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The blacksmith and the dragon | Ryūji Ashitaka


Ven 27 Oct 2017 - 22:55
Les rares rayons de soleil qui étaient présents peinaient à tenir leur place face à l'énorme densité des vastes nuages. Bien que la journée s’annonçait douce et agréable dès les premiers chants d'oiseaux, de courtes mais nombreuses averses s'étaient invitées dans le si beau village d'Iwa. Dès qu'une halte avait lieu entre ces dernières, il n'en fallait pas plus aux moutards pour exhiber aux habitants leur grande béatitude en exhibant la grande espièglerie qui sommeillait en chacun d'eux : dès lors que le moindre habitat se faisait exempt de surveillance extérieure, ils ne se faisaient point attendre pour badiner en tambourinant à la porte, juste avant de prendre fuite sous les regards horripilés des rares passants présents.

Ce certain soupçon d'agacement se faisait presque omniprésent dans le regard de chacun et chacune, en particulier dans ceux des personnes gâteuses. La raison de cela ? Les fameuses affiches qui concernaient Kirigakure no Sato. Tous les éléments étaient présents pour affirmer que nous sommes actuellement dans un monde antédiluvien, marqué par la grande instabilité suscitée par les étranges événements qui avaient lieu à Hi no Kuni. Personnellement, j'aurais aimé voir de mes propres yeux ce qu'est réellement le Soshikidan, organisation qui s'est faite une grande place dans un monde auparavant dominé par la puissance des trois villages principaux, mais je n'étais pas encore à même de me rendre à un tel endroit.

Il y avait toujours plusieurs blessés de guerre à la suite de ce qu'il y avait eu lieu. Malheureusement pour eux, la plupart ont du finir estropié pour espérer prétendre à la vie. Lorsque je jaugeais de telles personnes à vue d’œil, dans la rue, je ne pouvais m'imaginer à quel point j'étais chanceux, tout autant que j'étais loin d'être prêt à un affrontement de grande envergure, tout particulièrement sur le fait que je manquais cruellement d'expérience. Mes entraînements actuels étaient loin de faire l'unanimité sur ma progression actuelle ; c'était bel et bien ce qu'avait démontré ma défaite contre Yoshitsune-sensei.

Dès lors que j'étais convenablement préparé esthétiquement, je sortais de mon logis actuel afin de contempler avec dédain la laideur que les intempéries avaient octroyé à l'environnement actuel. Foulant le sol boueux de mes bottes, je n'avais aucune réelle envie actuellement. Je n'étais que trop peu attiré à l'idée de m'entraîner, et mes séquelles de mon combat contre mon maître ne me permettait pas de continuer à aboutir convenablement la construction de ma forge.

▬ Un tel sentiment d'ennui ne devrait exister, monologuais-je à voix basse.

Il n'y avait qu'un seul point qui pouvait se montrer mélioratif sous certains aspects, c'était qu'il n'y avait indubitablement pas de grande foule présente dans les étroites ruelles du village, et ce malgré la fougue des charlatans venus de diverses contrées. La tête dans la lune, c'était d'une grande lassitude que je crapahutais sans la moindre direction précise. Lorsque je fus à proximité de l'hôpital, le retour à la réalité fut pour le moins brutal lorsque je manquais de peu de percuter une jeune dame située juste devant le grand bâtiment.

▬ Euh.. veuillez m'excuser, mon esprit était ailleurs.

Légèrement gêné, je ne pouvais m'empêcher de rougir légèrement tout en affichant un simple rictus en guise de sympathie. Au vu de l'état visuel de la femme, j'imaginais qu'elle ressortait tout juste de l'hôpital, ce qui m'aurais davantage mis dans l'embarras si collision il y avait eu. Passant légèrement ma main droite à mes cheveux d'un vif mouvement du bras afin de redresser légèrement ma coiffure, je ne me faisais pas attendre davantage de temps pour lancer la conversation avec celle-ci.

▬ Je m'appelle Metaru Shoda, genin d'Iwagakure no Sato. Encore une fois, navré de ne pas avoir fait davantage attention à ce qu'il se passait devant moi. J'espère que vos blessures apparentes ne sont pas si graves que cela. Si ce n'est pas indiscret, que s'est-il passé ?

