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守護天使 - Shugotenshi [ Lee ]


Mar 21 Nov 2017 - 17:51





守護天使 - Shugotenshi



« しゅごてんし »

Par une pure et chaude après-midi, la bête blessée cheminait au bord du doux fleuve attiédi où se réfléchissait la fuite d’un nuage. La créature ensanglantée suivait lentement le chemin de halage, tout en fleurs, qui descendait en pente vers les eaux. Des peupliers à droite, à gauche des roseaux; devant elle, les détours de la rivière en constante marche. Et, fermant l’horizon, un pont d’une seule arche.

Le courant murmurait, en inclinant les joncs, les poissons, avec leurs sauts et leurs plongeons, sans cesse le ridaient de grands cercles de moire. Le loriot et la fauvette à tête noire se répondaient parmi les arbres en rideau; et ces chansons des nids joyeux et ce bruit d’eau accompagnaient sa douce et lente flânerie, tandis qu’elle subsistait entre deux mondes, celui des vivants et des défunts, à combattre la faucheuse encapuchonnée.

~~

Les traces d’hémoglobines se dessinaient à travers le sillage de serpente du Yaoguaï, tout juste ressorti de son affrontement face à l’Ombre de la Terre. Le Barbare des monts luttait désormais contre les séquelles d’un combat acharné, la douleur l’avait envahi, cornaquer par l’opulence de la faune environnante.

Dans un coin reculé du village caché, adosser contre le bois d’un dragonnier séculaire, le Chûnin dépourvu du haut de son atour, tentait d’atténuer l’hémorragie avec son kimono en peaux de bêtes. Ses dents claquèrent, grincèrent en opposition à la douleur, son orgueil de guerrier primitif le contraignant à ne pas se rendre dans un établissement adéquat - en l’occurrence, un hôpital qui allait prendre soin à lui permettre de se rétablir face à ce genre de désagrément mortel.

« Chi..chikushô ! Ça s'annonce mal.. » S'écriait-il épuisé.

Agonie. Son front dégoulinait de sueur, de même que son corps torse nu ruisselant de transpiration, l’opposition contre Chôgen n’avait pas uniquement été bénéfique pour le Chûnin, qui jubilait à l’idée de se mesurer à cette montagne infranchissable. Aucun regret pourtant ne parcourait son esprit combatif, se faisant la promesse de réitérer une fois remis sur pieds.

Du moins, si il parvenait à survivre de ses blessures, et particulièrement de cette coupure au niveau de son flanc, qui n’avait de cesse de saigner, à l’instar d’un fleuve. Cela était rare, voir même inaccoutumé d’observer le Yasei dans un tel état, tant psychologiquement que physiquement.

Les minutes défilaient, tandis que la sonorité apaisante et bénigne de la nature environnante contribuait à la quiétude de Senkū, qui ferma délicatement les paupières. La pâleur s’installait et prenait de l’ampleur sur sa peau naturellement hâlée. Ceci dénonçant avec véhémence l’approche du voile noir. Alors qu’un bruitage de branches qui craquelaient sous un pied se fit entendre, le laissant indifférent, l’indigène se voyait déjà ancré dans son inconscience.



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戦士 - Densetsu no Senshi
«  A fighter, a real strong fighter, should always look dignified and calm, and I believe that any expression of aggression is an expression of weakness. A strong person will not be nervous and will not express aggression towards his opponent. He will be confident in his abilities and his training; then he will face the fight calm and balanced.»
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Mar 21 Nov 2017 - 20:21
Machinalement tu t'apprêtas. Aujourd'hui serait une journée dédiée à l'étude en extérieur. Tu t'y préparas longuement au soir, prenant premièrement soin de sélectionner les livres que tu allais emporter à ta petite expédition. Ils se devaient être le plus pertinent possible, sans être trop lourd ou encombrant. Pris quelques bocaux puis, tu vérifias ta trousse de soin. Il fallait y remettre quelques bandages, ainsi que de quoi désinfecter blessures. Tu t'assuras qu'il reste assez de liquide pour ton briquet et, de réserve pour celui-ci dans le cas où il te faudrait cautériser une plaie. Ensuite, il te fallait vérifier tout le reste. Tu prenais beaucoup de précaution mais, tu préférais être parée à toutes éventualités ; de la plus bénignes à la plus lourde. Ensuite, tu passas en revue tes armes : on n'était jamais trop prudent.
Le choix de ta tenue fut également très simple, elle aussi préparée la veille, tu avais opté pour quelque chose de simple ; pratique : un débardeur et pantalon s'arrêtant un peu au-dessus de tes chevilles.

