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Iwa Shukusai | Nouvelle Lune, Croissant d'un Autre Jour | Pv. Yuki Ayuka

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Jeu 16 Nov 2017 - 21:42
Repos. Couché, le drap cachant sa virilité épuisée, il soufflait. Ses muscles souffraient encore. Une douleur qu’il ressentait. Ou était-ce uniquement son moral qui n’arrivait pas à reprendre le dessus ? Couché, le bandeau sur les yeux, son esprit sombre s’interrogeait sur son passé. Sur les actes. Tout aurait pu être si différent. Pourtant, alors que le froid nocturne le faisait doucement frissonner en cette deuxième soirée depuis son arrivée, l’homme n’était pas encore réellement sorti de son mutisme. Comme s’il marchait encore. Comme s’il était encore sur les routes de son exil. S’il n’était pas prisonnier de ces murs, il l’était bel et bien de ces remparts qui protégeaient la population iwajine. Silencieux, comme muet, il se contentait souvent de ses réflexions. Sortant peu, préférant le silence, il se remémorait encore. D’autres époques. D’autres vies. Soufflant, se redressant, son corps cicatrisé et endolori se dévoilait aux quelques lumières ambiantes. Douce chaleur. Main gauche sur sa cheville qu’il massait, il réfléchissait encore. Comment vivaient les Hoshino ? Comment vivaient les autres Yuki ? Pouvaient-ils tous s’adapter au sein d’une nouvelle vie ? Alors qu’il passait une langue sur ses lèvres, une douce brise le fit à nouveau frissonner. Comme si le dehors l’appelait. Comme s’il l’invitait à prendre l’air.

Reclus dans sa chambre, son imagination lui rappelait Rakka. Sa fille. Alors qu’il ne la connaissait que depuis quelques semaines, il avait cette impression de l’avoir arrachée à toutes les racines qu’elle avait toujours connues. Il pensait à son jeune frère, Akimitsu, se demandant quel serait son avis, dorénavant. Accepterait-il vraiment que son aîné, aveugle, soit encore le responsable d’un Clan dont il avait le véritable fauteur de troubles ? Comprendrait-il les responsabilités qui l’avaient poussé à agir de la sorte ? Soupir. Son esprit évoquait aussi Ayuka, sa meilleure amie. Celle qui se montrait peut-être la plus forte dans cette situation. Était-elle réellement satisfaite de cette nouvelle situation ou supportait-elle tout le fardeau qu’il ne pouvait plus retenir ? Véritable force ou seulement une carapace pour se protéger ? Finalement, dernière Yuki, sa jeune cousine, qui l’avait quasiment prise comme un père de substitution. Ils n’avaient plus eu le temps de discuter. Il n’avait plus vraiment eu le temps de s’en occuper. Perdait-elle à nouveau pied dans une situation nouvelle et étrangère ? Cheveux détachés, se laissant à couvrir une partie de ses épaules, il vint s’asseoir au bord de son lit. Pensif. Penseur. L’esprit encombré de nombreuses préoccupations, il pencha finalement la tête en arrière. Pouvaient-ils vivre en son absence ? Que deviendraient-ils lorsqu’il serait remis à Kiri ?

Prisonnier. Prisonnier de son tourment. Prisonnier de son passé. Prisonnier de ses actes. Prisonnier. Il l’était à chaque instant. Il le serait jusqu’au jour où Kiri arriverait aux portes, réclamant sa tête entre toutes. Une dernière fois, il serait prisonnier. Poussant un soupir, jetant la tête en arrière, il se demandait parfois pourquoi il luttait encore. A peine mettrait-il un pied dehors qu’une étroite surveillance se mettrait en place. Pour vérifier qu’il ne récoltait pas de quelconques informations au profit de Kiri. Pour vérifier qu’il serait encore bien là quand les émissaires arriveraient. Il savait. Lui-même l’aurait fait à la place de ce dirigeant. Car, pour Iwa, il était une menace. Lui qui cherchait la paix amenait la guerre. Serait-il aussi celui qui, d’un traité, signerait une alliance entre ses terres natales et ses terres d’accueil ? Aussi, malgré sa cécité, il se préparait à sortir. Tâtonnant dans cette pièce qui n’était pas encore la sienne, il glissa un pantalon souple et ample, tandis qu’il glissait bientôt des bottes sobres, comme il espérait l’avoir reçu. Les couleurs lui importaient peu, pour autant il espérait que le village d’Iwa aurait pris de faire attention. Glissant bientôt son manteau bleu foncé, comme un dernier vestige de son ancienne appartenance, par-dessus un ample t-shirt blanc, il laissa ses doigts filer le long du meuble. Recherche salvatrice du bâton qui devait l’accompagner sur chaque route, il poussa un dernier soupir. Était-ce réellement judicieux de sortir ? De se montrer ?

Alors qu’il ouvrait la porte, il savait que, dans le living, il n’était pas seul. Il l’avait entendue plusieurs fois. Alors, il avait hoché de la tête et, se dirigeant vers la porte qui conduirait au grand air, il s’arrêtait dans le hall. Depuis longtemps, ils n’avaient plus réellement été ensemble. Depuis son retour à Mizu no Kuni, ils n’avaient plus réellement pris le temps de passer du temps ensemble. Les doigts bandés des cicatrices de Shîto, de ses doigts à jamais gelés d’une glace prédatrice, le visage à moitié recouvert, ses jambes lourdes d’un exil pénible, il lui semblait que, plus que jamais, il était seul.

_ Souhaites-tu m’accompagner dehors, Ayuka ? Nous … Nous n’avons plus vraiment parlé depuis … Longtemps. »

Depuis la nomination de Sôsuke en réalité. Plus une véritable conversation. Des bribes, par moments, rapidement. Il avait doucement expiré alors qu’il prononçait ces quelques mots. Voix brisée, cassée par une âme qui n’en pouvait plus, il regrettait déjà sa sortie. Puis, alors qu’il ouvrait la porte, qu’il posait un premier pas au dehors, il prit une longue inspiration de la fraîcheur nocturne qui s’installait. Et, avant même de s’engager au milieu de la nuit, il laissa entendre une question bien difficile.

_ Es-tu heureuse, Ayuka ? »
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Ven 17 Nov 2017 - 1:19
Deux jours épuisants physiquement comme psychologiquement. La fin du voyage, l’arrivée à Iwa, les interrogatoires, la menace de la traque qui se poursuivait même dans l’enceinte des murs du Village Caché de la Roche. Enfin… Elle avait bien mérité un peu de repos. Les Yuki avaient pu trouver refuge dans une simple maison du centre d’Iwa. Simple, modeste mais n foyer chaleureux pour ceux qui n’avaient connu que qu’une immense bâtisse clanique glaciale ou encore l’herbe en guise de lit.

Dans la pièce principalement, la jeune femme restait allongée sur les cousins, profitant du repos. Malgré les musiques qui commençaient à s’élever dans le village, elle gardait les yeux clos. Simplement vêtue d’une tunique blanche et ses bas, un esprit vif pourrait remarquer une différence. Non, il ne s’agissait pas de ses cheveux noués par un fin nœud noir comme à leur habitude, non, elle n’avait pas changé de parfum ou encore de quelques bijoux féminins. Comme presque toujours, elle se trouvait drapée dans un ample haori ouvert, azuré, glacial. Mais cette fois sur le dos, se trouvait un mon différent. Sans renier son clan, Ayuka ne se voyait plus arborer le symbole des Yuki de Kiri et c’est en une petite heure, plus tôt dans la journée, qu’elle avait cousu un nouveau mon. Un flocon encore une fois mais plus stylisé, moins tranchant dans ses lignes.

Elle se reposait car son corps en avait bien besoin. Si bien que c’est uniquement quand Eiichiro trahit sa présence par quelques claquements de bottes sur le sol que l’endormie daigna ouvrir les yeux. Il faisait déjà sombre dans l’intérieur non éclairé à la différence des rues en fête. Il lui demandait de l’accompagner, elle était fatiguée. Mais pour lui elle acceptait de se lever, malgré ses muscles tendus, malgré son teint pâle.

D’abord sans répondre, la jeune femme s’étira, quelques dos craquèrent dans son dos puis elle finit par enfiler ses chaussures et son katana qu’elle attacha vivement à sa ceinture. Non, en cette soirée, elle n’était pas saisie de quelques envies sanglantes mais on ne savait jamais… Il était assez évident qu’un village ne parlait jamais d’une seule et unique voix et dans l’obscurité, il était si facile de se dissimuler.

Ayuka finit par retrouver Eiichiro devant la demeure et ferma la porte. Vérifiant bien par deux reprises que celle si ne s’ouvrait à une simple pression de la main car à l’intérieur, deux petites princesses Yuki dormaient depuis quelques temps déjà.

Une fois cela effectué, la jeune femme pressa le pas et rattrapa son cousin, ou plutôt, son grand-frère de cœur. Il lui posait une simple question, encore loin du cœur des festivités d’Iwa. Il put entendre un léger rire de la part d’Ayuka. Heureuse ? Elle-même n’y avait pas pensé depuis de nombreux jours. « Le bonheur peut attendre. Je serai heureuse quand nous ne craindrons plus un retournement de situation. Je serai heureuse quand nous nous lèverons chaque matin sans penser à Kiri ni à notre voyage et encore moins au danger encore présent. »

Son pas léger dépassa légèrement Eiichiro alors que le regard observateur d’Ayuka ne pouvait s’empêcher de surveiller les environs. Cela faisait déjà quelques temps qu’elle avait pris cette habitude à ses côtés. Deux fois plus vigilante pour deux âmes dans la nuit.

