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Douceur Noctambule ✗ Iwa Shukusai | PV Sora


Jeu 30 Nov 2017 - 0:22



Cela devait faire à peine quelques sabliers s'étant écoulés, que le crépuscule se faisait naissant sur l'immaculé Village Caché de la Roche. Le fameux festival, nommé sobrement Iwa Shukusai, marquait la belle saison prenant place sous l'aube radiant de l'été. Le nom était simple, efficace, il suffisait d''y penser, pour en savourer la sobriété. Cet héritage qui perdurerait, saurait se dérouler jusqu'à ce que la roche se brise. Elle se lézarderait peut-être, s'éroderait sans doute, mais cela pouvait prendre jusqu'à la fin des temps. Ce soleil, si irradiant, incandescent, rougeoyant, berçant de ses rayons chaleureux les paysages à ses pieds luminescents. Il incarnait le beau temps, s'érigeant alors en parure pittoresque représentant l'un des quatuors primordiaux. Ces états éphémères, qui se succédaient sans fin, en se répétant dans une boucle éternelle ancrée depuis les prémices de l’existence de ce monde. Même le plus anachorète en ces terres, ne pouvaient que laisser un sourire songeur, s'ils venaient à imaginer cette insondable régularité temporelle. Authenticité, qui se suffisait à elle-même, personne ne se posait cette question, ou très peu. Beaucoup se contentaient de l'ignorer, de ne pas s'en soucier, de ne même pas y penser. Après la déprédation d'Iwagakure, suivie de l’opprobre frappant lors des événements de Shîto, maintenant l'épée de Damoclès incarnée par Kirigakure et les Exilés, qui planait avec persistance au dessus des têtes Iwajins, il fallait bien un rayon de lumière venant percer les ténèbres se faisant légion. En cela, ces festivités, même si mascarade, pour oublier ces faits, elles apportaient avec véracité, la bonne humeur dans le cœurs des habitants de ces sinueuses vallées. Cela pouvait sembler foucade éhontée, mais à un moment donné, il fallait bien une lueur chaleureuse, dans la froideur du blizzard se déchaînant, jusqu'à pâmoison du tout dernier frisson.

Dès les prémices des premiers nuages noirs se revêtant orage, il était revenu au plus vite au creux de la roche. Découvrant cette nouvelle tradition, qui venait prendre place et s'ancrer sans même se présenter aucunement. Étrange situation, car le Village avait beau prospérer, jamais de souvenance, une telle hardiesse habitait les lieux. Une frénésie cathartique se rependait en tout lieu, en chaque pierre s'érigeant sanctuaire, sur légion de visages souriant béatement. La foule était en liesse, ça tonnait fort dans bourg Iwagakure.

Le Corbeau de Tempêtes était assez impressionné par ce changement soudain. Il était parti quelques temps de cet endroit, en à peine quelques levers et couchers de sieur globe le flamboyant, voilà que tout s'était transformé en un théâtre fulminant de frénésie et d'allégresse. Les nouvelles qu'il avait reçues, incarnant des chimères, pouvant s'avérer entités bien réelles déversant trépas et chaos dans leur sillage, ces échos semblaient bien illusoires, en voyant situation actuelle. L'attitude se voulait des plus détendues. La paix semblait régner, mais il pouvait percevoir toute l'allégorie qui se voulait digne de la mascarade. Ils avaient beau se démener à s'amuser avec zèle et ferveur, il percevait les signes que ce n'était qu'un masque. Profiter de l'occasion offerte, de l'accalmie qui se révélait des plus salutaires.

Traversant les rues, comme fantôme se faufilant avec malice entre les tombes d'un cimetière, en profitant de l'orée du linceul de la nuit. Il passa devant plusieurs échoppes, plus ou moins animées, ou encore visitées, avant d'accéder finalement à une zone plus calme, plus silencieuse. Il continua de poser un pied devant l'autre, sans réellement savoir où ces derniers mèneraient son être. Enfin, il le savait, vu qu'il connaissait le moindre recoin de cette antre. Simplement, il se laissait aller, profitant de ne rien vouloir comme finalité. Après tout, parfois, ce n'était pas la destination qui comptait, mais simplement le voyage.

Le jour était encore présent, pourtant évanescent. En ces temps, les journées étaient plus longues qu'à l'accoutumée. Mais tôt ou tard, cette sphère disparaîtrait, pour laisser place à sa sœur, plus immaculée et légèrement bleutée. Sous cet œil, il continua de s'aventurer où ses pas en décidaient. En fin de compte, sa promenade le mena devant un terrain d’entraînement. Un de ces vieux endroits, qui s'avéraient peu fréquentés, à cause de la nouvelle Académie, s'étant par jadis érigé bastion, étendard du savoir et d'obnubilation. Son visage était monotone, regardant avec une certaine nostalgie ce lieu, désert, inhabité, délaissé. Tiens donc, pas tout à fait. Quelqu'un semblait s'y plaire à s’entraîner. De loin, il aperçut cette silhouette, à travers l'obscurité, qui commençait à subjuguer les montagnes et ses racines dans les lointains horizons.

Gracile petit être, semblant aussi frêle qu'un pétale de cerisier face au titan d'écorce et de sève, le tenant dans sa main. Elle brandissait ce qui semblait une lame trop grande, mais surtout mortifère, pour une demoiselle de sa carrure. Elle semblait danser, avec une détermination effrénée, une abnégation irréelle semblait habiter chaque once de ses mouvements, chaque pas, chaque geste, chaque posture, chaque frappe. Plus elle mouvait son corps si nubile et sa lame si assassine, plus elle paraissait être une déesse de la guerre exerçant monstration de ses arts. Magnifique muse, qui capturait tout être assez fou pour oser contempler son Bushido ancestral. Voir quelqu'un s’entraîner ainsi, était toujours intéressant. Elle se croyait seule, se laissait même aller à l'ivresse de s'adonner à une transe martiale, sans once de retenue. Il ne savait pas pourquoi il avait été si captivé, par cette inconnue Samouraï s’entraînant langoureusement, sur fond crépusculaire. Il ne percevait pas même ses traits, son visage, ses particularités. Juste la silhouette nubile d'une inconnue, se mouvant au lointain. Il s’avança tout de même légèrement, sans raison, à part peut être, mieux admirer les arcanes réalisées par cette guerrière déité. Ne voulant perturber celle-ci, qui semblait transcendée de tout son être. Le silence de ce temple, voué à laisser les échos du paroxysme des étoiles naissantes s'exprimer, eux et eux seuls, demeurait ancré spectateur au mutisme certain.



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Dernière édition par Muramasa le Lun 4 Déc 2017 - 4:54, édité 2 fois
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Sam 2 Déc 2017 - 19:56
L'heure était à la fête pour beaucoup. Les rires, les chants, l'odeur des mets préparés pour l'occasion parvenaient sans mal jusqu'au terrain d'entraînement où se trouvait Sora. Elle entendait le brouhaha d'une population enjouée de se retrouver réunie à ce festival. Elle sentait la présence de passants derrière elle, vêtus de leurs plus beaux habits et coiffés avec soin. L'instant n'était pas destiné au renforcement de ses capacités et pourtant, à travers l'ombre profonde de la nuit et les quelques rayons de la lune qui transperçaient les feuilles des arbres, la silhouette d'une samouraï ne cessait de se mouvoir, arme pourfendant l'air entre ses mains. Sa mine était froncée sous la concentration dans laquelle elle était plongée. La Nagamasa sentait ses coups perdre en puissance au fur et à mesure des instants passés, mais elle continuait. Encore et encore. Elle poussait toujours plus loin, tentait de se surpasser elle-même pour devenir plus forte et atteindre les objectifs qu'elle s'était fixée. Rendre sa mère fière était quelque chose qui la poussait également à donner le meilleur d'elle-même, et c'est sur ces pensées qu'elle ne lâchait pas son katana, s'entraînant avec rigueur.

La sueur perlait sur son front, sa poitrine se soulevant aussi rapidement que ses poumons s'imprégnaient d'air. Sora faiblissait mais tenait bon, se rattachant à sa détermination qui ne fléchissait pas. Elle tenait bon, jusqu'au moment où sa tête commença à se faire lourde. Ses membres ne suivaient plus ce qu'elle commandait, et sa main gauche ne tarda pas à ranger le katana dans son fourreau, laissant la lame sollicitée quotidiennement dans un repos de quelques minutes. Sora avait la respiration saccadée, et l'épuisement se lisait sur son visage. Ses paupières se fermèrent un instant. Avec tout le travail qu'elle avait fourni, elle se devait de faire une pause et si elle n'en faisait pas une, elle tomberait inconsciente sur le sol. Portant le revers de sa main sur son front, elle fit volte face pour se mettre dos à l'arbre et venir s'y coller un instant. Ses violettes prunelles scrutaient l'environnement assombrie face à elle, et bientôt, elle aperçut une silhouette non loin d'elle. Grande, vêtue aussi soigneusement que pouvait l'être quelqu'un qui irait à la fête. C'était un homme, aux cheveux sombres et ondulés. De là où elle était, et gênée par l'ombre de la nuit, Sora ne percevait pas l'entièreté de l'homme qui se tenait à quelques mètres d'elle, mais elle voyait quelques uns de ses traits physiques.

Intriguée, et surprise de rencontrer quelqu'un à cet endroit dans lequel elle avait été seule durant un long moment, son regard ne laissant rien paraître était pourtant curieux. Adoptant au mieux la carrure noble des Nagamasa, la jeune femme tentait de se tenir droite, imposante, et de ne rien montrer de ce qui l'abritait. Puis, sa voix raisonna enfin, brisant le silence. Une voix un peu brisée par son souffle irrégulier et encore rapide. « La fête bat son plein là-bas. Pourquoi n'y êtes-vous pas ? » demanda t-elle d'une voix calme, dévisageant le personnage qu'elle ne voyait pas encore totalement.

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Dim 3 Déc 2017 - 22:45



L'eurythmie volubile des festivités se déroulant non loin, s'évaporait comme emportée dans le lointain. Ce vacarme avait beau faire pieds et mains pour battre la distrayante chamade cacophonique, cela était bien vain. Lorsqu'il contemplait la danse de cette suave pléiade, seule elle s'érigeait triomphante. Nul ne comptait, à part cette étrange nymphe gesticulant avec entrain. Son attention ne se focalisait que sur elle et elle seule. Les bruits se mouvaient dès lors silences, avec une aisance des plus déconcertantes. Au fil de ce ballet, les prémisses de la nuit se rependaient davantage, déployant peu à peu son emprise implacable. La lune commençait à émerger dans le sillage laissé par son alter-ego. Se faisant plus présente, plus pesante, elle caressait de ses nocturnes luminescences les paysages, qu'elle s'amusait à éclairer avec parcimonie et légèreté.

La belle se démenait, toujours avec prestance, mais ses gestuelles se faisaient de moins en moins vindicte au fil des répétitions. L’éternelle parade endiablée, qu'elle se prêtait avec dévotion à honorer, ne pouvait durer jusqu'à la fin des temps. Fendant le zéphyr, de sa lame dévastatrice, avec puissance et volonté, elle donnait tant, qu'elle offrait jusqu'au plus profond de son essence même, au moindre de ses pas. Chaque mouvement semblait avoir été peaufiné, jusqu'à la maîtrise totale de son implexe art millénaire. Demandant centaines, milliers, voir innombrables répétitions, jusqu'à s'ancrer au plus profond de son corps et de sa lame. Elle ne faisait qu'une avec celle-ci, du moins, c'est ce que l'on ressentait si on regardait cette calme frénésie, se jouant éloge des arcanes incarnant savamment son héritage transmis depuis les ancestrales générations. Malgré le calme qui se reflétait en ces katas primordiaux, on pouvait sentir la dévotion implacable, alliée au désir de toujours peaufiner jusqu'à son paroxysme ce qu'elle entreprenait. Voir même, le transcender, jusqu'à tenir du divin et non plus du mortel. Cette soif de puissance et cette irrémédiable envie de devenir perfection, étaient un tableau qui ne pouvait qu'être magnificence à contempler. On pouvait s'y perdre à s'en damner, avec consentement approuvé. Elle donnait tout, encore, toujours plus, malgré la fatigue, qui envahissait son corps, la flamme brûlait avec une férocité qui aurait consumé néant lui même. Incroyable était la détermination dont elle faisait montre. Inspirante, même, à bien des égards. Qu'est ce qui pouvait donner tant de force et de motivation, à une si gracile petite demoiselle ? Ce mystère traversait les pensées de l'observateur, qui la fixait comme obnubilé, dissimulé à l'orée des ombres lui offrant refuge. Il était captivé par la martiale, si simplement, que cela aurait tenu plus de nuptiale déraison en saison des amours. Ne pouvant détacher son regard de cette silhouette, inconnue, dont l'ombre suffisait à éveiller émoi et susciter totale attention, plus que de raison, plus qu'imaginable. Pourtant, la créature qui la scrutait depuis sa tanière, avec un intérêt si marqué à son égard, contre toute logique, était d'habitude d'un pragmatisme pourtant à toute épreuve. Il finit par réfléchir à pourquoi, ou même comment, il avait fini par se mouvoir et à se cacher dans les ténèbres, pour laisser ses yeux caresser cette inconnue semblant si fidèle au Bushido. Cela ne lui ressemblait pas. Un tel égarement, qui sinueusement s'insufflait en son être, tel vil serpent machiavel.

