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IWA SHUKUSAI | Feux d'artifices pour des cieux étoilés ft. Hoshino Eirin


Jeu 16 Nov 2017 - 19:36
Des tambours taiko raisonnent dans tout Iwa. L'euphorie s'empare des rues commerçantes, empêchant le jeune homme de se reposer. Son humeur n'était pas à la fête, d'autant plus qu'il savait que les Yuki étaient surveillés. Loin d'être assez doué pour repérer les chakra, Watari avait quelque chose de bien plus fiable : son instinct. Néanmoins, il ne fallait pas se voiler la face. La fatigue de cette traque derrière eux, le front du guerrier au clan aux double croissants de lune s'était fait moins creusé, son regard moins exorbité, son teint moins pâle. Une certaine forme de renaissance, après qu'il ait fini par avouer des choses terribles auprès de sa jeune disciple, Ayuka... Ce poids de culpabilité qu'il avait par rapport à elle, levé, il restait encore d'autres troubles qu'il ressentait pour Eirin.

La peur de devenir comme Torahime. Non pas ses plus beaux succès, mais pour les pires rumeurs que sa mère avait eu a affronter. Il n'était pas comme elle, il n'assumait pas d'être ainsi, sous un appel constant de ses désirs. S'agissait-il d'une ironie du destin ? Les tigres étaient ainsi réputés pour se satisfaire de plusieurs concubins. Mais dans la société des hommes, ce n'était pas la règle, mais bien plus l'exception. Le petit kuro, qu'Eirin avait emmené avec eux, dormait paisiblement sur ses genoux et lui permettait de focaliser son attention. Si jamais son âme d'enfant ne s'était attaché à Eirin autrement que pour son caractère, à la fois altière et bienveillante. Désormais qu'il savait pourquoi elle était partie, il ne savait pas s'il devait rire ou mal juger le sot qui n'avait pas su faire d'elle une femme accomplie. Elle avait la férocité des guerriers et avait de quoi devenir une alliée de poids pour celui qui parviendrait à satisfaire son cœur tempétueux.

Il posa doucement le petit chat noir sur le côté en se relevant. L'heure était bientôt de sortir pour l'accompagner, comme elle lui avait proposé. Il s'était accommodé d'un Yukata blanc et d'un aux couleurs nuit bleutés, qui tranchait avec sa tenue habituelle et qui le rendait moins sérieux, un brin plus fantomatique. De longues manches dissimulaient ses fines et guerrières mains, alors qu'il décida d'aller chercher celle qui lui demandait de sortir dehors ce soir. Le s bruits du festival, les palanquins, les instruments, éclats de voix, lui rappelaient douloureuse Shitô... A bien y réfléchir, c'était en cherchant à se dépasser, qu'il faisait face désormais à son cœur et à ses peurs. Et ce qu'il se dont il ne se doutait pas, c'est qu'il allait très rapidement s'y confronter à nouveau, puisque se rendant à la chambre d'Eirin, il s'aperçut que la porte était pratiquement fermée, mais que le coulissement n'était pas total, tant et si bien qu'il pouvait jeter un œil à l'intérieur. Curieux, le jeune homme comprit très vite que ce n'était pas réellement une bonne idée.

Une peau aux teintes de pêche aux tons ondulants sous les effets de la pénombre, des longues et longilignes jambes à lui donner le vertige, des formes rondes et équilibrées en train de se dissimuler sous un yukata qui les mettaient en valeur, Watari recula soudainement en faisant du bruit, après avoir compris que définitivement, son cœur était irrémédiablement attiré par Eirin. Il ne sut pas quoi dire, comprenant qu'il était pris sur le fait. S'avançant en silence, le regard baissé jusqu'à l'intérieur de la salle, il finit de faire coulisser la porte derrière lui. Désolé, Eirin, je ne voulais pas... Un peu d'aide pour nouer ta ceinture ? Dit-il en détournant le regard, gêné, avant de s'approcher du obi de la jeune femme, qu'il savait difficile à nouer seul par l'arrière. Usant de ses gestes dextres, il facilita ce fardeau, ne pouvant s'empêcher de regarder la courbure des reins se révélant avec finesse sous les tissus dont la noblesse raffinée était presque incomparable à celle des formes qu'il détaillait... Et ce, pour son plus grand inconfort. Il ne pouvait, ni ne savait comment se l'admettre.
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Sam 18 Nov 2017 - 1:57
Feux d'artifices pour des cieux étoilés
Eirin & Watari

D’une certaine manière, Eirin n’avait pas à subir les mêmes tortures que les anciens déserteurs. Le village caché de la brume ne pouvait guère lui manquer, elle qui n’avait vécu en son sein que pendant peu de temps. De même, elle ne pouvait se sentir traîtresse ou encore légitime à être blâmée. En revanche, il en était différent pour son cousin qu’elle voyait tous les jours déprimé ou du moins, son esprit semblait se perdre bien plus qu’à l’accoutumée.

Eirin ne connaissait pas tous les démons qui assaillaient son cousin mais au fil des jours à le côtoyer, la samouraï se doutait que la fatigue jouait son rôle mais également les blessures. Elle n’avait que peu connu la Kaguya qui s’était éclipsée du bateau mais Eirin savait qu’en agissant ainsi, cette jeune femme avait su entailler profondément le cœur de Watari. Une jeune ninja dévorée par son clan et Eirin le savait, sauf à se libérer, l’ennui finirait par dévorer entièrement la lunaire comme cette vicieuse avait failli détruire la détruire elle-même. D’un côté, Eirin s’était faite la promesse de tout faire pour que cette femme ne blesse pas à nouveau son cousin et de l’autre, elle prenait en pitié cette âme emprisonnée.

Néanmoins si elle ne pouvait réellement agir sur ce point, Eirin savait que rester enfermé dans ses habitudes ainsi qu’être cloitré n’aiderait pas Watari à retrouver réel goût à la vie et l’envie d’avancer. Si bien qu’au matin, avant qu’il ne parte travailler, la jeune femme lui avait dit de se préparer à sortir en rentrant. Elle ne lui avait pas plus donné d’informations, il était évident que la fête allait les guider mais elle-même ignorait ce qu’ils allaient pouvoir découvrir une fois la nuit tombée.

