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Dos à Dos [Enkeï]


Sam 28 Oct 2017 - 20:56

Le village cachée d'Iwa était beaucoup plus grand que tout ce que j'avais vu dans ma vie. La population était deux fois… non, trois trois plus grande que celle de mon village natal. Je me demandais bien comment une cité aussi grande pouvait rester caché ainsi. C'était sûrement grâce à ces ninjas et à leurs pouvoirs surnaturelle.

J'habitais à Iwa depuis seulement quelques jours seulement et avais vu beaucoup de choses qui me laissèrent bouche bée. Des gens capables de cracher des boules de feu, d'autres, de conjurer des mirages et certains, de blesser leur adversaire d'un simple touché. Les ninjas sont vraiment impressionnant. Ça devenait un peu inquiétant en fait, avais-je la force de me mesurer à eux? Moi qui ne connaissais que les arts martiaux, ce qu'ils appelaient du “taijutsu”?

Perdu dans mes pensés, j'avais parcouru le village d'un bout à l'autre. Je n'avais pas tout retenu, mais au moins Iwa semblait plus familier maintenant. Sauf qu'aujourd'hui, je m'étais aventuré trop loin. Beaucoup trop loin.

Les étalages de marchands avaient été remplacés par des pics rocheux à perte de vue. Je me rappelais vaguement être passé par là, lorsque les ninjas d'Iwa m'avaient porté jusqu'au village, à moitié conscient. Mieux valait retourner sur mes pas, avant de me perdre, ou qu'on me prenne pour un déserteur.

En tournant les talons, je tombai nez à nez avec un homme. La peau olive, des cheveux noirs graisseux et un équipement dépareillés, probablement volé par-ci, par là. Le plus important était le long couteau qu'il tenait à la main et le sabre coincé dans sa ceinture.

“T'es bien loin de chez toi,” dit l'homme, presque comme s'il était désolé.

“Oui, pourriez-vous m'indiquez le chemin le plus rapide pour rentrer au village?”

Il ne me disait rien de bon, mais j'avais appris à ne jamais juger un livre par sa couverture. Les apparences, bonnes comme mauvaises, sont parfois trompeuses.

“Je ne m'en rappel plus. Mais un peu d'argent pourrait m'aider à m'en souvenir,” dit-il en pointant sa dague dans ma direction.

Évidemment, c'était un ordre plutôt qu'un demande. Il n'y avait qu'un petit problème.

“Je n'ai pas d'argent.”

Il me regarda sans rien dire pendant plusieurs secondes avant de porter deux doigts dans sa bouche pour siffler. Aussitôt, d'autres ombres apparurent dans les rochers.

Le bandit écarta les bras, désignant ses amis. “L'argent, ou ta peau. C'est à toi de choisir.”

Il y avait douze hommes au total. Je m'étais déjà battu dans des situations bien pire. Mes pieds se placèrent tout seul en position de combat, mon poing gauche dans le dos, ma main droite tendu devant. “J'ai bien peur de devoir choisir ma peau.”
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Mar 31 Oct 2017 - 10:54
Les abords du village d’Iwa n’étaient pas comme l’auraient souhaité la plupart, si ce n’était tous, des villageois. Ce n’était pas ces terres boisées, agricoles, où ils pouvaient depuis les hauteurs étendre leurs regards ébahis à perte de vue. Où, la cime d’immenses arbres de toutes sortes, tels des nuages verdâtres, couvraient au plus haut ces bois à l’image de la voute céleste. La « connexion avec la nature » pouvaient encore faire penser à des lieux tels que les montagnes, les contrées éloignées, etc. Marcher pieds nus dans l’herbe ; grimper aux arbres ; sentir des fleurs ; simplement gambader, sans but particulier ; faire des ricochets sur l’eau, ect. Les activités, pour se rapprocher de mère nature, était aussi diverses que variées.

