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La roche et l'acier. | ft. Eirin


Mar 14 Nov 2017 - 20:43


Eirin & Sakuya

La roche & l'acier


Une pause. Il lui en fallait une, une longue pause, même. Pour la première fois depuis le début du périple qui les avait menés de Tetsu no Kuni au village d’Iwa, Sakuya avait une opportunité, une petite fenêtre de quelques heures éventuellement, pour souffler. Elle aurait pu choisir de se plonger dans le village, s’y perdre pour en découvrir les moindres recoins mais entre l'épuisement psychologique du voyage et le recul dont elle avait besoin sur les événements récents et la rencontre avec Watari, elle avait seulement besoin de regarder le vide et faire le point. Il ne faisait pas nuit, elle ne pouvait donc pas s’adresser à la lune comme elle avait coutume de le faire en tenant son pendentif entre ses doigts. A nouveau pays nouvelles habitudes, et elle se satisferait bien assez d’un caillou pas trop inconfortable et d’une vue sur le vide, tant qu’elle n’avait pas à être encore sur ses gardes. Depuis le départ de Tetsu no Kuni, Sakuya n’avait fait que surveiller ses frères, et la lettre remise enfin à son cousin. Les quelques rares instants de répit, elle les avait passés à songer à la tournure que prendraient ces retrouvailles, et a Eirin. Lorsqu’elle était encore une résidente du domaine Hoshino, esseulée par le départ de sa chère cousine, elle n’avait jamais réalisé le manque qu’elle ressentait depuis qu’elle avait tout quitté pour rejoindre Watari. Ce n'était qu’en la voyant là, dans ce village dont elle ne savait rien, que Sakuya avait pris la mesure de la douleur qu’avait provoqué son départ.

Malgre quelques hésitations, la jeune femme trouva sans grande difficulté le chemin de la porte du village qu’ils avaient passée pour y entrer un peu plus tôt. Elle salua respectueusement ceux qui croisent son chemin et qui, a n’en pas douter, se demandaient qui était cette étrange jeune femme aux cheveux bicolores. Puis, à quelques courtes minutes de marche de l'entrée du village, elle entreprit de se percher sur l’un des nombreux pics rocheux qui encerclaient Iwa. La-haut, personne ne viendrait le déranger. Etait-ce vraiment ce qu’elle voulait ? Probablement. Tout du moins, elle n'était pas au clair avec ce qu’elle voulait dire à la seule personne avec qui elle aurait accepté de partager son temps en cet instant. Ses frères seraient sous bonne garde s’ils restaient avec Watari de toute façon, et elle en avait bien assez fait pour les surveiller. Après tout, elle s’imposait elle même ce rôle maintenant qu’ils ne dépendaient plus du Clan et que son sort était déjà scellé.

Non, maintenant et pour la première fois depuis que l’Ancêtre les avait affublés de cette maudite mission, Sakuya était libre, même si ce n’était que pour quelques heures. Ou quelques minutes. Ses perspectives étaient infinies à présent qu’elle découvrait un tout autre mode de vie, celui d’un village dont elle ne connaissait que peu de choses et dont elle espérait tant. Malgré la colère qui grondait dans le coeur de la jeune femme, elle était plein d’un optimisme qu’elle réfrénait difficilement. Un soupir, profond. Elle devait évacuer toute cette tension car son âme ne voyait pas encore se profiler le répit qu’elle espérait tant. Il y avait encore Eirin, avec qui elle avait échangé bien peu de mots depuis son arrivée et la situation n’était absolument pas clarifiée entre elles. La samouraï se mordit la lèvre. Elle avait envie de pleurer, de ces larmes de soulagement après un effort de longue haleine qui tire sur les nerfs en plus de la santé physique. Son regard d’acier aurait pu se charger de larmes en cet instant où elle était à l’abri des regards mais elle ne pouvait s’y résoudre, elle était comme bloquée. Parce qu’elle se sentait observée, mais peut-être était-ce là simplement le sentiment de l’immigrant dans un pays qu’il est supposé faire sien mais qui n’a rien de familier ?



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Mar 14 Nov 2017 - 23:42
La Roche et l'Acier
Eirin & Sakuya

« Je vais aller la chercher, évitons d’en perdre déjà une. » C’est sur ces quelques mots que la plus âgée des femmes Hoshino d’Iwa avait délaissé les hommes de son clan. Non sans murmurer doucement à Watari qu’elle n’en avait pas pour longtemps et lui souhaiter bonne chance… Avec leurs cousins. Car oui, c’est bien de la chance dont le samouraï allait avoir besoin pour canaliser les deux hommes aux tempéraments sanguins.

Elle faisait confiance à son cousin le plus proche pour s’en sortir et dans le pire des cas, il avait récupéré quelques bokkens à tester. S’élançant dans les rues du Village Caché de la Roche, Eirin ne fit guère attention aux festivités qui saisissaient encore le Pays de la Terre. Elle aurait tout le temps de profiter avec Watari et Sakuya une fois qu’elle l’aurait retrouvée. Enfin, la tâche ne s’annonçait pas si ardue qu’à première vue pour un inconnu des Hoshino. En effet, malgré une absence certaine, Eirin pouvait se vanter de connaître assez la médecin pour se douter que c’est au plus proche des étoiles que son âme se trouvait la plus apaisée. Restait à voir si la présence de la samouraï allait tranquilliser son esprit ou l’enflammer. Eirin ne craignait pas réellement la réaction de Sakuya. Certes, une courte lettre avait été un bien maigre cadeau de départ, mais la jeune femme considérait que l’attachement qui existait entre elles-deux n’avait pas à être brisé aussi facilement.

La légère brise faisait valser la chevelure pâle de la Hoshino qui escalada le relief rocheux qui amenait jusqu’aux plus impressionnantes hauteurs du Village. Plus bas, les lumières naissantes d’Iwa commencèrent à se refléter sur les roches, dévoilant un spectacle unique dans ce monde. Eirin finit par enfin apercevoir la silhouette discrète et fine de sa lointaine cousine et s’approcha discrètement. Ce n’est qu’une fois à quelques mètres d’elle, dans son dos, que la samouraï prit un peu plus conscience du mal-être qui devait saisir Sakuya. Après tout, tous avaient grandi dans un pays qu’ils avait dû abandonner malgré un amour certain pour les traditions samouraïs et Eirin se souvenait de ses premières jours sous les pluies éternelles de Kiri. Un mal de l’étranger, le mal du pays, et certainement Sakuya allait connaître ce sentiment. Enfin… Eirin avait pu compter sur Watari pour ne pas laisser son humeur sombrer. Et Sakuya allait pouvoir en faire de même grâce à la présence de la samouraï. Si elle l’acceptait.

« Les étoiles sont les mêmes. Même au cœur du Pays de l’Eau je n’ai pas pu admirer de réelles différences. » Avançant, Eirin ne tarda pas à s’assoir sur une roche à côté de sa confiante, souriant légèrement alors que les premières étoiles commençaient à se refléter dans ses iris azurées. « Il était pourtant assez rare que les observer à Kiri, je crois que cela n’est arrivé qu’une ou deux fois. » Sans dévier son regard, tout le poids de son corps appuyé sur ses deux mains, la jeune femme poursuivit sur un ton léger mais malgré la lourdeur que pouvait dégager le sujet à venir. « Tu as pu trouver ma note, je suppose ? » Une question qui n’en était pas vraiment une, encore plus devant le manque d’affection qui avait pu être remarqué lors des retrouvailles familiales.


