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[IWA SHUKUSAI] Sépultures d'une âme |●| Sōryū Kanon


Dim 29 Oct 2017 - 21:08





« Sépultures d'une âme »


Nonchalamment, elle s’engouffrait dans les ruelles bruyantes et mouvementées d’Iwa. Plus les minutes s’écoulaient et plus le chemin parcouru s’allongeait. Une bonne demi-heure que la jeune femme vagabondait entre les différents commerces. Bien qu’elle n’avait aucun mal à se pavaner en talons et en kimono, elle était gênée et était tentée de retirer cet accoutrement ridicule. Jetant son regard ici et là, Ashitaka détaillait la marchandise qui était présentée. L’anniversaire de l’une de ses aînées approchait à grand pas. Et même si elle n’avait pas une complicité fusionnelle avec cette dernière, elle souhaitait lui offrir quelque chose de beau, d’unique. Elle le méritait amplement. Taka’ souhaitait la remercier pour ses encouragements. Bien que sa sœur n’était pas d’accord avec son rythme de vie, avec cette aventure dans laquelle Ashitaka s’embarquait, elle tentait souvent de l’encourager. Et même si aux yeux des autres, c’était peu, aux yeux de la concernée, c’était un soutien qui lui donnait la force de ne pas baisser les bras. La jeune femme n’était pas douée avec les mots. Elle n’arrivait pas à exploiter la beauté des paroles. C’était un don qu’elle ne possédait pas. Alors, elle voulait mettre le paquet dans le cadeau. Elle cherchait quelque chose d’exceptionnelle, de rare. Un objet qui ferait frémir et émouvoir son aînée. Malheureusement, elle n’avait aucune idée. Elle ne comptait pas quitter le cœur commerçant avant d’avoir trouvé chaussure à son pied. Hors de question ! Et elle se doutait bien que pour l’occasion, il devait y avoir des pièces sortant de l’ordinaire. Il suffisait de bien chercher.

Naturellement, ses pas l’amenèrent devant l’Hôtel de vente. Elle pénétra dans la cour qui était entourée par des murs. À l’entrée, il y avait certains gardes, pas étonnant. Lentement, elle entrait dans cet endroit gigantesque, ses lèvres formant un o sous l’émerveillement. Des couleurs vives qui s’étendaient ci et là. Des tableaux majestueux, de tous les styles. Ses mirettes se posaient sur des objets protégeaient qu’elle trouvait sublime. L’art. C’était le thème de cet univers. Toutes les personnes présentes se réunissaient par amour ou par curiosité pour les créations artistiques des uns et des autres. Il y avait une grande circulation. D’une oreille, elle entendait des voix graves criaient le montant de certaines œuvres. De l’autre, elle écoutait attentivement les artistes qui se pavanaient devant les bourgeois du village, expliquant le concept de leurs créations ainsi que l’inspiration. Ashitaka s’enivrait de la beauté du lieu. Ses yeux se délectaient littéralement face à ce qui se dressait autour d’elle. Elle se laissait aller, souriant légèrement. Ainsi, bien qu’elle soit seule, elle appréciait l’instant. Et cette sensation de bien-être la réconfortait dans ses pensées, elle n’avait besoin de personne.

Ses prunelles claires se posèrent sur l’un des bâtiments de cet Hôtel de vente. Elle s’avança rapidement vers lui, impatiente d’y être. Certaines marches se dressaient devant elle, la séparant du lieu où elle souhaitait se rendre. Avec grâce, elle souleva son kimono, laissant apparaître ses talons et ses chevilles élégantes. Elle monta rapidement avant de lâcher le tissu. Elle entra dans le hall, surprise une fois de plus par la beauté des lieux. Certains regards se posaient sur elle, ce qui la dérangeait grandement. Intérieurement, elle se répétait une phrase en boucle : ne pas faire d’histoires. Surtout, il ne fallait pas qu’elle les remette à leur place. Alors qu’elle se concentrait sur la raison de sa venue, une voix familière lui parvint aux oreilles. Elle tourna les talons, tombant nez à nez avec une jeune fille qu’elle connaissait : Sōryū Kina. Ashitaka la trouvait adorable et elle ne pouvait se montrer froide avec elle. Contre toute attente, la rousse esquissa un sourire chaleureux à la demoiselle.