La battante, semblait faiblir, à bout de force, ses balancements se faisaient plus fébriles, jusqu'à finalement, trouver son arrêt. A bout de force, elle rengaina sa lame, dans le saya prenant ancre à sa fine taille. Elle semblait vouloir faire une pause, reprendre son souffle se faisant trop haletant, se reposer un instant. Après ces efforts, il était déjà plus qu'étonnant que la belle ne soit couchée depuis longtemps, sur un lit de pommes. Portant sa main vers son front perlant de fines gouttelettes, elle se retourna, puis se dirigea droit en direction de la tanière de la bête, engeance qui la dévorait du regard, depuis maintenant un fort long moment. Il était derrière ce grand arbre, un peu de coté, pour mieux se dissimuler à son orée, sans manquer satisfaction de ne rien louper du spectacle qui tonnait. Ciel ! L'avait-elle repéré ? Venait-elle le pourfendre de sa donneuse d'éternel sommeil ? Faisant mine de rien, pour ne point éveiller soupçon et fuite du polisson ? Ne perdant son calme, l'admirateur ne bougea pas un sourcil, se contentant toujours de la  fixer avec un calme dénotant de son tempérament. Il voulait voir ce visage, qui demeurait mystère, avec une envie mordante, un désir insatiable. Elle approchait, lentement, dévoilant alors sous l’irradient lumière lunaire, ses traits de jeune femme au visage parfaitement dessiné. Il y avait quelque chose de fantasmagorique, dans cette vision, tenant de la révélation sacrale. Un seule pensée, se fit alors ; Somptueuse.

L’effrontée finit par paisiblement s'adosser contre l'écorce s'offrant à elle, s'érigeant en ce sanctuaire, qui avait été au fil du temps, silencieux spectateur de bien des représentations. Trouvant un amical appui salvateur, venant bercer son repos bien mérité pouvant la laisser rêveuse, elle prit place. Elle ne semblait pas l'avoir remarqué. Il n'était pas si loin pourtant. Ou alors, l'avait-elle fait ? Elle s'en fichait ? Il se rapprocha d'elle, gardant sa prestance, affichant ses traits des plus sérieux. Il voulait mieux voir ce visage, ces yeux fabuleux, cette créature de rêve dans son ensemble. Oser peut être, discuter un peu ? Sans once d'animosité aucune, ses pas de loup le menaient auprès de cette belle aux bois dormants, qui pourtant gardait son éveil. Cette dernière scrutait de ses ardentes pupilles aux teintes violacées, l'horizon se présentant à ces dernières. Finissant, par remarquer la silhouette, qui se s'inviter lentement à elle et à son être. Ses traits légèrement emprunts de fatigue, se mouvèrent subrepticement en surprise. Qui n'aurait pas été décontenancé, d'être ainsi approchée, alors que solitude était seule compagnie connue, voir même escomptée ? Non, elle ne le montra guère. Au contraire, gardant toute sa superbe, se plastronnant de fierté, voir même, d'un peu de toupet, elle toisa en n'affichant aucune once de surprise, l'inconnu qui demeurait encore fantôme et ombre. Elle pouvait dénoter quelques signes, l'informant de la teneur de son visiteur. Qu'il s'agissait d'un homme, ainsi que quelques autres sommaires déductions.

Brisant l’envoûtant silence, qui gardait les frontières entre elle et le mystère, elle posa calmement une simple question. Se faisant inquisitrice, malgré la douceur de sa voix fatiguée, qui en ce monde pouvait paraître irréelle féerie. Elle portait ses yeux vers l'ombreux, qui se jouait à arborer houppelande ténébreuse. Il la fixait, lui aussi, avec un calme tout aussi dantesque. Il ne voulait point se faire chimère se faufilant en arborant énigme. Il finit par se révéler à la lumière, en s’avançant légèrement vers elle. Gardant la même cadence dans sa démarche assurée, avant de s’arrêter devant la curieuse, tout en continuant de plonger son regard dans le sien. Une douce beauté était face à lui. L'harmonie qu'elle dégageait faisait preuve que le divin pouvait fouler les contrées des mortels. Un visage raffiné, des traits sérieux, mais des plus somptueux. Un petit nez fier, qui ne demandait qu'à être châtié d'un baiser. Ses yeux avaient la teinte nébuleuse des plus colorées améthystes, sans  mentionner la chevelure d’ébène qui semblait de soie. Sa peau si pale paraissait des plus satinée. Ostensiblement, elle faisait montre d'une perfection tenant quasiment de l'outrage, sans même paraître savoir le crime lui incombant naturellement. Une beauté qui aurait pu aisément déchirer le monde et l'emplir des flammes de l'envie. Qui sait ce qu'auraient pu faire les hommes, pour simplement obtenir un seul regard de la part de cette muse, à leur misérable encontre ne le méritant guère?

Une demoiselle ? Une princesse ? Une reine ? Une Impératrice ? Une déesse ? Quelle était l'essence de cette douce, s'incarnant Belle ? Elle le toisait, ou du moins, c'est ce qu'il ressentait. Ce regard si digne des astres antiques, le dévisageant, le jugeant même avec ardeur, mais dénotant une certaine candeur. Il était impossible de soutenir pareille nitescence sans défaillir, pourtant, pas de doute ne venait l'ébranler. Il demeurait calme, soutenait l'échange les menant à se dévisager l'un l'autre.

Il lui répondit alors, sans véhémence, sans être submergé, sans faillir.

« Je pourrais vous retourner la question. Mais par correction, je me dois de vous répondre le premier. » -plissant légèrement les yeux, comme si malice semblait être permise- « Si je ne suis à cette fête, c'est sans doute faute à solitude, m'accompagnant. Mais cette amie vient de me quitter, lorsque vos lèvres ont brisé le silence. Présage que peut-être, est ce là un signe ? Celui d'unir nos solitaires êtres, pour dissiper notre commune situation esseulée en ces présents temps. Trouver compagnie avec qui se risquer à partager ces festivités. » -dit-il, esquissant un léger sourire des plus chaleureux-

Il s'approcha d'elle, tout en lui contant ces pensées, profitant de cette ouverture, qui venait s'offrir d'elle-même, pour être dévorée séance tenante.

« Mais plus simplement... » -avançant sa main, progressivement vers la sienne, avec une lenteur faisant montre, qu'il ne souhaitait aucune malveillance à son encontre- « Je me promenais... » -il posa le bout de ses doigts se jouant hôtes de la fraîcheur nocturne, sur la mimine si chaude ayant pour habitude de manier la lame, mais qui tentait de se dérober avec une certaine crainte ou surprise- « Mes pas m'ont conduis jusqu'ici, jusqu'à vous... »

Il effleura cette peau si douce, qui était brûlante, suite aux efforts fournis lors de son frénétique entraînement. Un peu humide aussi, du fait de la sueur la recouvrant de fine perles luisantes. Il finit par prendre cette main, si menue comparée à la sienne, si frêle et gracile, que sa fragilité était perceptible, malgré son maniement habile pouvant avec aisance et habileté sonner le trépas d'un fil de son instrument d'acier. Son regard ne se perdait plus dans ces miroirs violets, il se posait avec insistance sur cette main, qu'il tenait dans la sienne. La ramenant alors vers lui, tenant son revers, ouvrant la paume ruisselante de fines rivières de sudation à peine perceptible. L'intérieur était légèrement meurtri, revêtant un teint tenant du sanguin. Après tant de mouvements répétés, après avoir manié à tant de reprises, la dure incarnation de son arme assassine, il était évident, que cette soie en arbore les tristes et douloureuses meurtrissures. Il examinait ces stigmates, semblant captivé par ceux-ci. Il affichait un visage emprunt d’intérêt, comme soucieux, comme légèrement inquiet, voir même contrarié.

« Vos mains... il faut que vous en preniez le plus grand soin. Si vous continuez ainsi, les stigmates qui s'y dessineront, ne seront point éphémères passagers, mais indélébiles à jamais. Risquant même de vous prendre votre raison-d'être. » -parlant d'une manière calme et posée- « Si vous ne prenez pas soin de vous-même, pour une chose qui peut sembler si inutile et dérisoire, mais qui s’avère des plus primordiales, alors je pense que c'est vraiment le destin qui nous a réunis à l'orée de cette soirée. » -remontant son regard, mais ne lâchant pas un seul instant la mimine, qu'il tenait avec tendresse, mais fermeté assurée- « Je me nommes Muramasa. Je suis médecin. »

Il tenait cette chaleureuse peau dans la sienne. Il ne voulait, ou ne pouvait, lâcher cette chaleur si douce et en proie à pléthores de souffrances. Il plongeait son regard dans le sien, avec une insistance particulière. Semblant vouloir que ces fines lèvres lui faisant face, s'aventurent à lui susurrer des mots qu'il lui était nécessaire d'entendre, ou plutôt, qu'il voulait abolument entendre. Premièrement, le pourquoi de sa propre solitude en ces temps si bercés par les festivités. Deuxièmement, qu'elle lui demande de soigner son fragile corps meurtri par la rudesse de l’exercice de ses arts. Troisièmement, non des moindres, qu'elle lui offre le plaisir de lui faire connaître son nom.

Son toucher pouvait paraître un peu audacieux, mais il faisait preuve de correction envers elle. De plus, une attention toute particulière de sa part, semblait s'instaurer à l'égard de l'interlocutrice. Il se permettait une approche, pouvant s'incarner intime, sans vraiment lui avoir demandé préalablement la moindre permission. Cette main, elle avait tenté de se dérober de la surprenante prison de chair et de sang venant à son encontre, mais c'était d'elle-même laissée aller à la tentation d'être étreinte. L'intérieur si chaud et moite, présentant les morsures dont elle était victime, il l'avait examiné, en posant ses doigts sur la peau aux sanglant tenant du carmin. Effleurant ces lignes qui marquaient pour certains les destinées de tout un chacun. Cela semblait comme une caresse des plus intimes, voulant marquer ses sentiments dans le creux de ces lignes. Pourtant, même si légèrement équivoque, il n'y avait rien de malsain ou de déplaisant dans ce geste innocent. 

« Vous êtes toute mouillée. » -dénotant l'évidence- « Vous risquez d'attraper froid. » -finissant par lui rendre la liberté, non sans regrets-

Lâchant l'emprise, sans vraiment le vouloir, mais par respect pour l'inconnue, dont il ne connaissait encore point nom. Il aurait pu tenir cette chaleur à jamais, tant elle était agréablement appréciable, comparé à la froideur qui le hantait depuis fort longtemps. Le corps de la nubile avait tant pleuré, que sa parure l'épousait au plus près de sa peau, de manière éparse, laissant transparaître la ravissante sensualité de ses formes, d'une manière subtile, sans être vulgaire d'aucune façon. Il aurait pu caresser de son regard ces volubiles merveilles, qui ne demandaient qu'à être admirées, à être elles aussi effleurées. Mais, avant tout, c'était ce visage qu'il se plaisait à parcourir de sa sensorialité, cherchant la moindre esquisse d'expression sur cette toile vivante, la moindre lueur dans ces améthystes où la quintessence d'une âme trouvait son origine.

Se reprenant, il finit par poser la question qui était demeurée en suspens, comme figée dans le flot du temps.

« Puis je connaître votre nom ? » -dit-il, calmement-



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Sam 9 Déc 2017 - 23:42
Sora avait mis un peu de temps avant d'apercevoir la silhouette de cet homme qu'elle ne connaissait aucunement. Depuis quand l'épiait-il ? Habillé à l'occasion de cette fête que la Nagamasa manquait, pourquoi les pas de l'inconnu l'avaient mené ici ? De ses violettes prunelles, la jeune femme épuisée par son entraînement intensif le dévisageait, scrutant de bas en haut la silhouette masculine et entretenue qui lui faisait désormais face. Son cœur battait encore à vive allure dans sa poitrine, en quête de retrouver un rythme régulier, tout comme son souffle encore saccadé par toute la force et l'énergie qu'elle avait donné ce soir. La jeune samouraï n'était pourtant pas encore totalement satisfaite de ce qu'elle avait fait. Il fallait qu'elle s'endurcisse, encore un peu plus, pour pouvoir atteindre les objectifs qu'elle s'était fixée et qui lui tenaient, chacun, très à cœur. Sa mère comptait également sur elle pour extirper la branche secondaire de l'ombre et la mener à hauteur des principaux Nagamasa. Tant de pression et de responsabilités entre les mains d'une femme encore au plus bas de l'échelle des ninjas et qui, pourtant, donnait le meilleur de soi chaque jour. Ces pensées étaient cependant voilées par cette présence perturbante et qui l'éloignait de sa reprise d'entraînement. Le regard plongeant dans le sien la déstabilisait légèrement, mais Sora ne fléchissait pas et gardait une stature droite et imposante. Que lui voulait-il ?

