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Réflexions


Dim 10 Déc 2017 - 3:13

Mizu no Kuni - 190.

    - Noah. Un véritable Yuki ne se laisse pas marcher sur les pieds. La mort est préférable à l'humiliation. Saches-le. Je ne tolérerai aucun échec de ta part.

    Le visage passif, le jeune Noah, qui venait tout juste de fêter son dixième anniversaire, observait son géniteur, sans expression sur le visage. A cette époque, Kiri n'existait pas encore. Mais le clan Yuki était plus soudé que jamais, face à la criminalité cancéreuse du Pays de l'Eau. La force. Le moyen de persuasion ultime. La corde qui amènerait l'humanité à son paroxysme. Sa vie n'était dédiée qu'à cet objectif. Il s'entraînait. Il combattait. Il mangeait. Il étudiait, puis dormait.
    Il n'y avait rien d'autre à faire. Ses seules moments de liberté résidaient en sa passion pour la lecture. Il avait l'impression de pouvoir tout faire, quand il lisait.

    - Notre famille n'a nul besoin de fréquenter les rats. Tu épouseras une noble Yuki, et ce sera tout.

    Il venait d'avoir onze ans, et sa mère continuait de lui faire la morale. La famille ? Bourreaux serait un terme plus exact. Observant le mouvement de l'eau qui faisait face à sa maison, l'inexpressif ne pensait pas à grand chose. Mais il appréciait le calme. Il aimerait que cet instant ne se termine jamais. Parfois, il rêvait de pouvoir s'éteindre dans son sommeil. Se réveiller en ce bas-monde était une tâche bien ardue. Mais, pourquoi devrait-il se réveiller ? Pourquoi ne ferait-il pas en sorte que son rêve, devienne celui de tous ?


Je poussais un bâillement alors que je me réveillais d'un air las, le visage encore embué par le sommeil. Passant une main dans ma chevelure sali, je réajustais mes habits abîmés, alors que je venais m'adosser à ce mur froid qui me servait d'abri, inconfortablement installé dans ma cellule. Mes yeux se promenèrent quelques instants le long de ce lieu que je commençais à connaître, ayant une brève pensée vers Shiori. Elle avait donc connue ce genre d'enfermement ? C'était un style, et je reconnaissais que le dépaysement ne me déplaisait pas tant. N'empêche, j'étais ennuyé.

Il s'en était passé des choses. Cet assaut sur Iwa s'était soldé par un cuisant échec de mon côté, et je ne pouvais même pas connaître l'état de Shiori où des autres Kirijin sous mes ordres. Encore une fois, j'avais échoué. Mais au fond de mes ténèbres, je ne me sentais pas si mal. Tout en me massant le cou, je laissais un soupir s'échapper d'entre mes lèvres, alors que je repensais à tout. Ayuka avait usé de son Hyôton pour me faire perdre conscience, et j'avais donc finis ainsi. Je m'étais laissé faire. Pourquoi ? Bonne question. Par lassitude, peut-être. Je le savais. Si j'avais lutter, j'aurai probablement finit seul. Et malheureusement pour moi, je n'aimais pas cela, être seul.

- C'est ennuyeux.

Kiri devait vouloir ma tête à l'heure actuelle. Et nul doute qu'Iwa également. Donc, c'était mes derniers instants que je vivais là ? Toutes mes ambitions allaient se stopper de cette manière ? Une mort aussi nette et brutale que ma naissance. Je ne m'y résoudrai pas. Et pourtant, je ne parvenais pas à trouver la force de m'y opposer. Je ne voulais pas mourir, mais je souffrais à vivre. Il fallait donc que je trouve une alternative. Shishihoshi, qu'en penses-tu ? Du bruit se fit entendre, dans le long couloir qui menait à ma cellule. Quelqu'un approchait. Mon déjeuner ? Ma mise à mort ?
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Lun 11 Déc 2017 - 20:53
Un pas léger et vif. Malgré la violence que l’on pouvait encore ressentir dans les rues d’Iwa après la nuit sanglante, Ayuka ne se laissait pas abattre. Peut-être car aucun de ses proches n’avaient péri dans l’attaque. Peut-être car elle n’était pas encore si attachée sentimentalement au Village Caché de la Roche. Ou peut-être tout simplement car elle ne se trouvait plus être la simple jeune femme qui ne savait guère gérer ses émotions et ses ressentiments. Oui, c’était certainement cela. A Kiri, elle avait toujours suivi les autres, sans jamais prendre les devants. Eiichiro, Watari, ses maîtres d’armes, le clan, tous des êtres ou entités qu’elle avait décidé de suivre et de servir. Non pas que son esprit était plus rapide qu’avant, mais à présent c’était une réelle envie d’indépendance et d’autonomie qui habitait celle qui aimait tant la liberté.