« J’aurai le temps d’être heureuse. Mais toi Eiichiro, dis-moi ce qui te ferait sourire ? » Puis elle ajouta malicieusement « Car à force de garder un air si sombre, tu risques de faire fuir toutes les femmes d’Iwa voir pire, on risque réellement de te prendre pour mon père. »

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Ven 17 Nov 2017 - 17:57
Ayuka. Elle n’était pas arrivée en même temps que tout le monde. Ou, plutôt, elle n’avait pas été élevée par les liens étroits de la famille. Quand elle était arrivée, loin d’être l’homme qu’il devait devenir lors de la Répression, loin d’être encore celui qu’il était maintenant, il s’était approché d’elle. Elle ne se connaissait pas encore entièrement, se débrouillant maladroitement avec son Hyôton. Mais il l’avait acceptée comme elle était. Si différente. Peut-être avait-il eu besoin de cela dans un environnement qui, finalement, se ressemblait constamment. Depuis, ils ne s’étaient jamais vraiment quittés, au point qu’il lui semblait mieux la connaître elle que son propre frère. Comme s’il l’avait connue plus longtemps, sans pour autant que ce soit réellement le cas. Ayuka. Meilleure amie. Confidente. Sœur. Même s’il lui avait longtemps caché la corruption de son âme, elle l’avait accepté encore, alors qu’il se révélait finalement sous son vrai visage. L’avait-elle toujours su ? Se voilait-elle la face ? Légèrement chagriné, il réalisait combien la voir lui manquait.

Alors qu’il sentait sa présence, et qu’il était capable de ressentir toute la tension de ses muscles, il souriait. Il savait depuis un moment ce qu’elle faisait. Elle le protégeait. Elle qui était si maternelle tentait encore de le couvrir de ses soins. Sourire léger. Triste. Chagriné. Cela n’aurait jamais dû arriver. Pourtant, entre le bandage qui liait ses yeux à sa cécité, et ceux qui couvraient ses doigts gelés, il n’était plus l’homme qu’elle avait tant connu. Si la perte de son premier œil avait été un véritable défi, les trames qui le bousculaient en cette année 201 étaient d’un autre niveau. Cœur percé par les flammes passionnelles. Esprit rongé par les doutes et le mal du pays. Corps fatigué. Muscles. Yeux. Doigts. Tout semblait lui rappeler qu’il n’était plus l’homme qui, six mois plus tôt, se retournait contre le pouvoir en place. L’homme qui faisait fuir la Dame des Brumes. Il n’était plus l’aveugle qui se battait contre le Titan. Là aussi, il avait perdu. Âme fatiguée. Epuisée. Brisée. Mais il devait encore vivre, car la mort aussi n’en voulait pas. Devait-il se racheter ? Quel prix suffirait pour son âme torturée ?

Il avait fini par s’amuser de la remarque de la Yuki. Car, de son ton piquant, elle avait réussi à réveiller un peu des braises qui s’éteignaient encore. Il était vrai qu’il souriait rarement, les épaules voûtées. Comme s’il devait supporter le poids du monde. Comme s’il se mourait sous le poids de ses tourments. Pourtant, à cet instant, alors que la fraîcheur de la nuit le faisait doucement frissonner, il souriait. Doucement amusé par la dernière remarque de sa complice, il hochait de la tête alors qu’il continuait à avancer, sa canne frappant le sol à un intervalle régulier. Pourtant, alors qu’il avalait un peu de sa salive, sa voix était encore fragile, de l’homme qui, fatigué, était résigné aux décisions qu’il prenait.

_ Je sourirai quand Rakka sera devenue une véritable femme dont je pourrai être fier. »

Il s’arrêta, levant la tête vers un ciel qu’il ne pouvait pas voir, laissant néanmoins son odorat accepter les différentes odeurs qui provenaient de l’ensemble du village en fête. Sourire tendre sur les lèvres, il aurait aimé, cette nuit, retrouver sa vue.

_ Je sourirai quand tu arrêteras de supporter le fardeau qui est le mien. »

Car, il le savait, Ayuka méritait d’être heureuse. Pourtant, comme elle le montrait actuellement, elle s’inquiétait pour lui. Responsable, maternelle, elle s’inquiétait souvent des autres, peut-être trop, souvent à ses dépens. S’il ne lui en tenait pas rigueur, il savait qu’elle pouvait maintenant se détendre. Elle pouvait l’oublier. Elle pouvait, finalement, accepter qu’ils seraient heureux, eux tous. Avec un sourire amusé, alors qu’il baissa doucement la tête et orientait légèrement la tête vers la source des pas, il reprit sa lente marche sous le ciel invisible. Comme un enfant qui découvrait les hautes herbes, il vint à finir par tendre son bras gauche, effleurant ce qu’il pouvait, tentant de ressentir le monde autrement que par cette canne et ses pieds.

_ Personne ne viendra vous arracher à cette nouvelle demeure. Iwa vous protégera, et sera votre nouvelle maison. Je m’en assurerai, au péril de ma vie. »
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Dim 19 Nov 2017 - 21:37
Ayuka soupira. D’un pas rapide, celle qui voulait profiter de la fraicheur de la soirée et de la nuit après une longue journée sous un soleil encore brûlant s’approche d’Eiichiro. Une fois face à lui, la jeune femme se redressa sur la pointe de ses pieds, se grandissant de son mieux par rapport à son cousin pour lui mettre une pichenette sur le front. « Tu t’entends au moins ? Rakka n’est pas encore une femme mais tu peux déjà être fier d’elle ! Je ne pense pas que beaucoup d’enfants auraient supporté ce que nous avons vécu alors certes, elle a beaucoup à apprendre mais tu peux être fier de cette bouille d’ange. »

Puis c’est une main sur la hanche qu’elle le laissa respirer. Il avait et restait son mentor d’une certaine manière et si le piquer était toujours un réel plaisir, élever la voix sur une âme blessée ne lui plaisait que peu. « Si je subissais ton fardeau, je porterais mon vieux bandeau kirijin sur le visage, hors ce n’est pas le cas. »

Alors que la musique résonnait au loin, le Yuki put entendre les pas de sa complice s’éloigner, désireuse de poursuivre la marche. Il fallait dire que l’inactivité était commune depuis leur arrivée et Ayuka détestait cette situation. Pas celle de devoir s’intégrer à une nouvelle culture, au contraire, d’un naturel curieux elle était intéressée et prête à être surprise mais… Rester cloitrée à attendre avait le don de taper sur ses nerfs. La légère brise qui s’engouffrait dans les rues d’Iwa étaient assez salvatrice, Ayuka prenant une grande respiration, ses poumons se gonflant fortement comme pour se réveiller, comme pour se préparer à la nuit à venir. Sans se retourner et entendant son frère de cœur la suivre, Ayuka continua « C’est une promesse d’avenir que tu ne peux tenir et que je refuse… » Il y eut un léger silence, lourd, choses rare entre les deux manipulateurs de glace. « Si Kiri tente de nous récupérer ou nous tuer, ne t’imagine pas une seule seconde que tu seras le seul à utiliser le Hyoton sur ces terres. Ta vie n’est pas plus sacrifiable que la mienne. »

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Dim 19 Nov 2017 - 23:04
Il s’était arrêté. Elle qui était venue près de lui venait de lui mettre un coup au front, comme pour lui rappeler l’ensemble de son humanité. Pour lui rappeler qu’il pensait encore égoïstement. Alors, il avait doucement souri à ses paroles. Gentiment. Alors que la nuit s’emparait des corps, la chaleur des flammes éveillait une autre douceur, tandis que les feux et bougies éclairaient le chemin emprunté par l’étrange couple des Glaces. Aveugle, il appréciait la sérénité de cet instant. Alors que son torse se soulevait légèrement à chaque respiration, il en oubliait l’étrange mélancolie qui rongeait son âme à chaque pas qui l’avait éloigné de Kiri. Car si, à l’entendre, elle était heureuse, il ne l’était pas autant. Inquiet. Tracassé. Il redoutait l’avenir autant que le passé. Quand les deux se retrouveraient, il devrait faire face aux erreurs. Accepter. Comprendre. Pardonner. Avancer.

Pourtant, gardant le silence, reprenant la marche alors qu’elle faisait pareil, il restait attentif à ce qui se passait au sein du village. Là, dans le bas de la rue qu’ils se mettaient à descendre, il pouvait entendre quelques marchands tardifs prêts à vendre quelques sucreries. D’autres prêchaient vendre quelques bijoux. Pour certains, ils évoquaient le brassage d’un Saké de haute qualité. Chacun, là-bas, y allait de sa marchandise. Sourire aux lèvres, se laissant emporter autant par ces mots que par la musique des tambours qui se faisait entendre au lointain, il hocha de la tête aux dernières paroles de sa partenaire. Complice depuis de longues années, il la savait prête à se battre en l’honneur de son Clan. Pourtant, lorsque le jour viendrait, elle se battrait contre ses amis. Elle se battrait contre son ancien village. Or, contrairement à lui, la Yuki ne possédait pas la fière du guerrier. Et, à cet instant, alors qu’il ralentissait un peu son pas, il ne voulait pas qu’elle éveille le démon glacial. Elle n’avait pas à le faire. Car de tous les Yuki dont il était encore le responsable, il était le seul coupable.

_ Tu n’as pas à te battre au nom de mes erreurs et crimes, Ayuka. Tu n’as pas à te battre pour moi. »

Alors qu’il accélérait le pas pour revenir à sa hauteur, manquant de trébucher dans un creux non-détecté, il l’atteignit rapidement et, attrapant doucement son bras, l’arrêta finalement pour la tourner vers lui. Baissant la tête, vers une hauteur approximative dont il avait eu l’habitude, son sourire se fit tendre et doux.

_ Je ne veux pas que tu te battes. Nous nous sommes bien trop longtemps battus. Regarde où cela nous aura menés. »

La lâchant déjà, sans hausser le temps un seul instant, sa voix se brisa lentement pour laisser entendre quelques notes plus souples.

_ Vis pour toi. Vis pour Rakka. Vis pour Setsuka. Mais ne te bats pas pour moi. Je m’en voudrais que tu finisses blessée car je perdrais encore le contrôle. »
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Dim 19 Nov 2017 - 23:36
Ayuka posa d’abord son regard ambré sur la grande main qui enserrait son fin bras avant de redresser son visage vers le sien. Il lui avait manqué, ce temps où il la relevait après un entraînement intensif, cette époque où ils s’entraînaient tous les deux, lui, lui démontrant toujours plus sa force et elle lui dévoilant ses nouvelles techniques, à lui seul.