Ainsi, tu n'avais plus qu'à préparer tes vivres au petit matin. Te doutant que tu ne rentrerais pas avant un certain temps, tu cuisinas plusieurs rations composées principalement de riz. De l'eau et, tu mis le tout dans ton sac à dos avec tes livres et pots. Tu accroches le sac contant ton arsenal à ta taille. Bandeau au cou, attaches tes cheveux et, t'en vas.
Plusieurs minutes s'écoulent avant que tu n'atteignes ce qui semble être une clairière. Tu l'arpentes, accompagnée des différents bruits ; ils forment une mélodie que seule la nature connait. Celle-ci te berce et, tu entâmes ton étude d'un esprit clair et reposée.

Tu ne sais que faire de ces diverses plantes. Non pas parce que tu n'as pas d'idée mais, justement parce que tu en avais trop. Beaucoup trop de choses à expérimenter, beaucoup trop de potentiel à exploiter. Cependant, tu cueilles autant d'échantillons que possible, oubliant même de manger tant ils suscitent ton intérêt. Tu ne sais combien de temps est passé mais tu continues, inlassablement, jusqu'à tomber sur ce qui s'apparente à des traces de sang...

Tu approches, touche, ça n'a pas totalement séché : c'est encore frais. Etait-ce le sang d'une bête ou celui d'un être humain ? Cela importait peu pour l'instant, il fallait agir vite, avant qu'il ne soit trop tard... Tu interromps donc tes recherches pour suivre le sillon carmin.

Au bout du chemin : la réponse. Un homme agonisant, bien trop pâle. Il transpire, l'hémoglobine s'écoule de plusieurs endroits mais, principalement de son flanc. Sans perdre de temps, tu te rues sur lui. "Hé ! Restez avec moi ! Je vais vous soigner, dites-moi qui vous êtes !", un ton inquiet. Tu lui parles pour le tenir éveiller ; tu ne comptes pas le laisser mourir. Tu l'observes et voit sa vaine tentative de se panser avant d'analyser son état ; elle confirme la gravité de la blessure sur le côté. C'est cette dernière que tu soigneras en priorité. "Serrez les dents ça va piquer.", tu le préviens. Avant de le suturer, il faut te faut nettoyer puis désinfectes la plaie. Le liquide rouge se répand sur tes mains, une autre partie sur tes vêtements ; tu en fais fi, débutant l'opération. Tu sutures à l'aide de ton iroujutsu pour qu'il n'est pas plus de risque d'infection.
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Jeu 23 Nov 2017 - 12:35





守護天使 - Shugotenshi



« しゅごてんし »

Le sonnet de la mort retentissait autour de lui, mortelle et froide, glaciale et sournoise, elle rôdait autour de sa proie, se contentant d’observer, d’épier, espérant bientôt la récupérer parmi les tréfonds abyssales du Styx.

Son visage où plus rien ne s'étonnait, son corps aux os saillants que la vie abandonnait frénétiquement, il apparaissait si fragile. Le poids lourd de la mort courbant la robustesse de son échine.

~~

Soudain, une lueur lumineuse se dessinait au fond de ce tunnel nébuleux, semblable à un mirage venant mettre fin à ce cheminement incessant, dans ce sinistre couloir des défunts. Des cris, quelqu’un l’avait retrouvé, cette voix suave qui lui demandait de rester dans le monde des vivants alors qu’il s’apprêtait à partir de l’autre côté du voile.


« Sen..Senkū. » Répondit-il en haletant.

Sa gorge asséchée l’empêchait de répondre convenablement, sa respiration courte et saccadée dénonçait l’état critique dans lequel il évoluait dès lors. Ses paupières entrouvertes, les pupilles rivées en direction de cette femme qui se hâtait dans l’objet de le tirer de son agonie. Un léger cri de douleurs accompagna les soins de la Kunoichi, qui paraissait être une adepte de l’Iroujutsu. Une aubaine pour le guerrier de la faune qui sans quoi, serait déjà en train de errer dans l'éternel trépas.