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Mer 15 Nov 2017 - 0:08


Eirin & Sakuya

La roche & l'acier


Evidemment, c’était bel et bien Eirin qui l’avait suivie. Sakuya n’était qu’à moitié surprise de l’entendre la rejoindre, quelque part, elle l’espérait un peu. Cela aurait été un signe qu’elle n’avait peut-être pas changé et que son départ semblait bien plus grave dans son esprit qu’il ne l’était dans celui de sa confidente. Mais malgré les attentions de la Hoshino de deux ans son aînée, elle ne pouvait chasser instantanément cette rancoeur qui l’habitait depuis son départ précipité. Etait-elle vraiment en droit de lui reprocher quoi que ce soit ? Sans doute pas, c’est pour cette raison qu’elle se mordit la lèvre au lieu de lui lancer une réplique cinglante avant même qu’elle n’ouvre la bouche. Sakuya n’en avait ni le droit ni l’envie sincère, ça n’aurait été qu’une malheureuse façon d’exprimer sa frustration nourrie par les semaines séparée d’elle. La seule Hoshino qui la comprenait.

“ Elles sont peut-être les mêmes mais leur regard me semble moins bienveillant.”

L’importance toute particulière que la samouraï portait aux astres et à la Lune était étrange. Cette façon qu’elle avait de se rassurer à la vue de la lumière de la Lune et des étoiles n’avait pas changé depuis son enfance, c’était sa petite faiblesse à elle que seule Eirin connaissait, ou tout du moins, la seule à qui elle s’était ouverte sur la question. Et à son grand soulagement, elle n’avait jamais été mesquine à ce propos. Pour autant, l’entendre évoquer les étoiles ne parvint pas à arracher un sourire à la jeune médecin dont les yeux d’acier disparurent longuement derrière ses paupières alors qu’elle prenait une longue inspiration, fébrile. Eirin n’avait pas attendu pour aborder le sujet fâcheux de son départ et de cette … note.

“ Je l’ai trouvée, oui. Il fallait bien.” Commença-t-elle plus sèchement qu’elle ne l’aurait dû et voulu. Devait-elle seulement lui faire comprendre la détresse dans laquelle cet ersatz de lettre l’avait laissée, elle qui avait fini par se laisser aller à placer sa confiance en la samouraï aux cheveux d’ivoire ? “ J’ai bien cherché, pour voir si tu n’en avais pas laissé d’autres. J’ai cru à une mauvaise blague. ” Mais il n’y avait pas de quoi rire. Et comme de coutume, Sakuya était incapable d’exprimer avec exactitude ce qu’elle ressentait à cette idée, et les raisons pour lesquelles elle avait eu si mal. “ J’espère au moins que tu apprécies ta petite retraite avec notre cousin. ” Cette dernière remarque sonnait comme quelque chose de froid mais au fond elle avait vraiment ressenti ce sentiment. L’espoir que même si elle l’avait abandonnée - de son point de vue - elle trouvait le bonheur où elle était. Parce qu’elle la savait profondément malheureuse dans son mariage avant son départ. Et Sakuya se sentait toujours extrêmement coupable de n’avoir jamais réussi à alléger ses souffrances. Le coeur lourd, elle détourna le regard, posant ses iris d’acier sur le paysage environnant, celui qui entourait son nouveau foyer. Elle se mordait la lèvre, mais ne voulait pas montrer sa détresse à sa plus vieille amie, comme toujours.



Dernière édition par Hoshino Sakuya le Mer 15 Nov 2017 - 13:16, édité 1 fois
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Mer 15 Nov 2017 - 1:30
La Roche et l'Acier
Eirin & Sakuya

Elle aurait pu laisser une longue lettre. Mais pour lui dire quoi ? Lui expliquer toutes les raisons de son départ ? La conséquence aurait été la même. Le but de cette note avait simplement été de laisser une trace pour Sakuya, lui montrer que malgré le peu de lignes calligraphiées, elle comptait assez pour posséder une preuve de sa disparition. Mais l’Ancêtre avait été très clair. Faire le moins de vagues possibles, partir de nuit si possible et ne pas s’arrêter avant la frontière. Eirin aurait pu refuser et d’une certaine manière, elle était presque sûre que son grand-père n’aurait fait que grincer les dents quelques instants. Mais non, cette demande de départ avait su donner l’envie à Eirin de partir. De découvrir et peut-être enfin ressentir le frisson qu’elle attendait depuis tant d’années.

Passant une main dans ses cheveux opalins, la samouraï regarda Iwa s’éclairer alors que quelques notes musique arrivaient jusqu’aux deux jeunes femmes. Et oui, la fête battait son plein et la plupart des habitants du village devaient actuellement profiter des festivités, de la nourriture en abondance mais également des plus splendides yukatas sortis.

Un léger narquois s’échappa en entendant les reproches à peine cachés de la médecin. Oui il fallait se douter qu’avec un caractère aussi brûlant, Sakuya ne soit pas sans réagir. Mais il était toujours amusant de la voir s’énerver. Une sortie de sadisme à peine caché mais qui cachait un réel attachement envers la jeune femme. « Plutôt oui. Cependant je ne parlerais pas d’une retraite quand dès mon premier jour à Kiri, notre cousin m’a décrit les mœurs particulières de Mizu no Kuni. » Sans en dire plus, car l’heure n’était pas aux révélations d’évènements qu’elle n’avait pas vécus.

Son visage se tournant enfin vers Sakuya, Eirin sourit simplement, toujours appuyée sur la roche qui la soutenait. « Le monde est bien plus vaste et étrange que ce que j’avais pu imaginer. Aussi cruel soit-il, l’ignorance ne me caractérisera plus. » Eirin ne désirait pas la guerre, ni la violence des cœurs. Néanmoins à présent son esprit ne se trouvait plus limité par les frontières du Pays du Fer et alors que la nuit commençait à réellement se faire reine et que les premiers rayons lunaires parvinrent à frapper la terre sèche qui les entourait, Eirin ajouta à celle qui cachait bien des émotions derrière une faible façade « Quelle maîtrise, mais regarde plutôt la Lune que tu aimes tant, les pierres seront toujours présentes à la mort de celle-ci. » Car oui la pleine lune ne serait plus, la nuit suivante. Et Eirin était curieuse de voir et découvrir si le sang-froid de sa cousine avait su s’aiguiser pendant son absence.