Il était rare qu’elle s’apprête de manière purement féminine et qu’elle se pare d’un yukata pouvant rappeler les geishas. La samouraï avait réussi à l’obtenir contre quelques services rendus à la couturière principale de la rue et il fallait se l’avouer, la douceur du tissu et la beauté des motifs attisait même le cœur de clle qui pourtant avait si souvent renié la femme qu’elle était.

Dans la lumière tamisée de sa chambre, Eirin avait laissé tomber ses atours de guerrière et laissa coulisser le fin tissu brodé sur son corps, prenant soin de ne pas faire d’accro. Un certain silence régnait dans le domaine des Nagamasa où ils avaient eu le droit de résider, auprès de leur cousin. Si bien que l’échec de la discrétion de Watari résonna dans tout le couloir et accessoirement la chambre de la femme aux cheveux pâles. Tournant le dos à la porte lorsque ce « malheureux incident » se produisit, la gêne de son cousin fit sourire Eirin. « Eh bien ! Je t’ai connu bien plus discret, Watari. » Son visage se retourna vers son cousin, dévoilant le léger air moqueur qui s’inscrivait sur celui-ci.

Pourtant quand il lui proposa de l’aide, la jeune femme passa ses mains dans ses cheveux encore détachés, les ramenant vers l’avant pour lui laissant plus de visibilité et coupant sa respiration quelques secondes pour qu’il puisse effectuer un nœud propre. « Merci… » puis elle ajouta dans ce léger malaise qui saisissait le samouraï, perceptible « A présent je me demande qu’elle est l’origine de ta maladresse ! » Car si la fatigue pouvait être prise en compte, l’idée que son cousin puisse être déstabilisé à ce point par la vision d’un corps à peine dévoiléamusait Eirin. Une fois le yukata totalement en phase avec son corps, la ceinture marquant sa taille, la jeune femme approcha de sa couche, attrapant un peigne nacré surmonté de quelques pierres azurées faisant écho à ses pupilles. Un cadeau de sa mère le jour de seize ans, une des rares reliques qu’elle avait conservées.

Se tournant à présent face à lui, Eirin s’amusa à trouver son regard, alors que de ses gestes fins mais peu habitués, elle glissa le peigne dans ses cheveux, les maintenant légèrement redressés de manière bien plus soignée qu’à l’accoutumé.

« C’est rare de de voir paré ainsi. » Car à présent face à lui et malgré la faiblesse de la lanterne, Eirin prenait conscience du yukata que portait son cousin et il sautait aux yeux de la jeune femme que les couleurs de celui-ci semblait parfaitement se mêler à la psyché générale du jeune homme en ces temps troubles. « Heureusement qu’Iwa brille de mille couleurs, même si je n’attends qu’une chose de cette soirée. » Souriant, elle lui laissait un peu de répit, ne tenant pas à ce que la gêne ne transforme en réel malaise et qui sait… Si l’humeur remontait, peut-être serait-elle plus piquante ?

Approchant de son cousin, Eirin posa sa fine main sur l’épaule de Watari une fois arrivée à son niveau et alors que son regard océanique ne lâchait pas celui du jeune homme, elle poursuivit « La prochaine fois, je ferai plus attention quant au jeu de la porte.... Mais je sais à présent où ton regard a tendance à se poser. » Elle le disait dans un sourire joueur, osant tenter de le faire rosir comme il lui arrivait rarement. Elle l'avait vu, son air mi observateur, mi-gêné et même si elle ne le reconnaissait pas spontanément, les discrètes attentions du jeune homme savaient flatter son coeur de femme et son esprit joueur.

Puis elle sortit de la demeure, passant avec un certain naturel devant Watari comme pour l’entraîner dans la fête, comme pour le pousser à profiter des musiques et des festivités pour une nuit, que son esprit se libère de ses peines et ses craintes.


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Sam 18 Nov 2017 - 18:40
Elle l'avait connu plus discret... Le jeune samouraï voulut protester. Ce n'était pas dans ses habitudes de surprendre les femmes en train de se changer et il ne souhaitait pas développer une forme d'expérience dans la discrétion de ces instants-là. Non, l'armure de la voie du guerrier était quelque chose qu'il trouvait bien plus confortable. Se battre et se battre, encore et encore. Lever sa lame, parer, trancher. Un quotidien qui était l'idylle d'un samouraï. Pourtant, il voulait devenir meilleur. Il avait à cœur de continuer de grimper, de devenir quelqu'un de plus grand encore que ses parents. C'est pourquoi il avait accepté d'arpenter un chemin moins confortable et plus sinueux, aux confins de ses valeurs et des tentations son humanité.

Pourtant, sa cousine prenait cela bien plus légèrement. En vérité, peut-être était-ce le poids de ses parents qui le rendaient si singulièrement sérieux à ces sujets. Peut-être qu'à force d'être éduqué et formé pour être le digne hériter du clan samouraï auxquels ils appartenaient qu'il était peut-être le seul à ainsi si mal réagir à ces choses qu'il considérait comme honteuse, comme le déniant le droit d'être fier de lui. C'était parfois lancinant, parfois beaucoup plus intense et soudain. Comme là, lorsque drapée de sa nudité et d'obscurités tamisées, ses yeux n'avaient pas su résister à l'intime et puissant désir de la dévorer du regard, ainsi caché dans les ombres, elle qui faisait naître en lui ce brasier de stupéfaction et d'attraction.