« Je ne me bats pas pour toi Eiichiro, je me battrai pour notre clan mais surtout notre famille. Et tu fais partie de cette famille. Peut-être qu’aujourd’hui notre situation peut sembler… Triste, mais nous sommes ensembles. Je ne pense pas que nous ayons à avoir honte de notre vie actuelle »

La jeune femme était habitée par une fierté naturelle mais elle avait également conscience que celle-ci serait surtout nécessaire le jour où les Yuki seront considérés comme un clan à part entière du Village Caché de la Roche. Et elle voulait qu’il comprenne. Que même s’il n’était plus capable de voir le monde, de la voir, il n’était pour autant pas invisible. « Je désire notre survie à nous. »

Puis elle sourit à ses dernières paroles. Oui, Eiichiro, ce monstre sanguinaire comme le pensait nombre de kirijin était pourtant un homme pouvait être doux, paternel et protecteur. Mais qui en avait réellement conscience ? Très peu de personnes savaient cerner véritablement le maître des glaces. Ayuka le savait, que caché derrière sa carapace de fierté et de passions refoulées, se cachait un cœur immense.

Alors qu’ils continuaient de démanbuler dans les rues, Ayuka finit par attraper la main de son cousin, l’entraînant dans une enseigne qu’elle venait tout juste de découvrir. « Quitte à passer toute la nuit, et je ne demande que ça, hors de question de partir le ventre vide ! » C n’était pas un restaurant immense, au contraire et seuls quelques tabourets étaient alignés. La Yuki s’installa et alors qu’elle contemplait les plats proposés, elle lui fit une révélation évidente mais nécessaire « J’ai encore à apprendre, comme Rakka, mais je ne suis plus la petite fille de Tetsu que tu pouvais mettre facilement à terre ».

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Lun 20 Nov 2017 - 0:07
Peut-être que, finalement, un gouffre s’était réellement créé en lui, alors qu’ils naviguaient sur les eaux de leur départ. Pourtant, ce gouffre, il le sentait aussi entre eux. Eux qui avaient vécu comme un frère et une sœur. Eux qui, pourtant, ne devaient être que des cousins. Ils avaient longtemps été plus, créant un sang qu’ils n’avaient pourtant pas directement en commun. Elle était sa sœur. Mais aujourd’hui, comme l’ensemble de ce monde, à bien des égards, elle n’était guère plus qu’une étrangère. Pourtant, l’écoutant, il voulait la croire. Il aurait aimé pouvoir la croire. Pourtant, à cet instant, à l’entendre, il avait peur pour elle. Car à chaque instant, le Démon des Glaces pouvait s’éveiller en elle. Deviendrait-elle le monstre qu’il était, submergé par sa propre glace ? Alors qu’il gardait le silence, il se demandait réellement. Comprenait-elle ce qu’il vivait ? Comprenait-elle seulement le mal qui le rongeait tous les jours ? Savait-elle seulement ce qu’il ressentait alors qu’il marchait sur ce territoire inconnu ? Du groupe, il était un de ces seuls qui n’avait que peu voyagé hors du territoire. Pourtant, à l’aube de ces jours nouveaux, il était aussi le seul à ne pouvoir voir les remparts de la Roche.

Poussant un soupir, la suivant silencieusement vers l’antre d’un restaurant modeste où le bruit ne le frappait pas, il se laissait emporter de sa main libérée. Il la suivit en silence, encore. Muet. Plongé dans ce mutisme qui le rongeait à travers les jours, il écoutait son amie lui rappeler qu’elle avait encore à apprendre. Comme lui. Comme Rakka. Comme tous. Il devait apprendre la Glace. Il devait apprendre ses erreurs. Il devait apprendre à être un meilleur homme. Il devait apprendre à être un père. Apprendre. Dans cet apprentissage constant, il se demandait s’il serait seulement capable de la moitié. Serait-il le père dont sa fille avait besoin ? Serait-il seulement l’homme dont ce Clan avait besoin ? Qui serait-il pour ce village qui, encore à cet instant, l’observait ? Chiens de faïence sur les toits, il se laissait à sourire alors que la chaleur de l’endroit le faisait frissonner. Serait-il un jour capable de se battre à nouveau sans avoir peur de sa Glace ? Serait-il un jour capable d’enlever ce bandeau sans se rappeler chaque jour la Sabreuse ? Devait-il seulement abandonner son passé au nom de son avenir ?

_ Nous avons tous à apprendre. Encore aujourd’hui, j’apprends. »

D’un sourire, alors qu’il tâtonnait et formait une image mentale de la chaise, il tira dessus avant de se glisser dessus. Déjà, alors que l’autre partait vers d’autres tabourets, il lui demandait un thé ambré et corsé. Puis, revenant vers sa véritable complice, baissant pourtant d’un ton alors qu’il ne se sentait pas entièrement rassuré par les oreilles indiscrètes, il continua de lui dire.

_ Observe mes doigts et tu comprendras, Ayuka. Je ne veux pas que tu te battes et que la Glace te brûle et te ronge. »

Il hochait de la tête alors que l’homme posait la tasse devant lui, le coupant dans ce qu’il était en train de dire. Tâtonnant légèrement, jusqu’à poser un doigt sur le couvert brûlant, qu’il enleva aussitôt, il continua à son unique attention.

_ J’ai causé de nombreux torts. A d’autres. A cette famille. Si Kiri devait venir, ce sera pour ces raisons et, ce jour-là, tu n’auras pas à te battre. »

Soufflant sur sa tasse, essayant de la refroidir légèrement avant d’en prendre sa première gorgée, il ajouta finalement quelques mots. Des mots simples. Profonds. De cette voix brisée et fatiguée. De ce corps résigné. De cette âme peinée.

_ Car ce sera bel et bien mon combat. »
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Lun 20 Nov 2017 - 0:37
C’est une voix neutre que la jeune femme commanda un bol de soupe Miso. Simple, une valeur pourtant sûre car alourdir les corps et fatiguer les esprits. Assis l’un à côté de l’autre, ils avaient toujours formé un duo étonnant. Lui dit grand et impressionnant dans son mutisme et elle, si fine l’aspect frêle mais aux mots aussi piquant que ses glaces. Et s’il avait pu exister un fossé entre ces deux âmes, un pont venait de se recréer.

Cependant Ayuka ne s’attarda sur le secret de son cousin qu’un fois le serveur éloigné, tout comme les regards indiscrets. Son regard détailla les brûlures, les cicatrices, les marques de la Glace affamée. Shito dont les stigmates résidaient jusque dans la chaire d’Eiichiro. Doucement et de ses doigts frais, la jeune femme passa les doigts sur deux d’Eiichiro. Une caresse, simple, subtile… Que lui restait-il de cette tragédie ? Peu de choses… Son corps n’avait pas été malmené face à la sabreuse Kageya qui par contre avait subir elle aussi la violence de la glace. Non, Ayuka n’avait pas encore connu le revers de la puissance et sa maîtrise du chakra se développant encore, elle restait dans cette innocence de l’inconnu.

Ses doigts glissèrent ensuite sur le comptoir en bois, son regard remontant vers le visage fatigué de son chef de Clan. Elle l’avait toujours trouvé beau. Lui ne pouvait peut-être plus en avoir conscience mais il avait encore un avenir devant lui et Ayuka se persuadait qu’un jour, il saurait montrer un sourire resplendissant.

La soupe et le thé fumaient doucement, leurs vapeurs se mélangeant dans des senteurs épicées et douces. « Si elle doit me brûler pour un jour t’égaler, alors cela arrivera. » Et alors qu’il lui expliquait sa vision de la situation et son ressentiment, Ayuka finit par doucement reposer sa main sur la sienne, éviter quelques pressions sur les zones lésées. « Tu sais, tu n’aurais jamais à me décrire ce qui est arrivée dans feux nos geôles mais je ne suis pas idiote. » De sa main libre, la jeune femme attrapa le bol et bu doucement une gorgée avant de le reposer et poursuivre d’un ton qui n’était ni moqueur ni grave. Simplement le ton de la confession entre deux êtres qui pouvaient finalement tout se dévoiler sans craindre que l’autre ne fuit, du moins, du côté d’Ayuka.

« Noah est venu t’interroger mais le Meikyu lui, je doute qu’il ne se contente d’une seule tête. Je pourrais respecter ton désir de te laisser seul face aux kirijins. Mais plus jamais je ne pourrais me regarder dans nos glace, autant que je serais incapable de plonger mon regard dans celui de ta fille. »</blockquote>

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Mar 21 Nov 2017 - 8:31
Le visage las, les cheveux détachés, la tête légèrement basse, l’ancien Chef de Clan n’avait plus la même véritable prestance. S’il conservait toute la force de ses années d’entraînement, la cécité lui avait à jamais enlevé une partie de son énergie. Il ne pouvait plus voir la peur de son adversaire. Il ne pourrait jamais voir sa propre fille. Il ne pouvait plus voir le sourire malicieux de sa partenaire. Plus jamais il ne saurait détailler le corps d’une femme qui, d’une nuit, éveillerait ses instincts les plus primaires. Pourtant, alors qu’il se reposait autour d’un thé noir, il avait été surpris du contact discret posé par Ayuka. Elle détaillait ses nombreuses cicatrices. Si sa cécité était le fruit de ses combats pour Kiri, ses doigts meurtris de la Glace étaient dû au combat contre le Titan de Shîto. S’ils n’avaient pas sauvé le monde, les dégâts avaient été très minimisés par l’action jointe des trois Villages.

Il avait soupiré quand sa complice avait encore parlé de l’égaler un jour. Pourquoi ? Pourquoi ?! S’il se retint de taper du poing sur le comptoir fait de bois, il s’agaçait un peu de l’entendre parler de la sorte. La Glace était dangereuse. Meurtrière si elle n’était pas maîtrisée et contenue, elle pouvait brûler les chairs de son détenteur. Pourquoi ne le comprenait-elle pas ? Son père l’avait toujours mis en garde. Alors qu’il gardait le silence, et qu’elle évoquait le combat entre l’autre émissaire Kirijin et Chôgen, il se rappelait encore les mots de son père. « Plus tu maîtriseras la Glace, plus elle sera dangereuse. Pour toi. Et pour les autres. Plus tu t’y éveilleras, plus tu y risqueras ta vie. » Pourtant, si elle avait toujours été au courant de cet avertissement, il avait toujours appris à la maîtriser auprès de son père. Alors qu’il prenait une gorgée, il hocha de la tête, soupirant légèrement.

