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Iwa Shukusai | Au calme des origamis // Kanon


Dim 19 Nov 2017 - 23:15
- Azami ? Tu sais que je t'aime, mon enfant ?
- Oui, grand-mère. Mais pourquoi me dis-tu cela, tout d'un coup ?

La jeune femme fixait sa grand-mère avec un œil étonné. Celle-ci, le teint tanné par le soleil, le visage dont on croirait les rides creusées par le vent et l'eau elle-même, eut un sourire étrange avant de lui dire doucement :

- Parce qu'on ne sait jamais le temps qu'il nous reste, ma petite Azami.


*

Cet échange datant d'il y a trois ans, lui revenait sans cesse en tête, comme une mauvaise chanson que l'on n'arrivait pas à oublier et que l'on chantonnait en pensée, bien qu'elle nous agace. Qui aurait cru que ce jour-là, la doyenne des Adamachi, s'éteindrait ?

Azami, elle, n'aurait pu le deviner. Mei, malgré son âge avancé, rayonnait de vitalité et d'une santé de fer. Le chagrin, trois ans plus tard, lui étreignait toujours le coeur. C'est un soir de festival, où la bonne humeur et l'ambiance éclatante des rires s'éveillait, qu'elle sombrait dans une sorte de déprime morose, que l'on ne pouvait lire sur son visage, mais que l'on percevait clairement si on regardait au fond de ses iris sombres et noirs.

Et détestant l'agitation, encore plus que cette fois où elle avait rencontré un aveugle au centre de la place, elle s'était isolée cette fois-ci au côté d'un stand d'origamis, peu animé et peu attirant. Le teneur de boutique était endormi sur son étal. On entendait les rires et les cris au loin, mais ceux-ci Azami essayait de les oublier du mieux qu'elle pouvait, comme la douleur lancinante qui envahissait son coeur, à la manière du ressac de l'océan, laissant des coquillages effilé à l'intérieur.

Tenant une grue d'une de ses mains douces et délicates, elle était perdue dans ses pensées, et sursauta au moment où quelqu'un lui tapa sur l'épaule pour attirer manifestement son attention, laissant tomber l'oiseau de papier par terre.
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Lun 20 Nov 2017 - 1:06



Le festival, sous les aurores de l'été, se poursuivait avec entrain, telle une danse joyeuse, une danse jubilant les plaisirs s'ancrant dans moult cœurs, une danse paraissant sans fin et semblant prendre place depuis la nuit des temps. Seulement, il aurait été bien sot de croire, que sous cette mascarade, tous étaient touchés par les futilités d'un esprit volage, se satisfaisant simplement, plus que de raison, de deux ou trois attractions servant à faire oublier les ombres de jadis.

Kanon était l'une de ces personnes qui voyait le coté sombre des choses, bien avant la luminescence éblouissante servant d'illusion pour terrer dans l'anonymat ce qui se tramait dans les ténèbres de l'obscurité. Il venait de terminer ce qu'il devait par obligation à Iwagakure, de part son affiliation à ses forces armées. Déambulant dans les rues, où la fête et les manants se plaisaient à jouer haut et fort la fanfaronne parade, il finit par emprunter un chemin de traverse, un peu à l'écart de toutes ces facéties dont il n'avait cure. Quoique, il avait déjà participé à quelques unes de ces incroyables facéties, par curiosité, par ennui.

C'est alors qu'il aperçu dans l’évanescent horizon, à l'orée nocturne, une silhouette familière, une personne qu'il connaissait, pour ne pas avouer des plus inoubliable. La nubile se tenait devant une petite échoppe situé à l'écart. Tenant dans sa gracile main, un origami. Il ne pouvait voir qu’une légère esquisse de son visage, mais aucun doute possible. Se faufilant derrière elle, tel un renard voulant jouer un mauvais tour, surprendre une proie bien juteuse en sautant dessus toutes griffes dehors, plantant ses dents acérées dans sa chair tendre et charnue, il posa sa main sur la frêle épaule de l'ingénue. Doucement, du bout des doigts, avec une délicatesse oscillant entre la caresse et le respect, pour ne pas trop la faire sursauter par surprise.

L'espiègle, stupéfaite, fit pourtant tomber l'animal de papier, qui trébucha sur le sol glacé. Le Dragon se baissa et ramassa l'objet, comme machinalement, le regardant ensuite brièvement, avant de lui tenir ce langage.

« Azami-san, cela fait bien longtemps que nous ne nous sommes croisés. Je ne savais pas que l'origami vous intéressiez tant. » -lui tendant le volatile, dont une des ailes était légèrement froissée dès suite de sa chute-

Il connaissait cette nomade s'étant par jadis installée au creux de la Roche. Leur relation oscillait entre amitié d'enfance et légère rivalité. Cela faisait un moment, qu'il n'avait croisé cette demoiselle au teint tenant de la blancheur immaculée. Elle semblait ne pas être au meilleur de sa forme, il pouvait lire sur ses traits qu'elle était emprunte d'un certain désarrois, voir même, une tristesse pouvait s'entendre dans les battements de son cœur esseulé.

Le Dragon d'Iwagakure pencha la tête en plongeant son regard dans le sien.

« Excusez-moi, je crois que je vous ai surprise. »

Il esquissa un léger sourire amical à son égard, tout en continuant de la fixer de ses pupilles oscillant entre le jade et l'azur.

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Lun 20 Nov 2017 - 1:30
En croisant son regard, même pendant un court instant, la jeune femme reconnut Kanon. Ce gamin, qui avait treize ans à l'époque où une partie de sa tribu et elle s'étaient alors installés à Rokkusu. Il ne lui avait pas lâché les basques à l'époque le bougre. D'un naturel plutôt curieux, il fallait bien admettre que croiser une nomade, ça ne se voyait pas tous les jours. Tout d'abord agacée, elle avait fini par s'habituer à sa présence. Peut-être même à l'apprécier, malgré la solitude qu'elle cherchait régulièrement. A le jalouser, aussi, en partie. Elle, si maladroite dans ses gestes et lourdaude quand il s'agissait de manier les cendres. On aurait pu ne pas le croire, en la voyant. Peut-être le jalousait-elle un peu, comme elle le faisait jadis avec son frère. Mais, cela était bien différent. Il n'était plus question d'une compétition pour chercher qui serait l'homme fort de la meute, mais d'une rivalité plutôt entraînante, bien qu'agaçante quand on savait que Kanon était bien plus jeune qu'elle.

Elle lui jeta un regard désaprobateur, le remerciant simplement d'un signe de tête quand il lui rendit la grue :

- Oh, Kanon !

