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Qui veut la Paix, prépare la Guerre. | Pv. Hoshino Watari


Mar 21 Nov 2017 - 22:22
La quiétude. Dans le silence de la marche, les deux hommes avançaient paisiblement. Comme un retour aux sources après leurs retrouvailles dans les marais. Depuis, les deux hommes ne s’étaient plus réellement quittés. Cette étrange amitié qui les liait était née de ce sentiment nostalgique. Ce mélange étrange entre le doute et la crainte, entre le passé et le futur, entre les inquiétudes et les certitudes. Pourtant, le temps était passé. Retrouvé sous l’ère Benten, les chemins les avaient conduits sur les terres du Feu où une bataille avait conduit l’aveugle à y perdre la sensibilité de ses doigts. Puis, tandis que les jours passaient, le règne du deuxième Mizukage avait conduit les deux hommes à prendre une lourde décision. Faisant fuir leurs deux familles, ils avaient joint leur force commune dans un départ précipité mais ô combien nécessaire. Tous les deux, étouffés, avaient pris une véritable bouffée d’air. Mais, dans le silence du départ, un gouffre s’était creusé entre eux. Ils n’avaient plus réellement eu le temps de prendre ce temps. Ils n’avaient plus su discuter comme auparavant. Ils n’avaient plus été les mêmes depuis cet instant.

Gravissant en silence le chemin, de ce pas lent et tranquille, sa canne frottait constamment un sol rude et difficile. Pourtant, tranquillement, atteignant bientôt les sommets, leur marche vint à se ralentir tandis qu’une brise légère se levait, faisant virevolter les cheveux non attachés de l’aveugle. Bandeau noir sur son regard éteint, les manches relevées de son manteau bleu aux anciennes couleurs de son Clan, les bottes usées par le temps, l’aveugle gardait pourtant la tête haute, comme si, avec le temps, il retrouvait la sérénité et la force d’avancer. S’il n’était pas encore remis de son exil, s’il se rappelait encore les trop courtes nuits, il se mettait peut-être à croire en un avenir. Pendant quelques temps, avant que les émissaires de la mort n’arrivent aux portes de la Roche, il pouvait encore imaginer sa famille en sécurité. Bientôt, le monde trouverait une nouvelle paix. En son nom. En sa mort. Puis, s’arrêtant lentement, il leva la tête, ouvrant bientôt la jarre attachée à sa ceinture, remplie d’un Saké puissant. Les deux hommes devaient encore se rattraper.

_ Penses-tu que nous serons un jour capables de trouver la paix ? »

Un court silence. Puis, sans même attendre une réponse, comme s’il parlait autant au ciel qu’au Hoshino, il évoqua pour la première fois ses doutes sur leur départ.

_ Avons-nous bien fait de partir, mon ami ? Était-ce finalement le plus judicieux ? »

Et, comme une autre question, la même, il laissa le vent l’emporter.

_ N’apportons-nous pas la guerre en ces lieux de paix ? » »
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Mar 21 Nov 2017 - 22:42
On choisissait rarement sa famille. Pour cela, Watari était sûr et certains que cette phrase était valable pour tous les Yuki, mais elle demeurait valable pour le clan au double croissant de lune. On choisissait rarement ses amis. Eiichiro Yuki était devenu, là aussi, bon gré, mal gré, son ami. Il ne savait pas si Eiichiro le regrettait des fois, mais il était là aussi impensable de ne pas penser que Watari ne puisse regretter cette amitié qui, il fallait le dire, était à tout le moins aventureuse. Mais le jeune samouraï en vérité, ne regrettait rien, car à défaut d'avoir pu choisir son ami, il avait pu choisir ses voisins et son choix, il ne le regrettait pas, prouvant bel et bien au passage que ce n'était pas tant Eiichiro qui était incapable de s'entendre avec autrui, mais que c'était bien l'autrui brumeux et belliqueux qui constituait peu ou proue, la majorité du village ninja du pays de l'eau et ses dirigeants qui distillaient une ambiance de conflits permanents qui avaient provoqué cette désertion, sûrement calculée et prévue de la part du nidaime Mizukage. Mais peu importe qu'il l'ait souhaité, prévu ou non, l'important était-là : Eiichiro Yuki renaissait, Watari s'adaptait peu à peu, un brillant avenir s'ouvrait pour sa jeune disciple Ayuka, il avait pu enfin retrouver un peu de temps précieux avec sa bien-aimée cousine, il avait pu rencontrer et affronter un samouraï d'exception.

La situation était presque ironiquement idyllique. J'ai le sentiment, malgré l'attaque récente de Kiri, que nous avons déjà parcouru un bon chemin vers celle-ci, en nous rendant dans ce village. Et c'était vrai. Il doutait fort que son ami, son frère d'armes, viennent lui soutenir le contraire désormais. Néanmoins...La guerre, nous l'avons vue se profiler. Certes, nous pourrions voir nos acte comme égoïsme... Mais ni le village des nuages, ni le village de la pierre, est en sécurité. En venant ici, j'ai découvert les lettres qui furent affichées en ces lieux. Je commence à avoir mon idée sur le responsable. Et si j'ai bel et bien raison... La guerre sera déclenchée. Avec ou sans nous. Watari restait mystérieux sur ces idées qu'il avait nourries, discutés avec Chôgen, lors de leur arrivé ici. Il le savait : quelque chose de plus grand se tramait. Plus grand qu'eux. Plus grand que Sôsuke : Celui qui a attaqué mon cousin n'en avait pas après toi. Il en avait après Iwa... Il voulait montrer au monde que rien n'arrêterait Kiri. Tu n'es aujourd'hui qu'un témoin a supprimé. Il en est probablement de même pour moi, Eiichiro. Le jeune homme avait fort à dire encore, mais il s'installa, en haut de pic qui surplombait désormais le village de la Roche. Watari lança un caillou par réflexe là où probablement, un espion se cachait. Si vous voulez du Saké, je sais mon ami disposé à en partager avec les plus sceptiques. Le jeune homme soupira, amusé de sa propre insolence et de sa probable clairvoyance. Que l'espion se joigne ou non à eux, peu lui importait. Il tendit une coupe à Eiichiro, avant de trinquer avec lui. En l'honneur de l'hospitalité de nos sauveurs
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Mar 21 Nov 2017 - 22:58
Watari était un homme étrange. Peu importait l’instant ou le moment, Eiichiro semblait toujours dépassé par son ami. Comme si, sur une partie de Go, l’homme calculait encore bien plus vite que lui les différentes probabilités. Fin stratège, libre penseur, le Samouraï était constamment une surprise. Parfois regrettable. Parfois appréciable. S’ils arrivaient à s’entendre, le Yuki était pourtant bien incapable d’en comprendre la raison. Malgré tout, les mois passants, une amitié tenace les liait. Une amitié qui avait conduit les deux hommes sur le chemin d’un exil commun. Car si l’aveugle se dressait bel et bien contre le pouvoir du Nidaime, l’Hoshino se battait pour d’autres valeurs. Il se battait contre la corruption d’une Brume pestilentielle. Il se battait là où l’ancien chef de Clan était parfois incapable de le comprendre. Malgré tout, d’une amitié sincère, il l’aimait. Pour cet étrange philosophe, il prêterait sa Glace. D’un soupir, posant son dos contre un arbre, il se laissa doucement glisser. Lentement, pour finalement s’asseoir entièrement au sol, posant finalement sa tête contre le tronc.

