté toute-puissance et à l'épreuve du clinicien ? Lui n'était guère de ceux qui souffraient du silence, il comprenait l'intérêt de l'arrêt de toute parole, de cette tranquillité vocale qui lui permettrait d'aérer son esprit et de vaquer à la lecture de la kunoichi. Il lisait tranquillement ce recueil de données très complet qu'elle livrait machinalement toujours habillée de ce visage qui dévoilait son mécontentement.

Plongé dans une lumière tamisée qui se voulait de plus en plus ténébreuse, ils ne tarderaient pas avec ce soleil qui avait changé de cap à se retrouver baignés dans une luminosité intime. Là, les deux globes oculaires de l'apogonidé révélaient cette couleur ambre vaguement commune et pourtant si singulière. Elle était belle, même magnifique. Lui qui n'avait aperçu jusqu'à présent que sa beauté superficielle se rendait désormais compte que la qualité de ses traits, que les circonvolutions de son visage étaient plus empruntés du divin que du commun. Certains traités de science révélaient qu'il suffisait de regarder dans le blanc des yeux une personne durant quelques minutes afin de tomber amoureux. Si cet éden mystique n'avait pas encore atteint le thérapeute qui contrôlait durement le phénomène, il en restait que cette teinte pourpre sur ses pommettes trahissait une émotion aussi convulsive qu'involontaire. Un fin rictus sur ce visage pourtant si inerte de base étalait au grand jour pour qui avait l’œil de lynx que le jeune Meikyû venait d'exhiber involontairement une réaction qu'il aurait préféré enterrer. Tss...

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Lun 30 Oct 2017 - 16:09
Je ne céderais pas. Il était hors de question que je sois la première à reprendre la parole et ce malgré mon agacement de voir le temp s’écouler si lentement et silencieusement. Si au moins il me posait des questions pour permettre à mon esprit de divaguer un peu, de réfléchir à ce que je lui dirais si j’étais décidé à lui parler… Mais non. Non, j’ai l’impression d’être devant un satané mur. Silencieux et presque immobile. Posant mes iris sur lui, le visage fermé, marquant un certain agacement de cette situation. La mâchoire crispée à cause de la tension que je ressens. L’envie de partir, de le planter là, se faisant réellement de plus en plus grande. J’ai réellement ce sentiment de perdre mon temps, que tout ça, ça ne sert à rien et ça m’énerve.

Je prends alors une grande respiration pour tenter de me calmer un peu, de me canaliser, mais au final, ce silence, ce sentiment de solitude et d’agacement, cette remise en question qu’il me force à faire à cet instant… Tout ça… Ça me renvoie juste à cet évènement. Quand j’étais seule dans cette cellule sombre, que je ne pouvais parler à personne, que les seules voient que j’entendais étaient celles des gardes à travers une porte, comme on peut vaguement entendre ce qu’il se passe ici dans le couloir. La seule différence au final, c’est que je ne suis pas seule cette fois. Le roux se tient devant moi, une nouvelle sorte de tortionnaire en quelque sorte. Son regard qui me juge, me jauge… Torture mental qu’il me provoque. J’ai toujours voulu répondre aux demandes de mon père, être une fille bien, une fille fréquentable et là… Là, j’ai cette impression d’être à mille lieux de ça. D’avoir totalement déshonorer son nom et sa mémoire. Je suis souillée et déshonorer, par ce que l'aveugle m'a fait, mais surtout à cause de cette relation que j'entretiens avec Tetsuko. Une relation que je sais malsaine et contre nature. Pourtant, comment pourrais-je faire autrement alors qu'il est mon ancre, qu'il est le seul à toujours avoir été présent pour moi depuis la mort de mon père. C'est toujours vers lui que je me suis tournée sans m'en rendre compte au début et maintenant... Je ne peux plus faire autrement que de chercher le réconfort dans ses bras. Il n'est pas comme les autres, à se repaitre de mes malheurs, pas comme le roux devant moi qui tente de me faire craquer, qui me juge et me condamne sans même savoir ce que j'ai vécu. Il se réjoui et profite de ma souffrance dans un but soi-disant guérisseur alors qu'au final, c'est juste pour lui, un moyen de gagner de l'argent, de passer son temps. Un loisir comme un autre. Il ne veut en rien m'aider. Il se délecte juste de tout cela, de la misère des autres... Et ma misère, à l'instant même au j'ai réalisé que je ne correspondais plus du tout à ce que mon père aspirait pour moi, c'est manifesté... Par des larmes, ruisselant sur mes joues sans que je ne tente de les retenir ou de les cacher.