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Ven 27 Oct 2017 - 23:58





« The Blacksmith and the Dragon. »


Douleur. Sentiment pénible. Sensation désagréable. Faiblesse. Psychologiquement ancrée dans son mal-être. Une torture quotidienne depuis sa défaite contre l’Akimichi. Ashitaka était animée par un désir ardent de vengeance, persuadée de pouvoir lui rendre chaque coup au quintuple. Déterminée, elle l’était. Une multitude d’images se bousculaient dans sa tête, son corps frémit face à la réalité. Elle s’était fait lamentablement battre. Sa défaite signifiait beaucoup plus à ses yeux qu’à celui du membre du Yamagenzo. En perdant, elle lui avait donné raison. Malheureusement, elle n’était pas prête de changer de position. Les autres, elle n’en avait que faire. Seule, elle réussirait. Seule, elle gravirait les échelons. Seule, elle irait jusqu’au bout de ses ambitions. Seule.

Ne pas se laisser abattre était la principale occupation d’Ashitaka depuis son hospitalisation. Elle prenait minutieusement son traitement et ne rechignait pas. Elle attendait impatiemment d’être remise sur pied. Difficile de se reposer et d’être statique toute la journée, lorsque ses pensées divaguaient à droite et à gauche. Par moment, la jeune femme pensait à quitter discrètement sa chambre d’hôpital. Ni vue ni connue. Mais ce n’était pas responsable et elle le savait bien. Qui plus est, ses parents l’auraient renvoyé ici. Lorsqu’ils avaient appris la nouvelle de son hospitalisation, ils lui avaient rendu visite. Comme à l’accoutumée, des mots blessants, démotivants, dénuée de toute compassion. Sa génitrice semblait inquiète pour elle, tout de même. Ashitaka s’était sentie désolée face à sa mine inquiète et pâle. Malheureusement, cette vie était la sienne et elle ne comptait aucunement revenir sur ses pas. Alors, elle ne pouvait faire qu’attendre d’être rétablie.

Aujourd’hui signait sa date de sortie. Intérieurement, la guerrière était toute enthousiaste à l’idée de quitter ses murs blancs et froids. Cet espace neutre et peu accueillant qui lui donnait la nausée. Pour obtenir sa sortie prématurée, elle avait négocié pendant un certain temps, et s’en était suivi un cinéma. La douleur était encore présente. La douleur tirait ses entrailles. La douleur physique semblait s’estomper petit à petit laissant place à une douleur plus vive. La douleur morale. Celle de l’échec. Elle ne pouvait dire laquelle des deux était la plus douloureuse pour elle. Une chose était sûre, elle n’était pas totalement rétablie.

Une fois, le nouveau bandage en place, la rousse remercia poliment l’infirmière. Elle attendit que cette dernière se soit éclipsée avant de mettre son haut. Ce geste lui arracha un grognement douloureux. Une fois, cette étape douloureuse passée, elle quitta les lieux. Une main par-dessus sa plaie, elle marchait lentement. Des courbatures dans le dos, dans les jambes, c’était atroce. Naturellement, ses pas l’amenèrent à la sortie de l’hôpital où elle s’arrêta quelques secondes, humant l’air frais. Malgré son état quelque peu critique, elle était heureuse de se tenir droite. Elle ferma les yeux, respirant à pleins poumons lorsque soudainement une chose inconnue la percuta. Sous la douleur, Ashitaka ouvra les yeux et se recroquevilla. Trop occupée à tenter de cesser cette souffrance qui prenait possession de ses sens, elle ne s’était pas préoccupée de l’origine de ce choc. Avec lenteur, elle se releva tandis que l’endolorissement s’estompait.

Ses prunelles se posèrent sur un homme qui semblait s’adresser à elle. Il la dépassait de quelques centimètres et portait un cache œil. Étrange se dit-elle. La couleur de ses cheveux se rapprochait de la sienne, cela lui allait bien… Ses excuses furent assez pour qu’elle puisse faire le lien. Instantanément, face à son constat, elle fronça les sourcils. Dans d’autres circonstances, elle se serait énervée. Enragée. Mais actuellement, elle ne fit que soupirer avant de lui balancer quelques mots avec une voix neutre mais légèrement agacée.

▬ Je n’en ai strictement rien à faire de tes excuses. T’es borgne, pas aveugle à ce que je sache. Alors fais-moi le plaisir d’utiliser l’autre œil qu’il te reste ou crois-moi il disparaîtra lui aussi.