_ Tu ne devrais pas vouloir m’égaler, Ayuka. Lorsque je me suis battu contre le Titan, et que j’ai libéré le plein potentiel de la Glace, je ne pensais pas revenir auprès de toi. »

Il s’arrêta, alors que sa voix, vibrante, évoquait soudainement cet épisode sous l’imposant Titan.

_ J’étais prêt à donner ma vie. Je me sacrifiais à la Glace quand je me suis réveillé, dans le navire, à tes côtés. »

Il déglutit encore un peu, avalant difficilement sa salive. Puis, d’un soupir, il se redressa un peu, en arrière, à la recherche des meilleurs mots.

_ Je voulais mourir ce jour-là. »

Un instant, il s’arrêta de parler. Parce que de nouveaux clients entraient et s’installaient, il écouta brièvement ce qu’ils se racontaient. Finalement, reprenant, d’une voix lassée et brisée, poussant un autre de ses soupirs, l’homme qui voulait tant voir s’expliqua encore.

_ Abandonne un peu ta mauvaise fierté de Yuki. Regarde où elle m’a mené. J’ai perdu mes yeux. J’ai perdu toute sensibilité dans mes doigts. Et je me trouve être exilé après avoir quasiment donné 40 ans de ma vie à Mizu no Kuni. »
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Mar 21 Nov 2017 - 15:05
Ne pas vouloir l’égaler ? C’était impossible. Comment ne pas vouloir devenir aussi forte que l’homme qu’il était ? Les obstacles s’étaient dressés sur le long chemin de sa vie mais il restait un des ninjas les plus puissants qu’elle connaissait. D’autres grands de ce monde impressionnaient la jeune Yuki mais Eiichiro avait toujours su lui prouver que l’entraînement ainsi que l’acharnement permettaient d’égaler les talents naturels.

« Mais tu es en vie, cette Glace ne t’as pas détruite Eiichiro. Elle t’a attaqué mais tu as vaincu un titan… Qui peut aujourd’hui en dire autant sans blessures ni signes de guerre ? »

Alors qu’elle le sentait repartir de nouveau dans cette aura maussade qui accompagnait chaque minute de sa journée, Ayuka déposa le bol de soupe devant elle et reposa sa main sur la sienne. Sans en faire plus, elle ne voulait pas qu’il se sente seul en cette soirée et même si elle ne lui offrait pas la chaleur d’un corps ou la passion d’une nuit, Ayuka avait son âme proche de celle du guerrier de Glace.

« Si j’abandonnais cette fierté, tu me trouverais ennuyante, presque autant que tu peux l’être quand tu fais cette tête. » Elle rit légèrement à ces mots, car en effet, il lui était impossible de quitter cette fameuse fierté Yuki. Un clan qu’elle n’avait connu que tardivement mais dans le vide qui hantait sa vie, elle avait embrassé leurs causes et leurs traditions.

« Elle t’a menée à Iwa, un village aussi puissant que Kiri où tu as été accepté par un des plus grands samouraïs de notre génération. Ton côté charmeur peut énerver mais mine de rien, tu as une fille adorable qui ne demande qu’à ce que tu lui dévoiles tous les secrets du Hyoton. Tu as ta famille également. Pas toute mais une grande partie. Tu m’as moi, Akimitsu, Rakka, Setsuka. Tu as Watari, tu as un avenir, des personnes qui t’aiment. »

Après cette longue énumération, Ayuka sourira, sans lâcher sa main. [color:de90=Jun'ichirō]« Toutes ces personnes, elles ne protégerons autant que tu le fais encore. Et puis… » C’était une pensée courante dans l’esprit d’Ayuka depuis leurs arrivée et leur acceptation dans le Village Caché de la Brume. Cependant, la jeune femme n’en avait encore jamais parlé. « Jun'ichirō a fondé le Clan et la lignée de Kirigakure. Mais tu le sais, les jeunes sont venus avec toi. Pourquoi ne ferais-tu pas comme cet ancêtre ? Et ne me dis pas que tu risques de ne pas rester. Car c’est possible et je sais que tu as la force pour y arriver… »

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Mar 21 Nov 2017 - 15:40
Alors qu’elle parlait, il sursauta à ce nouveau contact. Il ne pouvait les voir venir. Il ne pouvait pas se préparer mentalement au contact d’un autre corps. Depuis qu’il était devenu aveugle, il ne pouvait se fier qu’à ses oreilles et ses autres sens. Or, quand l’autre était déjà proche, il lui était bien difficile de ressentir l’imminence d’un contact physique. Détournant le visage, évitant soigneusement de penser trop longtemps à cette surprise, il la laissa faire. Sans fuir. Sans prendre peur. Pourtant, plus le temps passait, plus il savait qu’elle ne lâcherait pas. Aussi fière qu’il l’était. Encore maintenant, le brûlant de la glace n’était pas éteint en son sein. Et, à chaque combat, le démon reprenait. Et, chaque fois, il avait maintenant peur d’être à jamais ce monstre de glace. Puis il avait souri. Doucement. Sans méchanceté. Car il était vrai qu’elle serait bien plus ennuyante sans cette maudite fierté.

Elle parla de sa propre fierté. La sienne. Celle qui l’avait conduit à abandonner les siens. Celle qui l’avait conduit à abandonner un village qu’il avait construit. Pour qui il s’était battu durant plusieurs années. Pour qui il avait perdu ses yeux. Pourquoi ne comprenait-elle pas que le combat était dangereux ? Que la glace pouvait être dangereuse ? Pourquoi, Ayuka, ne pouvais-tu pas te contenter de la paix offerte ? Il soupira en son être, regrettant finalement que la Glace conduise la jeune femme sur un chemin froid et ténébreux. Pourtant, se redressant, il ne comptait pas encore abandonner. Il ne comptait pas l’abandonner. Si elle désirait, comme sa fille, connaître les secrets du Hyôton, il serait là pour elles. Il leur ferait savoir. Il leur apprendrait. Combien la Glace était dangereuse. Combien la Glace était un entraînement quotidien. Combien elles devraient rester prudentes. Hochant de la tête, il sourit à la dernière évocation. Jun'ichirō. Une autre ère. Une autre époque. Alors, achevant la tasse fumante, il souriait délicatement. Tristement.

_ C’était une autre époque. Jun'ichirō, lui-même, a épousé sa sœur ou une de ses plus ou moins lointaines cousines. Je ne te ferai pas cela, pas plus qu’à Setsuka, et encore moins à ma propre fille. »

Il s’arrête un bref instant. Non, réellement non. Fonder une nouvelle dynastie de véritables Yuki ? Poussant un soupir, il s’abaissa finalement sur le comptoir, hochant négativement de la tête. Quelle idée. Mais quelle idée avait-elle là ? Corrompre la Glace ?

_ Sais-tu ce qu’est le Cristal ? Une déformation de notre pouvoir. Dans l’histoire, quelque part, un Yuki s’est accouplé avec une étrangère et a donné naissance à ce pouvoir débridé. Penses-tu réellement que ce soit une bonne idée ? »

Il était agacé. Enervé par cette hypothèse, cette suggestion lancée, il se demandait ce qui venait réellement à l’esprit de sa partenaire. Devenait-elle folle ? Bien sûr, elle ne connaissait l’ensemble de sa vie. Elle ne connaissait pas ce qui s’était déroulé dans sa jeunesse. Pourtant, à cet instant, il lui en voulait.

_ Penses-tu que je viendrais à t’enfanter, toi, Rakka ou Setsuka ? Que dire d’Akimitsu ? »

Il pousse un soupir, baissant un peu plus la tête.

_ Non. Nous serons les seuls Yuki d’Iwa. Excepté si d’autres viennent à nous rejoindre, nous sommes voués à mourir exilés du Clan. »

Court silence. Juste un instant. Un homme arrive et apporte une autre coupe de thé noir. Il hoche de la tête, remerciant silencieusement l’homme qui était à leur service ce soir.

_ Nous ne sommes plus qu’une famille, non un Clan. Ne désire pas le monde et contentons-nous de vivre. »
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Mar 21 Nov 2017 - 18:51
Heureusement qu’elle avait reposé le bol de soupe avant cette conversation car si le destin l’avait faite boire le délicieux breuvage en écoutant son cousin, il aurait eu fort à parier que le comptoir aurait dû être lavé. Ayuka connaissait le passif du clan des glaces, notamment les affiliations entre membres d’une même famille afin de garder une idée du Hyoton pur. Cependant, la jeune femme ne s’attendait pas à ce qu’Eiichiro invoque cette possibilité que son esprit n’avait jamais effleuré.

Il ne pouvait le voir mais ses joues se colorèrent d’une teinte rosée car en effet, il était rare qu’on lui parle de sa propre intimité, celle qui semblait presque inexistante depuis son arrivée à Kiri puis par la suite à Iwa. Troublée, surprise et gênée, la jeune femme ne sut réagir de suite mais Eiichiro pouvait sentir sa main se crisper légèrement sur la sienne.

Elle l’avait toujours trouvé beau, c’était un fait, autant qu’impressionnant. Et sans connaître chaque femme qui avaient su approcher le géant des glaces, Ayuka comprenant que l’aura de son cousin ainsi que sa force attirent naturellement quelques âmes féminines. Mais non, elle ne s’attendait pas à une telle réaction. « … Non. Enfin je ne dis pas que tu n’aurais aucune chance par rapport aux Iwajin mais je pense te connaître assez pour savoir que tu ne toucherais jamais une enfant, surtout la tienne. »

Certains pouvaient bien le voir comme un monstre, mais le premier imbécile qui oserait toucher à Yuki Rakka n’aurait certainement que quelques minutes à vivre. Ayuka posa son coude sur le comptoir et de sa main libre, elle y reposa sa tête, regardant son cousin, détaillant les traits de son visage. Et dans un silence qui les entourait, elle soupira, les joues toujours colorées.