Mais non, ici, les terres n’étaient dominées que par la roche et au mieux, pour l’économie de la société iwajienne, du calcaire exploitable, dont le gisement était d'une pureté exceptionnelle. Les industriels n’avaient pas manqués d’en extraire en masse pour le commercialiser. Ainsi, se devait de tourner le monde, parait-il et ainsi tourna-t-il, sans surprise. Il n’y avait aucun havre de paix verdoyant, qui permettait ce chemin de l’auto-guérison et de la reconnexion à soi. Mais, tout de même, dans ce tableau gris et silencieux, avec une certaine sensibilité, la sérénité de l’esprit pouvait tout de même naitre. C’était justement dans ce but prévis que Enkeï entama sa marche vers ces lieux tôt le matin.

La journée s’étalait ainsi peu à peu et au loin, dans un endroit isolé des regards indiscrets, le bushi vit alors un homme à la carrure imposante entouré de douze brigands, manifestement. La situation était on ne peut plus clair. Il se devait d’intervenir.

Instruit des arts samouraïs, ce dernier progressa à pas feutrés, avant d’atteindre le dit-groupe. Un brigand lui barrait la voie pour rejoindre l’encerclé, dans un geste aussi brutal que véloce, Enkeï trancha littéralement sa jambe à hauteur du genou à l’aide de son katana, dégainant/rengainant, le tout dans une effusion de sang et d’affreux cris de douleur. Il traversa le groupe, sans que nul ne l’interrompe, enjambant au préalable sa victime au sol, celle-là même qui gesticulait, s’agitait comme un damné. Ils attendaient le bon moment, certainement, jaugeait ce nouvel arrivant. Sans un mot, le bushi se mit dos à dos avec l’encerclé, lui accordant tout de même avant un regard complice. Onze ennemis. Ils pourraient se partager la tâche efficacement, chacun opérant de son côté. Sa lame assoiffée fut à nouveau libérée de son fourreau, la pointe dressée vers des cieux mitigés. Il ajusta sa respiration, prit posture -celle du Kendô-, prépara son mental, les fixant tous un à un de ses yeux striés de sang. Aucune pitié, comme de coutume.
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Mar 31 Oct 2017 - 22:38

J'attendais que mes agresseurs fassent le premier mouvement. Il fallait absolument que je conserve mon énergie à cause de leur nombre. Puis, je ne savais pas s'ils avaient des complices cachés plus loin, prêt à intervenir si les choses tournaient mal. Les gens de ce genre avaient la réputation d'utiliser des tactiques déloyales.

Un cri de douleur me fit sursauter. Je tournai les yeux vers un des bandits. Il était couché par terre, gémissant comme un porc qu’on saignait. Sa jambe reposait un peu plus loin, dans une marre de sang. J’eu un haut le coeur. Mais quel barbarie! Un homme se dressait derrière le blessé, probablement l’auteur de cette attaque. Grand, les cheveux blancs et très calme, compte tenue de ce qu’il venait de faire. Il vint se placer derrière moi et je compris tout de suite ou il voulait en venir.

Nos ennemis étaient resté planté là, bouche bée. Entre temps, le blessée avait arrêté de geindre. Le pauvre avait dû s’évanouir. Celui qui avait l’air d’être le chef se mit à gesticuler. “Mais qu'est ce que vous attendez? Tuez les!”

Le premier voleur fit un pas en avant, puis s’arrêta, interrogeant ses complices d’un regard. On dirait que la démonstration du sabreur ne les avait pas laissé indifférent. Finalement, il s’élança vers moi en poussant un cri de guerre, ce qui suffit à encourager les autres à le suivre.

Son premier coup passa largement à côté et je profitait de son déséquilibre pour le pousser sur son complice qui courait derrière lui. Les deux hommes se cognèrent la tête avant de s'effondrer sur le sol.

En calquant mes mouvements sur ceux de mon allié, j’avais l’impression de pouvoir voir les ennemis qui se trouvaient de son côté. L’angoisse qui m’avait envahi avait presque disparu. Peut-être que finalement j’allais partir d’ici vivant. Rapidement, je fis un pas pour éviter un coup de bâton. L’arme s'abattit sur le crâne d’un bandit qui s’approchait derrière moi.