Son hoari bleu virevoltant à chaque pas, ses cheveux blonds suivaient également les caprices de la légère brise s’engouffrant dans les rues d’Iwa. Si la tristesse ne déchirait pas le visage d’Ayuka, une certaine fatigue pouvait s’y lire. Elle n’avait pas arrêté depuis l’attaque. Restant presque tout le temps dans la prison ou dans les bâtiments administratifs et militaires du village, elle ne rentrait dans la demeure des Yuki que pour se changer et voir si les petites filles ne craquaient pas. Non, elle n’avait aucune envie de trainer auprès de cette bâtisse pour l'instant. Akimitsu avait disparu et Eiichiro… Non, il valait mieux éviter qu’elle le recroise avant quelques temps. D’autant plus qu’elle désirait s’impliquer dans le village, le réparer, aider à le reconstruire. Pour devenir plus forte, elle avec ses alliés, pour ne plus que l’horreur revienne depuis Mizu no Kuni. Pour qu’elle puisse aider à mettre fin à cette ère de violences inutiles.

Ayuka présenta rapidement son bandeau devant le garde principal de la prison avant de s’engouffrer à l’intérieur. Si Kiri lui apparaissait comme éloignée et presque étrangère, il était étonnant de voir que les prisons lui restaient bien familières. Sans avoir été souvent aperçue comme une des Yuki les plus actives des geôles du Village Caché de la Brume, par le passée Ayuka avait déjà dû s’occuper de divers prisonniers. Mais en cette journée ensoleillée, fraiche bien que lourde du sang salissant toujours les rues meurtries, la jeune femme ne se rendait pas auprès d’un simple bandit.

Les pas de la Yuki résonnèrent doucement alors qu’elle avança, ne faisant guère attention aux autres détenus car celui qu’elle allait voir se trouver dans une des cellules les plus enfoncées de la prison, une des plus inaccessibles. Sécurité ? Assurément. Mais dès l’emprisonnement du kirijin, Ayuka avait désiré l’éloigner au plus des habitants d’Iwa, au risque que Noah ne devienne le réceptacle de toute la haine d’un village. Elle voulait le protéger autant que continuer à le comprendre.

Il n’était en apparence d’un simple soldat, mais Ayuka voyait en lui un être encore endormi, comme enfermé dans les lourdes brumes de la solitude et de l’ennui. Et elle avait connu la solitude, tout comme la maudite ennuie. On lui avait tendu la main. A elle de ne pas le laisser sombrer seul. C’est finalement au bout de longues secondes d’Ayuka apparut devant les solides barreaux de la cellule, son regard se posant directement sur Noah. Comme allait-il réagir ? Ayuka redoutait qu’il ne se montre violent et se blesse… Quoique. Au moins cela démontrerait qu’il était vivant et avait conscience de sa propre envie de survie.

« Tu as le sommeil lourd, cela fait facilement trois jours que je passe presque toutes les heures et enfin tu te réveilles. » Elle sourit malicieusement devant lui avant de s’approcher, les rares rayons de soleil qui passaient la petite ouverture du mur en hauteur tombant sur son visage et ses cheveux de blé alors que Noah demeurait dans une relative pénombre. Ses deux coudes se posèrent contre des barreaux alors que son regard ambré contempla celui qui se retrouvait emprisonné par sa propre décision. Une des premières de sa vie. Avait-elle peur ? Non. Elle ne le voyait pas comme un ennemi, mais comme un potentiel futur. Un avenir.

