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La roche et l'acier. | ft. Eirin


Mar 14 Nov 2017 - 20:43


Eirin & Sakuya

La roche & l'acier


Une pause. Il lui en fallait une, une longue pause, même. Pour la première fois depuis le début du périple qui les avait menés de Tetsu no Kuni au village d’Iwa, Sakuya avait une opportunité, une petite fenêtre de quelques heures éventuellement, pour souffler. Elle aurait pu choisir de se plonger dans le village, s’y perdre pour en découvrir les moindres recoins mais entre l'épuisement psychologique du voyage et le recul dont elle avait besoin sur les événements récents et la rencontre avec Watari, elle avait seulement besoin de regarder le vide et faire le point. Il ne faisait pas nuit, elle ne pouvait donc pas s’adresser à la lune comme elle avait coutume de le faire en tenant son pendentif entre ses doigts. A nouveau pays nouvelles habitudes, et elle se satisferait bien assez d’un caillou pas trop inconfortable et d’une vue sur le vide, tant qu’elle n’avait pas à être encore sur ses gardes. Depuis le départ de Tetsu no Kuni, Sakuya n’avait fait que surveiller ses frères, et la lettre remise enfin à son cousin. Les quelques rares instants de répit, elle les avait passés à songer à la tournure que prendraient ces retrouvailles, et a Eirin. Lorsqu’elle était encore une résidente du domaine Hoshino, esseulée par le départ de sa chère cousine, elle n’avait jamais réalisé le manque qu’elle ressentait depuis qu’elle avait tout quitté pour rejoindre Watari. Ce n'était qu’en la voyant là, dans ce village dont elle ne savait rien, que Sakuya avait pris la mesure de la douleur qu’avait provoqué son départ.

Malgre quelques hésitations, la jeune femme trouva sans grande difficulté le chemin de la porte du village qu’ils avaient passée pour y entrer un peu plus tôt. Elle salua respectueusement ceux qui croisent son chemin et qui, a n’en pas douter, se demandaient qui était cette étrange jeune femme aux cheveux bicolores. Puis, à quelques courtes minutes de marche de l'entrée du village, elle entreprit de se percher sur l’un des nombreux pics rocheux qui encerclaient Iwa. La-haut, personne ne viendrait le déranger. Etait-ce vraiment ce qu’elle voulait ? Probablement. Tout du moins, elle n'était pas au clair avec ce qu’elle voulait dire à la seule personne avec qui elle aurait accepté de partager son temps en cet instant. Ses frères seraient sous bonne garde s’ils restaient avec Watari de toute façon, et elle en avait bien assez fait pour les surveiller. Après tout, elle s’imposait elle même ce rôle maintenant qu’ils ne dépendaient plus du Clan et que son sort était déjà scellé.

Non, maintenant et pour la première fois depuis que l’Ancêtre les avait affublés de cette maudite mission, Sakuya était libre, même si ce n’était que pour quelques heures. Ou quelques minutes. Ses perspectives étaient infinies à présent qu’elle découvrait un tout autre mode de vie, celui d’un village dont elle ne connaissait que peu de choses et dont elle espérait tant. Malgré la colère qui grondait dans le coeur de la jeune femme, elle était plein d’un optimisme qu’elle réfrénait difficilement. Un soupir, profond. Elle devait évacuer toute cette tension car son âme ne voyait pas encore se profiler le répit qu’elle espérait tant. Il y avait encore Eirin, avec qui elle avait échangé bien peu de mots depuis son arrivée et la situation n’était absolument pas clarifiée entre elles. La samouraï se mordit la lèvre. Elle avait envie de pleurer, de ces larmes de soulagement après un effort de longue haleine qui tire sur les nerfs en plus de la santé physique. Son regard d’acier aurait pu se charger de larmes en cet instant où elle était à l’abri des regards mais elle ne pouvait s’y résoudre, elle était comme bloquée. Parce qu’elle se sentait observée, mais peut-être était-ce là simplement le sentiment de l’immigrant dans un pays qu’il est supposé faire sien mais qui n’a rien de familier ?