▬ Ohayo, Kina-chan. Je suis heureuse de te revoir.
▬ De même, Ashitaka-chan. Tu cherches quelque chose en particulier ?

L’auburn s’empressa de lui expliquer sa situation, sans oublier de mentionner ses critères concernant le cadeau. Il devait être unique. Du jamais-vu, elle voulait. L’adolescente afficha une mine sérieuse, elle semblait réfléchir. Elle lui expliqua qu’elle ne s’y connaissait pas tellement dans le domaine et qu’elle allait appeler son cousin. Ashitaka lui répondit qu’elle se débrouillerait seule et que ce n’était pas un problème. Faisant fi de sa remarque, Kina faisait signe à une personne qui se tenait derrière l’auburn.

▬ Kanon ! Une cliente a besoin de toi.

Kanon. Sōryū. Sōryū Kanon. Ashitaka sentait son sang se glacer. C’était une évidence. Il avait le même nom de famille. Fuir. Elle souhaitait prendre ses jambes à son cou et se tirer de là. L’adolescente lui sourit en lui faisant remarquer que Kanon approchait et qu’il allait l’aider. Après cela, elle prit congé. Kina pensait sûrement l’avoir aidé... Si seulement elle savait. Maquillée, vêtue d’un kimono, de talons et coiffée d’un chignon haut, toutes les conditions la poussaient à être embarrassée. Elle se souvint de la mission qu’ils avaient remplie ensemble. Elle avait été désagréable. Après tout, c’était de sa faute s’il lui sortait par les yeux. Elle n’y pouvait rien. Elle se mordillait l’intérieur de la joue tandis qu’elle sentait une présence derrière elle. Agir. Il fallait impérativement qu’elle fasse quelque chose.

▬ Ohayo. Je… Hum… Kina a fait erreur. Je… Je n’ai pas besoin de votre aide.

L’artiste martiale espérait intérieurement qu’il ne reconnaisse pas sa voix et qu’il s’en aille. Elle restait statique, le cœur battant à tout rompre. Hors de question qu’il la voit dans cet état.

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Dernière édition par Ryūji Ashitaka le Lun 30 Oct 2017 - 20:28, édité 1 fois
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Lun 30 Oct 2017 - 16:52



La liesse enveloppait de sa douce frénésie la Roche, pourtant censée être immuable dans les flots du temps. Les habitants étaient bercées par une douce chaleur aux faces jumelées. La saison chaude alliant frénésie de par les festivités. Cela faisait plaisir à voir, tous s'amusaient comme rarement, profitant du mieux qu'ils pouvaient de l'occasion sans précédent. Le tout premier festival, qui annonçait des retrouvailles annuelles pour tous les Iwajins qui seraient certainement dès lors, impatient du retour du globe rougeoyant au meilleur de sa forme. Lorsque les fleurs de cerisier arrivaient, l’atmosphère en découlant connaissait une beauté rare que nulle ne pouvait contester. C'était une toile qui prenait vie l'espace d'un soupir, dont la beauté en ces lieux paraissait irréelle. Éphémère comme le souffle du vent caressant le visage un court instant, légion étaient ces moments captivants. 

