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Double-choc de vies // Eiichiro


Lun 11 Déc 2017 - 23:21
Pas rapide. Machoîre raidie. Les yeux froids.

« Azami ! »

Elle ne se retourna pas, quand sa mère l’appela sur un ton mielleux qui se voulait gentil et charmeur. Mais la jeune femme savait bien qu’il n’en était rien. Elle ferait tout pour l’écraser de nouveau, réduire ses rêves en miettes et le Clan avec. Alors, elle ouvrit la porte avec rage et violence, emportant ses affaires qu’elle avait attrapées avec empressement, laissant seulement les kimonos et les habits trop parés de perles qu’elle n’avait jamais mis et que sa mère lui avait confectionnés, espérant qu’elle pourrait charmer un homme par la parure, plutôt que par sa beauté inexistante et plutôt banale, à vrai dire. Au diable, ces fanfreluches ! Elle n’avait et elle n’aurait jamais rien d’une femme au foyer, comme le voulait sa mère.

« Azami ! Tu as intérêt à ne pas passer le pas de cette porte ! »

Ton froid et cassant. Péremptoire. Qui ne laissait pas la place à la désobéissance. Qu’est-ce qu’elle en avait bien à foutre ? Sa place n’était plus ici. Et elle passa la porte, tandis que sa mère l’insultait avec des cris hystériques et du dialecte nomade, que la jeune femme n’avait pas entendu depuis bien longtemps. Mais Azami ne dépendait plus de l’autorité de sa mère, à présent. Elle pouvait être son propre chef.

Chef de clan.

Cela était bien étrange à se dire. Son père semblait avoir cédé à la folie après tant d’années, pour lui laisser cette charge et mourir le lendemain. Quel abruti. Elle l’avait maudit, autant que chéri, en vérité. Lui laisser un bazar sur les bras, surtout sa mère qui avait été si pâle en ressortant à sa suite.

Azami, responsable de la lignée ?

Une femme, deuxième née ?

Mais Choji était parti. Et si Choji était parti, alors il ne restait qu’elle. Son père avait montré une telle tendresse pour elle, qu’elle s’était demandé si un démon n’avait pas pris possession de lui. Pourtant, elle avait senti sa faiblesse et son angoisse lorsqu’il lui avait pris les mains avec précipitation. Il avait senti son heure arriver. Il la sentait, terrible et grondante. Dans le désespoir, il l’avait nommée alors qu’elle n’avait jamais été préparé à cela. C’était Choji qui aurait dû prendre cette place. C’était ce qu’elle se disait, tandis qu’elle s’éloignait en essayant d’oublier les insultes de sa mère. Dieu, que sa langue natale était bonne pour les charretiers. Un immense paquet sur le dos, elle se frayait un chemin dans la foule, pour s’éloigner bien vite de tout cela et oublier. Oui, oublier. Elle ne voulait que cela. Cela allait être difficile, quand elle n’avait plus nulle part où aller. Et cette nouvelle angoisse lui tordait les boyaux, tandis que son regard vide et distrait sur les pensées ne lui permit pas d’être assez attentive pour voir l’homme qui s’était arrêté devant elle.

Blam.

Le choc fut violent, mais bien plus pour la jeune femme qui reçut dans la tête une des vieilles casseroles de sa quincaillerie d’herboriste qui lui tomba dans la tête, sous le coup d’arrêt qu’elle avait reçu. Elle fit une grimace, roula des yeux comme pour mieux se réveiller avant de murmurer un pardon quelque peu perdu.

Oui, elle était perdue. Devant sa propre initiative qu’elle avait pris pour quitter le navire, et face à une charge qu’elle trouvait drôle. Ha ! Chef de clan, alors que personne ne pouvait la suivre. Que c’était risible en ce temps de guerre !

Ses yeux noirs se relevèrent doucement, vers l’homme, bien grand qu’elle avait percuté dans un moment d’inattention. Et elle sentit son coeur faiblir quand elle le reconnut. Elle savait qu’elle le reverrait, mais peut-être que ce n’était pas le bon moment. La gorge sèche, elle déglutit un peu avant de demander d’une voix blanche, trahissant autant son émotion que sa surprise :

« Eiichiro ? »

La jeune femme était couverte de bandages sur les mains, le visage et les genoux, les cheveux courts et informes. Elle puait la cendre et la sueur. Ce n’était peut-être pas exactement le bon moment pour lui retourner son manteau qu’elle avait heureusement pensé à emporter avec elle.


Dernière édition par Adamachi Azami le Mar 12 Déc 2017 - 22:38, édité 1 fois
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Mar 12 Déc 2017 - 16:57
Le Festival était fini depuis un moment maintenant. Puis, il y avait eu l’attaque de Kiri. Cette tentative, manquée, de l’arracher à ses nouvelles racines. Pourtant, depuis cette rencontre nocturne, il n’avait plus eu aucune nouvelle de l’Adamachi. Disparue. Evanouie. Si ce n’était pas encore de l’inquiétude, ou même un véritable souci de son esprit, l’aveugle aurait au moins aimé entendre son prénom cité dans ceux qu’ils avaient perdu pour sauver sa misérable vie. Or, de cette douce soirée intrigante, il avait offert un de ces manteaux bleus à celle qui, finalement, prenait froid sous le ciel frais de la soirée. En plus d’être invité à se joindre au travail du thé, dont il avait accepté l’offre, il s’était attendu à la retrouver au moins une fois. Pourtant, la rencontre, quoi que plaisante, s’était montrée éphémère. Sans lendemain. Sans même un mot. Juste ce souvenir. Qui s’oublierait sûrement. Mais la jeune femme l’avait intrigué et s’il ne dirait jamais qu’il s’inquiétait de sa situation, il était en quête de nouvelles et d’informations. Aussi, au milieu d’une rue perdue, il s’était arrêté. Là où il pouvait sentir la cuisine simple et rapide d’un commerçant local, il se posa pour poser les questions qui lui brûlaient les lèvres.

_ La Demeure Adamachi, s’il vous plaît ? »

Et, sans le voir, avec un sourire amusé aux lèvres, il comprit que le marchand lui pointait une direction, sans réellement se préoccuper de la cécité du Yuki. Les gens n’y prêtaient pas attention ou, plutôt, s’ils le remarquaient, ils oubliaient d’en changer leurs habitudes. Puis, comme toujours, l’homme s’excusait. Comme tout le monde. Parce qu’ils pensaient l’offenser. L’homme bredouillait, évidemment, puis il avait mis des mots. Il lui avait indiqué en nombre de pas approximatifs, comme Eiichiro le demandait. Puis, alors que l’aveugle baissait la tête dans des remerciements honnêtes, l’homme s’était une dernière fois excusé de bredouilles sincères. Si, longtemps, l’aveugle avait souffert de son handicap, il se m’était finalement à l’accepter. Aussi apprenait-il à vivre plus sereinement cette cécité qui, si longtemps, l’avait fait passer des nuits blanches, pourtant si sombres à ses yeux morts. Aujourd’hui, alors qu’il montait la côte qui devait conduire à la demeure, il se montrait plus attentif encore à son environnement. Lentement, son oreille s’habituait et apprenait. Elle distinguait un peu mieux les bruits lointains. Moins surpris par les cris des enfants, les stupéfactions et autres surprises inattendues, l’aveugle apprenait que son malheur pouvait être, d’une certaine manière, un don. Long chemin invisible. Parcours solitaire. Ténèbres dévorantes. Il n’était plus l’homme de ce début d’année. Il n’était plus l’homme qui s’était battu pour Kirigakure. Il n’était plus celui qui avait perdu sa vue et pleurait, chaque soir, pour revoir juste une fois un le ciel étoilé. Il n’était plus non plus celui qui s’était traîné pendant si longtemps sur les mers et routes afin de se trouver un nouvel avenir. Il n’était plus. Il ne serait plus.