Ces hommes se battaient férocement, mais ils n’avaient aucune discipline, aucune technique. On aurait dit enfants. Sentant le danger qui venait sur ma droite, j’agrippai l’homme au bâton et l’utilisa comme bouclier pour bloquer les coups de couteau de son acolyte.

Alors que je laissais tomber son corps, je vis du coin de l’oeil l’homme aux cheveux blancs disposer rapidement de ces balourds. Je ne pus m’empêcher de sourire. On faisait une belle équipe quand même. Quoi qu’il était un peu trop violent à mon goût. Moi, je préférais laisser mes ennemis s’attaquer l’un l’autre, jusqu’à ce qu’ils soient tous à terre. Lui avait l’air de préférer la manière forte.
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Mer 1 Nov 2017 - 11:29
Bushidô signifiait la volonté déterminée de mourir. Au carrefour des voies possibles, la seule voie à choisir, sans aucune hésitation était sans équivoque celle de la mort. Il ne fallait poser pour cela aucune raison particulière et travailler son propre esprit de sorte à ce qu'il soit ferme et prêt à toute éventualité. Ainsi, selon les principes du Bushidô, s'il mourait sans avoir atteint aucun objectif, quelqu'un pourrait dire de lui que sa mort n'aurait aucun sens, semblable alors à la mort d'un chien. Quel déshonneur. L'objectif en ce jour était de soutenir cet homme, engagé à son insu dans un combat inégal.

Il s'était tu, faisant du silence de l’esprit son sabre, comme l'exigeait la voie guerrière qu'il avait choisi. Pour cela, Enkeï vida son esprit du passé et du futur. Il vida son esprit de ses préjugés et de ses convictions. Il ne nia rien et n’affirma rien non plus. Il pensa sans penser, l’intuition, étant la clé de la vrai connaissance. L’outil ultime de l’adaptation à la vie. Il n'y avait que cet instant à vivre et vivre au-delà serait un privilège accordé par le destin.

Il jaugea ses ennemis un à un, balayant chaque individu d'un regard acéré. Aucun ne semblait équipé de l'équivalent d'un Katana, aussi, dans une résolution honorable, le bushi rengaina sa noble lame dans son fourreau. Ses deux mains se levèrent à hauteur de son pâle visage, formant toutes deux des poings furieux. Après des échanges de regards, le cri de guerre fut lancé. Il n'y aura désormais plus de marche arrière pour les deux camps, le destin de chacun désormais scellé.

Enkeï attendit patiemment, avec la même sérénité d'esprit que celle enseignée par son illustre clan samouraï. Le premier poing lui fut lancé, avec la ferme intention de lui tuméfier le visage. Il le saisit, avec habilité, puis contorsionna le bras jusqu'à coucher l'assaillant au sol, à ses pieds et le réduire hors d'état de nuire d'un coup de talon à la tempe. C'était de l’Aïkido, un art martial japonais consistant à exploiter la force de l'ennemi, contre lui-même. À lui d'être offensif désormais. Ce dernier choisit sa victime dans le lot, se ruant vers elle à vive allure. Il le fit hurler de douleur lorsqu'il le désarma d'un couteau en lui sectionnant les tendons du poignet à l'aide d'un kunaï tranchant, avant de l'achever d'un brutal gauche-droite dans la mâchoire. Un autre juste derrière, plus robuste, s'était jeté sur lui, Enkeï le fit trébucher d'un low-kick dans le genou, faisant ainsi précipiter la tête du bourrin dans le creux de ses bras, en guillotine. Il serra de plus en plus fort, l’étrangla jusqu'à l'inconscience avant de le relâcher.

Tous finirent ainsi, au sol, inanimés. Ce combat, de très courte durée au vu du nombre des protagonistes présents, avait soulevé des nuées de poussière qui retombèrent aussitôt. Le bushi se tourna vers son allié, constatant que la plupart de ses victimes avaient été neutralisées plus par ruse et tactique que par l'usage de la force. Étonnant. Était-il pacifiste à ce point ?