Aucun des deux ne baissait les yeux, s'adonnant à un échange visuel qui les faisaient plonger dans un silence, celui-ci bientôt brisé par la voix de cet homme perturbant. Sora l'écoutait avec attention, et tenta de ne montrer aucune gêne devant les paroles pourtant troublantes de cet énergumène sauvé de la solitude maintenant qu'il l'avait rencontré, disait-il. Ce sourire chaleureux qu'il arborait la déstabilisait un peu plus alors qu'elle fit un pas en arrière lorsqu'il s'approcha d'elle, posant instinctivement l'une de ses mains sur le pommeau de son arme, ses doigts glissant jusqu'à la poignée qu'elle agrippa, prête à se défendre s'il tentait quoique ce soit de dangereux ou de malhonnête. Son corps se crispa davantage alors que l'homme se faisait plus proche, et la lenteur de son geste fut suivi de près par le regard qui se voulait impénétrable de Sora. Finalement, sa main se retrouva sous l'emprise de l'inconnu. Une emprise douce et ferme en même temps, que ne comprenait que peu la Nagamasa, relevant son regard face à elle. Douceur inhabituelle que l'on lui infligeait là, surtout venant de quelqu'un qu'elle ne connaissait pas. « Lâchez-moi. » demanda t-elle simplement, d'une voix intriguée et assurée en même temps, essayant de se libérer du visiteur. Sora tentait de garder autant de prestance qu'elle le pouvait, mais devant cette élégante silhouette, c'était comme si elle était prise au dépourvue, ne sachant quelle attitude adopter, ne sachant si elle était trop dur, trop sur ses gardes ou pas assez.

La voix raisonna de nouveau, chaleureuse et sans une once d'agressivité, surprenant la jeune femme qui renonça bien vite à employer plus de férocité. Sa main resserrée sur le manche de son katana se détendit lentement. C'était un médecin, répondant au nom de Muramasa, et qui semblait remarquer sans mal tout les efforts qu'elle faisait à travers les traces ancrées sur ses mains. Pourtant, la jeune Nagamasa n'était pas du même avis que lui. Ces plaies, ces cicatrices minimes démontraient toute l'énergie qu'elle mettait dans chacun de ses entraînements. Sora souhaitait les laisser s'ancrer de manière indélébile sur son épiderme, et son regard s'abaissa en direction de sa main humidifiée par sa propre sueur, maintenue par l'homme au teint halé. « Que ces traces restent ne me dérange pas. Elles me prouvent, à moi et aux autres, que j'ai travaillé dur et que j'ai donné de mon énergie et de mon temps pour m'améliorer. Pourquoi y perdrais-je ma raison d'être ? » demanda Sora, intriguée et sérieuse, son regard s'égarant de nouveau sur ce visage. Elle avait l'impression qu'il tentait de lire en elle comme dans un livre ouvert, et malgré la difficulté de tenir face à des yeux aussi perçants que les siens, la Nagamasa tenait bon, sa position imposante et son visage impénétrable résistant.

La gêne était présente, se mêlant à tous ces ressentis qui vivaient dans son cœur commençant à s'apaiser. Muramasa finit par lâcher prise, et Sora referma sa main, la mettant un peu en arrière de sorte qu'il ne puisse pas la lui reprendre. Le contact avait été brisé, la chaleur et la douceur du geste également. Éphémère, cet acte lui aurait fait plaisir si la main aurait été celle de ses cousins ou des autres membres de sa famille. Dans le cas présent, c'était étrange et la jeune femme se sentait envahir par l'embarras. « Je... Je suis Nagamasa Sora. » réussit-elle à dire en balbutiant un peu. Sa mâchoire se serra. Elle ne devait pas faillir sous les émotions qui naissaient en elle, et de nouveau, elle fit un pas en arrière. Pourquoi se montrait-il aussi direct ? « Agissez-vous ainsi avec tous ceux que vous rencontrez, Muramasa ? Je ne suis pas habituée à faire face à des personnes aussi directes, et vous auriez pu perdre votre main si vous seriez tombé sur quelqu'un de moins... diplomate. » dit-elle en ne le quittant pas du regard. Son rythme respiratoire retrouvait son calme, mais la présence du médecin la troublait davantage. Que lui réservait donc ce destin dont il parlait ?

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Dim 10 Déc 2017 - 9:54



Elle était là, éreintée et essoufflée, après avoir donné tout ce que son corps et son âme pouvaient déchaîner avec grâce. Elle avait due en verser, des rivières de sang et de larmes, d'innombrables même, pour parvenir à telle maîtrise du maniement de la lame. Elle devrait en laisser couler encore davantage, pour poursuivre la recherche de la toujours inatteignable perfection, suscitant éternelle damnation. Une soif intarissable, point vil péché, mais des plus belles et admirables. Même à bout de force, dolente, elle restait motivée à garder sa superbe, où bien nombreux se seraient contentés d'abandonner ou de s'écrouler les quatre fers en l'air, afin que le poids tiraillant leurs muscles devenus lourds, ainsi que la brûlure ardente empoignant leurs ligaments, s'estompent. Elle n'était point ce genre de personne futile et détestable, à se laisser aller ou à  simplement abdiquer. Elle souhaitait juste reprendre son souffle, avant de s'adonner au nouvel acte de sa perpétuelle représentation, qui jamais ne pourrait se clore, si ce n'est à sa mort. Ses grands yeux, où s'animaient une flamme à l'incandescence crépitante, en était la preuve vivante. Pourtant, il se dressait devant elle, la fixant avec audace, la déconcentrant de ce qui l'accaparait en tout temps. Ce coup de théâtre, qui lui imposait une désagréable et peu voulue halte. Elle se risquait à essayer de l'évaluer, de sonder sa nature. Elle se mussait derrière les apparences de son impassibilité éhontée, qui s’effilochait pourtant. L'obombré inconnu était-il menaçant ou bienveillant ? Les questions se posaient d'elles-même. Cela était bien légitime, bien normal. L'immarcescible visage qui se dessinait sous ces mystères caligineux, était hôte de desseins. Lesquels, là était l'interrogation. Lui vouloir du mal peut-être ? Profiter de l'occasion où cette petite bouille toute mignonne essayait de reprendre son souffle, si court, pour la contraindre et la dévorer toute crue ? Qui sait ?. En général, quand un parfait inconnu accostait quelqu'un d'autre, c'était uniquement dans le but vicié d'en tirer parti, lorsqu'un profit à faire au détriment de l'accosté planait. L'homme était un loup pour l'homme, après tout. Parfois, en de très rares occasions, il n'en était rien. Parfois, seulement...

Ses capricieux cheveux ventoyaient sous la légère brise du vent, arborant fraîcheur par l’absence du braisé sir soleil. L'alliciant visage qu'il lui offrait, fut peut être ce qui lui fit baisser sa garde, que sa main se laisse aller à être happée dans ce torrent des plus intimes, qui s'insinuait avec espiègle audace et intrépidité des plus équivoques. Elle se plaisait Tantale muse. Pourquoi devait elle uniquement penser à se forger lame aussi dure que l'acier, alors que profiter d'un peu de repos ou encore se laisser aller à quelques distractions, n'aurait pas émoussé sa force, voir même, au contraire, s'en serait trouvée décuplée frénétiquement. A être trop rigide, une lame peut bien vite se briser. La lunule stellée, s'ancrant dans la voûte éternellement au sommet, était déjà témoin de cette effrontée et de tout ces efforts qu'elle offrait avec dévotion, sous ce blanc iris des plus muets. Parfois, elle pleurait même des lances aqueuses, tant cela pouvait être triste, d'être spectatrice de cette indomptable, qui endurait en silence, sans profiter de la moindre incartade à ses tiraillants devoirs, mais qui ne se faisait jamais porter pâle. Elle lui donnait la réplique, le traitant implicitement de fieffé godelureau, de coureur de jupons, qui devait avoir pour habitude de se montrer des plus tactiles et doucereux, lorsque la moindre demoiselle se pointait à l'horizon. Quelle horrible pensée à son égard. Cela lui pinça le cœur et le décontenança. Pourtant, il comprenait ce qu'elle évoquait. Il s'était montré si avenant et beau parleur, lorsqu'il se révéla à elle. Ce n'était pas son genre, loin de là. Il était d'habitude bien plus sombre, bien plus réservé, bien moins avenant. Son silence était d'or. La mise en abîme fut brutale, elle venait de taper là où il était douloureux d'être harponné. Mais lanterner, il n'en avait point nécessité. Il lui répliqua rapidement, pour ne point faire montre de quelconque doute, usant de l'apagogie faisant montre qu'elle se fourvoyait à son encontre, qu'il n'était point le vil chenapan, malgré la situation le laissant supposer. 

« Je comprends. Ces immanentes marques sont une partie intégrante de vous, de votre cœur à l'ouvrage. Les éluder serait comme perdre le chemin que vous avez due traverser fièrement pour parfaire votre art. Quel idiot je fait... » -dit-il, en proie à une certaine culpabilité de lui avoir dit des mots si horribles- « Excusez mon manque de délicatesse. » -il se ravisa, pensif- « Non, n'excusez rien, en réalité, ne pas assumer mes paroles, je ne le peux. » -cherchant ses repères, complètement prit au dépourvu pour le coup-

Il profita d'un léger silence, pour essayer de comprendre l'erreur qu'il venait de faire. Cela ne lui ressemblait pas. Cette petite demoiselle pouvait, avec une telle aisance, le faire d'un coup vaciller, que cela en était surprenant. Il se risqua à laisser échapper un soupir désabusé, mais n'en fit rien, avant d'ajouter quelques mots.

« Sachez juste que je respecte votre choix. Je ne disais pas cela car vous êtes une femme. Simplement, qu'il faudrait que vous fassiez surérogatoire attention à vos précieuses mains. Vous savez, certaines pathologies peuvent survenir à force de trop stresser et solliciter votre corps. Certains perdent même l'usage de leurs membres, s'ils n'y prennent garde. Là, donc, leur raison d'être. » -lui expliquant la chose-

Il était resté des plus étale, bien que vigilent observateur aux aguets. Elle avait reculée subrepticement, certainement inconsciemment, déstabilisée par cet oiseau lui jactant ses facétieuses aurores. Lui silencieux au demeurant, se faisait si volubile, qu'il en était légèrement honteux. L'acmé se produisit, lorsque finalement, elle avoua son nom, mais surtout son doux prénom. Affiliée à ces fameux Samouraïs, cela était déjà quasiment plus que probable, dorénavant, cela était certitude. Pourquoi cette mystérieuse jeune femme lui plaisait autant, demeurait un mystère. Énigme du genre, ne pouvant trouver aucune réponse. Il s'agissait juste d'une vérité, d'une vérité immuable, d'un fait établit auquel il ne pouvait se soustraire ou encore s'opposer. Les présentations entre ces deux inconnus étaient faites. Désormais, chacun connaissaient l'identité de l'un et de l'autre. Juste un nom, un visage, mais pourtant, encore tant d'ombres restaient en suspens. Il voulait en savoir bien plus sur elle, sur l'essence qui incarnait chacun de ses traits si emplis de délices, sur la quintessence qui formait ses moindres pensées, ses moindres peines, ses moindres éclats de rires, ainsi que tous les désirs qu'elle pouvait cacher derrière le masque qu'elle tentait de garder intact, comme tout un chacun s'y prêtait.

« Hajimemashite. » -dit-il, connaissant enfin son prénom- « Sora-san... » -osant susurrer ce dernier à voix haute, appréciant cette sonorité si particulière, si significative- « "Ciel"... un prénom magnifique, vous allant merveilleusement bien. » -avouant à demi-mots, que nulle autre appellation n'aurait été mieux choisie-

la nitescence du regard noctiluque se posa sur l'ingénue, de plus belle, avec une insistance particulière. Il se plongeait de lui-même entièrement dans ces grandes voies lactées au violet si envoûtant. Il désirait que ces pupilles si impétueuses le regarde, qu'elles se laissent aller à renvoyer le même reflet contemplatif que les miroirs de son âme. Il savait que cette muse n'était pas le genre de femme à se laisser marcher sur les pieds. Elle était une vaillante, dont le cœur était emplie de totale dévotion envers tout ce qui pouvait constituer les traditions de l'art qu'elle pratiquaitt avec tant de dévotion et d'abnégation. Le Bushido, la voie du guerrier, reposait sur un code strict; Loyauté et honneur, jusqu’à la mort. Bien des vertus découlaient de ces Samouraïs. Mais bien souvent, elles étaient tristes chimères. Seuls certains les honoraient. Un seul à Iwagakure, pouvait se targuer d'en être l'illustre représentant. Jusqu'à ce jour, jamais, Muramasa n'avait pu penser qu'une autre âme pourrait faire montre, sans failles aucunes, de l'ensemble de ces qualités, si ce n'était, ce Samouraï arborant une chevelure en forme de croissant de lune, qui était l'exception confirmant la règle. Qui pouvait oser égaler ce parangon et le détrôner de sa place incontestée? Elle était pourtant en face de lui, se présentant d'elle-même. Une petite, mais non moins vaillante Samouraï, qui rien que par sa frêle présence, au moindre geste, semblait pouvoir déraciner le plus millénaire des arbres de ce monde, étendant pourtant ses racines jusqu'aux infinis les plus cachés et insoupçonnés. Elle semblait des plus vertueuses, quand bien même, il ne fallait pas se fier aux apparences, si souvent renardes. Il était loin d'être certain, mais cette silhouette, lui inspirait une confiance des plus vivaces. Elle semblait être une véritable représentante de cet esprit synonyme de tant de louanges.