Il était rare que la pelote du temps s'effilochant inexorablement, ne laisse l'occasion au narcissique personnage de profiter d'un répit lui permettant de flâner un moment jusqu'à satiété. Ces aubaines, il savait cependant en savourer pleinement la salvatrice saveur. Évitant d'avoir forclore sur ce plaisir, pouvant aisément être gâché des plus inutilement. La silhouette évanescente déambulait dans ce qui constituait une certaine fierté pour son propre clan. Habillé en civil, pour une fois, il venait rendre visite à certains membres de sa famille de passage en ces lieux. Tout autant qu'il en profitait pour admirer le tumulte de ce qui constituait l'essence du commerce. Tous ces artisans et commerçants passant entre ces murs, ces nanties venus se pavaner, ces artistes offrant leur chef d’œuvre où ils avaient tant sué et insufflé de leur âme. Tout cela était un spectacle singulier, qui s'offrait à celui qui savait en percevoir les subtilités, s'incarnant en nitescences devant être déchiffrées. Ineffable comme les mystères entourant ce monde, cela conduisait vers une certaine harmonie. Les désirs des uns venaient se satisfaire des offrandes des autres.

Se perdant lui même dans ce labyrinthe bien connu, peuplé pourtant d'inconnus, le Dragon laissait ses sens s'émerveiller du spectacle vivant. Tel artiste prônant le sens caché derrière son œuvre à un noble à l'air critiqueur, l'air songeur d'une femme mystérieusement captivée par l'un des nombreux trésors que les arts avaient à offrir à son imagination, ainsi que moult autres petits détails, rendaient ce théâtre un véritable lieu où passer du temps était une activité plaisante.

Tombant nez à nez sur la petite cousine, qui semblait tout à fait s'acclimater à l'endroit, le sourire fugace s'esquissa sur son visage à l'habituelle monotonie figée à jamais dans le temps. Si on le connaissait, cela pouvait être choquant. C'était bien l'une des rares à toujours être enjouée, qu'importe la situation. Elle était un concentré de bonne humeur et son apparence des plus adorable inspirait toutes la sympathie de ce monde. Comment ne pas lui sourire ? Cela relèverait d'un crime méritant le trépas.

S'approchant d'un pas plus alerte, le Dragon la salua.

« Kina-chan. »

« Hue ! Kanon ! » -sautillante de joie- « Kanon ! Tu es là ! J'aide Shina-sama ! » -souriante-

« Tant mieux si tu t'amuses. » -affichant un air un peu dubitatif, mais rassuré de la voir toujours elle même-

Les dires de la fluette ne purent être contredits. Rien que sa présence rendait l’atmosphère déjà plus chaleureuse qu'à l'accoutumée. Sous estimer ce fait incontestable ne pouvait être. Il s'inquiétait que sa cousine soit dépaysée, mais apparemment, ce tourment était bien inutile. Kina avait le don de toujours se faire des amis avec une aisance déconcertante, là où elle pointait le bout de son nez.

« Ne fait pas de bêtises, d'accord. » -d'une voix chaleureuse-

La petite acquiesça, hochant la tête en affichant un sourire. Elle était loin d'être une érudit en commerce ou en art, mais elle était plus maline qu'il n'y paraissait, malgré son jeune âge. Cela inquiétait tout de même un peu le Dragon. Mais si sa mère l'avait autorisé aider, alors il n'avait pas à s'en faire. 

Il commençait à s'éloigner, rassuré, mais toujours bercé par un sentiment étrange. Un doute lui venait quand même finalement à l'esprit. Il devait demander à sa génitrice si cela était raisonnable de laisser Kina faire comme elle souhaitait. Il savait que ses intentions étaient louables, mais il n'oubliait aucunement que la laisser faire pouvait vite dégénérer en situation rocambolesque. En y pensant, elle n'avait pas expressément dit quelle avait été autorisée à aider... Malicieuse comme une renarde, elle avait l'habitude de provoquer inexorablement des catastrophes dans son sillage. Une véritable Calamité des Cieux incarnée. Elle avait un don pour être bercée d'une chance incroyable autour d'elle-même, mais provoquait la malchance tout autour sur les autres, avec une incroyable et inattendue capacité semblant irréelle. Rien de bien fâcheux ou de trop catastrophique, mais la dernière fois, Kanon se souvenait de ce qui lui était arrivé après la cérémonie. Étonnamment, il s'attendait à un nouveau coup du sort, le frappant au moment où il s'y attendrait le moins. Arrêtant sa marche, il revint sur ses pas. Voulant s'assurer qu'elle ne commette pas une de ces facéties provoquant un désastre irréparable. Que racontait-elle aux clients ? Comment aidait-elle en fait ? L'idiot s'était fait avoir une fois de plus par le pouvoir incontestable du Moe. Elle cachait sûrement quelque chose dans sa musette.