Azami essaya de replier avec soin l'oiseau de papier, qu'elle reposa doucement sur l'établi, en jetant un coup d'oeil inquiet au tenant de la boutique. Celui-ci ronflait toujours sur ses deux oreilles. Il avait le sommeil lourd visiblement. Elle poussa un soupir, tout en considérant le visage amical du jeune homme.

- J'ai les nerfs un peu tendus ce soir, on va dire. Le calme me repose, plutôt que ces grands bruits de fêtes. Cela fait longtemps que je ne vous avais pas vu, cependant. Ces derniers temps ont été occupés, j'imagine ?

Tout en disant cela, elle remettait en ordre son kimono, qui était encore taché des cendres qu'elle avait manipulée la journée pour s'occuper du jardin de sa famille. D'un air dépité, elle finit par arrêter de s'obstiner, voyant bien que celui-ci était bon pour un lavage. Relevant ses grands yeux noirs, malgré son air pâle et son expression froide, une lueur amicale brillait au fond de ses pupilles. Kanon tombait à pic pour décharger ses pensées de mauvais souvenirs, semblait-il. Il ne suffisait pas à ébrouer son coeur de sa tristesse, mais le distraire était déjà un moindre mal.

En se tournant vers lui, elle reprit sur un ton plus posé :

- Autant quitter cet endroit, je n'ai pas grand-chose à y faire à vrai dire. Que diriez-vous de flâner dans les rues ? L'air frais nous ferait du bien, je pense.

La brune entama la marche avant même de l'attendre, le pas vif et léger, battant la terre à un rythme toujours aussi militaire. Comme toujours, droite dans ses bottes. Elle était une flèche qui se fichait toujours dans sa cible.
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Lun 20 Nov 2017 - 15:43



Se retournant, laissant transparaître une légère stupéfaction, dont l’éphémère fut bref, le jais croisa le jade azuré. Reconnaissant l'individu arborant ce singulier pastel à la teinte si particulière, l'Adamachi se souvint alors. Ce satané gamin malicieux, qui la taraudait jadis lors de son arrivée à Iwagakure. Se plaisant à la fixer de ces yeux ne manquant point de toupet, encore moins d'intensité. Sans doute un bien étrange personnage pensait-elle, se demandant la mystérieuse raison se tapissant dans les ombres, pouvant expliquer la malice. Mais malgré son agacement, elle avait fini au fil du temps par s'y habituer. Non sans mal, il fallait l'avouer. Ce sacripant, elle le jalousait même. Il avait le don d'être agaçant, toujours à la fixer de ses pupilles luminescentes, qui semblaient se jouer un peu d'elle à son insu. Ou plutôt, ce renard avait la fâcheuse tendance à sembler plus doué qu'elle, concernant les arcanes du monde des ombres. Faisant naître en son esprit, un léger sentiment de rivalité, malgré la différence de printemps les séparant. Elle, déjà nubile, était à l'époque d'antan une femme, tandis que l'ombre, était juvénile. Cependant, ce dernier était étrangement mature pour ses années. Un peu inquiétant même, lorsqu'il esquissait des mots, ou bien encore, posait son regard nébuleux à votre encontre. Mais le passé s’avèrait différent du présent et le futur d'autant plus. Il avait rattrapé l'écart et désormais était homme.

La muse lui lança le regard si particulier, qu'elle lui avait si souvent adressé par jadis. Teinté de cinglante désapprobation, tout en se contentant d'un hochement de tête aussi rapide que la course du zéphyr, qu'il est aisé de laisser filer sans en capturer l'essence même. Elle essayait de soigner l'aile blessée de l'oiseau, avec soin et une attention toute particulière, comme si elle était un peu fautive, alors qu'il n'en était rien. Après tout, s'il ne s'était pas laissé aller à la surprendre de manière finaude et à l'orée des ombres, elle n'aurait pas fait chuter la chimère. Et la fantasmagorie revêtant son plumage, ne se serait pas retrouvée si à mal. Le tenant de l'échoppe était affalé, ronflant toujours avec allégresse. C'était avec un regard inquiet, que le demoiselle s'en assura, reposant sur son piédestal l'ornement qu'elle s'était tant dévouée à restaurer.

Kanon continuait de la fixer, de contempler chacuns de ses gestes attentionnées, mais revêtant des égards craintifs et la volonté de ne pas faire de torts à un pauvre bougre, dont le métier était de donner incarnation au papier lui même, puis d'en vendre les représentations. Il demeurait silencieux, n'avouant pas qu'il trouvait l'attitude de la jeune femme assez touchante.

Elle se retourna en direction de la vieille connaissance, lui avouant alors ses tourments, lui demandant la raison du pourquoi d'une si longue disparition, de son manquement à la présence de sa compagnie. Certainement plus par courtoisie, que réel reproche à son égard.

Kanon lui afficha d'un trait de ses lèvres, se faisant légèrement plus courbe qu'à l'accoutumée, un sourire. Ce n'était pas vraiment une chose qu'il offrait à outrance, au contraire. Ces traits se faisaient rares, sur ce visage le plus souvent manquant de la moindre expression. Mais lorsqu'il s'agissait d'Azami, ils se faisaient dès lors légion.

« Très occupés, trop même. » -précisant les faits, mais ne voulant parler de tous les événements viciés qui s'étaient déroulés bien malgré lui- « Heureusement, ces temps s’avèrent plus calme, m'offrant même l'occasion de retrouvailles, qu'il me tardait de faire. »

Azami n'avait pas vraiment changée, elle était toujours la même. Cela rassurait le Dragon, qui n'avait pas eu de ses nouvelles dernièrement, à son grand désarroi. Elle réajustait sa parure, toujours avec le zèle d’antan, les mêmes gestes, qui s'ancraient et découlaient d'eux même. Elle affichait cet air désabusé, lorsque à chaque fois, elle se rendait compte que son travail lui avait encore joué le même tour. Et qu'elle devait abdiquer de ce fait, qu'elle ne pouvait arranger ou se défaire de ses attraits cendrés. Finissant par se retourner vers Kanon, elle affichait une lueur dans ses yeux monochromes, une luminescence chaleureuse même venait présenter un brasier malicieux et enjoué. Elle proposa de quitter l’endroit, qui avait tout de morose et d'austère, pour préférer flâner et apprécier l'air frais. Comment refuser la proposition si alléchante ? Kanon finit par regarder une fois de plus le stand. Où parmi les feuilles de papiers savamment et élégamment pliées, il demeurait quelques feuillets intacts. L'homme devait s'être assoupi à la tâche. L'ennui l'ayant foudroyé, alors qu'il exerçait son art.