Un choc. Durant un court instant, il fut bousculé. Légèrement. Non pas de quoi le faire tomber à la renverse, comme cela aurait été le cas par le passé. Mais, plus sûr, il laissa son pied droit en arrière, récupérant déjà un équilibre qu’il ne perdrait pas. Pour autant, sa canne lâchée par la surprise d’un tel contact, il s’était rapidement ressaisi. Aussi, alors qu’il entendait la voix de celle qu’il était justement cherché, il s’était laissé à un sourire doux, presque tendre, et amical. Sereinement, il tendit pourtant son oreille, entendant encore les cris et remontrances d’une femme qui s’énervait. Aussi, posant un genou au sol, tâtonnant de sa main gauche le sol poussiéreux, il parla à l’adresse de la demoiselle. Cette femme qu’il comparait en son cœur à une étoile, une lueur au milieu de son obscurité quotidienne.

_ Azami ? Est-ce que tout va bien ? Tu ne t’es pas faite mal ? »

Il la tutoyait, comme lorsqu’ils s’étaient quittés. Il souriait doucement, sobrement, alors qu’il retrouvait la canne qui le rendait encore aveugle, qui le désignait comme aveugle. Qui le pointait tel un aveugle. Puis, se relevant à moitié, lui présentant une main pour la relever, il écoutait les alentours et cette femme qui, hurlant, s’approchait rapidement du duo. Aussi, sourcils froncés sous son bandeau noir, l’aveugle s’excusa la jeune femme. Pourtant, curieux, il se gardait bien de questionner cette dernière sur la femme qui venait à eux, appelant l’Adamachi par son prénom.

_ Je ne voulais pas te bousculer, excuse-moi. »
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Mar 12 Déc 2017 - 20:12
« Et que crois-tu faire, à partir comme ça ? Remettre le clan sur pieds ? Voyons, nous savons toutes les deux qu'il n'y a que Choji qui en a le pouvoir ! »

La voix de sa mère lui parvenait à ses oreilles, désagréable. La jeune femme soupira. Ce n'était vraiment pas le bon moment de retrouver l'aveugle. Elle serrait les poings, tout en détournant le regard d’Eiichiro. Heureusement qu’il ne la voyait pas. Probablement qu’il aurait ri d’elle, comme n’importe qui d’autre. Elle ne savait pas dans le fond. Elle ne le connaissait qu’une d’une nuit étrange et douce du festival de l’été. Et cette nuit semblait si loin qu’ils étaient peut-être redevenus inconnus. Il avait souri pourtant. Il n’avait pas dû encore sentir la puanteur dont elle était entourée depuis plusieurs jours, fuie par le sommeil et muée par une sorte d’ataraxie qu’elle avait soudainement quitté. La jeune femme était épuisée et sa mère ne faisait que la poursuivre, tel une grive avec sa proie. Sa patience avait des limites et elle sentait qu’elle allait probablement exploser de colère. Légèrement gênée, elle s'excusa auprès de lui en retour :

« Oh, il n'y a pas de mal. C'est plutôt moi qui devrait m'excuser. Pour t'avoir bousculé, et pour ce à quoi tu vas assister. »

Rencontrer sa mère en folie furieuse n'était pas vraiment une bonne manière de donner une bonne image de soi. Malgré tout, elle se retourna doucement, posant son paquet énorme qu’elle avait porté sur son dos, et faire face à la femme qui était visiblement sa mère, mais avec qui elle n’avait jamais rien partagé qu’une étrange froideur.

Elle avait compris, tardivement, qu’elle préférait Choji et que ses parents ne s’étaient jamais réellement aimés.

La claque qu’elle lui envoya dans la tête la fit légèrement reculer, mais elle tint bon, tandis que les badauds commençaient à s’arrêter pour regarder le curieux spectacle. La joue rougie, Azami releva les yeux vers sa mère, pour lui répondre d’un ton glacial, les mêmes mots que son père lui avait dit :

« Choji n’est plus là. Il est parti, a choisi la voix de la guerre, plutôt que la paix. Mon père, ton mari, m’a demandé de prendre la suite et de faire mon propre choix. J’ai fait mon choix. Je prends la suite de la tribu. Je pars retrouver les nôtres que nous avons oublié durant ces dernières années. »

Son coeur soupirait et pleurait. Non, elle n'avait pas envie qu'Eiichiro voit ça. L'entende, plutôt. Mais c'était tout comme. Déjà, sa mère la fixait d'un œil sévère et la lueur qui brillait au fond de ses yeux aussi noirs que ceux de sa fille brillaient d'une lueur qui ne laissait pas place au doute : ce qu'elle allait lui dire serait d'une violence sans nom. Azami serra les poings, comme pour se donner du courage. Elle tremblait doucement, pourtant. Entre peur et rage silencieuse.

« Choji était un garçon, jeune fille. La décision de ton père était une folie, faite sur son lit de mort. Qui me dit que tu ne l’as pas payé, ou que tu as usé de tes charmes ? » répliqua-t-elle avec un ton cinglant.

Sourire élargi, goguenard. Rire acerbe, et pique amère :

« Mes charmes ? Tu disais toi-même que l’homme qui me prendrait pour femme un jour, serait un idiot ou un aveugle. Je ne lui avais pas parlé depuis quatre ans, tout comme toi. Et tu le sais. Il a fait son propre choix. »

Elle contemplait, cette vieille femme, brisée par le poids des années, de sa froideur et de sa frustration. Il n’y avait rien d’agréable à l’entendre ou à la regarder. Elle avait perdu tout le charme et l'agréable de sa jeunesse, que ce soit physiquement ou moralement. Elle n'était plus qu'une ombre parmi les ombres, un serpent parmi les serpents. Dire qu’elle était sa mère. Et dire que rien d’affectueux ou de chaleureux n’était venue d’elle. Elle aurait pu se demander si elle avait été réellement sa fille. Sa mère grimaçait, face à la réponse qu’elle lui faisait. Parce qu’elle savait qu’elle avait raison. Et elle trouverait d’autres arguments pour la balayer, et la dénigrer. Elle l’avait toujours fait. Elle le ferait toujours.