C'était non sans surprise, qu'il vu que l'espiègle était en train de converser avec une jeune femme. Regardant la scène, un peu en retrait, une certaine inquiétude le saisit. Surtout que les deux semblaient étonnamment bien se connaître. Qui était cette inconnue osant se repaître de la bienveillance de sa cousine ? Elle était de dos et il ne voyait pas son visage. Sa chevelure écarlate coiffée d'une manière élégante. Portant un kimono à l'étoffe des plus raffinées, épousant avec sinuosité les formes rebondies, tout à fait voluptueuses, se proportionnant en une harmonie laissant rêveur. Ces cheveux semblait soyeux, sa nuque gracile se prolongeait en un dos à la finesse débouchant sur des hanches généreuses, marquant le calypige de sa lune. Laissant aux esprits le soin d'imaginer les deux jambes sensuelles se cachant sous la coupe du tissu. Qui pouvait bien être cette personne. Il avait comme un sentiment de déjà-vu. Ces demi-lunes, il lui semblait déjà les avoir croisées auparavant...Point grimées dans un kimono, cela était certain. A qui appartenaient-elles ? Un léger ressentiment à leur égards s'insinuait en lui. Une personne que le Dragon avait eu envie de corriger. Mais cela semblait improbable. La pimbêche, sans once de la moindre correction ou encore de la capacité à entretenir une simple discussion courtoise, de la dernière fois se livrant aux mondanités en arborant une tenue à l'étoffe raffinée et féminine ? Non, cela était peu probable, il s'agissait sans doute d'une coïncidence. Les rousses n'étaient point rares à Iwagakure. Berceau des Borukan, cela semblait logique. Cependant, ces dernières n'étaient pas aussi petites et menues d'habitude... Perdu dans le fil de ses pensées, limite inavouables, il reposa ses ardents iris en quête de vérité, sur la tête arborant le soyeux vermeil aux reflets mielleux. Tentant de capter un instant où elle trahirait enfin les traits de son visage. Soudain, il remarqua Kina lui faisant de grands gestes, lui demandant de venir.

Fronçant un sourcil interrogatif, l'espace d'un bref instant, le Dragon s’avança alors d'un pas assuré. Apparemment, selon les dires de Kina, la belle était juste une cliente, mais pourquoi avait-elle besoin de lui particulièrement ? Cela était un peu équivoque. Kina était censée aider les clients, alors pourquoi tout à coup elle demandait de l'aide ? Il y avait définitivement anguille sous roche.Tout cela constituaient des questions taraudant dorénavant son esprit, un peu trop calculateur pour son propre bien.

Arrivant juste derrière la demoiselle, Kanon place ses mains derrière son dos, se tenant droit, regardant le cou qui ne prenait peine de se retourner, pour révéler sa face. Puis posant son regard vers Kina qui lui souriait béatement, il se demanda si cela n'allait pas finir par un rocambolesque retournement de situation inattendue. Néanmoins, il laissa le bénéfice du doute à la chipie. Après tout, à vouloir toujours tout contrôler, la vie n'était pas une partie de plaisir. Quelques surprises pouvaient s'avérer parfois, des plus rafraîchissantes.