« Je suis loin d'agir ainsi d'habitude. Au contraire, même. Vous étiez seule, si captivée dans votre entraînement, alors que tous profitent du festival. Vous avez suscité ma curiosité, puis mon intérêt lorsque j'ai vu à quel point vous faisiez preuve d'une abnégation remarquable. Une abnégation remarquable, mais mal avisée, vu l'état dans lequel vous êtes. Je peux percevoir les signes de tout le stress et de la tension qui reposent sur votre corps. Pensez vous qu'il n'y ait existence d'un point de rupture ? Même la plus solide des lame, peut s'éroder avec le temps, si aucune attention ne vient quelques fois la soutenir, pour que jamais elle ne se brise. » -essayant de la convaincre- « Je n'aime pas particulièrement parler pour dire de choses évidentes, que d'ailleurs, vous savez déjà au plus profond de vous. » -finissant par être légèrement énervé de trop avoir à parler, mais restant assez aimable-

Il pencha la tête légèrement sur le coté, en fixant toujours un peu plus profondément le regard si nébuleusement espiègle de cette incorrigible si farouche.

« Venez, je vais vous raccompagner jusqu'à chez vous. Vous pourrez vous rafraîchir, puis m'accompagner au festival. Si vous ne me laissez guérir vos blessures, au moins, acceptez que j'allège vos tourments, ne serait ce même, qu'un court moment. »

Lui proposant, en tout bien tout honneur, quelques instants de répit, qui pourraient s’avérer lui être des plus salvateurs.



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Dim 24 Déc 2017 - 0:00
A travers la sombre nuit, et sous l'agréable température de cette soirée, la silhouette de la Nagamasa ne fléchissait pas face à celle de Muramasa. L'on pouvait voir d'un côté une apparence frêle et plutôt petite, tentant d'être imposante devant l'autre ombre, plus grande et plus musclée que la première. Pourtant, malgré la différence de gabarit, Sora n'était plus une enfant sans défense ni aucune force. Elle avait grandi, était devenue une jeune femme qui avait rassembler assez de ressources en elle pour faire face aux autres. C'était face à un homme déstabilisant qu'elle se confrontait ce soir là, tentant de garder la prestance, la grandeur que chacun des membres de son clan possédait. Ses violettes prunelles ne quittaient pas le visage de ce médecin sorti de nul part, décelant chaque détail de ce qui constituait le faciès de Muramasa. Bel homme, assurément, mais aucun compliment ne sortirait de ses lèvres maintenant et surtout, la jeune samouraï avait d'autres préoccupations : son entraînement. Son rythme cardiaque et respiratoire cognant encore un peu dans sa cage thoracique, Sora voulait reprendre après s'être calmée, mais elle savait bien qu'elle ne se détacherait pas de cette discussion tout de suite, le bougre ayant qui plus est attisé sa curiosité. Tous ces ressentis n'étaient cependant pas visibles. La jeune femme paraissait impénétrable et presque sévère. Ses traits fatigués démontraient seulement le dur labeur qu'elle venait de fournir. Rien d'autre, malgré la gêne et l'embarras qu'elle pouvait sentir en elle-même, mêlés à sa curiosité, et à son appréhension certaine quant à cet inconnu.

Le trouble l'avait enveloppé sans attendre suite à cette intrusion masculine, et ne cessa de s'amplifier lors de la réplique du médecin. Sora avait l'impression qu'il perdait un peu ses moyens, qu'il était déconcerté par quelque chose, quelqu'un. Elle observait, silencieuse, et aurait pu se fendre d'un sourire si elle n'était pas encore fermée présentement. D'un simple abaissement léger de la tête, elle fit comprendre à Muramasa qu'il n'y avait là pas de quoi s'excuser, avant que sa voix ne raisonne de nouveau. « Ne vous mettez pas dans un tel état, Muramasa. Nul besoin de vous excuser pour de tels mots. » dit-elle avant de reprendre. « Si cela est vrai, alors je ferais plus attention. Mais je ne peux me détourner du chemin que j'ai emprunté, et certains attendent des résultats, dont moi-même. » Sa main plus tôt empoignée par le médecin se referma un peu plus. Elle n'accepterait jamais le fait de perdre un membre de son corps. C'était ce qui lui permettait de manier son arme, de s'améliorer chaque jour un peu plus dans chacune de ses aptitudes. Elle ne pourrait totalement se remettre si l'un de ses bras ou de ses jambes lui manquaient. Pourtant, elle savait que si cela arrivait, elle n'abandonnerait pas. Sora avait des objectifs à atteindre. Des gens à protéger. Un pays à défendre.

Chacun connaissait le prénom de l'autre maintenant. C'était un pas en avant, pour un début de rencontre plutôt troublant, et la jeune femme sentit ses joues commencer à flamboyer tandis que son regard sembla trembler un court instant. Déstabilisée, cette apparence imperturbable se craquela légèrement. « Hajimemashite. » dit-elle simplement en réponse, incapable de prononcer des compliments en retour à l'égard de cet homme qui était venu la tirer de la solitude dans laquelle elle s'était installée tout le temps de son entraînement. Elle tentait de se reprendre, tentait de ne pas laisser ses joues s'empourprer davantage. Puis, elle l'écouta avec attention, décelant des informations qui restaient dans sa mémoire, dans ses pensées, raisonnant comme un écho dans son esprit. Il n'avait pas tort sur plusieurs points, et peut-être que faire une pause en ce soir de fête serait une bonne chose. Ses mains se refermèrent davantage sur elles-mêmes. Son cœur balançait entre deux choix. D'un côté, elle souhaitait continuer son entraînement pour se parfaire et pouvoir atteindre les desseins qu'elle voulait embrasser. De l'autre, les paroles de Muramasa défilaient dans sa tête, l'attirant en direction de l'Iwa Shukusai qu'elle avait alors ignorée tout au long de ses exercices. Peut-être que lâcher prise un instant ne lui ferait pas de mal ? Probablement. Il était compliqué pour la jeune samouraï de se défaire de l'emprise de sa volonté à devenir toujours plus forte. Pourtant, elle finit par hocher doucement la tête, ses mains recroquevillées se desserrant légèrement. « C'est d'accord. Je vais vous accompagner. Attendez-moi ici. » annonça t-elle sans que son regard ne vacille face à celui du médecin, avant qu'elle ne détourne ses pas, se dirigeant silencieusement en direction de son habitat.

Son cœur commençait à battre de nouveau à vive allure dans sa poitrine tandis qu'elle arriva jusqu'à son point personnel de rafraîchissement, passant de l'eau sur son visage, son cou et sa nuque. C'était la première fois que la Nagamasa délaissait ses exercices pour quelque chose de moins important, et la peur de relâcher ses efforts et des conséquences que cela pourrait avoir lui trottaient dans la tête. Elle se changea rapidement, se revêtant d'un yukata sombre, aux couleurs de la nuit, avant de ressortir et revenir au point où elle avait laissé Muramasa. Elle tentait d'affronter ses craintes, mais alors qu'elle n'était plus qu'à quelques mètres de lui, son regard s'égara sur une silhouette qu'elle ne connaissait que trop bien : celle de sa mère, Hatsue. La chevelure aussi ébène de sa génitrice flottait dans l'air à chacun de ses mouvements, et le regard perçant de celle-ci vint se poser sur sa progénitrice. La marche de mère et fille se stoppa, toutes les deux s'observant silencieusement. L'une était angoissée à l'idée d'avoir des remontrances quant à son abandon d'entraînement, l'autre était sans aucun doute déçue de ne pas la voir se perfectionner davantage. Elles échangeaient dans un mutisme complet, mais le lien visuel créé se brisa dès lors que Hatsue lança un regard à l'inconnu, avant de continuer sa route, muette. De son côté, Sora sentait son cœur continuer de battre à tout rompre. Que lui dirait sa génitrice lorsqu'elles se croiseraient de nouveau ? La jeune femme serra la mâchoire, son organe vital se serrant doucement alors qu'elle repensait à toutes ces fois où elle avait lu dans les yeux d'Hatsue une déception certaine. « Allons-y. » Mots prononcés à mi-voix, et voilà que Sora patienta, attendant que le médecin se place à son côté pour reprendre la marche en direction de la fête. « pourquoi n'avez-vous pas été à cette fête accompagné dès le départ ? » demanda t-elle calmement, ses violettes prunelles restant fixées droit devant elle. Le visage de sa mère hantait son esprit et comme elle le pouvait, la Nagamasa tentait de le chasser.

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Merci Yoshi' ♡

Spoiler:
 
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Lun 25 Déc 2017 - 0:00



Douceur Noctambule


« La beauté plaît aux yeux, la douceur charme l'âme. »
( Voltaire )





Elle était la Belle, Il était la Bête. La nubile se doutait bien, que ce renard si attentionné, convoitait quelque chose de particulier de sa part. Il venait lui conter de charmeuses paroles empoissonnées, lui siffler à l'oreille son vil venin pernicieux pour la tromper, pour la damner à être sa douce victime. Vaillante, elle toisait le démon lui faisant face avec toupet. Bien décidée à ne pas se laisser faire, quitte à devoir pourfendre ce tentateur du fil de sa lame aiguisée. La prude l'examinait discrètement en détails, de la tête aux pieds, restant dubitative, mais surtout sur ses gardes. Elle était curieuse envers cette personne venant la déranger, lui faisant face avec tant d'intrigues, que les raisons demeuraient épais mystères dérobés. De son côté, il ne remarquait quasiment aucun signe trahissant les pensées de la pléiade, hormis cette volonté inébranlable, doublée de cette force de caractère lui donnant ce charme si hypnotisant, si savamment arboré avec grâce. Un peu sauvage et fière, l'intransigeante présentait bien malgré elle, une lueur de douceur dès plus irrésistiblement marquée. Une douce innocence, ainsi qu'une subtile pureté, émanaient de cette petite silhouette si fièrement sur ses gardes et aux aguets. Prête à mordre sauvagement, si intentions perfides se faisaient révélatrices, et ce, jusqu'à ce que trèpas s'ensuive. Telle force était superbe et il savait en apprécier toute ces facettes si précieuses. Il se perdait dans ce tourbillon aux teintes mauves, voire violettes, qui happait son âme avec silencieuse malice. Promettant de faire dorénavant plus attention, elle se laissa à évoquer les raisons de son abnégation effrénée. On comptait sur elle, tout comme cette dernière aspirait elle-même à une voie des plus glorieuses, la menant, son petit être et les pléthores de pupilles rivés sur ses accomplissements, à totale satisfaction jusqu'à satiété.

" … "


Ces révélations inattendues, mais prédictibles, aux vues de son acharnement à peaufiner ses arts, ébranlèrent un peu plus profondément le trouble-fête. Ce dernier se contenta de rester silencieux, de ne point rétorquer à une si noble aspiration. Cette femme avait quelque chose qui le captivait, il ne s'était point trompé.

Hajimeshite...ce mot se révélait si appréciable venant de la part de la jeune femme, qui commençait à baisser légèrement sa garde, se montrant plus expressive en ses réactions . Muramasa lui adressa un léger sourire, ne manquant point d'exprimer le fait, qu'il appréciait la correction dont elle faisait montre. Simplement approuvée, par un léger hochement affirmatif de ce si doux visage, la chimérique proposition d'aller en sa compagnie profiter des festivités revêtait dès lors, une saveur des plus réellement palpable. Il avait réussi à la convaincre, cela le soulageait, voir le rassurait. Il devait lui paraître bien étrange, à cette petite Samuraï. Il craignait qu'elle ne le juge, qu'elle ne le maudisse, de le décréter vile pervers coureur de jupon, voir pire. Après l'avoir abordée de telle façon, cela aurait été une possibilité des plus amères et difficile à supporter. Surtout après avoir découvert un peu plus de sa personne, de ses traits, de ces indescriptibles attraits encore insondables et pourtant déjà si empoignants. Il s'était montré balourd, le regrettant déjà plus que de raison. Il ne voulait que disparaisse cette muse lui inspirant tant d’intérêt, tant de curieuses pensées. Il voulait mieux la connaître, pour résumer. Cette dernière le somma de l'attendre, qu'elle reviendrait afin de l'accompagner. Un frisson parcouru son échine, une peur mal placée, qu'elle ne réapparaîtrait jamais, qu'elle disparaîtrait dans ces abysses nocturnes, sans même se retourner. Il resserra ses doigts sans même s'en rendre compte, de par cette implexe inquiétude qui naissait sans même avoir pris peine de s'annoncer. Se contentant de poser son regard une dernière fois dans le sien, acquiesçant à l'idée, que pourtant son âme se jouait de silencieusement réfuter avec si véhémente vindicte alambiquée. Elle s'éloigna, évanescent sa silhouette sous le manteau formé par les ombres, sous les yeux qui scrutait son départ avec attention, sous ces iris voulant ardemment garder la réfection rassurante de cette présence si agréable. Elle disparut, laissant esseulé le renard, étant dévoré par la seule question qui taraudait alors ses pensées; « La reverrais-je ? »

Les secondes passèrent silencieusement, se mouvant vers les pesantes minutes, qui parurent heures, pour ne pas dire éternité. Se remémorant chaque scène, chaque regard, chaque parole, chaque mot, de cette rencontre. Cherchant ce qui avait bien pu ancrer en lui tel intérêt, sans mettre le moindre doigt sur une seule once de réponse. Adossé contre l'écorce protégeant la sève, ses bras étaient croisés, sa tête légèrement inclinée, une de ses jambes vibrant avec frénésie, hantée de ces convulsions caractérisant impatience ou encore inexorable tension. Il n'avait plus notion du temps, obnubilé par cette torture dévorante, qui plantait ses crocs sauvagement afin de faire douter son être. Elle était partie depuis si longtemps à ses yeux, que cela semblait être depuis la nuit des temps.