« Tu n’y arriveras pas, Azami. Les Sugiyama, les Hirano et les Takagi qui nous ont suivi ici, ont depuis un bon moment oublié la tribu. Ils sont passés à autre chose. Ils ne t’obéiront pas. Tu n’es qu’une femme, mets-le toi bien dans la tête. Arrête ta folie, ma puce. »

Ce surnom qui se voulait affectif n'en avait que l'apparence. Fumiko essayait de l'amadouer, mais elle n'en ferait rien. Jetant un oeil discret à Eiichiro, elle se recula un peu pour s'approcher de lui. Sa présence lui faisait du bien, quand elle se rappelait de la soirée qu'elle avait partagé avec l'exilé. Autant qu'elle lui était agréable, elle lui faisait du mal, car il serait le réceptacle de tout ce bazar. Elle voulait lui dire merci, mais il ne sortait pas. Seules ses mains tremblaient, sourdement. Et s'il en avait saisi une, il aurait pu le savoir. Alors, la jeune femme éclata, d'une voix sourde :

« Et je suis aussi ta fille. Une fille que tu n’as jamais soutenue. Que tu as toujours placée dans l’ombre de Choji. Où est-il aujourd’hui, ton préféré ? Parti ! La seule qui ait bien voulu rester avec vous jusqu’au bout, quitte à ne plus être nomade, c’est moi. Et uniquement moi. Tu n’en as jamais rien eu à faire de comment je l’ai ressenti. De comment je l’ai vécu. De si je l’avais réellement choisi. Je n’ai plus de comptes à te rendre, aujourd’hui. Je pars sur d’autres chemins. »

Et la colère de sa mère, se raviva, tout comme son poison insipide qui lui sortait de la bouche :
« On ne traite pas une mère comme tu le fais. Choji était gentil, lui. C’était lui qui aurait dû hériter de la charge. Tu n’es qu’une sale petite profiteuse. Une putain, Azami. »

Ha. L'insulte avait été cinglante et grinçante. Elle avait légèrement sursauté, aux côtés de l'aveugle. Azami avait tout simplement envie de s’enterrer sous terre. D'en disparaître même. Ou qu'Eiichiro oublie ces paroles. Pas le bon moment. Vraiment pas le bon moment. Elle était rouge écarlate de colère et de honte. Ses yeux la piquaient, mais elle se retenait de pleurer. Que cela lui était douloureux de faire face à tout cela. La jeune femme resta cependant droite, impassible, retenant ses larmes. Derrière sa façade cependant, la tristesse se répandait dans son coeur. Comment sa famille en était-elle arrivée à ce point ? Rire moqueur dans la bouche édentée de Fumiko :

« C’est vrai que tu n’as jamais été jolie. La lignée s’éteindra avec toi, de toute manière. Tu essayais de faire du gringue auprès cet homme derrière toi ? Tu n'aurais pas tort, seul un aveugle voudrait te marier. Il ne pourrait supporter ta vue. »

La jeune femme se raidit sensiblement, la face plus pâle que jamais. Elle sentait la colère monter. Doucement. Mais sûrement. Mais elle se retenait, elle se retenait... De la tenue, Azami, de la tenue ! C'est cela qui la faisait tenir face à la méchanceté dévorante qui avait englouti sa mère et qui voulait l'engloutir elle aussi. Elle répliqua d’une voix cassante et sèche, malgré tout posée :

« Ne le mêle pas à cela. Et pars. Tu en as déjà plus dit que nécessaire. Tes paroles me fatiguent, autant que de te voir. »

« Je ne partirai pas. Pas avant que tu aies abandonné cette idée sotte. Tu vas revenir à la maison, et tu continueras tes tâches, comme tu l’as toujours fait. Tu n'as pas le don de Choji. Tu ne l'auras jamais. Je l'ai immédiatement vu, le jour de ta naissance. »

Et elle cracha par terre, comme pour exprimer son dégoût. Trop sûre d’elle, Adamachi Fumiko n’aurait pu voir passer le coup de pied qu’Azami décocha devant elle, pour s’arrêter en équilibre, juste devant la face de la vieille. Elle était blanche comme un linge, et les badauds retenaient leur souffle. La brune ne l'avait pas frappée. Le coup servait plus d'avertissement que de réelle menace. A la prochaine pique, elle savait qu'elle ne se retiendrait pas.

Les yeux noirs de la jeune femme brillaient d’un éclat sauvage, le même qui l’avait saisie à l’hôpital d’Iwa.

« Pars, Fumiko. » gronda-t-elle dans un souffle, avant de se retourner précipitamment, sans même attendre sa réponse.

Mais cela n’aurait servi à rien, sa mère était pétrifiée sur place, hébétée et choquée, ne sachant que faire. Il fallait profiter de ce moment pour s’éclipser. La brune ignora la douleur qui la lançait dans la jambe gauche et attrapa pendant une seconde le bras d’Eiichiro qui avait tout entendu et qui devait rester coi face à ce déchaînement de haine, d’insultes et de choses bien étranges, pour lui faire comprendre qu’ils devaient bouger, et vite. Elle saisit alors son sac énorme pour le reposer sur son dos et lui lança à la volée, à la manière du petit oiseau vif et énergique qu’elle avait été :

« Suis-moi en écoutant le tintamarre de mes casseroles. Mieux vaut éviter que la mégère ne nous importune plus que cela. »

Elle baissa les yeux au sol, embêtée et sombre. Plus honteuse que tout, à vrai dire, elle rajouta en s’élançant d’un pas vif dans la rue :

« Tu en as assez entendu comme ça. Il s’est passé bien des choses ces derniers mois. Je t’expliquerai plus tard, promis. »

Vive comme le vent, elle s’élança avec sa camisole sur le dos qui sonnait comme de mauvaises clochettes. Mais elle était plus accessible que jamais elle ne l’avait été, muée par un nouveau souffle. Un souffle qui la sauverait enfin de sa solitude et de la nostalgie.

Le dernier souffle de son père et son héritage.
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Dim 17 Déc 2017 - 21:28
La femme approchait déjà. Pleine d’aigreur dans la voix. Pleine d’une colère qui agaçait déjà l’aveugle. Pleine de mots idiots. Dans le silence qui accompagnait l’obscurité de sa vue, il baissa la tête devant la jeune femme qui s’excusait. Car, selon ses mots, il allait assister à quelque chose de regrettable. Pourtant, comme pour tenter vaguement de la rassurer, relevé et la canne dans sa main gauche, il laissa entendre, d’une voix imperceptible, quelques mots. Car il ne pouvait dire que cela. Car il ne savait que dire de ce qui allait suivre. Car il ne connaissait pas cet avenir incertain. Mais il était venu à elle. Pour récupérer son manteau. Pour retrouver, le temps d’un instant, une présence bienveillante. Ce ne serait finalement pas le cas.

_ Il n’y pas de soucis. »

Puis, il comprit ce qui devait se dérouler face à lui. Une dispute. Violente. Deux femmes aux avis opposés. Deux femmes qui ne s’entendaient pas sur la mort d’un homme. Un mari. Un père. Deux femmes qui contestaient la dernière décision d’un défunt. Car, alors qu’il tentait de comprendre, liant les informations qui se faisaient à ses oreilles, il comprenait combien la jeune Adamachi, cette vague connaissance d’une soirée tranquille, n’était pas aimée de tous, et encore moins par cette femme qui semblait être sa mère. Une mère qui, à l’entendre, était jalouse. C’était là la conclusion la plus aisée qu’il pouvait faire. A l’entendre, elle était jalouse de sa fille et de son succès. Jalouse de sa beauté, qu’elle semblait nier en l’insultant et l’intimidant. Pourtant, silencieux, le Yuki conserva son calme glacial, néanmoins prêt à réagir au moindre danger. Sourcils froncés, il était bel et bien attentif à ces noms qui se disaient.