Le Dragon s’avança un peu plus, atteignant alors la virginale pile, d'où pouvait émerger bien des formes inattendues. Il se permit de prendre une des feuilles, puis posa de bonne foi devant l'endormi, le paiement contre cette dernière. Puis, il suivit l'ingénue qui était déjà partie en direction de la bucolique randonnée. Vraiment, elle restait la même. Toujours aussi décidée et intrépide, sa dévotion semblait implacable pour ce qui était de la certitude.

Quelques pas suffirent à rapidement rejoindre la muse, qui n'attendait point le Dragon pour filer en arborant haut et fièrement son petit nez mutin et espiègle.

Tenant l'objet, il se mit à commencer à le plier, sans vraiment porter attention particulière à ce dernièr. Non, il regardait la muse, qui semblait vouloir passer un instant de répit, à l'orée d'un sanctuaire où les tourments n'auraient place pour venir la hanter.

Il se permit de poursuivre la conversation, tout en continuant de jouer de ses doigts sur l'once qui par jadis habitait les bois.

« Azami-san, l'air frais sera des plus plaisant et rafraîchissant. Surtout en votre compagnie. » -se permettant de lui faire un compliment, chose qu'il faisait rarement d'habitude-

Pour l'instant, il se contenta de suivre la nymphe, qui semblait mener la voie. Son pas été décidé et semblait se mouvoir de lui même. Imposer en cet instant, pouvait être mal avisé. Des fois, il suffisait simplement de suivre le chemin qui se présentait de lui même à l'horizon. Cela rappelait bien des souvenir, un sentiment de déjà-vu.

«  Je me rappelle de jadis, lorsque je vous suivais et que vous vous démeniez à me semer. Cela fait tant d'années. Cependant, bien que j'appréciais cette situation, j'apprécie tout autant, pour ne pas avouer davantage, que vous m'invitiez à vous accompagner pour vous changer les idées. » -dit-il, d'une voix légèrement amusée par la situation-

Deux silhouettes s’immergeaient alors, au cœur du festival, qui s'avérait être une bête gargantuesque de vitalité, emplies de merveilles plus inattendues les unes que les autres.


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Jeu 23 Nov 2017 - 22:44
Sourire sur les lèvres de ce visage normalement impassible. Chose étrange qu'elle relevait, mais qui semblait similaire chez eux. Elle, si peu loquace, en temps normal, bien plus vivante dès qu'on l'approchait un peu. Elle semblait faite de pierre, mais était en réalité aussi instable que les cendres en train de refroidir, et que l'on pouvait toujours rallumer. Tout du moins, il semblait heureux de la revoir ici, et cela était réciproque de son côté. Il était agréable de revoir des gens que l'on appréciait, après tout.

Kanon n'avait pas tant changé que ça, du moins dans ses souvenirs. Il avait certainement grandi et mûri. Du moins, il semblait avoir forci et ses traits s'étaient affinés. Après tout, il était gradé bien plus qu'elle. Il avait vu plus de choses qu'elle, qui ne sortait qu'occasionnellement du village. Il avait surtout l'air d'avoir vu de drôles de choses, sur la période long mois où il ne s'étaient point vus ou parlés. Elle l'avait noté mais ne l'avait nullement exprimé à voix haute, estimant peut-être plus juste que le jeune homme lui en parle en détails, plutôt qu'elle ne vienne le titiller pour lui faire cracher le morceau.

Faire cracher les gens, c'était tout à fait immonde, de toute manière.

Et tandis qu'ils marchaient doucement en s'éloignant, la jeune femme l'observait de ses yeux noirs, plier la feuille de papier qu'il avait obtenue - honnêtement, toujours - du saltimbanque d'origamis en tous genres. Oui, il lui semblait qu'il avait changé intérieurement, inconsciemment ou consciemment, peut-être. Il avait vieilli plus vite qu'elle. Et ceci lui aurait inspiré un petit sourire triste, si elle ne s'était arrêtée pour contempler un sanctuaire.

La voix de Kanon la fit se retourner, tant par la douceur, que par le compliment qu'il lui adressait en même temps. Restant silencieuse pendant quelques secondes, elle finit par lui retourner sur un ton légèrement amusé :

-Vous vous essayez aux compliments, maintenant ? Décidément, les temps changent !

Trop vite, peut-être. Mais cela, elle s'était bien gardé de le dire à voix haute. Elle ne resta pas longtemps en place cependant, l'entraînant à nouveau d'un pas léger dans les rues du village, ses pieds battant la terre sèche de la fin de l'été. Azami avait surtout envie de s'éloigner de cet air de fête. D'avoir un moment pour eux deux. Simple, sans prétention, et amical, contrairement à ce que l'on pourrait croire. A vingt-cinq ans, elle ne s'émoustillait pas grandement des compliments que pouvait lui adresser un de ses cadets en âge. Et tout en menant la marche, les souvenirs remontaient, de son arrivée à Iwa, et de ce drôle de gamin, qui lui emboîtait le pas, silencieusement. Agaçant et inquiétant à l'époque, la jeune femme de dix-huit ans alors, n'avait eu de cesse que de semer l'adolescent.

Et lorsqu'il évoqua ce souvenir qui lui revenait en mémoire alors qu'elle marchait doucement, elle esquissa un sourire, beau et nostalgique à la fois.

-Oh oui, bien sûr que je m'en souviens. Tu m'insupportais à l'époque. Je n'aurais pas pu deviner que tu t'intéressais autant aux cultures étrangères à la tienne. Dieu seul sait qu'en général, peu de gens ont cure de savoir qui sont les nomades !

Simples passagers sur cette terre, il était sûr qu'être nomade, c'était rester un anonyme, une ombre, ou simplement un courant d'air que l'on a remarqué pendant un temps, et que l'on ne reverra plus peut-être. Dans ce grand village qu'était Iwa, anciennement Rokkusu à l'époque, Azami n'avait été qu'une ombre au final, parmi tant d'autres. Une ombre que Kanon avait remarquée, comme un joyau plein de suie que l'on remarque et que l'on souhaite faire briller entièrement de l'éclat timide qu'il vous renvoie.

Elle fixait le jeune homme brun avec ce genre de regard plein de souvenir et de l'inquiétude à la fois, quand elle finit par briser le silence :

-Que s'est-il passé dernièrement ? Qu'est-ce qui a fait que nous n'avons pu nous revoir que maintenant ? Sans te le reprocher, je m'interroge seulement sur cela...