S’appuyant ainsi contre les barres métalliques, Ayuka soupira doucement, non sans perdre son sourire. « Tu peux te défendre, ou être en colère autant que tu sembles ennuyé de la situation mais… Tant que tu seras ici, je ne laisserai personne te tuer ou te faire payer le prix des vies qui ont été perdues. Que penses-tu que Kiri ait gagné de cet assaut ? Si c’est la gloire de la mort de quelques guerriers d’Iwa, c’est surtout la force de la Terre que le Village de la Brume a su réveiller. » Ayuka se stoppa quelques instants, son regard finissant par trouvé celui de l'éternel ennuyé alors qu’elle souffle doucement « Beaucoup désirent la Paix, avec cette nuit, Kiri l’a endormie pour longtemps… Au risque de te réveiller, Noah ? »

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Dim 17 Déc 2017 - 4:59

Encore elle. Au moins, sa présence signifiait deux choses : La première, que Iwa n'avait pas encore décidé de me mettre à mort. La seconde, qu'elle allait possiblement vouloir me parler. Néanmoins, cette pauvre Ayuka ne m'avait jamais vu à jeun. Sans cigarette, sans sucreries, je me sentais bien faible. J'avais rarement été confronté au manque des deux, cela dit. Tandis qu'elle me parlait, elle continuait d'employer cette malice qui m'ennuyait. Elle avait raison sur ce point en tout cas, je m'ennuyais. Elle venait donc me voir pour me parler, sans que rien ne l'y emmène ? Une initiative personnelle ? Curieux.. Ou pas, à vrai dire. J'avais encore bien du mal à la comprendre. Posant mes yeux sur elle, je gardais cette même expression sur le visage tandis qu'elle continuait de me parler.

- Tu ne penses pas que la mort vaudrait mieux pour moi ?

Me grattant l'arrière de la tête, je me rasseyais convenablement le long de mon mur, prenant appui sur ce sol froid qui me répugnait tant, avant de poursuivre.

- Que souhaites-tu, au juste ? Me voir rejoindre ta "famille" ? Tu n'as jamais pensé qu'en venant à trahir Kiri, je pourrai en faire de même pour Iwa ?

La fidélité. Quelque chose qui m'ennuyait aussi. Je n'avais aucune envie d'accorder ma confiance aux autres. Mon ambition n'avait pas besoin de cela. Une paix, elle se construisait sans l'avis des autres. Que l'on impose la Paix, qu'on la vote par voie démocratique, le résultat était le même à mes yeux. M'isoler en haut d'un mont inaccessible pour les autres, rester seul avec moi-même... Actuellement, c'était le genre de rêves qui berçaient mes nuits.

- Personne ne gagne jamais rien à faire la guerre, Ayuka. Tant que les shinobi existeront, tout effort sera vain. Si détruire le monde entier devenait ma seule option pour m'apporter cette Sérénité que je cherche, alors que je m'exécuterai.

Mes mots étaient froids. Je me sentais plus agressif que d'habitude, malgré le fait que mon visage restait aussi ennuyé. Je ne lâchais pas la Yuki du regard. Mais au-delà de tout ça, au-delà de tous ces problèmes qui, finalement, ne m'intéressaient nullement, il y avait autre chose...

- Donc, ça fait trois jours que je n'ai pas fumé, ni mangé de sucre ?
Si Iwa ou Kiri ne me tue pas, crois-moi que mon manque s'en chargera à merveille...


Je soupirais alors. J'avais envie de m'énerver, sauter au cou d'Ayuka pour la forcer à me donner des bonbons ou une cigarette. Mais de l'autre côté, je souhaitais juste me rendormir, et oublier tout ce qui venait de se passer.
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Dim 17 Déc 2017 - 23:35
Il parlait, au moins une étape de franchie. Posant sa tête contre un des barreaux de la cellule, les grands yeux ambrés d’Ayuka contemplait le prisonnier. Son attaque ne mettant nullement sa vie en danger, il était évident que le jeune Yuki allait finir par se réveiller. Et Ayuka s’était attendue à peut-être se retrouver confrontée à un mur de silence. Il parlait, au moins il semblait encore désirer de vivre. Sans bouger, la Yuki leva légèrement son regard vers la petite fenêtre qui laissait pénétrer quelques rayons solaires à l’intérieur de la prison. « Hum… Si je pensais que la mort était ta plus grande perspective d’avenir, je t’aurais laissé partir et te faire tuer par les traqueurs de Kiri sous peu. »

