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Remise en question [solo]


Dim 26 Nov 2017 - 14:00


Ce combat contre Reiko m’avait bien amoché. Plus qu’on ne l’imagine. Aussi bien physiquement que psychologiquement. Elle n’en a rien touchée mon appétence pour le combat, ou même mon absence de peur. Non, ce n’est pas ça. C’est quelque chose de plus subtile. Probablement que cette chose est « l’estime de soi », et cela voyez-vous, c’est ce qui fait probablement la distinction entre les meilleurs et les plus faibles.

Là, clairement, mon estime de soi est au plus bas de sa forme. Perdre ne me pose pas de souci si je suis satisfait par le combat. Je ne suis pas satisfait de ce combat. J’ai été faible et totalement impuissant. J’enrage lorsque les scènes de notre affrontement viennent me réveiller brusquement la nuit. Cela ne sera probablement pas le dernier. J’ai bien pour ambition de la surpasser, lui montrer que je suis encore plus taré et la détruire de l’intérieur.

D’ordinaire peu rancunier, là, c’est différent. Ma fierté a été bafouée par une personne qui n’a dégagée aucune passion durant notre affrontement. M’enfin. Inutile de me polluer l’esprit avec cela. J’ai rien à faire aujourd’hui, et étant donné mes blessures, je vais peut-être seulement me promener. Kumo est une merveilleuse ville fleurie de beaux jardins. Honnêtement, je passe tellement de temps à m’entraîner et à me battre que je n’y ai jamais vraiment pris la peine d’y aller.

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Dim 26 Nov 2017 - 16:26


Le poignet enroulé de bandages et soutenu par des petites barres métalliques, un sac à dos remplit de nourriture et d’un drap où m’asseoir pour pique-niquer. Cette fois-ci, je n’ai pas voulu laisser tantine s’en occuper pour moi. Cette fois-ci, je n’ai pas spécialement souhaité suivre mon ami Shikabù Nara, dans une de ses sorties que l’on oublie jamais. Mon hygiène de vie n’est certainement pas celle que je dois avoir pour m’améliorer.

Alors que je pénètre l’enceinte de ce jardin public, je constate avec effroi que l’ensemble des personnes ici présentes sont accompagnées, soit en famille, soit entre amis, soit en couple. Je connais la plupart de ces personnes.La sensation honteuse d’être celui que l’on surnommait autrefois « l’enfant renégat », encore seul, qui n’a pas évolué. La seule performance observable est ma capacité à enchaîner les soirées.

Me sentant honteux, je tiens à éviter les regards et continue ma marche. Mon regard s’infantilise quand je me retrouve face à cette magnifique variété de fleurs bleuâtres, dégageant doux parfum que je ne saurais décrire. Chez nous, les Metaru, si ce n’est l’étude métal ou du combat, on est pas réellement ouvert à d’autres activités. Je suis certain de ne croiser aucun membre de ma famille ici, par exemple.

Mais du coup, je n’ai que très peu de culture générale. Heureusement, sur des bouts de bois sont inscrites des informations sur chacune de ces fleurs. Au moins, j’ai trouvé une occupation forte intéressante pour le restant de la journée. J’ai toujours été curieux et affamé d’apprentissage. Bon, sans se leurrer, j’ai légèrement dévié ces quatre dernières années. Je me suis cultivé en cocktails et boîtes.

« Oh ? Me dérange un groupe de cousins Suzuri. Ne serait-ce pas l’enfant renégat du village ? Celui dont les parents sont morts inutilement et qui est depuis lors élevés par sa tante adorée ? Comment l’appelais-tu ? Tantine ? Mouahaha. Finissent-ils par se moquer. »

Je ne prends même pas la peine de les regarder. Accroupi, obnubilé par la beauté de la nature, je la contemple sans prêter attention à ces imbéciles. En effet, autrefois, ces types et moi n’étions pas très proches. On se battait souvent. Seul contre tous, c’est toujours Shuuhei qui me sauvait in extremis. Sauver oui, car dieu seul sait jusqu’où auraient pu aller ces connards. D’ailleurs, malgré mon ignorance, ils ne semblent pas vouloir dégager.

