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Sucre et glace, rencontres ou retrouvailles | PV Watari & Noah


Mar 14 Nov 2017 - 1:30
Au final, l’interrogatoire c’était plutôt bien déroulé. Un Hyuga légèrement voyeur et timide, une… Femme assez spéciale qui semblait avoir quelques soucis. Quelques questions délicates mais alors que la Yuki déambulait pour revenir au point de départ en s’étirant, son esprit pouvait qu'être apaisé. Si les portes d’Iwa se voyaient fermées pour elle, et bien son coeur n’aurait pas de regrets. Restait à voir pour les autres… Concernant les samouraïs, la jeune femme n’avait pas de de réelles inquiétudes car elle avait conscience du lien qui existait entre son mentor et le Tsuchikage. Ayuka savait Akimitsu calme et sociable et les enfants… Sauf si les Iwajins se trouvaient être de réels monstres, la blonde n’imaginait pas que l'on puisse les attaquer ou les jeter dehors.

Le cas d’Eiichiro, là était la réelle source d’inquiétude pour Ayuka. Sachant son cousin et frère de sang capable d’énervements et de violence, Ayuka espérait qu’il ferait un effort de socialisation pour une fois. L’avenir lui dirait si ses craintes étaient justifiées ou non. Pour l’heure, elle venait de se faire abandonner par ses deux interrogateurs et se retrouvait seule. Seule là où il s’étaient tous séparés. Seule dans Iwa. Un léger rire s’échappa alors qu’elle ne put s’empêcher de noter les différences par rapport à Kiri. C’est vrai, qui aurait laissé un étranger ainsi isolé devant le Palais de la Brume ? Personne. Et puis si la situation était prise à revers, si elle avait été une Iwajin perdue dans Kiri, elle aurait pu se faire les réflexions inverses, mais sous la pluie.

D’un geste vif, la jeune femme réajusta son kanata à sa ceinture, celui qu’elle avait tendu au dénommé Takashi quelques instants plus tôt. Puis sans attendre plus longtemps et d’un pas léger, elle partit à la recherche de ses camarades, non sans fouiller dans ses poches, trouver une sucrerie abandonnée et profiter de l’astre soleil et du sucré sur ses lèvres. Sans trop s’éloigner également car malgré sa curiosité grandissante envers l’environnement inconnu, l’idée de faire rater une possible intégration ne lui plaisait guère. Sous le soleil de Tsuchi no Kuni, la belle découvrait Iwa. Et… Une âme connue. Alors qu’elle longeait un muret son regard ambré fut attiré par une porte s’ouvrant en contrebas, forçant la jeune femme à découvrir l’homme qui sortait du bâtiment. Et son cour rata un battement. Son ventre se serra.

Une chevelure noire comme le plumage des corbeaux, un teint pâle. Ces vêtements et cette aura glaciale comme la sienne. Comme le chakra qui habitait tous les Yuki, soit, comme le chakra encore ancré à Mizu no Kuni. Figée sur place, la jeune femme balaya quelque peu nerveusement les environs… Pas d’alarmes alors qu’un Yuki qui n’avait pas demandé l’asile se trouvait au cœur du Village Caché. Soit ils avaient trouvé un accord soit Ayuka et le reste de son groupe était tombé dans un beau piège et à cette idée, une certaine haine envahie la jeune femme qui espérait intérieurement que le samouraï maître des terres n’était pas un vulgaire charlatan aussi faible d’esprit que son ancien Maître militaire. Respirer. Se calmer. Alors que le jeune homme, parent lointain, se trouvait encore devant la porte… Ayuka avança et s’accouda au muret. Sans lâcher sa sucrerie. Non sans observer chaque geste de Noah.

Elle ne l’avait connu que peu et à regrets… Car oui, c’était bien là un des rares remords de la jeune femme. Celui de ne pas avoir eu le temps de découvrir son clan totalement, de ne pas avoir réussi à forger des liens aussi forts que celui qui existait entre elle et Eiichiro et ceux naissant avec des nièces et son autre cousin. Un sourire car elle espérait qu’il n’était pas trop tard. Un sourire car malgré son air neutre, Ayuka avait déjà remarqué le jeune homme des glaces. Un sourire car malgré la crainte d’un combat et des représailles, elle aimait les Yuki, sa famille.

« Depuis mon arrivée, pas une goutte de pluie. » Quelques mots trahissant sa présence alors qu’en levant le regard, Noah pouvait découvrir la déserteuse aux cheveux de blé. Une jeune femme qui lui souriait malicieusement, portant un haori aux couleurs de glace comme à son habitude. Elle n’était pas agressive malgré la tension qui pouvait régner et dans cette éternelle malice, ses lèvres se murent de nouveau. « Le goût du sucre est plus prononcé sous le soleil je trouve. » Petite pause, sourire accentué « En plus les rayons poussent naturellement les âmes à sourire j’ai l’impression. Donc venir en ses lieux semblait vraiment nécessaire te concernant. »

Car c’était toujours ainsi qu’elle marquait son affection. Quelques piques sous des sourires sincères. Et dans le fond oui, elle avait souvent eu envie de le connaître, Noah.

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Mar 14 Nov 2017 - 19:41

Une nouvelle sucette entre mes lèvres, mains fourrés au fond de mes poches, mèches de cheveux qui pendaient devant mon regard las, fatigué. Me voilà donc en territoire Iwajin, le Pays de la Terre. Moi qui avait toujours voulu voyager, j'étais bien servis. Malheureusement, je ne me trouvais pas en ces lieux pour de bonnes raisons. Bien au contraire. En effet, voilà que Kiri se retrouvait confronté à une désertion de masse, et j'avais été envoyé dans le but de comprendre le pourquoi du comment. Une initiative Yuki apparemment, ça ne m'intéressait pas. Déserter le village pour venir dans un autre ? Futile. A croire qu'il existait des êtres encore assez naïfs pour croire en une âme plus pure sur le champ du voisin.