Baissant légèrement la tête sur le coté, en direction de la fameuse cliente requérant son aide. La différence de taille était flagrante. Kanon n'était pas d'une stature gargantuesque, mais il la dépassait aisément. Ne voulant pas faire preuve d'une incorrection envers une jeune femme semblant tout à fait honorable et respectable, du moins de dos, il garda un légère distance pour ne pas l'indisposer si elle se retournait sans prévenir pour lui faire face. Il la salua avec égard et une voix douce, presque charmeuse.

« Ohayô gozaimasu. » -dit-il, d'une voix accueillante, mais neutre- « Je peux vous aider ? » -s’enquérant de ses désirs, qu'il satisferait avec plaisir-

Kanon était toujours un peu faible face à la gente féminine. C'était son plus grand défaut, qui sans aucun doute le perdra tôt ou tard. Répondant aux paroles qu'il susurrait à l'oreille de la beauté, cette dernière esquissa avec une timidité quelques mots. Elle disait ne pas avoir besoin d'aide, que Kina était dans l'erreur. Cette voix semblait familière. Qui était donc cette demoiselle dont l'identitée lui échappait ?

Ce que conta la rouquine sonnait comme une bien malhabile excuse. Kina réfuta, d'un ton toujours enjoué, mais un peu grimaçant.

« Mais non ! Hue ! Hue ! Kanon va t'aider ! » -faisant la moue- « Elle cherche un cadeau pour sa sœur ! Elle est désespérée de ne rien trouver ! Kanon, je sais que tu peux aider mon amie ! Onegai ! » -rajouta-elle-

Comment refuser ? Surtout une requête émanant d'une charmante amie et plébiscitée par sa cousine adorée.

« Cela sera avec plaisir. » -d'une voix chaleureuse laissant échapper un sourire- « Ojou-san ? » -interpellant gentiment la demoiselle qui semblait comme figée sur place par la timidité- « Vous me semblez familière, nous sommes nous déjà rencontrés ? » -posant la question d'une voix douce et avenante-

Savoir qui était cette personne devenait un désir de plus en plus prenant, voir même pressant. Il ne pouvait pas avoir oublié une femme aussi sensuelle. Il devait voir ce visage à tout prix pour s'en assurer. Mais cette dernière faisait montre d'une résistance inouïe à éviter de se retourner devant le Dragon. Mais elle était cernée. Du monde partout, vaquant à leurs occupations dans le calme. Kina devant elle la fixait avec un air un peu béat, ne perdant pas une miette des réactions de sa connaissance. Kanon dans son dos, qui essayait de voir son visage et lui demandait gentiment de se retourner de façon implicite. Elle pouvait sentir la respiration du renard soufflant sur la peau satinée de sa nuque exposée à nue.

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Sam 4 Nov 2017 - 15:41





« Sépultures d'une âme »


Piégée. Elle se retrouvait dans une situation cocasse, qu’elle aurait aimé éviter. L’homme qu’elle souhaitait le moins au monde revoir se trouvait derrière elle. Elle sentait sa présence. Il était proche. Lorsqu’il la salua, elle frissonna légèrement. Cette voix. La sienne. Bon dieu, pourquoi était-elle venue ici. Elle se maudissait intérieurement d’avoir pris cette route. Alors qu’Ashitaka tentait tant bien que mal de s’extirper de cette situation gênante, Kina ne semblait pas de cet avis. Décidément, elle pensait l’aider. La rousse tentait de se faire petite, discrète. Mais elle pouvait parfaitement sentir quatre paires d’yeux sur elle, si ce n’est plus. Pour les deux Soryu, elle était le centre de l’attention. En temps normal, l’appellation « Oujo-san », elle la détestait. Cela sonnait faux, toujours. Mais sortie des lèvres du brun, elle avait une consonance douce. Appréciable. Néanmoins, lorsqu’il reprit la parole, ses propos n’étaient plus si appréciables. Il était sur la voie. L’avait-il déjà reconnu ? Ashitaka ne savait plus où se mettre. La voix de Kanon était douce. Terriblement envoûtante et irrésistible.