_ En leur honneur. »

Sauveurs ? Ou bourreaux ? Car Eiichiro le savait, il avait accepté d’offrir sa vie au nom de la paix. Avec l’Inuzuka, il avait été décidé qu’il resterait près des siens le temps que les émissaires s’approchent. Que, quand venant le temps des négociations, il se rendrait, les pieds et les poings liés. Il se rendrait. Il donnerait sa vie pour que les Hoshino et les Yuki puissent réellement trouver la paix au sein des Roches. Soupirant délicatement, d’un sourire tranquille, il tentait d’imaginer le ciel bleu. Il tentait d’imaginer la falaise montée. Il tentait, aussi, d’imaginer l’arbre contre lequel il s’était posé. Encore une fois, ses yeux lui manquaient. Encore une fois, il ne pouvait se contenter que d’imaginer. Plus jamais il ne contemplerait.

_ J’imagine que tu as raison, Hoshino. »

Il soupire. Parlant de l’avenir, il se demandait comment serait celui-ci pour chacun d’entre eux.

_ Penses-tu que tu sauras être un meilleur professeur pour Rakka ? »

Silence.

_ Quand est-ce que nous pourrons réellement profiter de la paix sans nous inquiéter ? »
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Mar 21 Nov 2017 - 23:20
La paix est quelque chose de précieux. Pour savoir en profiter, il faut l'avoir perdu. En ce monde si vaste, la paix est quelque chose de relatif. Il prit une pause, contemplatif, en savourant une nouvelle fois un peu de saké, avant de reprendre, continuant le fil de sa pensée pour la partager avec son ami aux paroles bien plus avares : Si ici, en cette enceinte, la paix règne, tout comme elle doit régner dans mon pays d'origine ou dans le village caché des nuages, qu'en est-il au pays du feu et ailleurs ? Pour l'heure, la paix demeure relative, là où les pays et les seigneurs sont stables... Là, un oiseau de proie poussa des glatissements, avant de fondre sur un rongeurs, plus bas. Voilà qui était une métaphore tout à fait convenable pour les paroles qu'il souhaitait adjoindre à ses idées : Mais il y aura toujours quelqu'un pour brutaliser le faible et répandre le chaos à son profit. C'est de là que vient la séparation des miens, de ceux qui furent tes ancêtres communs avec tous les shinobis.

Voilà qui séparait aussi les deux hommes. Des philosophies et des préoccupations distinctes. Des attitudes distinctes. Mais ils parvenaient à s'entendre. C'était l'alliance la plus simple et immédiate au monde : face au péril commun, les êtres humains s'alliaient pour survivre. Il en serait probablement de même de cette union avec le village de la terre : face à des sanguinaires barbares, il valait mieux un clan de samouraï et de ninja des glaces aux informations précieuses que s'enfermer dans une paranoïa autarcique. Ton petit marché avec Meian ne tiendra plus. Le génie du fameux Meikyuu Yamamoto a été plutôt démonstratif de leurs méthodes. La paix, si elle doit exister, n'aura pas lieu d'être avec mon cousin mutilé. Ce n'est pas tant finalement notre faute que celle de Kiri et ils l'ont bien compris. Un martyr, il y en a un désormais et ce n'est pas nous... Il leva à nouveau sa coupe à ses lèvres, l'air féroce et vengeur. S'il n'était pas directement lié à Chôgen et qu'ils restaient des cousins distants... Il ne pardonnerait pas l'homme qui avait levé la main sur ceux qui lui avaient portés secours. Il avait bafoué l'honneur d'un de ses proches. Un jour où l'autre, il ferait payer à ceux qui voyaient en Kiri la possibilité de répandre le chaos.

J'ai moi-même quelque chose à te confier, avant que toi aussi, tu ne me confies la vie de ta fille, Eiichiro. Il lui sourit, avant de savourer un nouveau un peu du saké. Figures-toi que tu n'es pas le seul à me confier des choses, en pensant mourir. Mais ... Je vais accompagner Chôgen-dono au sommet des kage, en tant que samouraï du pays de la terre. Si mes soupçons sont fondés, la guerre éclatera là-bas. Non pas de notre fait. Ni du fait de Sôsuke-dono, en qui je n'ai que peu de respect. Quelqu'un d'autre lutte avec le nidaime mizukage pour la domination sur Kiri. Je suis presque certain que même toi qui a dû voir la lettre qui fut publié ici, tu commences à suspecter quelque chose. Il savait fort bien à quel point son ami avait des raisons de suspecter des manœuvres étrangères aux fondateurs du village de la brume. Après tout, il avait pu être un candidat au titre de Mizukage. Mais il n'en avait rien été, finalement. Le sort, ou plutôt, des conspirateurs zélés, en avaient probablement décidé autrement. C'est pourquoi il est peu souhaitable que tu continues de me parler de l'éducation de ta fille. C'est un sommet diplomatique. Nous savons d'ores-et-déjà qui restera ici, à Iwa et qui partira de nous deux. Il en va de même pour Ayuka et ma famille. Ce choix me plaît : vous serez plus en sécurité ici et tu as une vie nouvelle dont tu dois profiter mon ami. Même si je pense que le conflit viendra à toi, il est temps que nos rôles s'inverse... J'espère juste pouvoir triompher et revenir en héros, non pas en vaincu, ou pire...

Il ne craignait pas cette fin. Mais maintenant qu'il avait goûté à une paix auprès des gens qu'il aimait, Watari souhaitait vivre. Pas au détriment de son honneur, mais il souhaitait bel et bien vivre. Ne pas se séparer de ce frère d'arme avec qui il pouvait paisiblement boire du saké. De sa disciple, qui était une jeune femme prometteuse. D'Eirin ou des Hoshino, qui avaient besoin de lui... Le samouraï soupira. L'avenir était incertain pour lui. Mais s'il pouvait s'assurer que seul le sien fut immédiatement trouble... C'était déjà ça de gagner pour lui et eux.
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Mar 21 Nov 2017 - 23:37
Il prit une longue gorgée. Ou plutôt, il prit plusieurs gorgées, oubliant un instant la sobriété requise pour des paroles claires. Cette journée-là, les deux hommes se retrouvaient finalement. Après de nombreux jours sans se parler, sans réellement s’entendre, ils prenaient le temps de discuter. De se retrouver. De simplement parler. Non plus de la cécité du Yuki. Ni même des événements passés. Ils parlaient de cet étrange avenir. De ce jeu dont les machinations secrètes restaient silencieuses. L’échiquier était vaste. Immense. Pourtant, alors que Kiri se créait sous l’impulsion des trois Clans originaux, le Héros de la Répression ne s’était pas imaginé de tels remous pour la Brume. Il ne s’était pas non plus imaginé là, sur les Plateaux d’un village dont il ne connaissait rien. Son avenir, il n’en était plus le grand maître. Perdant au fil du temps son indépendance, il se battait finalement pour retrouver un peu de sa liberté, alors que son ami évoquait l’ancien traité décidé avec l’Inuzuka. D’un sourire, amusé, il prit une autre gorgée à l’évocation du dernier combat : le Meikyû contre le Nagamasa. Un combat qui avait laissé de nombreuses traces. Un combat qui, sûrement, annoncerait la suite des événements.

_ J’imagine que tu as raison, mon ami. Peut-être que la Brume et la Roche sont voués à se battre, non au nom de quelques déserteurs mais au nom de quelques rivalités. »

Il pousse un soupir. Son ami, étrangement, évoquait le futur différemment. Comme s’il lui confiait finalement la suite. Comme si réellement, les hommes pouvaient se donner les responsabilités. Comme si chacun se déresponsabilisait dès qu’il le pouvait. Sourire doux, légèrement amusé, la tête penchée en arrière, il comprenait son ami.

_ Je sais ce que tu dis. Mais, de nous deux, je mérite bien plus la mort que toi, mon ami. Laisse-moi y aller. Protège les nôtres de ta lame et accepte que je meurs au nom des nôtres. »

Un court silence. Avant de reprendre sur d’autres sujets. Il savait que les deux hommes pourraient parler des heures, aucun des deux n’accepterait la décision de l’autre. Pourtant, aujourd’hui, Watari partirait et suivrait le Tsuchikage. Il irait face au danger. Soupir. Lassitude. Pourquoi faisait-il cela ?

