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IWA SHUKUSAI | Miroir Jumelé | SOLO


Jeu 26 Oct 2017 - 17:04



L'eurythmie s'était ancrée dans la Roche. Le festival d'Iwagakure venait à peine de commencer depuis peu, qu'il s'agissait déjà d'un franc succès. La foule était en liesse et ça tonnait fort dans le village caché. Non pas de façon malheureuse, mais de son opposée plus rieuse. Joie et bonne humeur dominaient face aux affres de l’inquiétude de jadis. Les rues de la ville étaient en effervescence comme jamais. Activités nouvelles, musiques chants, représentations, spectacles, et moult autres trésors scintillaient dès lors.

Kanon était assez satisfait de tout cela. Cependant, il n'en oubliait aucunement que cela cachait tout de même de biens austères risques planant toujours sur la Roche. L'épée de Damoclès s'incarnant dans le risque d'une guerre, qui était toujours malheureusement bien loin d'être écarté.

Perdu dans ses pensée, il ne fit pas vraiment attention à ce qui se passait à peine à quelques pas de lui. A contrario, lui l'avait bel et bien remarqué.

« Kanon... » -voix aux échos diurnes-

« Nous ne nous sommes revus depuis la cérémonie. » -oscillant entre graves et aigus-

Redescendant sur terre, cette voix à la nervure si familière lui arracha une légère surprise, bien qu'imperceptible et des plus succincte. Se retournant et faisant face à son propre reflet. Étais-ce un rêve ou étais-ce la réalité ?

« Certes, mais nous allons avoir l'occasion de rattraper le temps perdu. » -laissant apparaître sur ses lèvres un trait de malice- « Suis-moi. » -invitant son interlocuteur dans un endroit plus propice aux retrouvailles-

Le duo traversa les festivités, déambulant tranquillement à travers le Cœur Commerçant dont le cœur palpitait à foison. Les teintes chaleureuses synonymes de chaleur virevoltaient autour d'eux. Terminant finalement leur croisade devant le lieu. Kanon ouvrit la porte débouchant sur l'un de ses repaire où il passait une partie de son temps.

Refermant la porte scellant l'antre derrière son ombre. Quelques pas suffirent à atteindre une place où ils pourraient s'installer et converser à loisir. Kanon s’assit dans l'un des fauteuil, tandis que l'autre farfouillait à la recherche d'une bouteille. Chose qu'il trouvait, aisément vue le lieu. Débouchant cette dernière, il lampa nonchalamment quelques gorgées du breuvage. Sans prendre la peine, de le verser en une coupe.

« Où sont les autres ? »

Essuyant ses lèvres d'une langue habile, comme savourant le goût qui s'y était ancré suite à l'ambroisie ingurgitée tantôt, tout en s'accoudant contre le premier mobilier venu, il répondit ces desseins.

« La sorte de fête, je suppose qu'ils se sont laissés hypnotisé par ces facéties. Ku ku ku » -riant d'un étrange crissement rappelant le métal- « Je ne m'attendais à ce que tu m'appelles. Ton exil doit t'avoir affaiblit. » -dit-il goguenard- « Pourquoi ne pas rentrer. Je suis sûr qu'ojiisan' passera l'éponge vu ta performance à la dernière cérémonie. »

« Ku ku ku... » -riant d'un rire similaire- « Tu sais très bien que je suis dans les forces d'Iwagakure. »

Affichant une grimace, la bouteille éclata entre sa poigne, dans un bruit strident. 

« Tu penses qu'ils méritent la présence de certains de notre clan ? Quel intérêt ? Le commerce de ces terres ne représente que bien piètres richesses comparé aux trésors dont disposent déjà les Dragons. Tu fais erreur si tu penses qu'ils t'apprécient à ta juste valeur. Quelle idée de devenir Shinobi. » -d'une voix sombre et froide-

Ne se courrouçant point du désaccord, Kanon croisa les bras, un moment pensif.

« Écoutes, je ne t'ai pas fais venir pour tergiverser. Assure toi juste que la famille soit en sécurité. »

Tournant les yeux, mais gardant une certaine colère ancrée sur la face, l'interlocuteur finit par soupirer.

« Bien, bien... » -obtempérant à contre-coeur-

« Kina est venue ? »

« Bien sûr, tu sais bien qu'elle ferait tout pour la famille. Cette folle n’arrête pas d’embêter ojiisan' et les autres à propos de vous. Elle doit s'amuser à faire saigner des oreilles les Iwajins en se déchaînant à jouer de sa satanée flûte... »

« Ku ku ku !!! J'ai hâte de la revoir. » -souriant légèrement-

« Allons-y. » -lâchant les morceaux de verre tenant dans sa main sur le sol-

« Bien sûr. »

Terminant cette retrouvaille qui allait en amener de nouvelles, pour de meilleurs lendemains.