Je déposais ma main sur la poignet de la porte venant vers l'extérieur. Avant de m'arrêter un instant. Pourquoi avais-je accepté de venir ? Si toute cette histoire ne m'intéressait pas, j'aurai pu simplement décliner la mission, je ne pensais pas que c'était interdit. Mais je me mentais constamment. La raison pour laquelle je trainais mon pas lent le long de ces roches, c'était justement parce que ça m'intéressait. Cela ne m'empêchait pas d'être ennuyé, mais avec mon récent traumatisme, j'avais eu besoin de me recentrer. Peut-être que je commençais à m'ouvrir de plus en plus. Peut-être que lorsque j'ouvrirai cette porte, je serai capable d'esquisser un sourire.

Je fis donc un pas vers les lueurs du soleil. Pas un sourire. Visage de marbre, me voilà en dehors de ce bâtiment au sein duquel je m'étais entretenu avec Yuki Eiichiro. Un soupire s'échappait d'entre mes lèvres, alors que je déposais mes doigts le long du bâton de ma sucette, jouant un peu avec. Elle avait un meilleur goût, bizarrement. Monsieur Candy m'avait expliqué une fois que le climat pouvait influencer la qualité d'une friandise. Donc, Iwa serait un endroit propice pour mes plaisirs inutiles ? En tout cas, ce fut l'avis d'une voix féminine qui s'éleva alors au-dessus de moi, m'incitant à relever la tête. Sans pour autant changer d'expression.

Elle. Je la connaissais. Je crois, peut-être. C'était une Yuki. Une amie de Eiichiro. Ayuka, il me semble. A vrai dire, sa présence n'avait rien d'anormal, vu que je sortais de cette interrogatoire avec l'homme qu'elle avait décidé de suivre. Ce que je ne comprenais pas par contre, c'était son sourire. Que voulait-elle au juste ? Pas une goutte de pluie, disait-elle. Les rayons pousseraient les âmes à sourire, disait-elle. Elle en disait des choses, sans même prendre le temps de dire bonjour. Lâchant ma sucette, je venais remettre mes mains dans mes poches, commençant à m'éloigner, ne pensant pas ma présence nécessaire.

- Eiichiro se trouve à l'intérieur, j'imagine que vous avez des choses à vous dire.

Comment vas-tu Ayuka ? Tu as fais bon voyage ? Tu as l'air de bien t'amuser à Iwa ! Tant de formules que j'aurai pu employé. Mais c'était ennuyeux, pas vrai ? J'oubliais la vision de cette jeune femme que j'avais aperçu si souvent, sans jamais retenir vraiment les traits de son visage après quelques pas, le regard rivé vers ce soleil aveuglant.

Je devrais songer à mes m'acheter des lunettes de soleil.
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Mar 14 Nov 2017 - 20:23
Le hurlement de la bête qu'il avait voulu faire ta ire s'était temporairement éteint. Par un coup du sort, un bandeau de métal l'avait protégé et s'était brisé, un peu comme son allégeance pour un pays belliqueux et tyrannique. Celui-là même qui avait fait naître en lui cet instinct de vengeance. Cette colère qu'il ne parvenait pas encore à faire taire. De la colère, il en avait eu profondément. Pour les souffrances, les peurs, les outrages. Que certains doutaient encore des facéties des ombres brumeuses de ce village qui ne savait vivre que dans ses insulaires et intestines guerres, dépassait largement le samouraï.

Son âme était désormais porteuse d'une stigmate, d'une souillure. Des appels du carnage. Des lames assassines. Il était encore trop tôt pour savoir si le jeune homme céderait ou non à ces inclinaisons philosophiques et ces choix qui forgeaient un futur. Prenant soin sur lui de choisir la sécurité pour ceux qui souffraient du règne du nidaime mizukage, il s'était enfoncé sur un chemin que certains lui reprocheraient longtemps encore. Celui de la traîtrise et de la félonie. Mais le renégat se fichait bien de tout ça désormais. Il avait renouvelé son allégeance a la paix. Il ne savait pas s'il se ferait broyer dans le cycle ténébreux que les brumes sanglantes de l'archipel aqueux semblait produire, mais il avait choisi de l'empêcher, quitte a être le dernier porteur de ces pestilentielles blessures.

Alors, son sabre fragilisé contre sa cuisse, il s'était élancé dans les rues, abandonnant Eirin. Il devait voir Eiichiro, s'assurait qu'il parviendrait a retirer son ami du flot de ténèbres au sein duquel celui-ci se noyait. Malgré la méfiance, les habitants du pays de la terre laissaient le samouraï s'avancer vers là où son ami se trouvait. Il espérait que celui-ci ne céderait pas encore a sa lâcheté et a ses faiblesses d'âmes, ou a une justice pseudo-sacrificielle. Un comble, lui avait voulu mettre fin a ses jours, sous le poids de la fatigue et du désespoir. Sa démarche restait pourtant noble, malgré le poids qui lui creusaient les traits. Et celle-ci le conduit tout droit vers Ayuka, éternel tournesol dans ce clan de glace, elle qui brillait avec force et volonté pour tenter de faire germer en autrui les graines d'une apaisante sollicitude.

Mais la personne qui ignorât sa disciple lui arracha une nouvelle douleur. C'était comme regarder dans un vieux miroir brisé. Dans la démarche, dans l'attitude, dans le regard de celui qu'il savait être du village de la brume, il revoyait ses propres blessures, ses propres souillures. La guerre... La guerre ne mourrait jamais. Et si ce jeune homme s'éloignait de cette main tendue, il y retournerait de la pire des manières possible. Faisant face a ces membres de la même famille et s'arrêtant devant celui qui était désormais son ennemi, Watari lui barra la route, silencieusement. Plantant son regard acéré et intense dans celui de son adversaire fatigué, il l'interpella : J'ai déjà vu cette attitude. Ce regard. Cette façon de fuir. Watari soupira, la voix lasse. Tu auras beau lui indiquer la présence de votre chef de clan, j'ai bien peur que je sois face a son reflet. Plus jeune, certes... Mais tu portes en ton regard cette même fatigue qui t'a poussé a ne pas lui répondre et a la repousser. Watari lui sourit et lui dit alors : Tu sers le nidaime mizukage, n'est-ce pas ? Tu es venue en mission a sa demande, je suppose.