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Mar 31 Oct 2017 - 23:36
Le silence gagnait de plus en plus de terrain dans la pièce allant à présent totalement les embrasser jusqu'à rendre bruyant le moindre bruissement. Ils pouvaient entendre les murmures de la pièce d'à coté, ils pouvaient entendre l'écho de leur propre sang tandis que celui-ci leur montait au cerveau. La quiétude a ça d'être un poison quand elle est mal dosée. Tantôt un havre de paix, le mutisme se montrait aujourd'hui sous son jour le plus mauvais et exécrable. Mais il tenait bon, fier et solide comme un roc, s'adonnant à sa petite activité jusqu'à ce que la clameur des larmes sans sanglot se fit entendre. Qu'est-ce que... ? Il ne mouftait pas encore, réagissant seulement par cette face abasourdie.

Elle l'avait pris à revers. Lui qui espérait pouvoir se la couler douce et attendre sagement la fin de séance, le voilà qu'il faisait face à un sentiment qu'il n'avait pas connu depuis des lustres : la culpabilité. Il avait beau être passé maître dans l'art de la mécanique de la psyché, il en demeurait un cordonnier mal chaussé comme la vaste majorité de ses confrères. Et le voilà dès lors pris au piège, condamné à devoir se tracasser le ciboulot pour démêler cette masse d'information qui venait d'apparaître en pleine face.

Désemparé, il levait son derrière pourtant bien ancré afin d'extirper et de tendre un mouchoir immaculé comme un sou neuf. Seulement, là encore, bien que sa trogne n'avait plus rien de figé, trahissant son émulsion d'émotion, voilà que le thérapeute demeurait encore une fois aphasique. Il n'était plus question de jouer au chat et à la souris, de profiter de l'esprit joueur de la guenon pour s'adonner au plaisir de la synergologie, non, non, non. À cet instant même, son esprit bégayait. Il était là, comme interloqué par cette expression fortuite qu'il n'avait en rien pressenti. Il avait cette réaction on ne peut plus humaine de vouloir réconforter celle envers qui il se sentait coupable. Si tel était le jeu, alors le Meikyû venait d'être terrassé.

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Mar 31 Oct 2017 - 23:57
Esprit divaguant ça et là. Perdue dans un passée qui n'est plus et ne sera plus jamais. Un père mort. Partit trop tôt. Des pensées marquant le remord. Je m'effondre toute seule. Sans un mot, sans un bruit. Parfois, parler fait du bien, mais là... Cela ne pourrait rien changer, pas après ce silence, pas après cette douleur psychique, que toute seule, je m'inflige. J'ai tout raté depuis mon arrivée ici. La fille bien et pleine d'espoir qui a foulé le sol de Kiri il y a un peu plus d'un an maintenant est bien loin. Perdue. Disparue même. Laissant place seulement à une fille torturée, détruite et immorale. J'ai changer, trop vite, en trop peu temps et je me heurte à cette réalité. Parce que le roux m'y a pousser, une nouvelle fois. En effet, je savais déjà que je n'étais plus la même. Eiichiro m'a brisée, vraiment. Mais là. C'est différent, parce que sans un geste, sans un mot... Il a tout fait valser et voilà que devant lui je pleure. Là ou devant mon ancien tortionnaire, je luttais pour lui tenir tête... Ici, je pleure. Faible chose que je suis devenue. Détruite, voilà ce que je suis malgré ce que je tente de montrer en permanence.