Dernière édition par Sōryū Kanon le Mer 15 Nov 2017 - 20:04, édité 1 fois
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Mar 14 Nov 2017 - 18:20



Rires emplissant les ruelles sous les volutes rocheuses, trouvant même échos par delà les murailles gargantuesques. Même plus loin encore, par delà les montagnes se dressant devant le lointain. Tant d'agitation positive, frénésie cathartique canalisée en liesse, inspirant tous les cœurs et âmes Iwajins comme si c'était leur dernier jour d’existence, que jamais lendemain ne viendrait leur offrir à nouveau occasion de s'amuser. Pourtant, ce qui était immuable était censé le rester, à jamais et pour toujours ancré. Cependant, cet éternel pouvait être des plus éphémère. A travers les habitants, se pavanant de bonheur, deux marcheurs dont le pas tenait plus de lourdeur que de ceux sautillants. Se dirigeant à travers ces échoppes où la foule s'agglutinait pour dévorer toutes sortes de mets et saké. Passant devant des spectacles de rue, tous plus étrange les uns que les autres. Certains tenant plus du réel, tandis que d'autres de la fantasmagorie. Comment rester aussi froid que le touché de la mort ? Ne pas apprécier une seconde ce que la vie avait de plus beau à offrir, s'incarnant en la joie de vivre et de savourer chaque instant du présent. Oubliant le passé et cachant ses yeux sur la toile future, d'un masque fragile d'une espièglerie hypnotique. Tout cela restaient dégoûtantes facéties au final. Illusions dérisoires de la superficialité poussée dans ses retranchements maladifs.

« Vous auriez dû rester groupés. » -semblant chercher quelqu'un-

« ... » -semblant agacé- « Là. » -semblant désigner une employée travaillant à une sorte de petit stand où se déroulait la cérémonie du thé-

S'approchant alors, ils regardèrent, complice, ce que fabriquait la demoiselle. Semblant, l'un comme l'autre, animés par une habitude tenant de surprendre ses facettes, toujours d'un intérêt certain. L'ingénue semblait faire un travail comme un autre. Vêtue d'une tenue des plus étrange. Une sorte de costume, dont le but était bien sûr d’appâter les ardeurs des clients. Son visage ne laissait apparaître qu'un œil, l'autre caché derrière une épaisse mèche de cheveux à l'air soyeux, recouvrant amplement la moitié de son fin visage. Cachait-elle quelques chose derrière cette façade la rendant à demi malvoyante ? Quelle idée. Cela décuplait amplement les esquisses de ses traits innocents. Comment ne pas craquer pour un fille si mignonne, à qui on aurait pardonné même les plus abjectes fautes. Servant les clients en leur souriant, de façon enjôleuse. Ces manants trépignaient pour voir leur tour arriver. 

Partageant un échange de regard dubitatifs en coup de vent, le plus acerbe s’avança en direction de l'ingénue vêtue d'une tenue de servante à la coupe exotique.

« O-nee-chan... » -dit-il, d'une voix chimérique-

Sursautant légèrement, elle tourna la tête, dénotant l'habitude de ce scénario. Puis sourit béatement.

« Kaaanon est là ! Kanooon est là ! » -jubilant calmement- « Oh ! Sumiko Sumiko contente ! » -tournant sur elle même en battant des bras-

Scène loufoque, ne manquant de panache. Une teinte plus pastelle qu'une esquisse intemporelle. Si la couleur semblait plus claire, elle n'en étais pas moins froide au demeurant de son âme. Une autre touche vint s'ajouter à la toile, sans yeux, sans regard, les paupières closes. Un visage fin, mêlant le gracile et la sobriété. Agrémenté de jais, donnant un ton sérieux à ce visage dont l'expression, tout comme les yeux faisaient défaut.

« Kanon-sama. » -inclinant légèrement la tête en signe de respect-

Bien étrange réunion qui prenait place en ce lieu prônant la fête. Des retrouvailles qui menaient au bon vieux temps. Portant les souvenirs égarés dans les flots du vent nommé jadis.

« Vous fabriquez quoi ? » -croisant les bras en sonnant la question-

« Sumiko-sama voulait expérimenter. » -répondit la sans-yeux-

« ... » -manquant de soupirer- « Encore une fois elle ne sait garder sa place, mais bon, puisqu'on est là, autant en profiter... » 

« Sumiko Sumiko va servir le thé ! » -semblant ne pas tenir en place-

« Vivement que toute cette affaire soit réglée... » -affichant son désarroi-

Rejoignant la veilleuse qui patientait en silence, les deux hommes prirent leurs aises et s'instalérrent pour attendre le service.

« Kanon-sama, vous semblez ne pas être au meilleur de votre forme. »

« Tu m'étonnes. »

« Peut être. » -esquissant un léger sourire-

Profiter un peu de ce maigre réconfort, s'incarnant en ces visages bien connus du passé, allait sans doute apporter une douceur plus sucrée au thé qu'il allaient partager à l'orée du festival d'Iwagakure. La confiance n'était pas quelque chose à accorder aisément en ce triste monde tragique, mais entre eux, même si certains tumultes pouvaient aisément prendre place. Ils savaient qu'ils pouvaient toujours compter les uns sur les autres, lorsqu'il s'agissait de la famille devant se confronter aux âmes souillées se dressant face à elle.

