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Avant le départ Ϟ Kanon


Dim 19 Nov 2017 - 23:35


☆ ☆ ☆     AVANT LE CONSEIL

Depuis la nouvelle de son départ imminent pour sa Mère-Patrie, le territoire du Fer, Yoshitsune ne chômait pas. Iwagakure semblait était en effervescence et il fallait dire que le fier samuraï y voyait là l'occasion idéale de grappiller un peu d'approbation auprès de l'Ombre. Même si son objectif final restait de l'élever au rang du plus puissant Kage de l’histoire, il pouvait se faciliter la tâche en étant dans ses bonnes grâces ! Le fait que leur lien direct ne soit pas inconnu du public leur offrait un avantage certain. Il n'était bien évidemment pas question de mettre des bâtons dans les roues du village de Kiri, mais ce n'était pas pour autant qu'il devait se priver de l'idée de ramasser quelques informations intéressantes au passage. Aussi bien sur l'envahisseur de la pluie que sur les valeureux défenseurs de la nation de la Terre !

Le patriarche Nagamasa avait donc donné l'ordre aux Tengus de surveiller les communications et d'essayer de récolter des informations sur d'éventuelles informations étrangères. Il semblait évident que les membres des autres villages devaient laisser quelques consignes et autres infos pour leurs collègues… Surtout avec un évènement tel que le conseil des Kage en perspective. Il fallait absolument que le jeune Yoshitsune soit au courant de tout.

En effet, depuis son retour du pays du Rempart et avec l'hospitalisation du de l’ombre de la terre, l’aîné Nagamasa avait complètement changé. Effectivement, il avait passé les jours suivants enfermé dans ses quartiers à réfléchir. Ce n'était pas que par contrariété – après tout, nul ne savait de quoi le lendemain serait fait pas même lui – mais en raison du sentiment de culpabilité qu'il ressentait vis-à-vis de son impuissance soudaine face à une telle situation. Plus rien ne semblait réellement pouvoir intéresser le jeune homme. De même que le jour se confondait avec la nuit sans la présence vigoureuse de ces frères à ses côtés, Yoshitsune finirait par perdre totalement un rythme de vie digne de ce nom. D’ailleurs à la mine que vous tirez, j’ose supposer que cette journée-là non plus n'avait pas fait exception. Ce dernier avait veillé suffisamment tard pour que Kotaro le trouve au même endroit, que celui où il l'avait laissé en lui souhaitant bonne nuit.

Les lumières s'étaient éteintes depuis longtemps dans l'intimité du Dôjo Nagamasa ; pas un seul son venant troubler ce vide immense nommé silence. Les bras de Morphée ayant jeté son dévolu sur les steppes, collectant les esprits léthargiques... Mais dans son épopée utopique, elle avait négligé le bushido à la chevelure hirsute. L’éclat lunaire attire les prunelles du jeune homme qui finit par s’agenouiller près de la convoitise, avant que la douce rosée nocturne ne se répande librement. Les paupières papillonnent le temps d’un instant, avant d’osciller vers la gestuelle suspendue sous l’ombre d’un sourire incommodé, aussi le guerrier Bushido venait-il d’interrompre un procédé habituel d’une mécanique aussi personnelle que ses propres affaires. Le coude se pose sur le genou et la tête au creux de sa main. Son esprit suspendu s’était rapidement consumé au fond de ses iris. Les pupilles papillonnent et s’efforcent de trouver un point d’ancrage qu’est l'horizon.

C’est donc en ces lieux, les bras croisés sur deux iris ouverts, le jeune homme était en errance dans ses pensées qui l'empêchaient de déconnecter son cerveau. Le clan Nagamasa alourdissait les épaules de ses héritiers de nombreuses responsabilités, d’autant plus depuis la sainte disparition de deux d’entre eux ; obligeant les survivants à être en constante alerte.

Flânant dans le cœur extérieur du domaine Nagamasa, ses pas le conduisent donc à proximité de la devanture du domaine familiale, un des chemins qu’il connait le mieux ici. Avec son inévitable costume et ses airs arrogants, tout le monde le remarque ; et pourtant il ne s'en soucies pas, à force, ils finiront bien par s'y habituer.

Haussant légèrement les sourcils d'un air intrigué, le trentenaire s’exclame d'un ton calme :
« Ah Kanon-dôno… Quel plaisir de vous voir. Que puis-je faire pour vous ? »
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Lun 20 Nov 2017 - 0:08



Kanon n'avait pas pour habitude de rendre visite à des confrères, mais en ces temps de crise. Il fallait savoir prendre sur soi. L'heure était grave, le Tsuchikage avait été sauvagement mutilé par un sauvage venant des contrées éloignées synonymes de l'eau de la discorde. Le frère du Nagamasa devait être comme un lion en cage, certainement des plus pensif et des plus tourmenté sur tous ces événements. C'est bien parce que Kanon respectait ce Samouraï, étrangement d'ailleurs, vu que la simple vu d'un visage masculin le révulsait, qu'il venait traîner près du domaine Nagamasa. Légèrement hésitant quand à déranger l'homme à la sagacité si débordante et fluide.

Malheureusement, ou bien heureusement, le Dragon s'était fait avoir, ne s'attendant pas au Yoshitsune s'étant avancé au plus devant de son antre. Comme si le destin venait poser sa main et redistribuer les cartes. Le renard fut donc surprit, avant qu'il ne s'éloigne en disparaissant dans le néant de la nuit.

" Yoshitsune-san. Désolé de vous déranger en cette heure si tardive, je pensais vous rendre visite bien avant, dès votre retour d'ailleurs. Je me doute que vous devez être accablé et un peu las des visites de courtoisie vous prônant les même mots. "

Kanon s’avança en direction du sage, voulant tout de même lui parler. Mais évitant le sujet si délicat de son sang s'étant vu arracher un membre.

" Vous avez bien reçu ma missive, j’espère ? "

S’enquérant alors d'un sujet plus neutre. L'expédition du Nagamasa et du Borukan l’intéressait au plus haut point. Il avait d'ailleurs bien des regrets de ne pas avoir été de la partie. Il souhaitait au moins entendre comment tout cela s'était passé et si leur excursion s'était révélée des plus fructueuses.