Elles évoquèrent l’avenir. Elles évoquèrent la difficulté que la femme avait de trouver un homme pour elle. Elles parlèrent d’un Choji et de bien d’autres affaires dont il ne comprenait pas le sens, sinon qu’elles parlaient de la succession d’un homme décédé et dont la décision était maintenant contestée par celle qui pensait tout avoir. Curieusement, à les entendre, l’aveugle se demandait comment une telle mère avait donné une telle fille. Car elles semblaient en tout point bien différentes. C’était-elle donc construite à l’opposé de sa mère ? Ou cette dernière, aigrie par le temps, était devenue ce qu’elle présentait aujourd’hui ? Curieux, mais silencieux, l’aveugle écoutait attentivement la discussion qui se déroulait près de lui. Nul doute que, alors que les mots se brisaient et frappaient la dignité de chacune, tout ceci ne terminerait pas dans la meilleure des humeurs. Aussi, le tout vint à se finir lorsque la jeune Adamachi invoqua sa mère de partir. Puis, le silence, et elle lui tira un bref instant le bras, l’ordonnant même de suivre le bruit qu’elle faisait de ses casseroles. Il souriait, comme si, durant l’Invasion, la jeune femme s’était lentement transformée en une autre. Aussi, doucement, alors qu’il continuait d’écouter le bruit qu’elle faisait en se déplaçant, il prit finalement la parole.

_ Comme tu souhaites. Tu as l’air pour le moins occupée. Tu préfères que je revienne plus tard ? »

Puis, ne lui laissant pas vraiment le temps de répondre alors qu’il accélérait lentement son pas pour bientôt venir se mettre à sa hauteur, il plaça son bras, et sa canne, en travers du chemin de celle-ci, à hauteur de ses épaules. Qu’elle s’arrête et, avançant encore de deux pas, il se tourna vers elle.

_ Pourrais-tu te calmer ? J’aimerais te donner un coup de main. Est-ce que je peux porter quelque chose ? Tu sais au moins où tu comptes te rendre ou tu marches au hasard ? »
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Lun 18 Déc 2017 - 1:17
Elle s'arrêta aussi brusquement qu'elle était partie en trombes dans la rue, l'entraînant dans son sillon. Si on lui avait dit qu'elle retrouverait l'aveugle dans une forme aussi olympique, elle ne l'aurait pas cru. Il lui avait coupé la route de sa canne et l'avait littéralement rattrapée de deux grands pas pour se poster devant elle avec la prestance qu'elle avait aperçu de lui lors du festival de cet été. Mais il n'avait plus rien de l'esseulé ou de l'exilé. Azami resta bouche bée, les yeux grands ouverts, oubliant presque sa mère qui lui avait porté de violents coups au coeur. Parfois, les mots étaient de terribles armes avec lesquelles on pouvait poignarder quelqu'un plus facilement que l'on ne l'aurait fait avec notre propre force.

Parfois, les mots permettaient de remettre les idées en place. Et ceux d'Eiichiro remirent la jeune femme bien en place, loin de sa colère, de sa honte et de son envie de fuite incertaine. A nouveau, droite dans ses bottes et raide. Raide de fatigue surtout, elle s'en rendait bien compte. Deux jours étaient passés depuis la mort de son père, de sa décision et de la vague inattendue qu'elle s'était littéralement prise dans la figure. Elle n'avait presque pas dormi depuis deux jours, et ce retour à la réalité si soudain, ramenait ce poids infernal à ses épaules. Oui, elle s'était calmée. Calmée sous l'épuisement. La bouche sèche et pâteuse, elle finit par lâcher honteusement à l'aveugle :

« Non. Je ne sais où je vais. »

La jeune femme n'avait nulle part où retourner à présent. Et il était hors de question de faire demi-tour. Elle en tremblait de peur intérieurement et de toute manière, elle n'en avait plus l'envie. Relevant doucement la tête, elle regardait ce visage qu'elle n'avait pas bien pu voir dans les lueurs sombres de la nuit d'été. Et elle n'empêcha pas un sourire d'étirer ses lèvres. Parce qu'il y avait définitivement quelque chose d'apaisant chez lui, sur ce visage creusé par le temps et les batailles. De moins tourmenté. Il avait dû s'en passer des choses, ces derniers mois, pour qu'il change ainsi. Pour qu'ils changent ainsi. Elle, ne pouvait se féliciter d'avoir conservé le calme et la paix qu'il avait dû sentir d'elle, en plus d'une certaine retenue.

C'était un chaos sans nom qui avait tout balayé chez elle. La voix tremblante, elle tenta de reprendre la parole, de ce ton posé qu'il avait pu entendre d'elle cet été dernier. Mais elle n'en était plus capable. Sa voix se brisait, comme tout s'était brisé ces derniers mois :

« Je n'ai plus nulle part où aller. Mon père est mort. Je suis devenue cheffe d'une tribu éparpillée. Ma mère y est contre, alors j'évite son courroux en partant. »

Quel résumé simple. Fade. Piteux. Et ridicule. Elle se sentait comme l'adolescente qu'elle fut un jour et qui tenta de fuguer dans les steppes, par bravoure ou stupidité. Par stupidité, certainement. Au moins, elle ne s'y était jamais réessayé. Elle soupira en posant son sac de toile, bien trop lourd pour elle. Elle se sentait impuissante et misérable. Ce n'était pas ce qu'elle voulait d'elle-même. Ce qu'elle n'avait jamais voulu. Plus encore face à Eiichiro qu'elle revoyait pour la première fois depuis si longtemps. Elle l'avait vu en exilé esseulé, il la revoyait en souillon blessée et sans toit. Ne feraient-ils que se voir lors de leur fuites personnelles ?

« J'aurais préféré que nous nous revoyons en d'autres circonstances, mais je ne veux pas que tu partes. Je ne veux pas que tu portes mes affaires non plus, même si c'est très gentil de ta part. » reprit-elle, doucement, mais la voix tressautant toujours de l'émotion coincée dans sa gorge.

Mais qu'elle tremblait, parce qu'elle se rendait bien compte qu'elle n'avait plus rien. Si ce n'est un titre et ses affaires. Qu'elle n'avait plus personne, si ce n'est des noms de familles lointaines à retrouver et qu'elle ne connaissait pas si bien que ça. Elle aurait pu retrouver Kanon et se faire héberger par lui, mais il était mort. La solitude, qu'elle l'avait aimée. Qu'elle la détestait à présent. C'était bien pour cela qu'elle lui disait de rester. Parce qu'il était peut-être la dernière personne à qui elle pouvait se rattacher. Il avait connu l'exil, elle avait connu la perte d'une partie de ses traditions. Mais elle n'avait pas connu comme lui le déchirement de ses propres racines. Elle l'expérimentait amèrement aujourd'hui.

La jeune femme posa sa main sur son avant-bras, plus pour sentir sa chaleur, et se sentir moins seule en cet instant où tout lui revenait avec une violence qu'elle n'aurait pu jamais imaginer. Pourtant, elle était si forte d'habitude pour cacher tout cela. L'enfouir au fond d'elle-même. Et pleurer dans l'ombre. Sa main et ses épaules tremblaient, tandis que les larme coulaient doucement sur ses joues, et qu'elle lâcha une simple question dans un sanglot, à la fois bouleversée et perdue :

« Est-ce donc cela que tu as ressenti en partant de ton pays ? Autant de tristesse, de désolement et de vide ? »

Et elle ne pouvait s'arrêter de pleurer. Son masque impassible, cette maîtrise d'elle-même qu'elle avait toujours eue d'elle-même s'était envolée. Peut-être qu'elle n'avait jamais été aussi saisissable et si ouverte sans le vouloir à cet instant. La barrière impitoyable qu'elle avait montrée à l'aveugle, s'échappant doucement de ses doigts comme un chat malicieux et peureux, elle s'était abattue. Il n'y avait plus qu'elle, toute entière. Si fragile.