« Qui sait. Clan ou famille… Je veux juste que les futurs manipulateurs du Hyoton n’oublient pas que la glace a su exister à Tsuchi no Kuni. » Alors que la nuit se faisait à présent reine sur le village caché de la roche, Ayuka se demandait si les Yuki de Kiri allaient également changer, si Noah trouverait enfin l’étincelle qui le ferait sourire, si les quelques jeunes restés sauraient conserver leurs innocences qu’eux, à Iwa avaient tous perdu.

« J’ignore qui t’a interrogé sinon la femme loup. Mais… » Ayuka replongea pendant quelques instants dans ses souvenirs de cette journée ensoleillée durant laquelle son groupe avait franchi les portes d’Iwa. Et elle se rappelait plus particulièrement une jeune femme bien étrange. « J’ai été emmenée par un jeune Hyuga et une utilisatrice du Cristal qui ne pouvait s’empêcher de sortir les griffes. J’ignore si elle possède des origines liées aux nôtres mais il est vrai que cette femme semblait légèrement… Déséquilibrée. » Oui c’était bien le terme à employer pour cette iwajin qui n’avait pas ouvert la bouche et avait juste semblée prête à sauter au coup d’Ayuka.

Elle ne savait comment l’approcher, comment le rassurer ou le détendre. Il venait de la prendre de court et d’une manière qui résonnait étrangement en elle.

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Mar 21 Nov 2017 - 20:39
Elle s’était crispée. A l’évocation de ce qui aurait pu se passer, sa main s’était serrée dans la sienne. Était-ce de la surprise ? Avait-il réussi à l’étonner à ce point ? Ou était-ce de la colère qui avait animé ce mouvement imperceptible dans sa main ? Pourtant, elle ne le quitta pas. Et, serrant doucement son emprise sur la sienne, il sourit doucement, laissant son pouce filer sur sa peau. Pour la rassurer. Pour lui rappeler qu’il était encore là. Et, ce qui le vint à le convaincre que c’était bel et bien de surprise, ce fut ce long silence. Comme si elle cherchait ses mots. Comme si elle tentait de rassembler les idées. Avait-elle donc tant oublié le passé controversé du Clan ? Ce contre quoi il luttait depuis tant d’années ? Lui qui se refusait à enfanter une Yuki se trouvait avoir une enfant née d’une autre relation loin du Clan. Savait-elle seulement ce que cela entraînait dans son esprit ?

Puis il sourit. Il n’y avait absolument aucune chance pour qu’il touche à sa propre fille. Ni qu’aucun autre homme n’y touche. Elle serait sa protégée. Quoi qu’il arrive, personne n’y toucherait sans son consentement. Et si jamais un seul homme osait. Même si sa fille venait à accepter, le Yuki ne laisserait pas cet affront impuni. Ni Setsuka. Ni Rakka. Ni même Ayuka. Personne ne toucherait aux femmes de son Clan. Si Akimitsu souhaitait conquérir chaque femme d’Iwa, que bon lui fasse. Mais quiconque approche d’une des trois femmes et ils rencontreraient la colère froide de l’aveugle. Aussi, tenant tendrement la main de celle qui était son amie depuis tant d’années, il l’écouta évoquer la famille qui, maintenant, s’était installée à Iwagakure no Satô pour les nombreuses prochaines années.

Puis, il s’était retenu de rire à l’évocation de la déséquilibrée du Cristal. Son père avait parfois évoqué ceux-ci. Corrompus, ils n’étaient pas entièrement liés au Clan de la Glace. Néanmoins, son père aimait à dire que, quelque part, un Yuki s’était perdu. Que ce Yuki, dégénéré par le Froid, avait perdu l’esprit avant de donner naissance au premier du Cristal. Il aimait encore à dire que cette tare s’était alors transmise de génération en génération. Que, peu importe où et comment, le Cristal serait à jamais une malédiction. Qu’à jamais, le Cristal serait la Glace du pauvre. Était-ce un mensonge ou une vérité ? Eiichiro n’avait jamais réellement à chercher ou à retrouver la véracité de ces dires, acceptant ceux-ci comme un fait. Haussant les épaules, relâchant la pression mise dans le haut de son dos, il gardait néanmoins sa main dans la sienne.

_ Ne t’en fais pas, Ayuka. Ici, nous pourrons trouver la paix malgré les désaccords et les animosités. Tu pourras trouver le bonheur au sein des Roches. Peu importe l’homme qui te plaira, fais-moi la promesse que tu ne chercheras pas à faire naître des Yuki. »

Il soupire légèrement, comme s’il cherchait encore ses mots alors qu’il enlaçait finalement les doigts de son amie, sans réellement se rendre compte. Tâtonnant de son autre main après sa coupe, il tapotait le comptoir, manquant des mots qu’il avait dans le creux de son esprit.

_ N’élève pas tes enfants comme j’ai été élevé. Qu’ils comprennent que la paix est plus importante que la guerre. Que le sang n’appelle que le sang. Elève les pour qu’ils comprennent les sentiments et non les passions enflammées. »

Et, à cet instant, sa voix se brisait au rappel de ses dernières aventures. Nakamura Ueno. La passion dévorante. Serpent qui avait léché son sang. Nakasu Ryüka, dont la nuit dans les bains lui restait inoubliable. Les reverrait-il seulement un jour ou n’étaient-elles que des souvenirs qu’il devrait oublier ?
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Mar 21 Nov 2017 - 21:26
Ayuka le savait, son frère de cœur avaient eu nombre de femmes entre ses bras, marquant une vie bien différente de cette de la Yuki. A Tetsu no Kuni, elle restait souvent enfermée dans la demeure familiale, s’entraînant avec joie auprès de son père qui chérissait cette fille unique. Une fille pour laquelle il s’était battu au point de la dérober au Clan des Glaces. Puis Mizu no Kuni. D’abord l’exclusion de l’exilée, puis la répression contre les bandits. Oh bien sûre l’adolescente avait vu son regard se poser sur quelques hommes, mais jamais elle n’avait connu la passion si imprégnée dans le cœur d’Eiichiro. Et d’une certaine manière, elle l’aimait, Eiichiro.

Dans le jeu de l’affection, Ayuka serrait également doucement la main de son cousin, ses doigts se mêlant aux siens comme rarement depuis leur départ de Kiri. C’était une facette que peu de personnes avaient déjà, Ayuka tendre et affectueuse. Elle ne dégageait pas une aura glaciale comme celle de son mentor mais ses piques et railleries suffisaient souvent à ce qu’on la caractérise effectivement comme une Yuki. Mais lui savait, lui avait conscience de la jeune femme amante qui se cachait sous cette malice et cet air moqueur.

Son ton avait changé. Peut-être qu’il ne s’en rendait pas compte, mais au cœur d’Iwa, dans le creux de la nuit, il lui parlait d’avenir. Quand il lui parlait d’enfanter, c’est avec un sourire amusé que le regardait Ayuka. Sa mère n’avait jamais été une grande combattante malgré sa haute lignée et donner un enfant au Clan était son but, un enfant que l’on avait volé quelques jours après sa naissance et qui avait su faire naître la haine dans le cœur de cette femme. Ayuka l’avait recroisée à Kiri mais à jamais cette femme qui lui avait donné la vie restait une étrangère.

« Ne t’inquiète pas, je n’y suis pas encore et le cœur peut attendre. Et puis si même toi tu es capable de t’occuper d’une enfant, cela ne doit pas être si difficile. » Elle le taquinait mais la présence de Rakka pouvait tout changer et malgré les épreuves, ce petit bout de femme voyait toute sa vie dépendre de son père.

Ce serait-elle mariée à un Yuki ? Peut-être si l’amour et la passion avait été présent. Ayuka n’y voyait pas un crime suprême, ayant déjà vu de très étroites alliances à Tetsu no Kuni et il suffisait de connaître la puissance d’Eiichiro pour se douter que le sang du Clan pouvait donner des individus puissants. Mais elle n’y avait jamais songé, à la maternité et son esprit le savait, il n’était guère à l’heure à se projeter aussi lointainement dans l’avenir.

« Les sentiments oui, mais je sais également à quel point la passion est gravée en toi… Même si enflammé est un bien grand mot pour un homme glacé. »

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Mar 21 Nov 2017 - 22:03
Ayuka. Ce soir, elle était une autre femme. Elle qui était sa cousine. Elle était devenue une amie. Il s’était souvent entraîné avec elle. Durant de longues heures, ils avaient développé son Hyôton à elle, tandis qu’il pratiquait quelques nouvelles techniques. Elle était devenue sa meilleure amie alors que sa langue, acerbe, était égale aux Yuki. A cet instant, il ne l’avait plus réellement considérée comme la petite fille qu’il avait vu durant tant d’années. Elle avec qui il s’était tant d’années, il la voyait finalement comme une femme. Pourtant, alors qu’ils continuaient de si bien s’entendre, au point qu’elle devenait la complice qui lui manquait, qu’elle devenait une véritable partenaire et qu’elle se faisait la confidente de son cœur enflammé, il avait alors réellement appris à la reconnaître. Elle était, finalement, devenue comme une sœur. Une femme dont, curieusement, il ne s’était pas réellement passé depuis de longues années. C’était, peut-être, finalement en elle qu’il avait, dans l’état, le plus confiance. C’était elle à qui il aurait confié le pouvoir d’un Clan. A elle, aussi, qu’il confierait Rakka sur le seuil de sa mort. Pourtant, cette femme le surprenait encore.

Leurs doigts liés, il oubliait l’image qu’il pouvait rendre en cet instant. Complice, il oubliait même le contact de cette peau. Si ses doigts avaient perdu de leur sensibilité, sa paume se rappelait soudainement la chaleur de la Yuki. Car, finalement, souriant pour lui-même, c’était peut-être une des rares fois où ils se tenaient tous les deux de la main, sans aucune pensée déplacée. Sans, non plus, qu’il soit encore alité. Trop souvent, elle avait dû veiller suite à ses excès. Trop souvent, elle s’était inquiétée, prenant cette main qu’elle tenait aujourd’hui. Un instant, dans son sourire, il laissa son pouce effleurer la peau de cette dernière. Comme un rappel. Comme un souvenir. Combien de temps durerait encore cet instant ?