Finalement, une mouvance se fit à l'horizon, l'extirpant du supplice dont il subissait les humeurs taquines. L'espiègle avait tenu à sa parole, réapparaissant comme le rayon de lumière chaleureux de sir soleil ,après les plus diluviennes pluies s'étant déchaînées durant éternité. Arborant une tenue la rendant enchanteresse, elle s’avançait en sa direction, le délivrant des tourments sans s'en douter aucunement. La belle était déjà tentatrice dans sa simple tenue d’entraînement. Vêtue ainsi, elle était époustouflante, au point que même l'imagination la plus fertile n'aurait pu imaginer existence de telle contemplation dépassant féeriques fantasmagories. Était-il permis d'être aussi somptueuse ?

Mais dans tout conte, il y a toujours une vilaine sorcière, qui vient tenter de briser les rêves de l'insouciante princesse, en la tyrannisant tout en torturant avec perfidie sa pauvre petite âme innocente et douce. La vilaine en question faisait donc son entrée, qui se fit remarquer. Muramasa était spectateur, pouvant comprendre cette évidente trame d'un seul regard. Elles se fixaient dans ce pesant mutisme, si révélateur. Cette femme ressemblait énormément à l'ingénue, partageant toutes deux l’ébène chevelure, semblant si soyeuse. Si celle de la jeune femme était plutôt courte, donnant toute sa superbe aux traits de son fin visage, à contrario, l'opposante arborait une cascade de soie d'une ampleur certaine. Cette inconnue, finit par lancer un regard en direction du médecin, le toisant avec ces prunelles si froides et obscures, qui auraient pu faire froid dans le dos au plus démoniaque Yokai peuplant les limbes. Muramasa maintenu le contact visuel, gardant sa superbe si imperturbable, face à la harpie. Cela était perturbant, cette redoutable adversaire étant si semblable à celle, qui pouvait se targuer de si aisément le faire douter.Il fallait reconnaître, que cette femme avait une présence des plus charismatiques. Ce silence qui balayait tout de sa sonate au clair de lune, ne faisait que réaffirmer une terrible vérité. Ce bref instant, où le ton était donné, disparu. La femme, détournant les yeux, continuant sa marche, sans même s'adresser à l'espiègle qu'elle croisa dans une indifférence notable.

Lors de la rencontre, les pas de Sora s'étaient ralenties, se teintant d'hésitation, de doute. Elle était désormais hantée par ses divagantes pensées. Cela Muramasa l'avait bien remarqué, une étrange sensation poignardant son âme. Il venait de mettre en difficile situation la petite muse. Cette dernière, pourtant, le rejoignit et l'invita à y aller, en faisant mine de rien. Silencieux, il se mit à ses cotés, puis tout deux commencèrent à se diriger en direction des festivités. Elle lui posa question, se gardant de ne point faire montre du fait, qu'il venait de lui faire du tort. Tant d'implicite correction, alliant de plus ces indéniables attraits si captivants, était la goutte de trop, qui rendait impossible toute résistance face aux charmes de cette impériale princesse guerrière.

" Votre somptuosité touche du divin, cette tenue vous va à ravir. "

" Vous évoquiez que certains attendaient des résultats de votre part, mais cela ne signifie pas pour autant, que sous ces stricts décrets, vous ne puissiez pas réussir tout en vous laissant aller parfois à profiter des plaisirs de la vie se présentant à vous. "

" Désolé, si je vous ai mise dans l'embarras. Ce n'était pas mon intention... "


Voilà qu'il recommençait à s'excuser, une nouvelle fois, envers cette personne qu'il connaissait si peu en réalité. Cela ne lui ressemblait aucunement, de se laisser aller à exprimer, ou encore à expérimenter, une certaine culpabilité éhontée. Pourtant, cela semblait si facile pour la Belle de déstabiliser la Bête, que c'en était déconcertant. Sa simple présence suffisait, à lui faire éprouver un étrange sentiment, qu'il n'avait par jadis jamais traversé. Étais-ce une forme d’intérêt qu'il ne connaissait point ? Que nulle n'avait auparavant put se targuer de susciter de sa part. Indéniable beauté, calme douceur, espiègle fierté, ainsi que tant d'autres qualités, qu'il était difficile de ne pas évoquer un simple mot ; perfection. Il ne pouvait pas résister... cédant à la tentation, qui devenait trop grande pour être omise, il tourna son regard vers elle, ralentissant légèrement sa course, puis se rapprocha d'elle, l’enlaçant dans ses bras, sans même avertir sa douce victime. L'indécence de cet acte, aurait mérité milles châtiments des plus atroces. Pourtant, il les aurait tous subis avec consentement, ne serait ce que pour ce bref instant.
" Sora-san, je ne veux pas vous causer le moindre tort. "

L'étreinte fut dès plus courtes, il relâchait déjà la prisonnière, lorsque le dernier mot fut susurrer à son oreille. Cette douce chaleur partagée, ou plutôt imposée, était quelque chose de si particulier.
" Vous allez encore me demander si je suis aussi tactile avec les étrangers. Il n'en est rien, je n'ai ces élans que pour vous. Je ne peux d'ailleurs expliquer la raison, qui me pousse malgré moi à ce comportement envers vous. "

Il lui afficha un sourire, bien plus chaleureux que tous ceux qu'il put arborer précédemment. Lui évoquant ces métaphores, il voulait lui faire oublier ce fantôme si réel dévorant ses pensées. Si elle devait se faire châtiée par la mystérieuse, autant que cela soit après avoir croqué la pomme à pleines dents. Cependant, le complice ne la laisserait pas subir ces peines, sans lever le petit doigt pour elle.
" Je vais vous prouver que vous ne regretterez en rien d'avoir pris cette pause. Même si elle vous coûte quelques remontrances, elle vous sera au final plus bénéfique que vous n'imaginiez. Et puis, quitte à être coupable, autant l'être pour quelque chose en ayant pleinement profité. "

" Pour vous répondre, si je ne suis pas allé à cette fête accompagné dès le départ, c'est car je viens à peine de rencontrer la seule personne avec qui il serait plaisant d'y participer. "



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Sam 6 Jan 2018 - 4:18
Le chemin emprunté en direction de l'Iwa Shukusai les menaient davantage dans les ruelles de plus en plus lumineuses et décorées, et les habitants se faisaient de moins en moins absents, prenant place d'abord çà et là, eux aussi marchant vers la fête qui battait son plein et qui promettait de belles choses aux visiteurs. Pourtant, au milieu de l'une des inombrables rues résidaient désormais Sora et Muramasa, et le cœur de la Nagamasa n'était pas encore aux festivités, mais plutôt noyé dans un trouble qui la laissait pensive, un peu effacée. Le regard de sa mère plongé dans le sien, et ce silence si pesant avait fait ressortir une certaine tension qui avait surplombé mère et fille avant de mourir soudainement lorsque le lien visuel s'était brisé. La peur de voir de la déception dans son regard avait fait naître en la jeune femme des questions qui la tourmentaient. Avait-elle fait le bon choix, en quittant cette aire d'entraînement et en délaissant cette arme qu'elle côtoyait chaque jour et à qui elle demandait beaucoup d'efforts ? Avait-elle eu raison de laisser place à un moment passé avec un homme qu'elle venait tout juste de rencontrer au profit d'exercices qui lui auraient permis de s'améliorer davantage ? D'autres interrogations défilaient dans sa tête, toutes sans réponses, la laissant voguer au milieu d'une brume épaisse, et dont, pourtant, le médecin réussi à l'en sortir par sa simple voix, ce simple son qui raisonna jusqu'à ses tympans, semblant la réveiller de pensées un peu trop envahissantes.

Ses violettes prunelles d'abord fixées devant elle trésaillirent, s'abaissant en direction du sol qui défilait devant son pas tranquille, tandis qu'elle sentit ses joues flamboyer davantage sous ce compliment qu'elle n'avait pas l'habitude d'entendre de la part d'autres personnes que celles de sa famille. A quoi jouait-il ? Sora sentait son cœur s'emballer sous ces paroles, mais face à Muramasa, elle tentait encore et toujours de garder cette tenue digne des Nagamasa : grande et imperturbable. Pourtant, la jeune femme avait encore du chemin à faire. Si émotive, si expressive, tout ce qui traversait son cœur et son esprit se retranscrivait sans mal sur son enveloppe corporelle, trahissant cette stature impeccable et à la hauteur des samouraï que représentaient les Hoshino et les membres de son Clan. Cependant, face à cet inconnu qui la destabilisait au fur et à mesure, la Belle ne se démonterait pas, prête à résister encore et encore pour ne pas laisser son masque se craqueler devant le médecin. Y parviendrait-elle aussi longtemps qu'elle le souhaitait pour l'instant ?

Silencieuse, ses mains se resserrèrent nerveusement sur elles même alors que la Nagamasa entendit de nouveau la voix de cet homme aux cheveux sombres. Elle doutait encore. Elle se demandait en boucle si elle avait fait le bon choix, si elle avait eu raison de partir et laisser son attention s'égarer sur cet inconnu qui avait parlé dès les premiers instants de destin. Et le fait que Sora le suive faisait peut-être partie de tous ces signes qui la mènerait vers quelque chose d'inconnu, de flou dans son esprit bien trop tourné vers l'exercice et l'endurcissement. Le petit soldat qu'elle devenait manquerait de quelque chose dont tout être humain finissait par avoir besoin : l'amour. Elle n'en avait pas conscience néanmoins. Pas encore. Mais cela viendrait, et encore troublée par ces questionnements qu'elle n'arrivait pas à combler de réponses, la Nagamasa hocha doucement la tête, l'observant du coin de l'oeil, attentive. « Ne vous en faites pas. Vous avez sûrement raison, après tout. Peut-être que souffler autrement qu'en attendant impatiemment que mon énergie revienne me fera du bien. » dit-elle d'une voix pensive, son regard dévoilant son trouble encore présent se détournant de nouveau en direction de la route. Elle n'avait pas pris l'habitude de s'en aller errer dans le village à la recherche d'activités amusantes. Elle s'était, au contraire, fait à l'idée que travailler dur chaque jour lui permettrait d'atteindre ses objectifs. Trop dure envers elle-même, ou probablement parce que sa mère, stricte, l'avait poussé dès son plus jeune âge à agir avec une rigueur quotidienne, Sora ne s'était jamais laissé allé à trop de relâchement. Presque toujours avec une arme entre ses mains, elle s'était accroché sans attendre aux desseins qu'elle souhaitait embrasser et ce soir là, en compagnie de quelqu'un qu'elle ne connaissait que peu, elle semblait décourvrir ce qu'était une véritable pause.

Une pause qui commençait plutôt mal pour l'instant. Le visage de sa mère restait dans un coin de sa tête comme la silhouette d'un monstre dessiné après son réveil d'un cauchemar. Sora était perturbée et laissait le médecin mener la danse, son visage démontrant néanmoins une soudaine surprise lorsqu'elle rencontra le regard de Muramasa qui ralentissait l'allure, avant de sentir une chaleur intrusive s'aposer contre tout son corps. L'étreinte était créée, laissant deux silhouettes désormais réunies, l'une à l'origine de ce contact, l'autre totalement prise au dépourvue. Sora se retrouvait contre lui, d'abord totalement immobile. Elle sentait son souffle, son cœur battre, et ses bras la retenir un instant. Une chaleur nouvelle et inconnue l'enlaçait doucement. C'était doux, et ce geste sembla l'éloigner un moment de toute la durceur face à laquelle elle était chaque jour. Les regards de sa mère, ses paroles, ses gestes qui démontraient toujours plus d'ambitions à son égard et de dégoût lorsqu'elle n'était pas à la hauteur à ses yeux. Sora n'avait connu douceur et affection que de la main de ses cousins, tandis que sa génitrice avait été symbole de sévérité, préférant la baigner au milieu des combats, des entraînements et d'objectifs qui s'étaient ancrés en elle et que l'enfant devenue femme souhaitait encore atteindre aujourd'hui. Ainsi, sentir quelque chose qui lui était étranger d'une certaine manière puisque ce contact n'était aucunement familial, la laissa totalement sous l'emprise de l'homme. Sora ne le repoussa pas, ne chercha pas à le frapper, comme si, au fond d'elle-même, elle avait attendu quelque chose de réconfortant depuis longtemps. Cette étreinte ne provenait pas de sa mère si distante, ni de Chôgen et de Yoshitsune, mais la Nagamasa se sentit tout de même bercer, et ses doigts filèrent en direction du haut de Muramasa, comme pour le retenir lorsque celui-ci desserra son emprise. Elle se reprit bien vite cependant, et transforma ce geste ayant d'abord pour but de le retenir en un mouvement de répulsion, refermant son poing qu'elle posa sur le torse du médecin pour le faire reculer d'un pas. Son cœur battait à tout rompre dans sa cage thoracique alors qu'elle fit un pas en arrière elle aussi, ses sourcils se fronçant alors qu'elle afficha face au trouble fait un visage qui se craquelait sous la gêne et le trouble. Malgré tout, elle tenait bon.