Enfin il en venait aux souhaits de la jeune femme. Noah n’en avait pas conscience, mais après le sanglant assaut sur Iwa, il était la première âme à lui poser cette question. Eiichiro n’avait pas cherché à comprendre son geste et les autres… Beaucoup devaient simplement voir l’enlèvement du kirijin comme le devoir d’un iwajin face à l’ennemi. Une des fines mains blanches d’Ayuka passa le long d’un barreau avant de le serrer légèrement. Elle n’avait jamais supporté de rester totalement statique.

« Si je considère quelqu’un comme faisant partie de ma famille, il n’a pas besoin de me dire ouvertement la rejoindre pour que sa vie m’importe. » Toujours regardant les rayons du soleil passant devant le Village Caché de la Roche, Ayuka pensa à Tsukiyomi, seule également, dans sa cellule froide. La journée serait longue, encore une fois. Fatiguante. Mais Ayuka comptait également passer voir la lunaire.

« Tu sais, Yuki Noah, à la différence de toi, je ne suis pas née à Mizu no Kuni. » Sinon Eiichiro, très peu connaissaient le passé d’Ayuka, ses origines troubles dont le symbole ultime était représenté par l’indifférence de sa mère encore vivante et à Kiri envers son unique fille. Fière de ses origines, elle ne les évoquait que très rarement, son katana largement suffisant à lui rappeler à jamais où elle avait poussé son premier cri. « J’ai grandi à Tetsu no Kuni où mon père est mort. Je suis partie retrouver les Yuki. J’imagine que l’on peut considérer ce premier départ comme une trahison, j’étais une apprentie samouraï. »

Se tournant légèrement, son regard retomba une nouvelle fois sur Noah. Finalement, arrivée à quinze ans à Mizu no Kuni, elle avait participé à la Grande Répression auprès d’Eiichiro, son mentor et grand frère d’adoption. Les souvenirs se faisaient flous, mais elle se souvenait de Noah comme d’un enfant au regard déjà éteint. « Puis je me suis battue pour Mizu no Kuni, l’idéal d’un Kiri de Paix me donnait l’envie de m’investir pour ce pays, en plus d’avoir l’impression de retrouver une place. » Ses épaules trahirent un léger rire, alors qu’elle se laissa glisser contre les barreaux. « Puis Benten. Puis les Sabreurs, toujours plus de haine. Chasser un tirant pour en voir un autre arriver. J’aurais pu rester à Kiri et faire comme toi. Exécuter les ordres. Mais pas au risque de voir ceux que j’aime se faire poignarder ou craindre de sortir en public. » Elle sourit, posant son crâne contre le même barreau, repliant un genou et l’enserrant de ses deux mains froides. Dans le meilleurs des cas, son histoire l’intéresserait, dans le pire, elle l’ennuierait, mais cela ne le changerait pas de sa routine. « Alors pour mes convictions, pour ma famille j’ai trahi Kiri. Ce village qui ne partage pas ma vision car… Je n’ai pas besoin d’exprimer ma fidélité par quelques contrats ou signatures. Je n’ai jamais trahi mes amis, ma famille. Je pense qu’on ne trahit pas ce en quoi on croit. Et si c’est la Paix que tu désires, alors tu partages déjà un point commun avec Iwa et moi. »

Devant les derniers mots et tracas du prisonnier, Ayuka sourit un peu plus, riant presque. La cigarette et les bonbons avant la Paix, voilà un deuxième point commun entre les deux Yuki. Finalement, peut-être n’étaient-ils pas si différents. Levant légèrement la main, sans réellement regarder, Ayuka lui pointa le haori qui trainait sur la paillasse servant de lit au jeune homme. Le soir de l’assaut, alors qu’il s’était laissé fait capturer, elle avait retiré son vêtement et l’avait glissé sous la tête de Noah, espérant lui éviter quelques maux aux cervicales. « Regarde bien, cela devrait couvrir ce fameux manque que je connais également par quelques moments. »