_ Un pouvoir plus grand tire de nombreuses ficelles. Peut-être est-ce la guerre qu’ils recherchent ? Aurais-je été un pion dans ce jeu que je ne comprends pas ? Ou seul Sôsuke est le fautif ? »
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Mer 22 Nov 2017 - 0:01
La guerre n'est que l'étape pour eux, je pense. Le conflit est une étape dans tout processus de conquête. La situation a commencé à leur appartenir avec Shitô. Ne trouves-tu pas étrange que le daimyo de l'eau soit mort pendant que nous étions loin du village ? Je pense que Sôsuke fut nommé pour écarter la suspicion sur l'assassinat du précédent daimyo, naragasa-dono, celui qui avait croisé ta route. Mais pour ma part... Jamais n'ai-je été convaincu par cette histoire de héros, qui était bien trop convenue. Peut-être était-ce l'abus de saké et de thé qui les faisaient ainsi suspecter un complot. Ou peut-être était-ce le signe d'une vive intelligence de la part de deux personnages qui ont été ainsi confrontés à des décisions qu'ils avaient contestés, trouver étrange. Peu importe qu'ils fantasmèrent sur des chimères ou qu'ils eurent raison, une chose ne changeait pas : il était celui qui partirait au pays du fer, son pays d'origine, alors qu'Eiichiro resterait ici. Sûrement pour protéger le village tout en restant sous la surveillance de celui-ci. Il y avait d'ailleurs une ironique inversion des rôles, dans ce déplacement de son ami du front vers l'arrière-garde et de Watari vers les combats du front.

Allons, si tu as pu survivre à un titan, je peux bien survivre à une rencontre diplomatique. Taquina-t-il son ami, avant de reprendre une gorgée de saké et d'ajouter sur un air plus grave : Dans l'absolu, j'aimerais croire que personne ne mérite de mourir. Prendre des vies est bien plus simple que d'en donner, que d'élever un enfant. Toi qui pense mériter la mort, je pense qu'au contraire, ta vie est précieuse en cela qu'elle est un exemple, un espoir que tu dois transmettre aux autres. Je ne dis pas que ma vie est moins importante, mais je pense que tu dois te faire le témoin de notre amitié et de ton passé. Plus que des yeux aveugles, des doigts dont la sensibilité était réduite, l'ancien chef du clan Yuki avait désormais beaucoup de choses à transmettre aux jeunes, un peu à la manière du vieil aïeul des Hoshino et ce qu'il avait pu faire avec Watari. S'il pouvait cependant ne pas adopter cette manie de gérer la vie privée et l'éducation de ses petits enfants, Eiichiro en aurait été bien avisé, mais peut-être n'aurait jamais-t-il l'occasion de voir Eiichiro inventer un rite nuptial pour protéger des jeunes Yuki. Cette pensée lui arracha un nouveau sourire amusé, celle-ci faisant écho à des souvenirs heureux qu'il avait pu partager avec Ayuka par le passé.

Je pense avec le recul que Sôsuke voulait réellement la paix à Kiri, mais qu'il a été berné, lui comme nous. Il vaut mieux que l'un d'entre nous reste ici et puisse démasquer de potentiels manipulations et les expliquer aux guerriers d'Iwa. Plus important que la force était l'information, dans l'art de la guerre. Celui qui connaissait son adversaire et le terrain avait bien plus de chance de l'emporter. C'est pourquoi, il cita une maxime originaire de son pays : Connais ton adversaire, connais-toi, et tu ne mettras pas ta victoire en danger. Connais le ciel et connais la terre, et ta victoire sera totale.
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Jeu 23 Nov 2017 - 14:39
Les deux hommes évoquaient le passé. Mais aussi le futur. Ils parlaient de la mort. Ils parlaient aussi de Kiri. Qu’est-ce qui attendait leur ancien Village, pour lequel ils s’étaient tant battus ? Qu’est-ce qui les attendait, eux ? Alors qu’il prenait une autre gorgée, l’aveugle s’interrogeait silencieusement. Son ami s’avançait étrangement beaucoup sur ses suppositions, comme s’il était détenteur de nombreuses informations qu’il lui manquait. Sourcils froncés, tandis que la liqueur glissait dans sa gorge, il poussa un soupir.

_ Je n’ai que peu connu Sôsuke dans ma jeunesse. Il ne m’avait pas semblé très intéressé par tout cela. »

Poussant un soupir, haussant les épaules, il devait accepter la réalité. Un inconnu. Ce Yuki particulièrement. Il avait trouvé sa place en haut des marches alors qu’il découvrait Kiri. Il avait fi des nombreuses tensions, laissant son propre Clan sur le côté. Comme s’il n’avait eu que faire de cette fierté dans laquelle il était lui-même né. Et s’il ne l’avait pas officiellement exilé, les mots se ressemblaient bel et bien. Ce congé administratif n’avait été qu’un autre pas de sa stratégie. Avait-il pour autant pensé aux nombreuses conséquences de ce geste ?

_ Sûrement son élection n’est-elle qu’un mouvement dont on ne connaît pas encore les conséquences. J’imagine que celui qui tire les ficelles a son propre agenda. »

Il était curieux que, dans les Hauteurs d’Iwa, les deux finissent par évoquer les troubles du passé mais aussi des craintes futures. Avec un sourire nostalgique, attristé de parler des pertes qui pouvaient survenir, Eiichiro parlait encore avec le cœur.

_ J’ai peut-être l’expérience de mes erreurs, mais tu es un homme bien plus sage et philosophe que je ne le serai jamais, Hoshino. »

Un instant, il s’arrêta, posant sa tête contre l’arbre tandis qu’un oiseau s’envolait maintenant. Fasciné par sa propre humeur tranquille, le Yuki se questionnait encore.

_ Penses-tu réellement qu’Iwa m’écoutera ? »
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Sam 25 Nov 2017 - 3:02
Je n'ai jamais douté du fait que Sôsuke ne soit pas mal intentionné. Mais qu'il fut un tyran et un piètre leader, c'est hélas la conclusion qui m'a poussé à rejeter son autorité. En effet, peu importe à quel point on pourrait l'assommer d'une supplique qui ferait de lui un traître, Watari n'en demeurait pas moins surtout quelqu'un qui plutôt que de servir quelqu'un en qui il ne croyait pas, avait préféré chercher un avenir meilleur. Ses raisons, elles étaient-là. Elles n'étaient pas dans l'envie de s'attaquer à ses anciens compatriotes, mais simplement à mener une existence dont il pourrait être fier et étant heureux. Ce que les brumes tâchées de sang avaient interdit à lui, sa cousine et le clan Yuki. En tout cas, j'espère pour Sôsuke qu'il a su s'entourer de gens de confiance... Si malheur, il devait lui arriver, je pense que je le saurais bien assez tôt, puisque je vais me rendre au sommet des kage, comme accompagnateur des Nagamasa....

Il n'imaginait pas quelles horreurs s'y dérouleraient ni ce qu'il y verrait, ou encore ce qu'il y perdrait. Non, si Watari avait assisté aux horreurs du monde de manière assez progressive ces derniers mois, il n'imaginait pas qu'il était à nouveau possible de produire des événements aussi effroyables que ceux de Shitô, ou plus encore, des nombreux et sanglants que lui, Eiichiro et biens d'autres guerriers avaient eu à mener sur l'archipel du pays de l'eau. Sage ou philosophe, je ne sais pas si je suis. En tout cas, j'essaie de vivre à la hauteur de mes valeurs et je tente de transmettre mon savoir aux autres si cela m'est possible.