La jeune femme était décontenencée, et retira sa main avant de la ramener contre son yukata. Elle l'écoutait avec attention, silencieuse et totalement embarrassée. Son corps était parcourue d'un ressenti qu'elle ne connaissait pas, et qui s'amplifiait au fur et à mesure que la voix du corbeau de tempêtes raisonnait jusqu'à elle. De ce qu'elle constatait, la Nagamasa faisait face à des avances, et quand bien même ses lèvres tentaient de s'articuler, elle ne savait quoi dire. Deboussolée, décontenencée, ses violettes prunelles plongées un instant dans les yeux du Jônin se détournèrent lorsqu'elle vit ce sourire si chaleureux, brisant une nouvelle fois ce lien créé entre eux. Son rythme cardiaque et respiratoire s'étaient emballés, et le calme qu'elle tentait de reprendre s'était envolé. Cet Iwa Shukusai était surprenant, plus mouvementé déjà que toutes les autres festivités qu'elle avait toujours vu de loin. Néanmoins, au fond d'elle, elle prenait conscience que la présence de cet homme à ses côtés ne la dérangeait pas. Inconnu qui s'était glissé près d'elle, elle était désormais près de lui en cet instant où la fête surplombait ce village qu'elle aimait tant, et son cœur lui intimait d'accepter, de continuer sur cette voie qu'ils empruntaient pour rejoindre les autres habitants. « personne ne m'avait jamais approché de cette façon, et venir près d'une femme qui tient une arme entre ses mains est tout aussi imprudent que vos gestes, Muramasa. Je ne vais pas nier le fait que vous me surprenez, et j'accepte de continuer ce chemin avec vous. » Sa voix avait raisonné la plus calme possible, et Sora faisait de son mieux pour enfouir sa gêne et son trouble. Sa stature imposante et fière se fracturait davantage, mais elle résistait. Une infime parti de ses ressentis venait d'être dévoilé, mais rien n'était encore gagné. La Nagamasa resterait secrète aussi longtemps qu'elle parviendrait à ne pas faillir sous les paroles du médecin et ce charisme qu'il dégageait.

Mais c'était compliqué. Muramasa agissait de manière totalement inattendue, la laissant stupéfaite à chacun de ses actes, à chacun de ses mots. Que lui réservait cette soirée, qu'elle avait souhaité évité aux premiers abords avant que l'on ne vienne la quémander de manière si atypique ? Cette question restait floue, comme beaucoup d'autres, mais celle que Sora avait posé à son interlocuteur trouva vite une réponse, ne la laissant pas indifférente malgré elle. Elle sentait que son cœur était réceptif à ces belles paroles, mais de l'extérieur, son regard, son visage ne démontraient qu'un trouble persistant. Sa mâchoire se serra. Elle luttait contre elle-même pour garder cette prestance qu'elle avait toujours du mal à tenir face à certaines paroles, certains états, et bientôt, sa voix se porta dans la nuit, sombre et pourtant illuminée par d'innombrables torches de lumières. « Mère est exigeante, et c'est bien la première fois que l'on me tire hors du domaine dans lequel je baigne depuis toujours. Avant que je ne subisse quelques remontrances, laissez moi donc vous connaître davantage. » annonça t-elle sur un assuré, et qui cachait à merveille son hésitation et ses inquiétudes quant à Hatsue. « Que puis-je savoir sur vous ? » La curiosité prenait place à travers Sora, mais une part de ses pensées restait tournée vers ce choix qu'elle avait fait. Sa marche reprit. Elle avait peur de voir de la déception sur le faciès de sa génitrice. Peur d'abandonner ses efforts et d'en payer le prix. Mais au fond, luisait en son cœur une envie de découvrir ce qu'elle avait manqué à de nombreuses reprises et durant tant d'années.

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Merci Yoshi' ♡

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Lun 8 Jan 2018 - 14:39



Douceur Noctambule


« La beauté plaît aux yeux, la douceur charme l'âme. »
( Voltaire )





♫♪ ambiance musicale : Sora | Stories ♪♫


L'étreinte fut si douce, qu'elle semblait des plus naturelles, bien qu'elle eut été volée ou encore imposée. Muramasa n'était pas genre de personne à faire montre de sentiments, à se laisser aller à éprouver affection et encore moins à exposer celle-ci ouvertement, sans aucune hésitation, sans aucune gêne. Sora était l'exception, l'élue qui faisait battre son cœur d’une inavouable frénésie, une frénésie qui naquit dès qu'il croisa les magnifiques yeux violets, miroirs qui le condamnèrent à éperdument aimer cette inconnue les arborant fièrement. Cela semblait déraisonnable, insensé, voire folie. Pourtant cette vérité était touchante. Troublant sentiment venant insuffler passion dans le palpitant organe sans crier gare, avec une telle rage, que toutes les lois implacables régissant ce monde s'en trouvaient dès lors chamboulées à jamais. Il voulait que cette étreinte dure éternité, que jamais elle ne s'achève. Cette chaleur si douce et ce sentiment d'harmonie qu'il découvrait soudain, pourrait-il désormais s'en passer, les oublier ? Impossible. Il venait de goûter au plaisir défendu et ne pourrait plus vivre sans s'abreuver de ce nectar interdit. Une étrange sensation le perturba, lorsqu'il relâcha l'union crée entre leur corps se serrant l'un contre l'autre. Ce petit poing qui se posait contre lui, comme pour marquer une frontière, pour instaurer que cet élan était trop hâtif, néanmoins, laissant dans sa mouvance, transparaître qu'il n'était pas rejeté avec implexe. Simplement, la douce demoiselle était prude, voire même, timide, ce qui rehaussait d'autant plus son charme, qui était déjà au firmament.

Sa passion pour elle lui faisait désirer bien plus que cette si éphémère étreinte, rapprochement évanescent, mais ayant pourtant inscris stigmates des plus présents. Or, sa raison lui dictait de ne brûler aucune étape, de ne pas se laisser aller à se précipiter, de prendre le temps de faire éclore peu à peu cette relation qui lui importait tant, cette relation qui venait de se créer comme si le destin était venue solennellement décréter que ces deux êtres ici présents, ne se connaissant pas le moins du monde, devaient absolument faire connaissance.

Il craignait que son geste ne froisse cette douce fleur immaculée, qu'elle ne prenne peur face à ce comportement un peu trop entreprenant -pourtant innocent-, dont elle pouvait comprendre sans mal les ombres envieuses à son égard, car aussi translucide que le cristal, son attirance pour elle, se faisait montre. Il ne pouvait cacher le brûlant désir qui le consumait -corps et âme- envers la nubile demoiselle. Il se trahissait, sans même s'en rendre compte, sans même en avoir pleinement conscience. La simple présence de celle au nom inspirant le ciel, suffisait à lui faire oublier tous les malheurs de ce monde, à lui faire uniquement ressentir une ataraxie jusqu'alors insoupçonnée.

Elle ne le repoussait pas, acceptant de poursuivre cette soirée, revêtant parure à la teinte digne d'une romance se révélant timidement peu à peu. Les mots qu'elle employait soigneusement, les choisissant avec sagesse, ne pouvaient mentir. Elle acceptait de poursuive ce chemin. Le chemin de cette simple pause, ou bien, le chemin de l'amour ? Muramasa laissa transparaître des traits emplis d'une certaine félicité, en entendant ces derniers mots pouvant signifier tant.

" ... "

Laissant planer silence pour toute réponse, légèrement coupable, une douleur dans le torse le saisissant soudain.

La belle comprenait la bête, lui laissant l'honneur de lui accorder sa si précieuse et appréciée compagnie. Ces deux opposées s'attiraient mutuellement, formant une inattendue romance à la saveur poétique, mais surtout passionnante. Se fourvoyer en passant à côté d'un amour semblant impossible, pouvait être aisé, voire même, bien triste. Nouer ce lien demandait déjà bénédiction du destin, que deux âmes étrangères se rencontrent parmis infinité, qu'elles se plaisent, qu'elle s'unissent en parfaite harmonie. Jumelées âmes sœurs se complétant en une seule entité, brûlant d'une flamme des plus intenses, des plus décuplées, à travers l'union de leurs sentiments partagés, donnant naissance à suave étreinte charnelle, délicieusement coupable.

Était elle sa moitié ? Son âme sœur ? Sa bien aimée ? Celle pour qui, désormais, son cœur battrait avec allégresse, celle avec qui il partagerait accolades torrides et sensuelles ? Celle avec qui il partagerait joies et tourments, qu'importe les événements ? Celle qui lui offrirait des enfants, symbole d'un amour inconditionnel et assumé ? Les inconnues étaient légions, car c’était bien la première femme, qui l’avait complètement séduit, qui lui inspirait des désirs allant si loin, qu'il imaginait déjà partager sa vie à ses cotés.

Il ne pouvait s’empêcher de lui faire des avances, cela-bien malgré lui, se trouvant obnubilé par la sirène au silencieux chant si envoûtant, que tout son être était déjà charmé, pour toujours et à jamais.

A quoi s'attendait-elle ? Si ce n’était une soirée où elle serait la Belle courtisée par la Bête, jusqu'à ce qu’elle obtempère, cédant de son plein gré, afin d'être dévorée corps et âme. Sentir les crocs acérés se planter dans la chair de son tendre petit cou si fragile, frémir sous les griffes caressant sa peau si soyeuse, s'abandonner à cette poigne si entêtante en s’abandonnant complètement à elle. Prendre le risque, d'être totalement submergée par une vague nommée passion.

La muse avait accepté la tendresse qu'il montrait envers elle, tout comme elle avait cédée sans trop de complaintes, à l'accompagner en cette belle soirée formant implicitement galant rendez-vous inavoué. Fallait-il plus, pour se douter de ce qui se tramait ? Une femme et un homme, qui tôt ou tard, à l'orée de cette radieuse saison si propice à l'amour, céderaient à la nature, à leur attirance l'un envers l'autre.

Depuis le début de leur rencontre, Il la dévorait des yeux, il la désirait éperdument. Elle avait accepté l'invitation et s'était faite belle pour lui. Elle ne semblait pas contre le fait de faire plus ample connaissance, au contraire, peut être désirait-elle ce que tout cœur de jeune fille convoitait, à savoir, l'exaltation d'une tendre relation.

La douce désirait probablement, sans même en avoir conscience, que ce bel étalon soit sien, qu'il ne se dévoue qu'à son unique attention, entre implacable conquérant et dévoué esclave, lui offrant les clés d'un septième ciel infini et éternel. Muramasa lui procurerait cette offrande de tout son cœur et avec plaisir, car elle était devenue la muse lui inspirant raison d'être. Celle pour qui si il le devait, il défierait le monde entier jusqu'à en perdre son âme, pour avoir le simple privilège de croiser une seule fois ce divin regard d’Améthyste se déposant dans le sien.

Indomptable, ou plutôt bien plus raisonnée et raisonnable, que l’interlocuteur épris d'elle et lui tenant compagnie, elle ne pouvait laisser transparaître qu'il ne la laissait point de marbre. Son éducation, son dévouement à son art, son innocence, tout cela et bien plus, la poussait à cacher les fantasmes qui venaient déferler avec hardiesse en son esprit, au plus profond d’un coin de sa tête, de ne pas en montrer moindre signe d'existence, encore moins d'y songer et surtout pas de s’y adonner. De rester, pour toujours et à jamais, la chaste et virginale muse guerrière, si fière et honorable. 

Elle voulait résister à la tentation. Mais elle était une jeune femme, une humaine avec ses faiblesses, ses défauts. Il fallait qu’elle accepte cette vérité irréfutable. Qu'elle accepte de se livrer aux pulsions la dévorant avec pernicieuse voracité, se faisant peu à peu plus véloce. Sinon, elle finirait part se perdre elle-même, à force de frustration, à force de refréner son essence même de femme, dont les sentiments ne pourraient pas toujours demeurer captifs d'une prison de marbre -aussi fragile que le verre-. La puissance grandissante de ces sentiments, encore si nouveaux, allait bientôt être déchaînée dans un paroxysme trop acéré pour que les liens entravant leur liberté -si désirée- ne se brise.

