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Autour des braises // Watari


Dim 26 Nov 2017 - 19:24
Ecrit et inspiré par ça

Le feu agitait ses grandes langues orangées devant lui. Sauvage. Inquiétant. Libre. Fascinant. Son éclat se reflétait dans les yeux sombres et absents de la jeune femme. La peau pâle de son visage et de ses mains étaient noircies par les cendres. On aurait pu la croire sorti de Germinal, tant la crasse noire lui recouvrait le visage et tachait sa peau de nacre. Le soir, au loin, se couchait, faisant fuir les lueurs douces et apaisantes du soleil, pour laisser place à la nuit et à son froid. A la manière du feu qui endort et enroule les corps dans sa chaleur étouffante, le vent fouettait les hauts-plateaux avec une rare violence, pour mieux réveiller Azami et mieux agiter le feu qu'elle avait allumé là.

Elle racla le sol de son pied, pour ajouter une poignée de feuilles et de bois mort dans le foyer. Le feu crépita avec une rare violence, dansant avec la brise acharnée qui fouettait le visage de la brune, offrant au ciel des nuages blancs et gris, en plus de quelques cendres volantes ; s'en allant avec l'air chaud, avant de s'éteindre et de se reposer sur le sol.

Ce genre de rituel, lorsque les hauts-plateaux étaient vides et silencieux, elle le réalisait plus ou moins souvent, pour se réalimenter de cendres, tant son pouvoir l'épuisait. L'automne approchant, Azami se savait beaucoup moins aguerrie et en forme pour générer de grande quantités de son terreau gris afin de garder son jardin en état. Alors, elle récupérait du bois mort et des feuilles, pour les faire brûler et s'assurer que ses plantations resteraient fortes et vives pendant la saison froide.

Elle regardait les braises rouges qui crépitaient sur le bord du feu, tandis que les flammes léchaient avec avidité le bois qu'elle avait bien voulu leur céder. La chaleur lui frappait son visage souillé de suie, tout comme le vent venait lui ramener de grandes goulées d'air gelées. Absorbée dans ses pensées, tant et si bien qu'elle ne remarqua certainement pas, que pour une fois, les hauts-plateaux n'étaient pas aussi vides que ça, ce soir.

Quelqu'un venait la tirer de sa solitude et de son silence.
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Mar 28 Nov 2017 - 22:50
Une bourrasque de vent fait s'élever quelques cendres dans les airs. Elles dansent délicatement, alors que sous le ciel étoilé, le jeune homme s'était avancé hors des ténèbres que seules le feu de la jeune inconnue parvenait à quereller. Porteur des couleurs de son clan aux champs étoilés et au symbole du double croissant de lune, le samouraï s'était curieusement avancé, attiré par les flammes comme le faisaient les papillons de nuits sur les braséros éclairant les rues du village de la terre.

Il est rare de voir des âmes qui vivent et qui s'installent seules sous les étoiles, jeune demoiselle. Il ne mentait pas. Les hauts-plateaux surplombaient le village. Il s'était rendu vers elle par routine de garde. Il se demandait bien ce que pouvait ainsi faire une jeune femme près d'un feu de camp. N'avez vous pas un lieu pour vous accueillir ce soir ? La jeune femme avait la peau couverte d'une étrange suie. Ses traits orientaux lui donnait un air enfantin, au-delà même de la couche qui le recouvrait. Était-elle sans toit ? Watari posa une de ses mains au-dessus du feu. Spontanément, le vent s'enroula, aspiré, jusque dans les flammes, qui se mirent soudainement à être entretenue.

Il ne savait pas quoi penser de la jeune femme. Hormis qu'elle avait une certaine beauté, dans cette grâce souillée par les cendres, seules sous l'immensité du ciel nocturne, recluse dans sa solitude. C'était une singulière rencontre qu'il faisait-là, lui qui était habitué aux mondanités et aux habitants plus typiques du village de la terre. Malgré les habitudes vestimentaires qui variaient d'un pays à l'autre, il faut dire que l'attitude de la jeune femme détonnait avec le reste du village...
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Mer 29 Nov 2017 - 10:28
Elle sursauta sous la surprise. Ses yeux noirs impassibles dérivèrent jusqu'à celui qui avait percé le silence du soir, le détaillant rapidement d'un regard. Grand. Brun. Plutôt imposant. Une épée au côté. La jeune femme ne l'avait jamais vu ou croisé une seule fois dans le village. Etait-il un nouvel arrivant ou simplement quelqu'un de passage ? Elle retira finalement le foulard qui recouvrait son nez et sa bouche, dévoilant un sourire très léger, quelque peu amusé.

« Il est encore plus rare que je croise quelqu'un ici à cette heure, samouraï. »

Elle avait brisé son propre silence de manière posée et calme, comme à son habitude. Elle aurait pu prendre mal la supposition qu'elle soit sans logement et qu'elle errait dans les rues ou les steppes comme un chien sauvage. Elle n'avait rien d'un chien en vérité, mais elle avait gardé toute la sauvagerie de sa vie de nomade, partagée entre le ciel et la terre. C'était probablement son air de souillon barbouillée qui avait dû lui donner cette impression. Si elle ne se concentrait pas en parallèle autant à son feu, elle aurait certainement éclaté de rire. Azami frotta ses joues noircies, ne réussissant qu'à étaler un peu plus la crasse de la suie sur ses joues un peu trop rondes pour son âge.

« Et ne vous inquiétez pas pour moi. Contrairement aux apparences, j'ai bien un toit. Le soir et cet endroit sont simplement propices à ce que je renouvelle une partie de mon terreau. » ajouta-t-elle avec toujours cette même concentration, ajoutant une nouvelle branche qui vint agiter et crépiter dans les flammes qui s'élevaient doucement pour lécher le ciel.

Le feu était chaud, et pour y être restée bien longtemps, la suie et la sueur lui collaient autant à la peau qu'aux cheveux. Elle se retourna un instant, pour fouiller dans ses affaires sur le côté, avant de regarder l'inconnu et de lui tendre un sac en toile. Directe comme toujours, elle avait quelque chose de la rigidité toute militaire, mais aussi de l'artisan qui aime en quelque sorte ce qu'il fait et est attentif à tout ce qu'il se passe.

« Tenez, puisque vous êtes là, vous allez m'aider un peu. Avec deux mains, ce n'est pas aussi simple d'habitude. A qui ai-je l'honneur, par ailleurs ? Ah, et surtout, ne bougez pas, je risque d'en mettre de partout sinon. »

Elle ne lui avait pas réellement laissé le choix. Mais avec le vent qui commençait à être plus des bourrasques qu'une brise agréable, les cendres risquaient bien de se répandre aux quatre vents. Ses mains s'animèrent, semblant tirer un fil invisible ou exécuter des mouvements martiaux bien étranges, qui ressemblaient bien plus à une danse. Les cendres sur le côté du foyer du feu, commencèrent doucement à s'envoler, sous la forme d'un doux filet gris, à la manière d'un banc de sardines.
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Mer 29 Nov 2017 - 18:33
Une figure svelte, mais petite, Watari la domine d'une bonne trentaine, à quarantaine de centimètres. Des cheveux aussi sombre que l'encre, qui parviennent à faire passer les cendres et la suie pour des tons clairs aux yeux du jeune homme. Dans la pénombre où il s'était approché, il n'avait pas remarqué le foulard qu'elle portait autour du visage, dissimulant un visage aux traits orientaux, mais fins. Elle avait l'apparence frêle pour une jeune femme ; de même, la jeune inconnue semblait plus menue et moins charnue encore que sa disciple, Ayuka, la probable héritière du clan Yuki à Iwa. Ce qui la différenciait, outre la différence de stature et de formes, c'était aussi la différence entre la force du sourire. L'étrange jeune femme possédait un sourire amusé, semblable à sa chère glaciale amie, mais bien moins prononcé.

