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Iwa Shukusai | Au rythme des tambours fleuris ft. Eiichiro


Sam 18 Nov 2017 - 22:44

Au rythme des tambours fleuris.


Le soleil s’était levé sur une Sakuya aux yeux grand ouverts depuis plusieurs heures déjà, ce matin là. Le premier matin à Iwa, la promesse de nouveaux jours, plus brillants peut-être. La veille, la jeune femme originaire de Tetsu no Kuni avait eu une journée des plus éprouvantes, tant physiquement que psychologiquement et pourtant, elle n’avait presque pas fermé l’oeil. Trop de choses à penser, trop de choses à faire, et trop de temps à perdre. Sa mission menée à bien, elle en était rendue là, allongée au milieu d’une pièce encore trop froidement décorée, peu usitée, les murs témoignant seulement d’une occupation passée, trop ancienne pour que l’on puisse en déduire quoi que ce soit. Que pouvait-elle bien faire ce matin là ? Il était impensable de réveiller qui que ce soit ou simplement tirer ses cousins hors de leurs occupations. Alors elle était là, allongée, les yeux rivés sur le plafond sans vraiment le regarder. Les heures passaient, et le vide était toujours là.

Et puis, les minutes et les heures s’enchaînant le soleil montait bien haut dans le ciel et le village semblait s’animer, les bruits au loin commençaient à arriver aux oreilles des habitants du domaine Nagamasa. Le festival avait toujours cours, ces fameuses festivités que, la veille au soir, Eirin avait tant vantées. Sakuya n’était pas certaine de vouloir à retourner seule. Elle avait certes était attirée par cela lors de son arrivée mais à vivre puis voyager avec sa famille, elle ne savait trop comment se comporter seule en société. Elle n’avait aucun devoir imminent, aucune mission dans l’absolu, alors que faire ?

A présent assise, elle se décida. Il lui fallait prendre le taureau par les cornes et se jeter dans le grand bain. Ses frères ne s’en privaient sans doute pas. Qu’avaient-ils fait de leur soirée la veille ? Elle n’était pas sûre de vouloir le savoir, au fond. Aussi énergique qu’après une nuit de dix heures, la samouraï se leva et se prépara à toute vitesse. Croisant son visage dans un miroir dont elle n’avait même pas remarqué l’existence, elle constata sa tignasse bicolore en fouillis qui témoignait de la courte nuit qu’elle venait de passer. Un sourire se dessina sur ses lèvres tandis qu’elle y mettait de l’ordre. Pour quoi passerait-elle en se présentant de la sorte ?

Fin prête après s’être lavée, habillée et coiffée afin de se débarasser de l’air carnavalesque qu’elle avait sans doute eu en se présentant à son cousin la veille, elle passa enfin la porte de ses modestes quartiers. Elle n’avait pas besoin de beaucoup, et se montrait déjà très reconnaissante aux Nagamasa de l’héberger sur la simple parole de Watari. La jeune femme exprimait d’ailleurs sa reconnaissance en se montrant particulièrement polie et avenante avec chaque membre du clan qu’elle croisait en essayant de sortir du domaine en direction du marché. Malgré quelques inexactitudes dans le trajet - elle n’avait pas vraiment pris de repères la veille en allant se coucher - Sakuya se retrouva enfin devant le domaine, parcourant les rues en directiond de ces fameuses festivités qui commençaient à prendre de l’ampleur au beau milieu de cette matinée d’été. Impassible mais curieuse, elle observait tous ces gens se réjouir dans une ambiance festive de partage et d’amitié. A quelques exceptions près - nul pays n’est parfait - ils avaient vraiment l’air sympathiques, généreux et enthousiastes. Cela eut même pour effet de la mettre mal à l’aise, dans un premier temps. C’est qu’elle n’était pas habituée d’être le sujet de quelconques attentions, elle qui fréquentait si peu les fêtes pour son plaisir depuis le départ d’Eirin de Tetsu no Kuni. Et même auparavant …

Son attention fut néanmoins attirée par quelques stands. En passant à côté d’une échoppe de nourriture, son ventre se rappela à son bon souvenir mais elle ne céda pas tout de suite, se promettant d’y revenir un peu plus tard. Sakuya trouvait cela triste de manger seule et préférait attendre d’avoir de la compagnie. Peut-être Eirin plus tard, ou son cousin Watari avec qui elle avait une sincère envie de nouer des liens sur une base plus saine que ce que l’Ancêtre leur imposait. Pour éviter de trop être soumise à la tentation, elle s’éloigna sous le regard un peu déçu de l’enfant du cuisinier à qui elle faisait signe en s’en allant. Ce petit bonhomme avait l’air intrigué par ses cheveux, mais elle ne lui laisserait pas encore les analyser en détail.