Elle était en position de faiblesse. Elle en était consciente. Sa main sur son abdomen traduisait parfaitement la situation critique dans laquelle elle était. Blessée et mal en point. Et au vu de la localisation, elle savait que son interlocuteur devinerait facilement ce qu’il en est. Alors qu’elle s’attendait à ce qu’il déguerpisse après lui avoir présenté des excuses, le voilà qu’il tentait de lui faire la conversation. Par politesse, elle attendit qu’il boucle sa phrase avant de soupirer. Le regard de l’artiste martial était distant et froid.

▬ Je pense que tu n’as pas saisi, en fait. Je n’ai pas le temps pour tes questions intrusives. Je ne te connais pas. Alors ton questionnement, tu te le gardes. De même pour tes excuses. C’est assez clair ?

Elle le contourna avant de le bousculer avec son épaule. Décidément, il n’avait pas froid aux yeux. Malheureusement pour lui, ce n’était pas son jour. Comme d’hab’.

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Sam 28 Oct 2017 - 20:01
Finalement, j'avais bien fait de ne pas rester chez moi, puisque j'avais trouvé une personne hautement distrayante. Dès lors que la femme daignait me menacer, je ne pouvais m'empêcher de rire aux éclats, tout en dévisageant son visage de ma seule pupille restante. Des réprimandes aussi osées que celle-ci, j'en ai déjà eu à la pelle lorsque j'étais encore sous la tutelle de celui que je considère encore comme un grand père, le vieux forgeron qui m'a tout appris jusque là. Les souvenirs de mes crucheries passées ne faisaient qu'augmenter l'intensité de mes rires. J'étais confronté à une inconnue qui diverge de ceux que j'ai croisé depuis mon arrivée au village ; bien que je trouvais que la grande partie des habitants de ce village se montraient sympathiques et ouverts, celle-ci semblait bien plus agacée. Il est sûr qu'elle n'est pas dans les meilleures conditions de dialogues possibles au vu de son état, mais cela ne changeait rien au fait que je trouvais la situation plutôt comique.

▬ Oh, tu sais, j'utilise très bien le seul œil qui me reste en contemplant une telle beauté.

Au vu de ses dires, je m'étais permis de la tutoyer. La remarque se voulait sur le ton de l'ironie, dans l'unique but de m'amuser davantage. Avec un temps aussi médiocre que celui qui fait place, le rire était peut-être la seule bonne distraction qu'il me restait. Mon visage était bien plus ferme et sérieux lorsque j'avisais avec détail les blessures qu'elle possédait, et plus particulièrement au niveau de l'abdomen qu'elle se tenait avec douleur. Il était bel et bien à noter que son état de santé était bien loin d'être anodin. Peut-être qu'elle avait participé elle aussi aux événements de Shîto ? Cette hypothèse fortuite me paraissait peu probable. Rien que par curiosité, lorsque je fus percuté par la jeune femme avant que celle-ci s'en aille, je posais une nouvelle question.

▬ Comment as-tu pu te mettre dans un tel état pareil ? Au vu de ton vocabulaire, cela ne m'étonnerait pas que ce soit l'oeuvre d'une personne qui n'a que trop peu apprécié celui-ci.

La suivant lentement à ses côtés lorsqu'elle commençait à partir, c'était dans le même instant qu'une énième averse faisait son apparition. Décidément, cette journée avait VRAIMENT tout pour être pourrie, me retrouvant à m'amuser avec une folle furieuse qui me menaçait de cécité. Où pouvait-bien être Yoshitsune-sensei en ces temps-ci ? Cela fait déjà plusieurs jours que je n'avais pas la moindre nouvelle de lui. J'imagine qu'il avait des tâches bien plus importantes à régler, puisqu'il était quand même l'une des personnes les plus influentes du fameux clan Nagamasa. De même, pas le moindre signe de vie de mon coéquipier, la boule de billard. Trêve de vaines pensées, je n'allais pas laisser une si charmante demoiselle toute seule au beau milieu de la pluie.

▬ Si tu te comportes comme ça avec tout le monde, je plains réellement ta vie sociale. Il y a une taverne à quelques pas d'ici, tu ne préférais pas y aller plutôt que de rester plantée là ? Je t'y invite.

J'étais plutôt sceptique quant aux chances de réussite de ma proposition. J'imagine qu'elle n'avait rien de mieux à faire de toute façon, et que la laideur du temps la ferait acquiescer en ma faveur. Néanmoins, l'issue actuelle que j'imaginais est qu'elle allait m'adresser d'autres invectives avant de partir une fois de plus.

