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Visions des étoiles du Nord | PV Yuki Eiichiro


Mar 12 Déc 2017 - 20:56
Ayuka s’engouffra dans la demeure par le balcon de sa chambre, ne passant pas par la porte d’entrée. Depuis quelques jours, elle évitait de passer trop de temps en ce lieu. Elle aimait sa famille et tous les matins, son corps veloce glissait dans la chambre des deux petites filles pour leur souhaiter une belle journée avant de partir aider. Aider Iwa à se relever, à nettoyer le sang baignant encore les rues. Akimitsu ? Aucune nouvelle, ce qui commençait réellement à perturber la jeune femme qui savait son cousin discret, mais pas fugueur.

Enfin, même si elle passait une grande partie de son temps soit dans les bâtiments administratifs, soit à l’académie, soit au cœur même de la prison, il fallait bien qu’elle rentre de temps en temps pour dormir un peu et se changer. De l’extérieur, alors que le soleil commençait à décliner, Ayuka ouvrit doucement sa fenêtre et se glissa dans sa chambre. Simple mais une habitude chaleureuse commençait à s’y installer. Soupirant, fatiguée, Ayuka avança jusqu’à sa couche où elle laisse tomber un à un ses vêtements avant d’en attraper de nouveaux, les contemplant doucement avant de les enfiler. Chacune de ces pièces de tissus avait été soignée cousue et pensée par la manieuse de glace et récemment, chacune avait vu le nouveau mon des Yuki d’Iwa fleurir dessus.

Ayuka ne tarda pas à les enfiler, laissant cependant le haori bleu sur une des chaises de la chambre. « Hum… » fit la jeune femme en s’étirant doucement, quelques vertèbres craquant à ce moment. Fatiguée. Les muscles tendus. Ayuka n’avait pas arrêté entre les interrogatoires, ses longues nuits dans la prison, les missions, les aides, sa famille… Oui, il faudrait qu’elle prenne enfin du repos cependant pour une nouvelle fois, la nuit s’annonçait longue. S’approchant du seul miroir de la pièce, la jeune femme se recoiffa rapidement, un geste devenu mécanique avec le temps et l’expérience… Admirant par la même occasion son teint pâle. Avec un peu de chance elle pourrait rentrer dans la nuit et profiter de sa couche pour quelques heures, laissant la garde des prisonniers à d’autres.

D’un geste vif, sa main saisit le haori et elle commença à l’enfiler avant de s’arrêter brusquement dans son mouvement. Dans le petit couloir qui desservait les chambres, quelqu’un approchait et au vu du pas lourd, Ayuka se doutait de qui il s’agissait. Avait-elle peur de se confronter à lui ? Non. En revanche la jeune femme ne tenait pas à le blesser plus qu’elle ne l’avait déjà fait, lors de cette fameuse nuit sanglante.

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Jeu 14 Déc 2017 - 12:31
Depuis l’attaque de Kiri, et l’échec cuisant qui résultait de leur ambition de le capturer, l’aveugle n’avait plus parlé avec Ayuka. Ils s’évitaient. Chacun le savait. Chacun s’entendait. Mais, dans le silence taciturne dans lequel il se murait, Eiichiro ne désirait pas la revoir. Silence lourd. Pesant. Alors qu’il attendait le retour de son frère, absent depuis déjà trop longtemps. Alors qu’il espérait retrouver sa meilleure amie. Alors qu’il attendait finalement que tout se passe mieux. Pourtant, comme chaque soir, rien ne changeait. Il rentrait au sein de la demeure familiale, dans ce silence glacial, dans ce froid qui depuis quelques jours, ne quittait plus la demeure. S’il faisait qu’en apparence tout se passait pour le mieux, son cœur se déchirait. De ces absences. De ces silences. De ces mots qui ne se disaient pas. Akimitsu. Ayuka. Pourquoi ?

Ce soir-là, de son pas traînant, il s’était approché de la porte de sa complice. Pas hésitant, aussi. Car il savait ce qui allait devoir se dire. Car il savait qu’ils ne pourraient rester silencieux éternellement. Ils se connaissaient trop bien pour se perdre. Aussi, alors qu’il posait sa main à la porte, il posa aussi son front dessus. Et, malgré toute sa cécité, il savait qu’il aurait fermé les yeux. Pour l’entendre. Pour juste savoir si elle était là. Et, pour la première fois, il parla. Il parla à la porte. Espérant qu’elle entende. Espérant qu’elle ouvre. Espérant juste une parole. Car il ne violerait pas sa chambre. Il ne violerait jamais l’intimité de celle qu’il considérait comme sa plus proche partenaire malgré les années et les erreurs. Poussant un soupir, prenant une longue inspiration, il parlait sans détour.