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Mar 14 Nov 2017 - 23:42
La Roche et l'Acier
Eirin & Sakuya

« Je vais aller la chercher, évitons d’en perdre déjà une. » C’est sur ces quelques mots que la plus âgée des femmes Hoshino d’Iwa avait délaissé les hommes de son clan. Non sans murmurer doucement à Watari qu’elle n’en avait pas pour longtemps et lui souhaiter bonne chance… Avec leurs cousins. Car oui, c’est bien de la chance dont le samouraï allait avoir besoin pour canaliser les deux hommes aux tempéraments sanguins.

Elle faisait confiance à son cousin le plus proche pour s’en sortir et dans le pire des cas, il avait récupéré quelques bokkens à tester. S’élançant dans les rues du Village Caché de la Roche, Eirin ne fit guère attention aux festivités qui saisissaient encore le Pays de la Terre. Elle aurait tout le temps de profiter avec Watari et Sakuya une fois qu’elle l’aurait retrouvée. Enfin, la tâche ne s’annonçait pas si ardue qu’à première vue pour un inconnu des Hoshino. En effet, malgré une absence certaine, Eirin pouvait se vanter de connaître assez la médecin pour se douter que c’est au plus proche des étoiles que son âme se trouvait la plus apaisée. Restait à voir si la présence de la samouraï allait tranquilliser son esprit ou l’enflammer. Eirin ne craignait pas réellement la réaction de Sakuya. Certes, une courte lettre avait été un bien maigre cadeau de départ, mais la jeune femme considérait que l’attachement qui existait entre elles-deux n’avait pas à être brisé aussi facilement.

La légère brise faisait valser la chevelure pâle de la Hoshino qui escalada le relief rocheux qui amenait jusqu’aux plus impressionnantes hauteurs du Village. Plus bas, les lumières naissantes d’Iwa commencèrent à se refléter sur les roches, dévoilant un spectacle unique dans ce monde. Eirin finit par enfin apercevoir la silhouette discrète et fine de sa lointaine cousine et s’approcha discrètement. Ce n’est qu’une fois à quelques mètres d’elle, dans son dos, que la samouraï prit un peu plus conscience du mal-être qui devait saisir Sakuya. Après tout, tous avaient grandi dans un pays qu’ils avait dû abandonner malgré un amour certain pour les traditions samouraïs et Eirin se souvenait de ses premières jours sous les pluies éternelles de Kiri. Un mal de l’étranger, le mal du pays, et certainement Sakuya allait connaître ce sentiment. Enfin… Eirin avait pu compter sur Watari pour ne pas laisser son humeur sombrer. Et Sakuya allait pouvoir en faire de même grâce à la présence de la samouraï. Si elle l’acceptait.

« Les étoiles sont les mêmes. Même au cœur du Pays de l’Eau je n’ai pas pu admirer de réelles différences. » Avançant, Eirin ne tarda pas à s’assoir sur une roche à côté de sa confiante, souriant légèrement alors que les premières étoiles commençaient à se refléter dans ses iris azurées. « Il était pourtant assez rare que les observer à Kiri, je crois que cela n’est arrivé qu’une ou deux fois. » Sans dévier son regard, tout le poids de son corps appuyé sur ses deux mains, la jeune femme poursuivit sur un ton léger mais malgré la lourdeur que pouvait dégager le sujet à venir. « Tu as pu trouver ma note, je suppose ? » Une question qui n’en était pas vraiment une, encore plus devant le manque d’affection qui avait pu être remarqué lors des retrouvailles familiales.