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Dim 29 Oct 2017 - 17:53





« The Blacksmith and the Dragon. »


Son rire sonnait comme une provocation aux oreilles de l’auburn. Une moquerie. Ce Metaru était audacieux, nul doute sur ce point. Doucement, elle pivota sur elle-même. Ce geste lui arracha un petit soupir. Les gestes brusques provoquaient une certaine douleur désagréable. De nouveau face à face, elle et le jeune Shoda. D’un regard mauvais, annonciateur de la suite, elle le toisait sans aucune gêne. Elle l’étudiait attentivement. Étrangement, il suscitait sa curiosité. Un ninja borgne. Très peu commun. S’il avait été moins arrogant et irrespectueux, elle aurait eu un profond respect pour sa personne. Il ne semblait pas gêné de son handicap, et c’était un bon point. Et même s’il l’avait été, elle n’aurait aucunement regretté ses précédentes paroles. Les mots du roux se heurtèrent à son oreille agacée. Intérieurement, il venait de la faire rire. Elle souriait légèrement. Son approche était pathétique à ses yeux, mais drôle. Il avait de la réparti, elle appréciait ce détail. « Une telle beauté », un compliment qui était flatteur, mais malheureusement, ce genre de propos n’avait pas d’impact sur elle. Un sourire en coin se dessina sur ses lèvres tandis qu’elle prenait la parole.

▬ Fais attention, à trop t’illuminer, la beauté risquerait de t’aveugler.


Son sourire disparut lorsque des gouttes de pluie entrèrent en contact avec elle. La pluie. Ashitaka aimait le bon comme le mauvais temps. Se réjouissant à l’idée de laisser divaguer ses yeux sur un paysage changeant. Néanmoins, elle détestait cette sensation. Lorsque ses vêtements étaient mouillés. Ce n’était pas tant l’eau qui la gênait. Elle laissa échapper un soupir qui traduisait son mécontentement. La question que venait de poser le jeune homme était intrusive. Pourtant, quelques minutes auparavant, elle lui avait dit avec précision qu’elle n’aimait pas ce genre de questions et qu’elle n’y répondrait pas. Etait-il sourd ?

▬ Je t’en pose des questions moi ? Je te demande pourquoi t’es handicapé ? Non ! Décidément, en plus d’avoir une déficience visuelle, il semblerait que ton ouïe soit sujet à débat également.


Une averse s’abattait sur eux. Elle s’était retournée et avait commencé à s’en aller. Elle réfléchissait au lieu où elle pouvait se rendre. Hors de question de remettre un orteil dans la demeure familiale pour l’instant. Elle avait besoin de se vider l’esprit. Des bruits de pas retentissaient derrière elle. Inutile de se retourner, elle connaissait déjà l’identité de celui qui en était à l’origine. Rapidement, il vint se poster près d’elle. Les yeux rivés devant elle, elle écoutait son jugement. Encore un qui lui offrait une pseudo-morale sur son comportement et sa vie sociale. Elle n’était pas agacée, elle trouvait seulement ça ridicule.

▬ Vie sociale tu dis ? Oh, tu parles de ces pseudos figurants dans ta vie ? De cette illusion dans laquelle te plonge les autres ? Nope, désolée, pas intéressée.

L’hésitation prenait possession de la jeune femme. L’invitation de son interlocuteur était sujet à débat. Oui, non. Finalement, elle opta pour « pourquoi pas ». Malgré le début de conversation quelque peu abracadabrantesque, il ne semblait pas réellement agaçant. Elle hocha positivement la tête, signifiant qu’elle acceptait l’invitation et qu’elle le suivait. Du coin de l’œil, elle le scrutait des yeux, intriguée.

▬ Au vu des questions que tu me posais, je suppose que tu n’auras aucun de mal à me répondre, toi. Comment tu t’es fait ça ?

D’un hochement de tête, les yeux posaient sur son cache-œil, elle désignait sa cécité partielle.

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Lun 30 Oct 2017 - 22:37
Mes propos auront au moins le mérite de l'avoir fait sourire. C'était une tâche qui s'avérait plutôt rude aux premiers abords, mais finalement, ce n'était pas si compliqué que cela. La réponse qui s'en était suivie ne manquait pas de me faire sourire, moi aussi. Finalement, même si elle semblait plutôt hostile à la première approche, il était facile de constater que derrière cette carapace semblait se trouver une personne plutôt sympathique. J'imaginais néanmoins bel et bien que son état physique était peut-être un facteur d'influence vis-à-vis de son comportement actuel. J'appréciais beaucoup le répondant qu'elle possédait.