Watari soupira la main sur la garde de son sabre. Je ne sais ce que mon ami t'a indiqué, mais je suis celui qui ai provoqué cette désertion. Je suis le responsable du déchirement que traverse ta famille. Son ton s'était fait provocant, alors qu'il revendiquait le méfait comme étant le sien. Je ne te demanderais pas d'écouter mes paroles, puisque tu sembles résigné. Mais me diras-tu pourquoi tu te bats pour le village de la brume ? Le jeune homme le savait. S'il ne trouvait pas une solution pour provoquer un changement en ce membre du clan Yuki, celui-ci risquait de tomber dans le gouffre du plus intense des désespoirs... Et au fond de lui... Le jeune samouraï ne voulait ça pour personne. Il savait que si cela arriverait, le beau sourire d'Ayuka se fanerait. Je doute être en mesure de t'empêcher de passer. Mais j'ai choisi de protéger la paix et le bonheur de ceux que j'aime. Et même si ton cœur n'y croit plus... Il y a quelqu'un d'autre ici, qui souhaite t'apporter la paix, derrière ses paroles qui ne t'atteignent pas.

Watari leva son katana face a lui, toujours dans son fourreau et il répéta, les yeux fermés, les paroles qu'il avait gravait au fond de lui. Une voie qui permettrait de faire naître le village que nous voulions tous bâtir. Voilà pourquoi j'ai fait partir le clan Yuki. Voilà pourquoi je me suis éloigné du village de la brume. Et voilà pourquoi Ayuka te tend la main. Son regard se fit très dur. La fatigue ne lui permettait plus la patience, mais les émotions du samouraï brûlaient en lui avec passion. Il ne laisserait personne mépriser ainsi les paroles de sa jeune disciple.
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Mar 14 Nov 2017 - 22:26
Peu de Yuki avaient cherché à connaître Ayuka. Soit elle attachait énormément par nature pour certains, soit elle faisait fuir pour beaucoup. Plus vive que les membres de sa famille, plus souriante, si peu glaciale malgré son chakra gelé. Sans lui avoir souvent adressé la parole, la jeune femme se rappelait de Noah tel un jeune homme d’aspect plutôt solitaire, son éternelle cigarette à la main et son visage neutre. Le genre d’expression qui donnait envie à Ayuka d’appuyer ses mots pour le faire réagir, le faire sortir de cette neutralité lourde et déprimante. Il lui indiquait la présence d’Eiichiro et d’une certaine manière Ayuka était soulagée de le savoir si proche.

Alors qu’elle s’apprêtait à lui répondre, à le retenir… Car oui, elle ne voulait pas le voir partir ainsi, peut-être pour toujours, la blonde fut coupée par une silhouette qu’elle n’avait pas vu venir, malgré les liens proches qui l’unissaient à elle. Des mots dures, une expression forte et sans que la jeune femme puisse mettre des mots sur la situation qui se déroulait sous ses yeux, elle avait compris que l’interrogatoire de Watari n’avait pas été de tout repos. Mais il aurait tout le temps et le loisir de lui raconter plus tard. Sauf si Noah allait en décider autrement. Même s’il ne semblait pas spécialement tenir à les ramener. Cela ne faisait pas partie de sa mission ? Possédait-il d’autres ordres ? Non, sous le sourire d’Ayuka se cachait une toute autre certitude. Il s’en fichait. Du moins c’était bien là la réflexion de la jeune femme concernant le Yuki. Il s’en fichait comme par le passé Eiichiro se fichait des femmes qu’il rencontrait, des hommes qu’il abattait. Il se fichait de la vie comme tant d’hommes à présents infirmes où ayant déjà rejoint leurs ancêtres. Et même si Noah n’était pas l’âme la plus proche d’Ayuka, elle ne tenait pas à le voir tomber également et se fracturer comme tant d’autres. Et c’est justement sur ce point que Watari appuyait ses mots, bien décidé à ne pas laisser le jeune kirijin partir ainsi pour mieux sombrer.

Aux dernières paroles du samouraï, la jeune Yuki sauta par-dessus le muret, approchant des deux hommes en étirant à nouveau les muscles de ses bras. « En plus le soleil ne peut que te faire du bien, encore quelques mois de plus sous les nuages et tu pourrais vraiment te fondre dans la neige. » Il fallait dire que le temps maussade n’aidait pas souvent les esprits embrumés voire alourdis par la lassitude et l’ennui. « J’ignore ce que tu penses de ce départ, je ne sais pas si intérieurement tu nous détestes ou si comme le dit ton visage, tu n’en as que faire. »

Posant une main sur sa hanche face au deux hommes la dépassant largement en taille, la jeune femme ne se laissait pas impressionner et comme à son habitude, sa voix cristalline savait se faire entendre aussi bien que celles masculines qui l’entouraient. « Mais je ne pense pas que tu souhaites connaître meurtres et assassinats à chaque réunion de famille. Enfin certains peuvent s’en amuser, mais pour moi une famille, ça se réunit pour manger, boire et rire et non plus se planter des kunaïs dans le dos. » Simple référence la dernière assemblée des Yuki. Combien de fois avait-elle espérer une vraie réunion ? Parler simplement, s’organiser, se découvrir. La jeune blonde avait fait plusieurs fois cette demande à Eiichiro qui avait fini par accepter… Avant qu’un Sabreurs au sang glacé comme le leur ne tente de le tuer. Car c’était toujours cela Kiri. De la pluie et du sang.