Azami, le don d'être discrète quand il le faut et franche quand cela le nécessite. Peu curieuse d'habitude, la jeune femme tenait pourtant à savoir ce qui l'avait retenu aussi longtemps loin d'elle.
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Ven 24 Nov 2017 - 18:36



Cette rencontre pour le moins inattendue, suscitait bien des sentiments chez le jeune homme. Ravivant des souvenirs auxquels il n'avait pu repenser en détails jusqu'alors. Azami avait été une vrai muse par le passé, inspirant sa débordante imagination sur les contrées lointaines, qu'il n'avait eu occasion de contempler lui même. Un horizon qui pouvait s'animer en dansant de malice dans ses pensées, trop monotones pour se satisfaire du commun que revêtaient les autres silhouettes, quasiment toutes originaire du Pays de la Terre. Sa curiosité le poussait plus que de raison à vouloir découvrir les secrets que cachait la nymphe. Elle semblait déjà si nébuleuse à l'époque. Cependant, s'il l'avait remarquée, ce n'était pas uniquement pour cet attrait. C'était cette solitude qui semblait l'accompagner, comme si elle fuyait une chimère hantant chacun de ses pas, se tapissant dans son ombre, cherchant à la dévorer. Kanon ressentait qu'elle lui était semblable, qu'ils étaient tout deux comme des étrangers en ces vallées, où ils durent ancrer leurs racines. Peut être, tous deux à contre cœur. Qui sait ? Ce qui était sûr, c'est que la jeune femme venait de bien plus lointaines régions, ce qui avait d'abord attisé la curiosité, puis une certaine admiration non avouée, qui grandit en découvrant peu à peu la quintessence qui l'incarnait.

Ses yeux d'un noir profond, oscillant entre jais et ébène, examinaient le Dragon en train de s'affairer ostensiblement à donner forme à ce qu'il tenait entre ses doigts. Croisant un sanctuaire, la manieuse de cendres se figea, pour contempler ce dernier. Pensive, elle semblait s'émerveiller de ce spectacle synonyme de calme et de paix, malgré les bruits festifs qui continuaient d'être portés alentours par les vents. Silencieux, il examinait la nubile, posant à son tour l'azur nimbé de jade de ses iris sur celle-ci, qui était captivée. Avait-elle changée ? Il ne lui semblait pas que tant de sable s'était écoulé depuis leur dernière rencontre. Elle demeurait la même à ses yeux, peu importe les affres du temps se plaisant à changer les vérités de ce monde.

Ne lui avait-il jamais fait de compliments ? Probablement, ce ne fut jamais le cas. Pas explicitement du moins. Bien qu'il pensait pléthore à son encontre, jamais ses lèvres immatures ne prirent le risque d'évoquer chaleureuse tirade à son intention. Quoi de plus normal, pour un garnement aussi froid et distant, qu'un astre baignant dans l'obscurité taciturne du néant. Se risquer à complimenter était plus dangereux, que de laisser les mystères planer. Se satisfaire de l'amitié ou d'une rivalité inexpliquée, voilà qu'il était facile de les arborer avec sécurité. Venait-il de faire une erreur monumentale ? Aurait-il dû se contenter d'acquiescer silencieusement, sans qualifier son humeur ? Fermant les yeux un instant plus long qu'à l'accoutumée, réfléchissant à ces idées, il se perdait lui même. Avait-il changé pour avouer avec une aisance déconcertante ce qu'il éprouvait ? Le temps était-il si puissant, que son essence pouvait s'en trouver ébranlée ? Rouvrant ses paupières, sans avoir réponse à cette question le perturbant plus que de raison, il reposa son regard sur cette étrange amie qu'il accompagnait. Continuant de plier la feuille, qui n'arborait toujours pas une forme qui pouvait laisser présager du résultat final.

Elle se souvenait des temps d’antan. Il l'insupportait, tandis qu'elle l’intéressait. Ce qui incarnait cette relation étrange, ne manquant de rebondissements inhabituels. Étais-ce vraiment en sa seule personnification de nomade, que le bougre était tant enclin à vouloir la connaître ?

Elle le fixait, arborant des traits songeurs, inquisiteurs même, par son désir de connaître la réponse quant à l'absence de sa présence, qui s'était finalement faite familière. Elle s'y était habituée, à ce facétieux Dragon, qui ne manquait jamais l'occasion d'essayer de lui jouer un mauvais tour et qui se plaisait à la poursuivre pour d'obscures raisons. Elle s'osa à lui poser la question, de façon délicate, en laissant échapper sa voix aussi évanescente que la cendre était sensible au souffle du moindre vent.

Kanon avait écouté sa question, en fixant ces grands yeux noirs, toujours emplies d'une sorte de tristesse qui semblait ne pas vouloir s’éteindre, qu'importe les saisons. Il n'avait pas envie d'évoquer ces temps si troubles, si désespérants, si sardoniques. Il lui afficha un sourire une fois de plus, cachant toutes les peines et les malheurs qu'il avait pu traverser dernièrement.

« Beaucoup de choses se sont déroulées. Pas ce que j'aurais aimé que le destin érige dans son sillage. Mais, que sommes nous face à la main du destin, nous, pauvres mortels ? » -laissant échapper les mystères comme la pluie laisse perler les premières gouttes de la tempête qui s'annonce- « Azami-san, n'évoquons pas ces histoires, qui ne méritent de l'être. Qui devraient rester scellées, pour toujours et à jamais dans le passé, être bien vite oubliées. » -dit-il, avant de s'avancer un peu plus près- « Tenez. » -lui tendant l'origami qu'il venait de terminer-

Il avait fait un petit dragon de papier, de cette feuille initialement sans once de forme. L'ouvrage était étonnamment détaillé. On aurait dit qu'il allait battre des ailes et se mettre à s'envoler de lui même, à n'importe quel instant. Alors qu'il allait poser la chimère dans la main de la femme, le vent se mit à souffler à tout poumon, emportant alors la création aux quatre vents, qui disparut rapidement dans l'infini et inconnu horizon.

Kanon se mit à rire, déconcerté par sa balourdise et son manque d'attention.

« Ku ku ku. Désolé, il s'est enfui. » -amusé-

Reprenant ensuite son air sérieux, il se permit de poser sa main sur l'épaule qu'il avait précédemment effleuré du bout des doigts. Mais cette fois-ci, son geste était plus appuyé et chaleureux.