Une autre échoppe attira son attention un peu plus loin, un femme d’environ quarante ans à vue d’oeil et à la tenue assez remarquable vendait ce qui ressemblait à diverses sortes de jouets aux couleurs criardes mais somme toute harmonieuses. Sakuya ne sut pas exactement ce qui attirait son regard d’acier, les jouets en eux-même ou leurs couleurs chatoyantes, mais elle se retrouva bien vite, sous le regard bienveillant de la marchande, à les essayer les uns après les autres, un petit sourire naissant sur ses lèvres témoignant d’un enthousiasme enfantin qu’elle réprimait difficilement. Avait-elle seulement envie de le masquer ? Son éducation, oui, mais elle n’avait plus une telle influence dans ces circonstances. Alors qu’elle jouait avec admiration avec un den den daiko aux milles couleurs et aux sons, une silhouette dans son champ de vision attira son regard. Sans cesser de faire résonner le tambourin et en riant de bon coeur, Sakuya jetait de temps à autres un oeil à cette silhouette qui semblait faire des aller-retours derrière elle. Peut-être était-ce seulement une impression, mais la jeune femme avait le sentiment d’attirer l’attention de cette personne. Mais sa modestie la gardait évidemment de le supposer bien longtemps. Alors elle jouait, comme elle l’avait peu fait enfant, son rire discret mais cristallin résonnant en rythme avec ce joli tambour.




Dernière édition par Hoshino Sakuya le Mer 3 Jan 2018 - 15:08, édité 3 fois
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Sam 25 Nov 2017 - 17:12
Foule. Tant de monde. Amalgame de nombreux groupes. Comme si chacun se donnait rendez-vous en même temps. Au même endroit. Tout le monde s’y rendait dans un même but. Mais personne ne se connaissait réellement. Ici, le bruit était assourdissant. Infernal. Incessant. Là, un homme criait dans l’oreille d’un autre pour se faire entendre. Un peu plus loin, un groupe de demoiselles rigolait à s’en faire entendre par le groupe d’hommes qui se pensait encore discret. Ici, deux femmes se battaient pour un même bracelet tandis que deux hommes soupiraient. Et, dans cet ensemble hors-du-commun, dans cette foule sans visages ni noms, les uns et les autres se perdaient. Au fil des échoppes. Au fil des rues. Au fil d’un monde qui ne finissait jamais de changer. Cette foule, elle pouvait enivrer. Ou rendre malade. Elle faisait tourner la tête. Par ses bruits. Par ses cris. Par cette folie. Ce désordre.

Il était sorti. Parce qu’il ne savait pas quoi faire. Parce qu’il n’avait rien à faire. Alors, de sa canne, il avait renversé la poussière qui filait sur les chemins de terre. Il avait marché longuement. Il s’était même perdu, finalement. Car, entièrement aveugle, il était bien souvent de marcher bien loin. Quelques virages suffisaient encore à lui faire perdre le sens de l’orientation. Souvent, il lui suffisait même d’un bain de foule pour le perdre entièrement. Il détestait de plus en plus le monde. Car s’il avait difficilement accepté sa nouvelle cécité, c’étaient surtout les nombreuses conséquences qui étaient un véritable handicap. Il lui était devenu difficile de se déplacer seul. Il était maintenant souvent considéré comme un véritable fardeau. Pour autant, l’homme retrouvait ses forces. Au fur et à mesure des mois, il n’était plus le même. S’il s’était si longtemps laissé envahir par la Glace, il l’enfermait maintenant le plus souvent, libérant son véritable potentiel lorsque les temps le demandaient. Aujourd’hui encore, il craignait sa propre puissance.

Au milieu de la foule. Seul. Il marchait encore, tandis que sa canne frôlait le sol, effleurait les pieds de passants qui grognaient, il fut bientôt bousculé par un fuyard qui, s’échappant de son crime, le renversa sans même un regard pour sa personne. Bientôt, perdant l’équilibre, il s’écroula sur quelqu’un, renversant même l’étal devant lequel la demoiselle se dressait. Et, déjà, la tête perdue, le sens de l’équilibre arraché, il s’écroulait. Perdu au milieu des cris. Perdu au milieu de la foule. Perdu entre tous ses sons. Entre ce marchand qui hurlait après ses biens volés. Entre cette foule qui se posait mille questions. Entre ces badauds qui lui demandaient s’il allait bien. Entre ce marchand qui grognait pour l’ensemble de son étalage renversé. Et lui. Perdu.
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Sam 25 Nov 2017 - 19:29


Eiichiro & Sakuya

Au rythme des tambours fleuris.