« Ce fut très drôle. J’ai également ri intérieurement, bravo. dis-je d’une voix joyeuse, le sourire aux lèvres. Mais mon expression va soudainement changer, laissant place à la terreur. Maintenant, je vous conseille fortement de vous tirer de là si vous ne souhaitez pas que vos familles pleurent devant vos tombes. »

J’aperçois leurs corps frissonner des suites de mon intervention. Mais ressassant probablement le passé, ils s’imaginent pouvoir m’intimider avec leurs nombres. Ils craquent leurs doigts et avancent vers ma direction. Il est hors de question que l’on se batte face à ces merveilles, puis je n’ai pas spécialement envie que ces êtres vivants, puissent ressentir la colère que je suis capable d’exprimer physiquement.

- Nous ne nous battrons pas ici, messieurs. Si vous voulez bien me suivre dans l’arène ou à l’extérieur du village, je me ferais un plaisir de réaliser mes menaces. N’imaginez pas reproduire vos desseins d’autrefois, car je sens que vous prévoyez de les réaliser. Il n’en sera rien. Il n’en sera rien car je suis particulièrement remonté, et tout simplement parce que mon niveau n’est plus réellement le même. Un lieu particulier vous tenterez ? Hùhù. dis-je en finissant mon discours en riant.
- Espèce de grand malade. Un type comme toi devrait mourir immédiatement, sinon le village court un grave danger. Allons à l’extérieur de nos murs. Ainsi nous pourrons te tuer sans risque d’être vu.
- Ou l’inverse. Hùhù. »

Je laisse ainsi mon sac à dos aux pieds de ces fleurs que je contemplais.


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Dim 26 Nov 2017 - 17:54


Nous y voici finalement. Bizarrement, ils se sont résignés à m’affronter à l’arène, peut-être rassurés à l’idée de pouvoir être sauvés au cas où ils seraient impuissants face à moi. Minables sont-ils. Si Suzuri Kyoshi n’était pas mon coéquipier, je les prendrais tous pour de pauvres merdes prétentieux. Notamment à cause de ces minables qui n’ont de cesse de m’emmerder. Cela fait quoi ? Six bonnes années que j’ai eu la chance de ne plus croiser leurs têtes de moins que rien.

L’arène de combat du village. De l’extérieur, nous pouvons entendre les différentes techniques employées s’entrechoquer, les lames se briser les unes contre les autres, de puissants coups s’échanger… De l’extérieur, toujours, je peux m’imaginer de nombreux scénarios à partir de ces sons. J’étais calme en cette matinée, mais je sens mon sang bouillonner de l’intérieur. Un véritable carnage se prépare d’ici quelques instants.

« - Eh bien. J’espère que nous pourrons bien nous amuser. Hùhù.
- La ferme ! Tu as probablement oublié tes plaies du passé, laisse-nous te les rappeler. »

Mouais. Je ne suis pas certain que cela se passera de cette manière. Instinctivement, je ne ressens pas spécialement de danger en eux. Forts à l’école où nous étions, j’ai comme la nette impression qu’ils se sont laissés vivre en restant sur leurs acquis. Je parlais de mon hygiène de vie déplorable, il n’empêche que je n’ai cessé de m’entraîner pour me perfectionner et devenir toujours plus. Me surpassant sans arrêt, je ne peux me permettre de perdre face à des branleurs.

Ils sont au nombre de quatre. Avant que l’affrontement ne commence, et ce pour m’échauffer et en profiter pour en éliminer un, je m’équipe de mon poing métallique puis, d’un mouvement extrêmement rapide, je fous mon poing dans la mâchoire d’un des cousins qui valse sur plusieurs mètres. Là, selon moi, le type est hors-combat. J’ai senti sa mâchoire craquer, elle est probablement cassée et doit être soignée rapidement.

« Pardonnez-moi, je n’étais pas très chaud. Hùhù. dis-je en rigolant discrètement.

Furieux, l’un se met à dessiner je ne sais quoi sur son parchemin, mais je ne lui en laisse pas le temps. En plus d’écraser rapidement son dessin, à l’aide de mon second appui, je lui fous un bon coup de pied dans la tronche, le faisant basculer vers l’arrière. Je le regarde de haut, d’un regard presque attristé.

« C’est bien trop lent. Beaucoup trop lent. Qu’as-tu fait tout ce temps ? »

Triste constat.