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Mer 15 Nov 2017 - 0:08


Eirin & Sakuya

La roche & l'acier


Evidemment, c’était bel et bien Eirin qui l’avait suivie. Sakuya n’était qu’à moitié surprise de l’entendre la rejoindre, quelque part, elle l’espérait un peu. Cela aurait été un signe qu’elle n’avait peut-être pas changé et que son départ semblait bien plus grave dans son esprit qu’il ne l’était dans celui de sa confidente. Mais malgré les attentions de la Hoshino de deux ans son aînée, elle ne pouvait chasser instantanément cette rancoeur qui l’habitait depuis son départ précipité. Etait-elle vraiment en droit de lui reprocher quoi que ce soit ? Sans doute pas, c’est pour cette raison qu’elle se mordit la lèvre au lieu de lui lancer une réplique cinglante avant même qu’elle n’ouvre la bouche. Sakuya n’en avait ni le droit ni l’envie sincère, ça n’aurait été qu’une malheureuse façon d’exprimer sa frustration nourrie par les semaines séparée d’elle. La seule Hoshino qui la comprenait.

“ Elles sont peut-être les mêmes mais leur regard me semble moins bienveillant.”

L’importance toute particulière que la samouraï portait aux astres et à la Lune était étrange. Cette façon qu’elle avait de se rassurer à la vue de la lumière de la Lune et des étoiles n’avait pas changé depuis son enfance, c’était sa petite faiblesse à elle que seule Eirin connaissait, ou tout du moins, la seule à qui elle s’était ouverte sur la question. Et à son grand soulagement, elle n’avait jamais été mesquine à ce propos. Pour autant, l’entendre évoquer les étoiles ne parvint pas à arracher un sourire à la jeune médecin dont les yeux d’acier disparurent longuement derrière ses paupières alors qu’elle prenait une longue inspiration, fébrile. Eirin n’avait pas attendu pour aborder le sujet fâcheux de son départ et de cette … note.

“ Je l’ai trouvée, oui. Il fallait bien.” Commença-t-elle plus sèchement qu’elle ne l’aurait dû et voulu. Devait-elle seulement lui faire comprendre la détresse dans laquelle cet ersatz de lettre l’avait laissée, elle qui avait fini par se laisser aller à placer sa confiance en la samouraï aux cheveux d’ivoire ? “ J’ai bien cherché, pour voir si tu n’en avais pas laissé d’autres. J’ai cru à une mauvaise blague. ” Mais il n’y avait pas de quoi rire. Et comme de coutume, Sakuya était incapable d’exprimer avec exactitude ce qu’elle ressentait à cette idée, et les raisons pour lesquelles elle avait eu si mal. “ J’espère au moins que tu apprécies ta petite retraite avec notre cousin. ” Cette dernière remarque sonnait comme quelque chose de froid mais au fond elle avait vraiment ressenti ce sentiment. L’espoir que même si elle l’avait abandonnée - de son point de vue - elle trouvait le bonheur où elle était. Parce qu’elle la savait profondément malheureuse dans son mariage avant son départ. Et Sakuya se sentait toujours extrêmement coupable de n’avoir jamais réussi à alléger ses souffrances. Le coeur lourd, elle détourna le regard, posant ses iris d’acier sur le paysage environnant, celui qui entourait son nouveau foyer. Elle se mordait la lèvre, mais ne voulait pas montrer sa détresse à sa plus vieille amie, comme toujours.



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Mer 15 Nov 2017 - 1:30
La Roche et l'Acier
Eirin & Sakuya

Elle aurait pu laisser une longue lettre. Mais pour lui dire quoi ? Lui expliquer toutes les raisons de son départ ? La conséquence aurait été la même. Le but de cette note avait simplement été de laisser une trace pour Sakuya, lui montrer que malgré le peu de lignes calligraphiées, elle comptait assez pour posséder une preuve de sa disparition. Mais l’Ancêtre avait été très clair. Faire le moins de vagues possibles, partir de nuit si possible et ne pas s’arrêter avant la frontière. Eirin aurait pu refuser et d’une certaine manière, elle était presque sûre que son grand-père n’aurait fait que grincer les dents quelques instants. Mais non, cette demande de départ avait su donner l’envie à Eirin de partir. De découvrir et peut-être enfin ressentir le frisson qu’elle attendait depuis tant d’années.