Muramasa restait silencieux un moment, pensant que peut être la douce finirait par avouer qu'elle lui plaisait. Qu'elle lui offrirait de son plein gré la vérité qu'elle s'efforçait de dissimuler, de taire. Il suffisait qu'elle se confesse, puis demande simplement à son prince qu’il fasse d'elle sa reine. Elle n’avait même pas besoin de susurrer mot, il lui suffisait de jouer d'un simple geste pour avouer la supplique. Se coller tendrement contre lui, lui offrir un regard langoureux, glisser simplement sa petite main dans la sienne... Tant de gestes pouvaient être bien plus significatifs que les mots, si étriqués et limités, création imparfaite de l'humanité. Cela en était à la fois troublant et beau.

Non, cette vilaine fille campait sur ses positions, ne voulant rien céder, rien de rien. Elle s’entêtait à être trop fermée et craintive concernant les apparences, pour réaliser une seule seconde, la chance qui s'offrait à elle. La chance de connaître l'amour, de s'en imprégner jusqu'à ce qu'elle en perde raison, qu'elle s'en nourrisse pour resplendir dans épanouissement lui procurant chaleur lui faisant défaut, qu'elle acquiert une force insoupçonnée que nul ne puisse vaincre.

Bien sûr, tout cela allait un peu trop vite et se montrer hâtif, aurait été mal avisé. Cependant, l'intransigeant était déjà certain, que cette jeune femme était sa moitié.

Il était un homme honorable, respectable, voulant lui assurer un avenir et à combler le moindre de ses désirs, à la soutenir et à guérir son corps, tout comme apaiser et consoler ses peines, à lui offrir des enfants lorsqu'elle se sentirait prête. Il ne voyait pas en elle une simple aventure, mais bel et bien la femme de sa vie.

Cette petite main le repoussant l'attristait, ce pas en arrière marquant dérobade le peinait. Il savait que ce n'était pas de sa faute, qu'elle ne pouvait pas savoir la regrettable erreur qu’elle commettait. Il ne pouvait pas lui en vouloir, si elle n'éprouvait pas les mêmes sentiments le concernant. Peut être aimait elle déjà quelqu'un en secret ? Laisser la Belle aux griffes perfides d’un autre homme ? Jamais ! Un sale type qui ne la respecterait et ne l' apprécierait pas comme elle méritait de l'être, il en était hors de question. Qu’elle se fasse avoir, réduite à être trompée, abandonnée, trahie, violentée… voir pire encore … Les choses pouvaient rapidement déraper vers la tragédie inéxorable. Aujourd'hui, elle était là, resplendissante. Demain, qui saurait où elle se trouverait, ni dans quelle situation… Après tout, elle était une guerrière qui devrait traverser de bien dangereuses épreuves. Une femme forte et dévouée à la voie du sabre, qui embrassait un chemin oscillant à chaque instant entre glorifiant ou funeste destin. Rien que cette idée le décontenancé, mais après tout, c'était l'une des raisons pour laquelle son cœur avait chaviré pour elle. Il ne comptait pas se lier à une compagne docile et en sécurité, mais à une déesse forte et indépendante, aspirant elle-même à d'aussi grands desseins que lui.




La douce voix -paraissant en ce monde irréelle féerie délicieuse- de l'ingénue vint alors murmurer les mots qui finalement enquerraient volonté avouée d'en savoir plus sur l'identité de ce mystérieux Muramasa l'accompagnant. Il ferma les yeux, contemplatif auditeur savourant ces échos si agréables dans leur tonalité cristalline, mais porteurs d'une importance des plus primordiales. Qui était-il au final ? Est ce que cela lui importait tant ? Allait-elle frémir d'effroi lorsqu'elle apprendrait la tragique vérité, les drames innombrables qui formaient le testament de son triste passé, que nul ne soupçonnait. Il savait qu'elle apprendrait tôt ou tard la vérité. Il ne pouvait lui mentir, il ne le voulait d'ailleurs. Pas à elle... Surtout pas...

La crainte de voir le visage de celle qui venait lui apporter tant, prendre des traits de dédain, voire de dégoût, cela il ne l'aurait pas supporter une seconde. Pourtant, une fière Nagamasa, prônant honneur et gloire, ne pouvait être que sujette à trouver ces secrets des plus ignobles et impardonnables. Néanmoins, il était obligé de tout lui révéler.

" Ce que vous pouvez savoir sur moi ? Absolument tout. Je ne veux rien vous cacher, au contraire. Tout comme je désire apprendre à connaître la quintessence faisant de vous celle que vous êtes. Votre passé, vos rêves, vos moindres pensées, ... "

Il lui souriait, plongeant son regard au plus profond du sien, comme s'il désirait voir au travers d'elle, se perdre en ces nébuleuses porteuses de tant de secrets.

" Si je vous avouais que je suis en réalité un prince déchu ? Me croiriez-vous ? "

Prenant un ton taquin, laissant en suspend le doute sur boutade ou vérité.

Il se rapprocha plus près d'elle -tel malicieux renard-, afin de contempler son visage, d'en savourer chaque expression, chaque mouvance. L'invitant à ralentir ses pas, à prendre le temps, de ne pas se presser, de s'adonner à une intimité plus marquée. Il glissa ses doigts entre les siens, avec une timide sensualité laissant transparaître tous les sentiments qu'il éprouvait pour cette pléiade -lame dansante- au tempérament si sérieux et des plus respectable. Prenant sa main, si douce, si gracile, si fluette, dans les liens inextricables et imposants, formant la sienne. Cette main légèrement meurtrie, trouvait le touché de chimériques ronces, de chair et de sang, non pas la blessant, mais la pansant. Il ne voulait point qu'elle s'échappe, qu'elle ne le quitte, qu'elle l'abandonne. Après une éternité de solitude dans les méandres ténébreuses et obscures, trouver la compagnie si chaleureuse d'un rayon de soleil venant briser le désespoir lié à errance esseulé et sans but, était incommensurablement délivrance. Perdre cette radiance, incarnant espoir, serait pire que toute punition en ce triste monde. Muramasa rapprocha son visage du sien -lui faisant face- afin de lui avouer les crimes dont auteur, ainsi que victime, il était.

" Ne pensez pas aux remontrances, ni à votre mère, ni à l’entraînement. Cette soirée est l'occasion de ne penser qu'à vous-même. "

Regards au plus près, se perdant conjointement dans l'améthyste et l'or. Les lèvres étaient si proches, qu'elles menaçaient subrepticement de s’effleurer, de s'unir... Pourtant certaines le désiraient ardemment, cet instant de passion, mais sûre refréner la tentation qui pourtant faisait rage telle incontrôlable tempêtes. Se mettant alors, à susurrer quelques mots, se mouvant en charmeuse sonorité.

" Nous avons tout le temps d'apprendre à mieux nous connaître, en cette lune encore si jeune. Ne vous montrez pas trop hâtive. Prenez le temps d'apprécier ce repos. Je veux que cette soirée, vous ne l'oubliez jamais. "

Il posa son front contre la chevelure -de jais et de soie- de la princesse arborant parure bleutée rappelant les cieux, qui laissent ostensiblement les lueurs stellaires émerger. Ensuite, il remonta la main prisonnière de la sienne, afin de tendrement y déposer un baiser, avant de se redresser à nouveau aux cotés de la belle. Désireux de reprendre marche vers direction marquant place des festivités.

" Je connais un endroit où nous serions plus à notre aise pour discuter de tout cela. Vous devez être fatiguée après votre entraînement. Nous pourrons nous y restaurer et reprendre des forces, avant de nous balader pour participer plus activement au festival. Qu'en pensez-vous ? "

Il lui demandait son avis, mais à en croire son pas décidé et ses doigts vigoureusement entrelacés à ceux plus frêles de la jeune femme, il semblait déjà avoir décrété qu'il en serait ainsi.




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Mar 23 Jan 2018 - 1:36


Douceur noctambule
ft. Muramasa




Sora percevait son sang battre dans ses tempes alors que son cœur battait à vive allure. Jeune femme perturbée et totalement prise au dépourvue par l'homme qui se tenait à ses côtés, la Nagamasa tentait pourtant de résister et de garder une stature droite, fière et impassible face aux sentiments qui vivaient dans son cœur. Organe vital qui n'arrivait pas à retrouver son calme malgré tous les efforts de son porteur. La samouraï était décontenancée, abasourdie par ces attitudes qu'elle n'avait aucunement pensé subir. Étreintes, compliments, douces paroles à son égard. Rien de tout cela n'était arrivé de la part de sa génitrice depuis bien longtemps, trop longtemps même pour que la petite fille devenue grande s'en souvienne. Comme des souvenirs qui n'étaient plus que rêves, Sora avait oublié la douceur des bras de sa mère entourant son corps. Elle ne se souvenait plus non plus de cette sensation agréable qu'elle avait pu ressentir lorsqu'elle avait fait un pas de géant dans son entraînement et que sa mère l'avait félicité. Au bout du compte, il n'y avait que les moments passés avec ses cousins dont elle se rappelait à chaque fois le bonheur que celui lui avait procuré. Les gestes de sa mère, eux, n'étaient peut-être finalement que des actes imaginaires, que la jeune femme, plongée dans un monde qui n'avait toujours appartenu qu'à elle, s'était dessiné dans les bras d'une génitrice qui n'avait espéré de sa progéniture que du travail et de l'acharnement pour sortir la branche secondaire de l'ombre de la famille principale.

Les pensées concernant sa mère ne cessaient de trotter dans la tête de Sora, qui, pourtant, tentait de s'ouvrir à autre chose, et notamment à cette fête qu'elle n'avait jamais célébré. Abandonner son katana et son aire d'entraînement pour venir se détendre ici était une première pour elle, et la curiosité luisait dans son cœur, autant que ses interrogations concernant cet inconnu bien entreprenant. L'étreinte était finie. Sora s'était laissé aller à cet enlacement qui l'avait un instant paralysée, emportée ailleurs. Elle avait même failli retenir le médecin, mais heureusement, elle avait repris ses esprits. Sa carrure se craquelait face à Muramasa, mais Sora résistait. Encore et toujours, elle se devait de ne pas dévoiler ce qui abritait son âme. Cela était compliqué cependant, maintenant qu'un homme comme le Jônin s'était présentée devant elle, osant la toucher, la complimenter, l'inviter. Sora n'avait jamais fais face à un tel comportement, et s'il n'avait pas été délicat, peut-être se serait-il retrouvé avec une main en moins. S'il n'avait pas été aussi intriguant, peut-être n'aurait-elle pas chercher à en savoir davantage sur lui.

La curiosité régnait en elle, plus forte au fur et à mesure des secondes. Elle connaissait le prénom de cet homme à la chevelure sombre. Elle connaissait sa profession, mais au délà de ça, qui était-il vraiment ? Son passé, son présent, son entourage. Sora souhaitait profiter de ce moment qu'il avait privatisé pour le percer à jour, connaître la véritable nature de ce shinobi d'Iwa, et elle faisait de son mieux pour soutenir ce contact visuel intense. Ses violettes prunelles ne fléchissaient pas face à celles de Muramasa, s'adonnant alors tout deux à une observation passionnante de l'un et l'autre, inconsciemment du côté de la Nagamasa, qui ne souhaitait simplement pas craquer et montrer à cet Iwajin celle qu'elle était au fond d'elle. Pour le moment, en tout cas, car elle sentait bien que quelque chose la poussait à s'ouvrir également. De son côté, le médecin semblait beaucoup plus volontaire pour lui dévoiler qui il était, et à ses paroles qu'elle écouta avec une attention particulière, la samouraï ne put s'empêcher d'être toujours plus intriguée, curieuse. Prince déchu, orphelin, fils d'une noble famille ou bien autre chose encore, la Nagamasa voulait le découvrir et se surprenait même à le vouloir avec tant d'ardeur.

« Je vous croirais dès lors que vous m'aurez tout conté, Muramasa. » annonça t-elle d'une voix calme, avant de finalement, hausser les épaules et détourner ce regard si perçant pour observer un ciel dégagé et qui lui offrait une merveilleuse vue. Elle n'arrivait plus à soutenir ces yeux si observateurs, car elle avait l'horrible impression qu'il parvenait à lire en elle comme dans un livre ouvert. « Il.. Il n'y a pas grand chose à savoir de moi, vous savez. » Sa voix avait raisonné plus ferme mais décontenancée.

Encore fermée, encore sur ses gardes, Sora ne savait pas vraiment quelle était la meilleure attitude à adopter. Dans son cœur, elle se sentait partagée entre curiosité et méfiance. Devait-elle laisser cet homme s'introduire dans sa vie ? Devait-elle mettre un terme à cette rencontre si particulière et qui la mettait dans tous ses états ?