Oui. A l'instant, tout les masques sont tombé, à cause d'une seule pensée, une seule vérité réalisé dans cette pièce. Il n'y est pour rien. C'est certain. J'ai été seule à pensée, à me juger. Il n'a rien dire. Peut-être que si cela se trouve, il ne pensait rien à mon sujet et attendait juste que je me comporte comme une bonne petite patiente et que je parle... Mais non, j'ai rien fait. Que le contraire. Et ainsi, me voilà à pleurer et à le maudire, lui qui ne fait que me subir au final, même s'il est payé pour ça. Reniflant un peu quand il bouge et me tend son mouchoir immaculé, je détourne la tête, comme pour pas le voir ou lui cacher mes larmes. Dans un geste vain de fierté mal placée... Parce que très vite, je prends le mouchoir pour dissimuler mon visage dedans et pleurer réellement. Mes épaules se secouant au rythme de mes sanglots et pourtant, je ne dis toujours pas un mot. En même temps, qu'importe ce que je pourrais dire maintenant, cela serait probablement mal comprit, mais surtout, dit d'une voix trop aiguë à cause de mes larmes, de ma tristesse, de ma détresse.

J'ai honte, de me dévoilée comme cela à ce que je peux appelé un inconnu. Mais les masques sont fait pour tomber à un certain moment, comme à la fin d'un spectacle, on arrête de jouer un rôle et visiblement, l'heure du tomber de rideau est venue. Trop vite. Trop tôt. A cause d'un silence trop lourd, à cause d'une pensée que je tentais de taire depuis longtemps. Alors, je me dévoile plus fragile que jamais. J'ignore même si Tetsuko, dans mes crises de larmes nocturnes m'a déjà vu pleurer de la sorte... Sanglot silencieux et pourtant tellement bruyant intérieurement. Comme un miroir qui se brise. Doucement, mais qui vole quand même en éclat. Pourtant, malgré le besoin que j'ai encore de pleurer, d'évacuer tout ça, de laisser couler ses pensées, je tente de me retenir. Reniflant un peu et séchant maladroitement mes perles lacrymales. "Je suis désolée." Murmurais-je, le regard toujours humide, la voix légèrement brisée. Je suis réellement mal de me montrer de cette façon, ce qui n'améliore en rien mon état...

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Mer 1 Nov 2017 - 1:40
Loin de cette vie trépidante, rongé par cette pensée qui le hante, il ne cessait de se demander d'une voix hésitante "Ai-je fais les bons choix ? Une prise de conscience froide et vibrante, il aurait aimé à cet instant s'endormir pour se réveiller le jour suivant.

Pleurer est un fait commun pour le plus commun des mortels, et pourtant... Il était admis dans le cercle des thérapeutes que les sanglots représente un processus cathartique, un traitement consistant à déverrouiller une à une les barrières psychologiques du sujet afin de réveiller ses souvenirs traumatiques les plus enfouis et atteindre l'origine de ses troubles, qui libérerait ainsi une décharge émotionnelle à valeur libération : l'abréaction comme ils l’appellent, la chute de la tension émotive. Néanmoins, le jeune Meikyû n'en était pas moins un fervent antagoniste de cette conception qu'il décrivait comme révélant d'un monde ancré par de vieilles théories caduques. À ses yeux, il n'y avait rien de purificateur ou libérateur dans les larmes. Bien que nécessaire pour le processus thérapeutique, elles ne sont qu'un brut et sec rappel de l'évènement traumatique, de son affect. En ce sens, larmoyer ne participe donc pas à notre survie, ce n'est qu'un réflexe complétement déphasé de tout intérêt protecteur et c'est donc empathique à cette réalité qu'il ressentait vivement et de manière intense toute cette charge de ressenti dont il n'expliquait toujours pas l'origine.