Deux issues s’offraient à elle. Soulever son kimono et courir. Malheureusement, en talons, dans ce lieu difficile de s’en sortir. La seconde était de faire face au Soryu. Elle n’avait pas le choix. Ses yeux se posèrent d’abord sur Kina, qui semblait enthousiaste à l’idée d’aider. Ashitaka avait soupirer discrètement avant d’esquisser un petit sourire. Elle pivota sur elle-même, avec grâce, se retrouvant face à Kanon. Elle essayait de ne rien montrer, mais elle était terriblement gênée. Et pour la première fois, elle se souciait de ce quelqu’un pouvait penser sur elle.

Pendant quelques secondes, elle se contenta de le regarder. Comme à l’habitude, il avait ce petit air collé au visage. Celui qui l’agaçait. Mais aujourd’hui, il semblait beaucoup plus aimable. Pour le moment, elle souhaitait être respectueuse. Surtout devant la cousine de ce dernier.

▬ En effet, on se connaît. Je suis… Ashitaka.


Faire comme si de rien était. C’était la carte qu’elle venait d’abattre. Elle allait faire l’indifférente. Être naturelle. Ne pas montrer sa gêne. Elle se racla la gorge en le regardant dans les yeux. Le défiant du regard comme toujours.

▬ Je cherche un cadeau pour mon aîné. Une pièce unique. Rare. Peu importe le prix. Je veux seulement que ce soit quelque chose d’exclusif. Qu’avez-vous à me proposer ?


Une fois, une conversation normale engagée, Kina s’éclipsa. Ashitaka jouait avec ses doigts, ne sachant que faire dans l’attente d’une réponse. Elle se décida à regarder autour d’elle. Comme pour empêcher ses pensées de divaguer sur des sujets embarrassants.

© GS'



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Dim 5 Nov 2017 - 20:38



L'étau s'était resserré sur la jeune femme, qui se retrouvait en quelque sorte piégée dans une bien rocambolesque situation. Une situation pas si dangereuse que cela au final. Étant due à ses agissements et à son caractère particulier, qui la menait d'elle même dans cette position inconfortable pour sa conscience. Que pouvait-elle bien craindre au final ? A part passer pour la personne qu'elle était en réalité, jonglant entre  la vie courante et celle plus obscure des ombres. Une demoiselle comme une autre, aimant les douceurs de la vie, tout comme les palpitations que pouvaient lui procurer les dangers de l'activité d'une Kunoichi

Finissant par se retourner, afin de révéler contre toute attente son terrible secret, elle fit tomber le masque. Se permettant même l’ardeur d'afficher un sourire. Ce dernier ne s'attendait certainement pas à recroiser la vipère de la dernière fois. Surtout dans tel accoutrement et en pareil lieu. Elle connaissait apparemment autre chose que les combats, se permettant d’arborer un raffinement certain. Celle qui avait été si désagréable lors de leur première rencontre, malgré la correction et la confiance qu'il avait eu à son égard, pouvait peut être moins acerbe qu'il ne le supposait.

Apercevant ces traits, familiers, la surprise fut de taille. Au final, c'était bel et bien elle.  Le fixant, sans afficher la moindre gènes de son regard embrasé, pouvant consumer bien des choses en somme. Étais-ce une blague ou encore une malchance se jouant de lui ?  Elle semblait le narguer, se complaire dans l’espièglerie éhonté.

