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Innocence et Inexistence (pv Rakka)


Mer 22 Nov 2017 - 22:49
Toujours ce froid... Si mordant, si englobant et si présent. Un froid qui dévore, détruit toute couleur et ne laisse rien passer. Alors qu'elle est assise contre un mur, lisant un de ses livres préférés, Setsuka ne sent rien, excepté peut être une vague sérénité et peut être une légère pointe de frustration alors que les lignes défilent sous ses yeux. Il y a énormément de grands mots, certains qu'elle est incapable de comprendre, d'autres qu'elle comprend plus ou moins et d'autres encore qu'elle comprend, mais qui peuvent être pris de diverses manières. Elle sait que c'est loin d'être un livre qu'elle devrait lire à son âge et que si quelqu'un le voyait dans ses mains, le scandale suivit d'une lourde correction occuperait probablement le reste de la journée, mais elle s'en moque complètement. Même sans émotions, la démonologie a quelque chose de fascinant et le tabou ce qu'elle s'apprête à faire sitôt qu'elle aura les connaissances dont elle a besoin ne manque pas de faire une vague pointe d'excitation. Cela fait deux jours qu'ils sont arrivés à Iwa. Deux jours que leur interrogatoire a pris fin et leur a permis de joindre le village. Trouver une maison n'a pas vraiment posé de problèmes non plus, même si depuis la veille, elle peut vaguement ressentir les regards de certains membres du clan sur elle... ainsi que de quelques ninjas d'Iwa. Apparemment, son manque d'émotions visibles, son regard terne et sa voix ont finis par attirer l'attention. Un peu tard cela dit... même si elle ne peut pas s'empêcher de frissonner légèrement en se rappelant de ce qu'elle a vu dans son miroir en se réveillant ce matin là.

****J'ai vraiment une sale tête en ce moment...****

A part sa pâleur devenue carrément mortelle et ses énormes cernes, Setsuka a surtout été frappée par l'impression d'avoir énormément maigri. La chemise de nuit qu'elle portait pendait lamentablement sur ses épaules et même maintenant, son furisode semble presque une taille trop grand pour elle. Bien sur, le voyage a été épuisant et le fait qu'elle évite soigneusement le reste du clan, excepté aux heures de repas (et encore... Elle n'a même pas déjeuné ni mangé ce midi) y sont peut être pour beaucoup. Mais elle s'en moque complètement. Ce froid la dévore, totalement, ne laissant aucune envie ou peur, ni même inquiétude. En fait, elle ne veut rien, n'a envie de rien et se contente d'étudier en permanence, n'arrivant même pas à croire qu'elle soit arrivée à acheter les trois livres qu'elle a actuellement sur elle sans que le marchand ne se pose de question. Vendre des livres de démonologie à une fillette de dix ans ? Vraiment ? Elle savait que les adultes pouvaient être aussi idiots qu'imprudents par moments, mais elle ne pensait pas que ça irait jusque là. Une telle idiotie, vraiment... Elle s'est présentée devant le marchand à tous hasard, désirant juste voir s'il avait quelque chose d'intéressant à lire. Elle ne s'attendait pas à trouver ce genre de choses et encore moins à ce que l'homme les lui vende sans broncher.

****Si j'étais superstitieuse, je dirais même qu'on dirait presque que le destin est avec moi. Qu'il veut que je réussisse.****

