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La justice, une question de point de vue. [pv. Sun-Hi]


Dim 29 Oct 2017 - 2:24

Une jeune fille, perchée sur ses pieds aux sommets de ces rochers plus ou moins hauts, dont les pointes prononcées ravisaient d'origine les explorateurs. Mais pas elle. Pas cette petite blonde qui s'amusait à passer des unes aux autres en manquant à chaque fois de se casser la figure et de probablement récolter une fracture, une plaie ouverte, ou quelque chose de plus... Définitif. Pourtant elle ne semblait prise de quelconque doute qui aurait pu la faire trébucher. Elle semblait incroyablement confiante, peut-être trop. Ni était comme ça, elle était une véritable forte tête, qu'il était impossible d'approcher sans risquer quoique ce soit, et il était difficile de faire la liste de ceux-ci tant ils étaient nombreux.

L'adolescente s'arrêta au beau milieu des nommés crocs rocheux. Les yeux posés sur l'horizon, sans plus aucun sourire qui était d'habitude juché sur ses lippes, elle était pensive. Cette fois-ci, aussi rares ces instants étaient-ils, elle songeait au devenir proche. Elle pensait à cette petite réunion d'infortune dans les bas fonds de ce qui servait de planque aux étrangers qu'étaient Ichi, Ni, San et Yon. A eux s'était ajoutée une native de ces lieux, qui avait été embarquée davantage pour garantir au groupuscule une chance de s'y retrouver au cœur du pays de la terre. Rien ne pouvait annoncer un potentiel départ de ces étrangers arrivés un temps auparavant. Rien n'avait fuité.

Plus Ni regardait de son piédestal le village éclairé par le couché de soleil, plus elle en perdait son éternel rictus, témoignage de sa folie irréversible. Cela lui prenait à l'estomac, aux tripes, elle en avait la gerbe prenante tant elle était répugnée par cette contrée. Une atmosphère bienveillante, une ère nouvelle annoncée par ledit Shodaime Tsuchikage, et ils semblaient presque tous si béats. Des vrais moutons. Seulement, les moutons, elle était du genre à les tondre jusqu'à l'os. Un murmure de dédain lorsqu'elle se fit interpellée par une quarantenaire et son panier rempli d'alimentaire. Elle devait probablement rentrer à cet heure. Peut-être que cette femme était attendue par son mari, par ses enfants. Elle en avait de la chance cette citoyenne, car Ni, personne ne l'attendait. La blondinette pencha la tête sur le côté en voyant sa sauveuse s'approcher, une main tendue et suppliante. Il fallait descendre ? L'ancienne prisonnière du pays de la pluie se mit à froncer les sourcils, et aussi vite à sourire. Elle avait son air hilare qui ne signifiait rien de bon pour ceux qui avait le malheur de la connaître. Simplement, en réaction à cette dame qui semblait rassurer à voir une illumination sur le visage de la cadette, cette dernière prit de l'élan, et d'une jambe elle fit claquer son pied dans la mâchoire de l'iwajin. « Oups... » Rire enfantin, la deuxième descendit d'un bond près de la femme qui était au sol, sa corbeille dépourvue de tout ce qu'elle contenait. L'inconnue était bien conscience, du moins pour le moment, et elle se tenait la joue, suppliant la gamine de la laisser, le regard empli d'incompréhension.

« Je ne comprends pas, madame, pouvez-vous m'expliquer ? » Malgré les commanditaires d'Ichi, Ni ne semblait dès lors plus apte à maintenir une intention hostile. Elle s'empara d'une pomme qui avait roulé à ses pieds et l'essuya sur son tricot. Les ambres menaçantes mais un sourire si angélique qu'il était déroutant de la voir ainsi. Elle se pencha vers cette pauvre femme, lui offrant sa main. « Pourquoi vous vous efforcez à faire les candides attentionnés ? » Mais par peur, la quarantenaire ne se fit pas avoir une deuxième fois et Ni récupéra son aide, attendant patiemment une réponse. Mais rien. Seulement un silence pénible tandis que la jeune fille soupira en haussant les épaules et tourna les talons pour commencer à partir. Ses pas se superposèrent d'un pied juste devant l'autre, le talon embrassant l'extrémité de l'autre chaussure. « Merci pour la pomme m'dame. »
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Lun 30 Oct 2017 - 0:35
Une respiration profonde, bruyante. Les poumons se gonflent et dégonflent à un rythme régulier. Le nez inspire lorsque les mains atteignent un appui ; la bouche expire lorsque les jambes poussent. Au cours de l'exercice la poitrine se soulève, se colle à la paroi fraiche sans pour autant réussir à baisser la température de ce corps transpirant. Via les doigts celui-ci apprend. Il tente de mémoriser chaque fissures. Chaque brèches. Chaque crevasses. Chaque craquelures. Chaque renfoncements de ce pics acérés. Parce que le cerveau avait déjà assimilé ses leçons, c'était maintenant à son tour d'étudier, de se renforcer. Encore un effort et voici que le premier point de repos s'annonçait.