Watari sourit cependant à la dernière question de son ami, qui, il le sentait, avait fait d'énormes progrès vers la paix intérieure qu'il recherchait. Même si à l'avenir, il devait tomber, il avait peut-être réussi à sortir son frère d'arme du tortueux et sombre chemin sur lequel il s'était avancé. En soi, cette réalisation fit sourire, satisfait, le jeune guerrier natif du pays de fer, qui ajouta alors : Je pense que tu parviendras à comprendre et te faire comprendre des autres, désormais. Tu as l'air plus serein que quand nous nous sommes revus, dans les poisseux marais du village de la brume... Il se souvenait de l'homme torturé par ses devoirs, son rôle et son pouvoir. Des écarts qu'il avait commis et qui n'étaient pas totalement étrangers à leur situation actuelle et présente. Comptes-tu transmettre le rôle du chef des Yuki à ton frère ? Ou le lèguerais-tu à Ayuka ? Qu'avez-vous prévu, ici, pour l'avenir, à Iwa ?

Ces questions étaient importantes. Tôt ou tard, les Yuki d'Iwa auraient un rôle à jouer en s'installant ici. Même si Eiichiro ne dirigeait plus, il restait que les entités, fussent-elles séparées, les Yuki, peu importe leur location, chercheraient à se joindre à une voie, fusse-t-elle de la guerrière noblesse qui se fit exiler de Kiri, ou celle plus malléable et encore à construire du pays de la terre.


Dernière édition par Hoshino Watari le Lun 27 Nov 2017 - 17:35, édité 1 fois
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Sam 25 Nov 2017 - 15:56
Watari. Mon ami. Watari. Pour qui il avait accepté de prendre les voiles d’un départ. Glissant sur les vents d’une mer inconnue. Suivant une étoile invisible. Il avait quitté, la suivant un instant, la terre pour prendre la mer. L’aveugle avait accepté les craintes et les doutes. Il avait accepté aussi les inquiétudes. Pour son ami, pour sa famille, il se battrait encore de longues années. Jusqu’à son dernier souffle, le Maître des Glaces continuerait de se battre. Pour eux. Soupirant, la tête penchée contre l’arbre, il se demandait quel serait leur véritable avenir. A lui. Aux Hoshino. Aux Yuki. Quelle serait sa place au sein du futur échiquier ? Qui seraient les pions d’un stratagème sordide ? Il pensait à Rakka, qu’il souhaitait mettre à l’abri. Il pensait à Setsuka, pour qui il craignait les ombres du passé. Il pensait aussi à Ayuka et ses désirs. Il pensait à chacune d’entre elles et se demandait s’il arriverait à réellement les protéger comme il le devait.

Prenant une longue gorgée d’un Saké qui lui faisait légèrement tourner la tête dans le vide de son esprit obscur, il souriait tristement. Oui, il était que l’avenir était bien étrange. Que se passerait-il lors de ce sommet ? Que deviendraient ces Exilés ? Alors que Watari partait vers les Terres du Fer, que se passerait-il à Iwa ? Eirin resterait-elle dans son coin, à errer, dans l’attente de son cousin ? Visage songeur, pensées qui se libéraient, il haussa finalement les épaules devant les dernières questions de son véritable ami. Finalement, prenant une longue inspiration, il laissa sous silence l’avenir du sommet, car il ne désirait pas s’inquiéter d’un malheur qui ne devrait pas exister. Pourtant, il laissa quelques mots se glisser entre ses lèvres.

_ Méfie-toi du Soshikidan, mon ami. N’oublie pas les événements de Shîto comme l’ont tant fait les autorités de Kiri. »

Puis, de reprendre sur un autre sujet, sur leurs retrouvailles au sein des Marécages. Souriant légèrement, il se rappelait encore quel étrange personnage il avait eu face à lui. S’il n’était pas le dernier visage qu’il avait vu, il arrivait encore à se souvenir partiellement de ce dernier.

_ J’étais un autre homme à cette époque. Troublé par les responsabilités, par le pouvoir qui m’était imposé. Depuis, j’ai perdu mon œil. J’ai perdu mes doigts. J’ai perdu les Yuki et Kiri. Comment se souviendront-ils de moi ? »

Puis, alors que le silence s’installait, il se devait d’évoquer l’avenir des Yuki. Car, pour lui aussi, l’avenir était encore bien mystérieux.

_ Je ne suis plus leur chef, Hoshino. A l’instant où j’ai posé mon pied sur ce navire, te suivant, j’ai abandonné mes responsabilités. »

Il souriait. Car il savait que son ami évoquait le discours, plus récent, du Tsuchikage. Car, encore actuellement, il était considéré comme le représentant de sa famille. Aussi, prenant une autre gorgée, pour éviter l’assèchement de sa gorge, il souriait doucement.

_ Akimitsu est encore jeune. J’aimerais lui laisser le temps de grandir et d’apprendre. Quant à Ayuka, elle serait idéale. J’aimerais pourtant qu’elle trouve le bonheur plutôt que de l’assommer de ces chaînes. »

Poussant un soupir, il s’arrêta brièvement.

_ Que l’un ou l’autre souhaite prendre ma place, je les accompagnerai dans leurs nouvelles tâches. Quant à l’avenir au sein du village, je ne pourrais pas encore te répondre. J’imagine que nous devons encore faire nos preuves et nous intégrer. »

Il souriait doucement. Tout recommencer. Comme si Kiri n’avait jamais existé. Afin d’assurer un avenir pour sa fille.
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Mar 28 Nov 2017 - 20:30
Tu as raison de les mentionner. Ils ont été trop silencieux. Nos affaires avec Kiri nous ont laissé totalement sourds à leurs mouvements. Et je crois pourtant qu'ils sont là, dans l'ombre, comme le seraient de véritables shinobis. Ils feront ce qu'ils peuvent pour déstabiliser un peu plus le continent, j'imagine. Il était presque rassurant de se sentir anesthésier, mais il était bien plus oppressant de se rendre compte qu'ils étaient là, avides de pouvoir, de conquêtes, comme des loups assoiffés de sang, prêt à se repaître de la faiblesse des autres à la moindre ouverture. Et même s'il ne regrettait pas son geste, il était sûr que certains avaient su en tirer des avantages. Et ces conséquences, elles n'étaient pas absentes des pensées de son ami, qui se demandait comment le village qu'ils avaient fondés se souviendraient d'eux.

Rien n'est scellé, mon ami. L'art de la guerre m'a appris que le victorieux est celui qui écrit l'histoire. Si celle-ci doit être déclarée... Elle n'épargnera personne et seuls ceux qui rempliront les champs d'honneurs du sang de leurs ennemis auront le privilège d'imposer au monde leur joug, qu'il fut ou non celui d'une paix ou de la terreur. Au-delà de ce qu'il disait, il réaffirmait cette leçon simple : ceux qui se battent, que ce soit par les mots et la diplomatie, le sabre et les arts guerriers, étaient ceux qui forgeaient le chapitre suivant du monde. Ce qui était sûr, c'est que Watari ne considérait pas réellement son ami comme étant celui qui avait perdu les Yuki. Au contraire. Je ne crois pas que toi et Ayuka avaient perdu les Yuki. Au contraire, je pense que maintenant que vous êtes éloignés de Kiri, vous avez le devoir de montrer à ceux qui n'ont pas pu ou voulu nous suivre qu'un autre clan était possible. Qu'une autre façon de voir le monde est possible.

Il allait bientôt rebondir sur le sujet d'Ayuka. Je ne pense pas qu'elle percevra cela comme des chaînes, si tu ne lui imposes pas et si tu l'accompagnes. Ce qui était des chaînes pesantes, froides et lourde à Kiri, peut être émancipateur à Iwa. Il prit une pause pour savourer une nouvelle gorgée du breuvage, avant d'ajouter, au sujet d'Akimitsu : Concernant ton jeune frère... Je pense qu'il faut que tu le surveilles pour t'assurer qu'il s'intègre bien, ici, à Iwa... Il restait tant à faire et tant à construire. Il espérait que la paix se maintiendrait au moins, vu que celle-ci était la fondation des temps de joie et de prospérité. Iwa est une ville marchande, peut-être pourriez vous trouver un domaine où votre Hyōton serait une opportunité mercantile ?