En un instant, la bonne humeur et l’agréable effervescence du festival s’était muée en une sorte de panique étrange. Qui aurait pu s’en étonner ? Les endroits bondés ainsi proposant diverses échoppes sont bien lieux de prédilection des chapardeurs et il n’y avait pas de vraie raison pour qu’Iwa fasse exception à cette règle. Absorbée par son jouet telle une enfant, Sakuya n’avait pas remarqué cet individu bien trop pressé qui s’approchait avec son butin, et ne fut sortie de sa rêverie que par le mouvement de foule qui accompagna la fuite du gredin.

Un mouvement de foule bien plus grand qu’elle ne l’aurait imaginé car cet homme dont la silhouette avait attiré son attention un peu plus tôt perdit l’équilibre et, malgré ses réflexes habituellement irréprochables, elle ne put le rattraper. Dans sa chute, il renversa l’étal de la marchande rejointe par celui qui semblait être son époux, ainsi que la Hoshino qui mordit tristement la poussière. La jeune femme se retrouva étalée de tout son long, sur le dos, et sentit comme un poids sur ses jambes. S’il n’était pas totalement allongé de tout son poids sur elle, l’inconnu semblait en bien mauvaise posture et elle-même mit bien quelques secondes à réaliser l’état de cette inconfortable situation. L’homme la surplombait et si elle ne pouvait pas lire son regard, son expression trahissait son trouble. Comprenant soudain le malaise dans lequel il devait se trouver en voyant sa canne, Sakuya oublia sa propre gêne un instant et se reprit. Il ne pouvait pas la voir rougir, de toute façon. Tout en jeta un regard rageur aux passants qui regardaient la scène d’une curiosité qu’elle n’arrivait pas à trouver bienveillante, elle leur lança d'un ton péremptoire. “ C’est bon, c’est bon ! Circulez !”

S’extirpant de cette position incommodante, elle prit bien garde à ne pas mettre de coup ou faire perdre l’équilibre de l’homme qui n’avait pas encore bougé. Puis, délicatement, elle attrapa son bras en s’accroupissant à ses côtés pour l’aider à se relever. “ Je suis vraiment navrée.” Commença-t-elle d’une voix faible, tout juste pour qu’il puisse l’entendre. “ J’aurais dû voir cet imbécile arriver. Veuillez m’excuser. Vous n’avez rien ? ” Des sentiments contraire l’animaient en cet instant, que les modulations de sa voix exprimaient dans toute leur diversité. Une envie de punir le voleur non pas pour son larcin dont elle n’avait que faire, mais pour la situation dans laquelle il les avait mis. Une gêne toujours, et puis ce besoin de bien faire, en vertu de sa formation de médecin mais sa culpabilité de n’avoir pas pu empêcher cet incident qui devait le mettre bien mal à l’aise. En toutes circonstances, Sakuya ne savait réagir autrement qu’en se posant des exigences hors de propos.

Et puis, enfin, elle se mit à détailler cet inconnu indépendamment de la situation. Un souvenir lui vint en mémoire, celle d’une discussion avec ses cousins à propos de leur désertion, accompagnés par des membres du clan Yuki de Mizu no Kuni. N’était-ce pas ce Eiichiro, grand ami de Watari ? Comme obnubilée par cette question, elle n’attendit pas, à son regret plus tard, pour poser la question. “ Mais … Vous êtes Eiichiro-sama ? ” Lança-t-elle dans des inflexions plus aiguës que de coutume qui trahissaient la spontanéité inhabituelle de sa question. La gêne envolée plus tôt par nécessité revint la frapper instantanément lorsqu’elle réalisa que, même si elle ne se trompait pas sur l’identité de l’homme, ce n’était sans doute pas le meilleur moment pour des présentations. Tout en se mordant la lèvre dans un réflexe punitif, elle glissa sa main vers celle de l’inconnu, estimant ce contact moins embarassant une fois celui -ci remis sur pieds que de le tenir par le bras - à plus forte raison qu’il était bien plus grand qu’elle. Sakuya n’était pas exactement à l’aise avec les contacts physiques non sollicités et doutait que dans sa situation elle les accepterait facilement, mais c’était là le seul moyen de transmettre sa sincérité dans son envie d’aider. Et puis, elle avait de la poigne, elle pouvait se permettre de lui porter assistance.