Approchant d’eux par quelques pas, sa voix résonna une nouvelle fois et peut-être même qu’Eiichiro pouvait entendre ses mots décidés mais enflammés par cette envie de vivre, cette joie de la vie qui la caractérisait. « Prévoir l’avenir ne fait pas partie de mes capacités, mais je ne pense pas que la pluie de Mizu no Kuni réussisse un jour à te faire sourire et rendre heureux. Et pourtant je suis sûre que cela t’irait bien Noah. »

D’un dernier pas, elle se retrouva aussi proche de Noah que de Watari son regard ambré et décidé contemplant son homologue de glace. « Ce n’est pas une promesse assurée, mais surtout l’envie d’un clan où chacun aurait sa place, voire encore plus, un clan où chaque individu ne serait pas un inconnu pour son voisin. » Et elle voulait le découvrir. Et le voir sourire au moins une fois pour qu’il ne se perde pas.

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Mar 14 Nov 2017 - 23:17

Je devais avouer quelque chose. Je m'attendais à tout, sauf à cela. Clignant plusieurs fois des yeux, je restais dans un mutisme quasi religieux, les mains dans les poches, écoutant ce drôle de samurai me parler, ainsi que Ayuka. A tour de rôle. J'avais raté un épisode ? Pourtant, je pensais avoir été clair. N'étaient-ils pas ici afin de retrouver leur allié, voire leur ami ? Je venais me gratter l'arrière de la tête, gardant un visage lassé, tentant néanmoins de rester attentif à ce qu'ils disaient. Cet homme armé d'un katana se disait être l'instigateur de cette désertion. Grand bien lui fasse. Il semblait vouloir me défier, et aussi défendre Ayuka, qui au vu de ses propres dires, apparaissait comme sa disciple.

Encore une fois, je préférais ne rien répondre. Dans ce genre de cas, je n'étais pas un homme d'action. J'étais à l'écoute, j'étais attentif, j'étais conciliant. Mais, encore une fois, on remettait mes intentions sur le tapis. Sauf que cette fois, je n'avais rien demandé. Au moins, on ne pouvait dire que ces deux-là manquaient de volonté. Dans d'autres circonstances, j'aurai peut-être moi-même souhaité devenir son disciple. Malheureusement pour eux, je crois que quelque chose leur échappait.

Fermant un instant les paupières, je sortais une main de ma poche, venant attraper le bâton de ma sucette, avant de retirer cette dernière. Ayuka reprenait la parole maintenant. Elle nous avait même rejoint. J'étais vraiment gêné, pour le coup. J'aurai pensé que les traitres auraient tout fait pour m'éviter. Mais c'était comme si je les attirais comme des aimants... Ils souhaitaient que je rejoigne leur cause ?

- Je pense qu'il est difficile de discuter avec quelqu'un dont on ne sait rien.

Le bretteur me définissait en tant que reflet de Eiichiro ? Peut-être, ça n'était pas impossible. Seulement, au vu de leurs questions, et de leurs actions, j'imaginais qu'ils ne s'étaient pas vraiment renseignés sur mon compte.

- Je ne me bats pas pour le village de Kiri. Le Nidaime se contente de se servir de moi.

Je faisais tourner ma sucette autour de mon pouce, les yeux mi-clos.

- Tu le dis très justement, Ayuka. Que vous désertiez, que vous rejoigniez Iwa, Kumo, ou même le Soshikidan, peu m'importe. Que Sôsuke amène Kiri à sa perte, grand bien lui fasse. Que le clan Yuki se fasse décimer...

Je marquais une pause, avant de relever les yeux, préférant ne pas terminer ma phrase.

- Bushi-dono, vous me parlez de paix. Mais que savez-vous de celle-ci ? Comment peut-on apporter quelque chose que nous n'avons jamais vécu ?

Et c'était ce que j'avais fais depuis le début. J'étais encore un enfant, c'était tout ce que j'étais au bout du compte.

- Je le sais bien Ayuka. Mizu no Kuni ne m'apportera jamais ce que je veux... De même pour Iwa. Et pour toute autre parcelle de terre qui jonche ce monde. Je souhaite la Paix, je me mentirais si je disais le contraire. Je souhaite que ce monde soit en Paix, je souhaite que chaque être humain puisse vivre sa vie sans se soucier de sa survie.

C'est tout. Je ne devais pas aller plus loin. Bien évidemment, tout était vrai. Je ne disais pas tout, mais ça me suffisait. Remettant ma sucette en bouche, je levais les yeux au ciel. Je ne souriais pas. Pour une simple raison.

- Je ne devrais pas le dire... Mais peut-être que votre désertion était la meilleure chose à faire. Je ne doute pas que vous arriverez à protéger le bonheur des êtres qui comptent pour vous, Bushi-dono. Ayuka. J'ai grandis sous la tutelle d'un père qui veut faire de moi un chef de guerre, et d'une mère qui me rabâche les oreilles de ses discours sur le sang noble des Yuki, comme quoi nous sommes différents des autres.

Je posais mon regard las sur le jeune femme.

- Comment veux-tu que je puisse accorder la moindre once de confiance à ce concept de "famille" dont je ne sais rien ?

J'avais faim. Maintenant que j'y pensais, je n'avais pas mangé en grand chose en dehors de mes sucreries depuis mon départ de Mizu no Kuni.

- Néanmoins, je dois dire que je suis un peu décontenancé. Pourquoi m'accorder tant d'attention ? Parce que je peux potentiellement vous aider à échapper aux filets Kirijin ? Parce que je suis un membre du clan Yuki ? Pour votre bonne conscience ?

Je me grattais l'arrière de la tête.

- Non. Je pense que vous êtes bien plus honnêtes que cela. Mais... C'est vrai qu'on a jamais prit le temps de faire connaissance Ayuka, et puis, Bushi-dono, vous m'avez l'air d'être un brave homme.