Si le Yuki sortait de sa flegme presque légendaire, peut-être prendrait-il le temps de découvrir les quelques réserves personnelles d’Ayuka. Après tout, la nuit où Noah avait énoncé le but de sa mission, elle pensait simplement sortir se promener avec Eiichiro. Et dans ce type de situation, elle avait toujours quelques sucreries colorées, légèrement piquantes dans les poches. « En revanche pour fumer, non seulement ce n’est pas une de mes activités favorites, mais je doute que les gardes te laissent faire. »

Elle soupira légèrement, fermant les yeux, une voix plus posée, moins teintée de malice et d’amusement s’échappa d’entre ses lèvres. « Je voudrais un monde où Rakka et Setsuka n’aurait pas à connaître une guerre. Ou les Sabreurs sauraient connaître l’amusement sans verser le sang. Ou un Mizukage penserait à santé de ses sujets avant de regarder l’horizon en rêvant de ses conquêtes. » Elle marqua un légère pause, sortant une bille rouge de sa propre poche, la contemplant quelques instants avant de la glisser entre ses lèvres, un goût de fruits rouges amusant son palais. « Sauf que je dois devenir plus forte pour atteindre mes objectifs. Et toi Noah, penses-tu vaincre le Soshikidan ainsi ou penses-tu devoir devenir plus puissant pour cette Paix que tu recherches ? »

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Mer 27 Déc 2017 - 2:45

Ce que je détestais, lorsque je manquais de tabac, c'était que l'on vienne m'assommer de paroles. Peut-être était-ce une sorte de nouvelle forme de torture que de me laisser sans tabac plus de vingt-quatre heures, et d'ensuite venir me voir malgré tout. Ayuka ne devait clairement pas me connaître. Mais d'un autre côté, je ne la connaissais pas non plus. Et au vu de ce qu'elle disait, j'imaginais que j'en avais des choses à apprendre. Et puis elle continuait de me parler de famille. Que pouvais-je répondre avec mon ignorance, si ce n'était le silence ? Finalement, elle me parlait d'elle, alors que je restais adossé à ce mur froid, poussant un bref soupir, sans relâcher mon regard.

Elle me partageait son expérience, comme si elle se trouvait face à un confident. Drôle de manière de traiter ses prisonniers. Mais soit, je restais attentif. J'étais du genre à apprendre à travers la vie d'autrui. On sous-estimait bien trop souvent les interactions sociales. Et j'étais probablement le plus mal placé dans cette cellule pour penser une telle chose. Mais les raisons qui l'avait poussé à trahir Kiri, avais-je quelque chose à en apprendre ? Je n'étais pas quelqu'un de fidèle, qu'importe dans quel sens je retournais la chose, je ne pouvais pas jurer fidélité à qui que ce soit, si ce n'est à la Paix. Alors que je me laissais guider par le mouvement d'Ayuka. Son haori qui m'avait servit d'oreiller. Une noble intention de sa part.

- Je les ai déjà mangé.

Elle employait les mêmes mots que les miens. Moi qui n'avait jamais rien connu d'autre que Mizu no Kuni, me retrouver dans un tel environnement ne me dépaysais pas vraiment. Mais ma curiosité était attisé. En venir à déserter Kiri, existait-il un lieu plus propice à la Paix dans ce monde ? Sans doute. Voyager a toujours été un de mes rêves. Pour apporter une Paix parfaite, il fallait qu'elle soit universelle.

- On cherche toujours à devenir plus fort, qu'importe les motivations. Néanmoins, ne te méprends pas. La Paix que Iwa et toi recherchent n'a rien à voir avec la mienne.

De toute façon, j'allais probablement mourir dans les jours qui viennent, je n'avais plus vraiment d'intérêt à cacher mes ambitions.

- Tu cherches une Paix pour ce monde, tu veux un avenir pour les jeunes, tu souhaites le bonheur... Je me fiche de tout cela. La seule chose qui m'importe, c'est que ce monde soit en Paix avec mes convictions. Je veux un monde où je peux dormir sans penser à quoi que ce soit. Les autres ne m'intéressent pas.