Tout son corps était douloureux. Sa tête lourde résonnait d'une migraine terrible. Et son coeur vibrait d'une peur et d'une tristesse sans pareille. La tâche qui l'attendait était peut-être comme son sac, après tout, trop colossal pour ses frêles épaules.

« Je suis désolée. Ce n'était pas dans ces conditions que je voulais te revoir. Pas comme cela. » réussit-elle articuler entre deux hoquets.

Tout s'effilait et se brisait. Elle était là, bien là. Vivante, présente. Elle-même, enfin. Un soulagement, et une douleur indicible pourtant. Elle avait tant perdu durant ces derniers mois. Elle n'avait plus envie de perdre quoi que ce soit ou qui que ce soit d'autre en plus.
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Lun 18 Déc 2017 - 9:59
Il s’était arrêté là, face à elle. Doux. Car elle s’était pressée de partir. Une véritable fuite. Marcher pour aller de l’avant. Marcher sans réellement savoir où, juste pour oublier ce qui se passait. Juste pour oublier. S’oublier. Elle marchait car elle ne savait pas quoi ou que faire. Alors, elle avançait, dans cet espoir étrange et si particulier de ces instants. Il se souvenait l’avoir lui-même vécu. Alors qu’il annonçait à Ayuka sa décision. Partir. Pas comme l’Adamachi. Mais partir. Loin de chez lui. Loin de ses racines. Loin de cette vie qu’il avait toujours connue. Puis, trente-huit années plus tard, après n’avoir qu’en de rares occasions quitté le territoire, de façon bien occasionnelle, il avait fui. Lâchement. Il n’avait pris que le strict nécessaire, demandant surtout à sa famille de le suivre sans poser une seule question. Il avait arraché Rakka à toute sa vie, déjà bouleversée par la véritable identité d’un père jusque-là absent. Il avait forcé Akimitsu à le suivre. Ayuka, venue rejoindre les siens, les Yuki, et qu’il enlevait au nom d’une amitié. Pourtant, à cet instant où il s’interposait entre Azami et sa fuite, il se voulait être un ami sincère et attentif. Et, comme un aveu de son inconscience, elle lui avoua qu’elle ne savait où aller. Qu’elle était seulement partie, comme une fugue, sans un véritable objectif clair en tête. Elle expliquait que, à la mort de son père, elle était devenue responsable d’une tribu disséminée. Pression. Responsabilité.

Il avait senti cette main qui se posait son avant-bras. Il avait entendu le vacarme de sac qui se posait au sol. Elle ne voulait pas qu’il parte, ni vraiment qu’il l’aide, en cet instant, à porter quoi que ce soit. Fierté ? Ou seulement une étrange volonté ? Elle le surprenait réellement. Même en cet instant hors du temps, où il l’avait arrêtée, elle pouvait encore le surprendre. Il avait frissonné. Car il ne pensait jamais la toucher encore. Que cette nuit-là, comme une faiblesse, n’existerait plus que dans ses souvenirs. Mais, alors qu’il la sentait trembler, la voix brisée de cette douce connaissance lui parut comme un déchirement du cœur. Et, alors qu’elle s’excusait de ces circonstances, il laissa tomber sa canne. Celle qui avait barré la route à l’Adamachi. Celle qui avait posé de cette distance protectrice. Brisée par cette main sur son avant-bras. Brisée par ces sanglots qui lui parvenaient silencieusement. Lâchée, oubliant les précautions de sa propre protection, ses doigts l’attrapèrent et, glissant silencieusement, la collèrent à lui. Car elle pleurait, il l’enlaçait comme il pouvait, d’une main posée dans sa courte chevelure. De l’autre posée dans le dos de celle-ci. Et, pendant un temps, il la laissa pleurer. Le temps qu’elle avait besoin. Aveugle, il n’était pas sourd ni entièrement insensible.

_ Il n’y a aucune mauvaise condition pour te retrouver, Azami. Il n’y en aura jamais, si tant est que tu voudras encore me retrouver. »

Puis, s’ouvrant doucement à elle, lui laissant le temps qu’elle désirait contre son torse, il passa une main dans les quelques cheveux. De son pouce, il tentait de la rassurer. Il tentait, doucement, de lui faire savoir qu’il était bel et bien là et ne comptait pas s’en aller … Sauf si elle le chassait comme elle venait de le faire avec sa mère. Aussi, brisant à nouveau le silence, sans pour autant s’écarter d’elle, il parla de lui. Il parla de son départ. Il parla, finalement, de ce passé qui l’avait conduit aux portes d’Iwa. A leur première rencontre sous les étoiles et son doux attachement à cette femme troublée.

_ J’ai moi-même été Chef de Clan, sais-tu, durant une période extrêmement troublée au Pays de l’Eau. Et … »

Un instant, il réfléchissait aux mots qu’ils sauraient lui dire. Ces mots qui ne cacheraient pas la vérité. Ces mots qui seraient son aveu.

_ Et j’ai fait de nombreuses erreurs. Certaines dont je ne saurais être fiers. Certaines m’auront appris, et d’autres moins. »

Il la serra un peu plus contre lui, encore. La tenir contre lui, avant de doucement relâcher l’étreinte. Ne pas la retenir trop longtemps. Ne pas s’attacher, non plus, de trop. Car, demain, peut-être que Kiri serait à nouveau aux Remparts de la Terre. Et, peut-être qu’il la perdrait, ou peut-être le perdrait-elle. Trop s’attacher risquerait de les blesser, l’un comme l’autre. Alors, il la relâchait doucement, lui laissant la possibilité de rester comme de fuir. De ne pas rester là. A nouveau. Une nouvelle fois.

_ Je me suis senti trahi, lors de mon départ. J’étais effrayé, le ventre noué. Je ne connaissais pas mon avenir, je ne savais même pas où j’allais vivre. Traqué par ceux que j’avais tant protégé. J’ai passé mes nuits sous les étoiles, rongé par les doutes et les angoisses. Je ne savais pas ce que serait mon lendemain, ou même si je vivrais assez longtemps pour me réveiller. »

Sa main gauche remontant à l’épaule de cette dernière, il la laissa découvrir son visage au sourire doux. Un sourire qui n’était plus triste, loin du fatalisme des dernières semaines. Un sourire qui se voulait rassuré.

_ Quand j’ai passé les Portes d’Iwa, je me sentais vidé par mon exil. Je me sentais triste et nostalgique. »

Puis, tandis que ses doigts remontaient vers la joue de l’Adamachi, son autre main glissa de sa chevelure vers l’autre joue et, caressant de ses pouces, il essuyait les larmes trop longtemps coulées.

_ Sache que si tu as besoin d’un toit, le mien peut t’accueillir. »

Il sourit un peu plus à cette idée, pensant déjà à la surprise qu’une telle arrivée serait pour les trois filles encore présentes.