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Lun 20 Nov 2017 - 0:49


☆ ☆ ☆     AVANT LE CONSEIL


L’homme sourit à la vue de ce confrère qui lui est désormais si cher. Étrange ? Non. Depuis quelque temps il est typiquement l’une des rares personnes avec qui il se plaît à converser. Et alors qu’il est là présent devant la devanture de son domaine, il invite son camarade de fortune à accéder à l’intérieur.

A l'éclat bleui des nuitées les deux hommes se faufilent dans les couloirs jusqu’à parvenir une petite salle aménagé. Ombre grandissante dans la lumière des lieux. Ses cheveux blafardes illuminés par les rougeoiements des feux, Yoshitsune est poussière d'étoile tant son regard se fait intense. Idole d’albâtre et de brocart noir, le vigoureux samouraï se veut être l'image de cette foi sans frontière, sans dérives dont Iwagakure a besoin. Pourtant sous cet habituel masque de vertu qu’il revêt une fois encore, il est décadence.

Monde shinobi, souillé des rats avides d'un peu de pouvoir Yoshitsune fait part de son acquiescement au valeureux Kanon. Oui, il a bien reçu ce courrier qui lui a tantôt réchauffer le coeur puis tantôt meurtri d'inquiétudes.

Ainsi tandis que la nuit s'évapore, Yoshitsune fait de l'aurore son royaume, à la résonance de ses paroles dans la salle encore éclairé, il brise le silence asphyxiant sans flancher un instant, chassant l'odeur de la nuit de son odeur de sang.

« Je vous remercie d’ailleurs en retour, Soryu-dono. Mais ne soyez pas déçu de l'austérité de mon logis ; l'état ne s'est pas vraiment amélioré depuis le jour où mon père se trouvait à ma place. »

Léger humour, dépourvue de mesquinerie, à l'égard du traditionalisme responsable. Au fond, l'intérêt est de créer un cocon confortable dont son invité ne souhaiterait plus sortir ; plus âpre sera la chrysalide, plus véloce sera l'insecte à s'en extirper.

La question fatidique, toutefois, finit par se décrocher. Lorsqu'elle heurte le sol, elle laisse d'une craquelure se répandre un parfum que Yoshitsune respire avec un mince froncement de nez. Si tôt, les conversations sérieuses ? Certes, le temps est précieux, mais enfin. Pour s'effacer, la rudesse exige une certaine distanciation. Et tout ce que le Samouraï craint, c'est de trancher dans le vif trop tôt. De ne pas avoir, du haut de sa sagesse, le recul indispensable à ce type de confrontation. Cruelle vérité. Il inspire, profond, sobre, relâche ses épaules et noue ses mains sur ses genoux. Affable et altier d'un même souffle.

« Qu’en est-il de la situation concernant les nukenins de Kiri ? »

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Lun 20 Nov 2017 - 1:54



L’hôte invita le visiteur à le suivre, chose qu'il fit avec plaisir. Traversant alors le domaine en direction d'un lieu que seul le sage pouvait se targuer de connaître. A l'orée de l'antre où s’enfonçaient les deux défenseurs d'Iwagakure, on pouvait sentir une atmosphère assez pesante, voir même lourde. Ce qui ne dérangeait pas vraiment le Dragon, qui avait l'habitude de ce genre d’atmosphère, surtout dans son propre clan où le coté obscur était bien plus présent que la lumière.

Yoshitsune rassura le Jonin, lui avouant avoir bien reçu l'information. C'était le principal, même si Kanon connaissait déjà cet état de fait, des retours que la messagère lui conta. C'était plus pour faire la discussion après tout, qu'il avait posait cette question finalement complètement désuète de toute importance.

Le Samouraï aborda la question concernant les fameux déserteurs Kirijins, ces derniers ayant osé profané le sanctuaire de la Rocheuse. Ces sauvages de contrées éloignées ne manquaient certes pas de toupet.

« Les Exilés de Kirigakure. Un sujet bien épineux et obscur. Je ne suis pas très au courant de tout ceci, juste du verdict final. N'ayant pas participé aux interrogatoires ou même eut l'occasion de converser avec l'un de ces derniers, je dois vous avouer que je me méfie toujours de ces personnes. Malgré la présence de vos cousins parmi eux, je suis encore dubitatif sur le bien fondé de l'acceptation de leur allouer asile en notre roche. »

Le Dragon d'Iwagakure était un être pragmatique. Ne faisant confiance à personne, ni à lui même d'ailleurs. Alors comment pouvait-il voir d'un bon œil la présence de ces hérétiques, venant jeter de l'huile sur le feu concernant les horizons d'une guerre mortifère.

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Lun 20 Nov 2017 - 2:19


☆ ☆ ☆     AVANT LE CONSEIL


N’allez pas croire qu’il s’agit là du tonnerre. En ces temps où les orages menacent, les seuls grondements qui font trembler les terres sont les tumultueuses discussions qui naissent en Iwagakure, anciennement Rokkusu. De par leur paroles, les deux hommes de la terre s’aventurent sur des sujets au questionnement dangereux. Foulées de l’armée de la roches qui sillonnera en cadence militaire les chemins créés dans la fange et le sang. Yoshitsune ne sait pas si les déserteurs sont porteurs d’espoir et de renouveau ; ou bien énonciateurs d’un funeste présage au trépas certain.

Toutefois quand bien même il ne sait rien des Kirijins, il connaît son peuple et sait que leur puissance n’a d’égale que l’implacabilité de leurs lois. Désormais, l’harmonie et la paix ont un prix que chacun doit payer au jour le jour. Iwagakure s’est relevé d’entre les ruines, plus puissant qu’auparavant et tel le messie rédempteur, il se tient prêt à protéger le précaire équilibre, coûte que coûte. La liberté a été marquée au fer rouge par les armories nouvelles de son très cher frère.

Sa chevelure cascade alors qu'il salue prestement la sagesse du confrère qui lui fait face. Le respect dans son souffle suave face à cette présence vertueuse et doucereuse qu’est en réalité le conseiller en charge du commerce. (Soryu ; il n'osait murmurer ce nom de ses lèvres blêmes de peur de donner à cette discussion un air plus sévère) au rayonnement chaleureux chassant subtilement les dernières lueurs de l'aube.