Il est pourtant dans mes devoirs que de veiller à l'ordre et la sécurité du village. Samouraï ou pas, tous les ninjas d'Iwa avaient ce rôle, à plus ou moins des degrés. En vérité, il fallait dire qu'une lueur de flamme perçant les hauts-plateaux avaient de quoi intriguer et plutôt que d'attendre que quelqu'un s'en inquiète, le jeune homme préférait s'en saisir tout de suite. Elle-même continuait de travailler son feu, s'essuyant ça et là, de la suie sur ses joues rondelettes, celles-là même qui lui donnaient ce petit air enfantin qui lui rappelait son amie aux cheveux blonds comme les blés. Nouveau point de comparaison et nouveau point d'accord, elle lui affirma ne pas être dépourvue d'un toit, mais d'user de l'endroit pour faire son étrange rituel qu'elle reliait à du "terreau", ce qui l'invita à la paraphraser dans une réponse curieuse et courte : Votre terreau ?

Pourtant, sans lui donner plus amples explications, le petit bout de fille (ou de femme ? Le doute était permis, au vu de l'apparence juvénile de son interlocutrice) lui ordonna de l'aider, sans pour autant lui répondre plus amplement. Watari décrocha un sourire amusé en s'installant à ses côtés, face au feu, en position de zazen, en commentant l'attitude de la jeune femme qui venait de se faire tout à fait différente de celle à laquelle elle était comparé :Eh bien... Vous êtes sûrement l'une des premières à ainsi me donner un ordre... Il en riait doucement, avant de s'exécuter de bon cœur, retenant secrète son identité, puisqu'elle-même n'avait pas fait mention de son prénom ou de son nom. La voyant manipuler les cendres, le jeune homme fit étinceler son regard. Mais sentant le vent se lever et risquant de gêner la jeune femme, Watari, bon samaritain qu'il était, usa silencieusement de sa maîtrise du futon pour aider la jeune femme, déviant les vents pour qu'ils passent autour d'eux. Iwa est le réservoir de bien étranges talents... Vous êtes une kunoichi. Déclara-t-il, sur une voix neutre et teinté de cette douce chaleur qui habitait généralement ses propos calmes et assurés.
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Ven 1 Déc 2017 - 1:23
Il avait ri. Elle avait relevé la tête un instant, légèrement intriguée. Ses yeux, perçants et sombres, brillaient de l'éclat étrange des flammes. Dansantes et rassurantes. Qu'avait-elle dit de si drôle ? Lui donner un ordre ? Elle esquissa un léger sourire gêné, certainement parce qu'elle ne voulait pas réellement sonner comme un militaire aboyant des ordres. Déconcentrée pendant quelques secondes, elle renversa quelques minces filets de cendres sur le côté. Elle grogna un peu. Les cendres étaient si difficiles à maîtriser pour elle, tant elles étaient vouées à se déchaîner et à se libérer au gré du vent. Pourtant, il fallait bien les retenir de la main, pour qu'elles ne s'échappent pas. Il lui semblait cependant que sa tâche était bien plus facile qu'elle ne le croyait, le vent semblant s'être calmé pendant un instant. Les yeux concentrés sur la cendre qui se tirait mollement des côtés les plus froid du foyer, elle livra de brèves explications au jeune homme :


« Les cendres sont un élément très riche pour le sol. Même si le feu passe, les cendres permettent bien souvent à la nature de reprendre ses droits sans trop de problème. Pour entretenir un jardin, elles sont parfaites, si vous voulez. Je viens parfois ici, pour faire brûler un feu. On a l'habitude de me voir rôder dans ce coin, si tardivement. »

Et elle continuait de tirer les cendres de ses mains, comme l'on tire une corde pour remonter une ancre. Et le samouraï n'avait pas bronché, il tenait le sac fermement. Il la fixait de ses yeux bleus, cerclés de jaune au centre - couleur pour le moins étonnante -, il regardait le mouvement de ses bras, la danse de ses mains, qui pouvait se faire stricte comme la pierre, ou douce comme le vent. Quand le sac de toile sembla assez rempli, elle laissa tomber sur le sol les dernières gerbes grisées, avant de se tourner pour chercher le seau d'eau qu'elle avait apporté avec elle. La jeune femme le jeta sèchement sur le feu, comme s'il s'agissait d'une habitude, qu'elle avait depuis bien longtemps. Les flammes s'éteignirent dans un crépitement attristé, tandis que la fumée et l'odeur du feu ne se dispersent dans l'air, à la manière du parfum du thé encore chaud.

Il avait une voix douce, quand il reprit la parole pour briser le silence. Elle s'était immobilisée, en lui jetant un regard amusé, sous sa figure noire de suie et de cendres.

« Effectivement. Iwa abrite des personnes bien différentes. C'est elle qui m'a accueillie, quand je ne pouvais plus continuer à vivre ma vie d'avant. Vous n'êtes pas d'Iwa non plus, si je ne m'abuse ? Je ne vous ai jamais vu ici en tout cas. »

Mots détachés, franchise à la manière d'une bourrasque. Peut-être ne se rendait-elle pas compte elle-même de la dureté qu'il pouvait transparaître de ses mots. Elle l'avait pourtant dit sur un ton et posé, une expression calme et impassible traversant son visage. Elle reprit après une légère hésitation :

« Je suis Azami. J'aurais peut-être dû vous demander de m'aider, plutôt que de vous l'ordonner. C'était certainement indélicat de ma part. Et vous ? D'où venez-vous ? »

S'il avait traversé le pays, elle trouverait quelques bribe de voyage qui lui rappellerait ses propres errances de sa jeunesse, avec sa tribu. Elle le fixait, calmement. S'y confrontant brutalement, sans que pourtant rien chez elle ne dénote une certaine dureté et agressivité. Son expression était tout simplement crue. Elle ne mâchait pas ses mots, allait au plus direct.
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Ven 1 Déc 2017 - 3:17
En voilà, une bien étrange fille, dans suie. Tantôt à se vouloir faire froide alors qu'elle n'est pas plus haute que le milieu de son torse, tantôt gênée par sa propre attitude alors que le jeune homme, sans plus la juger, sans plus réagir à ses mimiques, la regardait en train de rater un peu de ces cendres, tant et si bien qu'il lui fit remarqué, doucement : attention, vous risquez de faire mauvaise récolte sinon. Un petit sourire, un ton amical et chaleureux.

Auguste récolte, s'il en est. Des cendres, du terreau, pour un jardin. Fut-il un temps, j'avais un jardin, moi aussi, un jardin que moi et des amis avons libéré des mauvaises herbes qui l'habitaient. J'y avais planté des théiers, mais des fleurs de sangs, tel des lycoris se changeant en rouge, ont rapidement tout envahi, au point où nous ne pouvions plus y demeurer et nous occuper, avant de nous même succomber à cette invasion. On en revenait toujours à ces brumes sanglantes, lointaines, qui s'étendaient par delà l'horizon connu de la plupart des Iwajin. Loin, là où la ligne d'horizon, démarcation des nomades et des sédentaires, séparaient les aventuriers des gens qui ne voyageaient pas, il avait été, traversant les océans dans une reconquête guerrière, une pacification d'un archipel lointain.