Elle avait accepté son aide, ce qui l'avait finalement attiré bien plus près encore de cette attisée attirance qu'elle lui infligeait. Lorsqu'elle avait relevé sa chevelure, il n'avait pas pu s'empêcher de s'imprégner de l'odeur du cou de la jeune femme, se cramponnant autant qu'il le pouvait à sa volonté de ne pas se laisser emporter pour ne pas céder à ce qui se faisait de lui un homme faible devant une femme qui avait l'ascendant physique sur lui. Il ne savait pas déterminer si c'était les grands yeux bleu de la jeune femme, la fauve chevelure blond platine, ou ces formes délicates de guerrière ? Non, il n'y avait pas que ça. Elle avait un charme altier qu'aucune autre femme qu'il avait pu voir pouvait se targuer d'en être la détentrice. Mais malgré ce charme, elle n'en restait pour autant pas moins calme et gracieuse. Alors qu'il nouait ce nœud pour verrouiller la féminité pure de sa cousine derrière les pans de son yukata et qu'il s'éloignait métaphoriquement de celle-ci, il ne put lâcher que cette simple conclusion : c'est parce que tu es une très belle femme, Eirin. Sa voix harmonieuse ne révélait pas l'étendue de la chaotique lutte intérieure qu'il menait contre ce qu'elle lui inspirait. Sa voix était pourtant d'une douce chaleur passionnée, qui demeurait contrainte par la ferveur de ses valeurs.

La voyant se coiffer, le jeune homme s'approcha à nouveau, son trouble disparu, un regard à la fois digne, mais quelque peu résigné, alors qu'il usa de ses mains pour coiffer cette belle jeune femme qui lui offrirait sa compagnie ce soir. Il lui rétorqua alors : Il est vrai que j'ai beaucoup de mal à me détacher des armoiries de notre clan, mais ce soir, je ne suis pas que l'héritier déchu de celui-ci, je suis le bienheureux a qui tu proposes ta compagnie : porter une tenue approprié me semblait être le minimum que je puisse faire pour t'en remercier. Un sourire un peu faible et triste, mais sincèrement plein de gratitude. Avoir réussi à lui dire à quel point elle était belle avait su calmer un peu son cœur et ses ardeurs. Quant aux couleurs qui reflétaient bien la mélancolie qu'il arborait ces derniers temps, il lui sourit et lui rappela les us coutumiers : Un homme n'a pas à briller de mille feux quand il est accompagné d'un joyau dont la beauté est à faire ternir celui de la plupart des nuits étoilées.

Compliment, métaphore assez bien menée, mais pensée sincère. Il ne se sentait pas le besoin de resplendir, son rôle de guerrier n'était pas là. Et même en tant qu'homme, il ne s'était jamais attaché à son apparence comme Eirin le faisait ce soir. La nouvelle remarqua lui arracha un peu de surprise et une très légère zébrure, mais il ne s'en laissa pas surprendre très longtemps, alors que les deux aigue-marine de sa cousine semblait venir lui caresser le visage comme des eaux turquoises. cMon regard se porte avant tout sur celles qui arrivent à attirer celui-ci. Le jeu d'une porte était un bon début, ta beauté aura suffit à me faire succomber. Il avait éclairé son visage d'un sourire frappé d'une pointe de taquinerie, mais il ne mentait pas. Il valait mieux pour lui arrêter de jouer au chat et à la souris avec tout ce qui se réveillait en lui. Se prenant à l'envie de faire un peu plus d'humour, il ajouta alors : Il faut dire que là où mon regard s'est posé, le paysage était loin d'être désagréable à contempler.

Mais il n'aurait pas vraiment l'occasion de continuer plus loin cet étrange dialogue qui s'apparentait bien trop pour lui à un jeu de séduction auquel il se sentait prêt à succomber, sauf pour un détail. Tsukiyomi lui avait donné une leçon. Il ne voulait plus se laisser prendre ainsi par ses désirs pour finalement en souffrir. Cependant, il ne voulait pas non plus totalement s'étouffer comme il l'avait fait par le passé. Alors, se saisissant de la main de sa cousine, il enserra ses doigts presque naturellement dans ceux de celle-ci, avant d'ajouter : Nous aurons tout l'occasion de parler au cours de cette soirée, Eirin. Il savait que cela pouvait être compris de diverses manières, mais peu lui importait, alors que les deux cousins faisaient face à une procession de villageois déguisés en oni, hotokes, yôkai et toutes sortes d'autres représentations folkloriques, portant des palanquins et jouant d'instruments. Le battement des tambours taiko raisonnaient dans l'harmonie des flutes de bambous et du raffinement des koto et des shaminsen.

Nombres d'hommes et des femmes, d'enfants, étaient vêtus comme eux, alors que les commerçants se mêlaient au chœur ambiant, un chœur chaleureux, quelque chose, qui, alors qu'il serrât plus fort la main de sa cousine face à cette vision de paix et de bonheur, lui faisait comprendre qu'il n'avait aucun regret d'avoir emmené celle-ci ici, loin des brumes guerrières. Non, il n'avait aucun regret et comprenait mieux pourquoi il était parti. Il n'était pas parti par rébellion, mais par un vœu pieu et chaste, bien plus que ses désirs. Le vœu de protéger les gens qu'il aime. S'éloignant de cette vision de bonheur, il contempla Eirin et lui fit l'un des plus beaux et sincères sourire qu'elle ait pu voir de lui. Un ton heureux et affectueux, faisant échos aux souvenirs lointains du jeune homme dans ses jeunes années de formation où il s'était entraîné avec elle, vint porter cette innocente mais tendre question : Où allons-nous, Eirin-chan ? Son coeur battait d'un sentiment chaud, loin de ceux qui le dévoraient habituellement. Mais était-ce seulement une part de bonheur ou plus encore ? Le jeune homme pour une fois, ne se posait pas la question et se laissait porter par le flot de l'ambiance festive qu'il partageait avec beaucoup de joie aux côtés d'Eirin.
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Jeu 14 Déc 2017 - 17:21
Feux d'artifices pour des cieux étoilés
Eirin & Watari

La samouraï qui pourtant ne portait ni ses habits guerriers, ni son sabre et cette nuit étoilée sortit de la demeure des Nagamasa, celle qui les accueillait en son sein depuis leur arrivée à Iwa. Dès le pas de la porte franchi, la musique résonna aux oreilles de la jeune femme aux cheveux opalins sur lesquels se reflétaient les lueurs des lanternes. La nuit était déjà tombée sur le Village Caché de la Roche, mais même les enfants semblaient exemptés de sommeil, courant joyeusement dans les rues en brandissant poissons et yokai de tissus dans les airs.