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Dim 26 Nov 2017 - 19:12


Naturellement, les deux autres, dont Ketsuda, se sont empressés de dessiner à leur tour. Serpents et fauves me foncent dessus. J’en compte cinq de chaque. Mon bras blessé dans le dos, je me mets en position de départ de sprint, contractant les muscles de mes membres inférieurs. Dès que je lève mes yeux vers mes deux cibles, c’est le moment signalant le départ. Une puissante impulsion s’en suit. Celle-ci provoque un léger trou au sol, accompagné de fissures tout autour.

Je désintègre les dessins qui me sautent dessus, à l’aide mon poing métallique, qui transperce chacun de ces fauves partiellement bien dessinés. Les serpents ? Je les écrase avec mes puissants appuis, sans leur adresser la moindre attention. Le premier Suzuri qui me fait face, comprend qu’il est impuissant face à moi et reste immobile en fermant les yeux. Compatissant, j’effectue simplement des mudras et lui envoie des senbons électrifiés, qui le paralysent par la suite.

Le dernier, le leader, Ketuda, est un peu plus combattif que les autres. Continuant ma charge, il avait préparé un dessin, un énorme ours qui apparaît devant moi. À distance de frappe, il m’envoie sa patte. Je dois impérativement cesser ma charge en cours, et esquiver cette attaque. Seconde impulsion, cette fois-ci pour esquiver in extremis l’attaque. Troisième impulsion, cette fois-ci pour attaquer Ketsuda qui ne s’attendait pas à cela. Mon bras droit se contracte, il grossit, il devient véloce et dangereux.

Il place ses bras en protection. Le coup est tel que sa garde se brise, les os se craquèlent, le poing se loge alors sur le visage de ce pauvre qui se défigure. En plus de ses bras où l’on aperçoit des fractures ouvertes, la face gauche de son visage est complètement fracturée. Sous cette indescriptible douleur, ce dernier s’effondre, inconscient. Je regarde les deux autres encore conscients, pointant du doigt leur chef de meute à emmener aux soins.

Sans un mot, je quitte l’arène sous les regards étonnés de certains combattants.

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Mer 29 Nov 2017 - 21:36


13h30. C’est l’heure à laquelle je reviens au jardin public. Miraculeusement, mon sac et mon déjeuner à l’intérieur, sont toujours là où je les ai laissés. Je déploie ma serviette sur cette grande étendue d’herbes, entouré d’enfants qui jouent, de couples qui se bécotent, d’oiseaux qui chantent au-dessus des arbres, les abeilles qui butinent, et enfin, ces magnifiques forsythia qui fleurissent les pieds de cette pente. Tout cela m’apaise. La rage que j’accumulais depuis quelques temps se retrouvent effacée.

C’est donc pour cette prospérité que tout le monde se bat. Cette harmonie entre humains, insectes et végétaux, c’est cela quoi doit être conservé en priorité. L’un sans l’autre, on n’a rien. Cet équilibre donne la vie. Cet équilibre donne le bonheur. Cet équilibre ne doit pas être perturbé par des crétins avides de pouvoir et de constructions en tout genre. Je comprends cette rage qui parcourt tous ses hommes en temps de guerre, prêts à tout pour protéger leur terre chérit.

Une brise d’air vient redresser mes cheveux vers l’arrière, auparavant tombés vers l’avant.

« Père, mère, je vous en ai longtemps voulu de m’avoir abandonné si jeune. Maintenant, je crois enfin comprendre la raison pour laquelle vous avez donné vos vies, ensemble, le sourire aux lèvres. Votre fils est fier de vous… dis-je en décollant les yeux vers les cieux. »

Pardonner mes parents. C’était probablement l’un des plus grands chantiers auquel je faisais face toutes ces années. Alors, je les pardonne. Amoureux du combat oui, tout comme moi, mais autre chose les a probablement animé pour se sacrifier de la sorte. Des idiots pour certains, des héros pour d’autres. J’aurais tendance à laisser parler ces abrutis qui crachent dessus, mais j’ai honnêtement du mal à me contenir quand on commence à ternir les sacrifices d’autrui. D’autant plus que celui-ci n’aura pas été vain.

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Ven 8 Déc 2017 - 20:20


Quelques jours passèrent après l’incident avec ces anciens camarades et cette balade au parc. L’esprit reposé, Kinzoku retrouve désormais son caractère initial, son envie sanguinaire et sa nonchalance habituelle. Seule différence, il s’entraine comme un acharné.