Passant une main dans ses cheveux opalins, la samouraï regarda Iwa s’éclairer alors que quelques notes musique arrivaient jusqu’aux deux jeunes femmes. Et oui, la fête battait son plein et la plupart des habitants du village devaient actuellement profiter des festivités, de la nourriture en abondance mais également des plus splendides yukatas sortis.

Un léger narquois s’échappa en entendant les reproches à peine cachés de la médecin. Oui il fallait se douter qu’avec un caractère aussi brûlant, Sakuya ne soit pas sans réagir. Mais il était toujours amusant de la voir s’énerver. Une sortie de sadisme à peine caché mais qui cachait un réel attachement envers la jeune femme. « Plutôt oui. Cependant je ne parlerais pas d’une retraite quand dès mon premier jour à Kiri, notre cousin m’a décrit les mœurs particulières de Mizu no Kuni. » Sans en dire plus, car l’heure n’était pas aux révélations d’évènements qu’elle n’avait pas vécus.

Son visage se tournant enfin vers Sakuya, Eirin sourit simplement, toujours appuyée sur la roche qui la soutenait. « Le monde est bien plus vaste et étrange que ce que j’avais pu imaginer. Aussi cruel soit-il, l’ignorance ne me caractérisera plus. » Eirin ne désirait pas la guerre, ni la violence des cœurs. Néanmoins à présent son esprit ne se trouvait plus limité par les frontières du Pays du Fer et alors que la nuit commençait à réellement se faire reine et que les premiers rayons lunaires parvinrent à frapper la terre sèche qui les entourait, Eirin ajouta à celle qui cachait bien des émotions derrière une faible façade « Quelle maîtrise, mais regarde plutôt la Lune que tu aimes tant, les pierres seront toujours présentes à la mort de celle-ci. » Car oui la pleine lune ne serait plus, la nuit suivante. Et Eirin était curieuse de voir et découvrir si le sang-froid de sa cousine avait su s’aiguiser pendant son absence.


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Mer 15 Nov 2017 - 13:16


Eirin & Sakuya

La roche & l'acier


Difficile de ne pas lâcher un rire bien ironique à l’évocation de ses frères. Leur relation était vraiment particulière et elle n’attendait pas d’Eirin qu’elle la comprenne. Au fond, il était logique qu’elle l’envie un peu puis qu’elle-même était fille unique. Sakuya avait espéré combler ce vide parfois, lui rendre ce service qu’elle faisait de bon coeur. Mais Takazane et Reisei étaient … particuliers. Épuisants, surtout. C’est l’essentiel de ce qu’il était ressorti de ce voyage avec eux, une surveillance constante pour être certaine de ne pas faire d’erreur sur le chemin de leur rédemption. Ni l’un ni l’autre ne semblait y mettre une vraie bonne volonté pour se remettre dans le droit chemin. Mais au fond, la jeune femme n’aurait que plus mal vécu d’être exilée sans eux. Un sentiment étrange et paradoxal.

“ Et quel entourage, tu as raison ! Sans cesse à entretenir cette atmosphère délétère pour faire comprendre au monde entier qu’ils ne sont pas ravi de cet exil. Encore à devoir passer derrière eux pour vérifier qu’ils se conduisent correctement.” Répondit la médecin d’un ton sarcastique qui caractérisait chaque phrase qu’elle prononçait en évoquant sa fratrie. Elle était vraiment épuisée, par le voyage comme par le rôle qu’elle s’était attribué toute seule. C’était probablement la principale raison pour laquelle elle se sentait si faible en cet instant, et prompte à se laisser porter par ses émotions plus que de coutume.