Mais comme sa métaphore le laissait entendre, la lointaine île était désormais le lieu où s'épanouissaient les plus bas et brutaux instincts. Elle apprendrait tôt ou tard que le monde était un vaste jardin où ce genre de plantes, agressives, mortelles, s'épanouissaient. Mais ce soir, il préférait se murer derrière cette innocente métaphore plutôt que de lui faire part de ces visions qui aujourd'hui, vivaient stoïque, dans sa mémoire. Il n'était pas malheureux, triste, désespéré. Depuis qu'il était à Iwa, il avait retrouvé cette quiétude qu'il avait perdu à Kiri sous le règne du nidaime. Et avant même qu'il ait pu se réfugier dans la chaleur réconfortante des flammes, elle les éteignit d'un jet d'une jarre d'eau. Il faut dire qu'à Iwa, ce genre de produits d'artisanats étaient bien plus courants qu'à Kiri. Les maîtres de la terre étaient probablement plus nombreux ici.

Plutôt que de lui répondre simplement, le jeune homme préféra en train de filer sa métaphore et lui dire : Ici hélas, je me rends compte que faire pousser des théiers ici est une tâche complexe. Même avec l'aide de vos cendres, j'ai l'impression. Elle avait beau vouloir être franche et paraître dure, en raison de la métaphore précédemment décrite par le narrateur, il faut imaginer que le samouraï avait sûrement entendu bien pire qu'un ton froid en provenance d'une jeune femme dans la vingtaine, le visage barbouillé de suie. Je suis Watari, du pays du fer.
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Mer 6 Déc 2017 - 1:08
Il avait de l'humour, et de belles images. Des images que la jeune femme ne comprit pas au premier abord. Et puis, doucement, tandis qu'elle retournait cette histoire de jardins, illogique à ses oreilles, les sourcils qui s'étaient légèrement froncés, elle finit par réaliser. Elle contempla le samouraï en silence, sans rien répondre de plus. Que pouvait-elle dire après tout ? Elle n'aimait pas gaspiller sa voix en tout et en rien. Posée et calme, elle était certainement plus faite pour écouter. D'un geste mesuré et minutieux, elle avait posé son sac, tandis qu'elle se rasseyait sur son rocher pour écouter ses mots.

Ses maux d'exilé.

Car, on ne quitte pas un beau jardin envahi comme cela. Un bon jardinier, du moins, sait ce qu'il faut faire pour écarter la vermine. Tout cela la troublait, cependant. Cette histoire, lui rappelait par légers échos, une autre, qu'elle avait entendus bien des jours avant. Mais elle enferma en elle ses pensées et jeta la clé, pour se reconcentrer sur lui. Doucement, elle reprit la parole :

« Cela est malheureux pour votre jardin, Watari du pays du fer. J'ai moi-même dû quitter mes terres, même si je n'en avais pas réellement et que le monde entier était ma route et et ma maison. D'autres circonstances, bien différentes des vôtres m'ont amenée à m'enfuir du monde pour Iwa. »

Son ton était compatissant, et pleins de regrets à la fois. Le monde ne serait-il jamais sûr ? C'est du moins ce qu'Azami pensait, et cette impression se renforçait au fil de ses rencontres. On fuyait les dangers pour s'enfermer dans des forteresses. Que cela était triste et pesant. Attrapant son vase, elle prit le reste d'eau entre ses paumes pour nettoyer plus correctement son visage sale et sombre. La suie s'en alla légèrement, laissant un teint plus gris que blanc, mais qui laissait enfin voir ses traits et sa face plus clairement. L'eau fraîche l'avait comme réveillée, et elle décida de continuer sur un sujet qu'elle connaissait bien, ne pouvant donner comme le samouraï, un titre l'attachant à quelque pays que ce soit.

« Vous vous y connaissez bien, pour quelqu'un qui semble être un homme d'armes. » remarqua-t-elle, le regard dérivant au sabre qu'il portait au côté. « Le climat ici n'est pas très agréable au thé, effectivement. Trop sec, pas assez lumineux cependant... Bien aride, pour des plantes qui ne demandent qu'humidité, moissons et grand soleil éclatant. C'est bien cela qui me fait regretter les grandes forêts humides que j'ai eu à traverser dans mon enfance. »

Elle renifla, avec une grimace, qui dérida son masque impassible, tandis que le dédain se lisait clairement dans ses yeux.
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Mer 6 Déc 2017 - 1:43
Il semblait avoir fait mouche avec son histoire maquillée des métaphores botaniques. Si au premier abord elle semblait ne rien avoir suspecté, fut-il un instant où le jeune homme eut la sensation qu'elle finit par saisir au moins instant ce qu'il pouvait bien cacher derrière ces végétales assertions. Elle s'était assise sur un rocher non loin de là pour suivre ses paroles, celles de l'éternel exilé qu'il avait pu être depuis... 12 ans, maintenant ? Il avait perdu le fil. Tout semblait hier et lointain en même temps. La beauté mystique de sa mère, la grâce de son ancienne fiancé, ce surnom qu'il n'employait plus, Shitô, les gens qu'il avait croisé sur sa route, à Kiri, ces baisers passionnés, ces regards enjôleurs, ces caresses enivrantes...

Il y avait tant à en dire, tant avait sûrement été dit, pensé, écrit, et pourtant, aujourd'hui, au creux de ce simple écho de son passé qui raisonnait dans le présent, il en discutait paisiblement avec une jeune femme recouverte de suie. Que le monde pouvait être étrange. Elle était cependant similaire à lui en ce sens ; si le monde n'était pas le terrain de jeu du samouraï, elle était pour autant elle aussi quelqu'un qui avait été forcé de quitter les siens pour trouver refuge dans la montagnarde forteresse des ninjas de la terre. Enfin, forteresse... Les rumeurs passées montraient qu'elle était plutôt parfois semblables à un gruyère. Cruelle destinée qui allait bientôt leur confirmer qu'Iwa était encore loin d'être inviolable...

Le village aux pierres est donc tout deux la destination intermédiaire de notre voyage. Enfin, me concernant, l'essentiel est encore de savoir que les miens ne sont plus très loin. Avant, il m'aurait fallu traverser la terre en querelle du pays enflammé et les mers intérieures de l'est du continent. Il donnait plus d'information alors qu'il contemplait la jeune femme aux traits enfantins se révéler dans plus de maturité et d'un teint moins mat. Watari sourit, laissa un léger soupir amusé lui échapper. Vous me rappelez les courtisanes de mon pays, avec ce teint tirant vers le blanc. Ce petit commentaire intermédiaire fut bref, cependant, car elle souhaitait continuer à converser avec l'inconnu qu'il était.