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Mer 15 Nov 2017 - 13:16


Eirin & Sakuya

La roche & l'acier


Difficile de ne pas lâcher un rire bien ironique à l’évocation de ses frères. Leur relation était vraiment particulière et elle n’attendait pas d’Eirin qu’elle la comprenne. Au fond, il était logique qu’elle l’envie un peu puis qu’elle-même était fille unique. Sakuya avait espéré combler ce vide parfois, lui rendre ce service qu’elle faisait de bon coeur. Mais Takazane et Reisei étaient … particuliers. Épuisants, surtout. C’est l’essentiel de ce qu’il était ressorti de ce voyage avec eux, une surveillance constante pour être certaine de ne pas faire d’erreur sur le chemin de leur rédemption. Ni l’un ni l’autre ne semblait y mettre une vraie bonne volonté pour se remettre dans le droit chemin. Mais au fond, la jeune femme n’aurait que plus mal vécu d’être exilée sans eux. Un sentiment étrange et paradoxal.

“ Et quel entourage, tu as raison ! Sans cesse à entretenir cette atmosphère délétère pour faire comprendre au monde entier qu’ils ne sont pas ravi de cet exil. Encore à devoir passer derrière eux pour vérifier qu’ils se conduisent correctement.” Répondit la médecin d’un ton sarcastique qui caractérisait chaque phrase qu’elle prononçait en évoquant sa fratrie. Elle était vraiment épuisée, par le voyage comme par le rôle qu’elle s’était attribué toute seule. C’était probablement la principale raison pour laquelle elle se sentait si faible en cet instant, et prompte à se laisser porter par ses émotions plus que de coutume.

Il lui fut aussi difficile de ne pas mal prendre la remarque qui suivit. Elle était là, oui. Maintenant elle l’était. Mais comment savoir qu’elle était toujours la même, et comment ignorer ce sentiment de trahison ? C’était bien difficile pour Sakuya qui, même si elle essayait de rester rationnelle, était toujours amère. Même en entendant sa voix, en sentant sa présence à ses côtés, elle avait ce goût écoeurant dans la bouche et cette boule dans la gorge. Ses yeux restaient fixés sur la Lune et elle n’osait pas répondre, de peur que ses mots ne dépassent sa pensée qui restait bien floue et chaotique. Ses mâchoires se crispaient, mais elle ne pipa mot. Hors de question d’aggraver les choses.

“ J’imagine que le contexte de ton départ t’aide à être si philosophe.” Se contenta-t-elle de répondre lorsque la samouraï expliqua que Tetsu ne lui manquait pas. Comment pouvait-elle trouver cela si facile ? Probablement parce qu’elle avait embrassé ce départ comme providentiel. Si elle n’en avait pas souffert, pourquoi la médecin se laissait-elle encore aller à se formaliser de la nonchalance de son amie ? De toute évidence, elle n’accordait aucune importance à tout cela. Et puis, ce ton joueur, provoquant, qu’elle connaissait si bien. Celui qu’elle avait eu avec elle le jour où cette amitié avait commencée, au delà du simple cousinage. Le jour où elle avait du imposer son autorité que son ainée, et qui avait scellé leur relation. Tout en sursautant, Sakuya se retourna brusquement vers elle, échangeant avec Eirin son premier regard depuis qu’elle avait quitté la réunion des Hoshino. Et celui-ci était franchement scandalisé. D’un geste vif et un peu brusque elle passa son bras derrière la nuque de la jeune femme et l’attira vers elle en lançant d’un ton faussement rageur.

“ Mais tu te fous de moi ! Je sais bien que chaque soir tu t’endors en pleurant mon nom, avoue ! ” Son aigreur n’avait pas disparu, mais elle ne faisait pas le poids face à sa joie de la revoir enfin, et de constater que, si elle se permettait de plaisanter ainsi, c’est qu’il n’y avait pas de ressentiment dans son coeur. Mais la médecin au regard d’acier n’en était pas encore totalement rassurée pour autant, et elle aurait certainement besoin de temps, et de preuves, pour retrouver une confiance solide dans cette relation.



Dernière édition par Hoshino Sakuya le Mer 15 Nov 2017 - 23:36, édité 1 fois
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Mer 15 Nov 2017 - 21:22
La Roche et l'Acier
Eirin & Sakuya

Un reproche si peu dissimulé, et bien on pouvait dire que sa parente n’avait toujours pas appris à mentir. Mais c’était peut-être là un trait commun aux êtres médicaux ? Une force brute mais si sincère que la fausseté savait raisonner en eux comme une fausse note. Nouveau sourire quand Eirin découvrit rapidement le sujet principal de leur discussion : la solitude, ou plutôt, l’abandon qu’avait pu ressentir Sakuya mise au fait du départ d’Eirin sans explications.

Toujours en la contemplant, Eirin appuya ses mots « Mais tu n’es pas seule, même pendant ton périple jusqu’à ce lieu, tu étais entourée de tes frères. » Peut-être avaient-ils le don de l’énerver, de la pousser à bout mais des fois la samouraï se demandait si le trio avec conscience de leur chance. Finalement Watari avait été accompagné de Katsuo et Sakuya serait toujours protégée par ses deux frères. Et Eirin ? Toujours au centre, toujours dans cet espace d’indécisions. Un flou qui avait entouré son avenir, ses buts, sa place dans le clan. Assez proche de la branche principale pour avoir un rôle à jouer, mais suffisamment loin pour ne pas voir l’espoir d’une famille reposer sur ses jeunes épaules. Mais aujourd’hui c’était fini. Attachée à son clan, Eirin avait pris suffisamment de recul et une certaine maturité pour savoir qu’elle devait construire sa propre destinée.

Puis narquoisement, la jeune femme à la chevelure pâle ne manqua pas d’ajouter « Et je suis présente, même en cette nuit tu ne joueras pas la solitaire. » Ce n’était pas ses projets de partir à nouveau sur les routes et laisser ses quatre parents se débrouiller à Iwa. Non, Eirin voyait la nouvelle aventure qui se projetait sous ses yeux comme un défi. Retrouver sa force et un jour être fière de se poster à côté de Watari et les plus grands de leur Clan, un dessin caché pour beaucoup et Sakuya se trouvait finalement être une des rares âmes à se douter de ce but. Car en effet, en cette nuit, il ne s’agissait pas de simples retrouvailles de familles, mais la réunion de deux jeunes femmes qui avaient su tant partager et donc l’amitié avait été presque brisée par quelques politiques habiles d’un vieux samouraï rusé.

Eirin eut un léger rire en voyant sa cousine succomber à sa proposition, définitivement, elle n’avait pas changé et avait su rester cette jeune femme curieuse et pétillante, une des rares personnes à qui Eirin avait su confier secrets et confiance. La question suivante avait de quoi amuser autant qu’assombrir les cœurs, mais au moins la samouraï avait vu juste quant aux ombres qui embrumaient l’esprit de Sakuya.