Bien que curieux, ce n'est que de réconfort qu'il souhaitait communiquer. Anéantissement tout protocole, il se positionnait, assis sur la table basse, pour faire front à la kunoichi, les genoux collés aux siens, les mains tendues dans l'air comme pour lui ordonner de s'apaiser à travers le contrôle de sa respiration.
Chuuutttttttttt... Détendez-vous.
Les sanglots de la Watanabe étaient, à ses oreilles, tels les cris primaux d'un bambin venant de connaître la vie : stridents et harassants. C'est cet écho qu'elle provoquait dans l'esprit du Meikyû qui rendait ce caractère pénible à la moindre de ses balbutions.
Je vous donne le droit à une seule question, après ça, nous nous étalerons sur vous, alors, choisissez la bien, Shiori.
C'est sous la crainte de voir encore une larme couler par-delà sa joue qu'il avait présenté ce marché à la hâte. Cette kunoichi qui pleurait là, malgré ses excuses, avait ça de perfide de lui faire ressouvenir tout les défunts et les démons qui le hantent. Du premier chagrin causé par la mort au dernier enterrement en date, se rabâchait dans son esprit l'aigreur de la vie et de son caractère éphémère. Cesse donc cette ode à la mort, jeune Sabreuse.

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Mer 1 Nov 2017 - 12:32
Proche, beaucoup trop. Voilà comment je perçois tout cela. Alors qu'il s'installe sur la table basse devant moi que nos genoux entre en contact, je m'enfonce rapidement dans le fauteuil pour rompre ce contact, pour ne pas le laisser s'approcher davantage de moi. Que cela soit Physique ou Psychique. Je refuse de me livrer et je ne le ferais pas. Même si je viens de le faire en grosse partie devant lui en pleurant involontairement. Trop obnubilée par mes pensées néfastes. Mais avec lui, il est hors de question que je me livre. Je ne le fais qu'avec Tetsuko, alors non, je ne vais pas commencer à le faire avec une autre personne. Pas que ça serait de l'infidélité ou je ne sais trop quoi. Juste que d'en parlé à une personne me suffit amplement. Je refuse de me laisser approcher par quelqu'un d'autre. Oui, je suis comme un animal blessé et effrayé... Non, pas comme, car en réalité je le suis réellement. La faute à ces derniers mois, à tout ce que j'ai subits.

Ayant ainsi rompu le contact entre nos jambes dans un simple but d'éloignement. Mon visage toujours à moitié dissimuler dans mes mains et le mouchoir qu'il m'a donné, mes pupilles se posent sur lui, sur ses mains en l'air. Il parle alors, pour m'inviter à me calmer. Il en a des belles lui. Comme si j'avais décidé d'éclater en sanglot devant lui. Comme si c'était volontaire et que j'avais quelque part sur moi un bouton marche et arrêt. Si c'était le cas, il serait toujours positionné sur stop, pour ne pas pleurer devant qui que ce soit. Parce que je déteste ça. Pourtant, j'ai l'impression de ne pas arrêter de le faire. Je suis toujours là, à geindre, à me morfondre pour un rien, à cause de tout ça... Pourquoi est-ce que je ne peux pas tout simplement être un peu plus forte ? Pourquoi ne puis-je pas être comme les autres, tout simplement capable de supporter tout et n'importe quoi ? Je m'effrites, me casse comme du verre bien trop facilement. Alors oui, elle est bien loin l'image d'une fille forte que j'aimerais avoir, que j'aimerais être.

Je secoue la tête à sa nouvelle proposition. Celle de lui poser une question. Parce que je ne suis pas stupide et il a été assez clair même dans la manoeuvre. Il veut me faire penser à autre chose, avant de me pousser à nouveau dans ma misère. Il veut m'enfoncer encore plus. Me faire comprendre peut-être que quoi que je fasse, je finirais toujours par retomber là-dedans. Je ne suis pas assez forte pour assumer tout cela. Alors, je me contente simplement de rester cacher le visage dans mes mains, remuant de droite à gauche la tête pour lui signaler que je refuse de jouer à son petit jeu tandis que les larmes se remettent à couler de plus belles... Néanmoins, je tente de le faire silencieusement. Pour cesser de le déranger. Parce qu'au final, c'est peut-être juste mes couinement qui le dérange.