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Mer 15 Nov 2017 - 22:05



S'affairant au rôle qu'elle incarnait en cette soirée, bien malgré la situation qui revêtait toute autre réaction cependant, elle riait en semblant s'amuser. Drapée de l'étoffe arborant l'incarnation des paillettes de son costume, ainsi que son rôle d'hôte quelle se plaisait à jouer, la juvénile eût tôt fait de préparer le thé et de l'apporter à la fratrie attablée. Récréation qui prenait sens, ou pas, dans le festival d'Iwagakure, méconnu des lointaines contrées. Sourire venait prendre place un instant, dans l'insouciance qui se pavanait avec allégresse sous les yeux du Kōeki. Regard si souvent désabusé par tous les aspects qui venaient le bousculer dans ses pensées. Profiter de ce bref instant de répit ne pouvait qu'être apprécié. Ces rares moments de satiété, ne pouvaient être comptaient que sur les doigts d'une main après tout.

Elle posa les instruments nécessitant la dégustation, avec toute la grâce qu'il se devait, même avec l'outrance, trahissant sa lignée. Ses gestes étaient parfait, dénotant une habitude que seulement les maîtres de la cérémonie pouvait se vanter de posséder. Ce sourire espiègle, fiché sur le visage en avait le don de pouvoir calmer les courroux les plus virulents.

Ce n'était pas au goût de certains manants, qui attendaient et étaient outré par la jalousie dévorant leur patience, déjà érodée par un peu trop d'alcool de riz. Ce qui n'arrangeait rien de leurs humeurs volages.

L'un deux, poussé à l'excès, s’avança vers le rituel qui se déroulait pourtant en tout bien tout honneur. Satisfaction ou querelle, animait ses ardeurs.

« Mam'zelle ! Et mon thé ! Ça fait plus d'une heure que j'attends ! » -profanant la triste situation, arborant un nez des plus pintés-

Désagréable échos, ignoré non par envie, mais par correction. Elle contentait seulement de servir l'eau aux arômes parfumés, rien de plus. Absorbée par la tâche plus que de raison. Perdant patience, le badaud osa lever la main en sa direction. Chose impardonnable, comme souiller l'immaculée qui ne devait l'être.

Fronçant les sourcils, les Dragons n'eurent occasion de réagir. Il ne le savait pas encore, mais il était déjà châtié séance tenante. Il ne s'en rendit point compte, ça non,continuant d'avancer la main de la discorde qui lui faisait dès lors défaut. Voulant la poser sur la gracile épaule, il se rendit compte que quelque chose clochait. Plus la, rien, aucun touché. Repliant son bras pour examiner sa sale paluche, il se rendit alors compte de ce qui lui manquait tant. Plus de main ! Point de sang, point de douleur. Juste une absence où demeurait le fantôme de son existence.

Vacillant en arrière, atterré par l'implacable réalité et le temps qu'il lui fallut pour réaliser l'impensable. Il se tenait d'avant bras, fixant la tranche qu'il arborait. Hurlant alors de terreur, le sang se mit à jaillir telle une source dans un désert des plus arides.

« AAAHHHH MA MAIN !!!! AAAHHH !!!! » -se roulant dans la fange qu'il n'aurait dû avoir toupet de quitter un instant-

Un rire éclata avec fracas, le miroir semblait se délecter de ce triste spectacle. Kanon se tourna vers la sans-yeux, affichant un air dubitatif. Les clients regardait en direction de l'ivrogne, qui se débattait de façon rocambolesque en semblant agoniser. Se demandant bien raison derrière pareille scène.

« On avait dit pas de grabuge. »

Esquissant de ses fines lèvres le sourire à cette remarque, elle se justifia alors en quelques mots.

« Cette offense ne pouvait avoir lieu. » -se rapprochant et posant la tête contre l'épaule du Dragon qui lui tenait léger reproche- « Ai-je mal fait ? » -jouant de ses traits ingénus en connaissant déjà la réponse à cette question-

Soupirant légèrement, le Kōeki savait ce qui se tramait. Heureusement, elle avait réagit en connaissance de cause. Mieux valait perdre une main, que de se retrouver les épaules allégées de la tête.

« Je crois que nous ferions mieux d'y aller » -se levant-

Surprise, n'ayant pas prêté attention au faible qui continuait de hurler que la douleur le tiraillait, elle fit une moue des plus désabusée. Une main sur le sol, non loin, implorait grâce en frémissant de derniers soubresauts, synonymes de la vie s'échappant.

« Sumiko Sumiko venait de servir le thé. » -dit-elle, déçue-

« Ku ku ku ! Allez ne perdons pas plus de temps dans cet endroit fréquenté par la plèbe. »

Quittant les lieux, le quatuor disparut dans l'obscurité, sans once d'une temporalité résiduelle. Imperceptibles silhouettes, évanescentes dans la nuit des temps.
 
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