« Tetsu ne me manque pas, car je sais qu’un jour je saurais y retourner mais cette heure n’est pas encore arrivée. » Mais si sa cousine avait besoin d’être rassurée, de simples paroles abstraites ne lui suffiraient pas. « La famille m’a manqué pendant de longues journées pluvieuses à Mizu no Kuni mais… Les circonstances étaient différentes. Il s’agissait plus d’une nostalgie face à la violence de l’Archipel. » Puis pour éviter de finir cette courte explication sur une note sombre, c’est d’un ton joueur qu’Eirin ajouta « Tu m’as presque manquée dans toute cette histoire. »


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Mer 15 Nov 2017 - 23:37


Eirin & Sakuya

La roche & l'acier


Difficile de ne pas lâcher un rire bien ironique à l’évocation de ses frères. Leur relation était vraiment particulière et elle n’attendait pas d’Eirin qu’elle la comprenne. Au fond, il était logique qu’elle l’envie un peu puis qu’elle-même était fille unique. Sakuya avait espéré combler ce vide parfois, lui rendre ce service qu’elle faisait de bon coeur. Mais Takazane et Reisei étaient … particuliers. Épuisants, surtout. C’est l’essentiel de ce qu’il était ressorti de ce voyage avec eux, une surveillance constante pour être certaine de ne pas faire d’erreur sur le chemin de leur rédemption. Ni l’un ni l’autre ne semblait y mettre une vraie bonne volonté pour se remettre dans le droit chemin. Mais au fond, la jeune femme n’aurait que plus mal vécu d’être exilée sans eux. Un sentiment étrange et paradoxal.

“ Et quel entourage, tu as raison ! Sans cesse à entretenir cette atmosphère délétère pour faire comprendre au monde entier qu’ils ne sont pas ravi de cet exil. Encore à devoir passer derrière eux pour vérifier qu’ils se conduisent correctement.” Répondit la médecin d’un ton sarcastique qui caractérisait chaque phrase qu’elle prononçait en évoquant sa fratrie. Elle était vraiment épuisée, par le voyage comme par le rôle qu’elle s’était attribué toute seule. C’était probablement la principale raison pour laquelle elle se sentait si faible en cet instant, et prompte à se laisser porter par ses émotions plus que de coutume.

Il lui fut aussi difficile de ne pas mal prendre la remarque qui suivit. Elle était là, oui. Maintenant elle l’était. Mais comment savoir qu’elle était toujours la même, et comment ignorer ce sentiment de trahison ? C’était bien difficile pour Sakuya qui, même si elle essayait de rester rationnelle, était toujours amère. Même en entendant sa voix, en sentant sa présence à ses côtés, elle avait ce goût écoeurant dans la bouche et cette boule dans la gorge. Ses yeux restaient fixés sur la Lune et elle n’osait pas répondre, de peur que ses mots ne dépassent sa pensée qui restait bien floue et chaotique. Ses mâchoires se crispaient, mais elle ne pipa mot. Hors de question d’aggraver les choses.

“ J’imagine que le contexte de ton départ t’aide à être si philosophe.” Se contenta-t-elle de répondre lorsque la samouraï expliqua que Tetsu ne lui manquait pas. Comment pouvait-elle trouver cela si facile ? Probablement parce qu’elle avait embrassé ce départ comme providentiel. Si elle n’en avait pas souffert, pourquoi la médecin se laissait-elle encore aller à se formaliser de la nonchalance de son amie ? De toute évidence, elle n’accordait aucune importance à tout cela. Et puis, ce ton joueur, provoquant, qu’elle connaissait si bien. Celui qu’elle avait eu avec elle le jour où cette amitié avait commencée, au delà du simple cousinage. Le jour où elle avait du imposer son autorité que son ainée, et qui avait scellé leur relation. Tout en sursautant, Sakuya se retourna brusquement vers elle, échangeant avec Eirin son premier regard depuis qu’elle avait quitté la réunion des Hoshino. Et celui-ci était franchement scandalisé. D’un geste vif et un peu brusque elle passa son bras derrière la nuque de la jeune femme et l’attira vers elle en lançant d’un ton faussement rageur.

“ Mais tu te fous de moi ! Je sais bien que chaque soir tu t’endors en pleurant mon nom, avoue ! ” Son aigreur n’avait pas disparu, mais elle ne faisait pas le poids face à sa joie de la revoir enfin, et de constater que, si elle se permettait de plaisanter ainsi, c’est qu’il n’y avait pas de ressentiment dans son coeur. Mais la médecin au regard d’acier n’en était pas encore totalement rassurée pour autant, et elle aurait certainement besoin de temps, et de preuves, pour retrouver une confiance solide dans cette relation.

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Jeu 16 Nov 2017 - 23:26
La Roche et l'Acier
Eirin & Sakuya

Eirin rit plus clairement quand elle sentit tout son corps être attiré vers celui de sa cousine. Les mois étaient passés mais Sakuya possédait toujours cette force impressionne et alors que sa stature se faisait moins imposante que celle de la samouraï, il était toujours étonnant de découvrir avec quelle facilité la médecin avait développé la force de son corps.

Les reproches à peine voilés semblaient se mourir avec ce geste bourru mais après tout, ce n’était pas plus mal. Négligemment, la jeune femme en profita pour poser sa tête contre l’épaule de Sakuya, sa chevelure blonde créant une cascade immaculée dans le dos de sa cousine. « Hum… Oui je me joue de toi, mais toi aussi, en faisant de le jeu de celle qui arrive à en être offusquée ! » Alors que les derniers rayons du soleil disparaissent à l’horizon, le spectacle de la voute céleste de dévoila totalement devant les deux jeunes femmes. Pas un nuage, pas un trouble, juste la beauté du ciel étoilé si cher au cœur de Sakuya.

Plus calmement, Eirin poursuivit, non sans profiter de son appui sur sa parente. « J’ai pensé à toi. J’ai pensé à Tetsu no Kuni, j’ai pensé à ce temps passé à tes côtés, aux entraînements, à tes soins. » Et c’était la vérité. Quand son moral s’était couvert d’une teinte aussi maussade, son esprit savait s’enfuir dans les contrées rocheuses du Pays du Fer. Et chaque soir au cours de son périple solitaire, elle avait repensé à son geste. A la légère lettre qu’elle avait déposée sur l’oreille de la couche de Sakuya.

« Tu as tes frères, tu as Watari pour aider et tu m’as moi. Sauf à de nouveaux ordres de notre grand-père, je doute quitte Iwa avant un long moment et je pense qu’il en sera de même… » Ces quelques réflexions furent coupées par un violent bruit et une vive lumière bleutée déchirant le ciel nébuleux. Alors qu’en contre-bas, le village vivait dans une immense fête, quelques feux artifices éclairaient ce lieu si joyeux, si différent de Kirigakure. Et devant les yeux des deux jeunes femmes, mille couleurs éclatèrent. Un beau spectacle pour des retrouvailles uniques.


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Jeu 16 Nov 2017 - 23:58


Eirin & Sakuya

La roche & l'acier



“Oh mais je suis offusquée ma grande. Mais tes plaisanteries expriment tellement ton désespoir que j’ai pitié de ton âme, c’est tout.”

En riant, elle exprimait tout de même une partie de la vérité. Mais elle ne doutait pas que sans le faire, Eirin avait compris où elle voulait en venir bien plus tôt. Si tout se passait comme prévu, elle et Sakuya auraient bien le temps de se retrouver de toute façon, et cela passait par cet instant passé devant leur nouveau pays, leur “chez elles”, qui se montrait plutôt accueillant quoi que la jeune femme aux cheveux bicolores n’avait pas encore réussi à s’en réjouir. Il lui faudrait sans doute une thérapie de choc pour se sensibiliser à une vie moins austère que celle qu’elle s’imposait depuis l’enfance.