« Comme je l’ai explicité à Borukan-dono, enfants du ciel bannis par les lois terrestres, ces hors-la-loi d’un genre nouveau sont-ils réellement ceux qui détruisent dans leur sillage la légitimité de toute loi ? Ces mercenaires d’après vos dire sont bien loin d’être missionnaires de Kiri. Toutefois à l’inverse de mon frère, je pense tout de même d’ailleurs, qu’il soit possible qu’ils arpentent Iwa la Grande pour combler leur égotisme à toute épreuve. Quand bien même mon cousin les accompagne, je n’aurai pour eux aucune pitié. Si la guerre est là ce qu’ils veulent, ils l’auront, quitte à l’arracher de force au premier innocent venu. Pareil pour La pluie venu s’abattre sur mon frère. Leur destin basculera dans un abîme sombre et incertain. Soyez-en persuadés : le ciel sera témoin de leur déchéance, voir même, de leur anéantissement total. » s’exclame le samouraï en toute franchise.


Il n’est certes pas homme de foi, mais il a espoir en de jours heureux pour l’ensemble des nations. Alors il se sait capable de s’avancer Nene Kirimaru, lame fidèle à la main ; tranchant à travers le marasme, l’ombre obscur qui veille le monde. Alors de son éloquence naturel, il tonne allègrement.

« Pouvoir absolu et richesses infinies sont là les seules priorités de l’homme dans cette vie de barbarie. Mais ne les blâmez pas d’être des monstres assoiffés d’or : leur existence n’ayant sûrement jamais été un sentier de roses ne pouvons les blâmer. Je pense que nous devrions nous comporter en soutien pour les nukenins, en voyant plus loin que les épines traîtresses et empoisonnées qui naissent de leurs tiges. Il pourrait s’avèrer une épée redoutable »

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Lun 20 Nov 2017 - 2:53



Toujours aussi habile de sa langue, que de sa lame pourfendeuse, le Nagamasa répondit alors au Dragon, faisant montre de bien sages paroles, comme à son habitude. Une habitude qu'il lui enviait d'ailleurs, sans l'avouer. Le Conseiller ne pouvait que concéder que son interlocuteur avait raison sur bien des points, pour ne pas dire, la totalité d'entre eux. Écoutant avec attention, avant de pouvoir trouver une réponse à ces énonciations, tenant de la fantasmagorie irréelle. Kanon se racla la gorge, brièvement, sans manquer d'élégance ou de correction, mais voulant que sa voix se teinte du transparent cristallin.

« Certes. Manquer d'offrir asile, à ceux le désespérant, serait une disgrâce des plus horrifiantes. D'autant plus si cela est par peur d'une guerre avec un autre Village, cela ne serait que triste opprobre, ne méritant point existence. Iwagakure est un village que j'affectionne particulièrement. Je connais sa noblesse d'âme, celle de ses habitants. Je savais que cet asile serait accordé aux premiers instants, comme je vous en ai fait supposition par mon encre ayant parcouru bien des lieux. »

Kanon tourna la tête en direction de l'adepte des codes anciens du Bushido. Le regardant dans les yeux, comme pour lui faire confidence de ses états d'âmes.

« Au pire, si les Kirijins viennent aboyer devant nos portes, il suffira de leur couper la langue. Nul doute que cela les dissuaderas de revenir chercher querelle. » -faisant une métaphore un peu rustre pour le coup-

Puis, voulant changer de sujet de conversation, il profita des dernières paroles résonnant dans les échos de la tanières des Nagamasa.

« Le pouvoir absolu est une bien subtile tentation. Au final, il ne peut que résider un bref instant dans les mains de celui l'ayant poursuivit à corps perdu, en y fourvoyant ses plus belles années de son existence, pour pouvoir l'acquérir. Un état éphémère, mais certainement plaisant. Je vous avoue qu'il me tente bien, mais n'est pas à mon goût, car des plus éreintant à porter. Sa possession doit être bien pesante aussi, ainsi que la crainte de perdre cette position précieuse en faveur d'autrui. Les richesses, je les connais bien. Peut être pas dans l'infini de leur abondance, mais suffisamment. Elles sont plaisantes et ouvrent tellement de portes et de chemins cachés, que je serais bien mal si elles venaient à se défère de ma compagnie. »

Le Dragon palabrait un peu, pour tenir la conversation. Abordant ensuite confidence plus personnelles.

« Je crois que ma seule réelle priorité concerne la gente féminine. Je vous avouerais que les femmes sont bien la seule chose trouvant un intérêt particulier à mes yeux. Mais la romance est sans aucun doute un bien pernicieux attrait, pouvant rapidement égarer même le plus vaillant des hommes. N'y comprenait pas le coté incarnant la luxure, mais plutôt, le fait que j'ai toujours aimé et admirer la beauté que peuvent arborer ces ravissantes créatures. » -avouant sa nature un peu étrange- « D'ailleurs, en parlant de femmes, cette mystérieuse inconnue vous ayant conviés en des contrées bien éloignées, l'avez vous recroisez et appris plus sur cette mystérieuse Académie ? »

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Lun 20 Nov 2017 - 3:38


☆ ☆ ☆     AVANT LE CONSEIL


Quelque chose dans la philosophie naissante de Kanon semble amuser Yoshitsune, l'émeut et le fait rire en ces heures ; lui n’est pas comme son alter, incapable de voir en ces femmes cette poésie, cette statue d’or que l'on peut admirer depuis les rêves, puisqu'il sait que la personne qui lui fait face à cette seconde, et dont les cordes vocales vibrent d'une détresse des plus amicales, n'a pas encore pris pleinement conscience de sa nouvelle situation. Yoshitsune aime. Il est déjà porteur en sein des floraisons de l’amour et c’est sans aucun doute la raison qui l’évertue à se tenir loin des femmes et des charmes qu’elles recèlent.

« Ne blâmez pas ainsi l’amour, Kanon-dono. Mais permettez-moi au contraire de m'étonner qu’un homme aussi poète que vous n’ait pas trouvé chaussure à son pied. » Un mince sourire lui échappe, de quoi rassembler ses souvenirs dispersés dans les plis de sa tunique. De quoi durcir sa franchise sur le fil de sa langue, d'une honnêteté enjoué. « Il me tarde d’ailleurs de pouvoir lui livrer l’expression sincère de mes sentiments à son égard. »

Le mot est prononcé avec un soin singulier, sans minutie excessive ni pesante gravité ; assez pour souligner l'importance des actes en s’imaginant avec elle à ses côtés...