« Azami-san ! Sachez juste que des événements préoccupants et des plus accaparants m'ont gardés éloignés de votre présence, ce que je regrette. Malheureusement pour vous, ce n'est plus le cas. » -la taquinant ouvertement de ces derniers mots- « Vous allez sans doute vouloir me semer comme jadis, je le crains. » -affichant un sourire malicieux- « Mais, pour le moment, profitons de nos retrouvailles. Ne devions nous pas nous changer les idées ? Essayons de passer un bon moment. » -l'invitant à oublier son absence-

Il ne voulais pas que ces yeux arborent davantage de tristesse, qu'il n'en avait été témoin tantôt, lorsqu'il la surpris dans cette ruelle sombre et austère, où elle fixait cet oiseau de papier avec une mélancolie des plus certaines.

Il lui adressa un sourire, alors que c'était bien l'une des rares choses qu'il se permettait d'offrir à quiconque. Se contentant d'un visage dépourvu de la moindre expression en général, à l'encontre de légion d'interlocuteurs. Mais, Azami était l'exception, qui pouvait à outrance animer ce qui demeurait figé pour toujours et à jamais.

« Vous savez, c'était aussi peut être bien plus le simple fait que vous veniez de contrées éloignées, qui suscita mon attention envers vous. Je vous sentais semblable à moi. Quelqu'un souffrant d'être déraciné de ses origines, devant prendre racine en un lieu où trouver son bonheur pouvait s’avérer une Odyssée, demandant bien des labeurs relevant de l’irréalisable, voir de l'impensable. Sans compter l'orée arborant le nocturne, qui nous berçait de ses désillusions. »

Se rendant compte qu'il commençait à confier un peu trop de choses, le Dragon figea ses lèvres, arrêtant le temps dans sa course frénétique, qui ne connaissait pourtant réel ou tangible obstacle.

« Regardez ce que vous me faites dire, Azami-san. N'avez vous pas honte ? » -la fixant avec un air dénotant un ton faussement accusateur- « Bref ! » -croisant les bras soudainement- « Je suis certain que vous pensez à quelque chose ! Il y a bien une activité dans ce satané festival qui vous tentes et que vous ne voulez pas vous laissez aller à expérimenter ! Avouez ! Profitez de ma présence, pour que l'obligation de sa satisfaction y trouve une raison ! Je serais le coupable idéal à qui responsabilité incombe ! Il vous suffit d'évoquer ! » -dit-il, en la fixant d'un regard assez malicieux pour ne pas être innocent de culpabilité éhonté-

Le Dragon était vraiment heureux de pouvoir converser avec elle. D'avoir l'occasion de retrouver cette inconditionnelle présence, qui le poussait hors de cette monotonie perpétuelle qui se plaisait à peser sur ses épaules.

« Nous aimons tout deux le calme, mais parfois, un peu de frénésie peut être plaisant, ne pensez vous pas ? » -demandant alors son avis sur la question, comme pour la pousser à se confesser des idées naissant en ses pensées-

« Vous étiez si absorbée en contemplant ce Sanctuaire, nous pouvons toujours retourner sur nos pas un peu plus tard, nous risquer à le visiter, lorsque le lune est à son apogée et que le rale des festivités trouve accalmie dans son sommeil.»

Il la fixait intensément, voulant lui faire plaisir, en tout bien tout honneur. Profiter de sa compagnie qui lui avait tant manquée jusqu'à ce jour, qui marquait des retrouvailles des plus appréciées.


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Mar 28 Nov 2017 - 0:56
Azami le fixait avec un calme nonchalant. Intriguée intérieurement, elle resta silencieuse, cependant. Il restait bien mystérieux sur les évènements de ces derniers temps. Il n'avait certainement pas envie d'en parler et la jeune femme n'insista pas, comme elle le faisait bien souvent. Sa curiosité était piquée, mais elle s'éteindrait bien longtemps. Pour le moment, son attention se reporta sur ce que le jeune homme travaillait depuis tout à l'heure, entre ses doigts, modelant le papier tout doucement.

Un sourire léger étira ses lèvres roses, et elle eut un rire doux et léger en voyant le dragon qu'il avait formé de ses doigts s'envoler :

-Il est comme vous, d'une certaine manière. Il apparaît et disparaît, sans qu'on ne sache si on le reverra un jour. Je ne vous savais pas de si grand talents avec le papier !

Le dragon était étonnamment détaillé dans une si petite feuille. Elle lui jeta un regard amusé en coin. Il l'étonnait toujours, arrivant à se renouveler et à surprendre sans qu'on ne s'y attende vraiment. C'était peut-être ce qui lui avait plu chez cet homme et ce qui l'avait amené à le jalouser, d'une certaine manière. A faire monter cette rivalité qui lui donnait envie de se surpasser. Elle écoutait ses explications et ses taquineries avec un léger sourire, les yeux plus brillants et vifs qu'avant. D'un ton plus posé, elle lui répondit doucement :

-Oh, mais je me change déjà les idées, voyons. Et à quoi bon vous fuir, quand nous venons à peine de nous revoir ? Voulez-vous déjà retourner à vos occupations "accaparantes" ?

Par mimique, et amusement face à ses pitreries, elle lui renvoyait sa malice, à la même manière d'un miroir. Elle le savait désespérant, agaçant, franchement imprévisible, mais au fil du temps, elle avait fini par s'y habituer, d'une certaine manière. Il était une des rares présences qui la faisaient se sentir moins seul dans ce village qu'elle connaissait comme sa poche mais dont elle se sentait si étrangère. Et comme il le disait si bien, ils se ressemblaient à la manière des arbres que l'on déracine et que l'on replace à un autre endroit, parce qu'ils gênent. Il avait bien fallu s'habituer. Peut-être que lui s'y était mieux réussi qu'elle.

En tout cas, lui, réussissait à lui changer suffisamment les idées. Elle haussa un sourcil quant à sa proposition. Amusée, elle ne le montra que légèrement. Mais comme à son habitude, elle ne le repousserait pas. Parce qu'il était toujours le gamin de treize ans qui la suivait doucement avec curiosité d'une certaine manière. Et qui la noyait de paroles et de mots, comme le flot de cascades. Elle sourit doucement, étirant ses lèvres en un demi-croissant, creusant ses joues en légères fossettes.

-Ce que j'aimerais faire ? répliqua-t-elle, murmurant plus pour elle que pour lui.

Elle n'avait pas envie de grand-chose en général. Elle réfléchissait, les yeux fixant le ciel étoilé. La proposition était tentante, cependant. Avec un ton posé et calme, elle répondit à son grand jeu d'acteur :

-Pourquoi pas. Je pensais à une balade tranquille, mais si tu souhaites que nous nous occupions, je préfère te laisser le choix.