“ Pardonnez ma rudesse, je suis en fait la cousine de Watari. J’espère ne pas vous avoir embarassé.” Ajouta-t-elle d’une voix plus maîtrisée et solennelle. S’il s’agissait bien de cet Eiichiro dont elle avait entendu parler, la jeune Hoshino n’avait aucune envie de paraître sous un mauvais jour auprès de lui, tout au contraire.

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Dim 26 Nov 2017 - 17:12
Lorsqu’il ne l’était pas encore, l’aveugle détestait déjà les foules. Elles avaient ce caractère uniforme de ressembler à un véritable troupeau qui ne demandait qu’à être guidé. Au sein de ces amas d’hommes, de femmes et d’enfants, le danger pouvait venir de n’importe où. Là, on devenait une cible mouvante sans savoir d’où viendrait l’ennemi. Pourtant, son calvaire n’était rien en comparaison de ce qu’il vivait dorénavant quotidiennement. Car s’il avait toujours détesté la foule par arrogance, dorénavant, il la craignait. Bruyante. Enivrante. Elle lui donnait le tournis, lui qui ne savait vers où il devait donner de l’oreille. Car tous parlaient en même temps. Il ne pouvait se concentrer sur rien. Ou sur tout en même temps. Mais, surtout, il ne pouvait ni entendre ni voir le danger. Entièrement plongé dans l’obscurité, il ne savait que croire. Le pouvait-il seulement ? Perdu dans l’obscurité d’une foule qui le bousculait sans cesse, il avait soudainement perdu l’équilibre.

Situation improbable. Gênante. Malencontreuse. Alors qu’il tombait, il avait renversé quelqu’un. Une femme en l’occurrence. Alors que les bassins se joignaient dans un ballet d’inconfort, il s’était relevé rapidement. Dans sa chute, il était tombé sur elle. Et non seulement de perdre sa canne, mais surtout de la briser. Volée en éclats, il n’en gardait qu’un morceau dans sa main gauche, restée au sol. Pourtant, et malgré l’inconfort, tout ceci aurait pu être encore bien pire. Il le savait, il aurait pu se retrouver dans une situation bien plus gênante encore. Heureusement, plus de peur que de mal, il se gardait néanmoins d’un quelconque commentaire, la laissant se libérer. Mais, finalement, alors qu’il se laissait tomber, se tournant en même temps, il poussait un long soupir. Il détestait le contact avec les gens. Autant que les foules. Se gardant de dire quoi que ce soit, il regrettait amèrement cette sortie.

Alors qu’elle s’excusait, il hochait négativement de la tête alors qu’elle le relevait. Pourtant, sans sa canne, brisée par le choc, il avait soudainement peur de perdre l’équilibre. Aussi, dans un geste illusoire pour le retrouver, il avait écarté les bras, formant un cercle autour de sa propre personne. Déglutissant, sans pour autant faire de gestes brusques, il tentait de garder son calme, tandis qu’il paniquait toujours un peu plus.

_ Je n’ai rien mais … Sans ma canne, je ne peux pas me déplacer sereinement. »

Tentant de prendre une longue inspiration, il redoutait l’instant. Il redoutait chaque contact. Il redoutait finalement la foule. Pris au piège. Il ne savait rien. Il ne voyait rien. Inondé par le bruit, sa tête tournait de plus en plus. Et comme une sensation de déséquilibre, il se retint comme il pouvait à ce qu’il trouvait, se retenant, surtout, d’en être malade. Car son estomac se retournait en même temps qu’il paniquait. Une peur sourde. Une peur aveugle. Une peur où, brutalement, il était entièrement plongé dans le noir. Il n’entendait rien. Il ne voyait rien. Il ne sentait rien. Ses doigts entièrement bandés, insensible. Son visage bandé, aveugle. L’envie de vomir, son estomac plié. Lâchant cette main qui le tenait, il se tourna, cachant tant bien que mal, les maux qui le rendaient malade.

_ En effet … Eiichiro. Et vous êtes, cousine de Watari ? »

Des réponses courtes, car ses haut-le-cœur ne s’arrêtaient pas. Prêts à bondir à nouveau. Néanmoins, intrigué, les sourcils froncés, il laissa une de ses mains contre un mur, seul contact sûr et dur qu’il pouvait ressentir. Pourtant, s’il se questionnait sur la fameuse cousine Hoshino, il se demandait encore plus comment, maintenant, il retrouverait le chemin de la demeure familiale.