“ Tu m’as beaucoup manqué aussi. Tu n’imagines pas l’ambiance chez les Hoshino après ton départ.” Ajouta-t-elle avec un petit rire sarcastique. Ce n’était pas tant que son départ avait causé un traumatisme irréparable chez tout le monde, mais c’était un sujet de plus à éviter lors des réunions de famille. Et à force de les accumuler, il ne serait bientôt plus possible de formuler une phrase sans aborder un sujet tabou.

Sentant le poids de sa tête sur son épaule, Sakuya sourit sincèrement, apaisée. Elle prit la main de sa cousine, un geste amical qui, selon elle, était assez symbolique de leur amitié et de ce qu’elle avait toujours fait pour elle, partager et protéger. “ Je dois avouer que je suis rassurée de me retrouver auprès de vous. La vie à Tetsu était devenue parfois irrespirable. Entre mes deux irresponsables de frères et la pression que me mettait Torahime, sans parler des rumeurs de mariage … Erh.” Elle savait qu’en abordant ce sujet, elle trouverait en Eirin quelqu’un qui pouvait s’identifier à tout cela. “ J’avais peur, ne connaissant plus vraiment Watari. Mais j’ai bon espoir que cet exil tourne bien, en fin de compte. Que l’on puisse donner un sens nouveau au nom des Hoshino.”

Ca ne lui ressemblait pas tellement d’entrer dans de telles réflexions à voix haute, mais elle mettait cela sur le compte de la fatigue et du naturel avec lequel elle arrivait parfois à s’exprimer aux côtés d’Eirin. Le sourire sur son visage ne s’effaçait plus car, pour quelques heures, elle avait décidé d’admettre son optimisme. Sans doute parce qu’elle oubliait quelques instants les responsabilités qu’elle s’imposait en plus du contrôle total de sa propre personne, se refusant toute impulsivité. Arrivèrent alors les feux d’artifice qui, sans surprise, ravirent les yeux de Sakuya. Cela avait tout pour lui plaire, des couleurs, des explosions, et le ciel nocturne d’un village plein de promesses. Les yeux humides, elle regarda ce spectacle avec un sourire d’enfant, sans réaliser qu’elle prononçait une simple exclamation, discrètement.

“ Wow ! ”
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Sam 18 Nov 2017 - 17:15
La Roche et l'Acier
Eirin & Sakuya

L’ambiance chez les Hoshino après son départ… D’un côté, Eirin le savait, son clan était assez permissif et agréable à vivre mais d’un autre côté, on pouvait s’y sentir quelques fois isolé. Enfin la demeure clanique devait être bien calme pensa la jeune femme car leur génération à présent à Iwa, il ne restait que ceux qui avaient déjà fait leurs preuves quant aux enfants… Il fallait croire que parmi les six, aucun n’avait encore été préparé à cette éventualité.

Souriant, Eirin serra doucement la main de sa cousine, comme pour lui rappeler sa présence, comme pour la soutenir dans ce début d’aventure qu’elle savait avoir le pouvoir de faire frémir les cœurs et rendre l’esprit lourd. Si les mots précédents n’étonnèrent pas la samouraï, il y avait en revanche un sujet sur lequel elle était plus sensible. Quand Sakuya évoqua son possible mariage ou du moins, les rumeurs, sans quitter son épaule, Eirin redressa son regard vers celui de sa confidente. Non, Sakuya ne se laisserait pas emprisonnée comme elle l’avait été. Pas que la force d’Eirin soit inférieure à celle de la médecin mais la guerrière aux cheveux pâles s’était retrouvée au pied du mur. Eirin répondit d’abord sur un ton léger « Il faut bien admettre que si ta mère désire une union, il serait plus évident de te trouver un mari que deux femmes pour tes frères… » Cependant elle ne s’arrêta pas à cette remarque mais poursuivit « Ne te marie que si tu es sûre que cette personne saura te donner l’envie de te réveiller à ses côtés à chaque mort de lune. »

C’était un sujet qu’elle avait déjà abordé à de nombreuses reprises sur les bords de la cour intérieure du domaine, sous les étoiles alors que le clan s’était déjà échappé au pays des rêves et des oni. Cependant Eirin ignorait si le cœur de sa parente était déjà habité par l’image d’une âme et d’une certaine manière, elle espérait qu’elle trouve le bonheur aussi bien en prouvant au clan sa force mais également en étant en âix avec son cœur.

Enfin, Eirin sans bouger, sans lâcher la main de Sakuya, sourit face aux feux d’artifice qui continuaient d’éclairer le ciel de une farandole de couleurs toutes plus vives et puissantes les unes que les autres. Elle ria même en voyant l’air si impressionné de son amie, devant cette innocence pure qui qualifiait encore Sakuya. Oui, elle était une femme à part et Eirin ne désirait pas que comme elle, elle perde cette facette de son caractère si frais et appréciable.

« Je ne m’en souviens pas en avoir vu d’aussi impressionnant à Tetsu, et tu n’as pas encore vu la fête ! Watari m’avait déjà parlé de Chôgen-sama mais j’ignorais qu’il était capable de faire briller ainsi un village tout entier. » Même si elle ne connaissait que peu le Tsuchikage, elle espérait qu’il se remettrait de sa blessure et qu’il saurait se relever comme elle l’avait fait.

Et alors que le spectacle se poursuivait, le pouce de la main d’Eirin vint doucement caresser le dos de celle de la médecin. Une marque de tendresse, un attachement certain dont si peu avaient conscience. « Je me suis faite une promesse, celle de revenir au Pays en étant capable de tenir tête à tous mes cousins, par la lame. »


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Sam 18 Nov 2017 - 19:28


Eirin & Sakuya

La roche & l'acier



La remarque d’Eirin à propos d’un éventuel mariage de ses frères provoqua un rire franc de la part de la samouraï qui n’avait pour ainsi dire jamais imaginé ses aînés mariés. Elle n’avait pas tort, cependant, si quelqu’un devait conclure une union de valeur pour le clan dans sa branche, c’était probablement elle. Mais avec tout le respect possible, elle avait déjà laissé entendre à quiconque abordait le sujet même subtilement qu’il était hors de question qu’on la “vende comme du bétail” selon ses propres mots loin d’être subtils. C’est pour cela d’ailleurs qu’elle parlait de rumeurs et non de réels projets. Mais elle savait bien qu’Eirin n’avait pas eu la même liberté sur la question, sans doute était-ce la raison de son intérêt particulier pour cette question. “ Ne t’en fais pas Eirin, je ne laisserai personne m’imposer un mariage que je n’aurai pas souhaité en premier lieu.”