_ J’aimerais comprendre, Ayuka. J’aimerais te comprendre. Explique-moi pourquoi ? Pourquoi tu as arraché la liberté à cet homme ? Pourquoi l’enfermer dans une prison ? »

Il parlait de Noah. Il parlait de lui. Sa voix n’était pas brisée. Ni même vraiment agressive. Ni suppliante. Juste froide, tel un constat qu’il se faisait pour lui-même. Car il était le prisonnier des responsabilités. Prisonnier de ces Remparts. Prisonnier de lui-même. Prisonnier de guerre. Sa guerre.

_ Pourquoi l’as-tu empêché de trouver la Sérénité ? J’aimerais te comprendre, Ayuka, mais je n’y arrive pas. Je n’y arrive plus. Je ne sais pas ce que tu veux, ce que tu recherches. »

Un autre soupir alors que son poing tapait contre le mur. Doucement. Sans aucune brutalité. Comme un appel.

_ Tu t’éloignes de ta propre famille. J’aimerais savoir. »
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Jeu 14 Déc 2017 - 19:08
Debout au centre de la pièce, de sa chambre, Ayuka ne bougea pas, sauf pour finir de recouvrir son corps de son haori. L’écoutant, elle le réajusta, son cœur cognant fortement dans sa poitrine, mais ne désirant aucunement s’excuser. En effet elle avait sa propre fierté et encore plus quand elle se savait en droit en en phase avec ses convictions. Il y a quelques années, sûrement n’aurait-elle pas agi et laissé Noah partir, écoutant simplement les désirs d’Eiichiro. Mais elle n’était plus cette jeune fille piquante mais toujours mise en retrait.

Eiichiro savait raviver les feux de la colère qui l’avaient saisie la nuit de l’assaut, comme si un brasier se tenait prêt à s’enflammer de nouveaux. Par le passé, il n’y avait jamais eu de réels désaccords. Soit car Ayuka n’était pas au courant de tous les agissements de son cousin, soit car elle s’acceptait comme simple disciple de son chef de clan. C’était bien la première fois que l’orage avait réellement frappé par-dessus la moquerie et la malice, faisant naître un fossé entre les deux Yuki. Restait à découvrir à quel point celui-ci était profond.

Sur un ton las de fatigue mais tout de même marqué par un certain énervement, Ayuka finit par répondre, suffisamment fortement pour qu’il pousse l’entendre de l’autre côté de la porte. Cette barrière qu’il ne saurait certainement pas franchir face à la tempête que pouvait être Ayuka quand le calme n’était plus maître d’elle. « M’expliquer de quoi ? Je t’ai déjà donné mes raisons. » puis une teinte de malice se plaça dans la répondre « Et venant toi, c’est presque amusant. »

Elle ne connaissait pas toute l’étendue de l’histoire des geôles de Kiri mais pour autant, il serait bien naïf de croire qu’Ayuka n’avait jamais vu son mentor des glace s’adonner à quelques tortures subtiles au cœur de la prison pour faire parler les plus récalcitrants. Et il serait tout aussi naïf de penser qu’Ayuka n’était guère capable de faire parler également. « Mais je dois me répéter apparemment. Sauf si tu appelles Sérénité, la mort, dans ce cas alors oui, je l’empêche de trouver la grande Sérénité. »

Peut-être avait-il raison, peut-être grandissait-elle trop vite. Mais peut-être aussi que tous se trouvaient aveugles face à Ayuka. Il était bien beau de la voir comme une belle jeune femme, mordante, fidèle, mais elle était également une âme avec ses faiblesses, ses craintes et ses hésitations. Les muscles d’Ayuka se contractèrent par réflexe en sentant le vétuste mur trembler. « Je ne m’éloigne pas de ma famille ! Je n’allais pas laisser Noah partir libre et se faire détruire seul par Alderan ou se faire décapiter, torturer, tout ce que l’on peut imaginer par Kiri. » Elle aurait pu s’enfuir par la fenêtre, mais non, cette soirée ne pouvait pas se terminer par un simple silence. « Et même si je ne suis pas aussi froide et forte que toi, je sais me battre pour ce que je pense être juste. »

Son ton était teinté d’énervement, de passion mais la violence ne semblait pas s’y être glissée du moins… Pas encore sauf si Eiichiro comptait répliquer de manière un peu trop virulente.

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Ven 15 Déc 2017 - 17:14
Alors qu’elle lui répondait, son poing fermé se frustrait un peu plus. Comme s’il se retenait de toute la violence contenue, de toute la rage, de tout l’énervement. Il inspirait longuement, avant d’expirer, tentant, comme il pouvait, de se calmer sous l’envie terrible qui le prenait toujours plus. La paume bientôt en sang de ses ongles qui le déchiraient, il frappa à nouveau, cette fois-ci le mur face à la porte puis, laissant éclater sa rage contre le montant, évitant de peur de fracasser le manche de porte, il parla vivement.