Peut-être que le tricot conviendrait au chef de clan fatigué comme activité contemplative, lui qui avait eu tant de mal à méditer, peut-être qu'il s'épanouirait dans la broderie où excellait sa cousine ?
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Mer 29 Nov 2017 - 14:01
Son ami était un étrange homme, mais il avait pour la voix de la raison. Une voix souvent appréciable, bien que, parfois, il lui arrivait de ne plus réellement saisir ce qu’il laissait entendre. Pourtant, ce jour-là, à l’ombre d’un arbre, sur ces Plateaux, Eiichiro appréciait la douce compagnie d’un homme qui n’était plus le même non plus. Ils avaient évolué, grandi ou pris des chemins qu’ils n’auraient peut-être pas dû prendre. Pourtant, les deux hommes se retrouvaient là, tous les deux. Et une nouvelle gorgée de Saké glissait entre ses lèvres. Un mouvement de son poignet lui fit comprendre que le récipient se vidait dangereusement.

_ Alors, je ferai encore la guerre. Je me battrai encore. Non plus parce que je le veux, mais parce qu’il le faut. »

Et, comme une promesse pour lui, autant qu’à l’Hoshino, il laissa sûrement entendre son plus grand vœu.

_ Je ne laisserai pas les miens mourir sous ma garde. Quitte à donner ma vie. »

Rakka. Ayuka. Setsuka. Akimitsu. Ils étaient sa famille. Ils étaient ces siens qu’il protégerait de sa Glace. Une dernière fois s’il le fallait. Encore une fois. Et plusieurs fois même. Pourtant, alors qu’il tournait la tête vers son complice, il hochait de la tête doucement.

_ Elle est bien meilleure que je ne l’étais à son âge. J’ai confiance en elle. »

Il avait souri doucement, appréciant ce simple aveu. Dix ans auparavant, alors que la Répression commençait, son âme était déjà corrompue par les vices. Le mal l’avait tant rongé qu’il s’était laissé aller aux colères noires, aux tortures glaciales.

Il avait souri à la proposition de son ami. Il savait que cela devrait bientôt arriver. Il le savait mais n’avait pas encore trouvé une solution pour de nouvelles rentrées d’argent, autre que les missions sur lesquelles il espérait pouvoir être à l’avenir. L’oisiveté ne lui convenait de moins en moins.

_ Mon Hyôton est destructeur, Watari. Il est tueur. Lorsque nous serons intégrés, je chercherai une place là où je suis le meilleur. La torture. L’information. »
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Jeu 30 Nov 2017 - 0:23
Il y aura toujours besoin de défendre les siens, que ce soit d'individus mal intentionné, ou contre l'amertume des vicissitudes du quotidien. La vie était un combat de chaque instant. Pour trouver la paix, le bonheur, ou s'assurer de celui des autres, à défaut du sien. Watari en était bien conscient. Connais-tu l'insigne philosophie de mes terres ? T'ai-déjà appris la distinction que nous enseignons à nos enfants, concernant l'usage des lames ?[/color] Le jeune samouraï sourit, en contemplant sa lame, qu'il avait posé à sa droite, signe qu'il faisait confiance en sa sécurité et dans le jugement de son frère d'arme. Une lame est faite pour trancher. Nos arts baignent dans l'équilibre. L'art de tuer et l'art de sauver. Notre philosophie repose sur ce dualisme. Sur cet équilibre. Savoir quand il faut se battre. Savoir comment gagner et quand se lever.

Il y avait bien d'autres choses à dire sur le sujet. Mais c'était déjà une petite introduction qui suffisait pour son ami. Celui-là même, qui, si par le passé, était fatigué et désespéré à l'idée de se battre pour quelque chose qui l'oppressait, semblait enfin avoir trouvé une raison de se battre par et pour lui-même, qui plus est au profit des autres. C'était encourageant, même s'il savait qu'il aurait sûrement toujours beaucoup de mal à envisager un avis différent du sien. Preuve en est, il avait du mal à envisager autre chose que l'action. Le changement avait toujours été quelque chose qui effrayait son ami.

Il n'y a pas que le hyôton, dans ta vie, mon ami. Je compte recommencer à distiller du saké. Peut-être me mettre à d'autres arts. Cela vaudra mieux que simplement continuer à faire le garde dans les auberges du coin. Paradoxalement, lui aussi, ne supportait pas le manque d'action. Mais lui, c'était bien plus qu'il supportait difficilement de rester tous les soirs, loin des siens, à surveiller qu'aucun alcoolique notoire ne viendrait gêner les plans des tenanciers locaux.
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Jeu 30 Nov 2017 - 16:13
Il savait apprécier les mots de son ami. Bien qu’il percevait encore difficilement les nuances de cet équilibre, qu’il tentait de comprendre comme il le pouvait, il levait sa main devant. La tournant dans chaque sens, pour trouver l’équilibre, puis d’un soupir, la tête tombant à nouveau sur le tronc, il écoutait le monde qui l’entourait. Peut-être que, finalement, c’était bien là ce qu’il devait faire. Trouver un équilibre. Pouvoir se battre non pour lui, mais pour les autres. Apprendre à se battre pour se défendre. Avec un tendre sourire dirigé vers les cieux, il saluait l’entreprise de son ami.

_ Peut-être qu’un jour, je serai capable de percevoir ton art et l’équilibre que tu vantes. »

Dans un tendre soupir, alors que le temps passait entre les deux hommes, il continuait d’hocher de la tête alors qu’il tentait de comprendre et créer un futur qui n’existerait peut-être jamais. Car les deux hommes le savaient, les émissaires de Kiri viendraient et apporteraient la mort. Pourtant, par instants, alors que l’espoir naissait et se taisait par épisodes en son cœur, le Yuki tentait de percevoir ce qu’il pourrait bien faire, sinon ce qu’il faisait finalement de mieux. Être un homme de guerre. Un homme d’actions. Un homme qui savait faire naître les peurs dans le cœur des hommes. Pourtant, à cet instant, ce n’était pas ce qui lui était réellement proposé. Gardant la tête en arrière, il laissa finalement parler son cœur.

_ Peut-être que je pourrais enseigner la stratégie avec le Gô et le Shogi. Je pense que Rakka pourrait apprécier de venir avec moi dans ces moments. »

Puis de soupirer doucement.

_ Je ne sais pas comment être un père pour elle, mon ami … »
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Jeu 30 Nov 2017 - 22:55
S'il s'était attendu à un tel changement de sujet. Passer de la stratégie guerrière théorique à la stratégie parentale, c'était quelque chose qui manquât de le surprendre au point de lui faire recracher un peu de son saké en haussant un sourcil. Être père, hein ? Si dans ses souvenirs, il connaissait des gens de son clan qui à son âge, était déjà parent, Watari de par son errance n'avait jamais eu l'occasion de s'installer et de fonder un foyer. Là où il avait essayé... Eh bien... Il suffisait de regarder en arrière, voir la route qu'ils ont parcourus et pourquoi l'ont-ils parcourus pour savoir pourquoi Watari n'avait pas pu avoir l'envie de s'installer et de se marier, que ce fut avec une ou plusieurs femmes.