Puis il vint à sourire alors qu’elle évoquait sa propre paternité. Car, alors qu’il apprenait encore à vivre cette nouvelle cécité. Alors qu’il devait vivre sous le nouveau régime. L’aveugle avait appris qu’il était le père d’une fille d’une dizaine d’années seulement. Soudainement, alors que son monde était en pleine mutation, il se trouvait brutalement renversé par cette étrange révélation. Lui qui avait toujours fui les responsabilités, l’an 201 l’avait ramené à l’évidence. D’abord Chef d’un Clan, il était surtout devenu un parent. Lui qui ne s’était jamais senti la fibre paternelle. Lui qui avait toujours eu peur de donner naissance à qui que ce soit. Lui. Soudainement, il se retrouvait à penser constamment à elle. Cette fille que, six mois plutôt, il ne connaissait pas l’existence. Aujourd’hui, il y pensait encore. Chaque mot. Chaque acte. Tout ce qu’il faisait était là pour construire l’avenir de sa fille. Afin de s’assurer qu’elle puisse vivre correctement. Mieux que lui, même.

_ Je pense que tu serais bien meilleure que moi pour la parentalité. J’apprends tous les jours de mes nombreuses erreurs. Mais … J’essaie de faire pour un mieux avec la petite. »

Lui qui était devenu soudainement un père pensait souvent au modèle féminin dont sa fille devait avoir besoin. Lui qui était un homme si rude, si froid, cette recherche le hantait depuis leur arrivée à Iwa. En effet, il le savait lui-même, il ne pourrait pas toujours être là. Mais, surtout, comment évoluerait une fille qui, arrachée de sa mère, n’en trouvait pas une de substitution ? Serait-elle la fille dont il imaginait le véritable avenir ? Pourtant, avec un sourire, prenant de son autre main le thé qu’il vint à mettre à ses lèvres, il prit une longue gorgée. Dans cette modeste échoppe, il appréciait la compagnie de son amie. De cette amie. Oubliant le regard extérieur. Oubliant les jugements. Oubliant.

_ Oublierais-tu que la Glace est brûlante ? Là est toute sa dangerosité, Ayuka. Elle brûle d’un feu froid. Elle dévore d’un incendie. »

Il se tourna un peu plus vers elle. Souriant. Ayuka. Si seulement elle savait tout ce qu’il éprouvait pour elle. Si seulement elle savait qu’elle était le modèle dont sa fille avait besoin. Elle était l’avenir d’un Clan, tandis qu’il n’en était que l’image dépassée. Le saurait-elle seulement un jour ?
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Mer 22 Nov 2017 - 0:04
Un moment de tendresse entre deux êtres qui pourtant ne semblaient pas en raffoler. Un moment anodin alors que pourtant cela faisait des années que la jeune femme n’avait pas tenu ainsi la main de son cousin. Elle aimerait également qu’il comprenne ses positions, ses désirs, ses envies. Elle le disait être son frère, et après la mort de son cher père, Ayuka ne voulait plus voir sa famille mourir sans agir, sans tenter de les sauver à présent qu’elle était capable de les aider sans être un poids.

Il lui disait qu’elle serait potentiellement une meilleure mère que lui n’était père, ce qui était ironique puisqu’à la différence d’Ayuka, lui avait déjà une fille. Sans oublier que même s’il la voyait comme une femme et potentiellement une future mère, il n’avait peut-être pas conscience de la crainte qu’elle pouvait ressentir à l’idée d’être enchaîner à un autre être et perdre sa liberté de mouvement qu’elle aimait tant.

Enfin, il lui rappelait quelques sujets plus actuels et bien plus compréhensible pour l’esprit d’Ayuka. La passion. Oui d’une certaine manière, Ayuka l’aimait également même si, et cela pouvait être étonnant quand on connaissait l’appétit de la jeune femme, elle s’était toujours montrée moins gourmande que son cousin. Caressant une nouvelle fois ses doigts, Ayuka sourit doucement « Oui c’est vrai, tu es un maître en ce qui concerne la passion, donc je veux bien croire que tu connaisses l’intensité de ces fameux incendies »

Mais là était un tout autre sujet, les passions intimes de son cousin. Ayuka les respectait et savait qu’il avait besoin, du moins par le passé, d’elles pour tenir et ne pas s’effondrer sous la charge de travail qu’avait pu représenter la prison de Kirigakure et l’administration complète d’un clan.

« Si un jour elle me brûle ou tente de me dévorer, je saurais vers qui me tourner » dit-elle sur un ton taquin, alors que de sa main libre, elle attrapa son bol et finit sa soupe.

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Jeu 23 Nov 2017 - 13:42
Le calme. Il était rare que les deux cousins, liés par de mystérieux sentiments, se retrouvent aussi calmement. Ces derniers mois avaient été intenses et les seuls moments complices avaient été lors de ses différentes blessures. Il s’était ainsi retrouvé à l’hôpital, lorsqu’il était devenu aveugle. Mais malgré tous les sentiments, il avait toujours refusé que, l’infirmière se présentant, elle assiste aux changements des bandages. Il n’avait jamais souhaité qu’elle puisse voir toute la faiblesse de ses démons. Toute la rancune qu’il avait accumulée et qui lui valait maintenant d’être aveugle. Il s’était aussi retrouvé alité après son combat titanesque. Là encore, malgré tout, elle avait été là. Complice, elle lui avait tenu la main alors qu’il en perdait les sensations sur les doigts. Pourtant, ce soir-là, dans la chaleur du restaurant, ils se retrouvaient. Complices. Amis. Pour la première fois depuis son entrée sous haute tension au sein des Remparts de la Roche, il oubliait la morosité qui le rongeait.

Alors qu’il terminait sa deuxième coupe, souriant d’amusement face aux remarques piquantes de sa meilleure amie, il hochait de la tête. Il était vrai qu’il était un homme amateur des feux et des grandes sensations fortes. Amoureux de la passion. Amoureux de l’extrême. Il cherchait constamment une excitation plus grande. Il cherchait toujours plus de frisson. Et, pourtant, à cet instant, il n’en était rien. Il n’était plus vraiment cet homme. Perdu dans les ténèbres de sa cécité, l’homme était pourtant resté le même. Ancré dans les profondeurs de son âme, le Démon de Glace attendait encore son heure. Prêt à se réveiller. Prêt à brûler une nouvelle fois. Prêt à mordre. La Glace. Ce démon qu’il aimait. Ce démon qui le rendait toujours plus fou. Ce démon qui l’avait brûlé. Était-il voué à devenir la Glace ?

_ Serais-tu aussi froide et insensible que le sont les premières glaces ? »

Et, avec un sourire, déposant finalement le bol, il attrapa plus tendrement ses doigts aux siens, les liant définitivement ensemble tandis qu’il se tournait vers elle. Dans un geste qui cherchait l’affection, sans pour autant le dire clairement, son autre main se posa sur le dos de sa main. Cherchant la chaleur de ce contact. Cherchant le contact avec sa paume. Cherchant simplement un peu de cette présence rassurante dans une soirée qu’il appréciait. Pourtant, reprenant sa distance après quelques instants, il la lâcha, se gardant d’un commentaire, reprenant uniquement la suite de ce qui se disait.

_ Ou es-tu aussi mordante que le froid d’un blizzard ? »

Alors qu’il reprenait sa canne, après une recherche de quelques secondes, et évitant de peu qu’elle ne tombe au sol, il reprit, loin des questions qui lui rappelaient son père et ses longues discussions sur la sensibilité de la Glace.

_ Qu’attends-tu d’Iwa si tu délaisses ton cœur ? N’est-ce pas celui-ci qui t’a poussé à me suivre encore, malgré mes errances et erreurs ? »
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Mar 28 Nov 2017 - 23:01
Froide ? Non, elle ne l’était pas réellement. Qui d’ailleurs pouvait se douter que derrière les sourires narquois de la jeune femme se cachait une manieuse de glace ? Froide ? Non elle ne l’était pas pouvait l’être. Eiichiro était un des seuls à avoir pu observer la jeune femme déambuler dans la prison de Kiri ou encore interroger les nombreux bandits qui résidaient dans les cellules.

Froide, elle pouvait l’être mais ne s’était jamais laissée dévorer par la Glace, sa tendre mais violente avis. Doucement et de sa deuxième main, elle vient également caresser le dos de sa main, poursuivant ce moment tendre, si unique entre les deux Yuki.

« Et bien c’est à toi de juger non ? Je ne serais pas vraiment objective me concernant et puis… » Elle sourit malicieusement en ajoutant « Si un jour tu me vois devenir une femme de glace, je ne doute pas que tu saurais me mettre un bon coup sur le crâne. » Elle le contemplait, amusée, attendrie par celui qui savait se dévoiler toujours plus tendre que ce que tant de personnes voyaient comme un monstre. Il pouvait être un homme aimant, tendre, adorable mais et Ayuka espérait qu’un jour il trouverait enfin le bonheur, celui semblait toujours le fuir. Peut-être Iwa serait-elle son salut ?

« Hum… J’attends d’y voir notre clan vivre et prospérer. Progresser, également, Watari a su nous le dire, il existe en ce village des combattants tout aussi puissants que ceux de Kiri. Je veux les découvrir et qu’un jour on puisse se rappeler des Yuki comme des ninjas qui ont participé à l’histoire d’Iwa. »

Puis elle finit son bol, le poussant doucement pour que le serveur puisse l’attraper à son premier passage. Et dans cet instant de tendresse et de confidences, elle resta proche de lui, pas uniquement physiquement « Et toi, Eiichiro, quels sont tes rêves ? »

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Mer 29 Nov 2017 - 14:36
Il avait frissonné. De surprise. Mais aussi de bien-être. En réalité, l’aveugle avait oublié qu’ils s’étaient liés. Pourtant, ce soir-là, loin de Kiri, loin des leurs, loin de tout, ils se laissaient un peu aller. Comme, parfois, à l’abri des regards, leurs entraînements s’étaient révélés un véritable jeu entre deux partenaires qui se connaissaient depuis longtemps. Là, ce soir-là, il retrouvait sa complice. Il retrouvait sa partenaire. Il retrouvait son amie. Et il avait frissonné de cette main qui s’était glissée sur la sienne. Un sourire tendre s’était alors dessiné sur son visage si souvent fermé. Il avait souri, là, parce qu’il aimait ce contact. Parce qu’il aimait cette soirée. Mais il n’avait pas réagi, juste de ce sourire. Un peu en coin. Un peu joueur. Un peu tendre aussi.

