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Éternelle course à l'armement [Feat.Ryūji Ashitaka]


Sam 28 Oct 2017 - 22:41
Éternelle course à l'armement. Au sein d'un bas-monde prompt à la guerre, aux sanglants massacres, éternelle soif de s'équiper de nouvelles technologies, de nouveaux gadgets, toujours plus performants, et qui n'avaient que pour seules vocations de rependre mort et désolation. Oui, cet insatiable appétit né de ces guerres menées pour mener des guerres, car après tout qu'était d'autre une guerre à la guerre, qu'une guerre sans fin ? Quant à la paix, tristement précaire, elle n'était qu'une courte trêve pour s'armer à nouveau, dans l'attente d'une prochaine guerre. Le tout, en un éternel cycle. Shuriken, Kunaï, Kusarigama, Makibishi, Kakute, Manriki Gusari, tekko-kagi, pour n'en citer qu'une terrible poignée, tant les armes ninjas étaient aussi nombreuses que destructrices. Silencieuses pour la plupart, quant à celles qui ne savaient taire leurs intentions meurtrières, elles fendaient l'air, sifflaient, dans une trajectoire parfaite, jusqu'à leurs cibles. Ces dernières ne réalisaient que trop tard leurs funestes sorts.

Le cataclysme actuel était le résultat fatal de centaines d'années d'armement systématique. Au cours des siècles, de nouvelles armes apparurent, très souvent basées sur l’expérience et l’ingéniosité d'illustres ninjas. C’était d’ailleurs cette profusion d’armes inattendues qui permettaient à certains ninjas de gagner par effet de surprise, face à d'autres plus habitués à des armes traditionnelles.

Lors de sa dernière mission, ce dernier avait écoulé son stock d'armes de jet. Il y avait bien des commerçants d'armes dans les rues populaires de la cité iwajienne, mais très peu d'entre-eux pouvaient se vanter de vendre des produits de grande qualité. Il fallait fouiller dans les tréfonds du cœur commerçant, ce que le demi-nagamasa avait fait quelques mois auparavant. De tous les commerces, un seul se démarquait des autres, par sa discrétion et la qualité de ses produits. Pour y accéder, l'acheteur devait s'engouffrer dans une ruelle sombre et descendre dans les sous-sols d'un bâtiment délabré. Là, tout un comptoir se dressait, tenu par un vieil homme qui se constituait sa propre retraite. Derrière ce dernier, se trouvait de multiples rayons où étaient rangés armes, poisons, ect. Enkeï dévala donc les fameux escaliers, freinant son élan au comptoir du vieux commerçant. L'une de ses mèches immaculées, l'énième, tomba, libérée de l'étreinte d'un chignon traditionnel ruiné. Il semblait s'être hâté, poursuivant d'une voix empressée ..

« Vieil Homme, j'ai à nouveau besoin de tes produits. »

??? : « Je n'y vois aucun inconvénient, Garçon,
Par contre, ce sera après que j'aurais servi la jeune demoiselle ! »

La jeune demoi-ah. Ah, effectivement. Il avait été emporté par le courant de sa pensée, absorbé par les réflexions qui naissaient en lui, sans compter cette lumière tamisée. Il se retira d'un pas en arrière, accordant tout de même un regard interrogateur à la dite-demoiselle. Seule une poignée de fins connaisseurs connaissait ce lieu isolé. Était-elle une kunoïchi ? Que lui fallait-elle donc ?
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Dim 29 Oct 2017 - 17:53





« Éternelle course à l'armement. »


Il y avait en nos songes, un sentiment étranger au réel. Un sentiment utopique qui nous poussait vers nos ambitions. Qui nous attirait sans cesse. Il y avait en nos songes, une motivation sans pareille. Il y avait en nos songes, un danger conséquent. A chaque rêve, un degré de dangerosité. Le plus dangereux résidait dans l’acquisition de la paix. Pour connaître la paix dans ce monde shinobi, il fallait la guerre. Il fallait connaître la souffrance ultime. Celle de la perte. Ashitaka ne rêvait pas de paix. A ses yeux, ce n’était qu’un concept utopique, qu’elle laissait aux personnes rêveuses. La paix ne pouvait être de mise. Si chaque âme souhaitait connaître la tranquillité, la sérénité, ce n’était sûrement pas en ce monde. Pour arriver à cet idéal, plusieurs facteurs devaient être remplis. Dont la confiance de l’autre, le respect mutuel, le contrôle de soi, l’égalité, et une multitude d’autres critères. Une liste longue et barbante. Ce concept n’avait jamais effleuré l’encéphale de la jeune femme. Et même si, de temps à autres, elle tentait d’y croire, elle remettait rapidement les pieds sur terre. Le réalisme, l’objectivité, l’empêchaient de croire en cette idée qui ne porterait jamais ses fruits. Puis de toute façon, qui croyait à la paix ? Sûrement pas les shinobis. Ou dans ce cas, ils devaient être sacrément naïfs.