Le long spectacle qui se déroulait devant leurs yeux faisait naître un sentiment de nostalgie mêlé d’optimisme dans le coeur de Sakuya. Comme si en se laissant porter par la beauté du spectacle et le constat de son existence qui se déroulerait devant-elle, elle abandonnait définitivement ses espoirs passés. Mais elle n’était pas seule. Elle avait ses frères, rappel constant de ce passé en vertu duquel elle venait se racheter ici, et ses propres regrets. Et puis il y avait Eirin et son regard espiègle quand elle la taquinait, qui lui rappelait tout ce qu’elles se devaient l’une à l’autre et les souvenirs qu’elles avaient au pays. Avec elle, Sakuya pouvait espérer construire un futur plus équilibré et séduisant avec tous ces inconnus qui deviendraient bientôt “les siens” que si elle avait du partir en exil seule et livrée à elle même. La jeune femme au regard d’acier se targuait d’être efficace, responsable, autonome, mais elle était désespérément attachée à ceux auprès desquels elle essayait d’être remarquée. Le clan. Torahime. Kazumori.

“ C’est vrai. Je n’en avais jamais vu d’aussi beau. Ils savent mettre en valeur le ciel, on ne peut pas leur enlever.” Aussi futile que cela pouvait être, c’était quelque chose qui la convainquait un peu plus de faire confiance à ce village inconnu. “ J’espère que ce village est aussi brillant qu’il le laisse paraître. Mais je te fais confiance. Et tu devras m’emmener voir les festivités, je t’interdis de me laisser toute seule.” Reprit-elle en ponctuant sa dernière remarque d’un rire cristallin.

Elle sembla retrouver ce qui faisait l’âme de sa confidente lorsque celle-ci évoqua le défi qu’elle s’imposait comme condition pour son retour à Tetsu. Un large sourire se dessina sur le visage de la médecin en l’entendant, et elle se retourna vers Eirin, s’installant en tailleur face à elle en l’invitant à faire de même, pour lui faire face aussi. Sakuya attrapa ses deux mains, comme pour capter totalement son attention et soutenir l’importance des propos qu’elle s’apprêtait à prononcer.

“ Déjà, pour commencer, j’espère que tu ne me comptes pas dans ces cousins parce que je détesterais être l’exception qui te tiendra éloignée de Tetsu.” Commença-t-elle en lui faisant un clin d’oeil. Elle n’avait aucune idée de son niveau actuel, n’avait pas exactement confiance dans le sien et de toute façon, leurs spécialités étaient trop différentes pour être ainsi comparées. Mais elle n’aurait manqué cette occasion de la taquiner pour rien au monde. “Ensuite, sache que je ressens le même besoin et que je serai derrière toi, toujours. Moi vivante, jamais tu ne failliras à ta promesse. Si nous devons retourner à Tetsu un jour, ce sera selon les conditions que tu énonces, rien de moins.”

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Dim 19 Nov 2017 - 0:04
La Roche et l'Acier
Eirin & Sakuya

Eirin s’étonna d’abord du changement de position de sa cousine avant de comprendre. Face à face comme par le passé, leurs visages se contemplant comme quand Eirin restait allongée de longues journées, Sakuya assise à ses côtés. Pourtant il était rare qu’il y ait une telle importance posturale entre les deux jeunes femmes.

« Tu m’imagines réellement te laisser seule en cet instant et partir profiter des festivités sans toi ? Allons donc, si je le faisais, je te laisserais au moins une note. » Joueuse, Eirin s’amusait de leurs précédentes conversations, connaissant l’esprit impulsif de Sakuya. Mais rapidement, la samouraï revint sur les paroles sérieuses et appuyées de la médecin. « Non, tu n’es pas un cousin, je te rassure. » Sourire car… Il était vrai que même si Sakuya avait connu les entraînements physiques, le fait qu’elle suive une voie différente à celle des samouraïs n’en faisait pas une adversaire désignée, sans pour autant qu’Eirin la considère comme faible. Non, la samouraï à la chevelure d’opale voyait Sakuya comme une alliée au combat, comme un soutien au très grand potentiel, permettant d’amener l’art du katana et du wakizashi à son plus haut niveau et non le contrer.

« Je ne te demande pas d’être derrière moi mais à nos côtés. Ne te résume pas un simple soutien, j’imagine déjà Torahime te mettre une claque monumentale sur ta tête. » Sakuya avait su redonner confiance à Eirin envers son corps, envers ses capacités. Elle avait été présente lors de ses premiers pas après des semaines sans réussir à bouger, l’avait aidée à réapprendre à courir, sauter, dégainer sans douleur. Et même si Eirin pouvait se montrer piquante, moqueuse envers Sakuya, elle n’aimait pas la voir se rabaisser ainsi car elle savait les plus grands médecins capables de tenir tête aux ninjas.

« Si un jour, nous retournons à Tetsu no Kuni, cela sera quand je serais enfin la samouraï que j’aspire à être mais également quand Torahime pourra se vanter de t’avoir formée autant que quand Watari sera devenu assez puissant pour démontrer sa force même devant notre aïeul » Le regard azuré d’Eirin contemplait les iris d’acier de la jeune femme qui lui faisait face et une pensée se détachait dans son esprit bien qu’elle resta enfouie sous un sourire.

Elle était heureuse de la revoir.


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Dim 19 Nov 2017 - 1:14


Eirin & Sakuya

La roche & l'acier



Les piques d’Eirin étaient toujours aussi bien placées, à croire que son expérience du voyage la rendait plus impitoyable encore que dans les souvenirs de la jeune médecin. Montrant ostensiblement son besoin de se contenir à sa remarque, fermant les yeux et soupirant exagérément, elle lui accorda cette blague avec un petit sourire en coin. Ce n’était pas admettre qu’elle s’était emportée sans raison - ce petit soucis resterait à régler plus tard, lorsqu’elle n’aurait pas des jours de voyage dans les pattes - mais simplement une envie d’en rester là pour le moment. A la réponse qui suivit, la distinguant du reste de la famille, elle leva un sourcil, sarcastique. Elle eut envie de lancer une petite provocation mais elle était même trop épuisée et son esprit était trop brumeux pour qu’elle s’y essaie.

“ J’admets que c’est pas quelque chose à dire devant Torahime. Je la vois déjà entrer dans une colère noire.” Répondit-elle en riant. En réalité, elle avait énormément de regrets vis à vis d’elle, et de la confiance qu’elle avait placée en sa disciple. S’il était une personne qu’elle voulait encore moins décevoir que sa propre mère, c’était bien elle. Parmi les nombreuses questions qui lui avaient traversé l’esprit durant le voyage, celle de la réaction de son mentor s’était posée un certain nombre de fois, au milieu de toutes celles sur les remarques du conseiller qu’elle avait molesté sur son ascendance illégitime et la réaction future de Watari à leur arrivée. “ Enfin, elle n’avait pas exactement besoin de m’entendre bavasser pour trouver une raison de m’en mettre une.” Et dans le fond, Sakuya commençait à lui ressembler. Elle n’hésitait même plus à utiliser la force pour faire entrer du plomb dans la tête de ses frères, en particulier Reisei lorsqu’il était ivre mort. L’idée de ressembler à Torahime était à la fois séduisante et effrayante. “Enfin, aussi puissante qu’elle soit, d’où elle est, elle pourra difficilement m’atteindre.” Si la jeune femme au regard d’acier avait bien compris où Eirin voulait en venir, elle ne s’attarda pas sur le sujet, pour la simple et bonne raison qu’elle était trop modeste et manquait trop de confiance en elle pour s’étendre sur la question de ses propres talents. Elle faisait au mieux, voilà tout. Et effectivement, elle se donnerait toujours à fond pour mériter sa place aux côtés des meilleurs - dont Eirin faisait partie, selon elle.