« Tu sembles ne pas vouloir faire usage de ta véritable force,
Même lorsque des malfrats veulent attenter à ta vie,
Il y a-t-il une raison particulière à cela ? »
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Jeu 2 Nov 2017 - 15:27

Le combat était fini et nous étions encore debout tous les deux.

Les hommes qui pouvaient encore marcher s'étaient enfui, abandonnant leurs compagnons blessés. Ils gisaient sur le sol, immobile. C'était un paysage bien désolant. Des gens morts ou gravement blessés pour quelques pièces de monnaies, alors qu’ils auraient pu gagner bien plus avec un travail honnête. Dire que j’ai faillis finir comme eux. Parfois il n’y avait qu’une différence entre un homme de loi et un voleur: une opportunité.

Mon sauveur se demandait pourquoi j’avais été aussi indulgent avec ces hommes qui voulaient ma mort. Je pris quelques secondes pour rassembler mes esprits. Quand mon père devait nous expliquer quelque chose de compliqué, il avait toujours une histoire à nous raconter. Justement, il y en avait une qui ferait l’affaire. Je me mis à faire les cent pas sur le chemin rocailleux. “Un jour, dans un monastère, deux moines marchaient, accomplissant leur tâche du matin. En passant près d’un trou remplis de pluie, ils virent un scorpion se noyant dans l’eau. Un des moines tenta d'agripper la créature. Dès que ses doigts touchèrent l’animal en panique, il fut piqué et le moine laissa tomber le scorpion dans l’eau. Il soupira et tenta une nouvelle fois de le prendre.”

Un voleur profita de mon monologue pour tenter de ramasser son arme. J'envoyais le bâton rouler plus loin avant de lui faire signe de ne plus recommencer.

“Où est-ce que j’en étais…” dis-je en me grattant la tête, “Ah oui… Cette fois, le moine agrippa l’animal un peu plus fort, mais finit par le lâcher lorsqu’il fut piqué. Il continua encore et encore, pendant que son ami le regardait avec confusion. Après une douzaine d'essais, l’autre moine lui dit: “Frère, pourquoi tentez-vous encore de le sauver? Il vous pique à chaque fois que vous l’approchez.” Le moine sourit et prit une pause, alors que le scorpion le piquait une nouvelle fois. “Parce que c’est dans sa nature de piquer et dans ma nature de sauver.”

Sur ces mots je me tournais vers l’homme, me demandant s’il me prenait pour un fou. “J’ai appris qu’il fallait toujours utiliser le moins de force possible pour se battre. Je ne peux pas m’empêcher d’être indulgent, surtout devant des ennemis aussi faible. S’ils avaient été plus fort, ce serait différent…”

Après m’être assuré que personne ne risquait de nous sauter dessus, je m’approchais du bon samaritain pour faire une révérence. “Avec tout ça, j’ai oublié mes manières. Merci pour votre aide. Monsieur?”
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Jeu 2 Nov 2017 - 18:46
Cet être, cet intriguant inconnu, semblait placer l'honneur et la dignité au cœur de ses faits et gestes. Il en était tout autant pour ses mots, choisis avec prudence, empreints, jusqu'à maintenant, de beaucoup de sagesse. L'usage de la force devait être réglementé, à l'entendre parler, encadrée par des principes pacifiques, pour éviter de nuire à autrui, surtout pour ceux situés parmi les plus faibles que soit. Il ne semblait portait aucun jugement sur les autres, bons ou mauvais, peu importe leur nature profonde, cette noble philosophie s'appliquait sur tout le monde.


L'esprit de ce pacifique guerrier à la force apaisée semblait effectivement s'acheminer vers la sagesse. Bien que celle-ci, éprouvante à atteindre, ne garantissait pas le bonheur, mais elle supposait que, s’il existait, c’était à l’intérieur de chacun qu’il fallait le chercher. Un cheminement qui reposait sur des attitudes concrètes et une pratique quotidienne. Suivait-il donc ce dit-chemin en son fort intérieur ?