Les cultures n'étaient pas le point culminant de son inculture, ni le musée de ses plus grande connaissances. Mais il avait un respect de la grandiose récolte que pouvait offrir le monde à celui qui respectait la nature et savait s'en faire une allié. VManier le sabre est peut-être mon devoir et une grande partie de ma vie, mais l'harmonie et la sagesse est l'autre face qui anime et nimbe mes aïeuls ainsi que mes confrères. Et on apprend beaucoup plus sur la patience et la beauté du monde en apprenant à cultiver son propre thé. C'est pourquoi j'ai plaisir à apprendre à faire d'autres choses. Les activités que les autres exercent peuvent souvent se révéler être un trésor pour celui qui porte un regard extérieur dessus. Patience, modestie, détermination, humilité étaient des qualités qu'il avait pu cultiver en se faisant le cultivateur de bien des plantes. Les arbres de son dojo lui manquait encore plus, maintenant qu'il y pensait.

Cependant, elle semblait moins porter d'affections aux forêts locales : VMe concernant, je suis rassuré qu'il y ait au moins ces forêts. Imaginez, j'ai ouïe dire que dans le pays de la foudre, il y faisait tellement chaud que la verdure se faire encore moins présente. Les arbres avaient quelques choses de rassurant pour lui et il n'imaginait pas à quel point un désert pourrait être triste. En fait, il voulait éviter d'avoir un jour à affronter les ardeurs d'un tel lieu...
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Mer 6 Déc 2017 - 2:32
Un passage. Une destination intermédiaire. Ha. Si elle avait osé, elle lui aurait dit qu'il s'agissait plutôt pour elle de sa mort et de son tombeau. Une destination finale. Quand on se sédentarise à contre-coeur et que l'extérieur vous murmure encore de le rejoindre à la nuit tombée, à la manière d'un amant langoureux et pressé, êtes-vous réellement dans un passage de votre voyage ou de votre vie ?

Ce n'était pas comme cela qu'Azami le vivait, en tout cas.

Et il évoquait le pays où elle était née, mais où elle n'avait pas pu rester bien longtemps, à cause des querelles violentes qui y éclataient. Elles mettaient toujours le pays à feu et à sang, aujourd'hui. Les mers, c'était bien quelque chose qu'elle n'avait pas vu, cependant, de toute sa vie. On lui en avait beaucoup parlé, surtout. Autant d'eau sur une telle étendue, était-ce seulement possible ?

Elle haussa un sourcil, quand il la compara à une courtisane. Un brin vexée dans son orgueil, certainement. Celui d'être une nomade, se contentant de peu et de tout ce qui l'entourait. Elle eut un ton plus véhément et grondant quand elle lui répondit du tac au tac :

« Une courtisane ? Ne me comparez point à ces sottes, je vous prie ! J'ai la cervelle bien mieux faite qu'elle ! »

Sursaut d'orgueil et de fierté, qui transparaissait rarement chez elle, avec une certaine sévérité brutale. Elle n'aimait pas la conversation, ou la compagnie. Mais il était si tard, et le silence l'avait ressourcée d'une certaine manière. Contrairement aux apparences, elle ne lui en voulait pas. Elle l'écoutait cependant, dans un silence fermé et posé, bien typique d'elle. Reconnaissable et normal quand on commençait à bien la connaître.

La compagnie du samouraï ne lui était pas insipide du moins. Les gens de culture et de savoirs divers se faisaient rare, surtout dans un univers qui devenait de plus en plus militaire et rigide. Cette rigidité et cette droiture, Azami les avaient bien en elle, tout comme la souplesse et l'insouciance du vent et de l'eau. Elle se faufilait, tout comme elle faisait de son corps un bloc rigide et fermé.

Elle hocha la tête avec un léger sourire, tandis qu'elle détachait enfin ses fins cheveux noirs comme l'encre. Elle se permit un commentaire, posé et calme, tranchant à nouveau avec le sursaut qu'elle avait pu montrer d'elle-même :

« C'est une bien belle philosophie que vous avez là. Elle me rappelle beaucoup de rencontres, à ma mémoire. »

Tous ces visages, ces noms et ces villes oubliés. Elle aurait eu de quoi écrire un roman, si seulement elle savait déjà lire ou écrire. On ne s'intéresse pas tant que ça aux livres en nomadisme. C'est l'oralité et les contes, et les légendes, et les récits de batailles qui s'imposent au coin du feu, le soir. L'air plus chagrin quant aux forêts, elle rajouta :

« Ah, la verdure se fait de moins en moins là-bas. C'est bien ce qu'il m'avait semblé, la dernière fois que j'y suis allée. Depuis que ma tribu... Enfin, ma lignée plutôt, n'y passe plus depuis bien... Au moins sept ans. Cela doit être bien pire. »

Les cendres destructrices se révélaient être un outil de renaissance entre leurs mains. Ils n'étaient pas un phénix, mais bien créateurs d'oiseaux revenant de leurs cendres, d'une certaine manière. Et tout cela, avec l'installation des nomades n'avait fait que tarir une source de fertilité insatiable, qui se répandait comme un fleuve gris sur la terre. Ses yeux étaient un peu plus éteints, les sourcils plus sérieux, la mine plus songeuse et inquiète.

D'une certaine manière, elle avait failli au devoir qu'elle avait abandonné bien malgré elle. Elle s'én était doutée, mais il était terrible de l'entendre de vive voix. Comme un clou que l'on enfonce dans un coeur.
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Mer 6 Déc 2017 - 17:21
Watari restait optimiste. Rien n'était éternelle. La paix, le bonheur, le malheur, le chaos, le désespoir, l'espoir. Tout était en chute libre constante et permanente, peu importe à quel point on avait l'impression que le quotidien était pour acquis. Si la chute n'était pas devant soi, loin, dans une forêt, un arbre tombait et les lois du monde faisait que celui-ci se mouvait invisible à ses contemplateurs les plus patients et observateurs. Mais tout le monde n'avait pas la sagesse et le recul du samouraï, c'est pourquoi il y avait probablement fracture entre son interlocutrice et lui. Qu'importe.

La première fracture à s'être révélée était celle de la remarque aux courtisanes. Elle semblait confondre courtisane et prostituée. S'il était vraies que certaines femmes élevaient leurs vertus par les arts avant de s'évertuer à élever d'autres choses et de se fondre dans d'autres formes de félicité que celles du beau et des arts, devenir une femme de vertu à-même de parvenir à faire vibrer les hommes aux sons des kotos, du shamisen et d'autres instruments, de quelques vers à-propos rendait l’accession à un tel titre fort difficile pour une majorité d'impétrante de son pays d'origine. En un mots comme une cinquantaine, la comparaison n'avait rien d'insultante, en tout cas pas dans les mots du jeune samouraï du pays de fer. Allons, allons. Des sottes qui suivent une formation de plusieurs années et qui font le rêve de nombreuses artistes de mon pays, il est un peu rude pour elle de se voir ainsi jugée. Mais elle semblait être un garçon manqué, ne serait-ce que dans ses attitudes et dans ses manières de s'exprimer. Il ne lui en tiendrait pas rigueur, mais il en connaissait d'autres qui se seraient offusqués d'une telle vindicte confinant à l'impolitesse.

Elle lui rappelait quelqu'un qui n'avait jamais su contenir sa fierté et sa lâcheté ; un être qui avait payé le prix de ses actes et de ses paroles par la possibilité de contempler le monde comme un autre. La jeune femme était sauvage comme un fauve blessé. Elle pouvait s'éteindre et bouillonner de vie d'un instant à l'autre. Il ne savait pas quoi en penser, mais peu importait. La suite de leur conversation semble-t-il, avait jeté un coup de froid sur les rebelles ardeurs de la jeune femme nomade dont l'histoire, s'il ne la connaissait pas, semblait être victime de l'état du monde et du passage du temps. Elle était si tendue, avec cette posture militaire que cela en faisait sourire Watari. Je ne puis rien faire pour les forêts, mais à défaut, me permettrez-vous ?