La vue de ce point, n'avait pas d'égal. Comme s'il s'offrait à toi, le village s'étendait devant tes yeux ébahit et le soleil vous couvrait de sa douce lumière teinte d'un mélange de rouge et d'orange. Une brise vint souffler sur ta peau luisante de sueur et termina d'apaiser ton corps, tandis que la vue du hameau finissait d'apaiser ton esprit. Un sentiment de paix, un de satisfaction. Tu respiras un grand coup, ton rythme cardiaque retourna à la normal. Puis tu en profitas pour t'abreuver et, d'une certaine façon, récompenser tes muscles du travail fourni. Loin d'avoir achevé cet exercice, tu estimas qu'ils l'avaient tout de même bien mérités.

Il était à présent temps de reprendre. Quitter ce spectacle te chagrinait mais, tu reviendrais une autre fois. Soudain un bruit. Un bruit sourd suivi d'un rire enfantin. Tu te précipitas afin d'éviter le pire et plus rien. Tes membres se raidirent, comme avant. Ce mécanisme que tu pensais oublié réapparut pour te protéger. Te protéger de ce rire malsain. De ce rire avide de douleur. Malgré cela tu ne voulais pas y croire. Cette silhouette bien plus basse que la tienne ne pouvait avoir fait cela. Alors, tu forças tes jambes à bouger afin de porter secours à la femme à terre. Tu enveloppas ses mains des tiennes et la sentie trembler. Tu lui fis donc tourner la tête vers toi, lui offris un regard rassurant avant de commencer à observer ses blessures. Petit à petit elle se détendait mais ses yeux étaient encore emplis d'une angoisse à laquelle tu ne pouvais malheureusement remédier. Seul le temps allait pouvoir l'aider. Ainsi donc tu la soignas grâce au kit de premiers soi se trouvant dans ton sac. Sa mâchoire pansée, tu ramassas simplement le contenu de son panier que tu frottas soigneusement sur ta combinaison déjà emprunte de poussière et, replaças le tout dans un état plus ou moins convenable. Enfin elle s'en alla, te remerciant silencieusement.

Une fois hors de ton champ vision, tu pivotas vers l'auteur - présumé - de l'agression. Serrant les poings ; tu avais du mal à déglutir. Pourtant, tu étais une shinobi, tu avais la possibilité de te défendre et plus encore ! Tu avais pour devoir de protéger les habitants de ce village ! Alors... " Hé ! Toi ! C'est toi qui a agressé cette femme ?! "
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Jeu 2 Nov 2017 - 0:40

Cette pauvre femme à terre apparaissait pathétique aux yeux de la méchante enfant. Jamais elle n'aurait dû s'arrêter pour s'inquiéter. Jamais elle n'aurait dû tendre la main à cette fille dont le visage si angélique ne présageait qu'une innocence, ce qui était finalement que perdition. Victime de ce qui était communément appelé agression, elle n'avait aspiré qu'à proposer une aide à celle qui n'en avait jamais eu. Alors comment aurait-elle pu réagir autrement ? Lorsque seulement une dextre se rapprochait d'elle, Ni ne reconnaissait que les dix doigts de la main de son bourreau. Le scalpel dansant entre ceux-ci, et les cris. Surtout les cris. Toujours ces horripilants hurlements qui ne la quittaient plus. Alors elle avait ri, et elle riait encore. C'était son échappatoire pour ne plus les entendre. Rire plus fort que s'époumoner, là était tout le dilemme.

Fini de s'amuser, la petite blonde ressentait de nouveau ce mal du pays qui lui collait à la peau. Voir cette petite chose qui n'avait même pas riposté devant l'adolescente lui donnait la nausée plus encore que la vue surprenante d'une Iwa en vie en cette heure plutôt tardive. C'était donc ça au pays de la Terre, au village caché de la roche ? Infâme petit insecte. Pathétique mouton blanc. Ni n'avait que faire de la bienséance, de l'image qu'elle pourrait renvoyer si cette mégère allait tout raconter. Ni ne voulait plus que lui arracher la langue et lui ôter chacun de ses dangereux doigts dégoûtants. Alors d'un sourire, elle voulu finalement retourner choyer cette simplette. Mais ce fut à l'entente d'une tierce personne qui venait alors tout juste de se précipiter vers la paysanne que la coupable se ravisa de retrouver le lieu du crime.