Pour chaque ninja, c’était la course à l’armement. L’équipement avait une importance prédominante aux côtés de la capacité au combat. L’adepte du Taijutsu ne négligeait pas ce point. Elle y portait un point d’honneur. Le village contenait une quantité conséquente de commerçants d’arme. Aussi loin qu’elle s’en souvienne, la kunoichi n’a jamais acheté une de leurs armes. Leur commerce était ouvert à tous. Beaucoup trop visibles pour être de bonne qualité. Par ailleurs, elle doutait de leur fiabilité.

Ses pas l’amenèrent rapidement chez le commerçant qu’elle préférait. Jetant un regard derrière elle, elle s’engouffra dans les escaliers sombres avant de pénétrer chez le vieux commerçant. Comme à l’accoutumée, il sourit en voyant l’auburn. Ils se saluèrent respectueusement, elle prit poliment ses nouvelles. Ashitaka appréciait beaucoup cet homme. Elle venait de temps à autres lui rendre visite, il l’avait maintes et maintes fois motivé ! Et ses Tekkos actuels étaient un cadeau du commerçant. Aujourd’hui, elle ne venait pas seulement pour blablater mais elle avait une demande particulière. Elle avait entendu parler des Tekkos-Kagi, des armes qui ressemblaient à ses Tekkos actuels mais ayant une forme particulière et un tranchant dangereux. La combattante allait lui faire part de sa demande mais elle fut arrêtée dans son élan par une tierce personne qui venait de pénétrer dans la salle. Etrange. Elle n’avait jamais aperçu quelqu’un dans cet endroit. Encore moins en même temps qu’elle. Poliment, elle s’apprêtait à le saluer mais elle attendait son initiative. Chose qu’elle n’eut pas. Il s’était empressé de s’adresser au commerçant. Sans même le saluer. Les saluer. Par-dessus le marché, il avait osé appeler le marchand « Vieil homme ». Quel irrespect. Encore une personne qui la titillait. Elle attendit patiemment que Dosan, le marchant, eut fini sa tirade avant de s’avancer vers le comptoir. Le visage fermé, le regard glacial, elle regarda l’homme à la crinière blanche dans les yeux.

▬ Le respect est en option ? Et en effet, c’est mon tour, alors tu me feras le plaisir d’attendre ton tour. Comme tout le monde ferait.

Une fois qu’elle libéra ses quelques mots, elle détourna le regard vers le vieillard. Ses yeux se posèrent sur lui et instantanément, les traits durs qui tiraient son visage s’adoucirent. Elle esquissa un léger sourire.

▬ Qu’est-ce qu’il te faut, Taka ?

Ses yeux vagabondèrent vers la marchandise derrière lui, à la recherche de ce pour quoi elle était venue. Elle ne trouvait pas. Les bras posaient sur le comptoir, elle fit par de ce qu’elle cherchait.

▬ Je me demandais si tu avais des Tekko-Kagi. Je me disais que ce serait une bonne idée de les essayer. Je les ai vu chez un autre commerçant d’armes mais tu sais très bien que je suis fidèle, haha.

▬ J’ai toujours ce qu’il te faut. Ils sont dans la réserve, je vais aller les chercher. Attends-moi là.

Lentement, il s’éclipsa, laissant les deux shinobi seuls. Ashitaka se retourna vers lui, le scrutant. Il semblait aguerrie, son visage était fin, plaisant à regarder. Il dégageait une aura froide qui s’alliait parfaitement avec ses cheveux éclatants et soyeux. Qui était-il ?

▬ D’où connais-tu cet endroit ? Et au passage, le vieil homme s’appelle Dosan.