Lui entamant le pas sur le chemin du retour, elle rajouta avec un ton qu'elle amenait comme toujours taquin avec lui, presque moqueur. Mais toujours pétillant et chaleureux.

-Tâche de m'étonner, si tu en es toujours capable !

C'était plus une pique ou un défi qu'autre chose, même si elle ne doutait pas de sa capacité à l'imagination... Débordante, si l'on pouvait dire. Elle s'amusait simplement sur le moment à voir jusqu'où il serait capable de la distraire ce soir.

A détonner et étonner, quitte à faire du fracas.
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Jeu 30 Nov 2017 - 19:47



Cette révélation se mouvait de nouvelles teintes, non plus du jeu auxquels ils se prêtaient par jadis, dans l’allégresse de leur jeunesse d'esprit, mais en lueur plus empruntes de chaleur amicale. Comme une sorte de déjà-vu revêtant du rituel qui devait se maintenir, se prolonger avec malice, mais en restant de temps en temps surprenant. Par l'habituel jadis de ces facéties, qui s'étaient peu à peu misent en place depuis un pas si lointain passé, savoir si ces échanges s'incarnaient implicitement en amitié légère ou en rivalité Némésis, cela restant des plus flous. Toujours un peu des deux peu-être ? La balance sentimentale pouvait aisément pencher d'un coté ou de l'autre, au gré du temps. En cette nuit, cette dernière pesait d'un coté avec force.

Son visage laissait transparaître des signes tenant du complice. Le contentement avoué et assumé, de retrouver quelqu'un lui ayant manqué. Renouveler la sensation d'une présence qui lui était particulière, qui lui manquait malgré ses simagrées s'avérant acérés. Elle appréciait la compagnie du Dragon, de renouer avec sa présence, qui avait dû lui laisser un mémento imperceptible, mais bel et bien toujours présent, dévorant son être à son insu.

Kanon appréciait aussi ces cendres si mystérieuses. Deux solitudes qui s'étaient rencontrées à la croisée des chemins, qui s'étaient contemplées dans le mutisme d'une simple promenade jumelées sur le chemin du temps. Un Dragon sans Cendres, Des Cendres sans Dragon ? Impensable. Ces deux entités, de part leur nature, étaient comme destinées à bien souvent se croiser.

Elle le fixait en affichant un sourire, preuve que sa tristesse s'amenuisait un peu, du moins pour l'instant. Elle disait qu'elle se changeait déjà les idées, jouant le jeu légèrement mensonger, mais plaisant, de cet éternel masque devant être arboré lors des échanges avec ses semblables. Non, cela était certainement vrai, cela se ressentait dans chacun de ses attraits. Sa voix, son comportement et ses traits.

Se perdant dans l'infini néant étoilé, réfléchissant à l’énigme calmement. Cette renarde, retourna avec toupet, la charge de la question sur ce qui pourrait lui faire passer un moment  salvateur d'amusement. Il s'y attendait, comment cela pouvait être autrement ? Outre ce revirement, renvoyant la question au Sphinx, elle lui asséna avec amusement et engouement, un défi des plus trépidant.

« Azami-san, vous alors ! » -dit-il, comme lui faisant la leçon, qu'elle s'esquive avec tant d’opiniâtreté de son interrogation en lui confiant une mission-

L'épreuve était dantesque, mais cela ne fit que davantage vouloir le Dragon, à lui prouver qu'il était capable d'étonner ses attentes.

Il réfléchit, en gardant un visage sérieux, quelques instants, avant de se retourner vers la jeune femme qui l'avait défié ouvertement.

« J'ai une idée, aimez vous les jeux Azami-san ? Je crois qu'une des attraction de ce soir est un tournoi de Janken organisé sur la place du Cœur-Commerçant. Cela pourrait être amusant. »

Proposant quelque chose qui semblait des plus simples. Il ne savait pas vraiment si l'idée lui plairait, mais au moins, cela pourrait peut-être être rafraîchissant. Voir même, dégénérer subitement en quelque chose des plus surprenants. Ils pouvaient des lors se jouer de rivalité sous des traits simples et légers. Essayer de gagner ce concours, en s'affrontant tout deux, ainsi que moult autres participants, pour obtenir la glorieuse victoire escomptée.



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Mer 6 Déc 2017 - 1:54
Et il réfléchissait le bougre. Il réfléchissait, comme le vieux renard qu'il était. Ou plutôt le jeune. Elle, elle était plutôt la perdrix âgée qui avait du mal à se traîner. Plus discrète et silencieuse, moins détonante. Parfois, quelque chose de taquin et d'amusé, seuls mouvements apparents de sa vie intérieure. Elle était secrète Azami, même face à cet ami qu'elle connaissait depuis maintenant sept ans. C'était un lien indéfectible, le souvenir de son arrivée, tout comme ils s'étaient trouvés, ou plutôt que Kanon l'avait trouvée. Battant ses pieds sur la poussière, s'entêtant à la suivre, tandis qu'elle poussait des jurons et quittait son masque normalement impassible. Fougue de la jeunesse. Une jeunesse qu'elle avait encore avec ses vingt-cinq ans, mais qu'elle perdrait très bientôt. Et dès lors, on lui rabattrait les oreilles pour qu'elle se marie. Surtout sa mère en vérité. Avec sa voix froide et hargneuse, nasillarde, désagréable.

Une jeunesse que Kanon avait et qui lui laissait encore le champ des possibles. Elle était triste en elle-même, tandis qu'un léger sourire étirait toujours ses lèvres. Il fallait qu'il profite du temps qui lui était compté, lui aussi. Mais peut-être était-ce différent. Après tout, les nomades n'avaient pas le même mode de vie que des sédentaires. Et cela, Azami ne l'avait jamais réellement quitté. Elle restait insaisissable et instable, pareille au vent qui bat le désert.

Oui, il était le renard, lui. Il avait pris le relais, tandis qu'elle n'en montrait que quelques réminiscences. Elle vieillissait, tout lui manquait et lui pesait. La lignée et le futur de son clan, alors qu'il était aussi éteint que les cendres. L'immobilisme et le mutisme de son père. Les colères de son grand-père. Et la froideur pincée de sa mère. Tout cela s'organisant autour d'un rythme impassible, n'amenant aucune surprise ou merveille. Sans s'en rendre compte, les Adamachi s'étaient éteints, et pire encore, l'aîné, celui qui devait hériter, était parti.

Tout cela retombait sur elle, jeune femme tranquille et bien trop effacée. Elle savait bien au fond d'elle-même, que son père ne lui donnerait jamais la succession de la lignée, malgré l'absence de Chōji.