Je soupirais alors, avant de m'avancer, dépassant le bretteur, et puis de m'arrêter, me tournant face à eux, le visage toujours aussi ennuyé.

- Mon nom est Yuki Noah. Émissaire du Pays de l'Eau, et en vertu de mon passage diplomatique... Est-ce que vous voudriez visiter le village avec moi ?

Yamamoto me tuerait sans doute, lui qui était si déterminé a vouloir ramener les traitres au village. Mais, je ne commettais aucun impair. La mission était de comprendre les motivations des déserteurs en évitant tout incident diplomatique. Alors, un peu de tourisme pourrait bien m'y aider.
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Mer 15 Nov 2017 - 0:09
Watari était un enfant aimé. Certes, il avait été formé pour être ce qu'il est aujourd'hui : un bretteur redoutable, une incarnation de la vertu du code des guerriers et un ninja capable. D'ailleurs, il se trompait rarement sur le compte des gens. Mais l'attitude du jeune ninja face a lui lui fit baisser son sabre, pris de stupeur. Sans doute était-ce la fatigue et la tension permanente, mais celui qui lui était encore inconnu avait raison. Ni lui, ni Ayuka n'avait su entendre et laisser s'exprimer le jeune homme. Une certaine forme de honte parcourut le samouraï. Son jugement, on le trompait rarement. Pourtant, le degré de discrétion de ce Yuki était parvenu a lui faire écarquiller les yeux.

Et il ne tarda pas à continuer de le surprendre toujours un peu plus. Avec fatalisme et cruauté, l'inconnu admit qu'il n'était qu'un pion pour le tyran qu'ils avaient fui. Ce degré d'indifférence avait de quoi faire mal à voir. Si Watari pouvait très bien imaginer que l'on puisse vivre ainsi... Ce n'était pas les paroles d'un guerrier qui assumait cette manière de pensée. Il n'était pas libre libre, mais semblait pourtant avoir la fierté des lions. Il était prisonnier... Et les geôles de ce jeune homme ne manquèrent pas de bientôt se révéler a eux. Il semblait croire que Watari n'avait pas connu la paix, d'ailleurs. Mais le jeune samouraï se garda bien de s'enorgueillir et de lui fanfaronner l'inverse. Lui aussi, semblait déduire des choses, mais il révélait là aussi a quel point les îles brumeuses ignoraient la réalité du pays du bushido.

Les geôles de celui qui arrivait a attendrir le guerrier était ceux de son clan. Un sang noble et de grands espoirs. Un fardeau trop lourd, qui lui aussi avait pu causer ses douleurs, son exil, la perte de la femme qui l'aimait et finalement, de fil en aiguille, la reconquête du pays de l'eau, aux côtés des Yuki. Et il avait face a lui, l'un de ceux qu'il aurait voulu avoir a ses côtés lors de cette fuite. Désormais, il était tellement surpris. La seule question qu'il avait en lui, c'était de savoir pourquoi ils ne s'étaient pas rencontrés plutôt. Si l’obsession du sang nobiliaire des parents étaient sûrement des foutaises, il n'en demeurait pas moins que ce jeune homme possédait une âme peut-être même plus noble que celle qui était la sienne...

Watari soupira, s'arrachant un sourire fatigué et des larmes nerveuses. Eh bien... Ayuka... Tu m'avais caché que ta famille dissimulait une si noble âme que celle de ce jeune homme... Rire, nerveux. Mais des yeux de nouveau sérieux. Watari s'inclina, se courbant de moitié, malgré sa grande stature, faisant voler les pans de son haori aux doubles-croissants de lune. Je suis Watari, premier fils de Torahime et Shunsada, du clan Hoshino, émissaire des tigres blancs et samouraï du pays de fer. Son pacte avec les tigres blancs était quelque chose qu'il avait parfois tendance a oublier, mais pas cette fois-ci. L'offre du jeune homme était... D'une pertinence tout a fait étrange. Mais pour autant, la nourriture était ce qui servait à fêter la paix. Ayuka, je crois que tu dois lui enseigner le concept de la famille, lui qui n'a jamais connu l'affect de ses proches. Si tu souhaites un jour incarner la voie a laquelle j'ai fait référence, je pense que tu peux considérer son offre comme étant l'une de tes toutes premières épreuves.

Watari pourtant, avait ses propres idées. Les paroles du jeune homme gravait en lui cette certitude. Il ne devait pas le laisser partir dans ce pays de psychopathes et de dangereux. Il comptait bien jouer ses propres cartes. Un réflexe acquis a Kiri : ne jamais se laisser prendre par surprise et continuer d'avoir un coup d'avance. Il espérait qu'Ayuka parviendrait a le convaincre de ne pas repartir dans ce pays aux milles dangers.



Une étrange sensation de déjà-vu. Une yuki a sa table. Non, deux. Mais un restaurant très différent de ceux qu'il avait connu dans les îles brumeuses. Ici, les cartes faisaient la part belle aux viandes grillées, plus qu'aux mets de poissons et autres ressources, trésors de la mer. Mais la même ambiance chaleureuse demeurait. Ces décorations, différentes, lui rappelaient celle du restaurant qu'il avait si souvent surveillé, là-bas, à Mizu no Kuni. Il réalisait a peine qu'ils ne les reverraient plus et que ceux-ci auraient sûrement une image déformée de lui. Plus de serveuse, plus de cuisinier jaloux. Il y en aurait d'autres ici. D'ailleurs, a l'entrée, une grand-mère buvant son thé avait saluer le samouraï, en baissant la tête. Une qui n'était pas encore au courant de la félonie qui allait probablement l'accabler encore longtemps.