Vacillant entre cela et sa mère qui, comme un monstre venue la hanter dans ses cauchemars, ne cessait d'occuper un coin de sa tête, Sora se perdit un instant dans les méandres de son esprit, scrutant les innombrables étoiles peuplant la nuit, avant de sentir sa main tressaillir sous un nouveau contact. Son regard s'égara sans attendre vers ce lien de nouveau instauré, et sous la surprise et le nouvel acte inattendu du médecin, la jeune Nagamasa ne put contenir sa gêne, ses joues s'empourprant rapidement alors qu'elle sentait la présence de Muramasa tout près. Bien trop près. Ses doigts étaient retenus prisonniers avec ceux de ce prince déchu, et la marche ralentit, doucement, jusqu'à ce que finalement, la samouraï se stoppe brutalement, son visage se retrouvant à seulement quelques centimètres de celui de Muramasa. Son cœur bondit dans sa cage thoracique, tandis que ses battements ne cessaient de prendre de l'allure. Sora voyait bien que sa stature se craquelait face aux agissements du Jônin, et totalement prise au dépourvue une fois encore, ses lèvres s'entrouvrirent sans pour autant qu'un quelconque son ne s'échappe de celles-ci. Son regard était lui aussi fait prisonnier, victime de deux pupilles qui la dévisageaient au plus profond d'elle-même. La jeune femme avait l'impression que par ce biais là, Muramasa arrivait à heurter sans mal sa carrure imposante pour découvrir ce qu'elle était véritablement, au delà de la progéniture d'une mère de famille noble et qui devait remplir les objectifs d'une génitrice avide de pouvoir et de notoriété. C'était troublant, gênant, et le fait que leurs visages étaient si proches rendait l'instant encore plus intense, davantage lorsque son front rencontra celui du médecin. A quoi jouait-il ? Était-ce si amusant aux yeux de cet homme de la rendre ainsi ? Fronçant les sourcils alors que ses joues flamboyaient encore vivement, la jeune femme recula de deux pas, hochant la tête aux conseils et paroles de Muramasa, avant de tenter de retirer sa main entrelacée dans celle de son compagnon de fête. Maintenant que la marche avait reprit, Sora n'arrivait plus à le regarder dans les yeux et se contentait de garder ses violettes pupilles abaissées en direction de leurs mains unies.

« Comment pourrais-je oublier cette soirée passée avec vous ?  » marmonna t-elle, remplie de gêne et suivant malgré tout les pas du Jônin.

Après tout, c'était bien la première fois que quelqu'un venait à elle d'une telle manière, et face à tout ces gestes aussi osés les uns que les autres, elle était déjà sûre et certaine de ne rien laisser dans l'oubli. Ces échanges, ces regards, cette douceur venue de nulle part et surtout, tous ces ressentis naissant qui ne s'étaient jamais autant exprimés.

Troublant, intriguant, mystérieux, et qui attirait toujours plus la jeune samouraï souhaitant en connaître davantage. C'était ce que Muramasa laissait comme impression à la Nagamasa qui, tentant une nouvelle fois de retirer sa main après un premier échec, n'osait toujours pas affronter de nouveau ces yeux si perçants. Son cœur battait si fort dans sa poitrine : elle n'arrivait pas à se reprendre, commençait à faillir.

« Je ne vais pas refuser telle demande maintenant que nous y sommes, mais où est-ce ? » demanda t-elle avec une certaine curiosité tonnant dans sa voix, tandis que, après avoir réussi à enlever sa main qu'elle garda près d'elle, ses doigts s'agrippant sur son yukata, son regard se mit à parcourir les rues se faisant de plus en plus peuplées au fur et à mesure de leur avancée à la fête.

La musique, les cris d'engouement s'élevaient davantage, et l'odeur d'innombrables mets commençait à titiller l'odorat de la jeune femme qui, après un rude entraînement, voyait la faim prendre possession de son estomac. Inconsciemment, Sora se libérait peu à peu de ses sombres pensées concernant sa mère et ça, elle ne le devait qu'à Muramasa.




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Merci Yoshi' ♡

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Jeu 25 Jan 2018 - 14:51


RP ▶ Douceur Noctambule
PV ▶ Nagamasa Sora



« La beauté plaît aux yeux, la douceur charme l'âme. »
( Voltaire )


♫♪ music box ♪♫



La jeune femme était si chamboulée par mots doux et gestes affectueux, dont elle était candide victime, que cela la rendait d'autant plus attrayante aux yeux de celui qui lui faisait montre d'intérêt tout particulier envers elle. Le serpent appréciait chacune des défenses qu'elle s'efforçait d'arborer, tentant de résister à son malicieux venin, sachant qu’elles seraient pourtant vouées à inéluctablement choir. La belle ne le savait peut être pas encore, mais elle était déjà empoisonnée par une toxine des plus fatales. Ce poison se nommait désir. Le seul remède à ce mal incurable, pouvant damner l'âme en éternité d’infinis tourments, était de succomber au fruit défendu, de se laisser aller à la passion, de s’y noyer de tout son être. La petite Samouraï était vaillante et tentait tant bien que mal, de ne point sombrer dans l'abîme qui la happait en insufflant tentation jusque dans son cœur tout mou et délicat, mais elle affrontait une force dépassant le pouvoir de tout mortel en ce monde. La puissance de l'amour était ce qui pouvait briser et remettre en question les réalités de ce monde, après tout.

Il tenait cette main si douce et chaude, cette mimine craintive et apeurée d'être ainsi captive, d'être ainsi touchée, d'être ainsi poussée à devenir criminelle du péché la menant à perdre son immaculée innocence. Muramasa ne la laissait pas s'échapper, malgré les mouvances animant cette dernière souhaitant se libérer de sa prison charnelle, de ce lien les reliant tous deux.

Elle évitait son regard, autant que faire se pouvait, mais cette dérobade était vaine, car la nitescence des miroirs dorés la fixait toujours avec implexe, cherchant les timides améthystes jumelles pour en contempler les reflets violets, si vivants et captivants, afin de se rassasier de leur beauté, semblant en ce monde merveilleux astres, façonnés par divinité.

“ Rien à savoir ? vraiment ? ”

Quelle vilaine menteuse et petite cachottière ! Elle méritait pour son audace une bonne fessée, pour lui apprendre qu'il était vain de tenter de garder les apparences ou ses secrets, avec celui qui n'aspirait qu'à s'offrir pleinement à elle. Cela ne faisait que redoubler le désir d'en connaître plus, concernant cette Samouraï si prude et délicieusement humble d'elle-même, se faisant si réservée et secrète, que découvrir sa quintessence devenait véritable raison d'être, demandant obnubilation totale et dévouée.

Elle gardait ses distances, respectait les convenances, alors que toute femme, même la plus farouche, aurait déjà succombé depuis bien longtemps. Tant de volonté, représentait bien un trait de caractère certain, un caractère plaisant au médecin, qui n'avait pas d'attrait pour les femmes dénuées de cette qualité d'esprit.

Il était déjà conquis par la muse et il ne comptait pas laisser celle-ci s'éloigner de lui. Que cela lui plaise ou non, elle devrait s'en accommoder et l'accepter.

La renarde profita que l'attention du médecin soit légèrement détournée par la question qu'elle venait de lui poser, pour réussir à finalement libérer sa main. Chose qui ennuya légèrement Muramasa, qui appréciait de savoir cette dernière dans la sienne. Cette douceur dont elle venait le priver avec impudence, il ne voulait pas en perdre toucher, encore moins rassurante et chaleureuse présence. Les femmes pouvaient parfois être bien impitoyables, voire même cruelles. Le pire était que peut-être, elles ne le faisaient même pas sciemment.

Muramasa lui affichait néanmoins, un sourire sincère, tout en lui répondant.

" Ce n'est plus très loin. Il s'agit d'une échoppe tranquille où j'ai habitude d'aller, vu qu'elle se trouve proche du lieu où je travaille. "

Désignant simplement la direction du regard, avant de bien vite reposer ce dernier sur la belle ingénue. La douce fleur devait être sujette à toutes ces appétissantes fragrances de mets plus délicieux les uns que les autres, exaltant gourmandise avec frénésie, planant ostensiblement dans l'atmosphère en dansant allègrement. Beaucoup d’échoppes proposaient de petits plats simples et savoureux aux passants. Après tout, il s'agissait d'un classique de ce genre de festival.

Comprenant qu’elle devait être impatiente de se restaurer, ayant après tout fait montre d'un entraînement lui demandant tant d'énergie, qu'il était déjà impressionnant qu'elle arrive à tenir sur ses jambes, Muramasa chercha du regard un vendeur pouvant satisfaire la demande implicite de la jeune demoiselle.

" Vous êtes gourmande ? Je le suis également. Dès lors que mes yeux croisent votre beauté, mes lèvres se languissent et brûlent du désir de savoir si votre peau est aussi douce et sucrée qu'elle parait être. "

Dit-il, la regardant avec des yeux langoureux, tout en esquissant un sourire oscillant entre taquinerie et malice. Ce n'était pas une question, plutôt une innocente boutade, se voulant équivoque. Dès qu’il la regardait, il voulait effectivement la manger toute crue, dans tous les sens du terme…

Il allaient tous deux avoir besoin de force, car la soirée ne faisait que commencer. La main du destin vint offrir d’elle-même oasis aux deux énergumènes. Une jeune femme habillée étrangement s’époumonait devant un stand où quelqu’un s’affairait derrière les fourneaux. Elle brandissait ces fameux mets si prisés, tout en s'écriant, comme petite marchande de Dango elle était.

" Dango !! Dango bien frais !!! "

" Prenons un petit quelque chose pour vous faire patienter. Vous aimez les Dango ? "

Posant délicatement son bras sur les graciles épaules, il ne lui laissa pas vraiment le choix que de se diriger vers la commerçante proposant ces offrandes rondes et colorées, connaissant succès en ces festivités.

S'avançant vers l’adolescente, tous deux allaient pouvoir trouver satisfaction. C’est avec un air enjoué, que la maligne leur tint ce langage.

" Oh !!! Quel beau couple !!! "

S'esclaffant sur le fait qu’ils étaient si bien assortis. Ce qui ne manquant pas de faire sourire le médecin. Ce dernier lui signifia qu’il souhaitait commander une de ces étranges sucreries pour la Belle affamée.

" Un Dango pour la belle m’accompagnant. "

" Oh ! "

Légèrement goguenarde, la vendeuse fixa la Samouraï en affichant un sourire malicieux, tout en lui tendant une des brochettes qu’elle avait soigneusement à disposition dans son panier.

" Tenez. Vous avez bien de la chance d’avoir un petit ami aussi beau et dévoué. "

" Elle est encore timide sur ces choses là, ne la taquinez pas. "

Dit-il, en prenant cela légèrement avec humour. Bien qu'il était brûlant que cette dernière ne lui cède enfin quelques attentions des plus délicieusement sucrées.

" Oh ! Je vois ! Mais vous allez si bien ensemble ! Qu'est ce que vous attendez ! Vous êtes bêtes ou quoi ?! Ça crève les yeux que vous êtes fait l'un pour l'autre !!!"

Prenant un air soupçonneux à l’encontre de l’ingénue, que seules toutes deux pouvaient comprendre, en tant que représentantes de la gente féminine. Ne manquant pas de lui envoyer un léger coup de coude complice, pour bien signifier à la Nagamasa qu’elle était chanceuse et devait profiter de cette douce soirée, mais surtout de la compagnie dont elle avait chance de pouvoir à ses cotés arborer. Afin d’aider cette dernière, jouant les entremetteuses et les justicières de l’amour, la petite marchande de Dango eut une idée de génie.

" Oh ! Il me vient une merveilleuse idée ! Si vous vous faisiez un bisou ? Après tout c’est le Festival de l’amour ! "

Muramasa fut un peu surpris, mais si l’occasion se présentait, pourquoi ne pas la saisir. Surtout que les couples étaient légion en cette bucolique soirée propice aux rapprochements.

" Aurais-je ce privilège ? "

Lui demandant avec malice et audace, si cette idée ne la troublait pas trop pour se voir catégoriquement rejetée. S’approchant du visage de la pauvre Sora, tout en portant son index sous le petit menton, afin qu’elle ne détourne l’améthyste qu’elle arborait en ses iris, il la fixait en espérant une réponse favorable. En attendant même qu'elle fasse peut être elle-même le premier pas les liants.

La vendeuse était toute excitée par la scène qui prenait place devant ses yeux un peu trop jeunes pour supporter pareille vision si sensuelle et suave. Elle était à deux doigt de s’évanouir dans les Dango, mais fixait la scène avec un intérêt des plus certains. Complètement émerveillé de voir que romance n’était point morte en ce triste monde tragique. Même les passants vaquant à leurs occupations, semblaient soudains comme captivés par la scène qui prenait place alors en ce théâtre, où le temps se figeait de lui même pour laisser place à cette fantasmagorie des plus passionnantes. Le suspense et l'intensité qui s'érigeaient entre les deux personnages, rendait le suspense insoutenable et aiguisait la curiosité de tous.

La Nagamasa allait-elle profiter de cette occasion ou bien briser impitoyablement le cœur du pauvre Muramasa, qui espérait secrètement avoir finalement occasion que de goûter à ces sensuelles lèvres qui le narguaient avec toupet depuis les prémices de leur rencontre. Cela, seule la céleste pouvait y répondre.




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