« Qui êtes-vous ? Pourquoi faîtes vous cela ? » Demandait-il en reprenant des couleurs.

Le dur à cuir apparaissait légèrement être tirer d’affaire, sa détermination sans faille ainsi que sa solidité rendait l’opération bien plus abordable et efficace. Senkū avait repris connaissance, nonobstant son état, il observa l’eiseinin tâchée de son propre sang, s'attelant à la tâche comme s'il s'agissait d'un proche.

À cet instant précis, il ne savait pas si il devait avoir honte, ou inversement, être rassuré d’avoir été sauvé par une... Femme. Cela ne s’étant jamais produit auparavant, et était particulièrement sujet à tabou parmi les siens, les guerriers bestiales de la Roche.



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Jeu 23 Nov 2017 - 23:40
Mouvant tes fils avec précision et dextérité, tu réussis à mettre un terme à l'hémorragie ; inspectes rapidement ton travail que tu estimes bien fait : la plus grosse blessure est traitée. Tu contrôles à nouveau son état, tu veux être sûr qu'il tienne au traitement de la seconde grosse injure. Tu tiques. Souffles. Observe méticuleusement l'ouverture à son épaule. Elle n'est pas mortelle mais, tu te dois de l'opérer au plus vite, au risque qu'il ne perde une bonne partie de l'usage de son bras... Tu réfléchies, remets tes pensées en place : tu cherches la meilleure option. Au même moment il te demande ton nom et tes raisons de l'aider ; tes commissures esquissent un léger sourire. "Sun-Hi et je le fais parce qu'il en est de mon devoir, ce n'est pas plus compliqué que cela.", tu lui réponds sans trop altérer ta concentration. Ton cerveau termine d'ordonner tes idées, "Il va vous falloir tenir encore un peu Senkû, le plus dur reste encore à faire...".

Une fin de phrase aussi bien destinée à lui, qu'à toi. Tu te donnais du courage pour l'opération que tu allais maintenant débuter. Tu tentes d'apporter du froid à la zone avec ta gourde à moitié pleine. Après une dizaine de minutes, tu la retires ; prends soin de nettoyer tes mains, sa plaie, "J'espère que vous êtes prêt..." ; à nouveau tu l'avertis et prends une inspiration. Calmement, tu introduis tes doigts dans la zone tailladée. La sensation est désagréable, tu grimaces, mais continue jusqu'à atteindre les points à sectionner, avant d'entamer de nouvelles sutures. L'intervention est longue - environ en trentaine de minutes - bien que tu essaies de ne pas faire durer celle-ci trop longtemps, de peur qu'il ne perde connaissance. Car, tu ne peux soigner cette déchirure sans réorganiser ses tendons et, malheureusement, toucher quelques nerfs ; le tout sans glace afin d'aider ses muscles et vaisseaux à se contracter... Tu scrutes, acquiesces et refermes définitivement.

L'intervention terminée tu te permets de prendre quelques secondes de relâchement. Repasses encore une fois sur ton oeuvre ; lance une troisième analyse en plaçant ta paume au-dessus de l'épaule fraichement opérer : c'est bon. Tu inspires, essuies la sueur de ton front et expires ; "Bien vous êtes pour l'instant tiré d'affaire !". Un air satisfait orne ton visage. Malgré ton niveau tu es fière d'avoir pu accomplir cette tâche. Ensuite tu finis de le panser et, veilles à ce qu'il ne puisse bouger l'épaule à peine soignée, "Je me doute que cela ne va pas vous plaire mais, je vous déconseille fortement, vous interdis même ! De bouger ce bras ! À part si ça vous est égal de perde en mobilité.Aussi, je vous conseilles d'aller voir un médecin plus qualifié. J'ai fait de mon mieux mais, si vous voulez guérir vite, c'est la meilleure chose à faire.". Un ton dérisoire mais, c'était à ses risques et périls ; il ne pourrait dire que tu ne l'as pas prévenu.