Un vague sourire se dessine un bref instant sur ses lèvres, une légère chaleur apparaissant dans sa poitrine avant que le froid ne détruise les deux instantanément. Alors qu'elle relève la tête, elle voit une zone parfaitement normale à Iwa, avec quelques arbres ça et là, de la terre battue un peu partout et un ciel bleu légèrement voilé. Il doit faire raisonnablement bon, avec quelques couleurs ça et là, comme du vert, du bleu, du blanc et du marron. Mais dans son état actuel, elle a plus l'impression que tout est terne, froid et sans vie avec seulement du noir et du blanc. Un froid qui augmente d'ailleurs en intensité lorsqu'elle se rappelle de l'étrange impression qu'elle a eue ce matin là en descendant de sa chambre. L'atmosphère de la maison était particulièrement pesante et elle a presque eue l'impression de sentir les yeux inexistants de son cousin sur elle, ainsi que plusieurs autres. Elle peut plus ou moins sentir une étrange tension depuis la veille, probablement due à son comportement, mais... elle se dépêche de tourner la tête, sa main gauche se contractant douloureusement. A quoi bon... A quoi bon s'en inquiéter ?Une fois de plus, elle n'a pas eu son mot à dire et s'est retrouvée forcée d'habiter avec le reste du clan au lieu d'être autorisée à vivre seule ! Restons groupés, tous ensembles, en famille ! Quelle famille au juste ? Des parents et une grande soeur ainsi qu'un frère qui l'ont abandonnée. Des cousins qu'elle connait à peine. Un autre cousin qu'elle aimait avant, mais qu'elle n'arrive même plus à approcher et pire, une cousine qui la hait sans même qu'elle ne sache pourquoi ! Sa main droite se contracte une fois de plus, cette fois au point que ses ongles ne perforent sa paume, un liquide chaud et poisseux commençant à perler des petites coupures. A quoi bon ? Les gens peuvent dire ce qu'ils veulent : elle s'est enfin réveillée ! A quoi bon nouer des liens ? A quoi bon offrir sa confiance aux autres ? Sa propre famille lui a prouvé au moins une chose : elle ne peut compter que sur elle-même ! Cette idée en tête, elle referme son livre après avoir noté le numéro de la page, cachant ensuite ce dernier à sa place habituelle, dans la poche de poitrine de son furisode. Bientôt. Oui, bientôt, elle aura assez de connaissances. Certes, elle a du mal à déchiffrer ces maudits textes, mais parallèlement, elle ne peut pas non plus demander de l'aide aux adultes. Après tout, ce qu'elle tente de lire est tabou... et ce qu'elle tente de faire l'est encore plus. Mais elle s'en moque complètement : si être prêt à trahir son propre sang veut dire qu'on est humain, autant se débarrasser complètement de son humanité le plus vite possible. Le froid est encore là, augmentant encore plus en puissance, semblant presque essayer de la consoler. Un froid qui bientôt fera réellement partie d'elle. Un froid qu'elle pourra contrôler. Ne plus avoir de cœur est si rassurant... et surtout si intéressant !

****Je me demande si je pourrais rester à Iwa sous cette forme. Enfin, je m'en moque. Si je suis chassée, au moins, ça prouvera que j'ai raison : les humains sont tous les mêmes !****

Un bruit derrière elle trouble ses pensés et l'espace d'un bref moment, son cœur semble sauter dans sa poitrine avant de reprendre un rythme normal. Tournant légèrement la tête, elle aperçoit une jeune fille aux cheveux noirs mi-longs, aux yeux oranges tirant sur le doré et à la peau légèrement pâle, quoi que loin d'être aussi blanche que la sienne. La fillette est un peu plus grande qu'elle, chose pas vraiment difficile vue que Setsuka a gardée la corpulence de ses neuf ans. Son coeur bat un autre battement, mais elle cache complètement son léger trouble, se contentant d'observer froidement la jeune fille. Yuki Rakka... Sa cousine et une personne qui semble la haïr sans qu'elle n'est jamais su pourquoi. Autrefois, cela lui faisait de la peine. Beaucoup de peine. Une fille de son âge avec laquelle elle aurait pu jouer, partager ou étudier... une fille qui semblait détester sa seule existence à la place. Mais maintenant, son coeur mutilé fait qu'elle n'en a plus rien à faire et elle se contente de fermer les yeux de murmurer froidement :

"Rakka-san ?"