Et c'était oublier ses propres déboires avec les femmes, sa relation perdue avec Akihime qu'il n'arrivait toujours pas à expurger comme promise de son esprit, Ayuka, qu'il ne touchait pas, parce qu'il trouvait les sentiments qu'ils partageaient trop beau pour être consummés, Eirin, qui lui rappelaient à la fois le passé et qui lui donnait l'impression d'être un homme quand il était avec elle... Devait-on mentionner cette aventure avec Tsukiyomi, qui avait dorénavant perdu son respect et qui s'apprêtait, bien à son insu, lui rapporter un enfant qu'il ne souhaitait pas ? Ses pensées lui intimait qu'il n'était pas prêt à devenir parent, pas ainsi, maintenant, pas alors que la guerre grondait aux portes du monde. Le vanter, peut-être pas. Quant à le voir... Celui-ci semble particulièrement précaire, en cette triste époque qui est la nôtre.. Quant à la stratégie et la parentalité : Donner des cours de stratégie ou fonder un groupe de joueur de shôgi, pourquoi pas, mais j'ai du mal à voir le lien avec Rakka. Plus encore...

Watari fit une petite moue avant d'ajouter : Si je devrais te répondre sincèrement pour ta fille, je dois admettre que je doute être le mieux placer pour te donner des réponses. Je gère déjà très mal mes relations avec les femmes, alors devenir père... Peu pour moi... Il soupira, avant de reposer sa coupe vide et d'ajouter : Au-delà d'être là pour elle, je pense qu'il ne faut pas chercher à être, juste être. Sois présent, apprends-lui le monde, protège-là de tes erreurs et des errements du monde, rends-la fier et tout ira bien. Même si je pense qu'elle est déjà très fière de toi. L'innocence des enfants avait le don d'ignorer le mal des adultes, pour le meilleur comme pour le pire. Dans le cas présent, que Rakka lui pardonne, innocemment, ses torts et ses travers, pouvait constituer pour lui une seconde chance.
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Ven 1 Déc 2017 - 1:52
Un instant, le silence était resté. Comme si, pour la première fois, l’aveugle réussissait à réellement surprendre son ami le philosophe. Fait rare qui le fit sourire. Amusement. Pour la première fois, peut-être, son ami était pris de court. Alors, sourire aux lèvres, il avait pris une longue lampée du breuvage alcoolisé. Bientôt, s’ajouterait à sa cécité, l’effet pernicieux de l’alcool. Et si ses yeux ne pouvaient se brouiller d’un brouillard qu’il ne connaîtrait plus, les effets restaient pourtant les mêmes pour son esprit qui se perdait. Confusion. Doux râle de plaisir, il acceptait parfois mieux la sentence et l’ironie d’un monde qui, parfois, n’était plus réellement le sien. Finalement, tandis qu’il se redressait avec peine, le dos endolori par l’exil autant que par l’abus alcoolisé, il poussa un soupir alors que sa tête baissait légèrement, chercheuse d’un sol bien accueillant. Puis il se mit à rire.

_ J’ai rencontré ma fille au détour d’un de ces jeux. »

Il s’arrêta un court instant, ordonnant comme il le pouvait le désordre tumultueux de son esprit qui tentait encore de récolter les morceaux.

_ La petite m’a prise pour un autre et … Nous avons commencé une partie. »

Plus pour lui-même que pour vraiment son ami, il ajouta encore quelques mots.

_ Son esprit est d’une vivacité. Elle me surprend chaque jour depuis. »

Alors, il se mit à rire un peu plus. Reposant sa tête contre l’arbre, de façon moins contrôlée que la dernière fois, laissant sentir, à l’arrière de son crâne, une certaine vive douleur. Et, souriant, il continua.

_ Je suis fier d’elle plus qu’elle ne pourrait l’être de moi. »

Et, finalement, laissant entendre sa dernière réponse, il fit une allusion sur la vie privée d’un homme dont il ne connaissait pas grand-chose.

_ Imagine que c’est à ton âge que je l’ai créée. Et ce n’est jamais que dix ans plus tard que je la retrouve. »
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Ven 1 Déc 2017 - 2:37
Voyez-vous donc cela : l'alcool désinhibait son ami qui loin d'être plus spirituel, cédait sous le poids du spiritueux qui faisait de lui un papa gâteau, gâté, gâteux. Watari, le regard plus qu'intense, était cette fois-ci partagé entre l'hilarité et le scepticisme face à son ami qui se donnait en spectacle comme rarement il avait pu voir Eiichiro le faire. S'approchant plus des papas dépressifs qui contaient leur fierté filiale aux tenanciers, le jeune homme constata en revanche que peut-être, peut-être, lui, s'était trop habitué aux effets de l'alcool. Plus que de lamper du thé, c'était désormais des tonnelets de sakés qui finissaient par être bu, à toutes les occasions, montrant que de la paisible quiétude de son dojo et les herbes raffinés, c'étaient eux finissaient, raffinés par les effets de l'alcool, à vivre une vie plus mondaine et plus protocolaire.

Le laissant raconter l'histoire quelque peu placide des retrouvailles avec sa fille, Watari se demanda s'il était bien sérieux quand il lui disait qu'il l'avait retrouvé, dix années après l'avoir enfanté, au détour d'un plateau de shogi. La question mon ami, est... Comment as-tu fait pour la reconnaître ? Watari, haussait de plus en plus les sourcils, se demandant si son ami avait bel et bien une fille au final, et si tel était le cas, comment avait-il pu, aveugle, s'assurer que c'était bien elle ? A la décharge de la petite, elle semblait être adorable, mais leurs cheveux n'étaient pas de la même couleurs, leurs yeux (pour ce qu'il en restait du côté d'Eiichiro) avaient des teintes différentes. De toute façon, peu importait, il n'allait pas nuire dans son bonheur, d'autant plus que celui-ci, alcoolisé, pouvait changer d'état d'esprit plus vite que sa glace ne fonderait. En tout cas, tu vois, je t'avais bien dit que si tu affutais ton regard, tu verrais une lumière et une forme de paix en ce monde. Tant mieux si c'est les retrouvailles avec ta fille qui te l'offrent. Pour ma part...

Non, définitivement non. Dix ans plus tard, il espérait ne pas être comme son ami, en train de tituber sur la vivacité d'esprit de sa progéniture. Il espérait certes que ses enfants seraient vifs d'esprits, heureux, sains et protégés, mais il espérait ne pas se sentir comme un homme prêt à être rangé au placard pour la génération qui les suivraient. En vérité, cette idée lui glaçait le sang, car il ne savait pas s'il parviendrait à demeurer aussi vif que ses aïeuls... Kazan, Torahime, Shunsada, Hanayo... Ils étaient tous plus âgés que lui, mais ils vivaient leur vie pleinement. Il ne voulait pas imaginer un futur où il ne pourrait plus sortir son sabre. D'autant plus que... Pendant qu'ils buvaient à deux, n'était-ce pas plutôt Ayuka qui s'occupait de Rakka et probablement de Setsuka ? Connaissant la jeune femme, elle devait d'ailleurs fulminer. Pour ma part, je n'ai pas progressé sur ma route. Je n'ai pas la sensation d'être plus fort qu'avant ou que mon honneur me retrouve. Au mieux, puis-je dire que je commence à accepter de désirer autre chose que de manier mon sabre...
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Sam 2 Déc 2017 - 14:55
Il se mit à sourire à la question de son ami. Il n’en était pas offusqué. En réalité, il se doutait bel et bien que la question viendrait un jour de ce dernier, plus qu’un autre. Le philosophe semblait souvent savoir percer le rideau des ténèbres mieux que quiconque. Aussi, avec un doux sourire dirigé vers les cieux, les mains liées à hauteur de son ventre, il laissa entendre un soupir d’aise. Un bonheur simple. Comme lorsque, se retrouvant, les deux hommes avaient passé le temps, ensemble, à discuter dans les Marécages Brumeux de Kirigakure. Cette fois-ci, n’oubliant pas le Saké, les deux se complaisaient dans la discussion qui, sans véritable début, n’avait pas non plus une fin. Aussi, hochant de la tête, il laissa entendre une de ces erreurs. Celle d’un homme incapable d’accepter les responsabilités. Qui, par lâcheté, fuyait constamment.