_ Pourquoi m’auriez-vous embarrassé ? C’est à moi de m’excuser dans la situation. Je ne vois rien, et j’ai été déséquilibré au milieu de la foule. Je vous ai renversée. J’espère que je ne suis pas encore trop lourd, malgré tout. »

Une tentative de sourire. De rire aussi. Sans véritable grand succès. Néanmoins, posant sa deuxième main contre le mur, il laissa sa tête tomber en avant alors qu’il se concentrait à retrouver le calme à l’intérieur. Inspiration. Expiration. Inspiration.
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Jeu 30 Nov 2017 - 1:12


Eiichiro & Sakuya

Au rythme des tambours fleuris.


La canne … la canne … Au milieu des badauds bien trop intéressés par cet homme qui se trouvait clairement au plus mal, la jeune femme cherchait du regard ce qu’il restait de la canne d’Eiichiro, alors qu’il ne lui restait qu’un morceau dans la main. A quoi bon chercher ainsi alors que ce n’était qu’une canne ? Elle ne pourrait pas la réparer sur le moment, et il était de toute façon déjà trop tard. Pour autant, tandis qu’elle en cherchait les morceaux, son agacement commençait à l’envahir en constatant qu’ils continuaient de ralentir en passant près d’eux, jetant des regards parfois intrusifs que l’homme ne percevait pas, mais que Sakuya, elle, trouvait particulièrement malvenus. Souhaitant avant tout le mettre plus à l’aise, elle ne prononça aucun mot à l’attention des irritants habitants du village, leur faisant signe de circuler, essayant du même coup de leur faire comprendre qu’elle prenait les choses en main. Absolument pas adepte de langue des signes, elle ne pouvait pas expliquer à tout ce beau monde qu’elle était médecin. Soit. Mais son attention ne devait pas se concentrer sur ces choses là.

“Désolée pour votre canne mais … je vais vous aider, c’est la moindre des choses. Et c’est mon travail, après tout.” Ajouta-t-elle en ponctuant ses mots d’un rire qui se voulait rassurant et chaleureux. “ Je m’appelle Sakuya. Hoshino Sakuya, de Tetsu no Kuni, enfin, jusqu’à aujourd’hui.” Le malaise qu’elle pouvait ressentir la rendait un peu trop volubile, aussi se mordit-elle la lèvre pour taire la logorrhée qui se profilait si elle ne faisait pas plus attention.

Sakuya connaissait les gestes, et la façon de moduler sa voix pour rassurer. Elle l’avait appris, et éprouvé durant des années, aussi se montrait-elle un peu plus confiante lorsqu’il s’agissait de suivre un protocole dans un contexte alarmant de ce genre. La jeune femme savait aussi avoir la bonne expression, le bon regard, mais cela ne lui serait d’aucun usage dans ce contexte. Aussi, elle s’en remit aux gestes, aux sons, à la voix. S’il était aveugle et qu’il perdait ses repères, il lui fallait le remettre dans une atmosphère propice à la mise en place de nouveaux. Éloigner le brouhaha - c’était presque chose faite, les seuls êtres encore proches étaient les commerçants dont les étals les entouraient - et redonner un équilibre physique, un repère sonore à suivre.

Tout d’abord, continuer la discussion, concentrer même inconsciemment son esprit sur sa voix, une voix qu’elle savait bien plus douce que l’idée que les gens se faisaient de ses manières par ailleurs. “ Je dois être un peu trop déférente. Et vous n’êtes pas si lourd.” Sa voix trahissait son sourire et elle n’en était pas fâchée, bien au contraire. “ Je pense que dans cette situation, ni vous ni moi n’avons à nous excuser.” Tout en veillant à ne pas se montrer trop discrète dans ses mouvements pour ne pas avoir l’air de le prendre par surprise, elle posa une main, délicatement, très lentement, sur le haut de son dos. Parfois, le contact humain aidait à reprendre ses esprits, et cela sans même avoir à insuffler quoi que ce soit d’autre dans ce contact. “ Ca n’est qu’un regrettable coup du sort.” Puis, sa seconde main s’approcha du bras qu’il avait éloigné un peu plus tôt, l’effleurant pour faire sentir sa présence sans imposer de prise pour l’instant. Toujours laisser le choix. “ Je suis néanmoins très honorée de vous rencontrer. Et je peux vous aider à vous repérer, en attendant de vous trouver une canne de remplacement. Je ne connais pas encore le village mais nous nous débrouillerons.” Il y avait un fond de péremptoire dans cette voix au ton attentionné mais respectueux. Sakuya restait Sakuya, elle faisait les choses bien, sans condescendance ni irrespect, sachant dispenser sa douceur en quantités raisonnables dans les occasions qui le nécessitaient. La jeune femme, pour avoir déjà traité des patients dans des situations de malaise du même genre, savait que l’ego pouvait être ce qui souffrait le plus, et il n’y avait rien de bon à se lancer dans des démonstrations de pathos exagérés. “ C’est à vous de décider.” Conclut-elle en observant avec grande attention les expressions de cet homme dont la contenance dans ces circonstances l’impressionnait malgré tout.