Je n'aime pas le Soshikidan, je n'aime pas leur chef. Et pourtant, forcé de constater que son ambition s'approche de la mienne. Ca aussi, j'en avais déjà parlé avec Shiori. Et à mes yeux, le bonheur n'avait aucun lien avec la Paix que j'envisageais, pas même le mien. Car malgré mes désirs, comment pouvais-je savoir si ma Sérénité suffirait à me rendre heureux ? Je ne rêvais pas d'une idylle, j'avais juste une soif de curiosité à assouvir.

- Tu as vécu, Ayuka. Moi, je ne connais que Mizu, et Kiri. Alors dis moi, comment est la vie à Iwa ? Comment vivent les gens ici ?
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Jeu 28 Déc 2017 - 14:53
« Tu en veux d’autres ? » Une question assez innocente dans ce contexte sombre et bien particulier. Cependant Ayuka était sincère en lui demandant s’il désirait de nouvelles sucreries, s’il désirait que chaque matin, à chaque lever de soleil, elle se présente devant sa cellule, quelques bonbons dans les poches pour l’occuper quand le sommeil ne serait pas totalement maître du Yuki. Sans le couper plus, elle l’écouta parler, le froid des barreaux contre sa tempe en accord avec les mots froids et calmes du jeune homme. Il semblait si différent de ceux qu’elle avait déjà pu rencontrer. Comme si derrière son regard éteint et ses pas nonchalants se cachait un feu de volonté prêt à se révéler à la moindre évocation de cette paix qui lui tenait tant à coeur visiblement.

« Lorsque le monde est en paix, cela signifie que l’on a pas besoin de s'occuper des autres. Si tu veux vraiment cette Paix, sauf à déjà être le shinobi plus puissant que tous les autres sur cette terre, tu n’auras pas le choix de t’occuper et être avec les autres. » Le ton était calme, le regard fatigué. Une réflexion qu’elle venait de lui lancer sans réellement y réfléchir avant, comme une évidence aux yeux de la Yuki. Avant qu’elle n’ajouta un peu plus malicieusement « Il est toujours plus facile de dormir tranquillement quand on a un ami éveillé pour protéger cette Paix, à côté. »

Dehors le reste du village continuait de s’activer, les combattants aux aguets de nouvelles attaques, les médecins cherchant à sauver le plus de patients et nul doute que les gradés devaient déjà avoir organisé plusieurs réunions afin de se préparer. Les orages de la guerre semblaient s’approcher toujours un peu plus mais personne ne savait quand leurs éclairs tomberaient et surtout, qui serait foudroyé. Ayuka soupira doucement et replia ses genoux contre elle, non sans se désintéresser de Noah et encore moins de sa question. Comment vivaient les gens à Iwa… Différemment qu’à Kiri, la chose était certaine mais pas si facile à expliquer.

« J’ai vécu mais encore beaucoup à découvrir. Iwa m’offre un foyer paisible mais je ne compte pas y rester enfermée alors que le reste du monde n’attend pas. » Les envies de voyage habitaient toujours Ayuka qui se souvenait de son père lui parler de dizaines de pays différents, de merveilles à découvrir et de la source de tant d’histoires à trouver. C’était peut-être cruel, mais Ayuka ne voulait pas finir comme Eiichiro, ce même homme toujours impressionnant dans son esprit mais qui peinait tellement à comprendre à quoi pouvait bien ressembler une montagne. Jamais sorti de l’Archipel, il ne pouvait avoir une vision complète du monde, chose que désirait Ayuka.

« La vie est assez paisible quand Kiri ne vient pas y semer le trouble. Je ne connais pas encore tous les aspects de ce village mais… Tu y es libre. Si tu as des rêves, ils sont écoutés. » Même si Ayuka n’avait pas encore rencontré personnellement Borukan Akimoto, le simple fait que Chôgen-sama ait accepté leur arrivée et les ait accueilli avec bienveillance était une démonstration de ses dires. « Si tu veux dormir jusqu’au zénith tu peux. Autant que si tu désires danser ou boire toute la nuit. Rester enfermé dans une bibliothèque à lire n’est pas un déshonneur face à la rudesse des entraînements imposés à Kiri. J’ai vu des mentors demander à leurs élèves ce qu’ils désiraient apprendre plutôt que les menacer au moindre échec. L’Académie est ouverte à tous les curieux et ceux désireux d’en apprendre plus… J’imagine que c’est de ce respect de l’autre et cette liberté qui amène à une telle dévotion du peuple envers la Roche. »

Pour l’instant, Ayuka n’avait subi aucune contrainte et servait Iwa selon son bon vouloir. Le bandeau se cachant sous son haori, elle l’avait accueilli pour rester auprès de sa famille. Au début de la désertion, elle regardait Kiri d’un air mélancolique malgré le frisson de l’aventure qui l’avait saisi et qu’elle appréciait tant. Ayuka était partie pour sa famille avant ses convictions mais défendait Iwa avec une volonté propre.