Ni contint son rire qui était prêt à exploser, et d'un mouvement des mâchoires elle reprit un bon morceau de fruit pour se ravir les papilles gustatives, continuant son chemin d'un pas serein et peu enclin à la condamner. Elle ne cessait de sentir cette abominable frustration qui la dévorait autant que ses canines se délectait du nectar de pomme et de sa chair croquante. Songeuse de se sortir d'affaire, la blondinette fit comme si elle n'entendait rien et tournait toujours le dos à la sauveuse.

Si elle était là une méchante, elle s'en seyait à ravir. Mais comme tout bon vilain de conte, elle ne pouvait s'en sortir si facilement. Ce n'était que lorsque le héros retrouvait l'auteur de tous les maux que généralement l'histoire prenait un tout autre sens, et le monstre se faisait attraper. Cependant martyr à son propre sens, à défaut d'en avoir un bon, Ni se mit à sourire de toutes ses gencives quand elle entendit l'héroïne l'interpeller. « Moi ? » Déclara-t-elle en frôlant l'ironie du bout des lèvres tandis qu'elle masqua d'un trait sa réjouissance en faisant volte face pour répondre de plus belle. « Mais non voyons, comment aurais-je pu ? » C'était à la limite du comique perturbateur. Un ton emprunté aux pièces de théâtre, et qui d'ailleurs ne lui allait pas du tout. La deuxième exagéra même par un hochement négatif de la tête. Elle qui était si mignonne malgré ses yeux cernés et les faibles tiraillements sur son visage, à peine visibles, témoignant les nombreuses cicatrices qui ne disparaîtraient jamais. Alors, cette grande femme à la peau brune, ces cheveux bien sombres mais aux yeux aussi clairs que perçants, penserait-elle une fois de plus que cette gamine n'était que le fruit de l'innocence ? Ou s'avérerait-elle plus intelligente que tous ces idiots qui lui faisaient office de compères. C'était que l'adolescente était tout de même convaincante dans son rôle de menteuse, elle qui avait fait ça depuis tant d'années.
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Sam 4 Nov 2017 - 17:56
Tu la fixes. Fibres, ligaments et tendons se tiennent prêt. Tes pieds reculèrent des quelques pas ; le droit fit un pas supplémentaire comme pour s'ancrer dans le sol. Fermes, il marquait la distance, pour réagir. Réagir le plus vite possible. La réflexion laissa donc plus de place à l'automatisme afin d'augmenter tes chances de survie. Ton cerveau ne pensait plus ; il analysait cette face juvénile. Puisant dans ces térébrantes images, te faisant revivre ces instants scellés, aussi désagréable soient-ils : il se devait de comparer son portrait à celui de tes spoliateurs défigurés par l'avidité. Et les figures défilaient ; ses iris jaunâtres altérées par la perfidie, ses poches violacé symptôme d'accablement, son rictus de joie corrompu par une folie malsaine. Tout collait.

Ainsi ton visage exprima le verdict ; celui-ci remua de droite à gauche, signe de ta réprobation. Elle était coupable. " Pourquoi ? ". Cette innocence n'était que mensonge. Ce masque angélique que tromperie. L'angoisse se mêla à l'incompréhension, " Que t'a t-elle fait pour mériter cela ? ", t-elle était la question. Qu'est-ce qui la poussa à infliger cette peine à cette femme ? À toi ? Pourquoi aviez-vous à vivre cela ? Tu voulais savoir. Tu voulais comprendre ces maux qui l'incitèrent elle, comme tes bourreaux, à vous imposer ces supplices. Le coeur battant contre ta cage, tu respirais doucement pour le calmer. Pour l'empêcher d'étouffer à la vision de ces hypothèses plus effrayantes les unes que les autres. Malgré la peur procurée par sa future réponse, cette panique intérieure devait être dissimulée. Devait être comprimée. Devait être contrôlée. Alors, tu ravalas tes émotions afin de les enfuir quelque part, très loin, le plus loin possible en ce court laps de temps. Tu devais sortir de cette position de proie, car tu n'en étais plus une. Une adulte, en pleine possession de ses moyens : tel était la position à adopter si tu ne souhaitais pas être blessée par cette enfant empoisonnée.

Dès lors, une fébrile détermination vint peu à peu camoufler l'anxiété présente dans ton regard azure.

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