Il lui fut aussi difficile de ne pas mal prendre la remarque qui suivit. Elle était là, oui. Maintenant elle l’était. Mais comment savoir qu’elle était toujours la même, et comment ignorer ce sentiment de trahison ? C’était bien difficile pour Sakuya qui, même si elle essayait de rester rationnelle, était toujours amère. Même en entendant sa voix, en sentant sa présence à ses côtés, elle avait ce goût écoeurant dans la bouche et cette boule dans la gorge. Ses yeux restaient fixés sur la Lune et elle n’osait pas répondre, de peur que ses mots ne dépassent sa pensée qui restait bien floue et chaotique. Ses mâchoires se crispaient, mais elle ne pipa mot. Hors de question d’aggraver les choses.

“ J’imagine que le contexte de ton départ t’aide à être si philosophe.” Se contenta-t-elle de répondre lorsque la samouraï expliqua que Tetsu ne lui manquait pas. Comment pouvait-elle trouver cela si facile ? Probablement parce qu’elle avait embrassé ce départ comme providentiel. Si elle n’en avait pas souffert, pourquoi la médecin se laissait-elle encore aller à se formaliser de la nonchalance de son amie ? De toute évidence, elle n’accordait aucune importance à tout cela. Et puis, ce ton joueur, provoquant, qu’elle connaissait si bien. Celui qu’elle avait eu avec elle le jour où cette amitié avait commencée, au delà du simple cousinage. Le jour où elle avait du imposer son autorité que son ainée, et qui avait scellé leur relation. Tout en sursautant, Sakuya se retourna brusquement vers elle, échangeant avec Eirin son premier regard depuis qu’elle avait quitté la réunion des Hoshino. Et celui-ci était franchement scandalisé. D’un geste vif et un peu brusque elle passa son bras derrière la nuque de la jeune femme et l’attira vers elle en lançant d’un ton faussement rageur.

“ Mais tu te fous de moi ! Je sais bien que chaque soir tu t’endors en pleurant mon nom, avoue ! ” Son aigreur n’avait pas disparu, mais elle ne faisait pas le poids face à sa joie de la revoir enfin, et de constater que, si elle se permettait de plaisanter ainsi, c’est qu’il n’y avait pas de ressentiment dans son coeur. Mais la médecin au regard d’acier n’en était pas encore totalement rassurée pour autant, et elle aurait certainement besoin de temps, et de preuves, pour retrouver une confiance solide dans cette relation.



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Mer 15 Nov 2017 - 21:22
La Roche et l'Acier
Eirin & Sakuya

Un reproche si peu dissimulé, et bien on pouvait dire que sa parente n’avait toujours pas appris à mentir. Mais c’était peut-être là un trait commun aux êtres médicaux ? Une force brute mais si sincère que la fausseté savait raisonner en eux comme une fausse note. Nouveau sourire quand Eirin découvrit rapidement le sujet principal de leur discussion : la solitude, ou plutôt, l’abandon qu’avait pu ressentir Sakuya mise au fait du départ d’Eirin sans explications.

Toujours en la contemplant, Eirin appuya ses mots « Mais tu n’es pas seule, même pendant ton périple jusqu’à ce lieu, tu étais entourée de tes frères. » Peut-être avaient-ils le don de l’énerver, de la pousser à bout mais des fois la samouraï se demandait si le trio avec conscience de leur chance. Finalement Watari avait été accompagné de Katsuo et Sakuya serait toujours protégée par ses deux frères. Et Eirin ? Toujours au centre, toujours dans cet espace d’indécisions. Un flou qui avait entouré son avenir, ses buts, sa place dans le clan. Assez proche de la branche principale pour avoir un rôle à jouer, mais suffisamment loin pour ne pas voir l’espoir d’une famille reposer sur ses jeunes épaules. Mais aujourd’hui c’était fini. Attachée à son clan, Eirin avait pris suffisamment de recul et une certaine maturité pour savoir qu’elle devait construire sa propre destinée.