« Il m’est d’ailleurs nécessaire d’avoir votre avis sur la question. Pensez-vous dangereux pour un shinobi de se fiancer ? » demande t-il à son camarade


Yoshitsune n'était pas dupe de son propre ton – la neutralité pédagogique dont il usait ne se contentait pas d'exposer des faits, mais entendait anesthésier le trop-plein d'émotions dissimulées contenues dans la poitrine de son compagnon. Il avait la sensation de manipuler un vase précieux dont le moindre sursaut eût fêlé l'émail, une coupe rare et ouvragée suspendue à ses mâchoires. Pauvre âme perdue dans un passé qu'elle ne connaîtra plus.

« Sinon pour vous répondre la découverte en fut des plus choquantes. Les sources historiques avérées les plus anciennes attestent de l’existence de ce que les habitants de Joheki nome l’Académie comme seul et unique lieux ayant vu le jour pour élèver les gens en difficultés. En effet, elle est connue pour proposer de l’aide ainsi qu’un foyer aux personnes en difficulté. Ils leur apprennent à maîtriser leur chakra. Ils aiment également se dire Symboles de paix et d’équité, les générations de leader s’y étant succédé dans l’harmonie la plus parfaite et nombreux furent les partisans de ce régime. Dont par exemple la fameuse Ema ou encore le mystérieux Soyokaze »


Le Samouraï offrit un regard plus appuyé à Kanon-dono, guettant sans y paraître le bruit de poterie qui se brise, attendant de répondre à n'importe quelle question qui eût aidé le combattant à redéfinir sa conduite, sa voie, son bushidō.

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Lun 20 Nov 2017 - 4:27



La discussion prenait des tournures oscillant entre gravités des plus choquantes et légèreté plus bucoliques, demeurant tout de même questions existentielles. Le Dragon aimait particulièrement converser avec le Nagamasa, qui ne faisait cesse de parler avec une minutie certaine. Une attention faisant montre de tout l'esprit dont il pouvait se targuer et dont bon nombres auraient tuées pour en posséder le dixième.

« Yoshitsune-san, je ne blâme pas l'amour, au contraire. C'est peut être la chose que je convoite le plus. Je vous avouerais que je n'ai pas encore croisé de femme suscitant tel intérêt pour l'instant, du moins je ne crois pas. Non pas que je n'ai côtoyé aucune de ces charmantes créatures, mais je parle de LA femme. En même temps, ce sentiment m'est donc étranger et le peu que j'en sais, je l'ai appris à travers les la lecture. Ou encore, les légendes et autres contes prônant ces aspects. Mais un jour peut être, qui sait. »

Comprenant que le Samurai, à contrario, avait trouvé chaussure à son pied, Kanon le félicita comme il se devait.

« Yoshitsune-san, décidément, que ce soit dans la sagesse de vos paroles, ou bien encore dans la quête de l'amour, vous avez toujours une avance considérable, que je jalouse un peu. » -se permettant d'esquisser un sourire-

Le Dragon parlait de bon cœur avec son interlocuteur. Peut être un peut trop même, mais il ne s'en souciait guère. Parler de ces choses là étaient si rares pour sa personne d'habitude, que faire fis de mystères était bien agréable.

« Se fiancer, comme toute chose, je pense que cela dépend. Cela peut être dangereux, comme des plus sécurisants. De ce que je sais, l'amour peut être éphémère, s'il prend place de manière viciée. A contrario, il peut être éternel, si ce dernier est partagé... Mais je manque d'expertise, je suis bien mal placé pour vous donner conseil. Sachant votre sagesse, je ne doute pas que la femme qui anime vos pensées, doit être des plus exceptionnelles. Vous n'avez pas de raison de penser aux dangers. Et quand bien même, surviendrait quelconque signe de ces derniers, je suis certain que vous sauriez y remédier afin que vous et votre fiancée soient heureux et en sécurité. »

Passant au sujet suivant, il répondit avec intérêt. Tout comme précédemment d'ailleurs.

« Je vois. Le plus ancien endroit où moult âmes égarées purent trouver une vocation. Bien étrange... » -assez pensif pour le coup-

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Lun 20 Nov 2017 - 5:16


☆ ☆ ☆     AVANT LE CONSEIL


La situation se développe tandis que la langues des deux hommes se délient autour de sujets tout aussi aléatoire. Et plus l’enfant du fer l’entend parler, plus il est impressionné par ces vertus dont le Soryu peut bien faire preuve. Même de par ses louables intentions, Yoshitsune ne connaissait d’égal à ce confrère qui lui tenait compagnie en cette nuitée. En effet la moindre parole envoutait, et ses mots sont délicatesses du bout de la langue. Il était à l’instar du samouraï passer maître dans l’art de la maïeutique, capable d'assujettir quelque soit le mot. A l’écouter parler, l’aîné de Chogen en hocherait presque la tête d’un air absent, tellement préoccupé par les expressions qui se figent et les pensées qui se bousculent ; absorbé par de douces attentions génuflectrices.

Si il avait été une femme, de par ses interactions flatteuses sans doute n’aurait-il pas pu échapper à un prédateur tel que Kanon-dôno (ses joues s'en teinteraient presque de rose). Un homme sage qui dans l’hiver dans l'hiver de ses journées il s'immisçait comme
un éclat de soleil, au rayonnement subtil et doucereux qui embraserait le regard impi de quiconque le croiserait.

...

Malgré les détours et les jeux de langage dont Yoshitsune avait enrobé ses révélations, en dépit de cette prudence à laquelle un regard extérieur aurait sans conteste attribué les attraits de la tromperie, l’illustre bretteur ne se considérait ni précautionneux ni manipulateur. Il énonçait les choses telles qu'il les avait toujours envisagées, et s'il est vrai qu'il avait passé sous l'échafaud du silence la couleur écarlate de certains trafics plus cruels au sein même de l’académie, il ne pensait pas faire preuve de dissimulation en évoquant la provenance des nukenins. Preuve en fut que Kanon-dôno monta derechef au créneau, à défaut des rideaux, se dépossédant de sa curiosité de bleusaille à l'instar d'un manteau découvrant son psyché.