L’hiver n’avait pas encore envahi le village, offrant aux habitants une douce nuit d’automne, une nuit de fête. A son innocente question, Eirin redressa son regard azuré vers celui de son cousin, serrant un peu plus sa main alors qu’un sourire se voulant moins moqueur, éclairant le jeune homme. « Au cœur de la fête, dans la nuit, je vais te faire fuir les ombres et les brumes de ton esprit. » A lui de venir le sens de ces quelques mots déclamés. Car l’objectif principal de cette soirée était bel et bien de changer les esprits du samouraï, de lui faire penser à autre chose que les éternel discours qu’il devait tenir sur le pourquoi et le comment de la désertion, sur l’horreur de Kiri, sur un passé bien plus glacial et sombre que la perspective d’une nuit dans le Festival de la Roche.

Puis la jeune femme entraîna Watari dans une nuit encore floue mais si attirante à présent. Le son des flutes résonnait aux côté des kotos alors que de délicieuses senteurs et odeurs de viandes caramélisées et grillées ainsi que de ramens en train de mijoter, autant que de yabisobas frétillant sous les mains expertes des cuisiniers iwajins, parvenaient aux deux samouraïs. Sa main dans la sienne, elle l’entraîna, loin de leur demeure, loin des responsabilités, le plongeant dans l’inconnu et une foule d’anonymes. Une fois quelques rues descendues, ils débouchèrent dans une des artères les plus animées de la ville, et marchant côte à côté, la jeune femme fut obligée de se pencher vers lui pour que ses mots portent jusqu’à l’oreille de son cousin. « Ce spectacle est-il aussi plaisant que le précédant ? » puis elle rajouta quelques mots, moins forts « Si la vision d’une porte malicieuse te fait succomber, cher cousin, je doute que ton esprit trouve le repos cette nuit. » Peu importe les jours précédants, peu importe Kiri, cette nuit n’était pas la leurs, mais bien celle des deux Hoshino.

Ils se retrouvaient, des zones d’ombres savaient subsister, mais nul doute qu’Eirin appréciait de le retrouver, de le redécouvrir à nouveau. Elle avait vu un jeune adolescent partir et avait découvert un homme, un samouraï puissant dès ses premiers jours au cœur du Village Caché de la Brume. Eirin murmura doucement « Cette fois, pas de surveillance ! » Elle semblait réellement amusée en l’attirant face un stand de jeux traditionnels, faisant référence aux nombreuses fêtes qu’ils avaient connues, enfants, mais toujours sous la surveillance des précepteurs strictes.

Eirin glissa deux pièces dans la main d’un des gérants du grand stand, alors que devant les deux samouraïs un bassin laissait admirer une eau translucide, perlée de petits poissons rouges et dorés. Le but était simple, essayer de les attraper avec une petite épuisette, et ensuite les nourrir avant de recevoir un petit prix. La jeune femme se pencha légèrement en avant, l’eau reflétant son visage fin et au regard vif, et attrapa la petite épuisette au manche en bois qu’elle tendit à son cousin. Malicieusement, elle se tourna vers lui, le mettant au défi. « Si tu n’as pas besoin d’atours pour briller à mes côtés, alors démontre moi au moins l’habilité d’un homme que sait doué avec les mots... Mais que je voyais batailler difficilement face aux carpes de notre pays. »


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Ven 15 Déc 2017 - 1:28
Main dans la main, voilà que les deux samouraïs de la branche principale des Hoshino s'aventurent dans le festival d'été d'Iwa. Alors que les sons des instruments locaux les accueillit quand ils quittèrent le domaine des Nagamasa, c'est un couple de deux enfants qui passa devant eux, leurs regards brillants de complicité et d'affection, alors qu'ils portaient eux-mêmes des yukata, mimant étrangement les deux jeunes gens. Leurs zoriis claquaient sur le sol avec une certaine harmonie qu'il savait reconnaître.

Des souvenirs lointains lui revenaient où ils étaient plus nombreux. Plus surveillés aussi. Ils ne portaient pas encore le katana à leur ceinture. ils couraient un peu comme ces enfants. Une autre femme aux cheveux opale lui tenait la main. Lui et son frère étaient bien entourés. Ils étaient heureux. Et à cette époque-là, Watari lui aussi, était heureux. Plus qu'aujourd'hui. Une certaine tristesse s'empara de lui. Il prit soudainement un coup de vieux. 13 ans déjà. Deux ans plus tard, il partait en exil. Et aujourd'hui le voilà. Katsuo n'est plus là. Akihime non plus. Ils sont seuls, dans un nouveau village. Qui l'aurait cru ? Qui aurait pu prédire que le monde était ainsi ? Qui pouvait croire qu'ils se tiendraient envers et contre les tyrans ? Son cœur se serrait très fort en sa poitrine. Aussi fort qu'on lui serrât la main, la tristesse de la nostalgie s'imprima durablement en lui. Il n'était pas fait pour ça. Il ne se sentait soudainement plus à l'aise. Il la voulait, il l'appréciait. Mais tout comme elle pouvait lui rassurer sur ses choix passé, sur l'absence de son pays natal, elle pouvait ainsi lui rappeler ces souvenirs chéris, perdu dans le flot du temps.

Elle voulait faire fuir les ombres et le passé, mais son regard s'était éteint. Il avait accepté ses émotions, mais en cet instant, il se demandait s'il ne le regrettait pas. Tsukiyomi l'avait trahi. Celui qui aime s'expose à la souffrance : il en était sûr.

Even if you strive diligently on your chosen path day after day, if your heart is not in accord with it, then even if you think you are on a good path, from the point of view of the straight and true, this is not a genuine path.If you do not pursue a genuine path to its consummation, then a little bit of crookedness in the mind will later turn into a major warp.