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Dim 10 Déc 2017 - 20:19
Elle se nommait Sakuya, du même Clan que son ami, Watari, et de sa cousine, Eirin. Pourtant, à cet instant, il n’avait que faire de comment elle s’appelait. Ce n’était pas vraiment la panique qui faisait vibrer son cœur. C’était cette soudaine perte de repères. Comme si, brutalement, cette cécité lui revenait plus violemment. Plus féroce qu’elle n’était au naturel. Car à l’instant où il perdait sa canne, il perdait ce seul lien qui rendait ce monde tangible. Il était aveugle. Entièrement. Uniquement. Comme lorsqu’il s’était réveillé dans cet hôpital, le souffle court. Comme lorsqu’il s’était réveillé sur le navire qui le ramenait à Kirigakure. Comme à chaque instant où il se réveillait brutalement. Aveugle. Telle était la dure mais véritable vérité. Une vérité qu’il fuyait constamment. A l’aide de sa canne. A l’aide de ses autres sens. Pourtant, à l’instant où sa canne s’était brisée, il avait tout perdu. Gorge nouée. Tête tournoyante. Estomac serré. Constat terrible d’une peur qui surgissait du fond de ses entrailles.

Il sentit cette main qui se posait dans son dos. Chaleureuse. Comme un rappel qu’il n’était pas seul. Qu’elle était là, aussi. Il ne voulait pas d’elle. Pas à cet instant. Pas maintenant. Jamais maintenant. Jamais. Pourquoi fallait-il que cela lui arrive ? Pourquoi avait-il fallu que sa canne se brise ? Pourquoi était-il devenu aveugle ? Pourquoi ? Tant de ces pourquoi qui rongeaient ses convictions. Car, alors qu’il sentait sa deuxième se poser, il doutait un peu plus de son monde. Bouleversements. Changements. Mouvements. Et alors qu’il recherchait les grands frissons, il s’était mis à les redouter. Comme une crainte profonde d’un nouveau dérèglement. 201, une année obscure. Une année qui avait mis ses pensées en doute. Qui avait entièrement renversé les schèmes de sa pensée. Lui, le guerrier. Lui qui s’était tant battu pour la liberté de Mizu no Kuni. Lui qui s’était retrouvé soudainement entravé aux responsabilités qu’il fuyait. Lui qui avait perdu sa vue. Aveugle. Cécité. Handicap. Médiocrité. Pitié. Voilà ce qu’elle ressentait à cet instant. Non pas de la compassion. Mais de la pitié. Car il était aveugle. Mais pas sourd. Puis, crachant pour lui-même, alors qu’il serrait les dents pour se reprendre, il lâcha quelques mots vers cette Hoshino bien différente de son cousin.

_ Quel est donc l’honneur de notre rencontre ? Gardez vos beaux mots pour d’autres, Hoshino. Je suis aveugle, il n’y a aucun honneur dans cette rencontre. »

Soufflant pour lui-même, tentant de retrouver un peu de cette harmonie perdue, tentant encore de retrouver le calme de ses pensées, il laissa doucement sa tête reposer contre la pierre froide. Comme si cela lui permettrait de retrouver le calme de ses pensées désordonnées. Une inspiration. Une expiration. Il ne l’avait pas repoussée. Nullement. Pourtant, ses mots, claquants, ne se retenaient pas. Comme s’il se détestait, lui, et non elle. Car il se détestait, lui, et non elle. Il se détestait. Pour ses crimes. Pour ses erreurs. Pour ses doutes. Pour sa lâcheté. Il se détestait pour cet handicap qu’il s’était causé. Fruit de ses maladresses. Fruit de sa propre folie.

