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La maison [libre]


Lun 23 Oct 2017 - 2:34


Le pays du fer était ma terre natale, une contrée que je connaissais à force de divagations, plutôt bien ; sans en connaitre pour autant tous les dessous, tous les mystères. Ce que je voyais, ce que j’avais vu me suffisait bien assez de toute façon et ce que je recherchais n’était pas spécialement caché, je n’avais pas besoin de résoudre des énigmes ou suivre des indices pour mettre la main dessus. Ce n’était pas la première fois que je le faisais, que j’y parvenais. Il n’y avait que peu de choses capables de ralentir ma passion pour la science et les secrets du corps humain. Ce fut donc en entendant parler d’un homme, d’un shinobi pour être plus précise ; que j’avais décidé d’aller à sa rencontre. Peut-être comprendrait-il et accepterait-il ce que je voulais lui proposer. Même si j’en doutais dans le fond car jusqu’ici aucun de ceux –et celles- qui s’étaient vus proposés le marché n’avait… coopéré, du moins pas de son propre chef. Et leurs raisons, visiblement différentes des miennes ; m’échappaient. Je ne les comprenais tout simplement pas. Tout le monde était gagnant… Et pourtant…

Il ne fallut donc que peu de temps pour retrouver l’endroit où résidait cette fameuse personne. Une maison isolée à l’orée d’un bois, proche d’un point d’eau. Pour une personne voulant se faire oublier cela semblait être l’endroit idéal, personnellement l’endroit n’avait pour moi que peu d’importance, quoique ; à l’abri des regards des âmes les plus sensibles pouvait être un plus. Bien que d’une grande utilité, l’objectif unique je m’étais fixé donnait souvent lieu à des scènes… sanglantes. Ce qui n’arriverait pas si toutes ces personnes acceptaient le deal que je leur proposais… Enfin, ce n’était pas vraiment mon problème ; je finissais toujours par obtenir ce que je voulais, quoi qu’il arrive, et quelle que soit la difficulté qui me fût opposée. Bref.

Après de longues heures de marches qui n’étaient rien à côté de l’avancée que représenter ce potentiel sujet, j’arrivai enfin aux abords d’une petite maison, à la jonction entre le bois et l’étang. C’était bien là. La pénombre du soir tombée, deux petites lumières filtraient au travers des fenêtres m’indiquant la présence d’une personne. J’espérais seulement qu’il s’agisse de l’objet de mes « recherches », et d’ailleurs, même si ce n’était pas lui… Cela ne serait pas du gâchis ! Sans me soucier du bruit de mes pas, ou même que l’on ressente ma présence, j’avançais inexorablement vers la demeure. La bêtise ne payait pas de mine, elle était même vétuste à vrai dire, les battants en bois grossier tenaient comme par magie, le portillon marquant le début de la propriété, lui, était rongé par le temps et l’humidité… en fait, cet endroit ressemblait bien plus à une cabane abandonnée servant d’appoint qu’autre chose.

Encore quelques pas et la porte fut à portée de ma main, forte du respect que l’on m’avait inculqué, je frappai tout d’abord à la porte ; attendant patiemment que l’on m’ouvre. Comme chacun le sait, tout vient à point nommé pour qui sait attendre. Et rapidement dans un grincement on m’ouvrit, là devant moi se dressait un bonhomme ne ressemblant pas tant que ça à un ninja, ceci-di, les emballages pouvaient réserver de bien belles surprises. L’air suspicieux, sur ses gardes, il m’observa, me dévisageât et finalement m’adressa la parole sur un ton manquant d’assurance. Je souris et lui réponds avec une certaine courtoisie.

-Qui êtes-vous ?
-Ikeda Sazuka ! Dis-je avec une certaine joie dans ma voix qui semblait ne pas bien correspondre à la situation… -hum… Ikeda Sazuka… Repris-je avec un peu d’enthousiasme.
-Vous êtes bien… Arigashi Saida ?
-Qui que vous soyez, dégagez d’ici ! Fichez-moi la paix !

Répondit-il brusquement en tentant de me refermer la porte au nez, laquelle je venais de bloquer avec mon pied, bien évidemment. Et je me fichais pas mal de savoir qui il était, maintenant que j'étais là...

-Attendez… Je ne vous veux aucun mal. Assurais-je avec un sourire « bienveillant ».
-Cela ne m’intéresse pas. Ajoutait-il en exerçant une force rare sur la porte.
-Non mais ! J’ai quelque chose à vous proposer ! En forçant à mon tour davantage pour maintenir cette porte ouverte.
-Vous pouvez participer… à l’amélioration des choses… Parvins-je à dire avant que je ne retire mon pied écrasé sous la pression exercée.