_ J’ai rencontré sa mère il y a dix ans, l’âge que la petite a, justement. »

Un instant, il s’arrêta, hésitant à parler de cette culpabilité qui, maintenant, lui donnait l’envie de devenir un père qu’il ne savait pas encore être. Cherchant sa propre gourde, il prit une bouffée d’air avant de reprendre, laissant entendre cette lâcheté d’un homme trop fier et trop libre.

_ Elle était enceinte de Rakka quand … »

Encore un silence, le temps de déglutir, de trouver le mot exact.

_ Je l’ai abandonnée. Elle était fière de porter mon enfant après plusieurs mois. Et, quand elle m’a parlé de cet enfant … »

A l’instant où la petite avait évoqué le nom de sa mère, il avait su qu’il était le père. Il savait, à cet instant précis, que sa lâcheté était finie. Qu’il devait assumer le fardeau de ses erreurs. Qu’il devait accepter la responsabilité.

_ J’ai été lâche, Watari. J’ai abandonné cette femme enceinte de mon enfant car j’avais peur de devenir père. J’avais peur du regard du Clan. Alors, j’ai pris la fuite jusqu’au jour où cette enfant est arrivée. »

Il soupirait intérieurement. Il savait qu’il avait commis de nombreuses erreurs. Pourtant, depuis qu’il était devenu aveugle, l’homme, comme il le pouvait, tentait de les rattraper. Les unes après les autres. Afin de se sauver. Afin de trouver une paix. Afin de faire taire un démon qui l’avait trop longtemps glacé.

_ Lorsqu’elle m’a parlé de sa mère, j’ai su que mon passé était revenu. Etrange ironie, ne trouves-tu pas ? »

Était-ce l’alcool, ou la peine ? L’homme parlait beaucoup. Peut-être qu’il acceptait finalement qu’il pouvait, lui aussi, éprouver des sensations, des émotions et des sentiments. Alors, tentait-il de les exprimer à cet ami pour qui il avait quitté ses terres natales. Pour qui il avait tout abandonné. Son honneur, comme sa fierté. Son Clan comme son passé.

_ Je n’ai jamais voulu la reconnaître et, maintenant, je rêve de pouvoir un jour la voir. »

Puis, sortant de sa propre contemplation, cherchant à retrouver son ami, il se redressa un peu mieux, pliant ses genoux en tailleur afin de poser ses coudes dessus, malgré ce sol invisible qui semblait se dérober sous l’effet d’un Saké ravageur. Poussant un soupir, tournant son visage aveugle vers celui de son partenaire, il laissa finalement entendre ce qu’il avait à lui dire.

_ Nous avons tous évolué, mon ami. Tu n’es plus l’homme que j’ai retrouvé au sein des Marécages. Tu es un autre homme, avec de nouvelles ambitions. Observe le chemin parcouru, notre départ de Kirigakure ou la gestion de notre exil. Il y a quelques années, tu n’en aurais peut-être pas été capable. Aujourd’hui, tu peux. Sois fière et ne tombe pas dans les vicissitudes des remords. »

Puis, d’un sourire, amusé, il laissa tomber la tête en arrière, tandis qu’il retrouvait finalement la gourde perdue. Vérifiant que sa canne était toujours à ses côtés, son esprit embrumé se demandait s’il serait réellement capable de redescendre jusqu’à la demeure familiale ou s’il ne serait peut-être pas mieux qu’il dorme ici, quelques heures, le temps de laisser couler l’alcool en ses veines. Ou peut-être devrait-il se vider afin de retrouver un peu de sobriété.

_ Que te mets-tu à désirer, Hoshino ? »
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Mer 6 Déc 2017 - 3:15
Par tous les bouddhas, hotokes, autres kamis et saintes incarnations de la grandeur divine, harmonies de ce monde. Watari regarda son ami subir les effets de l'ivresse avec un air totalement ébahi. Mais que s'était-il passé ? Était-ce là finalement la concrétisation, l'apogée, inénarrable, l'inatteignable - ou du moins l'avait-il cru - renaissance du chef du clan Yuki ? N'était-ce pas plutôt les spiritueux qui lui faisaient ainsi voir des hallucinations de son meilleur ami devenu ainsi sage et spirituel ? Ce saké était-il donc infecté de miasme lui faisant voir une réalité alternative où l’impensable irresponsable était devenu un homme grand de ses joies et de conquête ?

Watari était tellement éberlué parce qu'il voyait, ce qu'il entendait - cette posture droite, ouverte vers l'immensité du village pierreux - qu'il en était presque tenté de lui demander naïvement : Eiichiro, mon ami, êtes-vous souffrant ? Mais il ne le faisait pas. Il restait là, pantois, silencieux, le regard acéré, en train de disséquer ce qu'il aurait pu croire être une mascarade, une tentative de son frère d'arme pour se jouer de lui. Et qui de toute à l'évidence, n'en était pas une. Tout au plus, il se permit une parole faible qui était destinée à lui-même : ce saké ne frapperait-il pas un peu trop fort, entre-nous soit dit ? Peu importait en fait. Peu importait... Il était bel et bien amené à écouter cette histoire qui était celle d'Eiichiro et de la jeune Yuki Rakka.

Soupirant en entendant le récit de son ami qui lui avouait encore une fois qu'il avait été lâche, Watari commenta : Tu sais, je ne me sens pas prêt du tout à devenir père non plus. Et même si l'on venait demain m'en amener un ... Je ne sais pas comment je réagirais. Je ne pense pas que je renierais l'enfant, mais de là à pouvoir l'assumer... Notre avenir me paraît totalement incompatible avec l'idée de fonder une famille. Qui plus est... Je ne suis pas du genre à aimer qu'une seule femme... Watari soupira à ces mots. C'était une dure confession pour lui, mais il préférait être sincère envers son frère d'armes.

Celui-ci était d'ailleurs en train d'user de sa confession pour aller vers lui et lui faire admettre qu'ils avaient changés. Et oui, Watari avait bel et bien changé. Pour le meilleur, ou pour le pire. J'étais enfermé dans mon code d'honneur. A chercher à l'être, je n'avais plus le courage de qui j'étais réellement. Je fuyais les femmes. Je fuyais mon cœur. Je ne savais plus être un guerrier. J'étais juste le code du guerrier. Je ne le maîtrisais pas, j'étais juste une image de celui-ci... Il reprit une gorgée de saké avant de se retourner vers Eiichiro. Le monde tournait désormais un peu. Quant à ce qu'il désirait... Je veux atteindre cette véritable perfection de l'être contée dans mon pays. Et de m'assurer que la paix et l'harmonie demeure pour ceux que j'aime. Deux vœux pieux qui était les siens. Watari avait encore du mal à se départir de son statut, de sa vie d'épéiste. Sans lames, il n'était plus tout à fait lui-même.
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Jeu 7 Déc 2017 - 21:23
Il était étrange comme l’alcool déliait la langue des deux hommes. Comme si, les épreuves passant, ils apprenaient à se faire confiance au point de boire ensemble. De boire et d’oublier les barrières qu’ils s’imposaient. Car, avant d’être des amis, les deux hommes étaient des guerriers. Avec leurs codes propres. Avec leurs désirs propres. Deux guerriers, avant d’être deux amis. Deux amis qui, pourtant, ce jour-là, s’abandonnaient aux bienfaits de la liqueur. Pour la première fois depuis les Marais, les deux acceptaient de parler, peut-être plus librement que jamais. Ils se parlaient, oubliant ces barrières qui les avaient tant retenus. Deux guerriers. Deux hommes. Deux amis.