Et comme toujours, Kanon savait chasser ses mauvaises pensées, à la manière des bourrasques sur les nuages. Il était un pilier, un appui, une assise sur laquelle elle pesait de ce poids pour continuer à avancer. Elle haussa un sourcil, légèrement intriguée :

-Un tournoi de Janken ?

Un rire lui échappa. Clair. Haut. Qui lui secoue les épaules. Décidément, il était toujours pleins de ressources. C'était peut-être pour cela qu'elle avait fini par apprécier sa présence amicale.

-Pourquoi pas ! Mais il faudra rendre cela un peu plus palpitant, ne croyez-vous pas ?

Et en disant cela, elle réfléchissait, une main sur son menton, les sourcils froncés, et cet air sérieux qui lui allait si bien, avant qu'elle ne se détende, et qu'elle lui dise d'un ton un peu plus moqueur, comme voulant l'imiter. Les sursauts du renard et de la malice, toujours. Libérée du poids de son clan et de sa lignée, pour s'échapper doucement.

-Que diriez-vous de parier, Kanon ?

Azami n'était pas forte à ce genre de jeux. Mais elle s'en fichait bien. Ce soir, il lui fallait éviter de broyer du noir, et tous les moyens étaient bons pour ne plus étouffer dans ses ombres. Elle aurait aimé s'en échapper avec Eiichiro, se dit-elle, tristement. Mais il n'était pas là ce soir, et c'était son renard, son renardeau de toujours, ami et frère, Kanon qui venait la divertir.

Avec l'excitation qui prend les enfants qui vont faire une bêtise.

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Mer 6 Déc 2017 - 21:10



La proposition qu'il venait de faire, il ne savait pas vraiment comment cette idée saugrenue lui avait traversé l'esprit. Ni même pourquoi il l'avait évoquée. Un tournoi de Janken ? Non mais vraiment ? Azami était le genre de personne calme, se plaisant dans une certaine solitude qui l'accompagnait silencieusement. Ce genre de frasque rivale sur ton d'amusement, n'était certainement pas sa tasse de thé. Pourtant, il osa à se risquer évoquer pareille activité. Il s'attendait à ce qu'elle le regarde avec un air dubitatif et faire montre d'un refus catégorique, voir même des yeux plus ronds que des soucoupes. Néanmoins, à sa grande surprise, ce ne fut absolument pas le cas, au contraire. Après tout, il avait fait exprès de trouver ce qui l'aurait le plus étonnée, il voulait la prendre au dépourvu, qu'elle ne s'y attende pas le moins de monde. C'était réussit, d'après sa réaction, car cela était tellement à l'encontre de ses habitudes, que cela ne pouvait qu'être rafraîchissant et tentant. L'inconnue n'était-il pas après tout, terrain suscitant pléthores d’intérêts, bien souvent des plus insondables et se révélant sans même crier gare ?

Elle lâcha un petit rire, qui vint avec hardiesse prendre son instant de malice. Ce qui surpris un peu le Dragon, qui attendait une réaction plus véhémente, voir même, qu'elle lui dise clairement qu'il était bien bêta de penser qu'elle accepterait. Kanon porta sa main derrière son crane, se grattant légèrement la tête en affichant un air assez rassuré que cela semble lui convenir. Essayant de cacher le fait qu'il l'avait ouvertement surprit et que ce dernier n'y était pas prêt. Cependant, le renard s'était fait « renardiser ». Surenchérissant, elle proposait même de rendre tout cela plus palpitant.

« Plus palpitant ? » -reprenant l'adjectif, en se demandant bien ce à quoi elle pouvait penser-

Elle réfléchissait, avec cet pose dénotant une sérieuse méditation pour trouver  le bois qui attiserait de plus belle les flammes du brasier jusqu'à leur paroxysme. Étrange, Kanon n'avait pas encore vu par jadis une Azami aussi... joueuse. Certes, lorsqu'ils s'amusaient plus jeune, elle pouvait par moment faire preuve d'une malice éhontée et être assez blagueuse, pour essayer de faire des mauvais tour à cet horripilant Dragon trop collant. Mais cette fois-ci, elle proposait d'elle même de rendre l'amusement plus enjoué et entraînant, plus savoureux en somme. Une chose était dès lors certaine aux yeux de Kanon, elle se changeait vraiment les idées et ne se berçait plus de ces pensées moroses qui l'accaparait avec tant de présence. Elle se faisait même un peu moqueuse, reprenant avec un mimétisme ne manquant point de toupet, les facéties dont le Dragon faisait montre, en sa seule compagnie.

« Un pari ? » -demandant précisions, des plus intrigués- « Oh ! A quoi pensez vous Azami-san ? »

Elle proposait en plus, un pari. Kanon était de plus en surpris, des plus curieux même, se demandant bien ce que l'incarnation des Cendres avait mit au point comme machination pas piquée des hannetons. Elle voulait s'amuser, elle semblait finalement avoir un peu changée, être plus épanouie. Peut être avait-elle trouvé un homme auquel s'enticher. Quelle petite cachottière cette Azami.

Kanon la fixa avec un regard inquisiteur, un peu perplexe, avant d'afficher un sourire assez chaleureux. Impatient d'entendre les tenants et aboutissants de ce fameux pari.



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Dim 10 Déc 2017 - 19:36
Elle avait vu passer sur son visage, un brin de surprise. Ou peut-être l'avait-elle rêvé. Oui, elle avait dû rêver. Kanon était difficile à surprendre, comme toujours. Pourtant, elle avait aussi rarement l'humeur joyeuse, malicieuse et aussi entreprenante. Il la connaissait plus en retrait en temps normal, mais elle ne se vexa point pour son manque de réaction. Un jour, peut-être elle arriverait à le surprendre autant qu'il arrivait à le faire avec elle. Entre les origamis, et le Janken, ce n'était qu'une infime partie des surprises qu'il avait pu lui faire.

La jeune femme était heureuse cependant de l'avoir bel et bien intrigué, puisqu'il semblait mourir d'envie d'en savoir plus. Son sourire léger s'agrandit un peu, tandis qu'elle reprit doucement :

-Oui, un pari ! Si je gagne, vous me devrez une faveur, ou vous aurez droit à un gage. Et inversement, sinon, cela ne serait pas juste.

Les paris. Drôles de choses qui avaient rythmé les jours de son père qui préférait jouer aux dés. On pouvait perdre tout, ou gagner brillamment, tout dépendait de notre prudence, comme de notre prise de risques. Il fallait trouver un équilibre entre les deux, pour éviter que tout ne se retourne contre nous, et que nos efforts ne soient réduits à néant. Pour le Janken, il suffisait d'avoir de la chance, et il fallait aussi réfléchir à ce que l'adversaire comptait faire par la suite. Hasardeux, et à la fois stratégique, le jeu se prêtait bien au pari.