▬ Si ma dernière vision doit être celle d'une sublime déesse, je n'aurais aucun regret à perdre le peu de vue qu'il me reste.

J'optais pour une voix douce qui se mariait très bien aux mots que j'employais. Peut-être qu'après avoir réussi à la faire sourire, j'aurais la satisfaction de l'avoir fait rire ? Lorsque les gouttes d'eau tombaient de plus en plus rapidement sur mon corps, je passais ma main droite à mes cheveux afin de veiller à ce que ma coupe fasse toujours bonne impression. D'un côté, la pluie n'était pas une mauvaise chose en soi : cela faisait un bon moment que les paysans des environs n'avaient pas reçu une telle offrande venue des cieux. La dernière fois qu'une telle période pluviale avait eu lieu, c'était il y a quelques dizaines de jours. J'avais commencé à cet instant la création de ma nouvelle forge, dont l'aménagement n'a d'ailleurs pas beaucoup avancé depuis tout ce temps. Visiblement, ma question quant à son état actuel l'avait fortement déplu ; j'avais très bien entendu ses dires, mais sur le moment, je dois avouer que je ne les avaient pas pris très sérieusement.

▬ Tu m'excuseras si tu as trouvé ma question osée. Je ne pensais pas qu'une telle question de ma part te gênait autant.

Les petites piques qu'elle m'adressait ne me faisait ni chaud ni froid. J'étais confronté à des invectives bien plus conséquentes tout le long de ma vie, de ce fait, ce genre de choses n'avaient pas le moindre effet sur ma personne. Je restais neutre de regard lorsque je lui répondais ainsi, n'exprimant presque pas le moindre sentiment si ce n'est un soupçon de sympathie. Néanmoins, il n'y avait pas le moindre signe de regret visible dans l'intonation de ma voix, montrant que je n'étais pas du tout affecté par ses propos. Au final, je ne préférais pas trop insister sur la question que j'avais adressé à son égard, bien que j'aurais bien aimé connaître l'origine de ses blessures. Les propos qu'elle employait quant à ma remarque sur sa vie sociale ne changeait en rien la neutralité de mon visage. Des personnes possédant ce même ressenti, j'en avais déjà rencontré plusieurs.

▬ J'espère que tu comprendras le plus tôt possible qu'une personne peut s'écrouler comme un château de cartes si elle ne désire que compter sur elle-même. Tu sais, notre pays s'est construit sur la solidité des liens d'amitié et de confiance qui lient chaque être humain à un autre.

Plutôt satisfait lorsqu'elle acceptait mon invitation, c'était d'un pas lent mais assuré que j'empruntais la fameuse direction de la taverne dont je parlais. L'ambiance présente là-bas était loin d'être généralement agitée et bruyante, ce qui en faisait un parfait endroit pour discuter calmement ainsi que pour faire plus amplement connaissance. Son questionnement sur ma cécité me faisait afficher un léger rictus, me remémorant ce qu'il s'était passé à ce moment-là. Même si ce fut douloureux sur le moment et peu plaisant, c'était la bêtise en elle-même qui me faisait réagir ainsi.

▬ Quand j'étais petit, j'étais impatient à l'idée de devenir forgeron. Alors qu'il faisait nuit, j'avais allumé la forge de mon tuteur de l'époque. Lorsque j'étais entrain de forger une arme, les bruits de pas de celui-ci m'avaient fortement surpris, et je m'étais planté dans le même instant une tige de métal dans l’œil droit. Malgré l'aspect légèrement comique sur les bords, c'était une épreuve qui m'a endurci d'une certaine manière, et cela ne m'a pas empêché de devenir un shinobi.

Lorsque nous étions devant la fameuse enseigne, j'ouvrais la porte d'un bref mouvement de la main droite avant de laisser passer la jeune demoiselle en premier par galanterie. Constatant qu'une petite table était disponible sur le flanc gauche, il ne m'en fallait pas plus pour me diriger vers celle-ci tout en l'invitant cordialement à bien venir me rejoindre. Lorsque nous étions convenablement installés, et peu de temps avant que le barman ne vienne prendre notre commande, je commençais à discuter aisément avec elle.