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Lun 6 Nov 2017 - 22:47
Il restait là, muet, abasourdi par la scène qui lui faisait face. Il avait en face de sa personne un phénomène qu'il peinait à appréhender. Elle était tel un mur qui laissait apparaître diverses défectuosités, diverses imperfections et qui malgré les lacérations des affres du temps restait inébranlable face à la pugnacité entraînée du thérapeute. Qu'est-ce que tu peux bien être ? Fouineur, son esprit n'avait pas attendu que le temps passe pour scruter de plus bel la moindre micro-expression de la belle. Vif, sa cabosse rameutait sa matière grise, fouillant et creusant dans les abysses de sa mémoire afin de récupérer la science qui lui permettrait de décrypter les gestes et réactions de la demoiselle. Mais tel un chercheur délaissé par le destin, il restait là, la tête pleine de réflexion sans réponse. Une sensation rarissime pour l'homme qui n'en était guère adulateur.

Il désirait la fendre en deux, lui ouvrir le crâne à la recherche d'une réponse qui tardait à pointer le bout de son nez. Seulement, si curieux il était, il en venait aussi à s'interloquer sur sa propre attitude face à l'incertitude. Pourquoi ? Ces deux syllabes redondaient tel un chant macabre. Il en était devenu acharné, dilettant du propre de la thérapie, avide d'une réponse pourtant banale face à une fille quelconque. Du moins, l'était-elle réellement ?

Quel que soit la réelle origine du malaise, un fait demeurait persistant : elle était une de ces masochistes inconsciente. Une de ces personnes qui subit les malheurs de la vie ordinaire, et qui, à l'inverse du masochiste érogène ne tirait guère de satisfaction directe de son état. Elle ignorait tout de son comportement, elle qui devait se considérer comme une "raté chronique" semblait se mordre les doigts du manque de réussite dans ses faits relationnels.

Elle m'évite pensait-il. Elle considérait le thérapeute comme son pire ennemi, car au final, le jeune Meikyû représentait ce à quoi elle semblait se dérober : le chemin vers l'état de guérison, la lutte pour le bonheur. Au fond, cette kunoichi ne souhaite que gâter son état, elle souhaite retrouver les ténèbres qui lui procurent une anesthésie assurance pourtant si vicieuse.

Si elle ne répondait pas à ses questions, si elle continuait à céder à cette petite voix qui lui quémandait l'évasion, alors il ne lui restait plus qu'à sortir son arme aussi perverse que vilaine : sa langue. Reprenant une position debout, réarmant sa virilité, aiguisant son regard, un pied vint s'enfoncer dans le sofa tandis que son visage s'approchait dangereusement de celui de la blonde, comme pour venir l'encercler et la reclure.
Depuis quand es-tu une sacrée merde Shiori ?

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Mar 7 Nov 2017 - 0:27
Repliée sur moi, cherchant à le fuir lui plus que de raison. Je l'associe en quelque sorte à Eiichiro et ce malgré les différences plus que majeur entre eux, que ça soit physiquement ou simplement sur la façon d'être. C'est le jour et la nuit. Mais à cet instant, alors qu'il tend à me faire du mal, forcément que je ne peux que l'associé à mon ancien tortionnaire.

Fuyant sa proximité, me blottissant contre le dossier, allant même jusqu'à remonté mes jambes contre ma poitrine pour me retrouver dans un semblant de bulle. Tout ça pour ne plus qu'il me touche. J'agis comme une enfant, réellement. Je m'en rends bien compte. Un adulte s'assume et affronte ses peurs, un enfant les craints et les subits. C'est ce que je fais, malgré moi. Parce que je suis juste capable de jouer les fortes, je ne le suis pas et ça, je l'ai bien réalisé... D'ailleurs tout me pousse à le réaliser encore et encore. Comme si ma vie ne pouvait me conduire qu'à cela, à cette détresse, à cette souffrance, à cette faiblesse.