“ Je me demande si, un jour, quand nous rentrerons, nous serons capable de faire peur à Torahime comme elle effraie un peu tout le monde. En plus de la rendre fière, je crois que c’est ce qui gonflerait le plus mon ego.” Ajouta la jeune femme en riant. Elle avait l’imagination fertile et se figurait Eirin et elle même avec les mêmes manières que la mère de Watari, une image aussi surprenante qu’amusante. Son humeur allait de mieux en mieux à mesure que la pression retombait, et surtout, le sourire sincère d’Eirin éclairait cette soirée. Pour la première fois depuis qu’elle avait mis le pied hors du domaine Hoshino à Tetsu no Kuni, Sakuya était heureuse de son sort.
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Jeu 30 Nov 2017 - 19:24
La Roche et l'Acier
Eirin & Sakuya

Torahime. Si la princesse tigre était un modèle pour Sakuya, il en était de même pour Eirin. Une femme qui savait tenir tout un clan et un pays en respect, une guerrière talentueuse en plus d’être une femme ayant donné naissance à deux combattants prometteurs voire déjà puissants.

Un modèle qui lui semblait à atteindre. Eirin soupira légèrement, énervée contre sa propre faiblesse face au reste de son clan. Enfin, l’heure n’était pas aux lamentations mais à la fête ainsi qu’aux retrouvailles. La jeune femme serra doucement la main de Sakuya. Oui, la voir savait remplir son cœur d’une joie certes, celle-ci même qui s’affichait sur ses lèvres. Et pourtant cela faisait si longtemps qu’elle n’avait pas souri ainsi. Si longtemps qu’elle n’avait pas pu se retrouver face à sa confidente, totalement libre, un avenir vierge à peindre selon ses désirs.

« Ne jamais sous-estimer Torahime ! Je me souviens d’une fois, j’étais presque sûre de l’avoir bloquée… En fait non, je me souviens surtout avoir été mise au sol bien rapidement. » Elle rit doucement avant d’ajouter. « J’imagine que oui, un jour. Je l’espère. Mais je ne doute pas que tu continues à progresser à Iwa. Je n’ai pas encore pu faire le tour de l’ensemble de la ville mais notre cousin, Chôgen-sama nous a parlé de l’hôpital d’Iwa, récent. Et… » Elle se doutait que la suite pourrait intriguer la jeune Hoshino, si bien qu’elle la fit patienter quelques secondes alors que le feu d’artifice ne semblait guère prêt à mourir. « Il y a de nombreux médecins, donc certains puissants, j’en ai entendu parler. Qui sait, peut-être l’égal médical de Torahime se trouve en ce village et t’attend ? »

Qui sait… En attendant, Eirin allait devoir longtemps s’entraîner avec Watari avant d’un jour être capable de se présenter devant les Nagamasa sans que sa lame ne frémisse et que la honte ne la couvre. Eirin fit doucement basculer sa tête en arrière avant de rouler et de retrouver le regard de Sakuya, un étrange air malicieux sur ses lèvres. « Te souviens-tu des fêtes d’été du Clan ? »



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Sam 2 Déc 2017 - 17:43


Eirin & Sakuya

La roche & l'acier


Le rire franc de Sakuya résonnait, témoignant de son état bien plus agréable que durant toute cette journée. Elle était enfin un peu sereine. Oubliant tout le reste, ses obligations, et le lien étrange qui semblait s’installer avec leur cousin. La jeune femme avait bien besoin d’oublier les exigences qu’elle se posait à elle même, et de songer à un avenir bien plus libre et enthousiasmant.

“ Oh je crois qu’on finirait tous au sol. Je l’admire, hein, mais je n’aurais jamais voulu m’entraîner au combat uniquement avec elle. Sans Kazumori, j’aurais sans doute jeté l’éponge bien vite.” Elle sourit en évoquant ce nom. La jeune femme n’avait pas la moindre idée de ce qu’il pensait de tout cela, mais elle savait qu’il comprenait sa situation, elle n’avait pas le moindre doute là dessus. Et elle se savait fière de porter la naginata en combat, comme il le lui avait enseigné. “ L’égal de Torahime ? Tu n’as pas peur des mots. Loin de moi l’idée remettre en cause les talents des gens d’ici, je ne les connais pas. Mais on parle quand même de Torahime, là.” Eirin le savait sans doute, mais Sakuya avait toujours voulu se donner à fond pour impressionner sa préceptrice. En vérité, elle avait fait de nombreuses erreurs ce faisant, risquant gros pour faire des démonstrations de puissance qu’elle ne maîtrisait pas encore. En témoignait sa chevelure, d’ailleurs, témoin définitif d’un acte d’ego qui lui avait valu de nombreuses réprimandes de la part de son instructrice. “ Enfin. Je te fais confiance. J’irai de toute façon proposer mes services à l’hôpital. Parce qu’il faut bien vivre, et que Watari a été très clair sur les conditions de notre présence à Iwa. Ce n’est de toute façon pas de moi de passer mes journées à me vautrer dans l’oisiveté. Contrairement à d’autres …” Son rictus devenait sarcastique. Elle s’inquiétait tout à fait sincèrement pour ses frères mais se demandait souvent si ça valait le coup. Rationnellement, elle n’avait pas à se détruire le moral pour eux. Mais dans les faits, elle ne pouvait pas faire autrement.

Sakuya poussa un long soupir, de soulagement, pour évacuer un peu ce qu’il restait d’angoisse en son coeur. Elle le savait déjà, mais le lendemain, elle serait épuisée. La levée du poids qu’elle portrait sur ses épaules lui redonnait déjà des perceptions un peu plus habituelles en son corps assuré. Elle avait faim, le biscuit de Watari n’était pas fameux et elle mourait de faim. Elle avait soif aussi. Et envie de se défouler. C’est alors qu’elle vit cet air malicieux d’Eirin. “Les fêtes d’été ?” La jeune femme au regard d’acier se souvenait très bien de chaque instant passé en sa compagnie. Elle ne savait donc pas à quoi exactement elle voulait faire allusion, ou alors … Elle avait peur de le savoir, peut-être. “ Quelle partie exactement ?” Demanda-t-elle en répondant à son petit sourire par le même.
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Mer 3 Jan 2018 - 0:57
La Roche et l'Acier
Eirin & Sakuya

Les fêtes d’été du clan Hoshino faisaient vivre le petit village de Tetsu no Kuni. La musique, la nourriture, la danse. Pendant des longues années Eirin avait fait s’amuser Watari et Katsuo, les entraînant toujours plus au cœur de la fête. De beaux souvenirs, tendres, innocents. Ou moins. C’était aussi lors de telles festivités que les premiers amours naissaient, ou encore que les différentes branches de la famille se retrouvaient, voire, se découvraient. Il y a quelques années, par un beau soir d’été… A peine guerrie, la belle samouraï avait tiré Sakuya, son médecin personnelle et une cousine découverte réellement quelques mois auparavant.