Puis narquoisement, la jeune femme à la chevelure pâle ne manqua pas d’ajouter « Et je suis présente, même en cette nuit tu ne joueras pas la solitaire. » Ce n’était pas ses projets de partir à nouveau sur les routes et laisser ses quatre parents se débrouiller à Iwa. Non, Eirin voyait la nouvelle aventure qui se projetait sous ses yeux comme un défi. Retrouver sa force et un jour être fière de se poster à côté de Watari et les plus grands de leur Clan, un dessin caché pour beaucoup et Sakuya se trouvait finalement être une des rares âmes à se douter de ce but. Car en effet, en cette nuit, il ne s’agissait pas de simples retrouvailles de familles, mais la réunion de deux jeunes femmes qui avaient su tant partager et donc l’amitié avait été presque brisée par quelques politiques habiles d’un vieux samouraï rusé.

Eirin eut un léger rire en voyant sa cousine succomber à sa proposition, définitivement, elle n’avait pas changé et avait su rester cette jeune femme curieuse et pétillante, une des rares personnes à qui Eirin avait su confier secrets et confiance. La question suivante avait de quoi amuser autant qu’assombrir les cœurs, mais au moins la samouraï avait vu juste quant aux ombres qui embrumaient l’esprit de Sakuya.

« Tetsu ne me manque pas, car je sais qu’un jour je saurais y retourner mais cette heure n’est pas encore arrivée. » Mais si sa cousine avait besoin d’être rassurée, de simples paroles abstraites ne lui suffiraient pas. « La famille m’a manqué pendant de longues journées pluvieuses à Mizu no Kuni mais… Les circonstances étaient différentes. Il s’agissait plus d’une nostalgie face à la violence de l’Archipel. » Puis pour éviter de finir cette courte explication sur une note sombre, c’est d’un ton joueur qu’Eirin ajouta « Tu m’as presque manquée dans toute cette histoire. »


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Mer 15 Nov 2017 - 23:37


Eirin & Sakuya

La roche & l'acier


Difficile de ne pas lâcher un rire bien ironique à l’évocation de ses frères. Leur relation était vraiment particulière et elle n’attendait pas d’Eirin qu’elle la comprenne. Au fond, il était logique qu’elle l’envie un peu puis qu’elle-même était fille unique. Sakuya avait espéré combler ce vide parfois, lui rendre ce service qu’elle faisait de bon coeur. Mais Takazane et Reisei étaient … particuliers. Épuisants, surtout. C’est l’essentiel de ce qu’il était ressorti de ce voyage avec eux, une surveillance constante pour être certaine de ne pas faire d’erreur sur le chemin de leur rédemption. Ni l’un ni l’autre ne semblait y mettre une vraie bonne volonté pour se remettre dans le droit chemin. Mais au fond, la jeune femme n’aurait que plus mal vécu d’être exilée sans eux. Un sentiment étrange et paradoxal.

“ Et quel entourage, tu as raison ! Sans cesse à entretenir cette atmosphère délétère pour faire comprendre au monde entier qu’ils ne sont pas ravi de cet exil. Encore à devoir passer derrière eux pour vérifier qu’ils se conduisent correctement.” Répondit la médecin d’un ton sarcastique qui caractérisait chaque phrase qu’elle prononçait en évoquant sa fratrie. Elle était vraiment épuisée, par le voyage comme par le rôle qu’elle s’était attribué toute seule. C’était probablement la principale raison pour laquelle elle se sentait si faible en cet instant, et prompte à se laisser porter par ses émotions plus que de coutume.