Il le savait. Il ne pouvait pas simplement suivre une voie qu'il admirait en tuant ses émotions. Le pouvait-il en les acceptant ? Celles-là mêmes qui le poussaient à désirer ces femmes et à en risquer des années de malheur ? La voie intimait aussi d'aller par-delà l'amour et les regrets pour n'exister qu'au nom du bien des Hommes. Plus encore, elle intimait de ne pas succomber aux désirs et à l'amour. Devait-il prendre la fuite ? Il avait déjà voulu s'ôter la vie. S'ôter de cette main était-il une meilleure idée ? Il ne voulait pas partir. C'eut été lâche, mais tout cela lui pesait affreusement lourd soudainement. Il n'y avait pas que Kiri. Il y avait au-delà de ça, des questionnements féconds sur l'ensemble de ses choix. On l'avait dépossédé de sa lame, ce soir. Et loin d'elle, près d'une jeune femme, il ne savait plus comment tenir, comment s'en tenir. Alors, il se tut, le cœur éteint. Il aurait pu parler. Il aurait pu chercher à communiquer. Mais en avait-il le droit ?

Et pour quoi faire ? Pourquoi faire ? Pour quoi dire ? Pourquoi l'exprimer ? Ce n'était pas les instruments de musique ou même l'odeur de la nourriture qui le tirerait de ce qui ressemblait à un gouffre noir où on l'enfonçait. Aimer, détester. Aimer, détester. Aimer ou détester. S'éteindre ou s'illuminer. Se renfermer ou s'extérioriser. disparaître ou exister. Comme un métronome, ces deux jeunes enfants, insouciants, avaient su raviver en lui, l’entièreté de la solitude à laquelle il s'était conditionné. Silencieusement, il s'était fait l'antithèse des lampions et des cris de joie. Là où le bonheur était à son paroxysme, lui s'éteignait avec d'autant plus de force que son cœur s'était beaucoup isolé pour parvenir à les extirper du goulot d'étranglement que pouvait être le village des brumes.

La murmure qu'elle lui porta aux oreilles eu l'effet de le faire tressaillir, le sortant de la sombre hébétude qui agressait son âme et son esprit. Mais il était clair qu'il n'allait pas bien. Trop habitué à l'action, il ne savait pas comment se comporter en temps de paix. Elle l'entraîna vers un stand de pêche à l'épuisette. Il se souvenait avoir de nombreuses fois raté cet exercice d'adresse plus jeune. Watari se retrouvait comme face au fait accompli, l'épuisette en main. Le monde qui lui avait semblait, lourd, lointain, bruyant, se stabilisa un peu. Il ne pouvait pas se permettre de rester silencieux. Il devait dire quelque chose.

Doué avec les mots, je ne sais pas. Plus jeune, je me souviens que c'était toi et Katsuo qui aviez su nous battre, à ce jeu. Je ne me sens pas l'âme de prendre une revanche contre toi, cela dit, Eirin. Malgré tout, il dû se lancer. Maladroitement, stressé, il n'y parvint pas. L'épuisette s'arracha dans l'eau suite à un mouvement un peu trop brusque. Souriant faiblement, il ajouta alors : Il semblerait que l'ancien jeune héritier est toujours aussi incompétent quand il s'agit de pécher les poissons rouges à l'épuisette. Il se força à en rire, rire qui fut assez naturel, quoi qu'un peu triste. Il contempla son éprouvette perforée. Elle lui rappelait un peu sa vie. Un jour, le courant du destin avait été trop fort. Et puis... Sa bulle avait cédée. Alors, tentant de ne pas être entraîner par le courant, il s'était mis à avancer contre celui-ci. Jusqu'à maintenant. Jusqu'à ce que, prostré sous tout ce poids, cette éprouvette s'échappa de ses doigts pour mieux s'enfoncer dans l'étang des poissons rouges. Coulant, lentement, libérant quelques bulles témoins d'une noyade qui avait commencé probablement il y a fort longtemps.

Il resta là à le contempler, en silence. Partagé entre la gêne et les remords. Désolé Eirin, je crois que je ne suis pas très bon pour ce genre de fête... Il doit y a voir de meilleurs compagnons que moi au sein de la demeure des Nagamasa. Au fond, il avait envie de partir. Et de rester. De lui dire tout un tas de chose. Et de les taire. Un étrange mélange. Fuir, ne pas fuir. Dire ou ne pas dire. Toujours ces mêmes dilemmes. D'ailleurs, sa beauté lui échappait actuellement. Il n'osait plus la regarder en face. Et en même temps, il se maudissait d'être ainsi... Il n'était pas comme Katsuo. Lui, il savait toujours comment dire les choses, même dans ces situations les plus simples. Il se fichait bien de paraître faux, d'avoir tort ou de souffrir. Il ressemblait plus à ses parents que lui. Sa mère, elle obtenait ce qu'elle voulait, tant elle avait eu à souffrir de ne pas être entendue. Et son père, il se relevait, peu importe le coup.

Watari n'avait jamais eu la sensation d'être à la hauteur de ceux qui l'entouraient. Il avait juste fait ce qu'on lui avait dit de faire et s'était avancé. Encore et toujours. Jusqu'à maintenant. Et probablement encore longtemps... Cette moribonde atmosphère ne dura pas sous l'arrivée soudaine du couple d'enfants qu'ils avaient croisés un peu plus tôt. Ayant entendu le samouraï, le jeune homme sourit fièrement avant de dire : Riko-chan m'attrape les poissons, mais moi ensuite, je vais l'aider à faire des origamis ! Je suis sûr que vous aussi, vous apprenez plein de choses à votre amoureuse !