L'un des brigands s'était réveillé, tentant de façon irraisonnée d'atteindre son arme. Ce n'était ni plus ni moins qu'un bâton, qui ne changera jamais l'issu du combat. Enkeï, qui écoutait attentivement l’anecdote moralisatrice du pacifique, eut l'intention de l'assommer d'un coup de fourreau, avant de se raviser, lorsque ce dernier prit l'initiative de jeter l'arme hors de portée de l'être malveillant. Il mit ainsi à nouveau en application cet enseignement qui prônait le contrôle de soi et la bienveillance envers les autres. C'était une attitude, sans nulle doute, exemplaire. Mais, avait-elle, en toutes circonstances, sa place au sein du Monde Shinobi ? Extrêmement impitoyable, de surcroit.

La morale de cette histoire, probablement fictive, ayant pour but d’illustrer un enseignement, était intéressante et donnait beaucoup à réfléchir. Il était vrai qu'échapper à sa nature profonde paraissait impossible. Tout être suivait inéluctablement ce pour quoi il était destiné. Il était vain de chercher à comprendre les agissements de chacun, ce serait clairement entreprendre une quête dont l'issue ne mènera qu'à la frustration et l'échec. Le bushi lui rendit sa révérence, avec un grand respect.

« Mon nom est Enkeï,
Je vous en prie, vous auriez pu à vous seul les neutraliser de toute façon,
Avant de se relever-
Je n'ai pas l'impression de vous avoir déjà croisé,
Étudiez-vous à l'Académie des Shinobis ?
Quel est votre nom ? »
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Ven 3 Nov 2017 - 20:57

“Je m’appel Kai et c’est que j’ai emménagé à Iwa il y a quelques jours à peine. Personne n’a cru bon de m’envoyer à l’académie. Apparement, je n’en avais pas besoin.”

Je me revoyais encore tomber tête la première sur le sol, sous le coup de la fatigue et de la déshydratation. Sans l’arrivé des ninjas d’Iwa, c’est la mort que j’aurais trouvé. Un bruit attira mon attention, un peu plus loin de la montagne. Des animaux? D’autres bandits? Je préférerais ne pas la savoir.

“On devrait partir d’ici, avant que d’autres n’arrivent.”

Serein, mais tous les sens en alerte, je pris le chemin du village. La route était difficile à suivre, avec de nombreuses pentes et beaucoup d’aspérités rocheuses, comme autant de crocs acérés. Iwa était établi dans une région plutôt inhospitalière, je me demandais pourquoi quelqu’un voudrait construire une maison ici. Probablement pour mieux se cacher. Après tout, c’était un village ninja…

Je me rendais bien compte que je n’y connaissais pas grand chose aux shinobis. Des gens aux capacités aussi mystérieuse que horrifiantes. Enkei avait coupé la jambe d’un des bandits si rapidement que quand je m’étais tourné vers lui, son sabre était déjà retourné à son fourreau.

“Je ne savais pas que les ninjas maniaient aussi bien le sabre. C’est ce que vous apprenez à l’académie des shinobis?”
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Mar 7 Nov 2017 - 21:21
Les plus malchanceux jonchaient le sol, inconscients, tels des cadavres promptement abattus, d'ailleurs, à ce propos, ils pouvaient s'estimer heureux d'être tombé sur des personnes qui n'étaient pas prêtes à aller jusqu'à les envoyer dans l’au-delà, pour un repos éternel. À part pour le brigand unijambiste, là, il y avait réellement un mort, mais pouvait-on réellement les pleurer, tous ces êtres dépourvus d'honneur, de dignité, sans scrupule ? L’ère des shinobis étaient ce qu'elles étaient, une ère de carnage sans précédent, où les instincts, ceux de survie, dictaient les actes de chacun avant la raison. Concerter celle-ci était beaucoup trop périlleux, elle qui n'opérait que trop lentement face à des situations qui demandaient une extrême rapidité, beaucoup de promptitude. Les damnés avaient tout le temps de se lamenter sur leur funeste sort dans l'autre monde. Ces derniers étaient les plus à même d'en parler, de cette nécessité à agir rapidement pour sauver sa propre vie, eux, qui avaient peut-être réfléchis un peu trop alors que la situation ne l'exigeait aucunement.