Il lui fut aussi difficile de ne pas mal prendre la remarque qui suivit. Elle était là, oui. Maintenant elle l’était. Mais comment savoir qu’elle était toujours la même, et comment ignorer ce sentiment de trahison ? C’était bien difficile pour Sakuya qui, même si elle essayait de rester rationnelle, était toujours amère. Même en entendant sa voix, en sentant sa présence à ses côtés, elle avait ce goût écoeurant dans la bouche et cette boule dans la gorge. Ses yeux restaient fixés sur la Lune et elle n’osait pas répondre, de peur que ses mots ne dépassent sa pensée qui restait bien floue et chaotique. Ses mâchoires se crispaient, mais elle ne pipa mot. Hors de question d’aggraver les choses.

“ J’imagine que le contexte de ton départ t’aide à être si philosophe.” Se contenta-t-elle de répondre lorsque la samouraï expliqua que Tetsu ne lui manquait pas. Comment pouvait-elle trouver cela si facile ? Probablement parce qu’elle avait embrassé ce départ comme providentiel. Si elle n’en avait pas souffert, pourquoi la médecin se laissait-elle encore aller à se formaliser de la nonchalance de son amie ? De toute évidence, elle n’accordait aucune importance à tout cela. Et puis, ce ton joueur, provoquant, qu’elle connaissait si bien. Celui qu’elle avait eu avec elle le jour où cette amitié avait commencée, au delà du simple cousinage. Le jour où elle avait du imposer son autorité que son ainée, et qui avait scellé leur relation. Tout en sursautant, Sakuya se retourna brusquement vers elle, échangeant avec Eirin son premier regard depuis qu’elle avait quitté la réunion des Hoshino. Et celui-ci était franchement scandalisé. D’un geste vif et un peu brusque elle passa son bras derrière la nuque de la jeune femme et l’attira vers elle en lançant d’un ton faussement rageur.

“ Mais tu te fous de moi ! Je sais bien que chaque soir tu t’endors en pleurant mon nom, avoue ! ” Son aigreur n’avait pas disparu, mais elle ne faisait pas le poids face à sa joie de la revoir enfin, et de constater que, si elle se permettait de plaisanter ainsi, c’est qu’il n’y avait pas de ressentiment dans son coeur. Mais la médecin au regard d’acier n’en était pas encore totalement rassurée pour autant, et elle aurait certainement besoin de temps, et de preuves, pour retrouver une confiance solide dans cette relation.

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Jeu 16 Nov 2017 - 23:26
La Roche et l'Acier
Eirin & Sakuya

Eirin rit plus clairement quand elle sentit tout son corps être attiré vers celui de sa cousine. Les mois étaient passés mais Sakuya possédait toujours cette force impressionne et alors que sa stature se faisait moins imposante que celle de la samouraï, il était toujours étonnant de découvrir avec quelle facilité la médecin avait développé la force de son corps.

Les reproches à peine voilés semblaient se mourir avec ce geste bourru mais après tout, ce n’était pas plus mal. Négligemment, la jeune femme en profita pour poser sa tête contre l’épaule de Sakuya, sa chevelure blonde créant une cascade immaculée dans le dos de sa cousine. « Hum… Oui je me joue de toi, mais toi aussi, en faisant de le jeu de celle qui arrive à en être offusquée ! » Alors que les derniers rayons du soleil disparaissent à l’horizon, le spectacle de la voute céleste de dévoila totalement devant les deux jeunes femmes. Pas un nuage, pas un trouble, juste la beauté du ciel étoilé si cher au cœur de Sakuya.

Plus calmement, Eirin poursuivit, non sans profiter de son appui sur sa parente. « J’ai pensé à toi. J’ai pensé à Tetsu no Kuni, j’ai pensé à ce temps passé à tes côtés, aux entraînements, à tes soins. » Et c’était la vérité. Quand son moral s’était couvert d’une teinte aussi maussade, son esprit savait s’enfuir dans les contrées rocheuses du Pays du Fer. Et chaque soir au cours de son périple solitaire, elle avait repensé à son geste. A la légère lettre qu’elle avait déposée sur l’oreille de la couche de Sakuya.