« Quitte à réfléchir, permettez-moi plutôt de vous divertir de par ce jeu que j’ai moi même inventé, Kanon-dono. Voici là le Yoshi »
.

D’un geste fier, il sort un paquet de carte munis de cartes toutes ornementé de chiffres et de couleurs sans rappeler les 5 éléments.



« Les règles sont plutôt simple. Tout d’abord, un des joueurs distribue à chacun 7 cartes. Le reste des cartes faisant office de pioche. Pour commencer, le joueur ayant distribué retourne la première carte de la pioche et le joueur situé à gauche commence la partie. Il doit recouvrir la carte de la pioche par une carte d’une même couleur, du même chiffre ou du même symbole. Si le joueur ne peut pas jouer, il a la possibilité de poser une carte « Maboroshi ». Dans le cas ou le joueur ne possède aucune de ces cartes, il doit en piocher une. Si cette carte peut être jouée, il peut directement la poser, sinon il devra la conserver dans son jeu. Lorsque qu’un joueur n’a plus qu’une carte en sa possession, il doit crier « Yoshi » pour avertir tous les autres joueurs. S’il oublie de le faire et qu’un joueur s’en aperçoit, il devra piocher 2 cartes en pénalité. Le premier des joueurs à s’être débarrassé de toutes ses cartes gagne. »


Tandis qu'il observe Kanon réfléchir, Yoshitsune ne saurait s'attendre à pire de la part de son compagne de fortune, aussi conserve-t-il sa superbe devant la soudaine véhémence de son interlocuteur – l'impétuosité de la jeunesse, à l'évidence. Cette attitude sert bien plus ses desseins qu'une banale discussion et viendra garnir son rapport de détails plus intéressants que n'en serait capable un vulgaire vendeur, ce qui n'est pas sans satisfaire le samouraï dont les pupilles déclinantes relâchent une étincelle vipérine

« Alors qu'en pensez-vous ? »
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Lun 20 Nov 2017 - 16:35



Soudain, contre toutes attentes, le Nagamasa proposa une étrange activité. Tenant les parures synonymes de divertissement, le Samouraï proposait de jouer à un jeu de cartes de sa propre invention. Nommé simplement et sobrement d'après l'illustre manieur à la lame aussi affûtée que son esprit, le Yoshi ! Kanon ne s'attendait guère à telle révélation, sortant un peu comme un diable hors de sa boite.

« Le Yoshi ? » -demanda-il, des plus intrigué pour le coup-

L'interlocuteur sortit alors un paquet de cartes, arborant couleurs synonyme des éléments régissant l'affinité des arts tenant du ninjutsu. Frappés de numéros pour la majorité d’entre-elles. Le Dragon fixait avec curiosité ce fameux jeu, qui ne lui éveillait aucunement once de souvenance ou de déjà-vu. Normal, le renard malicieux habitant le Samouraï avait concocté lui même ce divertissement.

« Je vois. Quelles sont les règles ? » -demandant des précisions, assez enjoué à l'idée de s'essayer à une partie-

Les explications se firent. Elles étaient claires comme de l'eau de roche. Le jeu était assez simple, mais demandait un esprit et des réflexes aiguisés. Étais-ce la une façon d'aiguiser son mental, une façon détournée permettant de renforcer son esprit tout en s'amusant ? Décidément, cela intriguait de plus en plus le Dragon d'Iwagakure. Il devait essayer pour mieux comprendre les secrets se cachant derrière cette malice se pavanant sous son regard au jade tenant de l'azuré.

« Yoshitsune-san, j'ai compris les règles. Faisons une partie sans tarder, je pense que c'est la meilleure façon de comprendre pleinement tout les attraits de ce jeu. » -dit-il, d'un ton plus entrain qu'à son habitude monotone-

Kanon se douter qu'une partie contre l'inventeur même de ces cartes, certainement maître incontesté connaissant toutes les arcanes secrètes qui s'incarnaient en leur quintessence, serait un bien palpitant défi à relever. Pour ne pas dire, insurmontable.

Prenant place face à son hôte, il attendit que celui-ci lance le début de l'affrontement amical. L'âme des cartes allait faire montre de son espièglerie, en cette heure du duel.

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Merci Sora-chan!
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Mar 21 Nov 2017 - 23:54


☆ ☆ ☆     AVANT LE CONSEIL

Comme participants d’un combat féroce les deux joueurs, semblent se fixer de près comme de lui tandis que le fier bushido s’acte à distribuer les cartes habilement. La pression qui se saisit de la pièce, alors que le temps lui semble continuer sa course infinie. D’ailleurs pour tout dire, à le lire sur le visage du jeune Yoshitsune, il ignorait combien de temps avait bien pu s’écouler depuis leur entrée au sein même du domaine qui les abritait tout deux. Les cartes à la main, une minute lui semblait s'être étirée en une heure, transformant chacune inspiration en souffle d'éternité, et la soudaine pesanteur de la pièce rajoutait à cette pénible impression. Pourtant à en voir le sourire béant qui irradiait son visage, il semble en jouir correctement.

Main droite détenant ses cartes, et l’autre son fidèle accompagnateur : son opium. C’est d’ailleurs ce qu’il l’avait aidé à forger cette capacité à ignorer ce qui se trame sous ses yeux placides, et à ne pas faire grand cas des soucis en cas de crise. Car assurément ce lieu ne recèle que de souvenirs qu’il préfère ignorer. Enfin, au fil et à mesure du temps qui passe, il voit Kanon-dono s’améliorer et est heureux de le voir utiliser toutes les complixités que présente ce jeu dont il est l’inventeur. Le regard songeur. il appose sa dernière carte en main avant même que son confrère n’ait eût la possibilité de s’exclamer.