Tu lui sors une nouvelle gourde d'eau et, l'un tes bento contenant : onigiri et riz accompagné de légumes et viandes ; pose une paire de baguette sur la boite, "Vous devez reprendre des forces. Il y a en bien assez pour nous deux donc ne vous gênez pas pour moi, n'hésitez pas à redemander si vous avez encore faim !". Tu frottes tout ce sang comme tu peux ; prends soin de ranger le matériel neuf et usé, afin de ne pas polluer cette belle nature. Et enfin sors un autre bento pour te joindre à lui, "En tout cas la personne qui vous a fait ça n'y est pas aller de main morte !".
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Dim 3 Déc 2017 - 16:02




守護天使 - Shugotenshi



« しゅごてんし »

Ange Gardien


Quand la vie et la mort s’emmêlaient dans leurs temps, résonnaient les tambours, sur la place de son cœur, ses battements semblable à un long et pénible suspense.

~~

Le regard éreinté de l’Ostrogoth dénotait une certaine fatigue, ses pupilles dorés fixèrent celles azurés de la basanée. Particulièrement concentrée quant à sa tâche, elle opérait avec extrême minutie le Yaoguaï, qui fut partiellement tirer d’affaire grâce à cette dernière.

Sa tête se dévia légèrement en direction de l’étang en face d’eux, satisfait de pouvoir à nouveau s’adonner à l’une de ses activités favorites – la contemplation sereine de lieux naturels, parsemé d’une certaine quiétude d’esprit. Suite aux avertissements de la Kunoichi, le Yasei commençait à serrer les dents, contractant par la même occasion la mâchoire, se préparant à affronter la douleur, cette sensation qui d’ailleurs, le côtoyait quotidiennement.

Le balafré ne daignait pas suivre l’intervention chirurgicale de la soignante, demeurant stoïque face à la souffrance. Chez les siens, les blessures de cette envergure se cautérisaient à l’aide de fer rougeâtre et d’outillages bien spécifiques. Dans le cas présent, l’opération de Sun-Hi se voyait être une promenade de santé en termes d’échelle de douleurs. Après presque une demi-heure de manipulation à l’Iroujutsu, le faciès fermé de la jeune femme se décontractait, Senkū apparaissait dès lors tirer d’affaire et venait vraisemblablement, d’éviter le pire.

Le ressortissant du clan de barbare n’émit aucun mots et continuait d’observer le point d’eau devant lui, un héron blanchâtre venait becter les poissons chats qui peuplaient ces eaux douces. Le Sennen Mûcha n’avait pas pour habitude de se faire soigner de la sorte, cela le gênait quelque peu, mais il ne pouvait l’interdire d’accomplir sa tâche.

Perpétuellement ancré dans cette attitude introvertie, il subsistait dans le silence, ne répondant que par le biais de soupir orgueilleux ou de lassitude. Le membre des Yamagenzõ se comportait telle une bête que l’on ne pouvait dompter ou amadouer, même si, il demeurait compréhensif face à la naïveté ou plutôt la bonté de sa collègue Iwajin. Adorable, elle l’était, jamais personne n’en avait fait autant pour le Yabanjin, pas même sa propre génitrice.

« Je n'ai pas faim... » Disait-il en refusant à contre-cœur le plat de son interlocutrice.

Mensonges, balivernes. En réalité, il mourrait de faim et de soif, surtout suite au féroce affrontement qu’il venait de livrer face au Tsuchikage lui-même. Son estomac retentissait comme une sérénade faisant trembloter la surface des eaux et faisant fuir la faune environnante. Néanmoins, Senkū se voyait trop fier pour accepter la nourriture de l’eiseinin, un trait de caractère qui lui était propre, spécialement avec les étrangers.

« J’ai fait l’erreur de vouloir me mesurer au Tsuchikage, et voici le résultat...» Répondit-il calmement.

Ses poings se serrèrent et son visage primitif se fermait suite à ses dires. Loin d’être satisfait de son niveau actuel, comme une énorme chute alors qu'il pensait être là haut, sur son piédestal - lui qui ne se voyait octroyer aucune défaite, venait d’en subir une cuisante. Comme un dur rappelle à la réalité. Nonobstant l’état de Chôgen tout aussi mal en point, le sauvage préféra fuir la surface de combat plutôt que de montrer à son supérieur son état lamentable.

« Merci, Sun-Hi. J’ai une dette envers toi. » Ajoutait-il d'un léger rictus rassuré.