_ Tu ne risques pas d’être dépaysée, ce sont bien les femmes qui règnent en maîtresses. »

Puis ses mains glissèrent le long des bras de la jeune femme, il attrapa, durant un instant, ses doigts, avant de les lâcher définitivement à la fin de sa dernière phrase.
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Jeu 21 Déc 2017 - 21:07
Il y avait longtemps qu'elle ne s'était pas retrouvée dans les bras de quelqu'un. Bien longtemps qu'elle n'avait senti la chaleur d'un corps autre que le sien. L'odeur d'un autre. Plus froide, plus agréable, moins boueuse que celle du feu, du bois brûlé et des cendres qu'elle traînait comme coutume sur elle. De la boue, de la pluie froide, de la crasse sans nom. Elle était née dans le silence, le sang et la solitude. Elle continuait d'en porter les marques, et elle portait encore l'odeur de la mort et de la saleté sur elle. Pourtant, il n'avait pas hésité un seul instant.


Et la bouche serrée, retenant la longue plainte qu'elle avait déjà entendu des loups, elle s'était laissée aller contre lui. Elle n'avait rien repoussé. Ses mains s'étaient resserrée contre lui, elle avait laissé sa tête contre son torse, tandis que ses épaules étaient secouées de ses longs sanglots amers. On aurait pu croire qu'elle riait. Mais elle n'avait rien du rire. Ou alors, il aurait s'agit de ce rire que l'on sert à la mort. Glacial. Froid. Pâle et vide.

La jeune femme ne riait pas et se laissait tomber dans cette chaleur qu'elle n'avait pas sentie depuis longtemps. Depuis que sa grand-mère était morte en vérité. Peut-être se rendait-elle enfin compte à quel point son univers s'était terni et refroidi au fil des années, pourrissant de la même manière qu'une plante que l'on ne nourrit pas assez d'eau. Peut-être se rendait-elle compte enfin combien d'années avait-elle perdues à rien. A s'isoler plus profondément. A se briser plus qu'à ne se renforcer.

Et elle écoutait la voix d'Eiichiro.

Et elle écoutait ces mots doux qui perçaient son coeur.

Il n'y avait pas de mauvais moment pour se retrouver, tant qu'elle le voudrait, hein ? Pourtant...

« Tu ne peux me voir Eiichiro. Mais moi, je sais à quoi je ressemble. Je suis tombée au plus bas de mon existence. Pire que les bêtes. Tu n'aurais pas dû entendre tout cela. Tu n'aurais pas dû le savoir. J'aurais aimé malgré moi, que tous ces mots, toutes ces paroles, puissent s'enlever de ton esprit et que tu les oublies. » répondit-elle sur un ton amer, les yeux noyés de larmes.

Quelle humiliation, d'être traitée de putain.

Peut-être ne valait-elle pas mieux que cela. Peut-être que c'était comme cela que les familles de la tribu la verraient, lorsqu'elle arriverait leur réclamer leur allégeance et leur demander de venir se mettre en guerre, de marcher une dernière fois, pour s'intégrer définitivement au village caché d'Iwa.

Peut-être que cela serait sa dernière marche.

Peut-être que cela n'était que risible par rapport à tout ce qu'il avait vécu. Il lui avait bien promis qu'il lui parlerait de lui et de son pays. Et ses mots délicats s'envolaient comme ceux qu'elle avait entendus dans son enfance. C'était un conte bien triste, pourtant. Fascinant. Et elle ne pouvait s'empêcher de sentir son coeur se serrer. La trahison, elle l'avait vécue il y a bien longtemps quand elle avait vu une partie des siens partir au loin au Pays du Feu. Dont son frère. Mort, vivant ? Mort-vivant ? Elle n'en savait rien. Un frisson la parcourut, parce qu'elle n'avait pas vraiment envie de savoir. Il fallait enterrer le passé parfois.

Avec la même douceur qui le caractérisait, il la laissa doucement s'en aller de contre lui. Et elle ne dit rien. Ne sut rien dire de plus, tandis que sa tête résonnait de ses mots. De son histoire. De son passé. De cette fuite précipitée et de cette charge qu'il avait eu. De ces erreurs, ces stupides erreurs qu'il avait faites. Échouer, c'était sûrement cela qui l'effrayait le plus. Ne pas être à la hauteur. Ne pas être prête pour ce qui l'attendrait bientôt.

Elle se rappelait de cette soirée d'été où elle l'avait réconfortée. C'était elle qui s'était montrée comme douceur et oreille attentive. C'était elle qui avait souri doucement. Qui lui avait fait sentir sa jeunesse et son sourire. Aujourd'hui, c'était lui qui souriait alors que tout éclatait autour de son univers. Et ce sourire, c'était la promesse d'une ère nouvelle. D'un temps nouveau. Et ses mains sur son visage, dans ses cheveux, c'était la promesse que tout irait bien. Que tout irait bien un jour.

Qu'il avait changé, depuis l'été. Lui si triste et enfermé dans son malheur. Lui si souriant et vigoureux. Comme s'il avait oublié soudainement la perte de ses yeux. Comme si, il devenait architecte et reconstruisait autre part. Et sans qu'elle ne s'en rende, s'oubliant presque, frissonnante, elle finit par murmurer doucement, presque pour elle-même :

« Tu as changé... »

Son propre sourire, muet sous la surprise, se tendit doucement sur un sourire tendre.

« Tu es heureux. »

Le monde était sans cesse une bulle de changement, amenant son lot de pertes, comme toujours. Mais souvent, on y gagnait d'autres choses. Ici, Azami sentait qu'elle avait gagné une amitié. Ou plus que cela. Elle n'avait pas de mot pour cela, peut-être parce que dans sa langue châtiée, ce mot n'existait pas.

Cette chaleur qu'Eiichiro dégageait de tout son être, tout cette douceur qu'il lui envoyait dans la figure, dans un tel moment de perte et de tourment, elle avait encore envie de la sentir. De s'y enivrer. De s'emporter. Alors, lorsqu'il lui proposa l'hospitalité, elle n'hésita pas, pour une fois. Peut-être parce qu'il n'y avait pas à hésiter, et qu'il fallait enfin prendre son envol. D'un ton plus calme et reposé, elle répondit simplement :

« Si ma présence ne trouble pas les tiens, ce sera avec plaisir. J'essayerai de ne pas rester trop longtemps, afin de ne pas vous déranger. J'aurai de toute manière besoin d'un lot de terre, sinon je ne pourrai pas vous rembourser de cette dette. Et j'y tiens, il n'y a pas à protester. Je...»