Alors qu’elle parlait d’elle, de ce qu’elle était, il sentit l’amusement dans sa voix. Il sentait qu’elle prenait plaisir aussi de cette soirée comme il n’en avait plus eu depuis trop longtemps. Car il était souvent trop occupé ailleurs. Parce qu’ils avaient grandi. Ils s’étaient peut-être un peu éloignés, avec le temps, avec l’âge. Mais ils se retrouvaient toujours. Différents. Mais toujours les mêmes. Elle connaissait sa Glace. Elle connaissait aussi l’homme qu’il cachait si souvent derrière son froid. Pourtant, là, elle avait réussi à l’atteindre. Sous la surface. Il y a longtemps déjà. Elle le sortait de sa mélancolie.

_ Tu sais très bien comment je te vois, encore ce soir, malgré l’absence de ma vue. »

Puis, elle avait relâché sa main, laissant finalement tomber le contact naissant entre eux. Elle avait fini son bol et il fit pareil, de son thé. Lentement, malgré la chaleur, il terminait ce qu’il avait commencé avant de, lui aussi, poser sa coupe vide. Et, se tournant vers elle, il aurait aimé pouvoir la voir. Juste un instant. Pour se souvenir. Lui qui l’avait si souvent contemplée. Il se demandait comment Shîto l’avait transformée. Comment l’exil l’avait transformée. Portait-elle encore ces mêmes vêtements dans lesquelles il la voyait si souvent ? Et s’il devinait souvent son sourire taquin au son de sa voix, il regrettait sa cécité. Qui lui empêcherait à jamais de voir sa propre fille. Pourtant, ce soir, il aurait aimé la voir une fois de plus.

Passant sa main gauche dans sa poche, attrapant quelques pièces qu’il déposa doucement sur le comptoir, il tâtonna de sa main droite à la recherche des doigts d’Ayuka et, alors qu’elle laissait entendre sa question, il la toucha finalement, s’arrêtant. Car il ne savait pas si c’était fini. Ou si même elle accepterait encore. Aussi, alors qu’il souriait légèrement, il haussa les épaules. Sûrement voulait-elle entendre ce qu’il ferait à l’avenir, ce qu’il souhaitait de cet avenir. Un avenir où, sûrement, il ne serait pas là.

_ J’aimerais que notre famille soit heureuse. Pas en tant que Shinobi, mais en tant qu’humain. Je rêve de pouvoir sentir ma fille grandir, Ayuka. Je veux pouvoir me dire que, à l’approche de ma mort, vous serez là, à me faire vos adieux. »

Il s’arrêta un instant, prenant finalement sa canne dans sa main gauche.

_ Je rêve, simplement, que nous prospérions ensemble. »

Il avait senti qu’elle s’était rapprochée et, la tête tournée vers elle, il déposa un baiser dans sa chevelure. Simplement. Un geste d’une affection rare. D’une tendresse oubliée. Pour la rassurer. Pour se rassurer. Pour lui rappeler qu’il se souvenait encore de certains moments. Et il avait souri, en se relevant finalement. Il ne lui tenait pas la main, et ne tentait pas de lui montrer son envie mais, cette soirée, il souhaitait encore la passer avec elle.

_ Nous y allons ? J’aimerais encore me promener avec toi. »

Et alors qu’il avançait vers la porte, sans savoir si elle le suivait exactement, il avait dit, pour elle comme pour lui, quelques mots soufflés. Un simple constat. Car ils se retrouvaient. Pour la première fois depuis les événements traumatisants de Shîto, ils passaient du temps ensemble. Loin des guerres du monde. Loin du Clan. Loin des combats. Loin de ce monde en feu. Ils étaient loin de tout et, finalement, il pouvait apprécier le bonheur d’une compagnie qui lui était cher. D’une compagnie qu’il aimait. D’une compagnie qu’il cherchait. Comme une moitié retrouvée. Depuis si longtemps, il la connaissait. Il n’avait pas encore imaginé une vie où elle ne serait pas là. Ayuka. Son amie. Sa complice. Sa confidente. Elle qui connaissait ses secrets. Elle qui entendait ses passions. Elle qui était encore là.

_ Tu m’avais manqué. »
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Jeu 30 Nov 2017 - 1:22
Un sourire simple mais sincère se posa sur les lèvres de la jeune femme en sentant les lèvres de son cousin rencontrer sa chevelure de blé, légèrement attachée comme à son habitude par un nœud. Il était si rare qu’il montre une telle affection pour un autre être, surtout en public. Et depuis des mois, la jeune femme ne l’avait vu poser des gestes aussi tendres qu’envers le rayon de soleil des Yuki en ce moment, la petite Rakka.

Le serveur passa à côté d’eux et récupérer la monnaie déposée sur le comptoir, amusé de voir les deux shinobis ainsi, cette scène lui rappelant à quelle point lui aussi, simple habitant d’Iwa aimait sa fille. Puis Ayuka se redressa et sauta du tabouret en hauteur, retombant sur ses deux pieds fermement et replaçant correctement son haori bleu glacial. Ils ne se trouvaient pas encore au cœur même de la ville, les rues les plus actives néanmoins quelques badauds se promenaient autour d’eux. Ayuka soupira et leva son regard vers le ciel étoilé avant de faire un tour sur elle-même, se sentant si légère en cette soirée d’automne.

« Ton sourire m’avait manqué, il est toujours aussi beau. » Eiichiro avait un charme certains, et Ayuka en avait la preuve à l’instant même cependant elle attendit qu’ils fassent quelques pas avant de lui expliquer. « Souris ainsi tous les jours et tu auras du succès. » Elle rit légèrement avant d’ajouter « Car je ne pense pas que les deux femmes au bar t’épiaient juste pour ton thé. »

Il avait encore une longue vie devant lui, même s’il ne s’en rendait peut-être pas compte. Encore plus, cette fameuse vie qu’il semblait tant de fois prêt à quitter restaient protégée par bien des lames et des mudras. Non, Eiichiro n’était pas seul, il ne le serait jamais. « Allons donc, un lit de mort serait bien trop ennuyeux sans moi. Et dieu sait que je déteste l’ennui. »

Ils approchaient du vrai centre de la ville, la musique commençant à raisonner autour d’eux. « Danse ou calme ? »

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Jeu 30 Nov 2017 - 13:40
Il avait doucement souri à sa dernière remarque. Elle ne lui avait pas repris la main, rompant définitivement le contact proche qu’ils venaient d’avoir, pour reprendre la marche tranquille que son pas d’aveugle imposait. D’autant que, en cette soirée, il n’était pas pressé. Désireux de rattraper les semaines perdues, il marchait, un tendre sourire aux lèvres. Amusé. Tendre. Loin de la nostalgie qui semblait si souvent ruiner ses humeurs. Il écouta ainsi sa partenaire qui lui parlait de ce sourire et, finalement, vint à lui parler du succès qu’il pouvait encore avoir auprès des femmes. Comme si elle oubliait un peu de l’essentiel. Finalement, comme un véritable rappel cinglant, mais d’une voix qui se voulait douce et amusée, il lui évoqua son bien le plus précieux.

_ Oublies-tu ma fille Rakka ? Veux-tu réellement que je lui donne l’image d’un homme qui multiplie les femmes dans son lit ? Elle a besoin d’une mère, et non de multiples conquêtes. »

Sûrement voulait-elle assurer la pérennité du Clan au sein d’Iwa. Et pour cela, rien ne valait l’activité d’un homme qui pouvait coucher avec plusieurs femmes pour permettre rapidement la diffusion du sang Yuki. Sûrement désirait-elle sincèrement cela. Pouvoir créer une nouvelle famille. Une véritable famille. Créer une nouvelle dynastie. Créer une nouvelle branche, ici. Un but louable. Mais devait-il se faire au détriment de sa fille ? Pourtant, il souriait doucement. Gentiment. Tendrement. Car il savait que sa cousine ne pensait pas à mal, en cette soirée. Sûrement essayait-elle encore de le convaincre de ce futur.

_ Et si tu t’intéressais moins aux femmes, tu verrais que tu plais à bien des hommes. »

Car Ayuka avait toujours été un véritable plaisir pour le regard. Jolie. Aux courbes faciles et généreuses. Elle était agréable du regard. Elle était encore agréable quand il n’avait plus qu’un œil. Elle devait encore l’être. Pourtant, comme toujours, elle revenait vers lui. Comme s’il était le seul véritable à pouvoir donner une nouvelle génération. Pensait-elle seulement à elle ? A son propre corps ? Alors qu’ils marchaient et se rapprochaient de la fête, il hocha de la tête vers elle.

_ Tu as toujours aimé danser, si je me souviens bien. »

Il se souvenait des quelques fêtes qui pouvaient se dérouler chez les Yuki. Il se souvenait des fois où, encore contre le mur, elle observait les gens. Il se souvenait aussi comme son regard et son sourire s’était illuminé les fois où, sortant de la foule, il l’invitait à se joindre. Et toujours, elle prenait vie. Car malgré la Glace, la Neige et le Froid, la Yuki semblait toujours plus flamboyante. Un feu rassurant. Un feu qui guidait. Un feu qui permettait de se retrouver malgré les tempêtes de son esprit. Alors, d’une voix amusée, il haussa les épaules et s’approcha à sa hauteur.

_ Dansons à notre avenir. »
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Jeu 30 Nov 2017 - 21:59

« Non, tu ne lui donnerais pas l’image d’un père volage. Mais un père qui aime la vie, un père heureux et mine de rien… Rakka est mature pour son âge. Elle sait quand les idées sombres s’empare de ton esprit. »

Elle continuait de marcher à ses côtés, toujours vers les festivités, toujours à son rythme. Et elle hésita à continuer sur ses sujets. C’était un sujet qu’elle avait peu abordé avec Eiichiro, ses parents. La jeune femme savait simplement que ceux-ci étaient tous les deux des Yuki de la branche héritière. Puis elle se lança. « Un père présent peut suffire. Le mien pouvait partir des mois complet en guerre, mais quand il se trouvait à mes côtés, son sourire me suffisait. Enfin peut-être l’absence de présence féminine a fait de moi un monstre sans que je ne le sache. » Elle rit doucement avant de poursuivre, avant de répondre pour sa propre personne.