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Lun 30 Oct 2017 - 21:03
Sans autre forme de procès, ses lèvres inquisitrices ne s'étaient mues que pour lui lancer une parole aussi farouche qu'acerbe. C'était donc l'une de ces fameuses joutes verbales qui s'emboitaient comme un jeu de patience. Mais, était-il enclin à l'endurer, cette fois-ci ? À en juger par le tranchant de son regard, peut-être pas. Elle, dont l'orgueil était d'une naïveté risible, nourrissait à son insu de bien noirs sentiments chez son homologue. À l'apparition d'un tel personnage et au sein d'un lieu empli d'armes mortelles, l'instant ne pouvait être que fatidique et l'issue, déterminante. Qui était-elle donc ? Il lui fallait au préalable mettre de l'ordre dans ce flot d'émotions tumultueuses qui l'avait envahi, canaliser cette noire colère, pour mieux mettre en lumière cet intriguant personnage, de façon objective.

Elle semblait à tout point de vue incarner cette proie facile, face à laquelle l’impitoyable demi-nagamasa se devait d'avoir l’ascendant psychologique. Ce sourire carnassier dont il avait le secret aurait dû depuis bien longtemps fendre son pâle visage. Et, pourtant. Il se murait dans le silence avec rancœur, la toisant allègrement, en dépit de ce glacial regard qu'elle dardait en sa direction. Le sien de regard, dédaigneux à souhait, lui signifiait volontiers l'affront ressenti, et le mépris désormais de toute bienséance. Lui, qui n’avait d’ailleurs aucun égard pour l’âge ou le sexe, cruel, comme l’exigeait ce misérable bas-monde.

Elle finit par détourner son attention de lui, comme l’on se détournerait d’un gougeât, d’un mal éduqué. Mais, que connaissait-elle de sa relation avec le vieux Dosan, pour ainsi le mésestimer ? Les traits sévères de cette dernière s’adoucir aussitôt vis-à-vis du commerçant. Taka. Quel prénom atypique. Cela signifiait Faucon, en japonais, et il était vrai qu’elle avait des similitudes caractérielles avec cet animal.

À l’écoute de sa demande, ponctuée par un rire si mal venu à la suite de ce grossier « recadrage », le bushi ne put s’empêcher de souffler dans son nez, en signe de dédain, de mécontentement. Décidément, rien n’irait bien entre eux deux. Il demeura ceci dit en retrait, les bras le long du tronc, échangeant un regard complice avec le commerçant qui ne souhaitait aucunement voir sa modeste boutique être le théâtre d’une rixe mortelle.

L’échange se poursuivit entre les deux protagonistes. Avait-il bien entendu des tekko-kagi ? Cette arme, utilisée telles des serres acérées, déchiquetait sa proie en une vive attaque. Choix judicieux, surtout venant de la part d’un faucon. Il devait au moins lui reconnaitre ça : elle s’y connaissait dans le domaine des armes. Mais, savait-elle pour autant en faire usage ? Du moins, aussi bien que le maniement des mots.

Le vieil homme s’était retiré dans le but de satisfaire la commande de la jeune kunoïchi, les laissant tous deux. Cette dernière revint à lui, de front, le questionnant sans manquer de le tutoyer à nouveau. À travers quelques mèches indisciplinées, son regard scrutateur se mit à la dévisager longuement, épousant chaque relief de ce visage fin, de cette beauté froide, à laquelle il était farouchement insensible. Il y eut alors un silence si épais, que le grincement des charnières de la porte d’entrée, au rez-de-chaussée, devenait audible. L’ambiance était palpable, le temps, figé. Il détourna ce regard accablant d’elle et daigna enfin lui répondre, moyennant un rictus méprisant.


« Aussi loin que remonte ma mémoire,
Je n’ai jamais été abordé avec autant d’insolence par une inconnue,
J'ai plutôt tendance à inspirer d'autres comportements que celui-ci,
Le sourire s’aiguisa, muant en une grimace mesquine-
Être aussi désinvolte, aussi .. impétueuse,
Cela m'amène à me questionner sur ta vie antérieure,
Car, toi, comme moi, nous ne sommes que le résultat des évènements marquants d'avant,
Le fait que tu connaisses le vieux Dosan, que tu t'équipes d'armes aussi spécialisées,
Cela doit sans doute cacher-
Il plongea ses yeux rougeoyants dans les siens, miroirs de l'âme,
Au-delà de ce regard froid, qui ne révélait rien, vers des profondeurs, qui révélaient tout,
À la recherche d'un fragment d'émotion à exploiter-
Bien des secrets, n'est-ce pas ? »
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Sam 4 Nov 2017 - 15:47





« Éternelle course à l'armement. »