_ Si vous connaissiez mes crimes, vous sauriez qu’il n’y a là aucun honneur à cette rencontre. »

Puis, se redressant, tentant de trouver un nouvel équilibre de ses jambes tremblantes, il tentait encore de percevoir le monde alentours. Se repérer aux sons. Juste ceci. Sans connaître son environnement. Sans pouvoir réellement le discerner. Ne pas connaître ce sol qui, à chaque instant, pouvait cacher un autre piège. Doute. Ses doigts contre le mur, il tentait encore de retrouver la sérénité suffisante pour retrouver son chemin.

_ Je n’aurai pas besoin de votre pitié ou de votre compassion pour retrouver mon chemin … »
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Sam 23 Déc 2017 - 16:38


Eiichiro & Sakuya

Au rythme des tambours fleuris.


Pour une première rencontre dans le village de la Roche, Sakuya n’était pas exactement fière de la façon dont elle s’en sortait. Au moins, elle savait qu’il ne s’agissait là ni d’un représentant de la mentalité Iwajine, ni même un représentant du village tout court puisqu’il n’était pas du coin. La jeune femme fronça les sourcils en analysant son comportement constatant qu’il faisait partie de ces anciens combattants qui refusaient l’infirmité à un point tel qu’ils s’en prendraient à la terre entière. La samouraï l’acceptait bien lorsqu’il s’agissait de ses propres patients, néanmoins, celui-ci était un inconnu faisant preuve d’une mauvaise foi manifeste. Au bout du compte, s’il faisait le choix d’analyser ses mots d’une mauvaise façon, autant ne plus prendre de gants, et faire montre de la franchise qui caractérisait sa personne.

“ Oh je songeais que le sujet de l’admiration de mon cousin devait valoir ma politesse mais je constate que ce n’est pas le cas. Alors si ce que vous voulez c’est de la franchise alors soit.”

Tandis qu’elle prononçait ces quelques mots d’un ton trahissant sa vexation, d’autres badauds s’approchaient dangereusement, animés d’une curiosité malsaine, et cette fois, elle ne s’en tint pas aux seuls grands mouvements silencieux. “Mais barrez-vous !” Lança-t-elle aux quelques Iwajins qui s’éloignèrent alors d’un air effrayé. “ Pas vous.” Poursuivit-elle d’un ton péremptoire au Yuki qui semblait de toute façon bien trop déboussolé pour s’en aller. Croisant les bras et le toisant de sa petite hauteur qui ne lui permettait de le faire pour personne, elle attendit patiemment qu’il reprenne son souffle, quelques secondes, avant de reprendre la parole. “ Je me fiche bien de vos crimes, vous êtes l’ami de Watari, vous êtes en difficulté, je vous aide. C’est élémentaire et c’est mon travail.” Sakuya n’était pas obligée d’apprécier ses patients, après tout. Quoiqu’elle regrettait bien d’être incapable de percevoir ce qui plaisait à son cousin dans cet homme. Etait-ce plus intime ? Tout en levant les yeux au ciel, elle secoua la tête pour chasser cette idée de son esprit. Mais au moins, elle était bien moins intimidée par l’aveugle et, quelque part, par son cousin également.

“ Je ne ressens aucune pitié envers vous, mais j’imagine que votre ego blessé vous porte à penser que toute compassion ou politesse élémentaire à votre égard ne ferait qu’entacher votre fierté. En attendant, vous ne rentrerez pas chez vous sans aide. A moins de vouloir embrasser le sol une nouvelle fois.” Calmant son ton sec sans pour autant laisser la moindre place pour le doute ou le refus, elle lui annonça simplement. “ Donc quand vous serez prêt, je vous guiderai. C’est pas négociable.” Puis, s’approchant lentement une nouvelle fois, elle se positionna à ses côtés et plaça son avant bras gauche sous celui, à droite, de l’aveugle. Reprenant son ton calme et chaleureux, explicitant dès lors qu’il ne s’agissait clairement pas de pitié mais plutôt d’une technique purement mécanique pour apaiser un patient en panique, elle annonça simplement. “ Quand vous vous sentirez prêt, Eiichiro-sama.”

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Lun 25 Déc 2017 - 14:37
Il poussa un soupir. Décidément, tous les Hoshino avaient-ils été fait dans le même moule ? Celui d’être aussi borné. Celui d’être aussi pénible. Car la jeune femme, nouvelle cousine d’un homme qu’il savait apprécier comme son ami, ressemblait étrangement aux deux autres déjà rencontrés. Watari. Eirin. Et maintenant, Sakuya. A croire que ceux-là grandissaient plus vite qu’il ne poussait des Yuki. Réservaient-ils encore des surprises auxquels l’aveugle ne voulait peut-être pas se confronter ? Pour autant, sans sa précieuse canne, ce dernier était bel et bien perdu. Malheureusement, Ayuka n’était pas présente en cet instant, elle qui avait pourtant tant l’habitude de le guider, notamment à l’aide de petites clochettes soigneusement placées pour lui. Il lui en avait été reconnaissant à l’époque car, dès ce moment, il s’était mis à se concentrer uniquement sur ce bruit, s’assurant ainsi d’oublier ce monde qu’il craignait tant. Mais aujourd’hui, elle n’était pas là et c’est ainsi qu’il devait rencontrer l’une des nombreuses cousines d’un Watari plein de surprise.