Quelques secondes passèrent, chantant le silence empoignant la scène. S'il ne fit montre de la moindre réaction extérieure de surprise, à l'intérieur il en était autrement. Plus que choqué par cette vérité se présentant à lui, l'inattendue vint lui caresser l'échine d'un trait glacial, le piquant avec hargne et malice. Il en était donc ainsi. Cette peste jouait les combattantes sauvages, prônant qu'elle n'avait besoin de personne, de rien, que toutes les superficialités de ce monde n'étaient à son goût. Pourtant elle cherchait de l'aide pour offrir un cadeau à sa sœur adorée. N'y avait-il pas comme un écart entre ce qu'elle prônait et ce qu'elle faisait ? Qu'importe, bien des gens étaient lunatiques au fond. Pourquoi cette démone semblait aussi bien s'entendre avec sa cousine ? Agissant comme si elles étaient amies de longue date. Avait-il raté quelque chose ? Cela lui laissait comme une sensation étrange au fond de lui même.

Une fieffée renarde que cette femme à la chevelure rappelant les brasiers ardents. Mais sa beauté était assez envoûtante, surtout mise en valeur comme elle l'était. Cela il ne pouvait le nier. Elle aurait même pu se targuer aisément de passer pour quelqu'un de civilisé. Du moins, si elle n'avait pas montrer cette autre facette de sa personnalité.

Il croisa les bras, ne perdant de son calme ou encore son sang froid. Après tout elle était une cliente comme une autre. Et faire preuve de correction envers elle était la moindre des politesses. Satisfaire au mieux ses exigences, afin qu'elle parte sans provoquer de catastrophes, semblait le plus avisé.

« Ashitaka-san, en effet, comment vous oublier ? » -dit-il, d'une voix plus solennelle qu'à son habitude-

Elle faisait mine de rien, comme s'ils étaient censés s'entendre un minimum. Du moins, si on omettait la fureur dans ses yeux, qui le scrutaient  avec un dédain palpable, mais silencieux pour une fois.

Finalement, elle demandait conseil. Se résignant à tolérer le Dragon, ou du moins faisant mine de tel. Elle regardait un peu partout, comme cherchant quelque chose, aspirant à se dérober de cette rencontre fortuite, qu'elle n'escomptait aucunement. Kanon pensais que c'était le cas, à tort ou à raison. Cela n'était pas vraiment surprenant au final.

« Vous cherchez un cadeau particulier et unique, je comprends parfaitement, Ashitaka-san. » -dit-il, sereinement- « Puis-je me permettre de vous demander de me parler un peu de votre sœur ? Cela m'aiderait à mieux cerner ce que je pourrais vous proposer, concernant ce cadeau à lequel vous aspirez. Ashitaka-san. » -lui demandant plus de précisions concernant entre autres les goûts de ladite personne-

Il répétait son nom, avec une insistance certaine, comme pour lui ancrer dans le crâne qu'il se souvenait parfaitement. Que ça lui plaise ou pas. Il parlait calmement, comme certain de pouvoir assouvir ce simple souhait. Mais encore cela requérait que la furie coopère un minimum. Il était sincère sur son intention de l'aider, malgré le comportement révoltant qu'elle taisait pour l'instant. Comme une criminelle cachant ses méfaits. Peut être qu'elle était impossible à vivre, mais l'intention envers sa sœur était au final assez touchante. Bien que surprenante, quand on avait déjà rencontré sa seconde personnalité plus acerbe. Mais, n'étant pas rancunier, il pouvait au moins lui accorder ce cadeau d'adieu, avant que leur chemin ne se sépare à jamais. Il afficha un léger sourire, en attendant la réponse que la rousse allait lui donner. Fixant son visage, qui revêtait une expression, qu'il n'avait eût l'occasion de voir durant leur mission. Mais qui n'allait peut être pas rester le même sans la présence de la cousine, qui disparue au loin. Si cette dernière était amie avec elle, cette rousse n'était peut être pas aussi mauvaise qu'elle ne voulait le faire croire. De plus, Kina avait demander à ce que son cousin l'aide, chose à laquelle il avait acquiescé. Il comptait donc tenir parole, et cela malgré la révélation qui venait rendre cette promesse des plus épineuses.

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