« Le soir je peux m’endormir en me disant que si je désire voyager, ce qui est le cas, là où Kiri me tuerait pour franchir les portes du village, Iwa me demanderait simplement de raconter mon périple à mon retour. »

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Sam 30 Déc 2017 - 13:54

- Ou alors, me faire ennemi du genre humain, et tout mettre en oeuvre pour l'exterminer... Ça pourrait marcher aussi, tu ne penses pas ?

La candeur avec laquelle j'exprimais ce genre de possibilité m'effrayait un peu. Je n'avais pas de réel avis sur la question en réalité, sans doute qu'Ayuka était dans le vrai. La question pouvait se poser après tout. Avais-je réellement besoin des autres pour ma paix ? Ne pouvais-je pas la vivre seul ? Moi qui n'avait connu que si peu de choses au cours de ma courte vie, une telle éventualité me donnait un peu le vertige, même si mon visage ne bougeait pas d'un poil. Néanmoins, il s'agissait peut-être d'une question à laquelle je ne pouvais pas répondre, et sans doute pas un sujet que je souhaitais aborder de toute façon. Au moins, Ayuka avait la gentillesse de me répondre directement.

La vie à Iwa. Un monde dont je ne savais rien. Depuis Shîto, mon opinion s'était un peu ouverte sur le reste du monde. Tous ne vivaient pas comme à Kiri, et c'était déjà un point à noter. Evidemment, je ne m'attendais pas à ce que la jeune femme critique le village qui l'avait accueillit, tandis que Kiri semblait l'avoir rejeté. Mais je ne souhaitais pas prendre part à un tel débat. Ses paroles auraient put me faire sourire intérieurement, mais je n'étais pas tant en état pour cela. Vivre sans pression, profiter des simples plaisirs, aller là où l'on souhaitait. Elle envisageait même de découvrir le monde ? C'était amusant, il s'agissait aussi d'un de mes objectifs.

- A t'écouter, il faudrait être fou pour ne pas venir vivre à Iwa, et tu as peut-être raison...

Et j'étais sincère. Elle avait l'air si épanouie. Moi qui n'avait put la voir que quelques rares fois à Kiri, je devais dire que je ne l'avais jamais vu aussi douce.

- Si tu as d'autres sucreries, je ne dirai pas non...

D'un soupir, je rassemblais alors mes forces en me relevant, commençant à me diriger d'un pas lent vers mes barreaux, jetant un regard aux alentours. Evidemment, personne qui pourrait m'approvisionner un tabac. Même pas une petite clope. Quelle vie, que celle d'un prisonnier.

- Tu sais Ayuka, je me fiche des villages. De savoir que je suis Kirijin,
Iwajin ou Kumojin... Ce sont des valeurs dérisoires. Je ne me bats que pour une seule chose, et je m'opposerai à tout ce qui m'empêchera d'accéder à cette chose.


C'était aussi pour cette raison que je ne saisissais pas son concept de famille. Quel intérêt avais-je à vivre aux côtés d'autres êtres partageant un même sang, ou une même idéologie, si ils ne me servaient pas pour mes ambitions ? Malheureusement, j'avais la soudaine impression d'avoir raté quelque chose dans mon éducation. Je n'aimais pas me le dire, mais mes parents m'avait élevé, et façonné pour que j'agisse comme un parfait soldat. Ils avaient commis une erreur dans le calcul, et me voilà.

- Mais j'imagine que c'est agréable de parler avec autrui. Si un jour j'ai la possibilité d'explorer le monde, je songerai à me montrer plus sociable.

Il était toujours temps de prendre de bonnes résolutions, j'imagine.
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