Puis la porte se referma. J’attendis un instant. Il devait sans doute réfléchir à ce que je venais de lui dire. Comme les autres, il voudrait sans doute en savoir davantage. Et comme les autres, en entendant la suite, il refuserait simplement de m’aider… J’y étais habituée. S’ils savaient qu’ils avaient bien plus à perdre qu’à gagner à décliner l’offre… Peut-être seraient-ils plus… réceptifs. Comme escompté, la porte s’ouvrit à nouveau. L’homme, Saida, se tenait maintenant devant moi dans l’encadrement de la porte, projetant son ombre sur moi. Sans doute voulait-il se faire… imposant ?

-Ah ! Vous m’invitez à entrer ?

-… Non. Dites-moi ce pour quoi vous êtes ici, et partez.
-Dommage… Mais ok. J’ai un peu entendu parler de vous, de vos compétences shinobi. C’est donc pour vous que je suis là. Pour…
-Je ne suis plus shinobi depuis longtemps, c’est de l’histoire ancienne. Et je n’utiliserai plus jamais mes capacités.
-Ah ? Je vois. Cela tombe plutôt bien alors.
-Comment ça ?
-Je vous l’ai dit, c’est davantage de vous que de vos compétences dont j’ai besoin… Dis-je en mimant une balance avec mes mains. Je veux vous étudier, étudier votre corps, votre fonctionnement. Et ce serait vraiment… Vraiment bien que vous acceptiez de… participer.

Interloqué, l’homme protesta que j’étais cinglée. On me l’avait si souvent dit qu’à force j’y avais pris goût. Ne disait-on pas qu’entre la folie et le génie la frontière était mince ? Forcément, la quête que je poursuivais comprenait forcément un grain de folie, c’était une condition sine qua non à son accomplissement, et peu voire personne ne pouvait le comprendre. Qu’il était dur d’être la seule personne dotée de raison dans ce vaste monde…


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Lun 20 Nov 2017 - 20:56
Rentrer dans cette maison fut bien plus compliqué que je ne l’avais imaginé. Mon hôte ne fut pas vraiment des plus coopératifs. Ceci-dit la force persuasion dont j’étais détentrice me permis malgré les restes honorables de cet ancien shinobi de m’imposer. Ce fut donc à la suite d’un rude échange que nous fûmes enfin en parfait accord sur la suite de cette rencontre tout sauf fortuite. L’homme maintenant enclin à m’aider se laissa faire sans se débattre, sans opposer une quelconque résistance. C’était bien plus simple ainsi. Mes outils de travail déroulés dans leur linceul de lin sur une table à proximité, j’étais prête, tout comme lui. Me saisissant du premier, une fine lame chirurgicale servant aux premières incisions, si tranchante que la peau sous sa caresse se dérobait comme du papier sous les ciseaux.

Il fallait dire que la jeune femme avait simplement mis sa cible hors d’état de nuire, entre la vie et la mort ; dans un étant sans retour possible à la conscience. Juste ce qu’il fallait pour étudier les tenketsu d’un corps vivant. Cet accord qu’elle avait trouvé avec sa cible ne fut donc pas sans douleur pour lui et n’avait finalement rien d’une entente, et jamais il n’avait accepté quoique ce soit. Mais ça, l’esprit malade de Sazuka ne le comprenait pas. La force et ses compétences mortelles n’avaient d’autre but que celui : faire accepter sa vision des choses. Et jusqu’aujourd’hui personne ne l’avait jamais… empêcher de penser ainsi. Peut-être qu’un jour, quelqu’un parviendrait à atténuer si ce n’était restreindre ses pulsions empreintes de folies et de morbidités. Un jour, peut-être…. Mais pour l’heure…

Je me tenais au-dessus de corps inanimé, prêt à servir la science tout en connaissance de cause. Le premier mouvement, efficace comme d’habitude, me permit d’avoir accès à la première chose que je voulais voir. La source de son pouvoir –soit disant- était là sous mes yeux, et, comme les fois précédentes, je ne voyais rien. Peut-être que je ne cherchais pas au bon endroit, mais tous les livres que j’avais pu lire l’indiquaient pourtant à cet endroit. Enfin, cela ne me décourageait pas dans mes recherches et poursuivis avec une grande attention jusqu’à ce que mon sujet rende son dernier souffle. Cette recherche m’avait donc pris quelques heures pour un résultat assez mince. Pourtant, même si je n’avais pas découvert tous les secrets que j’escomptais, pour la science, ce genre d’expérience n’était jamais complétement… perdue.

Ainsi donc je laissais le théâtre de l’opération dans son dernier état, qui servirait, elle aussi, d’une autre façon.

Sazuka quitta alors la maison de son « expérimentation », laissant derrière elle une scène macabre, sanglante comparable et de loin à une boucherie. On n’y retrouvait aucun des principes scientifiques tels que l’on pouvait les percevoir. S’il y avait comme une sorte de méthodologie, il n’y avait en revanche aucune notion de netteté, de propreté. Si ses gestes étaient assurés face aux actes pseudo chirurgicaux qu’elle administrait, elle n’avait en revanche absolument aucune considération pour l’éventuelle dignité de sa cible… Seul son objectif fou comptait.

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