Chaque être possède des secrets. Des évènements marquants. Une vie ne se résume pas à un simple mot. Shinobi. Il y a une essence qui va au-delà de ce simple terme. La vie. Chacun cultive cette notion à sa manière. Comme bon lui semble. La liberté de choisir. De décider de son propre chef. Pour Ashitaka, nous avons toujours le choix. Dans chaque situation. Des choix souvent binaires certes. Mais des choix quand même. De ce que l’on souhaite devenir. Son choix, elle, elle l’a fait, et ce, sans aucun regret. Et c’est pour cette raison qu’elle se retrouve ici, dans ce lieu, à la recherche d’armes. Le souhait de devenir quelqu’un, une légende, une protectrice de sa patrie. C’était ainsi qu’elle voyait son avenir se dessiner au loin. Et elle mettra hors du terrain n’importe quelle personne qui oserait se mettre en travers de son chemin. Sans aucune pitié.

Inconsciemment, Ashitaka venait d’engager la conversation avec son interlocuteur. Elle était curieuse de savoir d’où et depuis quand il venait ici. Très peu de personnes ne connaissaient ce petit antre précieux. Et lui, il semblait connaître très bien le lieu. Son attitude, ses précédentes paroles, tout en lui le montrait. Son dos s’adossa légèrement contre la table haute. Elle le toisait du regard sans aucune gêne, scrutant les moindres détails. Sa chevelure éclatante semblait si soyeuse. Elle posa ses mirettes sur les siennes, attendant impatiemment sa réponse. Qui, à son plus grand bonheur, ne tarda pas à venir. Attentive, elle buvait chacun de ses mots.

Un rire s’échappa des lèvres de la belle lorsque son interlocuteur eut fini. Des secrets, disait-il ? Peut-être bien. Il semblait l’analyser, vouloir lire en elle. Intérieurement, cela effrayait la rousse. Il était hors de questions qu’il la sonde de la sorte et sans son accord. Alors elle lui riait au nez. Voulant lui montrer qu’il avait tort. Mais dans le fond, avait-il réellement tort ? Elle cessa de rire, gardant tout de même un petit sourire au coin des lèvres.


▬ Désinvolte ? Impétueuse ? Intéressant. Ces deux adjectifs me vont à merveille. Néanmoins, il semblerait qu’il y ait une première fois à tout.


L’homme à la chevelure éclatante semblait sonder ses yeux. Il était à la recherche de quelque chose, précisément. Ashitaka avait peur qu’il y trouve quelque chose, mais elle ne se trahissait pas. Doucement, elle s’avança vers lui, écarquillant ses yeux.

▬ Ton regard pourrait être déstabilisant mais pas pour moi. Tiens, va, je te facilite la tâche. Va à la recherche de mes pseudos-secrets. Lis en moi, je te défie.[/left]

Proches, ils l’étaient. Elle resta face à lui quelques secondes avant de se reculer, retournant vers la table où elle était postée précédemment. Sans le savoir, il titillait sa curiosité.

▬ Des évènements marquants tu dis ? Je t’écoute donc. Vu que toi, tu penses avoir un amas de secrets à compter.[/left]

À ce moment-là, c’est elle qui tentait de le sonder, de lire en lui. Elle le toisait littéralement de ses yeux clairs, attentive à sa réaction. Le vieillard qui tenait la petite boutique apparut, brisant ainsi leur contact visuel. Ashitaka se retourna vers lui, portant toute son attention vers le commerçant. Il souriait en ouvrant une boîte. Les yeux de la rousse s'illuminèrent, lorsqu'ils se posèrent sur les armes. Magnifiques. Elles trouvaient tout simplement splendides. Elle s'en empara, les serrant dans ses mains, en position. Elle fit quelques mouvements avec, s'assurant que leur tenue était confortable et qui ne la gênerait pas. Parfait. Tout semblait, jusque-là, parfait.

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Mar 7 Nov 2017 - 2:12
Sans crier gare, elle s'esclaffa d'un rire artificieux, ce qui n'était ni plus ni moins qu'un réflexe nerveux. Il s'appropria ce sourire en coin, celui-là même qui avait agrémenté le fin visage de cette dernière, alors qu'elle s’avançait lentement vers lui, espiègle à souhait. Elle s'était armée de ces yeux sciemment écarquillés, aux pupilles béantes, et qui n'étaient au fond que des miroirs aux reflets mensongers. Ils incitaient, provocateurs, à lire en eux-mêmes, mais n'étaient prévisiblement que des gouffres sans fond qui ne révélaient rien.