Poussant un soupir alors qu’elle lui passait son bras contre son gré, il baissa la tête et, de sa voix froide, devenue cassante, il lui répondit rapidement.

_ Ai-je donc seulement le choix ? »

Et, haussant les épaules, sa main gauche devant lui, le pas des plus hésitants, il se mit lentement à avancer. Car il ne la connaissait pas, il ne lui faisait pas confiance. C’est ainsi que, accompagné de cette infirmière, guidé par le bras, il sortait lentement de ces rues commerçantes où, grincheux, il bougonnait pour lui-même. Il s’en voulait d’être ainsi sorti, seul. Car il venait de faire la mauvaise rencontre de cette Hoshino. Aussi, gardant longtemps le silence, ne sachant finalement que dire, il patienta que le bruit s’atténue à ses oreilles sensibles, et, s’arrêtant un moment, il arracha son bras de cette étreinte désagréable.

_ Je retrouverai bien mon chemin par moi-même d’ici, Hoshino. Tu veux quelques pièces pour le désagrément, histoire de me foutre la paix ? … »
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Mer 3 Jan 2018 - 15:23


Eiichiro & Sakuya

Au rythme des tambours fleuris.


“Non, effectivement.”

Exaspérée par le comportement de cet Eiichiro, mais aussi par son incapacité à l’apaiser, Sakuya rejeta la tête en arrière en retenant un long soupir agacé, faisant tinter ses boucles d’oreille imperceptiblement. Qu’est-ce qu’il pouvait être borné, et sans filtre, celui-là ! Pour autant, c’est avec une grande délicatesse et beaucoup de précautions qu’elle l’accompagna hors des rues marchandes du quartier commerçant. Plusieurs fois en cours de route elle ouvrit la bouche, comme pour essayer d’apaiser les esprits, discuter, essayer d’en savoir plus sur cet homme, comprendre ce qu’il avait de si particulier que son cousin en parle en des termes si peu restrictifs. Mais rien ne venait. Et Sakuya n’était pas bien sûre de vouloir se faire encore envoyer sur les roses par ce grand type bourru et borné. L’on dit parfois qu’il ne faut pas rencontrer les gens que l’on admire au risque d’être déçu, dans le cas de Sakuya, elle avait à peine eu le temps de le jauger qu’elle était tombée de haut. Elle se nota alors pour elle-même de ne jamais s’approprier les héros des autres.

Alors qu’elle s’attendait à le conduire jusque chez lui, sur ses indications puisqu’elle ne connaissait pas l’emplacement de sa résidence, il s’arrêta plus vite qu’elle ne l’aurait cru. “Tout va bien ?” Demanda-t-elle d’un ton doux, sincèrement inquiète de son état. Mais il coupa court en s’éloignant d’elle un peu brusquement. De toute évidence, son approche un peu rude n’avait pas fonctionné, il en devenait même franchement injurieux. “ Très bien.” Répondit-elle d’un ton poli, avant de reprendre, imitant ce ton froid qu’il osait prendre avec elle. “ Bon sang mais quel ego. Non, je n’en ai pas après votre argent. Je vous laisse vous débrouiller si c’est ce que vous voulez. Et je vous souhaite une bonne journée, quand même.”

Si elle était rancunière, Sakuya n’était pas pour autant inconsciente. Elle recula de quelques pas, faisant mine de s’éloigner, et se retourna discrètement, immobile, pour l’observer. La médecin voulait vérifier qu’il trouvait bien le chemin de sa demeure, et n’avait pas de problème sur le chemin. Après tout, elle n’avait même pas eu l’occasion de vérifier son état de santé, et il ne se prêterait sans doute pas à ce genre d’examen maintenant. Alors, les bras croisés, elle le regardait, attendant de le voir s’éloigner pour apaiser ses regrets de n’avoir su régler le problème efficacement.

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Iwa Shukusai | Au rythme des tambours fleuris ft. Eiichiro

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