Les deux hommes continue leur discussion autour du jeu, de la gnole. Tous semblaient mesurer l'écart qui réduisait aujourd'hui leurs vies à ne plus jamais être ce qu'elle était. Et tandis qu’il fait à l’homme maître des pieuvres remarquer les différentes erreurs de jeu qu’il effectue, l’hôte porte gracieusement ce doux millésime à ses lèvres. Une lampée, puis deux avant de saisir de la bouteille complètement. Un rictus acerbe surplombe la pulpe de ses lèvres rosées et jusqu'à ce que ses commissures articulent un mot, Yoshitsune referme délicatement son poing jusqu'à l'entente glacée d'un bruissement d'os. A ce moment précis celui-ci relâche promptement la pression et croisa ses bras contre son buste, obliquant une moue faussement consternée.

« Bwaaah Kanon-kun. Tu te rends compte que la guerre est à notre porte et moi je pense aux fiancailles et créer un jeu de cartes… Mais quel génie. Mouhahahaha ! »

Une autres des malédictions touchant les Nagamasa. Leur tenue de l’alcool.
« D'ailleurs tu seras mon témoin si tout ce passe bien » s'exprime t-il plein de sérieux cette fois.

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Mer 22 Nov 2017 - 0:38



Le maître et inventeur du jeu, se mit à mélanger les cartes, avant d'en distribuer les infinies possibilités de combinaisons plus ou moins chanceuses. L'atmosphère se faisait dès lors plus lourde, intense même. Ni l'un, ni l'autre, n'étaient hommes à abdiquer ou laisser défaite se produire. Même lors d'un simple jeu, toute la pression du monde pouvait dès lors s'incarner en eux. Il ne s'agissait pas d'une simple rixe anodine, mais d'une bataille assassine. Le Dragon participait rarement à ces joies ou passes-temps qui pouvaient s'incarner dans ces jeux demandant talent et chance, ni dans le plaisir des nectars fruité pouvant faire voguer les esprits en de bien fantasmagoriques songes.

L’inquiétude du Shinobi pouvait être palpable, sur les traits de son visage, pourtant si ancrés dans le marbre. Une goutte de sueur perlait sur son front, sous les mèches de jais cachant ce dernier. Erreurs sur erreurs s'inscrivaient dans son jeu. Corrigés par quelques conseils avisés du sage lui faisant face, peu à peu, il les gommait. Le Nagamasa était un maître de ces cartes, il pouvait l'avouer sans sourciller. Continuant et enchaînant les parties, l'Iwajin se faisait plus rusé, bien loin d'égaler son adversaire, certes, mais il comprenait et user au mieux des rouages s'inscrivant progressivement.

Finalement, Kanon se laissa aller à se laisser tenter par le breuvage dont raffolait bon nombre. L'occasion était trop tentante pour la laisser échapper. Trempant ses lèvres, avant de poser chaque carte, cela l'aidait à évacuer la pression qui le tiraillait. S'amusant même de ce Yoshi pas piqué des hannetons.

« Ce jeu de cartes est plaisant. Cela aurait été dommage qu'il ne voit naissance. Je ne suis pas très porté sur le jeu, mais je comprend enfin pourquoi, nombre de personnes s'y laissent prendre.  Penser à vos fiançailles est une chose naturelle. Si les pensées ne se portaient que sur la question de la guerre, cela serait sans doute bien trop aliénant. Du moins, je pense. »

Le Nagamasa rajoutait qu'il voulait que le Dragon soi témoin du futur jour marquant l'heureux événement.

« Cela serait avec joie, Yoshitsune-san. Je suis certain que tout se passera bien. Du moins, je vous le souhaite. » -affichant un sourire, en trempant ses lèvres dans l'alcool une fois qu'il lui souhaita tout le bonheur du monde-

Une question se posait alors. Qui pouvait bien être l'heureuse élue hantant les pensées du Samouraï ?

« L'heureuse élue doit être une femme exceptionnelle, c'est même une certitude. Si je puis me permettre, ne pas être indiscret, j'aimerais que vous me racontiez votre première rencontre avec elle. »

Continuant de jouer, tout en restant attentif aux mots de son hôte et farouche adversaire de jeu.


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Merci Sora-chan!
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Mer 22 Nov 2017 - 2:12


☆ ☆ ☆     AVANT LE CONSEIL

Et tandis que Kanon-dôno lui quémande quelques informations sur sa rencontre avec celle qui se trouve sa promise, Yoshitsune sent comme un souffle chaleureux s’apposer sur sa poitrine. Et alors qu’il joue, qu’il parle, qu’il boit… Il se remémore les souvenirs d’un jour heureux. Les minutes et les heures viennent à se mêler tandis que le temps, dit indéformable, et inéluctable, s'empare de la situation, de ses songes. Le passé le hante, et il ne fait plus qu’un avec lui ; il se revoit la-bas le regard si lointain, familier, mais pourtant inconnu.

[...]

Assis à une table des plus luxuriantes, les yeux rivés sur son premier verre ; il n'avait étrangement même pas le cœur à boire. Non pas que notre ami ait des goûts de luxe, loin de là ; mais ce que l'on servait ici était loin de casser trois pattes à un canard... Et quitte à faire la fête à coup de boisson alcoolisée, autant qu'il se fasse plaisir dans le procédé ; histoire d'avaler quelque chose qui ait un autre goût que celui de la flotte. Il s'apprêtait d'ailleurs à le faire remarquer au gérant, ou tout du moins à la serveuse ; lorsqu'il se fit interpeller par un homme qui à l'odeur, n'avait lui visiblement pas eu de mal à terminer son premier verre... Ni ceux qui avaient suivi. Tournant vers lui un visage surpris, ils se toisèrent un instant ; et Yoshitsune reconnu aussitôt celui qui d'après les murmures qu'il avait entendu ci et là, avait passé sa journée à boire et menaçait d'un regard noir quiconque osait l'approcher. Si il n’avait pas d’intérêt à vérifier la seconde rumeur, la première se voyait néanmoins comme le nez au milieu de la figure : le simple contact visuelle l'avait fait vaciller, tressaillant de peur ; il avait dû se rattraper au comptoir pour ne pas tomber. Sans doute aurait-il suffi d'un souffle un peu trop fort et il ne donnait pas cher de son pauvre corps ; qui semblait puiser toutes les maigres forces qui lui restaient pour tenir sur ses jambes.