▬ J'imagine que tu dois aussi avoir un quelconque rôle à l'intérieur de notre si beau village. Si je puis me le permettre, comment t'appelles-tu ?

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Sam 4 Nov 2017 - 15:05





« The Blacksmith and the Dragon. »


La pluie était très souvent assimilée au mauvais temps. Au froid. À l’ennui. Pour nombreux des habitants, le soleil était significatif du bon temps. Un moyen de faire ressortir la beauté du village. Aux yeux de l’auburn, la pluie le soleil étaient semblables aux relations sociales. La pluie était la solitude. Que tout le monde souhaite fuir. Que personne ne souhaite rencontrer. Et le soleil était l’amitié, l’amour, toutes ses relations que chacun cultivait. Des illusions. La pluie semblait pourtant avoir plus d’impacts positifs que le soleil. Ashitaka aimait la pluie. Elle n’appréciait pas que ses vêtements lui collent à la peau. Néanmoins, la pluie était quelque chose de magnifique à ses yeux. Un temps qui lui ressemblait. Les rues commençaient à se vider. Plus personne n’osait pointer le bout de son nez. L’averse s’intensifiait. La seule chose que la rousse craignait sincèrement était que l’eau entre en contact avec ses blessures. La douleur n’était que peu présente et la dernière chose qu’elle souhaitait était qu’elle s’intensifie à nouveau.

Ils marchaient côte à côté. De l’extérieur, ils semblaient comme deux amis. Deux camarades. Pourtant, pour elle, c’était impensable. Elle n’avait jamais eu d’ami. Ce n’était qu’un concept qui la dépassait. Elle se demandait souvent ce que ces relations apportaient. Le pourquoi du comment chacun tentait de nouer des liens amicaux. Ses réflexions intensives sur le sujet ne se sont jamais soldées par une réponse convaincante. Elle continuait de s’interroger sur les raisons. Pour l’instant, le Metaru n’était qu’une connaissance. Ou plutôt un étranger qui, au fur et à mesure de leur échange, se transformait en connaissance. Il semblait différent des autres. Et même si cette dernière avait l’impression d’être jugée, une nouvelle fois, le ton du roux n’était pas dédaigneux. Il souhaitait simplement comprendre. Il était curieux. Elle ne se sentait pas prête à se confier, elle doutait que cela ne puisse arriver un jour, mais elle ne voulait pas le rejeter. Son discours l’avait titillé. Il semblait tenir à cette notion, qu’elle n’arriverait pas à saisir. Elle souhaitait simplement en savoir plus à son sujet. Sa situation critique en était pour beaucoup. Si elle n’avait pas été blessée, elle ne serait pas à ses côtés actuellement. Elle aurait quitté les lieux depuis un long moment déjà. Mais dans cette situation, un peu de compagnie ne serait pas de refus. Juste le temps d’un instant. Oui, juste le temps d’un bref instant.

Lorsqu’un son franchit les lèvres rosées du jeune Shoda, elle l’écouta attentivement. Une déesse sublime. Elle esquissa un faible sourire. Il semblait joueur et plein de vie. Cela changeait de ses rencontres habituelles. Il était vivant. Et sans le savoir, il commençait légèrement à apporter sa bonne humeur à la jeune femme. Voilà quelques minutes qu’elle n’avait pas froncé les sourcils. Un exploit ! Il se remit ensuite à parler. Cette fois-ci, il s’excusa rapidement et brièvement. Son ton était différent. Il n’avait plus ce timbre de voix doux, et attentionné, mais un ton neutre. Grave. Pour réponse, elle haussa simplement les épaules lui montrant clairement que cela lui passait au-dessus. Elle ne pouvait pas réellement lui en vouloir. N’importe qui aurait posé des questions indiscrètes concernant sa situation. Shoda n’avait pas insisté à connaître les raisons. Tant mieux.

Les propos qui suivirent firent écho dans le cerveau de l’artiste martiale. Chaque mot se bousculait au fond de son être. En un sens, elle lui donnait raison. Mais pour elle, elle pouvait tenir debout. Aujourd’hui. Demain. Tous les prochains jours. Seule.

▬ Lorsque tu comptes sur autrui, tu ne vas pas au bout des choses. Tu te reposes sur eux. Ce n’est pas ce que je souhaite. Seule, je suis capable d’arriver à mes fins. Je ne pense pas avoir besoin de figurants pour y arriver. Surtout, lorsque ces derniers sont faibles. Émotionnellement. Psychologiquement. Physiquement.