« Et qui te dit que je ne regarde pas les femmes ? » Elle sourit malicieusement mais ne laissa pas son cousin se fait avoir dans son ironie. « Ils peuvent bien regarder, observer, épier, mais je regarderais peut-être celui qui aurait le courage d’utiliser son don de parole envers moi. » Elle savait, plusieurs s’étaient déjà approchés d’elle à Kiri. Quelques rencontres courtes, quelques minutes avant qu’elle ne détourne les talons.

Enfin… Elle n’avait pas à s’encombrer ainsi l’esprit, encore moins face à l’invitation de son cousin. Elle mit quelques secondes à lui répondre tout simplement car sur le coup, elle crut à une blague de sa part, une farce, cela faisait des années qu’il ne l’avait pas invitée de cette manière et surtout pour s’adonner au plaisir de la danse. Elle aimait danser. Elle avait toujours aimé. Un art où sa légèreté et sa souplesse savaient se faire réels atouts de la jeune femme.

« Et bien laisse moi t'entraîner ! » Elle était joyeuse, la folie de la fête, les rires, la musiques avaient enivrer si bien Ayuka. Sa main attrapa de nouveau celle d’Eiichiro, l’entraînant au cœur de la fête alors que sur des rythmes de tambours et de flutes, de nombreuses femmes ainsi que leurs homologues masculins dansaient déjà à en perdre la tête et alors que son corps entier se laissa porter sur la musique, elle ne lâchait plus la main de son frère, de son ami, de son cousin, de cet homme si important dans sa vie.

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Ven 1 Déc 2017 - 21:29
Il souriait. Sûrement n’avait-il pas réellement idée de la maturité d’esprit de sa propre fille. Peut-être était-il plus protecteur qu’il ne le devait, tentant de rattraper ces dix années perdues. Ces dix années où il n’avait pas accepté cette responsabilité. Ces dix années où, comme toujours, il avait fui. Encore récemment, plutôt que d’affronter les conséquences, il avait encore fui. Comme un lâche. Comme le peureux qui se taisait constamment en ces limbes. Il craignait mais ne se dévoilait jamais. Comme il avait peur des Glaces. Encore plus depuis ce jour sous le Titan de Shîto. Pourtant, oubliant les mauvais souvenirs, il avait hoché de la tête.

_ Peut-être que tu as raison. Peut-être que je l’infantilise un peu trop pour rattraper mes erreurs passées. »

Admettre qu’il devait reprendre ses aventures ? Alors que celles-ci lui avaient causé tant de torts par le passé ? L’aveugle n’était pas encore entièrement prêt à se lancer à nouveaux dans ce duel des corps. Peut-être quelques mois de convalescence permettraient à son esprit encore fragile de retrouver toute l’ancienne aura farouche. Néanmoins, il n’arborait plus ce piteux état qui, alors qu’il partait ou revenait de Shîto, collait à sa peau. Comme un animal blessé. Aujourd’hui, la bête se retrouvait. S’il avait perdu de sa superbe et de sa crinière glacée, le démon se réveillait parfois, par instants, particulièrement lorsque les siens se trouvaient en danger ou qu’il devait agir pour eux.

Il se souvenait des tenues de sa cousine. Attirante par sa naïveté. Attirante par son regard pétillant. Attirante. Elle plaisait à bien des égards. Plus d’un homme, il le savait, avait déjà posé son regard sur elle. Pourtant, peu se permettaient de l’approcher. Était-ce le nom des Yuki qui effrayait ? L’aura glaciale de ce protecteur qu’il était ? Ou était-elle si inapprochable qu’aucun homme s’y essayait ? Il s’amusait de ses commentaires. Car il était vrai que, malgré les années, il l’avait rarement vue être proche de bien des hommes. Centrée sur son entraînement, sur sa vie au sein du Clan, il lui semblait pourtant ressentir bien autre chose dans le cœur de sa complice. Ces derniers mois, elle avait beaucoup grandi. Gagné d’une nouvelle maturité qui, si elle l’effrayait encore, lui collait pourtant si bien. Un jour, il le savait, elle serait bien meilleure que lui. En tant qu’être humain. En tant que guerrière. En tant que Cheffe et Représentante. Car, un jour, elle serait la suite. Elle serait, comme Rakka, l’un des legs qu’il laisserait.

_ Tu peux bien regarder qui tu souhaites, Ayuka. »

Puis, alors qu’elle entraînait dans la danse endiablée. Aveugle, il se laissait guider par elle. Par son rire. Par ses doigts. Il se laissait glisser dans cette humeur joyeuse et, oubliant les mauvais jours du passé, il se laissait sourire. Joyeusement. Oubliant Kiri. Oubliant Shîto. Oubliant même Iwa. Ce jour-là, comme dans ses souvenirs oubliés, il s’amusait. Il dansait. Aveugle. La tête remplie de ces sons qui lui donnaient la tête qui tourne, il se laissait emporter par son amie de toujours. Et, alors que les pas s’enchaînaient et que leurs corps se frôlaient, il glissa doucement à son oreille.

_ Me demanderais-tu de repeupler Iwa de Yuki sans que tu ne fasses un seul effort, petit flocon ? »
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Sam 2 Déc 2017 - 1:22
La danse. Par plusieurs moments, quelques rencontres éphémères lui avaient demandé quels pouvaient être les amusements pour des combattants aguerris, pour des êtres qui semblaient vouer leur vie à la guerre et la violence de ce monde. Question innocente mais qui avait toujours le don d’amuser Ayuka. Elle se trouvait être une humaine comme eux, une femme comme toutes les autres. Cela pouvait peut-être sembler être un cliché, mais la jeune femme aimait naturellement la couture, créer des pièces uniques de ses fines mains aux doigts agiles. La danse également. L’art de se mouvoir aussi vite et amplement qu’en combat mais sans violence, sans que tuer ne soit l’objectif.

Sans lâcher sa main pour qu’il ne perde pas la notion de l’espace ni qu’il ne tombe, Ayuka dansait. Comme elle savait si bien le faire, son corps suivant le rythme des musiques qui résonnaient dans tous le centre de la ville. Tournant sur elle-même, son haori aux couleurs de glace virevoltait à chacun de ses fins mouvements, ses cheveux blonds suivant la jeune femme dans cette danse salvatrice. Une danse qui libérait les cœurs et les corps.

Au bout de quelques longues secondes après l’entrée dans la fête, Ayuka entendit la voix de son ami se faire amusée à côté de son oreille, tentant de se frayant un chemin entre les percussions et les chants traditionnels. Elle rit à sa question, le voyant retrouver son attitude joueuse et piquante qu’elle aimait tant. Sans attendre mais sans arrêter de danser, la jeune manieuse de glace lui répondit « Je te demande de vivre et profiter de cette vie ! Quant à faire des efforts… » Elle-même se mis sur la pointe des pieds en finissant son mouvement, murmurant à son tour « Petit flocon qui remplira ses devoirs pour le bien du clan également ! »

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Sam 2 Déc 2017 - 13:42
Danse. Corps. Souvenirs. L’aveugle n’avait jamais été un homme festif. Pourtant, pour elle, il avait toujours eu cette faiblesse. Car il aimait découvrir son sourire. Car il aimait entendre son rire. Alors, il se laissait entraîner dans les fêtes. Comme ce soir, il s’était laissé entraîner par l’allégresse. Il s’était laissé guider par ces doigts qui se liaient. Et, dans l’humeur joyeuse de cette soirée, il s’était abandonné. A la bonne humeur. A sourire. Si la tête lui tournait, il en éprouvait comme une euphorie dangereuse, ne s’inquiétant pas de l’effet qui, bientôt, lui ferait sûrement perdre l’équilibre. Ses sens, en alerte, se perdaient dans les bruits. Les effleurements. Les odeurs. Et cette complicité qui, au fil des pas, se retrouvait encore. Comme s’il la conduisait pour la première fois au milieu de la danse.

Peut-être ne l’avait pas souhaité de la sorte pourtant, quand leurs corps se collèrent et qu’elle glissa près de son oreille, il avait frissonné. De plaisir. De la sentir si proche. D’entendre, dans sa voix, tout le plaisir qu’elle éprouvait. Juste ainsi, il la savait à sourire. S’il aurait aimé le revoir, il ne se sentait pourtant pas triste à cet instant, se contentant, peut-être involontairement, de la retenir un peu, une main délicatement posée dans le creux de ses reins. Avant de la relâcher à nouveau, laissant le cours de la danse les éloigner un instant. S’éloigner. Pour mieux se retrouver. Et sa tête qui tournait toujours un peu plus, entre ses sens qui ne savaient quelles informations lui donner. Bientôt viendrait le malaise d’une nuit trop agitée pour un visage sans regard. Et sans repères.

Qu’avait-elle voulu dire exactement ? Son esprit, perturbé, cherchait les réponses d’une question vaste. Avait-il fini par trouver au moins un homme capable de lui parler et, surtout, d’en atteindre son jardin privé ? Car, aussi lointains que pouvaient être ses souvenirs, il n’avait nulle mémoire de cette partenaire qui lui évoquait une nuit autrement mouvementée que par les danses d’un soir. Peut-être plus secrète qu’il ne l’était encore, il ne connaissait rien de son cœur. Finalement, alors que son pied se trébuchait et se perdait au milieu de pas qui perdaient en aisance, il s’approcha d’elle à nouveau.

_ Ne le fais pas pour le Clan, mais bel et bien pour toi. »

Une main posée sur sa hanche, il espérait lui faire comprendre que, finalement, elle méritait aussi de vivre sa vie comme elle l’entendait. Loin des devoirs des Yuki. Loin des entraves qui l’avait enchaîné toute sa vie. Jusqu’au jour de son exil et départ. Soirée où il avait brisé les chaînes des devoirs et responsabilités. Envers les Yuki. Envers Kiri. Envers lui.

_ Reste la femme dont je suis si fière, petit flocon. »
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Iwa Shukusai | Nouvelle Lune, Croissant d'un Autre Jour | Pv. Yuki Ayuka

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