Alors, il souriait, hochant de la tête pour lui-même, comprenant finalement les doutes de son ami. Si la gourde était bientôt vide, son propriétaire, lui, en était plein. L’alcool, le Saké, le mettait dans un état dont, la dernière fois, il ne se souvenait même plus comment il avait réussi à finir au fond d’un lit. Plein. Et, aujourd’hui, s’il ne l’était pas encore, son esprit tourmenté tournait étrangement. Comme si le sol se perdait sous ses pieds. Comme si le ciel se retrouvait à ses pieds. Légèrement planant, malgré les tentatives pour garder le contrôle complet de ses sens, il regrettait son abus. Peut-être était-ce finalement l’âge qui lui jouait plus de tours qu’il ne l’aurait voulu. Hochant néanmoins de la tête, risquant toujours qu’elle ne tourne plus qu’elle ne hoche, il comprenait son ami.

_ La guerre n’est pas faite pour les enfants. Malgré tout, ils nous donnent une raison de nous battre. Les protéger. Leur assurer un avenir que nous n’aurons pas eu. »

Poussant un soupir, faisant encore tourner un peu de son Saké, il en but une autre gorgée, laissant seulement le fond traîner.

_ Depuis que j’ai Rakka. Depuis que je comprends que j’ai une famille, je ne bats plus pour moi, mon ami. Je me bats pour eux. »

Bien philosophique, sûrement surgissant des tréfonds, les mots lui venaient sans qu’il n’arrive lui-même à vraiment les comprendre. Il parlait, mais ne s’entendait guère sinon, vaguement, lointainement.

_ Quand on se bat pour soi, on espère glorieusement mourir, lors d’un combat mortel. Quand on se bat pour sa famille, on cherche seulement à survivre. A retrouver les nôtres un autre jour. »

Il soupirait. Non pas de tristesse. Mais d’aise. Alors qu’il reposait sa tête tournoyante contre l’arbre, alors qu’il déglutissait, il comprenait encore son ami. Ou plus ou moins. Comme toujours, l’homme ne comprenait pas entièrement son ami. D’autant que l’alcool lui jouant plus d’un tour, les mots lui semblaient hachés.

_ Tu as de beaux vœux, mon ami. J’espère que nous finirons par trouver cette harmonie que nous rechercherons tous les deux. »

Sourire en coin, léger.

_ Quant aux femmes, Hoshino. Suis mon conseil. Vis libre et ne t’attache à aucune. Et si tu dois en aimer plusieurs, fais en sorte qu’elles ne se connaissent pas. Sinon, je ne donnerai pas cher de tes oreilles. »
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Ven 8 Déc 2017 - 20:13
Que ce soit pour soi, pour eux, pour les enfants d'un autre, la guerre est toujours pécheresse. Dans le meilleurs des cas, elle se nourrit des malheurs des uns et elles offres des opportunités aux autres, dans le pire des cas, elle ne fait fi de savoir l'âge de celui qu'elle convoite, qu'elle dévore.

Watari, le regard sombre, s'était avancé vers le rebord pour contempler l'ensemble du village qui les entouraient. Vifs, ses habitants incarnaient la marche implacable du monde où les désirs des uns et des autres se rencontraient, s'entrechoquaient, dans l'espoir de se comprendre, de s'accorder. Folle danse qui brisaient bien des liens, bien des choses, qui provoquaient à elle seule, bien des souffrances. Finalement, la vie et son cour étaient-ils si différents de la guerre ? Ou n'était-ce pas plutôt la vie qui était une guerre de chaque instant, de tous contre tous, jusqu'à ce que la violence ne soit répudié aux profits d'autres moyens d'organiser le monde ? Et quand ces moyens ne suffisaient plus, n'étaient-ils pas finalement ce que l'on appelait la diplomatie, celle-là même qui manquait cruellement à bien des gens qui ignoraient maladroitement le déroulement du monde ?

Il avait été là pour tenter de guider certains, mais comme chaque leçon est éphémère, le temps s'écoule implacable. Une fois enseignée, il fallait accepter que d'autres s'en saisissent pour mieux tenter de s'en servir. Je suis heureux si j'ai pu te sortir du chemin de carnage dans lequel tu t'enfonçais, Eiichiro. Ton châtiment en fut la première chose qui t'en éloignât. Mes efforts te concernant se sont concrétisés, mais maintenant, il sera temps que tu avances par toi-même. Il se retourna, dos aux portes célestes du monde dans lesquels tout deux se trouvaient. Tu fus un disciple peu attentif, mais c'est là que mon rôle de professeur s'éteint. Je suis sûr que tu atteindras bientôt l'apogée de ton existence ; à ma charge de me forger la mienne. Il s'était tut sur les conseils de cet ami concernant les femmes, Eiichiro Yuki se rendrait compte que Watari avait déjà perdu nombres d'attaches. Plus qu'ils n'en savait réellement, pour être franc. Passant à côté de celui-ci, son sourire toujours imperturbable, le samouraï poussa un soupir.

Est véritablement libre, celui qui sait que le monde est plein de merveilles. C'était une conclusion relativement juste pour cette discussion et même quelque part, cette amitié. Il ne savait pas s'il reviendrait de Tetsu no Kuni, mais en cet instant... Il le savait. Il était libre. Plus que jamais il ne l'avait été. Après tout, pouvait-il réellement en être autrement pour un être qui ne connaissait que l'exil et la solitude ? Ce voyage qu'il entreprenait n'avait probablement pas de fin dans cette vie d'Homme : il pourchasserait éternellement, seul ou pas, cette utopique perfection de l'être qui était l'objectif des guerriers de son pays.

L'avenir les attendaient tous. Certains en avaient plus conscience que d'autres. Certains s'en émouvaient. Pas lui. La perte avait été la boussole de son existence.

HRP : clôture du RP, me concernant, merci !
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Dim 10 Déc 2017 - 15:50
Dans le silence, Eiichiro écoutait son ami une dernière fois. Alors que ce dernier s’était relevé, pour la perception altérée du Yuki, il n’avait pas cherché à le retenir. Car il le savait aussi, tous les deux avaient fait un bout de chemin ensemble. Tout cela remontait à bien des années, maintenant. Et lorsqu’ils s’étaient retrouvés, quelques mois plus tôt dans ces Marécages, il avait trouvé un ami. Un camarade. Il l’aimait. D’un amour fraternel. Pourtant, les deux hommes, liés par des liens invisibles et indéchiffrables, devaient aussi se quitter. S’abandonner un temps. Pour, peut-être une nouvelle fois, se retrouver. Qu’une nouvelle fois, comme lors de ces derniers mois, il partage thé et rire. Qu’il partage amusement et déchirement. Et que, pour l’un comme l’autre, ils décident de naviguer vers des terres plus clémentes.

Car si Eiichiro était un disciple peu attentif, un ami bien difficile, l’Hoshino lui semblait être un homme souvent troublé. Aussi, avec un soupir, il regrettait la fin de cette amitié. Posant sa tête tournoyante contre le tronc, il souriait tristement, hochant une nouvelle fois, malgré les envies grandissantes d’en finir avec ce Saké qui lui faisait retourner son estomac.

_ Au revoir, mon ami. Reviens-moi un jour. »

Et, dans ce murmure, il avait glissé le goulot à ses lèvres, laissant les dernières gouttes lui échauffer la gorge. Sourire tendre aux lèvres, léger mais déjà triste, Eiichiro entendait et laissait son ami disparaître tandis qu’il restait là, contre l’arbre, à attendre que son mal alcoolisé en finisse. Là, son bandeau s’humidifiait de ces larmes qui coulaient en silence. Car il le savait, le futur était bien instable. Il le savait, il ne connaissait pas cet avenir. Pourtant, dans le secret de son cœur, il souhaitait encore que l’homme revienne. Entier. Et non qu’il se perde dans les limbes d’une recherche qui mènerait peut-être à sa destruction.
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Qui veut la Paix, prépare la Guerre. | Pv. Hoshino Watari

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