Et pour en revenir a cette félonie, il y avait une étrange ambiance à cette table, où, pardonnez l'expression, un ennemi beaucoup trop noble pour être leur ravisseur, se tenait à la table. Deux membres de la même famille, deux membres du clan des glaces, mais des âmes qui cherchaient à brûler avec fierté. Et lui, devait briser la glace. Au sens propre, comme au figuré, d'une certaine manière. Il n'y a de meilleure manière de comprendre les autres que de partager un repas avec eux. Un bol de tonkatsu, s'ils vous plaît ! Apportez du saké pour trois, aussi ! Il ne savait pas exactement ce qu'il devait dire. Mais il finirait par le savoir, tôt ou tard. Et vous, Noah-dono, pourquoi accepter cette mission diplomatique, alors que vous semblez être étrangers aux vices du pays que nous avons fui ?
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Mer 15 Nov 2017 - 13:58
C’était étrange ? L’entendre tant parler. Noah que l’on voyait souvent aux réunions, Noah silencieux, Noah sans expression, Noah avec sa cigarette, mais aussi Noah sans paroles. Et pour la première fois, la jeune femme était témoin du son de la voix du Yuki qui résonnait entre eux. Pour la première fois elle avait une ouverture vers son passé, vers qui il était vraiment. Yuki Noah. Et son récit était triste. Peu marqué de tragédie sinon l’essence même de sa vie. Quand Watari lui fit cette fameuse réflexion sur le clan Yuki, un nouveau sourire d’afficha, répondant avec malice et légèreté non sans occulter Noah du regard « Et bien je suis dans cette famille, es-tu si étonné ? » Une question qui n’en était pas vraiment une, mais Ayuka le reconnaissait également : elle s’en voulait de ne jamais avoir pris le temps dans cette frénésie à Kiri, de rencontrer Noah. Simplement le rencontrer.

Emprisonner Noah n’était pas le but de la jeune femme quand il leur demanda de découvrir le village d’Iwa. Non, pour rien au monde la Yuki ne tenait à le retenir par les chaînes et la force, quel intérêt ? Ressembler à ceux qu’elle avait fuis ? Non. Mais si elle était en mesure de lui éviter souffrances et violences, alors son cœur n’hésitait pas.

Penchant légèrement sa tête sur le côté, elle sourit en continuant les présentations. « Yuki Ayuka, pour moi cela suffit. » Car oui, elle n’était pas du Pays de l’Eau et pas encore du Pays de la Terre. Elle n’était pas la fille d’une grande guerrière. Elle ne possédait pas de pacte avec un animal légendaire mais sa connaissance du monde ninja lui insufflait qu’indiquer simplement le nom de son clan suffisait.

D’un geste de la main, elle les entraîna dans les rues d’Iwa qui lui restaient encore floues… Bien que visiblement, Watari et elle avaient déjà repéré un petit restaurant. « La famille… » Ce n’est qu’une fois assise et installée face aux deux jeunes hommes que la Yuki poursuivit. « La famille nous entoure quand nous naissons pour autant rien n’est fixe. Elle reste présente mais peut changer. Je suis née seule au Pays du Fer, ma mère n’a jamais donné d’autre enfant au Clan et pourtant dans notre « famille » si grande, j’ai un frère. » Il n’était pas difficile de connaître l’identité de celui-ci, Eiichiro avait beau n'être « que » son cousin, Ayuka l’avait toujours considéré comme son grand frère autant que son meilleur ami.

Le saké ne tarda pas à arriver, une coupe pleine et trois petites coupelles pour l’accompagner. Remettant une mèche de cheveux rebelles, Ayuka suivit le mouvement et sans regarder la carte, elle commanda également un bol. Non sans passer de suite la carte des plats à son lointain parent. « Le voyage a dû te donner faim, le tonkatsu me déçoit rarement si tu ne tiens pas à se prendre la tête pour choisir. »

Laissant Watari parler, la femme au haori azuré découvrait elle-aussi le restaurant, notant les détails. Littéralement notant car nouveau village signifiait nouvelles spécialités, nouveaux établissements et… Oui, Ayuka allait devoir se refaire une liste des meilleurs restaurants de la ville. Un plaisir simple de la vie et elle espérait avoir l’occasion de tous les découvrir avec les samouraïs et sa famille. Puis les paroles de Noah qui lui revinrent. Dès que Watari eut fini, Ayuka se pencha légèrement vers eux alors que le jeune homme allait pouvoir servir le saké. « On accorde de l’attention à ceux que l’on estime ceux que l’on veut découvrir, ceux que l’on aime. Si tu avais su, Noah-dono, serais-tu venu avec nous ? Pas dans la certitude de trouver une Paix mais de la chercher, celle qui est inexistante à Kirigakure ? »

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Ven 17 Nov 2017 - 14:50

Je parlais trop. Je trouvais cela insupportable. Et pourtant, je l'avais quand même fait. Ma volonté était bien faible, à tel point que j'en venais à soupirer, alors que ces dents agents de propagande acceptaient mon offre. C'était au moins ça de gagné. Pour être tout fait honnête, il était assez rare que des gens acceptent de déjeuner avec moi. Pour une raison que j'ignorais d'ailleurs, mais ça ne m'importait pas vraiment. Celui qui se disait l'instigateur de toute cette histoire de désertion finit par se présenter, Hoshino Watari. Il était donc le maître d'Ayuka ?

Donc, je me laissais enfin guider à travers les rues de ce village qui m'intriguait tant, repensant à la description qu'en avait faite Chiryou, la shinobi médecin. Après quelques minutes de marche, Ayuka et Watari finirent par me faire pénétrer un restaurant aux allures plutôt modestes, mais néanmoins chaleureux. Une fois assis, je décidais de me murer dans le silence, observant en silence la carte, jugeant les menus qu'ils servaient. Watari prenait de nouveau les devants, en commandant un plat recommandé par la jeune femme, ainsi que du saké. Je repensais alors à ma rencontre avec Metaru Shuuhei, et à mon expérience plutôt désastreuse avec l'alcool.