Elle avait insisté sur les derniers mots en le regardant du coin de l’œil. Son ton n’était pas dur comme à l’accoutumée. Mais plutôt doux. Comme si elle était ouverte à discuter sur ce point. Ce qui n’était pas habituel. Malheureusement, Ashitaka était convaincue. Convaincue par son opinion sur les relations sociales. Chaque mot qu’elle avait laissé s’échapper était pensé. Alors qu’elle ne s’y attendait pas, il accepta de lui compter sa mésaventure qui lui valut la perte de son œil droit. Elle l’écoutait attentivement, réellement curieuse de connaître la raison. Une fois qu’il eut fini, elle ne put s’empêcher d’éclater de rire.

▬ L’accident le plus comique que je n’ai jamais entendu ! Bah alors ? Maladroit et intrépide. Rappelle-moi de ne jamais combattre à tes côtés haha. Je n’ai pas spécialement envie de mourir parce que monsieur se rate ou trébuche sur quelque chose !

Rire lui faisait un énorme bien. Malgré la petite douleur qui prenait possession de son abdomen, elle ne regrettait pas son petit fou rire. L’histoire de Shoda était réellement comique à ses yeux. Décidément, c’était un sacré énergumène pour la jeune femme. Dans le fond, elle l’admirait. Malgré ce qui lui était arrivé, il a persévéré et est devenu un shinobi. Courageux. Il l’était. Quelques minutes plus tard, elle se tut, reprenant légèrement contenance. Malheureusement, au même moment, elle reposa ses yeux sur son cache œil et elle ne put s’empêcher de rire. Cette fois-ci, elle tentait de rester discrète.

▬ Dorénavant, je vais t’appeler Heta ! Je pense que ce surnom te va parfaitement. Tu ne trouves pas ?

Heta signifiait maladroit, peu doué. Un nom qui se mariait parfaitement avec le jeune homme. Elle ne pouvait s’empêcher de lui coller cette étiquette sur le front. MALADROIT.

Quelques instants plus tard, ils arrivèrent devant la taverne. D’un geste gracieux, son comparse ouvrit la porte, la laissant passer devant. Elle hocha la tête en guise de remerciement avant de pénétrer dans l’enceinte de l’établissement. Il y avait quelques groupes de personnes qui discutaient entre elles. Certains portaient le bandeau frontal du village. Le visage fermé, elle suivit le jeune homme. Ashitaka s’attendait à ce que ce soit bruyant, mais en réalité, c’était relativement calme. Des bribes de conversations lui parvenaient aux oreilles, mais rien d’alarmant. Seulement des gens civilisés qui discutaient entre eux. Confortablement, elle vint s’installer devant le borgne. Ils se regardaient. Elle ne comptait pas détourner le regard.

▬ Ashitaka Ryuji. Mais on m’appelle Taka. Genin d’Iwa.

Le barman s’approcha d’eux, poliment, les saluant. Ashitaka commanda un jus de citron. Le citron était son péché mignon. Elle se plaisait à savourer cette acidité, ce goût inédit. Après avoir pris leurs commandes respectives, il se retira. Son attention retourna sur le Metaru. Elle plissa les yeux, intriguée.

▬ Metaru. Ton nom ne me dit rien. Qui es-tu, Metaru Shoda ?

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Dim 5 Nov 2017 - 22:00
Une fois de plus, j'avais réussi à la faire sourire à la suite de ma remarque. Finalement, j'imagine que je n'aurais pas trop de mal à la rendre de bonne humeur, si cette jeune femme était aussi ouverte à mon type d'humour. Généralement, je n'avais pas trop de mal à faire partager ma joie presque quotidienne aux individus qui m'entourent, mais amuser une femme qui semblait si désobligeante aux premiers abords s'avérait être une tâche plutôt rude. Au final, j'imagine que nous étions sur la même longueur d'onde sur certains points, et ce n'était pas pour me déplaire. Tout ce qu'il me restait à faire, c'était de la rendre davantage sociable, et j'étais on ne peut plus patient pour cela.