S'approchant du dos de la jeune femme avec agilité, ses mains guerrières se déposèrent sur les épaules de celle-ci. Elle qui s'était dénoué les cheveux, heureusement pour lui, ceux-ci restaient suffisamment court. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas employé ses connaissances des corps humains. Sa mère, Torahime, lui avait appris de nombreuses choses sur l'anatomie humaine. Si au départ, le jeune homme, studieux, n'y avait jamais vu d'intérêt, il savait aujourd'hui qu'en tant que guerrier, savoir comment son corps et celui des autres fonctionnait était quelque chose d'extrêmement important. D'une part, cela lui permettait comme dans le cas présent, de savoir du bout de ses doigts quels muscles étaient ceux qui la raidissaient autant, d'autre part, en tant que guerrier, il savait où trancher pour affaiblir sans tuer.

Ici, ses doigts parcouraient les homoplates, scapulaires structure des épaules tendues de la jeune Azami, pour mieux se faire le descripteur des muscles de celle-ci. Parcourant le milieu du dos et de la colonne de celle-ci, il se mit à méthodiquement appuyer là où il décelait les noeuds de la jeune femme pour tenter de la détendre. Si jeune et pourtant, si tendue. J'imagine que la vie dans la nature ne vous aidait pas à être moins sur vos gardes. Watari fit une pause avant d'ajouter : Je n'ai pas le quart du talent de ma mère, mais celle-ci n'aurait pas supporter de vous voir vous tenir avec des épaules aussi fermées. L'adresse de sa génitrice n'était plus à prouver, tant les miracles qu'elle pouvait accomplir grâce à ses techniques de médecine étaient terrifiants, à bien des niveaux...
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Mer 6 Déc 2017 - 18:57
Sceptique. Elle ne connaissait pas grand-chose des cours des grands seigneurs, mais elle ne voyait pas vraiment l'intérêt de s'enfermer dans la cour d'un grand afin de lui plaire. N'était-ce pas là une manière de se couper les ailes à jamais et de se rendre plus fade que jamais nous n'aurions pu l'être ? Azami n'avait jamais eu à s'attacher à quoi que ce soit, et elle ne comprenait pas le samouraï sur ce point. Elle resta cependant silencieuse, n'osant donner son avis à voix haute. Parfois, se taire à jamais était un bon moyen d'éviter de longues et ennuyeuses histoires.

Bien plus silencieuse lorsque celui-ci s'approcha d'elle, et qu'elle recula d'un pas. Méfiante. Toujours à imposer une distance avec les autres. Cela n'empêcha pas Watari, qui semblait s'en ficher éperdument, de venir lui triturer le dos à travers ses vêtements, et masser ses muscles, qu'elle savait autant endoloris que tendus. Une vie en ville ne l'aidait pas, et le bruit ambiant l'empêchait bien souvent de se retrouver avec elle-même. La sensation n'était pas désagréable, cependant. Elle sentait les nœuds de ses angoisses se défaire un peu.

Et lorsqu'il eut finit, elle lui répliqua avec un sourire léger et mi-amusé, à peine perceptible :

« Si vous ne m'aviez prise de cours, je ne vous l'aurais pas permis. Merci du moins. Ce n'est pourtant pas ma vie de nomade qui m'a rendue comme cela. Oh, en partie, seulement. Lorsque vous grandissez, destiné à être guerrier, vous gardez toujours une part en alerte, à la même manière que les oiseaux de chasse guettent leurs proies. »


Elle laissa passer un silence, laissant dériver son regard sur la ville plus bas, qui scintillait des feux et des lanternes enfin allumées :

« La ville m'a rouillée et endurcie, que voulez-vous. Le silence et le calme, Iwa ne le connaît que dans des endroits isolés comme celui-ci. »


La jeune femme revint ensuite à lui pour le détailler du regard, avant de rajouter, tout de go, d'une voix cependant douce et calme :

« Vous, c'est la fuite précipitée, inconnue et en avant qui vous a autant tendu que moi, on dirait. »

Il ne pouvait avoir l'âme tranquille s'il avait dû s'exiler, comme il l'avait laissé entendre.
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Ven 8 Déc 2017 - 19:55
Oui, je me doutais que vous êtes quelqu'un qui ne se laisse pas facilement approcher. Mais je ne suis pas là pour vous agresser ou vous atteindre. A dire vrai, je suis et serais un éternel voyageur qui se battra pour ce qu'il estime juste. C'était sa promesse initiale, celle qu'il portait fleur au fil du sabre, peu importe les dangers, les conflits. Jamais n'avait-il choisi de fonder sciemment le conflit, jamais n'avait-il souhaité l'alimenter, comme feu pouvait être le brasier de la jeune femme avec ses arts nomades.

Quant à l'absence de calme de la jeune guerrière, il en souriait amicalement. Lui qui était un guerrier, il ne souhaitait pas rester ainsi sous le poids des tensions. Sur ses gardes, il le demeurait. Son cœur était forgé désormais par les traîtrises, les déceptions, les surprises. Il était prêt à réagir, à continuer de se battre pour l'avenir. Mais lui aussi, avait été formé par un guerrier. Mon peuple cultive la légende du guerrier qui, par son calme et sa spiritualité, l'exercice et les efforts, ne fait plus qu'un avec sa lame. Pour parvenir à ainsi ne plus faire qu'un avec ses pensées, mais sa lame, il est nécessaire de travailler très dur jour après jour et d'y consacrer son existence. Trouver l'harmonie en toute chose, même le désordre naturel qui meut ce monde. En ce qu'il professait, il laissait transparaître vers quoi il espérait un jour tendre. Devenir ce guerrier qui n'avait plus besoin de consentir, mais d'être. Le mouvement d'une brise, le reflet de la lune sur la surface de l'eau. Le vide qui contenait tout et qui n'était plus rien.

Quant à lui et ses tensions. Le monde des Hommes est hostile, trompeur. Leur coeur, capricieux, bien souvent déraisonné, insensible aux appels de la sagesse. L'impétueuse destinée qui fut la mienne m'a appris que l'avenir est un chemin plein de surprises. Elles sont bonnes, mauvaises. Je traverse une partie de ma voie qui est pleine de traîtrise, je suppose. Ainsi était-il en son verdict. Ainsi, il s'était laissé fait surprendre par la scélératesse du coeur des Hommes. Mais comme l'oiseau de proie qu'elle souhaitait être, le samouraï avait un regard acéré. Maintenant qu'il réfléchissait aux tremblements de l'avenir, aux jeux de certains et de certaines, il se doutait des raisons du changement et de ce vers quoi l'avenir se forgeait. Je dois avoir la force de trancher ceux qui tenteront de troubler la paix qui est celle qui anime ma voie. Ainsi, j'espère moi-même trouver comment calmer ce coeur qui est la proie de l'avidité maligne des Hommes.
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Dim 10 Déc 2017 - 14:18
Sourire plus franc, plus grand, qui aurait pu laisser passer un éclat de rire et de soleil. Sourcil qui se soulève. Masque qui se déride, doucement. Voyageur éternel ? Elle n'osait lui dire qu'elle avait cru l'être aussi un jour. Aujourd'hui, elle s'y était résignée. Son clan était mort de vieillesse et de sédentarisme. Il n'y avait plus rien qui pourrait leur permettre de se remettre sur leurs pieds. Le fils aîné, celui qui devait hériter, était parti. Et elle était une femme. Et les femmes n'héritaient pas de la charge de chef de clan, chez les nomades. Ils commençaient donc à s'enterrer doucement.