Finit le "Rakka-nee" qu'elle utilisait autrefois. Chose qui semble d'ailleurs troubler légèrement certaines personnes dans la mesure où elle appelle également Eiichiro "san" au lieu de l'appeler "Nii-san". Mais depuis la destruction de ses sentiments, elle ne ressent plus le moindre lien familial avec quiconque... Comme si elle ne les reconnaissait plus ou plutôt, comme si elle ne les avait jamais vraiment connus en fait. Le respecteux "-san" convient donc beaucoup plus que les appellations plus affectueuses...
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Jeu 14 Déc 2017 - 16:01
Deux jours s’étaient passés et la fillette peinait à mettre des mots sur ce qu’il se passait. Iwajin, nukenin de Kiri, après être passée de Kogyoku à Yuki, voilà qu’elle avait malgré elle adressé un nouvel affront à sa mère. Si un jour elle recroisait la dame aux cheveux d’un rouge assombri, saurait-elle aimer à nouveau une fille qui avait par deux fois bravé ses ordres ? Encore engourdie de sommeil, Rakka se recroquevilla en songeant à sa mère, sa colère, ses mensonges, ses menaces...tout cela parce que la vérité sur sa naissance avait éclaté au grand jour. Atsuji, lui, le plus peiné dans cette histoire, avait enjoint celle qu’il avait élevée à satisfaire sa curiosité. Elle qui voulait savoir, découvrir le monde et ses merveilles, comment aurait-elle continué à vivre enchaînée au mensonge la préservant jusqu’alors ? Il n’avait pas pensé détenir le droit de l’entraver ainsi. Il avait choisi de l’aimer en sachant dès le premier jour qu’elle lui échapperait, que le temps les rattraperait tous deux et les séparerait. Qu’importait qu’elle eut été une Yuki, cela ne gelait pas le coeur, non ? La petite brunette avait toujours été à l’image de la chevelure maternelle, brillant avec ardeur pour un homme condamné à l’obscurité et cette “image” qu’il gardait d’elle ne saurait changer, ainsi était la véritable nature de cette enfant.

Rakka ressentait un certain manque depuis qu’elle les avait quitté tous les deux. La bienveillance paternelle d’Atsuji, la complicité maternelle de Fumi… Nul ne pouvait renier les aléas de son coeur et l’enfant faisait son possible pour taire ces élans maintes fois réprimées par les sermons rigides de sa génitrice. La fillette dûment éduqué faisait son possible et sa tristesse demeura contenue derrière ses yeux clair, là où brûlait une flamme de tendresse, flammèche encore timide qui s’alimentait du monde et de ses fantaisies. Et elle les ouvrit ces yeux, tout grand. Rakka qui se reposait encore peinait à trouver la sérénité, l’équilibre. Elle ne quittait pas tout à fait l’enfance, mais sa candeur semblait quelque peu camouflée sous l’humeur gauche que lui infligeait son repos à deux vitesses. L’esprit et le corps entraient en dissonance et seul le temps pouvait resynchroniser ces deux entités, en attendant, la fillette s’adonnait mécaniquement à ses ablutions. Que pouvait-elle faire d’autres ? Ainsi parée, la nouvelle iwajin s’en alla entre les murs de son nouveau chez elle, laissant négligemment sa main traîner sur les meubles alentour. Se succédèrent des couloirs, des portes...celle de son père plus particulièrement attira son attention, mais la petite brune reprit sa route sur un soupir. L’homme n’était guère disponible et Rakka ne se sentait pas la force de le réclamer alors que sa gorge lui faisait encore mal de leur séparation forcée à l’arrivée en ces terres.

Fixant le sol, parcourant la maison endormie, elle poursuivit jusqu’à déboucher sur une salle d’étude. Un papier froissé, un bruit d’étoffe et son regard se braqua sur celle qui venait de l’interpeller. Rakka était de ces personnes capable d’exprimer n’importe quel sentiment dans son regard et celui qui fusilla la petite Setsuka n’avait rien de tendre. Figée, une colère sourde lui mettait le sang en ébullition tandis que son visage perdait en émotivité. Elle avait envie de faire demi-tour, mais elle se retint.

“ Qu’est-ce que tu fais ici ? demanda la fillette d’une voix dure.

Son regard se promena ensuite sur les étagères, les livres entassés ici comme près de son lit, instables. Rakka s’avança dans la pièce en guettant la réponse de la petite indésirable. Pourquoi son père l’avait emmenée elle aussi ? La brune l’avait lui, mais Eiichiro ne semblait pas partager cette exclusivité avec sa fille. La jalousie la rongeait. Elle était peinée par ces incertitudes, cette douleur infligée par l’apparence moindre de son importance, mais comment mettre des mots sur ces crises infantiles qui déchaînait la haine et l’envie de donner corps à sa propre souffrance ? Noyée dans ces sombres pensées, l’enfant ne fit pas attention à sa main qui glissa le long de quelques ouvrages avant de faire tomber le poids de la culture sur le crâne de sa rivale.

- Tu n’avais qu’à pas être là, trouva-t-elle comme justification à sa violence.”
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