Cherchant ses mots, baissant la tête, elle finit par affirmer un peu plus de force :

« Je suis navrée, que nous nous retrouvions dans ces conditions. Mais je suis heureuse que nous repartions dans d'autres. J'aurai beaucoup de choses à te raconter sur ce qu'il s'est passé ces derniers mois. Le conflit nous a tous heurtés de différentes manières. Moi, sur un plan que je n'aurais jamais soupçonné. »

Un léger sourire amusé renaissait sur ses lèvres, tandis qu'elle finit par ajouter avec plus de malice :

« Je suis heureuse que tu ailles mieux depuis notre dernière rencontre. Le sourire te sied bien mieux que tes mines sombres. »

Quelle distance parcourue depuis l'été. Et que de chemin à parcourir à partir de cet automne, alors que l'hiver approchait follement sous nos pas.
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Lun 25 Déc 2017 - 19:28
Adamachi Azami. Femme née sous les étoiles d’une soirée apaisée. Il l’avait rencontrée, lors d’un soir musical. Attentif aux sons des tambours qui rythmaient ses battements de cœur, il l’avait rencontrée là, sur un banc. Elle ne s’était pas attardée sur cette cécité si visible. Elle n’avait pas été curieuse, comme tant d’autres, et, pour cela, il l’avait appréciée. De ce banc, ils avaient visité la Cité des Roches. Ou, plutôt, elle lui avait visité cette ville qu’il ne connaissait pas. Cette ville qu’il ne saurait jamais voir de ses yeux qui lui avaient été enlevés. Pourtant, ce soir-là, il avait ressenti les couleurs invisibles, il avait frissonné, il avait vécu. Loin de cette passivité qui l’avait tant rongé au sein de la Cité des Brumes, l’aveugle s’était pris au jeu, le temps d’un soir, des découvertes. Mais la soirée ne s’était pas exactement passée comme il l’aurait cru et, après un froid particulier, alors que les deux s’apprenaient, ils avaient terminé le moment d’apprentissage au coin d’un nouveau banc. Un autre. Sous le même ciel. Avec la promesse d’un jour se retrouver. Et ces jours étaient passés. Sans se revoir. Sans se retrouver. Jusque-là. Parce que l’Hiver approchait, il avait trouvé la parfaite excuse pour se présenter innocemment.

Adamachi Azami. Il l’avait écoutée, ce bout de femme si particulier. Il l’avait écoutée se rabaisser, dire qu’elle ne ressemblait à rien. Mais il n’y croyait guère. Autrement, si elle n’était si ‘rien’, pourquoi cette femme se serait-elle tant attaquée à elle ? En effet, cette mère, obsessionnelle du contrôle, si certaine de ce qu’elle possédait, venait peut-être de perdre ce qu’elle pensait acquis. D’une certaine façon, elle lui rappelait lui-même, cette propre nécessité qu’il avait de vouloir tout contrôler au sein de sa propre famille. De peur de les perdre. De peur d’être seul. Alors, il savait que cette femme qu’il venait de tenir contre lui était loin d’être ‘pire que les bêtes’, autrement elle ne serait pas crainte. Et si la flamme se faisait vacillante, elle lui semblait être toujours aussi brûlante mais différente. Il l’entendit encore, alors qu’elle acceptait son offre. Lui qui la pensait trop rangée, trop introvertie, trop timide fut alors le premier surpris. Cette offre, bien que sincère, il ne pensait pas qu’elle serait acceptée. Et s’il se retint d’en montrer les premiers signes, son cœur s’emballa. De panique, d’abord. D’angoisse, ensuite. Car, déjà, de nombreuses questions se bousculaient dans son esprit inquiété. Pour combien de temps ? Où dormirait-elle ? Mais, surtout, comment les trois femmes qui habitaient déjà sous ce toit prendraient cette nouvelle ? Sûrement Ayuka se poserait le plus de questions, surtout après les nombreuses discussions sur la nécessité de l’homme de se reprendre en main. Mais cette proposition, il l’avait faite sincèrement. Aussi allait-il accepter les conséquences de ses mots.

Adamachi Azami. Elle se pensait redevable de son geste. Il avait nié de la tête. Elle ne lui devait rien. Surtout par elle. Car elle avait été là quand il était au plus mal. Alors, doucement, il s’était à nouveau approché d’elle et, délicat sourire à ses lèvres, il s’était finalement arrêté à ce demi pas d’elle.

_ C’est inutile, Azami. Avec tes nouvelles fonctions, tu auras d’autres affaires qu’une telle dette. Dis-toi que c’est notre amitié qui suffira largement à payer ton logement. »

Il hocha de la tête comme s’il lui demandait son avis. Mais, même si elle ne souhaitait pas l’entendre de cette oreille, l’aveugle était sûrement plus buté qu’elle ne le serait. Aussi s’obstinerait-il à l’empêcher de s’endetter auprès de lui ou de son Clan. Ainsi, amusé, il continua encore.

_ Je préfère que tu dises un jour que j’ai été là pour toi, dans un moment difficile, plutôt que tu t’épuises dans une dette qui n’est pas nécessaire. C’est une offre amicale et il n’existe aucune contrepartie ou condition. »

Puis, alors qu’il posait finalement sa canne au sol, hochant de la tête encore une fois pour lui-même, comme une nouvelle habitude qu’il prenait pour affirmer ce qu’il allait dire, il parla encore à son intention.

_ Je suis heureux de te retrouver, peu m’importe les circonstances. Ne pense plus à ce qui s’est dit, car j’ai déjà oublié les ineptes mensonges déclarés. »

Et se décalant légèrement, se mettant à sa hauteur, se préparant bientôt à la dépasser, il ajouta encore.

_ Nombreux sont les événements qui nous auront bouleversé. J’imagine que j’aurai autant à te raconter. »

Et d’un sourire légèrement amusé, alors que sa canne se mettait à aller de droite à gauche en préparation du futur mouvement qu’il allait imprimer, il laissa entendre finalement ses derniers mots.

_ Cela te dirait de prendre le thé une fois que tu seras installée ? Je pense qu’il existe quelques bons marchands locaux. »
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Mer 27 Déc 2017 - 1:59
Le pli de ses lèvres s'élargit sur un grand éclat de rire. Amer, mais un rire malgré tout. Pas de contrepartie ? Pas de conditions ? Elle ne l'entendait pas de cette manière. Ne l'entendrait jamais certainement. Elle avait une conduite à tenir, et elle la tiendrait. Surtout pour cet homme qui lui venait en aide, alors qu'il avait buté par hasard contre elle dans la foule. Le hasard semblait vouloir sans cesse les réunir. Peut-être les séparera-t-il un jour. En attendant, Azami profitait de cette demi-lune qui adoucissait les traits âgés et sévères de l'aveugle. Elle l'avait connu avec une mine bien plus terrible. Le sourire lui allait mieux, se disait-elle. Ce n'est pourtant pas cela qui l'amena à abandonner sa position. Elle gardait sa position, campée fièrement et elle avait planté ses grands yeux noirs sur le visage d'Eiichiro - faute de regard pour sa part, il fallait bien les planter quelque part -, ne plaisantant qu'à moitié, tandis que son sourire volubile se dispersait doucement :

« Il faudrait que les miens reconnaissent mes nouvelles fonctions. Que ma tribu ne soit pas aussi éclatée dans tout le pays. Que le nouveau Nidaime Tsuchikage me reconnaisse et accepte officiellement ma tribu alors que mon père s'est éloigné aussi longtemps de la vie politique d'Iwa. Je vais avoir l'air d'un oiseau tombé du nid, cela sera bien risible ! »

Elle levait la tête pour observer cet homme qui la surpassait de bien deux têtes au moins. Et reprenant son sérieux, pourtant adouci par les paroles du Yuki, la jeune femme ajouta :

« C'est une question d'équilibre. Je ne vous payerai pas en argent. Ni en nature, je n'ai plus rien à donner de mes effets personnels. Mes récoltes ont été détruites. Mais si un jour, ton clan et toi, avez besoin de moi, vous n'aurez qu'à me le demander, et j’accourrai. Tel est le code de conduite de ma tribu. Ne pas demander plus que ce dont on a besoin et rendre la pareille. »