Au fond d'elle-même, elle voulait y échapper. Le samouraï semblait y arriver. Peut-être avait-il le coeur. Peut-être avait-il réussi à mieux se remettre sur ses pattes qu'elle, à la manière d'un matou agile. Peut-être que lui, il avait les appuis nécessaires pour s'être relevé. Elle, elle n'avait que le silence pesant et mortuaire de sa famille, ses doux souvenirs et sa soif de liberté, toujours inextinguible, qui lui faisait tourner le dos aux autres. Elle voulait reparcourir ces plaines pour les repeupler d'arbre et de fertilité époustouflante. Faire l'harmonie et l'équilibre, plutôt que de les chercher. C'était probablement ce point qui les éloignait tant.

« C'est une belle légende. Chercher et devenir la paix. Les nomades ne cherchent pas la paix. A vrai dire, nous ne cherchions rien. Nous suivions simplement les pas de la guerre, pour faire renaître le paysage. Repeupler les forêts brûlées, cicatriser les champs de bataille ensanglantés... »

Jardiniers du monde ? Peut-être bien que c'était ce qu'elle était, et qu'elle souhaitait redevenir. Le retour en arrière était impossible, cependant. Elle rajouta doucement après un silence où elle faisait flotter un peu de cendre entre ses mains :

« Nous faisions un trait sur le passé pour d'autres. Nous tentions de donner l'harmonie. Mais tout cela, ce n'est plus possible. Le monde est trop agité. »

Et elle ferma son poing sur les cendres qui brûlèrent et crépitèrent entre celles-ci. Si pour Watari, l'espoir se lisait clairement dans ses paroles, Azami ne croyait plus en grand-chose. L'optimisme s'éloignait au fil des ans et des silences, des regards absents, de la solitude. Une solitude qu'elle avait aimé, qu'elle aimait, mais qui lui pèserait de plus en plus. Elle se demandait même comment il pouvait continuer à avancer, si sa vie avait été aussi tumultueuse, et que sa confiance avait été trahie tant de fois. Volonté impitoyable et tempétueuse ? La jeune femme ne savait que trop penser de tout cela.

Son frère et son clan les avait trahis, tout s'était alors brisé, et plus rien n'avait pu pousser de leurs mains graciles. Sourire. Plus mitigé, plus discret.

« Vous avez un coeur fort et noble. Ma tribu aurait été fière d'avoir des hommes tels que vous. Nous en avons beaucoup manqué. La félonie a été une mauvaise herbe rampante qui nous a coupés notre avancée. Il n'y a plus personne pour reprendre le flambeau, aujourd'hui. J'espère toujours, malgré tout, que certains d'entre eux reviendront pour rallumer la flamme. »

Mais derrière sa tranquillité, son calme et son sourire, son âme n'y croyait pas. N'y croirait jamais certainement. Elle claqua des mains pour faire brûler les cendres et les réchauffer. Le vent se faisait terrible, décidément, et emportait ses cheveux dans un ballet rebelle et désordonné.




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Dim 10 Déc 2017 - 18:18
Vous vous trompez. Je fus l'héritier de mon clan, mais je n'ai pas pu honorer la tradition. Je n'ai pas été béni de la capacité de manier la foudre des cieux, juste le souffle qui les animent. Mais pour autant, même si je ne suis pas l'héritier officiel, je continuerais de me battre pour prouver aux miens et au monde que mon honneur et mon clan continueront de perdurer. Prenant une pause pour imposer aux souffles tempétueux du vent ses ordres et faire taire ses caprices, il posa ses yeux en elle, avant d'ouvrir une des mains de la jeune femme pour prendre un peu des cendres de celle-ci et de les souffler dans les airs. Votre clan n'a pas échoué. Héritier mâle ou pas, vous êtes toujours là. Vous continuez d'honorer leurs rites et la beauté de votre mission. Votre clan aura réellement échouer quand plus aucun d'entre-eux ne transmettra vos paroles et que plus aucun d'entre-eux ne se battra pour panser les maux de notre monde. Par le geste symbolique de ce souffle qu'il venait d'utiliser pour répandre les cendres de la jeune femme, il lui montrait qu'elle n'était pas seule et que d'autres pouvaient encore la rejoindre.

Bien sûr, une partie de son peuple avait abandonné. Bien sûr, il y avait semble-t-il des choses terribles pour ce clan. Mais la jeune femme, obstinément, même à Iwa, restait encore et toujours et continuait ces rituels. Je ne pense pas être à même d'apprendre à manipuler les cendres, mais peut-être pourriez vous l'enseigner à d'autres ninja d'Iwa en même temps que leurs transmettre votre philosophie. Peut-être que votre clan n'a pas besoin d'un héritier, mais d'héritiers, motivés, heureux d'apprendre et de protéger votre héritage. Il le savait bien. Tant qu'il y avait un professeur, il y avait des disciples. Tant qu'il y aurait des disciples et des gens pour un jour enseigner, alors, d'une manière ou d'une autre, il y aurait l'espoir que rien ne soit perdu et que des lendemains heureux puissent exister.

D'autant plus que la guerre va frapper le monde sous peu, j'en ai peur. Plus que jamais, celui-ci aura besoin de vous, de votre philosophie d'harmonie, de dévotion et de paix. Avait-il conclu, en regardant les cendres, l'air légèrement préoccupé par les pensées qu'il portait, notamment par rapport à l'agression d'Iwa et de son cousin par les sanguinaires félons des brumes dont il était l'originaire.
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Dim 10 Déc 2017 - 21:52
Elle eut un rire. Le premier. Clair, gras. Légèrement taquin, aussi. Kanon lui avait dit qu'elle avait un masque de renard par moments. C'était peut-être celui-là qui ressortait ce soir-là :

« Vous vous trompez lourdement, alors, mon cher. Je ne peux enseigner moi-même, quand les cendres elles-mêmes ne veulent m'obéir et restent réticentes à mes ordres. Je suis la dernière de mon genre, mon frère aîné est je ne sais où, mes parents sont avachis dans leur vie sédentaire et dans un silence de mort. Que puis-je donc y faire ? Mon père, qui était le chef de ma tribu, ne le permettrait de toute manière pas. Je ne suis qu'une femme, mon frère, lui, a eu le privilège de naître homme. »

Son ton était amusé, et triste à la fois. Une tristesse pourtant doucement résignée. Elle avait abandonné déjà intérieurement la lutte. Qui voudrait d'une femme à la tête d'un clan d'anciens nomades ? Pas son frère en tout cas, et elle tremblait d'avance à l'idée que celui-ci réapparaisse un jour. Quelle chance avait-elle qu'on lui fasse passer la charge d'héritier ? Aucune, certainement, depuis que son père ne parlait plus depuis quatre ans. Muré dans le silence et la solitude. De toute manière, avait-elle déjà beaucoup parlé avec lui ? Non, pas tant que ça. Son père restait un mystère. Un mystère impressionnant et effrayant à la fois.