Je suis au milieu d’arbres au nombres infinis. L’objectif pour moi aujourd’hui est très peu écologique, mais assez simple : la destruction d’une large zone dans laquelle je pourrais m’entraîner en toute liberté, construire différentes installations utiles à l’entraînement. Et pour cela, en tout premier lieu, je dois raser cet espace nécessaire. Pas d’aide aujourd’hui. Seulement moi et mes capacités et rien d’autre.

Le chakra véhiculant dans mon bras, ce dernier se contracte également, puis après l’avoir armé vers l’arrière, je balance un puissant coup de poing. Le choc est violent, à tel point qu’il provoque une sorte de détonation accompagnée d’un nuage de poussières. Et pourtant, le son bien qu’impressionnant, n’en résulte qu’un seul arbre de tombé. Le chemin va être long pour parvenir au résultat tant attendu. De suite, dans ma tête d’abruti, je pars dans une folie totale.

Composant des mudras, deux shurikens fuma apparaissent. Je les saisis avec chacune de mes mains, et c’est ainsi que je me lance dans la tranchage d’arbres, comme un fou furieux enragé par l’envie de finir cette tâche rapidement. Mais au bout du compte, je m’épuise énormément pour un résultat minime. Et malheureusement, je ne dispose pas de techniques suffisamment puissantes pour provoquer d’importants dégâts en une seule fois.

« Tsss… Si faible. dis-je après avoir constaté que depuis le début, seulement deux arbres sont tombés. »

La journée va être très longue. Probablement comme celles qui suivront d’ailleurs.



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Ven 8 Déc 2017 - 20:45


Les heures passèrent et se ressemblèrent. Kinzoku est épuisé, lassé, presque au bord du pétage de plomb.

« Merde ! »

Pourquoi suis-je si faible ? Ma quantité de chakra n’est pas plus faible que d’autres. Ma maîtrise en ninjutsu ne l’est pas également. Enfin, le problème est simple, je n’ai pas appris aucune technique depuis des années. J’ai complètement abandonné l’entraînement, ne reprenant celui-ci que maintenant, alors rien d’étonnant en soit. Non seulement je suis rouillé, mais en plus je ne suis pas à jour en terme de panoplies de techniques.

Il m’a manqué un mentor, quelqu’un pour m’apprendre et me guider. Naturellement, cela aurait dû être Shuuhei, mais la vie d’un homme destiné a de grandes choses a fait que nous nous sommes éloignés. Maintenant, j’en suis là. Misérable et impuissant. Ma foi, comme tout Metaru normalement constitué, l’abandon ne fait pas parti de mon vocabulaire. Je prends une légère durant laquelle je m’hydrate et mange un bout de bentô.

« Il n’y a plus qu’à frapper plus fort… affirmé-je en observant mes poings abîmés. »

Serrant à nouveau les poings, parcourus de raiton, je fonce avec vitesse en direction du premier arbre qui me vient, envoyant un poing destructeur qui le découpe en deux. Rapidement, je saisis la hache qui traine dans le coin, et j’enchaîne aussitôt par de nombreux tranchage. Mes bras, mes épaules et mon dos sont en pleine contraction musculaire intensive, sentant presque la crampe arriver. Je les sollicite fortement mais cela fait également parti de l’entraînement.

« Encore ! hurlé-je en sentant mes forces me quitter. »

Alors sur un coup de jus émotionnel, je sers les dents et continue de trancher ces foutus arbres. Je sue tellement que ma vue est obstruée par de fines gouttelettes qui brulent mes pupilles. Ce n’est pas avec cela que ma motivation va chuter. Hurlant comme un abruti, je ne cesse mes mouvements pourtant si répétitifs… Rien à faire. Je suis tout seul et personne ne peut m’entendre. Si cela dérange quelqu’un alors qu’il vienne, je me ferais un plaisir de lui expliquer deux trois petites choses.

Et…

La hache quitte mes mains. Des mains tremblantes, impossibles à refermer, tant fatiguées par cet effort de haute intensité. Je regarde mes mains avec beaucoup de frustration, puis après avoir relevé la tête, j’aperçois tout de même le fruit des mes efforts. De nombreux arbres sont au sol, une zone commence à bien se démarquer. Je souligne mes prouesses, aussi rares soient-elles, mais là j’ai tout de même bien bossé. Sous le poids de mon dur labeur, je finis par tomber, m’allongeant et profitant pour contempler ce magnifique ciel bleu.



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