« Tu as tes frères, tu as Watari pour aider et tu m’as moi. Sauf à de nouveaux ordres de notre grand-père, je doute quitte Iwa avant un long moment et je pense qu’il en sera de même… » Ces quelques réflexions furent coupées par un violent bruit et une vive lumière bleutée déchirant le ciel nébuleux. Alors qu’en contre-bas, le village vivait dans une immense fête, quelques feux artifices éclairaient ce lieu si joyeux, si différent de Kirigakure. Et devant les yeux des deux jeunes femmes, mille couleurs éclatèrent. Un beau spectacle pour des retrouvailles uniques.


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Jeu 16 Nov 2017 - 23:58


Eirin & Sakuya

La roche & l'acier



“Oh mais je suis offusquée ma grande. Mais tes plaisanteries expriment tellement ton désespoir que j’ai pitié de ton âme, c’est tout.”

En riant, elle exprimait tout de même une partie de la vérité. Mais elle ne doutait pas que sans le faire, Eirin avait compris où elle voulait en venir bien plus tôt. Si tout se passait comme prévu, elle et Sakuya auraient bien le temps de se retrouver de toute façon, et cela passait par cet instant passé devant leur nouveau pays, leur “chez elles”, qui se montrait plutôt accueillant quoi que la jeune femme aux cheveux bicolores n’avait pas encore réussi à s’en réjouir. Il lui faudrait sans doute une thérapie de choc pour se sensibiliser à une vie moins austère que celle qu’elle s’imposait depuis l’enfance.

“ Tu m’as beaucoup manqué aussi. Tu n’imagines pas l’ambiance chez les Hoshino après ton départ.” Ajouta-t-elle avec un petit rire sarcastique. Ce n’était pas tant que son départ avait causé un traumatisme irréparable chez tout le monde, mais c’était un sujet de plus à éviter lors des réunions de famille. Et à force de les accumuler, il ne serait bientôt plus possible de formuler une phrase sans aborder un sujet tabou.

Sentant le poids de sa tête sur son épaule, Sakuya sourit sincèrement, apaisée. Elle prit la main de sa cousine, un geste amical qui, selon elle, était assez symbolique de leur amitié et de ce qu’elle avait toujours fait pour elle, partager et protéger. “ Je dois avouer que je suis rassurée de me retrouver auprès de vous. La vie à Tetsu était devenue parfois irrespirable. Entre mes deux irresponsables de frères et la pression que me mettait Torahime, sans parler des rumeurs de mariage … Erh.” Elle savait qu’en abordant ce sujet, elle trouverait en Eirin quelqu’un qui pouvait s’identifier à tout cela. “ J’avais peur, ne connaissant plus vraiment Watari. Mais j’ai bon espoir que cet exil tourne bien, en fin de compte. Que l’on puisse donner un sens nouveau au nom des Hoshino.”

Ca ne lui ressemblait pas tellement d’entrer dans de telles réflexions à voix haute, mais elle mettait cela sur le compte de la fatigue et du naturel avec lequel elle arrivait parfois à s’exprimer aux côtés d’Eirin. Le sourire sur son visage ne s’effaçait plus car, pour quelques heures, elle avait décidé d’admettre son optimisme. Sans doute parce qu’elle oubliait quelques instants les responsabilités qu’elle s’imposait en plus du contrôle total de sa propre personne, se refusant toute impulsivité. Arrivèrent alors les feux d’artifice qui, sans surprise, ravirent les yeux de Sakuya. Cela avait tout pour lui plaire, des couleurs, des explosions, et le ciel nocturne d’un village plein de promesses. Les yeux humides, elle regarda ce spectacle avec un sourire d’enfant, sans réaliser qu’elle prononçait une simple exclamation, discrètement.

“ Wow ! ”
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