Comme pour illustrer son propos, elle sortit du sac qu'elle portait au côté, un iris, plutôt flétri et fané, qu'elle avait certainement oublié. Et entre ses mains, la fleur s'illumina d'une douce lueur, tandis que les cendres tapissaient sa paume. La fleur sembla reprendre des couleurs pendant un instant, avant de flétrir de nouveau, et de littéralement partir en fumée. La jeune femme soupira, haussa les épaules avant de reprendre :

« Je ne suis pas maîtresse dans l'art que pratiquait les familles de ma tribu. J'étais même certainement la plus mauvaise. Et peu de gens, comme vous, s'intéressent à la philosophie et la manière dont vivent les nomades. Le simple fait de changer sans cesse de lieu d'habitation retourne la tête en général. Je ne peux enseigner, et je ne connais personne à qui enseigner le peu de choses que je sais. »

Il n'y avait que Kanon qui l'avait littéralement harcelée pour en savoir plus sur elle, les Adamachi et les autres lignées qui avaient constitué sa tribu pendant toute sa jeunesse. Des passionnés de l'étranger, elle n'en avait pas rencontré beaucoup. Les nomades n'étaient généralement pas bien vus, sur les terres des sédentaires. Elle rajouta dans un murmure à l'adresse de Watari :

« Je me suis raisonnée, au fil des ans. Il n'y a plus rien qui pourra sauver tout cela. La guerre détruit la paix. Être pacifiste, quand le monde s'apprête à basculer, cela ne sert pas souvent à grand-chose m'a-t-on dit. Alors, je suis restée ici. Mais je n'oublie pas pourtant. Je suis une sorte de vestige, si vous voulez. La dernière à ne pas se détacher du monde. »

Elle souriait. Mais ce sourire était trompeur. C'est celui que l'on fait lorsque l'on sait que l'on s'approche de la mort et de l'oubli, d'une manière ou d'une autre. Le samouraï avait de biens belles paroles, mais cela ne changerait rien.

Les cendres faisaient toujours des apparences de souillons à ceux qui les maîtrisaient. Et elle, elle était la pire des souillons à ne pouvoir fertiliser la terre de ses propres mains.
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Mar 12 Déc 2017 - 3:17
Fut-il un temps, j'ai été déshérité parce que je ne pouvais manier l'éclair. Mais aujourd'hui, ai-je abandonné mon clan et mes valeurs, les espoirs de mes aïeuls ? Watari, un œil fermé, lui rendit son regard espiègle et professait son passé comme exemple. Si vous n'êtes pas assez forte, devenez-le. Si vous êtes seule, entourez-vous d'alliés qui vous aideront. Si personne ne s'intéresse à votre mission, alors allez vers les autres. Et si votre peuple était nomade et qu'aujourd'hui il ne l'est plus... Adaptez-vous au changement. Watari lui sourit doucement en la regardant de ses yeux à l'éclat si particulier. Il espérait qu'elle finirait par comprendre que la seule et unique chose qui l'empêchait de sortir de cette spiracle de déclin, ça n'était rien de plus que sa propre attitude.

Watari n'avait jamais connu un tel désespoir, une telle résignation. Pas à l'échelle d'un clan ou d'un objectif. C'était plus vrai concernant la paix dans le monde, mais il est difficile pour un seul homme de l'assurer. C'était peut-être parce qu'il faisait face à de telles objectifs, qui semblaient si lointains, si complexes, si difficiles d'accès, qu'il parvenait à ne pas craindre l'ampleur de la tâche d'Azami. Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. Si votre coeur est fort et si votre détermination est sans faille, votre dévotion pour vos traditions sincères, rien ne vous empêchera de vous entraîner et de pratiquer, tout comme rien ne pourra vous retirer le droit de faire vivre l'héritage dont vous êtes légataire. Il lui sourit à nouveau et usant du vent qu'il manipulait désormais bien mieux qu'avant, il fit danser un peu des cendres de la jeune femme devant ses yeux, pour lui montrer qu'il était tout à fait possible de progresser, si elle n'abandonnait pas.

Elle invoquait nombres d'obstacles qui n'étaient plus en face d'elle aujourd'hui. L'entendre ainsi parler de ces règles qu'elle s'imposait pour se discréditer et se défausser de l'espoir de sauver les arts de son peuple lui rappelait une histoire différente et analogue. J'ai rencontré un peuple qui comme vous, manipule les éléments. Ceux-ci, armés de glace, partirent et s'allièrent pour protéger la paix par-delà les mers. Je fus de ceux qui s'allièrent à eux. Néanmoins... Un cadre rigide et stricte vicia l'honneur de ces guerriers glacés. Aujourd'hui, ce clan subi un schisme. Le poids des traditions, si elles sont injustes, font offense à l'harmonie. C'est pourquoi, si mon peuple apprends à respecter la force du poids de nos aïeux, nous avons avant tout le devoir de protéger notre devoir. J'ai foi en une jeune femme, quelque peu plus âgée que vous, mais dont les cheveux sont les antipodes des vôtres. Elle aussi, se bat pour qu'un jour, son clan connaisse un avenir différent que celui corrompu par les luttes de pouvoir et la déchéance.

Il espérait vivre assez longtemps pour voir un jour le clan Yuki, celui qui serait formé à Iwa, transmettre son histoire, cet exil et les espoirs qu'ils nourrissaient, les réflexions du passé issu des erreurs commises par-delà les mers. Cela pour autant, n'écartait pas les paroles d'une jeune femme prostrée dans ce qui semblait être le poids du désespoir, c'est pourquoi il finit par conclure, la concernant : Que vous soyez légitime ou pas, si vous seriez la dernière des vôtres, abandonneriez-vous ? Qu'importe votre lignage, votre talent. Ce qui compte, ce n'est pas votre force. C'est ce qui anime votre cœur et votre voie. Bien sûr, c'était peu probable que ses paroles suffisent. Elle semblait depuis fort longtemps avoir accepté cette fatalité. S'il avait ainsi parler du cœur, ce n'était pas sans raison ; car c'était en celui-ci que la défaite semblait actée pour la tribu de la jeune femme...
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Mar 12 Déc 2017 - 15:05
Ecrit et inspiré par ça

« J'essaie de devenir forte ! »

Sa voix avait éclaté, plus fortement qu'elle ne l'avait voulu. Il l'avait fait sortir de ses gonds, de quelque manière. Agité les braises d'une fierté qu'elle ensevelissait bien souvent Les yeux noirs de la jeune femme brillait d'un éclat sévère, légèrement courroucé certainement. Elle reprit d'une voix plus douce, gênée sûrement de s'être laissée emportée :

« Je respecte la tradition, mes aînés, et mon ancien mode de vie. Je suis arrivée à Iwa, mais le temps n'a pas servi. C'est mon père qui nous donne les directives. Et mon père est muet depuis quatre ans. Il est devenu une tombe vivante. Quand le silence s'est fait, j'ai perdu de vue le reste de ma tribu. J'aimerais pouvoir relier tout cela, mais cela n'est pas en mon pouvoir. »

Pourtant, j'en ai envie. C'est bien ce qu'elle se disait à cet instant. Les paroles du samouraï l'avaient autant étonnée qu'ébranlée. Il avait comme bouger une pierre dans un édifice, et tout cela commençait à bouger de manière vertigineuse. Pas assez encore, pour qu'elle puisse se laisser aller en avant. Oublier les voyages, la nature sauvage, la liberté que tout cela amenait... C'était dur. C'était la seule chose qui lui permettait autrefois d'oublier Choji et son talent culotté, quand elle n'était qu'échecs et médiocrité. Personne n'avait jamais cru en elle. Elle-même, n'y avait jamais cru. Elle n'avait fait que rire d'elle-même.