On aurait pu prendre Azami pour un chien, de cette manière. C'était peut-être cela qu'elle était. Fidèle et loyale, toujours au poste. Silencieuse et mesurée, elle resterait toujours une ombre ou une présence auprès de chacun. Maintenant, c'était Eiichiro qui avait peut-être pris sa place. Et pour la première fois, la brune ne sut que répondre ou comment choisir ses mots avec soin, comme elle le faisait toujours. Il n'y avait pas beaucoup de monde qui se disait heureux de la retrouver. Sa mère avait tendance à vouloir l'éviter le plus possible. Elle n'aurait plus à le faire à présent. Seul Kanon peut-être se montrait heureux de sa présence, auparavant. Parce qu'ils se ressemblaient. Avec l'aveugle, peut-être était-ce la même chose. La complicité était née de leurs déchirures personnelles, de leurs peines qu'il soignaient avec douceur et mots et de leurs ressemblances, certainement. Elle se disait cela, tout en sachant que la douceur et l'affection qu'elle portait à Eiichiro n'avait rien à voir avec l'amitié cordiale et complice qu'elle partageait avec le Dragon. Il y avait quelque chose de plus apaisant chez l'aveugle qu'elle n'arrivait pas à départager, malgré ses yeux noirs scrutateurs sur la figure du Yuki.

« Il y avait du vrai dans ses mensonges. Il y en a toujours une partie. » répartit-elle, l'humeur plus sombre. Personne n'arriverait probablement pas à lui enlever les paroles de Fumiko dans sa tête. Après tout, une mère ne connaissait-elle pas mieux que personne son propre enfant ? Azami en doutait avec sa mère, mais elle savait que certaines de ses paroles étaient justes. Malgré la mort et la décision de son père, sa place n'était pas faite dans le monde. C'était à elle de se la faire. Seule. Ou presque.

Eiichiro était là pour elle. Et cette pensée l'apaisait. Et évidemment qu'elle le dirait un jour, et qu'elle ne l'oublierait pas. Et ses mots résonnaient dans sa tête. Elle rattrapa son sac énorme de toile, tressautant d'objets divers et variés, surtout de ces casseroles, tandis que l'aveugle la précédait sur son pas. Et sur le pli de ses lèvres, un sourire amusé se tendit doucement.

« On pourra enfin boire ce thé, oui, plutôt que je me renverse une cruche sur la tête. Je t'aurais proposé le mien, mais je n'en ai plus. J'ai eu quelques ennuis d'incendie, va-t-on dire... » lui répondit-elle avec un rire éclatant.

Elle était soulagée d'avoir un toit. Peut-être effrayée et gênée de s'imposer, alors qu'elle puait la crasse et était recouverte de boue et de cendres. Qu'allaient dire les siens ? Elle n'en savait rien, mais elle espérait pouvoir rester le plus possible inaperçue dans ce nouvel univers. Boitante encore de sa blessure à la jambe, elle suivait Eiichiro d'un pas mesuré et traînant. Et elle se rappelait doucement cette nuit d'été où elle s'était retrouvée à se renverser une cruche d'eau sur la tête par colère et dépit, au lieu de l'envoyer dans la figure de l'aveugle...

« Ton manteau ! » s'exclama-t-elle, se rappelant soudainement qu'elle l'avait toujours sur elle et qu'elle l'avait bien heureusement emporté de son ancienne maison.

Sa voix s'était levée soudainement, tandis qu'ils traversaient la foule, et elle fit un effort pour le rattraper et revenir à sa hauteur, de sa jambe fuyante et pataude. Il avait repris du poil de la bête pour avoir un pas aussi grand et bien plus assuré, malgré les tâtonnements de sa canne. Songeuse, elle continua sur un ton plus bas et avec gêne :

« Je l'ai sur moi, mais il va m'être difficile de te le remettre en mains propres... Les miennes sont pleines de boue. Cela peut-il attendre ? Avec tout ce qu'il s'est passé, je l'avais complètement oublié. »
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Mar 2 Jan 2018 - 17:17
Adamachi Azami. Elle qui l’avait connu à ses débuts à Iwa. Elle qui l’avait connu à une autre période. Elle qu’il retrouvait aujourd’hui dans ces rôles inversés. Elle était celle qui devait fuir, il était celui qui accueillait. Car alors que le Domaine se construisait, il lui avait proposé de s’inviter chez eux. Le temps qu’elle fasse toutes les démarches nécessaires. Car, par la décision de son père, Azami devenait non pas l’Héritière mais bien la Guide d’un Clan dont elle vivait exilée depuis un certain temps. Comme elle le disait elle-même, son père s’était tenu longtemps à l’écart de la politique d’Iwa. Hochant doucement de la tête, il laissa finalement entendre sa voix rassurante.

_ C’est une bonne idée que tu viennes, alors. Tu auras le temps de t’organiser, de rencontrer le Nidaime Tsuchikage et tu retrouveras ta place au cœur des tiens. »

Il lui souriait tendrement, amusé de l’entendre de la sorte. Il était vrai qu’une telle place n’était jamais aisée à assumer. Même pour lui, alors qu’il était plus âgé, la situation n’avait pas été de tout repos. Au contraire, il continuait de croire que son choix avait été une véritable erreur stratégique de la part du vieil Hideyoshi. Malgré tout, le passé ne pouvait être effacé et, aujourd’hui encore, ses séquelles étaient importantes. Pourtant, bien que la situation avait été risible, il devait en assumer les conséquences de ses choix et ceux d’autrui. Tout conduisait encore à cet instant, unique, où les deux se retrouvaient finalement. Sourire léger, il avait fini par hocher de la tête avec douceur.

_ J’ai été dans ta situation, Azami. Lorsque je me suis retrouvé à la tête de mon Clan, je me suis retrouvé perdu et isolé. Je n’avais pas été préparé pour un jour le devenir. »

Et d’ajouter encore quelques mots.

_ Même si la situation n’est pas comparable, je t’aiderai comme je peux dans cette étrange et difficile transition. »

Alors qu’ils se mettaient en marche vers la petite demeure des Yuki, celle qui se ferait encore temporaire le temps de l’installation définitive, d’un rythme un peu plus lent et marqué par la discussion et non la course effrénée de la jeune femme, il reprit finalement concernant son manteau.

_ En vérité, tu peux bien le garder. Ce n’était qu’un prétexte pour te retrouver au moins une fois. J’en ai d’autres et je ne suis pas pressé. Garde le pour l’Hiver s’il te permet de te tenir au chaud. »

Tranquillement, alors qu’ils continuaient de marcher, l’aveugle souriait doucement. Heureux de retrouver l’Adamachi. Heureux, finalement, de pouvoir encore un peu la fréquenter. Même si la situation avait changé, l’un pour l’autre, ils se rencontraient encore une fois et savaient, tous les deux, que ce ne serait finalement pas la dernière fois. Car il y avait au moins cette promesse d’un thé partagé. Il y a ce manteau. Il y avait, finalement, toutes ces histoires qu’ils devraient encore se dire.

_ J’aurais tant à te raconter depuis que nous nous sommes rencontrés. »
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Double-choc de vies // Eiichiro

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