Les doigts apposés sur le cristal tandis que les sons enveloppent l'espace. Paroles et tintements, rires feutrés au dessus des verres. Jambes croisées, main sur la cuisse. Les gouttes de champagnes dorées qui perle le bord des lèvres, et les cils courbés qui papillonnent. La main qui remonte doucement, sur sa nouvelle propriété. La jambe frémit, se rétracte un court instant. Le regard envoûtant de l'homme rencontre le diamant des prunelles de la femme qui lui fait face et elle se laisse faire. Elle plie, puis compose un sourire sur ses lèvres roses pour gommer le sentiment qui l'a éprise une seconde auparavant. Il l’a manipule tout simplement du regard. Elle se laisse faire, docile, ses pincements de lèvres se mouvant de concert avec maladresse. Sa propriété. C'est pratiquement cela, qu'elle est cette femme. Pourtant Yoshitsune ne trouve pas cela agréable, d'avoir sa petite chose. Ce petit chaton, dans sa robe moulante avec son regard brillant et ses jolies lèvres que n'importe quel homme adorerait regarder se mouvoir... Elle ne parle pas beaucoup, cette petite chose. Et ça l'arrange, elle ne l'embarrasse pas. Il pourrait l'emmener partout. Si cette autre n'était pas si jolie, il oublierait presque qu'elle est là. Comme un joli volatile coloré que l'on aime exhiber, mais qui n'a pas vraiment grand intérêt. Pourtant, il n’en profite pas. Refusant de montrer le pouvoir qu'il a sur elle, le pouvoir qu'il a sur les autres. Ne pensant qu’à une femme, celle qui hantera désormais ces nuits comme ces jours.

Enfin, Yoshitsune lève les yeux vers le luminaire au mur une fois débarrassée de l'emprise étouffante de cette femme. Croisant le regard dédaigneux d'un homme assis non loin de lui. Il est entouré de femmes dont la tranche d'âge va de la vingtaine à la trentaine. Il est riche, droite, le regard acéré. Au même niveau que les autres. Le Samouraï délaisse délibérément ces orbes bruns qui le ainsi jugent sans vergogne. Toujours sur son visage ce même air moqueur et narquois. Il tourne à présent le dos à cette femme qui l'accompagnait depuis peu tant elle est plongé dans une discussion dont il ne manque pas une miette. A vrai dire, rien de vraiment intéressant n'en ressort, mais il se voit écouter comme elle parle. Le jeune wagashira regarde ses faux semblants, prête attention à ses allusions, écoute ses ironies et surtout le sous texte de ses mots. Se rendant rapidement compte que toute la conversation n'est que le théâtre de deux coqs cherchant à se dominer. Sous les sourires et les paroles anodines, chaque syllabe claque et cherche la supériorité. La fumée des cigares distrait un instant ses yeux, la lassitude peut se lire sur son visage pourtant d'ordinaire si doux et candide. Un homme en costard appartenant à sa table, accoudé plus loin, le dévisage alors que la faiblesse est visible sur ses traits.

Mais il n’en est rien. D'un regard las, Yoshitsune s’efforce contemplait les couleurs qui s'entremêlent tandis que cette femme chante. Rubans d'ocres et d'oranges, nuages barbe-à-papa sur un dégradé azuré. Tandis qu’il échange un regard envoûté avec celle qui fait briller ses iris d'une lueur vermillon. Sans doute qu’au loin, ce peintre qu’on nommait « Dieu » capturait d’ores et déjà les pigments sur sa toile tandis qu'il ne fait que goûter ce beau tableau qui disparaîtrait bientôt. Les couleurs fondantes et pâlissantes vers un mauve terne qui lui-même virait au bleu avant de s'assombrir à son tour ; Le peintre finissant par tout avalé.

Tout cela n'ayant rien d'une complainte, les lamentations ne trouvaient jamais le chemin de ses lèvres, trop transi de pouvoir faire briller leur étendard de par la force de sa dévotion, (de son abnégation). Il donnerait son corps comme son âme pour écouter encore cette voix qui berce, sans même que l'ordre ne lui soit donné. Contente de d’imaginer cette voix qui n'a cesse d'enflammer son cœur, en brasier discret sous ses airs indolents.

Ainsi les paupières closes et songes épars, lèvres pleines qui fredonnent cette douce mélodie, ses doigts ont joué d'un legato impassible, brodant les armatures légères de son plastron cendré ; l'emblème samouraï, allégorie d'une majesté certaine, ornant fièrement l'habit que Yoshitsune représentait désormais. La pulpe vagabonde ayant parcouru les enjolivures, caressant usures, brisures, dorures. Les premières heures au sein de cette fameuse assemblée furent enivrantes et se consumant semblables au bois du désert, baignées des galimatias planant de ces visages nouveaux, ivres et prospères. La jeunesse frénétique de certains sied aux espoirs naïfs dont elle se drape, indolente, et qui s'enlace des effluves fruitées de clameurs idylliques à l’inverse d’un hôte qui tente de tous les manipuler.

Noyées d'audace, des mains se heurtent face à la table, à laquelle il s’installe. Caresses paresseuses qui hantent la pâleur de sa nuque, flagrances mordorées ébauches de promesses qui s'échouent. Las de toute cette discussion inutile, de toutes ces argumentations futiles. Les mains de l’homme se hâte de rencontré ceux de la femme qui le hante. Non pas qu’il voulut attirer l’attention sur sa personne mais très certainement qu’il voulut simplement lui compter quelques mots. Et sur ses lèvres, planait l'écorchure mutine de sourires voilés, tandis que ses prunelles d'orage se dessinent aux confins de cils baissés. Les regards ne se croisant pas.

Il y a des fables fantasques qui flottent sur ses lèvres - ôde à la femme, des laïus abscons aux cascades démosthènesques, estampies libertines de philosophies dantesques. Complaintes soufflées, prières asphyxiées ; les tirades somptueuses ornent les parades trompeuses, qui dans leur sillage délaissent les carcasses osseuses de promesses voilées. Sous ces aubades patientes qui brodent un faciès d'ophite, l’œil d'acier se targue de bourrasques fiévreuses, tempêtes latentes qui rongent les douceurs et grondent de ferveurs houleuses. Élans de tolérance chassés au-delà de carrures austères, Yoshitsune s'élève de prudences discrètes, des charmes dansant du bout de ses paroles de misères, quêtes de bravoure languissantes qui se noient de soupirs hébétés à la vue de telle beauté.