Je sursaute un peu, quand il s'approche de moi, son pied venant faire peser son poids sur le fauteuil à côté de moi. Je relève le regard, une lueur de peur brillant au fond de mes iris ocrées. Ne me touche pas. Ne m'approche pas. Voilà ce que j'aimerais lui dire. Sauf que je reste inexplicablement silencieuse, alors qu'il s'approche. Menaçant d'une certaine façon. Il prend alors la parole. Pour m'insulter, pour me rabaisser comme tout le monde le fait. Au final, il n'en faut pas beaucoup pour que les gens montrent leurs vrais visage n'est-ce pas ? Attentionné et à l'écouté ? Mon cul. Il en a juste après les quelques ryos que je paye pour être là, à subir sa présence. Non, en vrai, c'est lui qui me subit. Moi et mon mutisme. Moi et mes troubles. Moi et moi seulement au final.

Je déglutis, péniblement, alors qu'il est si proche de moi. Que suis-je sensée faire ? Y a-t-il seulement quelque chose à faire ? J'en sais rien. Je sais pas, je sais plus... Je panique en quelque sorte, parce que j'ai peur de subir encore la même chose, de sentir mon corps être déchiré... "Tetsuko." Murmurais-je, espérant dans un sens, qu'en prononçant son prénom, il va arriver, qu'il va encore me protéger comme il le fait bien trop souvent. Sauf qu'il ne viendra pas, il n'a aucune raison de le faire et... Je ne suis pas réellement en danger... C'est juste mon psyché qui me joue des tours, qui me fait victime alors que je serais tout à fait capable de faire du mal à l'homme qui se tient en grosse partie au dessus de moi. Je ne suis pas attachée, je suis libre de mes mouvements... Sauf que mon esprit refuse cette possibilité... Comme si, j'étais tout simplement obligée d'être à nouveau à la merci de quelqu'un...

Ainsi, si mon visage pas si éloigné du sien, il peut lire un tumulte de sentiments, la peur, la souffrance, mais également la tristesse, l'impuissance en passant par la détresse. Le roux, de cette façon, peut réaliser à quel point je suis réellement brisée, à quel point j'ai été détruite. Et pour reprendre ses mots, quelle sacrée merde je suis.


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Mar 7 Nov 2017 - 2:09
De la peur ? De l'anxiété ? Hmpf... Rien de bien étonnant au vu de la situation. Elle continuait à jouer ce rôle de petite victime, totalement en déca de sa réelle identité de spadassin. Le thérapeute, malgré son excès de zèle complétement orthodoxe à toute intervention médicale, demeurait vigilant quant à la kunoichi dont il ne sous-estimait guère les performances de combat.

Soudain, un nom.
Tetsuko ?
Apparemment, et au vu de l'attitude de la belle, elle ne moufterait guère plus. Naïf, le Meikyû butait sur cette dernière information. Le pied encore ancré dans le sofa, son attention se fit plus insistante tandis qu'il s'approchait de plus bel l'avant-bras posé sur son genou.
Qui est ce Tetsu...
Mais le destin ne semblait guère vouloir plus. Dans le silence dérangé de la pièce, venait de sonner l'heure de la fin de la séance sous la forme d'un ting de l'horloge répétitif et insolant.
La séance est terminée.
L'heure était passée vite pour le thérapeute qui n'avait guère pris de repos cognitif, à la limite de l'épuisement après tant de réflexion. Seulement, il en restait agacé par cette curiosité qui le piquait et qui continuerait à l'envahir pour un bon moment. Se détachant de sa position dominatrice, il se décala sans un mot afin d'attraper le carnet qui traînait là et d'y apposer quelques phrases sur le bureau qui seraient inconnus pour la kunoichi. Sans porter regard sur celle-ci, il exclamait dès lors de nouveau ses mots cette fois-ci avec un ton apaisé qu'il avait précédemment abandonné.
Je ne vous facturerai pas aujourd'hui. Ce premier "échange" fut néanmoins très instructif, et je vous invite fortement à revenir me voir afin que nous puissions échanger plus en profondeur. Il aime la profondeur.
Tirant un dernier trait d'encre sur le papier, il abandonnait dès lors sa plume afin de tirer un regard aussi neutre qu'il pouvait.
Il semble y avoir beaucoup de choses qui vous tourmente Shiori. Néanmoins, je ne vous forcerai pas, ce n'est pas mon éthique, et ça ne le deviendra pas. Ma porte sera ouverte pour vous la semaine prochaine à la même heure si vous le désirez, autrement, je vous souhaite intimement de trouver une certaine stabilité émotionnelle, vous en avez réellement besoin.