La réponse qu'elle m'adressait quant à ma remarque sur l'amitié sonnait comme faux à mon goût. J'imaginais fortement bien qu'elle possédais sans doute un passif assez particulier qui lui faisait penser cela - peut-être étais-ce lié à son éducation, que sais-je - mais je comptais bien lui faire raisonner autrement. Bien que ses convictions peuvent paraître louables, je savais très bien qu'elle n'allait pas tenir longtemps dans un tel monde si elle ne s'ouvrait pas aux autres personnes. Les tensions actuelles ne faisaient qu'empirer au vu des événements qui se sont produits il y a déjà quelques temps, et ne pas avoir de personnes sur qui compter est quelque chose qui peut s'avérer fortement dangereux.

▬ Être ami avec une personne ne consiste pas essentiellement à se reposer sur elle. Au fond, l'amitié est un pacte entre diverses personnes qui nous donne le courage de continuer dans les moments difficiles. En restant seule, tu te détruiras toi-même. Tout ne peux être accompli solitairement, mais rien n'est impossible lorsqu'on est bien accompagné. Finalement, un ami est une personne de confiance à qui tu peux te confier, tout comme dans le cas inverse.

La réaction joviale de la rousse ne me faisait pas le moindre effet négatif. Même si certaines personnes auraient pu mal prendre une telle réaction à la suite d'un handicap, cela ne me touchait pas. Au contraire, voir qu'elle riait finalement me faisait plutôt plaisir, même si je constatais avec une légère pitié qu'elle se tenait l'abdomen. Le rire et la douleur ne font généralement pas bon mélange, même si une dose de ce premier peut aider à surmonter la deuxième. Le fait qu'elle se montrait bien plus ouverte qu'au début de notre conversation la rendait bien plus jolie, puisqu'elle faisait part d'un visage plus apaisé.

▬ Même si une maladresse avait lieu, je ne pense pas qu'une si belle personne ait seulement le droit de mourir.

C'était avec un air toujours aussi chaleureux que je lui disais cela. Le surnom qu'elle m'avait trouvé était plutôt amusant, même si cela remettait fortement en doute ma crédibilité auprès des personnes étrangères à mon entourage. Si cela lui amusait tant que cela, je ne m'opposerais pas à cela, même si je dois avouer qu'une certaine gêne se ferait ressentir lorsque le son de ce mot sortira de ses lèvres.

▬ Si tu aimes tant que cela ce surnom, il n'y a pas le moindre souci. Tu me permettrais alors de t’appeler Burei ?

Ce mot signifiait littéralement "malpolie". C'était sur un ton toujours sympathique et attentionné que je lui adressais ces quelques mots, montrant bien que je ne voulais pas paraître offensant dans mes propos, mais plutôt ironique. Dès qu'elle riait à la vue de mon cache-œil, je ne manquais pas de lui adresser un léger rictus charismatique.

Quand le serveur arrivait en ma direction, je commandais du saké. L'alcool n'était pas quelque chose qui m'étais indispensable pour vivre, mais j'aimais bien en prendre de temps en temps. Finalement, elle m'adressait son nom, et je connaissais de même son grade. Le nom des Metaru était plutôt connu du côté du Pays de la Foudre, mais il était normal que dans notre village il n'était que très peu répandu. C'était d'un visage neutre que j'allais lui répondre.

▬ Je suis issu d'un clan fondateur d'un village qu'on appelle actuellement Kumo. Si je suis un genin de ce village, c'est car la vie a été arrachée à mes parents lorsque j'avais environ cinq ans, alors que je les accompagnait lorsqu'ils avaient une cargaison à ramener dans un petit village du Pays de la Terre. Les bandits qui les ont tué ont décidé de me laisser en vie, mais je n'avais pas le moindre repère pour retourner chez moi. Lorsqu'un vieil homme qui se baladait en forêt m'avait aperçu, il avait décidé de me prendre sous sa tutelle. Je me sentais bien avec lui, alors je ne voulais pas partir. Il y a quelques temps, j'ai fait la rencontre d'un shinobi d'Iwa. Après une discussion avec lui, j'avais décidé de me mettre au service de notre si beau village.


Peut-être qu'elle ne s'attendait pas à une telle réponse, mais cela résumait on ne peut plus bien la raison de ma présence en ces lieux.

▬ Qu'en est-il de ton côté, si cela n'est pas indiscret ?

Lorsque mon saké était arrivé, je remerciais d'un hochement de la tête le serveur avant de goûter quelque peu à ce liquide, tout en reprenant un air plus ouvert et agréable.

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The blacksmith and the dragon | Ryūji Ashitaka

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