L’espace d’un instant, il ravala sa fierté déplacée, avant de prendre la gourde d’eau fraîche et d’ingurgiter son contenu en même temps que le Bentô. Dévorant le casse-croûte comme s’il s’agissait de son dernier repas, le Yasei ne tarissait pas à son sobriquet d’homme néandertalien.



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Ven 15 Déc 2017 - 5:45
Ton appétit s'éveilla avec ta première bouchée. Tu dévoras d'abord lentement ton bento, impatiente d'entendre son histoire ; cela ne fit qu'attiser un peu plus ta faim. Ton ventre grogna comme pour te gronder. Tu l'avais négligé bien trop longtemps, il en réclamait davantage. Sans compter la tension provoquée par l'opération improvisée, te poussant à un état boulimique ; te faisant passer à un rythme plus régulier, soutenue. Il te fallait manger, encore, pour retrouver ton apaisement ; ne t'autorisant qu'à t'arrêter uniquement pour boire quelques gorgées ou respirer... Mais Senkû réussit à te stopper.

Il refusa ta nourriture. D'abord surprise. Puis vexée. Ensuite en colère. Son gésier hurlait à la famine mais, il s'efforçait à refuser ton attention... Cette fierté mal placée t'exaspérait, tu allais la remettre là où il le fallait, à l'aide d'une bonne claque. Or, à part t'étouffer, il te fut impossible de faire quoi que ce soit...

L'annonce du rude homme fut comme un choc, si fort, que tu avalas de travers... S'étrangler avec sa nourriture, pouvait-on faire plus ridicule ?... Les yeux en pleure, ton larynx tentait d'expulser les intrus de son conduit, te faisant tousser un bon moment... Lorsqu'il eut fini de dégager ses voies, tu repris ton souffle avant de boire ; t'assurant ainsi qu'il ne reste plus rien... "Le Tsuchikage ?!", finis-tu par sortir péniblement, presque haletante. "Pourquoi vouloir affronter un tel homme ?!". L'air hébété, cela te dépassait. Tu jetas un oeil à ce plat que tu n'osais plus toucher ; pas de pitance pour oublier cette question qui te gêne, à défaut d'obtenir une réponse et tu soupires, longuement. Vouloir affronter celui que l'on considère comme le plus puissant de ces terres... L'idée résonne dans ta tête sans que tu ne puisses pourtant t'y résoudre. Et tu as beau la retourner dans tous les sens, tu tombes toujours sur la même conclusion : c'est insensé. Cependant là où d'autres auraient hurlés, lui, n'émit aucun cri durant l'opération ; se tenant hardiment ; allant jusqu'à s'interdire ton aide avant de céder. Tu passes une main sur ta nuque. Tu pousses un autre long soupire. Tu te résignes à comprendre et lui souris malgré confusion ; malgré ta réticence. Il ne fait aucun doute, l'abrupt démontre une certaine force : "Vous devez être un sacré phénomène pour prétendre vous mesurer à lui."
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Ven 8 Juin 2018 - 12:58




守護天使 - Shugotenshi



« しゅごてんし »

Ange Gardien


On a qu'une seule fois l'occasion de faire une première bonne impression.

~~

Le Yasei se trouvait toujours adossé contre le tronc d'un arbre, au bord du doux fleuve attiédi où se réfléchissait la fuite d’un nuage. Suivant lentement du regard le chemin de halage, tout en fleurs, qui descendait en pente vers les eaux. Une ravissante jeune femme à sa droite, tandis qu'à gauche se dessinait des roseaux; devant lui, les détours du ruisseaux en marche et fermant l’horizon, un pont d’une seule arche. Le courant murmurait, en inclinant les joncs, et les poissons, avec leurs sauts et leurs plongeons, sans cesse le ridaient de grands cercles de moire.

« La réponse se trouve dans ta question, Sun-Hi. C'est justement parce qu'il est le Tsuchikage que je l'ai affronté. J'ai toujours trouvé plaisir à me mesurer aux plus puissants. Car aucunes montagnes n'est infranchissables. » Expliquait-il en finissant son Bentô.

En effet, son ego en tant que véritable guerrier des monts le contraignait à se mesurer au combattant redoutable qu'était Nagamasa Chôgen. Car tel était son credo, affronter les légendes de ce monde, se mesurer à elle afin de lui permettre de se faire une idée de sa propre force en comparaison à la leurs. Ceci l'aidant particulièrement quant à son évolution en tant que soldat tant physiquement que psychologiquement.