Enkeï ne jugeait point les actes les plus déloyales pour s'extirper de situation délicate, certes, s'annoncer à ses ennemis aurait été plus honorable, mais là, le sujet concernait des brigands tout de même, qu'avaient-ils donc à faire de l'honneur qu'il leur ferait ? Ce serait tout bonnement ridicule. C'était ainsi. Certains êtres, dont eux, n'étaient véritablement nés que pour nuire à autrui, et à souffrir de leurs conséquences. Ils connaissaient parfaitement l’ère dans laquelle ils vivent, d'ailleurs, ils ont même activement contribués à sa cruauté. Ce dénommé Kai avait tout intérêt à ouvrir les yeux sur cette morne réalité, mais peut-être en avait-il secrètement conscience ?

Ils entreprirent le chemin qui les mèneraient à Iwa, à l'écoute de bruits suspects, bien qu'aux yeux du bushi, cela l'importait peu de réduire d'autres brigands, si c'était bien eux, hors d'état de nuire. Ils progressèrent au sein des crocs rocheux. Le guerrier taciturne, à la force manifestement tranquille, lui posa une étonnante question. Il y répondit, sans se faire attendre.

« Je suis une exception à la règle,
Je descends d'un clan samouraï,
J'ai donc été instruit au maniement du sabre,
Tout en poursuivant ma formation de shinobi,
Concilier ces deux univers n'est en réalité pas si difficile que ça,
Ils sont même complémentaires, selon mon point de vue,
Et toi ?
As-tu une aptitude particulière ? »
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Jeu 9 Nov 2017 - 19:41

“Un samurai, hein?” dis-je, pensif. “Je ne savais pas que vous vous entendiez si bien avec les ninjas. Vos…” Je cherchais le bon mot. “style de vie, ont l’air si différent.”

Je voyais les ninjas comme des combattants de l’ombre, adepte de coups bas, d'assassinat et d'espionnage. Les samurai, de leur côté, étaient de fiers guerriers qui affrontaient leur ennemis en face. Ils n’avaient pas peur de la mort et surtout, l’honneur était très important pour eux.

Puis, la façon dont Enkei était intervenue me revint à l’esprit. Il avait attaqué un brigand par derrière, en lui coupant la jambe. Peut-être que c’est ça qu’il voulait dire par “complémentaire”. Les samurai lui avaient appris à manier le sabre et les ninjas lui montraient comment être plus fourbe. Une combinaison mortel, comme j’avais pu le voir.

Je ne pouvais pas me vanter d’avoir des capacités aussi dangereuse. Moi, je ne savais que donner des coups de poings et des coups de pied. Je pouvais légèrement augmenter ma force en concentrant mon énergie, mais rien de bien intéressant. En plus, mon père m’interdit d’utiliser cette technique tout de suite après me l’avoir appris, à moins que ce ne soit pour protéger une vie.

“Moi? Non, pas vraiment. Je ne maîtrise que les arts martiaux et encore, je ne suis qu’une pâle copie de mon maître...”

Nous continuons de marcher pendant plusieurs minutes. Je commençais à reconnaître le paysage, c’était l’entrée d’Iwa. Nous étions donc sur la bonne route, finalement.

Une idée me trottait dans la tête depuis un petit moment déjà et il fallait que je lui en parle. Enkei me trouverait sûrement impoli, mais c’était un risque à prendre.

“J’aimerais bien voir un samurai à l’oeuvre, un de ces jours. Que diriez-vous…”

On avait quand même combattu ensemble, peut-être qu’on pouvait se tutoyer, finalement.

“Que dirais-tu d’un duel? Rien de bien sérieux, juste pour s'entraîner.”
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