La froide et maussade Eirin, brisée, avait même su danser avec sa confidente. La magie de l’été. Sortant doucement de ses souvenirs, Eirin sourit doucement à la jeune femme « La fête, l’ambiance délicieuse… Les hommes te contemplant. » ajoute-t-elle malicieusement. Son regard se porta de nouveau vers le village qui jamais ne semblait s’endormir. La journée avait été rude pour Sakuya. De nouveau elle avait dû gérer des frères, faire face à Watari, retrouver celle qui l’avait abandonnée… Et bien plus. Eirin désirait lui changer les esprits. Lui montrer pendant une soirée qu’elle pouvait et restait une jeune femme exceptionnelle, libre et unique. « Ces fêtes ressemblent à ce festival et je me souviens que tu les aimais bien. Donc… »

Rapidement, Eirin se redressa, quittant les mains de sa cousine et prenant appui sur la roche. Une fois debout, la samouraï aux cheveux immaculés sourit, un air charmeur sur ses lèvres comme elle savait si bien les lancer à Sakuya. « Mademoiselle, acceptez-vous de découvrir Iwa sous les arcanes de la fête ? » Et malicieusement, elle tendit sa main, l’invitant avec les honneurs.

Car elle désirait la retrouver et ne plus la perdre. Et au-delà de ces simples volontés… Eirin ne désiraient plus qu’elle souffre par sa faute ayant déjà deux énergumènes à s’occuper. Et les dieux se doutaient qu’Iwa subirait un vrai séisme suite au débarquement des jumeaux Hoshino. Deux terreurs et une fleur.



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Mer 3 Jan 2018 - 12:46


Eirin & Sakuya

La roche & l'acier


Les souvenirs d’Eirin étaient, effectivement, bien orientés. Elle cherchait encore à la taquiner et réveiller les souvenirs qui la mettaient le moins à l’aise. Sakuya n’avait jamais été du genre séductrice ni même franchement à l’aise avec les hommes, autrement que dans la franchise, le protocole, ou le combat. Si elle avait eu ses expériences charnelles, elle n’était pas de celles qui savent jouer des sous entendus, lire entre les lignes pour comprendre les intentions de ceux qui s’intéressent à elle. “ Mais noooon !” Lança-t-elle en poussant l’épaule de sa cousine. A son âge, elle avait toujours cette gêne lorsqu’on évoquait son succès relatif auprès de la gent masculine. C’est qu’au fond, sous certains aspects, elle était encore une adolescente qui n’avait pas eu le temps de mûrir. “ Tu sais bien que c’était toi qu’ils regardaient, j’ai pas ton charme et ta féminité.” Ajouta-t-elle en lui adressant un petit clin d’oeil malicieux. Elle ne s’en cachait pas, si Sakuya aimait être à son avantage, elle avait tendance à imposer ses goûts qui tendaient plus vers l’androgynie que la féminité que l’on aurait pu attendre d’elle, et ce depuis l’enfance.

Mais Eirin avait raison. Au-delà de toute taquinerie, la médecin adorait ces fêtes dès lors qu’elle pouvait les passer en la compagnie de sa cousine préférée. Si elle pouvait apprécier le calme de la solitude, elle avait découvert grâce à elle la possibilité d’entretenir une relation basée sur un échange sain, sans responsabilité excessive, sans besoin de prouver sa valeur en permanence. Une relation épanouissante, et saine, en somme. C’est alors avec un grand sourire qu’elle répondit à son invitation, retrouvant là dedans son air charmeur et taquin qu’elle aimait tant. “ Je te suis. Et s’il y a de quoi manger, tu m’invites, hein ? C’est l’hospitalité d’Iwa que tu dois me prouver.” Un nouveau clin d’oeil adressé à sa confidente alors qu’elle saute sur ses pieds pour la suivre. Il lui fallait se vider l’esprit pour être à nouveau optimiste malgré la tension entre elle et ses frères et la situation toute nouvelle qu’elle devait assimiler.

Sakuya passa son bras sous celui d’Eirin pour l’attraper, comme elle le faisait auparavant lors des fêtes de Tetsu. Cela lui décrocha un nouveau sourire. C’était avec des petits gestes de ce genre qu’elle pourrait retrouver l’aisance d’autrefois, à ses côtés. Et finalement, c’était plus naturel qu’elle ne l’aurait cru. “ Je veux tout voir. Il faut que je sache tout ce qui s’y trouve. On sait jamais, des fois que je doive y retrouver les deux autres en fâcheuse posture …” Une blague qui n’était pas tout à fait fausse, mais elle préférait dédramatiser.
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Mer 3 Jan 2018 - 16:49
La Roche et l'Acier
Eirin & Sakuya

Son bras autour des épaules de sa cousine, un sourire charmeur aux lèvres, Eirin la contemplait. Certes, la samouraï n’était pas partie depuis longtemps cependant elle reconnaissait les marques de fatigue d’un long voyage. Si cette nuit, la fête serait de mise, il était hors de question que demain, la médecin visite autre chose que son lit. Quitte à ce qu’Eirin gère seule les deux… Jumeaux. « Tu te fais inviter maintenant ? Allons donc, je vais te faire visiter la meilleure échoppe à Yakisobas de la ville ! Et le bar à saké que je préfère. Vu l’heure… Peut-être croiserons-nous ton frangin ? » Elle rit doucement à cette réflexion, légère même si Eirin pouvait se douter de l’importance qu’avaient les deux hommes pour sa confidente.

Pendant de longues minutes les deux jeunes femmes descendirent des hauteurs d’Iwa,se rapprochant un peu plus de la fête à chaque pas. La nuit étoilée semblait se jeter au cœur du village illuminé de la Roche, offrant un spectacle grandiose pour celle qui découvrait à peine le pays. Doucement, dans une confidence qui se voulait plus murmurée « Je vais tout te faire découvrir, Sakuyan-chan. J’apprends encore à connaître le village, mais je ne doute pas qu’Iwa saura faire ressortir un peu plus, ce sourire que j’adore. » Nouveau compliment, que de générosité en cette soirée. Mais finalement, cette nuit semblait s’échappait du temps pour laisser deux âmes se retrouver.

Et une fois qu’elles pénétrèrent dans l’antre de la fête, Sakuya put découvrir l’envers du décor, la magie du festival vanté par sa cousine. Lumières de mille couleurs, chants de traditions aux sonorités semblables à celles de Tetsu, danses enflammées… Les odeurs se mélangeaient les unes aux autres, le beauf mijoté rencontrer les nouilles sautées alors que les enfants dévalaient les ruelles, cerfs-volants à la main.

Passant derrière Sakuya, Eirin passa ses bras autour de celle qui lui avait toujours été inférieure en taille mais pas en grandeur d’âme. Prêt de son oreille, la belle opaline rajouta devant le spectacle « Bienvenue à Iwa. »



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La roche et l'acier. | ft. Eirin

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