Watari, aujourd'hui, lui donnait peut-être l'espoir de pouvoir reconstruire quelque chose, un jour. L'ombre de Choji planait toujours au-dessus de sa tête, et c'était bien cela qui l'inquiétait. Il fallait espérer qu'il ne reparaîtrait pas par magie. Elle avait aimé son frère, mais elle le savait terrible. Oh, combien terrible. Ce n'était pas la paix qu'il voulait semer, mais la guerre. Son père s'en était peut-être rendu compte, durant leur enfance. Peut-être était-ce pour cela qu'il n'avait pas bronché lorsque son héritier était parti avec les plus traditionnelles et belliqueuses familles de la tribu.

Mais pourquoi, alors, être dans le silence ? Pourquoi le temps s'était-il arrêté pour eux ?

L'aiguille de l'horloge commencerait peut-être bientôt à bouger.

Elle se leva, les poings serrés, le regard sombre mais vif, tourné vers le ciel. Elle bouillonnait intérieurement peut-être. Marre de cette vie coincée sept ans en arrière. Marre de ces regrets, et de cette peur du futur. Les cendres tapissaient ses paumes sans qu'elle ne s'en rende compte, luisant doucement d'une lueur orangée, s'envolant sous ce qu'il semblait être une brise de futon créée par le samouraï.

Plus fermement, elle finit par dire :

« Je ne veux pas abandonner. Je ne le peux, à vrai dire. »

La jeune femme ne savait ce qui l'attendait, dans le futur. L'ombre de Choji et de son père. La mort ou la renaissance. Pour la première fois, on l'avait peut-être rassérénée à avancer. Doucement, pas à pas. Elle ne savait encore comment elle allait s'y prendre, mais elle trouverait bien un moyen. Il y avait certainement une solution. Elle n'en avait pas la clé. Il suffirait probablement d'en façonner une. Elle attrapa le sac de cendres, et après un moment de silence et de réflexion intérieure, elle finit par dire avec calme, tout en s'inclinant :

« Vous avez la stature d'un meneur d'hommes, samouraï. Vos paroles me font beaucoup réfléchir. Dans le bon sens, ou le mauvais, je l'ignore. J'espère que cette jeune femme dont vous m'avez parlée, réussira dans sa voie. J'essaierai de faire pareillement. »

Posant le sac lourd sur ses épaules, elle hésita, avant de rajouter :

« Si jamais... Si jamais un jour, vous venez à avoir besoin d'aide. Oh, n'importe quoi. Que ce soit des simples victuailles, ou des remèdes médicinaux, une bataille ou un conflit. Qu'importe. Je pourrai me montrer à vos côtés. »

Ton sérieux, sourcils froncés. Masque impassible et impénétrable de nouveau, simplement brisé d'un léger sourire.

« J'ai bien une dette envers vous. Une dette de coeur. Chez moi, nous récompensions les sages par une faveur, parce que c'est par leur bouche que sort la vérité et les mots justes. Je ne fais que suivre ma tradition. Passez une bonne soirée, Hoshino Watari. Et n'ayez plus peur des feux et de la fumée, à présent. Ce n'est que moi qui veille au grain. »

Elle lui lançait une dernière pique, en guise d'au revoir. Signe qu'il l'avait frappé par ses paroles. Prise de conscience invétéré, inattendue. Oui, elle trouverait un moyen. C'était ce qu'elle se disait en descendant les hauts-plateaux, chargée comme un mulet. Oh, peut-être aurait-elle dû donner son adresse. Elle l'avait complètement oublié. Le clan des Hoshino, s'il s'était exilé, devait être facilement repérable à leurs tenues cependant.

Azami les retrouverait probablement un jour. Elle ignorait à quel point cette pensée se réaliserait.
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Mar 12 Déc 2017 - 16:03
Son éclat de voix l'avait légèrement surpris. mais rassuré. Ses professorales injonctions, sages mais provocatrices, avaient su tirer de ce sombre tourment, des braises qui ranimèrent les cendres de l'espoir qui subsistait en la jeune et belle nomade Azami.

Bien sûr, elle cherchait à devenir forte. Lui, n'en avait jamais douté. Mais c'était peut-être parce qu'il avait su lui poser cette question qu'elle s'était rendu compte qu'elle le souhaitait plus que n'importe qui d'autre. Prendre en main son avenir. Contre qui dirigeait-elle son courroux ? Le samouraï ne s'en sentait pas la proie, à dire vrai. Et même si elle se justifia quelques secondes plus-tard, les paroles de la jeune femme résonnaient à ses oreilles plutôt comme l'expression de la voix qu'il cherchait à lui faire entendre plutôt qu'à en être le destinataire. Et comme il l'avait sentie, la jeune femme titubait, trébuchait dans un long et sinueux, sombre comme les cendres, chemin qui n'avait plus été éclairé. Peut-être était-ce le destin, mais Watari avait probablement parvenu à illuminer quelques braseros pour la guider vers ce qu'elle souhaitait au fond.

Imperturbable, ses traits fins la regardait avec une certaine forme d'affection tendre. Bienveillante, peut-être un brin paternaliste. C'était ces passions naissantes qui savait faire naître en lui l'attrait du beau. C'était quand les femmes qu'il côtoyait se relevait avec une force altière que lui, s'émouvait de les voir flamboyer. Bien sûr, elle devait encore continuer d'avancer en s'accrochant à ces désirs qui s'étaient faits muets et qu'elle avait étouffer, mais dans le silence qui se prolongeait qui en disait bien plus sur ce qui se passait, le jeune homme continua de la fixer en regardant son cœur se mettre à intimer, silencieusement, hurler cette détermination qu'elle avait ignorée, autant qu'elle s'était elle-même ignorée. Le tout culmina par cette aveu, cette simple vérité : pour rien au monde, elle ne pourrait abandonner.

Il allait ajouter quelque chose, mais devait-il réellement le faire ? Il hocha doucement la tête avant d'être lui-même surpris. Un meneur d'homme ? Très peu pour lui. Ils étaient bien trop capricieux à son goût et il ne se sentait pas la force de les faire bouger, canalisé, vers une seule destination. Il aurait voulu protester, mais la voilà qui s'échappait déjà, mue vers ses projets. Je doute être un sage et j'espère en tout cas ne pas en avoir l'âge ou l'apparence. Quant à une faveur... J'y songerais, bien que je ne m'estime pas détenteur de quelconque créance. Mais passez une bonne soirée, Azami-dono. Dit-il en la saluant avant de s'élancer dans la nuit ténébreuse, lui aussi, après avoir soupiré. Il avait la sensation d'avoir pu aider la jeune femme. Et tant qu'ancien détenteur de dojo, s'il pouvait ainsi guider ceux qui en avaient le besoin... Il était satisfait d'une certaine forme de félicité pleine et entière...
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Autour des braises // Watari

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