Watari écarquilla les yeux. Pour la première fois, il posa son regard sur Eirin. Elle faisait ça pour lui. Mais lui, n'arrivait pas à se départir de tout ce qu'il ressentait. Ni à les confier, d'ailleurs. Mais c'est vrai que la sensation de la main de la jeune femme était agréable.
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Dim 17 Déc 2017 - 18:13
Feux d'artifices pour des cieux étoilés
Eirin & Watari

« Katsuo a toujours été habile, mais je suis sûre que tu l’es tout autant. » Elle lui répondit ces quelques mots juste après l’intervention des deux adorables enfants et la mélancolie qui avait saisi celui dont elle voulait réveiller l’esprit. Souriant à la petite fille déjà prête à pécher son premier poisson, Eirin l’encouragea doucement et s’exprima autant à elle qu'à Watari. « Je n’en doute pas, peut-être pas l’art du pliage du papier, mais il a beaucoup à m’apprendre. » A quoi cela pouvait servir de démentir leur supposée relation ? Briser l’illusion de deux enfants ? Détruire ce moment ? Non, Eirin se plaisait à jouer, mais savait également préserver un moment unique et cette soirée l’était.

Sans lâcher la main du jeune homme, Eirin se pencha et s’accroupit légèrement, tenant entre ses autres doigts, l’épuisette qui lui était réservée. D’un mouvement d’attraction, la samouraï invita son cousin à faire de même. Devant le bassin, alors que les dizaines de petits poissons scintillaient sous l’eau transparente, Eirin plaça la grande main de Watari sur le manche de bois et glissa ses doigts dans les siens. « Je te sais précis comme personne, le reste n’est finalement qu’une question de force… » Le couple d’enfants regardèrent la scène se déroulant sous leurs yeux, bien que le malaise de Watari semblait largement moins intéressant que la possible réussite de celui-ci face aux poissons.

Eirin guida le gouffre de papier en appuyant sur le bras et la main de Watari, attendant le meilleur moment… « Maintenant ! » D’un geste rapide mais qui sembla accompagner les légers courants de l’eau, la samouraï tira le bras de son cousin qui se retrouve avec l’épuisette toujours face à lui, un petit poisson doré nageant dedans. Le papier trempé mais intact. « Juste une histoire de force, puissant samouraï. » Elle rit doucement. Elle le savait puissant, tous en avaient conscience mais des fois pour pêcher un poisson innocent, il ne fallait plus une légère brise et qu'un ouragan.

Le tenancier du stand glissa quelques flocons de nourriture au poisson et fit signe à Watari de le relâcher. Le but n’était pas de se retrouver avec un nouvel animal et ne savoir que faire de lui. Non, il semblait bien plus agréable pour lui de rester avec sa famille, si le petit avait animal avait conscience de ses autres partenaires. L’homme qui leur faisait face sourit, ayant vu tant de jeunes gens s’amuser sous ses yeux, il lui avait toujours agréable de voir que même les âmes plus âgées appréciaient son petit et modeste stand. « L’effort est toujours salué jeune homme ! Seuls ceux assez humbles pour apprécier écouter l’eau et la nature sont capables de gagner à mon jeu. N’oubliez jamais samouraïs, que c’est dans notre compréhension du monde que les plus grands et les meilleurs tirent leurs forces. » Souriant, il se retourna quelques instant et finit par leur tendre deux masques. Un Kitsune et Neko. « Le choix me semble évident. » Eirin fit glisser sur son visage, l’image un chat au pelage blanc et doré, en parfaite continuité avec sa chevelure immaculée.

Sans réellement attendre plus longtemps, elle en fit de même mais sur le visage de Watari, le transformant en homme-renard. Si le guerrier possédait un pacte avec les grands tigres blancs, la finesse et la ruse du renard ne semblait pas moins lui correspondre. A présent masqué et alors que le petit couple les saluèrent, Eirin posa sa main sur l’épaule de Watari, son sourire caché par le masque. « Si j’avais désiré sortir cette nuit avec un autre samouraï, je l’aurais fait. La question n’est pas d’être bon ou non dans cette fête, mais que tu t'y laisses vivre comme tu le désires, Watari-kun. »

Au milieu des festivités, elle ne le laisserait rentrer seul, lui et sa mélancolie, lui et ses doutes.


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Ven 22 Déc 2017 - 3:15
Katsuo était plus réservé que moi. Mais il était une force tranquille. Je pense qu'il avait plus de talent que moi ; hélas pour lui, sa timidité empêchait celui-ci de s'exprimer... Watari estimait grandement son frère biologique. Celui-ci était silencieux, mais fringuant. C'était une force tranquille et un homme responsable, à la fois sage et tempéré, mais valeureux et courageux. Il était tout aussi sociable et précis dans les actes de la vie courante. Au contraire de Watari qui n'avait jamais su s'adapter aux réalités des vies humaines. Dans ce flot de sérénité auquel il n'était pas habitué, il était désarmé. Un guerrier sans arme, c'était une homme, mais lui qui avait été éduqué pour être le digne fourrier de l'héritage de son clan, il ne savait plus réellement ce qu'il devait faire ou devenir pour être... Là ?

Avant même qu'il ne put réfléchir plus longtemps, il était déjà près du bassin. Leurs reflets se dessinaient face à eux. La lune, par un étrange concours de circonstance, flottait délicatement à la surface de l'eau. Les poissons semblaient entamer une douce danse, tentant d'éviter les épuisettes. Les traits fins mais sévère d'Eirin se reflétaient dans un sourire chaleureux mais satisfait. Son regard, bien plus attiré par sa cousine et ses grands yeux d'un vert bleuté, ne le laissait jamais indifférent. Elle était d'une rare beauté que le reflet lunaire aqueux n'aurait su diminuer : la belle aux cheveux platine avait les traits altiers, mais finement sculpté. Elle avait beau tenter de lui enseigner de son mieux l'art de la pêche à l'épuisette en guidant ses mains pour ce faire, Watari se demandait ce qu'il devait dire. Ressentir. Ce qui lui était permis de ressentir. Dans le même instants, son trouble fut à l'instar de celui de la surface qui se mirent à doucement onduler sous la précise, mais assurément forte, prise de la jeune femme.