À l'appel de ce défi saugrenu qu'elle lui avait lancé, Enkeï l'éprouva d'un énième silence, éloquent cette fois-ci. Elle le mésestimait, le confondait sans nulle doute avec l'un de ces des-mecs-comme-toi-j'en-ai-tellement-vu. Il n'avait véritablement que peu d’intérêts pour les secrets d'autrui, mais elle avait cette façon si singulière de s'envelopper de mystère, ce qui eut l'effet contre-productif de stimuler la curiosité du bushi taciturne. Ironie du sort, tous ces stratagèmes visant à renverser le rapport de force prouvaient qu'ils faisaient tous deux appel au même mécanisme de défense face à un potentiel conflit social. Éternelle répulsion de deux pôles identiques.

Avant que l'instant, relativement psychologique, n’ait atteint son apogée, tous deux proches, l'espiègle rouquine s'éloigna de lui, s'accordant de la distance pour le toiser allègrement. Il n'eut le temps de réagir, que des pas lourds martelant le bois des escaliers signalaient le retour du gérant. Ce dernier, affable, livra la commande et partagea la joie qui animait sa cliente, avant de prêter attention au bushi. Les deux armes portées à sa ceinture, katana/wakizashi, emplirent la pièce d'un cliquetis singulier, signifiant que leur porteur se déplaçait. Il le fit, en direction du comptoir, avant d'y déposer ces dites-armes et lever les yeux vers le vieil homme.

« Ces nobles lames ont besoin d’un affûtage,
Et, je sais que tu as été Togishi -polisseur de lames de sabres- autrefois,
Tanomu yo, ōsan ! »
(Je compte sur toi, vieil-homme)

C’était effectivement vrai, dans une vie antérieure à celle-ci. Le dit-vieil homme lisait dans les paumes de ses mains, retraçant à l’aide de ces lignes abimées, usées par le travail acharné, son douloureux passé. Polir des lames nuits et jours au service d’incessantes guerres. Une époque archaïque que les jeunes d’aujourd’hui nés dans une paix, certes précaire, ne pouvaient pas comprendre. Une époque haïe, qu’il voulut oublier à l’aube d’une nouvelle vie. Les armes étant sa passion, il en vendrait, mais uniquement à des privilégiés cette fois-ci et dans l’isolement, loin de tout. Ses doigts boudinés se refermèrent sur ses paumes, refoulant ces images affligeantes. Le cœur étreint, ce dernier se saisit des fourreaux habités par les fameuses lames sans geste brusque et descendit à nouveau dans la cave, silencieux. Des pas lourds, rythmés, firent à nouveau grincer cet escalier de fortune, tandis que le regard compatissant du bushi, observait la robuste silhouette disparaitre. L’homme avait de l’or au bout des doigts, un savoir-faire à la fois honorable et recherché, perdre une telle maîtrise serait un gâchis sans nom, ils en avaient tous deux déjà parlés. D’ailleurs, à ce propos, la jeune rouquine avait fait un bel étalage de sa maitrise précédemment avec ses nouvelles armes. Accoudé au comptoir, le bushi porta son attention au bac à armes de jet en vrac, vers lequel ses mains expertes et son œil avisé convergèrent. Le tranchant était idéal, le métal à l'épreuve de la lumière démontrait un éclat révélateur de sa résistance, le shuriken était en somme d'excellente qualité.

« Je t’écoute,
Il le jeta, néanmoins,
Quelques pas le menèrent à elle-
Qu’attends-tu donc pour me sermonner à son sujet ?
Le goût des belles choses lui était passé-
Le contraindre à revivre de douloureux souvenirs,
Quel être égoïste et insensible, je suis,
Seul le désir farouche de décoder cet espiègle sourire subsistait-
Ce doit être très inspirant pour tes cinglantes leçons de morale.
À si courte distance, tous deux si poches l'un de l'autre,
L'idée que les tekko-kagi puisse l'éventrer sur l'instant n'osa l'effleurer,
L'esprit éduqué pour mépriser la Mort-
Vous vous compromettrez un jour, Madame l'Impétueuse,
Transmettez donc ce doux message à Madame La Désinvolte,
Ainsi qu'à toutes celles qui s'opposent aussi farouchement,
À ce que je vous dépouille de vos mystères ~
L'éclat de malice scintillant dans ses yeux rougeoyants-
En attendant,
Tachez de conserver ce lieu secret. »
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Éternelle course à l'armement [Feat.Ryūji Ashitaka]

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