Je n'avais aucune raison de refuser, mais je ferai en sorte de ne pas abuser sur la boisson. Finalement, je pensais à ce que je venais de m'expliquer Ayuka. Ils étaient donc sérieux ? Ils comptaient me définir ce qu'était la famille ? Elle disait avoir un frère, probablement Eiichiro. Je ne la voyais pas marcher aux côtés de quelqu'un d'autre de toute façon. Tandis que je me servais nonchalamment un verre de saké, restant silencieux, alors que mes deux hôtes de la journée me questionnait encore. Décidément, je crois que jamais personne ne m'avait accordé autant d'attention au cours de ma vie. J'aurai pu le prendre avec sympathie, me laisser guider par leurs paroles...

- Bien sûr que non. Seuls des êtres courageux, possédant une volonté à toute épreuve, et qui saurait se reposer sur leur entourage pourrait envisager de venir avec vous.

J'amenais le verre d'alcool à mes lèvres, avant d'en prendre une gorgée, puis de reposer le récipient devant moi, levant un instant les yeux vers le comptoir, me demandant si ces tonkatsu étaient si bons. Finalement, je déposais mes yeux sur Watari, prêt à lui répondre.

- Parce que vous, vous n'y êtes pas étranger, aux vices de ce pays ?

Evidemment, j'avais retourné cette question de manière hasardeuse. Je ne savais rien de Iwa, je ne savais rien de Tsuchi no Kuni. Mais bon, peut-être qu'il essaierait de réfléchir à la question, ou alors il connaissait déjà la réponse, et dans ce cas-là... Bah, ce n'était pas important.

- Je suis un pion, Watari-dono. Je ne serai pas étonné si à mon retour à Kiri, on ordonnait de me couper la tête sans justification.

Je faisais tourner le saké à l'intérieur de mon verre, avant d'en boire une nouvelle gorgée, dans un énième soupir, le visage éternellement ennuyé.

- J'aimerai bien avoir une famille. Peut-être que c'est amusant. Peut-être que je pourrai changer...

En vérité, il n'y avait rien qui me retenait à Kiri, et tout sembler m'inviter à les rejoindre, eux. A arborer l’emblème de Iwa. Alors, que devais-je faire ?

- Heureusement, je n'ai pas mangé grand choses ces jours-ci...

Soufflais-je, alors que mon bol de tonkatsu arrivait face à moi. Observant le plat, j'appréciais le soin apporté à la disposition des aliments, avant de commencer à manger, me remplissant la bouche de manière grotesque, faisant penser à un enfant qui serait face à son plat favori.
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Sam 18 Nov 2017 - 1:01
Noah-dono, vous me semblez bien moins un pion, qu'un Homme à la recherche de sa voie... Watari semblait amusé, en disant cela. Pourtant, son regard acéré filait observer son interlocuteur par-delà sa coupe de saké qu'il buvait avec modération et constance. Il fallait dire que bien peu de gens semblaient être à-même de faire preuve de rhétorique et que derrière cette attitude taciturne qui n'était pas sans rappeler celle d'un aveugle au caractère particulièrement introverti et silencieux, Watari décelait l'éclat d'un esprit vivace qu'il trouvait plaisant à observer et découvrir. La manière dont il avait fait preuve de répartie lui plaisait grandement. Il rit intérieurement en se disant que Noah avait réussi à le surprendre agréablement là où tous les grands et pompeux discours de celui que le ninja de la brume percevait comme étant maître de go, avait lamentablement échoué. Plus encore, le jeune Noah, malgré les ténèbres épaisses dans lesquelles il s'immergeait, à l'instar d'un chef de clan qui y réagissait beaucoup plus mal, semblait être un ninja bien plus honorable qu'il avait pu en voir dans le village de la brume.

Noah n'était pas un pion, une pièce d'un jeu de go que l'on déplaçait pour former une ligne. Un pion reçoit les ordres, y obéit par la ferveur ou par la crainte, les entends mais ne les contemplent pas. Ce recul négatif qu'il avait tant pour lui-même, que leurs paroles, que de nombreux autres sujets, montrait bien qu'il était loin d'être un pion docile, aveugle aux jeux du sort et des hommes, frappé de cécités devant les enjeux et les manigances, actions de chacun. La façon dont vous vous exprimez nous prouve bien que vous n'êtes pas celui que vous vous plaisez à nous décrire. Watari sourit, l'air rieur. Sa voix calme et posée s'accordait toujours avec ce débit lent et mesuré, cette diction propre à celle de son ancêtre qui lui donnait l'air d'être un vieux professeur aux timbres juvéniles. Mais vous marquez un point : l'égocentrisme pourrait tout à fait voiler à nos yeux une injustice déshonorante dans nos actes. Laissez-moi, Noah-dono, vous décrire les raisons du combat que nous menâmes, mes alliés et moi, à nous liguer contre la dame des brumes et son ordre tyrannique.

Reposant sa coupelle de saké, son sourire se fit plus intense et assuré, alors que ces yeux, acéré comme la lame dont il était le bretteur expérimenté, se fit un peu plus déterminé, alors qu'il s'apprêtait à poursuivre son récit. Il se voulait harmonieux et mesurer, comme à son habitude : des habitants forcés à la méfiance, la désinformation, la délation et finalement, à l'autarcie et la misère. Des orphelins livrés à eux-mêmes, que je tentais de soigner, pendant que le vil démon cherchait à prolonger éternellement son existence au coût d'horribles expérimentations sur ces enfants. Des arrestations arbitraires, des quolibets et autres corbeaux. Mon honneur et mes principes ont à coeur la loyauté envers ce en quoi nous servons. La paix que j'ai juré de protéger en joignant la croisade contre le crime dans les îles du pays de l'eau n'était pas cette mascarade. mon seul regret est de n'avoir pu moi-même tuer ce démon qui court encore. Il se tut, faisant signe à la serveuse de venir remplir leurs coupes : le récit qu'il avait à continuer allait lui demander plus encore de verbeuses interventions.