Un peu comme lui qui tombait dans les filets de la jeune femme, le petit poisson était la prise de la jeune femme. Aussi, quand on lui demanda de relâcher le petit poisson, il hésita. Si celui-ci souhaitait probablement être libre, lui, souhaitait-il se libérer de cette charmante compagnie ? Ne préférait-il pas damner son âme dans le creux de sa main où elle tenait la sienne ? Assez de philosophie pour Watari ; il restait un peu hagard et hébété face à l'enchaînement des événements. Tant et si bien qu'il commenta distraitement le choix. Fière, altière et indépendante. Il est vrai que les félins te correspondent bien, Eirin. J'espère juste me concernant que la ruse dont tu m'affubles n'est pas celle d'un esprit malveillant. Les Kitsune avaient parfois mauvaises réputations. Animaux traîtres et malins, ils n'hésitaient pas à posséder les innocents ou les personnes de pouvoir et attirait parfois des cataclysmes à eux...

Le masque qui lui cachait la vue isolait les battements de son cœur. Alors qu'ils s'éloignaient, elle lui asséna une phrase qui l'imprima durablement de son sens. Elle avait posé une main sur son épaule. Une pulsation. Un battement qui se faisait plus précaire. S'en souvenait-elle ? Cette pensée fit à nouveau l'instabilité de son cœur. Elle était là. Pour être avec lui. Lui. Pas un autre. Se laisser vivre ... Comme il le désirait ? ... Il avait envie de savoir. Mais il ne pouvait pas lui poser la question. Mais... Les masques. Ils n'étaient plus Eirin et Watari. Ils étaient le chat et le kitsune. Le kitsune était rusé. Farceur. Lui... Il pouvait... Alors que la foule tourbillonnait, envoutante, autour de lui, Watari releva doucement le masque d'Eirin pour l'écarter du bas de son visage.

Ce fut presqu'éphémère, quand enfin, il but à la fontaine qui le tourmentait. Cela n'avait pas durer plus qu'un furtif instant. Pas besoin d'invoquer des drames liturgiques, achronique. C'était une romance mystérieuse. La rencontre furtive des lèvres d'un kitsune qui jouait de sa fine ruse, pour voler le baiser auprès de la belle et flamboyante neko. Il y a tant à dire, heureusement que ce kitsune m'offre l'occasion de te le dire d'une manière aussi simple... Un soupir de mélancolie désireux. Désireux de se libérer du poids de nombreuses pensées. D'un poids de la conscience qui n'avait su s'exprimer plus tôt. La magie d'un masque avait pourtant permis d'ouvrir la voie méconnue des sentiments du jeune homme. J'ai envie de vivre plus de choses avec toi, Ei... Neko-chan. Se collant à son cou comme l'aurait fait un jeune homme dépossédé d'une trop lourde noblesses, se pressant à son cou comme un transi qu'il n'avait jamais pu être avec elle hormis sous la discrétion de ce masque. Fais-moi voir plus de choses en ce festival. Car sous la lueur de ce joyau éternel par lequel tu fus nommée, la vie n'est pas la même pour moi à tes côtés... Une prose sincère. Des aveux qu'elle avait souhaité lui arracher. Restait à savoir si elle se prendrait au jeu de cette mascarade d'été...
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Jeu 28 Déc 2017 - 0:25
Feux d'artifices pour des cieux étoilés
Eirin & Watari

Tant à dire, tant de souvenirs. Elle l’avait perdu pendant tant d’années, plus d’une décennie sans aucune nouvelle de lui, sans même savoir s’il avait survécu à l’attaque du Titan ou aux tyrans de Kiri. Tant à dire et si peu comme il le résumait si bien. Le kitsune devant elle cachait l’homme qui la rendait une peu plus fière d’être une Hoshino, celui-ci même dont elle se souvenait être l'amie d'enfance au pays. Loin était l’époque où il la regardait timidement, où face aux jeunes arrogants du village adjacent à la demeure des Hoshino, la grande Eirin le défendait.

Le masque aux atours félins ne laissaient percevoir que les yeux perçants de la jeune femme, celle-ci même qui garda sa main posée sur l’épaule de Watari et qui ne recula pas quand pour la première fois, elle rencontra ses lèvres. Un baiser furtif au milieu de la foule en fête, au cœur du festival faisant battre tout le village en plus des cœurs des deux samouraïs. Un baiser de deux âmes masquées, de deux êtres proches se retrouvant enfin. Un premier baiser faisant tressaillir le cœur d’Eirin et éveiller le désir du neko malicieux. Deux corps se trouvant, se découvrant quand la fine main de la samouraï glissa du dos de Watari jusqu’à ses cheveux, s’emmêlant dedans, se perdant dans la fourrure de jais du renard. A son oreille, elle murmura doucement « Alors souris et vis, kitsune-kun, laisse toi entraîner et goûte à d’autres découvertes… »

De nouveau les lèvres de la jeune femme allèrent effleurer la commissure de celles du guerrier, de son cousin. De longues secondes s’écoulèrent ainsi, seuls dans l’immensité de la foule, isolés en pleine fête. D’un regard amusé, le tenancier du stand aux mille poissons sourit devant un spectacle en apparence banal pour les spectateurs mais unique pour les protagonistes et acteurs de la pièce d’une vie. Puis il se détourna vers de nouveaux joueurs, de nouveaux petits couples ou solitaires d’un soir.

Le souffle chaud d’Eirin alla effleurer la peau découverte, nue, du cou de Watari alors qu’elle sourit, lui murmurant de nouveau « Laisse toi vivre Watari, laisse-moi te faire vivre ce soir. » La main qui siégeait sur son épaule descendit doucement jusqu’à saisir la main du samouraï plus habituée au contact de la lame que celui de l’humain. Et c’est sous le rythme des tambours, des cris et des chants qu’elle l’entraîna un peu plus au cœur de la fête, de l’ivresse d’une nuit sous la voute étoilée. Depuis le début de la matinée, la jeune femme prévoyait un spectacle à lui faire découvrir mais ce n’était pas encore l’heure… Si bien que sans s’arrêter, elle l’attira dans une rue gorgée d’odeurs plus délicieuses les unes que les autres. Jusqu’à s’assoir devant le bar d’un petit restaurant bien particulier, repéré par Eirin la veille. Sans retirer son masque, elle lança au cuisinier qui faisait rôtir des brochettes caramélisées « Deux yakisobas ! »

En attendant le spectacle, elle lui offrait en plus d’une soirée au firmament, le repas de son enfance.