Lorsque les regards de deux amants s'hybrident dans un croisement, le cycle temporel se bouscule et nimbe les protagonistes dans une bulle sclérosée aux mains de Chronos. Yoshitsune peut ressentir le souffle de la femme sulfureuse papillonner sur sa joue opaline, une mèche retombant fluidement entre ses prunelles d'or. Une bourrasque naquit entre les deux corps, désarçonnant le Jônin qui lêve la tête sans l'a regarder elle, pour échapper aux griffes acerbes de l'alizée qui zébre quelque peu son épiderme, empourprant ses pommettes
« J'imagine que vous êtes très occupé vous aussi. Et je ne sait comment par les mots je puis combler cette distance entre nous. Cet océan nourri de politesse et de hiérarchie aux manières courtoises et aux mots protocolaires. Et sans doute devez-vous pensez “comment comprendre dans des mots si froids une délicate attention” ? Et bien il est tant de choses que l'on ne peut pas dire par des regards distingués et des mots mesurés. A l’instar, Nagamasa Yoshitsune et vous ? » s'exprima t-il, homme de lettre et de poèsie.

[...]

Retour simple à la réalité tandis qu'il a fini de conter son souvenir ; regardant Kanon apposer sa dernière carte.

« Désolé Kanon-dôno, elle-même dit que j'en fais trop quand je lui conte cette histoire. » reprend t-il quelque peu gêné.
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Ven 24 Nov 2017 - 20:38



Le Samouraï contait avec une poésie certaine, l'histoire à l'origine de sa fiévreuse passion pour sa dulcinée. Leur rencontre se formait peu à peu, s'ancrant dans les mots se suivant telle une mélopée malicieuse, qui donnait incarnation de cette représentation du passé. De la croisée de deux silhouettes, pouvait se produire un tumulte de sentiments convergeant dans une telle apogée, que cette alchimie pouvait même déraciner sans once du moindre effort, les racine du plus millénaire des rois de la foret s'érigeant depuis l'aube de la création.

Tous deux continuaient de jouer, en se laissant aller à laisser leurs lèvres se satisfaisant de la saveur du doux breuvage. L'un était en train de reconstituer les faits passés. L'autre écoutait, avec un intérêt certain, chacune des paroles rassemblant les pièces du puzzle, qui prenait alors forme et tout son sens.

Le Nagamasa était impressionnant, tant sa prose savait captiver, susciter l'imagination avec aisance. Kanon avait l'habitude de cet interlocuteur, sachant jouer des mots tel un Dieu se jouant des mortels. Mais à chaque fois, il était toujours aussi surpris de cette art que le manieur de lame pouvait user et pousser à son paroxysme. Cependant, à cet instant présent, ce moment où il racontait son histoire, avec calme et sérénité, il venait de repousser des limites, qui en ce monde pouvaient paraître irréelles.

C'était donc ça, la quintessence du pouvoir que pouvait revêtir le mystère, qui répondait au nom simple et humble, de romance.

Posant sa dernière carte, sur la pile de ses semblables, Kanon remarqua alors qu'il avait l'occasion de gagner.

« Yoshi ! » -dit-il, encore pensif aux contes tenues du Yoshitsune en personne-

Il venait de gagner la première partie, après en avoir précédemment perdues légion. Une dizaine, une centaine, peut être même mille. Quelle importance au final ? Cela était dû à la chance ou bien à l'interlocuteur qui était trop occupé à raconter l'histoire dont il était le héros.

« Yoshitsune-san, je pense comprendre un peu mieux ce mystère, qui demeurait bien anonyme à mes yeux. Un sentiment ne pouvant être incarné par les mots ou se limiter à un simple geste. » -allusif et des plus pensif- « Il me tarde moi-même de connaître ces attraits. » -rajouta-il, en affichant un air enjoué, mais quelque peu craintif tout de même-

Que dire après pareil récit ? Le Dragon était prit bien au dépourvu. Il se gratta l'arrière du crane, un peu honteux de ne pas savoir quoi ajouter, ou de ne point avoir quelconque sujet de conversation digne d’intérêt.

« On en refait une ? » -proposant un peu bêtement alors, de poursuivre le jeu-


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Lun 27 Nov 2017 - 0:07


☆ ☆ ☆     AVANT LE CONSEIL

Les murs qui se rapprochent, l'étau se resserre. Yoshitsune est le perdant de cette partie de carte. Pourtant il est celui qui sourit le plus dans la salle. Pourquoi ? Parce qu’il est fier que ce jeu dont il est l’auteur puisse fasciner autant son interlocuteur ; parce qu’il est heureux également d'être le témoin de sa première victoire. Mais également parce que cette histoire qu’il a raconté, a ravivé cette béatitude au sein même de sa poitrine qui s’enflamme, à l’image même d’un brasier ardent qui l'embrase et qui le calcine avec effervescence.

Bonheur. Cette joie intense qui lui permet désormais d’avoir l’envie de se lever chaque matin toujours aussi heureux, mais qui lui fait aussi ouvrir les yeux en pleine nuit, qui l'étouffe. Il tousse, se débat dans ses draps comme s'il s'agissait d'un filet du diable. et finalement s'extirpe pour tomber du lit avec fracas. ses yeux serrés dans la faible luminosité, ses doigts délicats qui arrachent avec hargne l'oreiller à son lit.

Enfin, Yoshitsune se meut, à la fois hagard mais enjoué, sur le tas de cartes, mélangeant avec élégance et prestance, cela sans se soucier de la nuit, de la temporalité. Il lui faut quelques battements de cœurs excités de plus tandis qu’il distribue avec grâce les nombreuses cartes.

Au pays des songes, les volutes de fumées embrument son esprit abimé et le plonge dans une certaine félicité. Il s'éparpille en petit fragment, au milieu de rêveries dont il ne se souviendra probablement jamais. Juste quelques minutes de fantaisies pour reprendre le fil de cette vie imposée. un léger sourire s'étale sur son visage, son souffle est régulier mais léger. presque imperceptible.

Alors, en un éclair, Il fait volte-face et décide de revenir à cette réalité. d'y revenir physiquement.

« Es-tu prêt à perdre, mon ami ? » énonce t-il avec la niaque au ventre.
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Avant le départ Ϟ Kanon

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