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Mar 7 Nov 2017 - 11:59
Le peur, une boule au ventre, d'être à nouveau seule avec un homme dans une pièce dont il est le maître des lieux. L'endroit est différent, l'ambiance aussi, mais la posture de domination de l'homme est tout aussi menaçante que celle d'Eiichiro au début. Que va-t-il bien pouvoir faire ensuite ? Que compte-t-il me faire ? J'ai été habitué aux entrevues plus qu'inutile avec son prédécesseur. Le vieux Kaguya restait inlassablement enfoncé dans son siège, à chercher à me faire parler, sans en bouger sauf pour m'accueillir dans la pièce et me saluer au départ. Mais là, le roux n'avait-il pas été contre un semblant de protocole en agissant de la sorte ? A se montrer en quelque sorte menaçant avec moi ? Je n'en sais rien et je regrette déjà mes séances avec l'autre thérapeute. Bien plus calme. Mais là, au final, c'est juste de la torture...

Recroqueviller sur moi même dans son fauteuil, lui toujours au dessus de moi, je ne dis qu'une chose, le prénom de mon amant, de mon sauveur qui maintenant ne viendra pas. Il le répète alors, cherchant peut-être à comprendre ce que j'entends en disant ce prénom ? Peut-être s'imagine-t-il qu'il s'agit du prénom de mon tortionnaire ? C'est une possibilité, mais j'en doute fortement, ma voix n'avait-elle pas raisonné comme un appel à l'aide ? Je l'ignorais, mais rapidement il s'enquit de vouloir savoir. Me demandant qui il est... Ou tenta-t-il de la faire.

Ô grand jamais, je n'aurais imaginé que le son d'une horloge annonçant midi me soulagerait à ce point. Bien que pendant de bref seconde, avant qu'il ne se mouve pour me libérer de sa domination. Il parle. Me libère réellement de ce rendez-vous bien trop riche en émotion pour moi... Mais surtout destructeur. Restant toujours prostrée dans le fauteuil, je ne bouge pas, pas alors qu'il est occupé dans son carnet, pas alors qu'il est maintenant éloigné de moi. Perturbée. Parce qu'il agit maintenant à nouveau comme un véritable thérapeute. Je ne pige pas. Est-il un tortionnaire comme Eiichiro, qui profite de son pseudo-métier pour torturer des gens et avoir un contrôle dessus ? Non, parce que dans le cas du Meikyû, c'est sur le volontariat que ses patients, s'ils les appellent réellement comme ça, reviennent. Masochisme à l'état pur. Je ne veux pas en être.

Ecoutant ses mots, je me lève enfin, doucement, hésitante. "Je ne reviendrais pas." Soufflais-je alors. "Vous dites ne pas vouloir me forcer, mais là tout de suite, qu'est-ce ce que c'était alors ?" Dis-je sans réellement haussé la voix en montrant le fauteuil. "Je suis certaines que vous vous délectez de la peur et de la souffrance des autres. Et je ne vais pas me prêter à ce petit jeu malsain que vous avez. Oui, comme vous l'avez dit, j'ai des tourments, mais je préfères clairement vivre avec que de vous faire face à nouveau pendant une heure pour que vous m'en créer des autres." M'approchant alors de son bureau, je dépose le montant dû pour cette pseudo-séance. "Sur ce, bonne continuation Meikyû-isha." Lançais-je avant de quitter son bureau, non désireuse de lui laisser le temps de réagir ou de protester. Je venais de faire exactement tout le contraire de ce qu'il voulait, enfin, presque, parce qu'au moins, durant c'est quelque minutes qui venaient de s'écouler, j'avais joué franc-jeu avec lui, lui disant réellement mon ressentit. Uniquement parce que je savais que derrière, je pouvais prendre la fuite rapidement.


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