« Chôgen-sama devrait aussi avoir besoin de tes services, je ne suis pas le seul à être sorti blessé de cet affrontement.» Répondit-il en se vantant un tantinet ses propres mérites.

Le Yaoguaï n'avait effectivement pas démérité, sachant pertinemment qu'il s'était frotter à un mur quasi infranchissable, le surpassant dans tous les domaines. Et pourtant, celui-ci était parvenu à toucher son supérieur hiérarchique de plein fouet. Certes le balafré l'avait touché qu'une seule et unique fois, mais cela avait suffit à faire couler l'hémoglobine de la bouche du Shodaïme, et ceci, il n'allait pas l'oublier de sitôt.

Se relevant délicatement sans faire de gestes brusques qui pourrait sensiblement rouvrir ses plaies, il adressa un regard sympathique à la shinobi médecin qui venait de le tirer d'un état critique, lui sauvant par la même occasion, la vie.

« Prends ça. Lorsque tu sera en situation périlleuse, souffle à l'intérieur. Merci encore pour ton aide Sun-Hi, à une prochaine fois. » Concluait l'adepte du poing en tendant l'objet à son interlocutrice, s'apprêtant à prendre la route.

L'Ostrogoth lui avait donné une corne de guerre, qui avait été extirpée de la carcasse d'un bison des montagnes. Elle pouvait le porter tel un collier ou à contrario, le laisser dans un emplacement plus discret. En dépit de son caractère introverti, il daigna cependant sourire à la jeune femme, la saluant par la même occasion avant de cheminer le long de la rivière, on pouvait voir sa silhouette élancé et sauvage se perdre sur l'horizon avant de disparaître dans l'immensité de la faune rocailleuse.



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Mar 12 Juin 2018 - 0:52
Décidément les hommes étaient parfois étranges... Vouloir se mesurer à plus fort que soit pour jauger son niveau ; avec l'espoir de surpasser son opposant. Une idée qui ne te viendrait pas, enfin tu supposes... Toi qui n'as pour l'instant comme unique objectif de soigner, cela te dépasse encore ; ramenant tes jambes contre toi, la tête penchée sur le côté, tu observes le sauvageon en quête de réponses. Seulement, c'est tout le contraire qui se produit, il fait naitre plus de questions... Pourtant, cela n'est pas dérangeant et tu l'épies, silencieuse jusqu'au prochain cri d'étonnement. Celui-ci sera étouffé par tes mains, et tu le regardes, stupéfaite. Tu ne sais quoi répondre à sa fière annonce. Il te faut un moment avant de balbutier - "... Il... Il...".

Tu tiens ta tête entre tes mains ; homme à l'instinct de bête, il y a moult choses que tu ne comprends pas chez lui, que tu ne saisis pas, mais il te captive. Il possède ce quelque chose sur lequel tu n'arrives pas à poser des mots. Il possède ce quelque chose que tu trouves fascinant. Et tandis que tu te perds en élucubration, la bête se relève doucement. Elle te sourit, tu comprends qu'elle est sur le point de partir mais tu ne veux pas. Pas maintenant. Il y a encore tellement de choses que tu aimerais savoir sur elle, puis tu t'es comme prise d'affection ? Peut-être parce que tu l'as vu en position de faiblesse...

Elle t'offre un curieux présent destiné à l'appel en cas de danger ; il ne fait nul doute que tu le garderas précieusement. Tu la regardes s'en aller avec un léger pincement, mais elle a garanti vos retrouvailles et tu es déjà impatiente de la revoir, dans un meilleur état si possible.

Une fois disparue de ton champ de vision, tu laisses tomber au sol, porte l'objet au-dessus de ta tête - "Il faudrait peut-être que je rentre moi aussi". C'est vrai, quand on y pense tu étais couverte de sang ; maintenant qu'il n'était plus là, toute la tension accumulée retombait et tu te sentais épuisée. Alors, après un instant allongée à ne rien faire, tu rassembles tes affaires. Observes l'étendue, nettoies ce qui peut être encore nettoyé et de reprendre la route du village.

Cela ferait une belle histoire à raconter aux tiens, seulement rien que pour cette fois tu seras égoïste, et la garderas pour toi.
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