S'il y avait bien une chose pour laquelle elle n'était pas douée, c'était bien attribuer des gages ou donner des faveurs aux personnes. Alors, elle proposa tout autre chose au brun qui attendait patiemment ses explications :

-Si je gagne, je pourrai vous poser une question, et vous devrez y répondre, sans refus ou détour ! Vous me devrez bien cela après tous vos silences !

Il avait piqué sa curiosité malgré tout, en révélant tout juste assez pour qu'elle lui en demande en plus. Elle ne perdait rien à tenter le coup.

-Et si je perds... Vous n'avez qu'à choisir ce que vous me préparez, après tout. Je ne suis pas là pour prendre votre place et votre voix !

Elle s'amusait. Il y avait longtemps qu'elle n'avait pu partager un moment comme celui-là avec son camarade de toujours. Cela lui avait bien manqué, elle s'en rendait à présent compte. Et ses yeux pétillaient d'une malice nouvelle, qui rehaussait la jeunesse qui déteignait toujours sur ses traits malgré ses vingt-cinq ans.
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Lun 11 Déc 2017 - 20:12



Kanon voulait savoir ce qui pouvait bien se tramer dans cette petite tête, semblant si innocente, qui proposait avec espièglerie quelque chose de surprenant contre toute attente. Pourtant, il pensait la connaître,  connaître son tempérament habituellement si calme et à la nébuleuse quiétude. Néanmoins, elle venait de lui prouver qu'il n'était pas aussi sage qu'il se plaisait à penser, qu'il était loin de comprendre le cœur ou les sentiments des femmes. Cela ne lui apporta aucune amertume, au contraire, la réaction d'Azami et ses mots le rendait étrangement heureux.

Voilà que pari rimait avec enjeux, cela coulait de source. Comme elle le prônait, cela était juste après tout. Kanon était un peu joueur. Non pas de ce genre d'activités liées aux jeux d'argents, mais de ceux aux teintes plus subtiles, comme présentement. Il afficha un léger sourire, amusé, intéressé même. Cependant, quels étaient les desseins de son amie ? Cela était vraiment un mystère. Elle avait une idée derrière la tête, cela était certain. Mais l'inquiétude de ces énigmes, était légère. Après tout, Azami incarnait la gentillesse et n'était point mauvaise. Refuser aurait été complètement sot. Et puis, le Dragon n'allait pas s'avouer vaincu, il avait ses chances de gagner le pari et de pouvoir jouer un mauvais tour à cette petite demoiselle si sérieuse au demeurant.

« Cela serait d'autant plus amusant, pourquoi refuser. » -acquiesçant-

Lorsqu'elle évoqua une question, là, un léger doute s’immisça dans son esprit. La bougresse avait donc bien quelque chose derrière la tête. Çà intrigua que davantage le Dragon. Mais il était impossible de refuser, de se rétracter.

« Une question dont vous voulez tant connaître la réponse. Cela m'inquiète un peu Azami-san, mais je vous promets que si vous remportez le pari, j'y répondrais sans détour. » -dit-il, lui assurant de se plier au jeu-

Prendre le risque, ainsi que d'honorer ses dettes, étaient les moindres des corrections.

« Vous avez tout intérêt à ne pas perdre ! » -lui annonçant qu'il serait démoniaque, dans ce qu'il allait choisir s'il gagnait cette rixe amicale-

La simple activité prenait une tournure encore plus palpitante qu'escomptée. Comment Tout cela allait-il se terminer ? Une Azami satisfaite de trouver réponse à son interrogation qui lui pesait sur la conscience, ou à contrario, une Azami qui se verrait contrainte à subir une candide farce, des plus inconnues.



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Hier à 13:45
Kanon était une tempête. Un cyclone qu'on ne pouvait prédire. Azami avait toujours eu peur de l'inconnu, mais avec le jeune homme elle avait pris goût à s'y plaire. De temps en temps, néanmoins, et avec modération. Il n'y avait qu'avec lui qu'elle partageait ces moments à la fois de rivalité et de cocasserie. A son air, elle devinait aisément que le jeune homme brun lui préparait un mauvais tour, une farce enfantine, dont il ne faudrait pas qu'elle prenne mouche. Elle savait très bien qu'elle devait éviter de perdre avec lui. Mais si souvent, c'était bien le cas. Cela l'exaspérerait, elle en serait peut-être légèrement blessée ou vexée dans son orgueil.

Il suffirait cependant d'une blague, d'une taquinerie, d'un coup de coude dans les coudes pour qu'un léger sourire vienne illuminer doucement son visage normalement si sérieux. Même si elle le voulait, elle ne pourrait rester si froide et impassible face à lui. Il lui avait appris le rire et le second degré d'une certaine manière. S'il la fâchait, elle ne pouvait pas le rester bien longtemps. Vieille amitié et camaraderie commencée sur le tard qui se prolongerait bien longtemps. Il acceptait le pari, tiens ! Elle lui jeta un coup d’œil malicieux. Bien évidemment qu'il accepterait. Il ne pouvait refuser après tout, ayant l'occasion de la faire tourner en bourrique à nouveau ! La jeune femme le voyait bien dans ses yeux. Elle ne gagnerait pas. Ou n'en était pas si sûre.

Doucement, elle lui répondit en souriant :

-Alors, allons-y, vieux frère !

Ce qu'elle ne savait pas, c'était qu'il s'agissait de la dernière fois où elle le verrait dans un moment aussi calme et insouciant. Si elle avait su, elle l'aurait serré dans ses bras.
Elle lui aurait demandé d'échanger leurs places, puisqu'elle n'avait plus d'avenir. Qu'elle n'en aurait jamais. Qu'elle était déjà à moitié enterrée.

Vous ne saurez jamais la fin de cette soirée, cher lecteur. Car, dans le fond, ne savons-nous pas que le Dragon gagne à tous les coups et retourne les têtes de chacun par ses tours de magie aux allures de farce ? Oh, vous devez être curieux de la question qu'Azami voulait lui poser.

Peut-être en avait-elle un déjà préparée. Peut-être pas. Qui le sait, si ce n'est elle ?
Moi, en tout cas, je ne fais que retranscrire cela qu'avec les informations que l'on a bien voulu me donner. Le reste, je l'ignore, et il restera à jamais ignoré.
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Iwa Shukusai | Au calme des origamis // Kanon

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