Le mal était cependant fait. Elle comptait elle aussi sur la discorde pour régner, à l'instar de son successeur. Une rivalité désorganisait les fondateurs du village, opposant Shiori-dono à Eiichiro. Je ne reviendrais pas sur les horreurs commises par l'un ou par l'autre : vous qui me faisiez remarquer l'égocentrisme de mes actes, je peux alors vous témoigner que l'un et l'autre étaient persuadés d'agir pour l'intérêt de tous. Aujourd'hui, je regrette bien plus de n'avoir su être assez fort et influent pour empêcher les conséquences qui nous amènent ici. Les choses eut été différents, s'il avait su mander la fracture qui était acquise et consommée entre la nouvelle dirigeante de la confrérie des sabreurs et son bourreau. Mais qui était le bourreau de qui, au final ? Bien plus amples commentaires et développements auraient pu être faits à ce sujet. Mais il s'abstint de rentrer dans ces obscurs et ténébreux détails qui faisaient d'Eiichiro cette homme maudit et aveugle, en quête d'un nouvel avenir. Mais revenons-en au passé proche, notre présent. Cette fracture entre les clans fondateurs provient donc du règne de la félonne des brumes. Cette stratégie d'isoler, de faire ainsi monter la suspicion ne fut pas si éloignée de celle qui fut utilisée pour provoquer notre départ, à moi et mes alliés.

Il commença à délicatement goûter à son repas. Ce restaurant avait de quoi lui remettre un peu de baume au cœur, malgré les terribles choses sur lesquelles il conversait. Mais maître orateur et formé aux arts discursifs, il comptait bel et bien mener ce récit argumentaire jusqu'à son terme : Menacé d'exil ou d'obéir, voilà la réalité des stratégies du nidaime mizukage. Il n'en fit pas moins lorsqu'il nommât Shiori-dono à la tête de la confrérie des sabreurs ou un étranger à la tête du noble clan Kaguya, se jouant ainsi des règles les plus sacrées de la dévolution de la suzeraineté. Il leva ses baguettes vers son interlocuteur avant d'ajouter : Règles déjà bafouées par la nomination du nouveau daimyo de l'eau. Quand un conseiller ayant probablement nommé la friponne des brumes est ainsi nommé à la place de son maître mourant dans le même guet-apens, mon pays appelle cela un coup d'état. Yuki Sôsuke semble-t-il, était un pion habile a placer, celui-ci ayant continuer d'occuper à diviser le village de la brume. Cela étant... Il n'avait pas les preuves de ce qu'il avançait. C'est pourquoi il admit alors : Ceci n'est que subodores et supputations.

Il contempla son saké, laissant le silence creuser l'emphase de son discours, avant qu'il n'aborde finalement l'autre sujet en lien : Je ne sers que ceux qui rassemblent, pas ceux qui menacent ou règnent par la terreur. Toute ma vie, j'ai été formé à la voie du guerrier, celle qui recherche la véritable force, la paix et la perfection de l'être. Il soupira alors en se laissant pénétrer par le spiritueux : Noah-dono, les choses étant bien faites, l'enseignement de mon pays nous enseigne aussi la piété familiale. Et la famille... Chez les samouraï, c'était sacré. Sauf dans des cas de profonds déshonneurs et de traîtrises, les samouraïs défendaient corps-et-âmes les leurs : c'était une question d'honneur. Ma famille est assez atypique. Une mère perçue comme une oni. Un père qui n'aime que le combat et sa femme. Un aïeul bien trop rusé et calculateur. Je suis membre d'une famille noble et pourtant parfois haute en couleur. Mais nous nous acceptons, tous autant que nous sommes et nous avançons ensemble, à la recherche de la paix et d'épreuves nous poussant à nous surmonter. Il sourit, avant de s'en retourner vers sa jeune disciple. Pour ainsi dire, ma famille va plus loin que mes liens de sangs. J'ai autant de frères et de sœurs que guerriers honorables avec qui je discute et j'échange mes amitiés, que de disciple avec qui progresser. Et je puis vous parler de ce que l'une d'entre-elle veut créer.

Il sourit affectueusement avant d'ajouter : Il risque fort d'y avoir de nombreuses processions, festivités et autres repas qu'il faudra financer... Mais je sais qu'elle aurait a cœur de réunir les gens dans la tolérance et dans une recherche, non pas de la domination, de la préservation des intérêts claniques, mais dans une paix pour elle et les siens, un clan qui se ferait respecter pour sa force et le soutien qu'il peut apporter aux autres. Il nodelina de la tête, sa voix chaude ne se ternissant pas, sauf alors pour conclure : Voyez, Noah-dono... Des familles prêts à vous accueillir, il y en a. Les amis sont la famille vers qui vous réfugier, quand votre famille de sang ne peut vous épauler. Je crois bien que Chôgen-sama, mon cher cousin, m'a rappelé cette maxime, en nous offrant un endroit où nous construire un avenir loin des jeux politiques et guerriers du village de la brume. Il finit de boire sa coupe de saké avant d'ajouter : Noah-dono, loin d'être un pion, vous avez le choix de vos allégeances. J'ai décidé de forger ma propre voie, loin des miens, dès mes 16 ans. Que ce soit en tant que mon disciple, adopté de mon clan, ou en restant ici auprès d'Eiichiro et Ayuka, le champs des possibles vous appartient.

Une conclusion qui était ainsi dite et qui était sans concession pour celui qu'il découvrait. Il avait livré ses pensées, son entière rhétorique au profit de celui qui semblait être égaré. Un guide ne pouvait qu'illuminer les chemins : le disciple était toujours libre de choisir la route qu'il empruntait par la suite...
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Sucre et glace, rencontres ou retrouvailles | PV Watari & Noah

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