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Jeu 28 Déc 2017 - 1:40
Il n’avait fallu que d’un instant de faiblesse. Un instant où sa conscience céda aux passions qui l’appelaient. C’était un tourbillonnement de crépitement, une explosion de sensation. Il venait de libérer en lui une joie touchée et sincère. Une excitation nouvelle. Il était tellement bien, là, avec elle comme il ne l’était pas avec tant d’autres femmes ! Elle le connaissait depuis si longtemps et en même temps, l’époque où ils jouaient ensemble était tellement lointaine, elle aussi… Pourtant, malgré son exil, malgré sa disparition, elle ne le rejetait pas. Elle ne l’avait pas oublié. Et là où de nombreuses autres personnes avaient souhaités de lui des tas de choses…

Elle offrait ses lèvres et sa spontanéité, sincère, au jeune homme. C’était tragiquement cruel. Si elle était ainsi, pouvait-il réellement se refuser de l’aimer ? Pouvait-il réellement lutter contre lui-même ? Et pour quoi ? Pourquoi faire ? Pour lui mentir ? Pour se mentir ? Pour finir seul ? Pour continuer l’exil qu’il avait interrompu et repris de nombreuses fois ? Les anciens l’avaient toujours mis-en-garde face à l’amour et au désir. Ils faisaient partie des hommes, mais les véritables maîtres du sabres ne se laissaient pas déborder par leurs affects et leurs pulsions. Le désir, l’amour, étaient des sentiments inutiles, lorsqu’il fallait lever sa lame et trancher. Depuis qu’il était né, cela était son seul et unique devoir. Lever sa lame pour l’honneur du clan, pour être le digne héritier de l’illustre lignée dont il était le descendant.

Elle aussi, d’ailleurs. Elle qui, plus jeune, était mise de côté, car elle était sa cousine. Elle, qui le défendait. Elle qui se chamaillait avec lui et Katsuo, Akihime. Il l’avait toujours trouvé belle. Il l’avait toujours trouvé fière et incroyable. Au fond de lui, lorsqu’il l’avait vu se battre, le jeune homme s’était dit qu’elle ressemblait plus à un parfait héritier que lui. Et même si aujourd’hui, ses aventures lui donnaient plus de force et de maîtrise sur son art qu’elle n’en avait… Il avait envie de lui dire. Qu’elle était belle. Qu’elle était forte. Qu’il l’admirait. Qu’il voudrait retourner à l’époque où ils étaient ensemble, tous les quatre. Qu’il voudrait que ce moment où leurs lèvres s’étaient effleurées perdurent encore.

La murmure fit frémir le jeune homme. Tu triches, Neko-chan… Elle était injuste avec lui. Injuste et cruelle, à resplendir ainsi. Peu lui importait qu’elle était sa cousine, en cet instant. Peu importait le regard du clan. Masque ou pas, une jeune femme de ce calibre, pouvait-il ignorer à quel point elle était belle et désirable ? Et alors qu’il se demandait encore s’il pouvait faire autre chose que d’aimer Eirin, elle appuya encore un peu plus fort cette douce sensation qui se répandait en lui, en se jouant de ses lèvres… Ainsi pris par l’audace de la jeune femme, il était si faible face à elle… Et à nouveau, elle lui murmura de se laisser vivre. Tu triches tellement, Eirin… Il ne pouvait qu’opposer la tricherie. Il se fichait qu’une femme soit supérieure à lui. Il se fichait d’être infériorisé. Encore maintenant, tu es toujours la même… Elle lui saisit la main pour mieux l’entraîner, mais le jeune homme rougissait clairement sous son masque.

Watari, face aux yakisoba, restât muet sous le poids des émotions. Pourquoi… Pourquoi faisait-elle cela ? Pourquoi était-elle si douce avec lui ? Elle ressemblait fort à Akihime, sur la force de caractère… Et pourtant, Eirin était encore plus à l’écoute de lui. Tu te souviens de la première fois où nous avons mangé des Yakisoba, au festival d’Iga ? Cette question n’était pas anodine. Les quatre joyeux compères et la belle du clan Miyamoto s’étaient débrouillés pour éviter les adultes. Les jumeaux, Reisei & Takazane, s’étaient débrouillés pour occuper l’attention des adultes, pendant que Sakuya, Katsuo, Eirin, Akihime et Watari s’étaient enfui pour s’amuser au sein du festival. Déjà là-bas, Eirin et Akihime l’avaient tirés de force pour l’emmener manger des Yakisoba et jouer aux stands, alors qu’il restait mortifié à l’idée de décevoir leur grand-père et qu’ils soient punis. Pourquoi fais-tu tout ça pour moi, Eirin ? Sa voix tremblait, le regard baissé. Derrière le masque, des larmes… De joies ou de tristesse ? Personne n’aurait su le dire. Mais des larmes que bien peu pouvaient voir. Il ne savait pas s’il méritait la jeune femme. Ou s’il méritait les sentiments de quiconque. Tout était flou. Il se sentait coupable envers tant de personnes qu’il aimait, en cet instant… Ses doigts entrelacés serraient la main de la jeune femme.

Attrapant celle-ci par les épaules, se collant à ses oreilles, Watari lui murmura alors : Si je me laisse vivre… Je vais tomber amoureux de toi Eirin. Je vais tomber amoureuse de celle que j’ai toujours admiré… Celle qui s’est toujours donné tant de mal pour être la meilleure, même si c’était moi l’héritier…
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IWA SHUKUSAI | Feux d'artifices pour des cieux étoilés ft. Hoshino Eirin

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