_ Tu ne comprends décidément absolument rien ! Tu crois vraiment que c’était intelligent de le capturer ?! Tu penses vraiment que c’était ça qu’il voulait ? »

Puis frappant à nouveau la porte, cette fois-ci ne se retenant même plus tandis que son poing de glace se formait, il laissait le Chakra se disperser, faisant refroidir le couloir autour de lui.

_ Quoi ?! Tu te penses suffisamment forte ou froide pour te battre ? Qui t’a donné le droit de vie ou de mort sur quelqu’un ? Qui, Ayuka ?! »

Cette fois-ci encore, lâchant sa canne pour frapper de son deuxième poing, il laissa entendre encore d’autres mots.

_ Tu te bats pour ce que tu crois juste. Et si je veux mourir en me battant contre Kiri, tu vas m’en empêcher parce que ce ne serait pas juste pour toi, c’est ça ?! »

Poussant un soupir, se baissant pour ramasser sa canne, il laissa entendre d’un ton plus bas, d’un ton plus las, aussi.

_ Tu prends des décisions pour les autres, sans même tenir compte de ce qu’ils veulent. »
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Ven 15 Déc 2017 - 19:17
Quand le mur suivant vibra fortement sous la colère, Eiichiro réussit à faire sursauter une nouvelle fois la jeune femme. Ayuka avait déjà vu son frère, son cousin en rage, mais pour la première fois depuis leur rencontre, elle était l’objet de sa colère. Son coeur battant à tout rompre, la mâchoire crispée, Ayuka serra le poing aux nouvelles paroles du maître des glaces, bien moins calmes et posées que l’instant précédant. Presque dans la seconde, Ayuka répliqua, son ton montant également, dévoilant sa propre colère et la lourde blessure verbale qu’il venait de lui infliger à elle, celle qui lui était la plus proche avec sa fille. « Il désirait la Paix ! Une paix qu’il n’aurait jamais trouvée dans la mort ! Je préfère me battre contre tous si c’est pour un jour l’aider à réaliser ce souhait commun ! »

Malgré la porte encore fermée, Ayuka sentit la vague glaciale se répandre dans le couloir, la chambre et rampant peut-être même jusqu’au salon vide. Un chakra froid presque identique à celui de la passionnée qui avança d’un pas rapide et ouvrit brutalement la porte, se retrouvant nez-à-nez face à Eiichiro, ce même Eiichiro si important pour elle, bien plus imposant physiquement, bien plus terrifiant par sa force et ses réputations. Les grands yeux expressifs d’Ayuka trouvèrent le visage de l'homme rapidement, alors que le froid vint doucement piquer son visage. « Ma conscience ! Le bon sens et notre devoir envers Iwa ! Sans oublier ton renoncement à agir cette nuit. »

Sans entrer dans le couloir, Ayuka resta plantée dans l’encadrement de la porte, ne comptant pas fuir malgré son désavantage face à Eiichiro. « Si tu vas te battre contre Kiri, alors je deviendrais forte jusqu’à te protéger de ceux qui veulent ta mort ! Car c’est cela, une vraie famille ! » Puis elle ajouta, toujours sur ce ton énervé mais définitivement mêlé à beaucoup trop d’émotions pour le cacher « Et je sais me battre. Je ne suis plus cette gamine que tout le monde pouvait moquer ou écraser. »

Les yeux humides, il venait d’enflammer un brasier que peu connaissaient. Ayuka si souriante, Ayuka si sociable, qui pouvait se douter que cette femme avait ses propres blessures, désillusions et haines ? « J’ai pris une décision et je l’assumerai jusqu’au bout ! Personne ne fera du mal à Noah et Tsukiyomi. Où est passé celui qui se battait pour ses conviction, cet homme qui m'avait impressionné, celui qui se battait pour son Clan ? »

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Sam 16 Déc 2017 - 16:55
Et, alors qu’il entendait la porte s’ouvrir, comme d’un claquement, il comprit que sa complice se tenait face à lui. De sa taille, elle se tenait face à lui, il le savait. Il aurait aimé sourire, à l’imaginer de son regard de braise et de glace. Il aurait aimé pouvoir voir ses sourcils qui se joignaient. Mais il ne le pouvait pas. Surtout, il n’en avait pas l’envie. Il ne voulait même pas sourire. Il n’avait pas envie de lui sourire. Tandis que la colère lui montait à la gorge, ses poings se serraient lentement mais sûrement. Et, alors qu’elle se taisait, alors qu’elle l’ouvrait pourtant de trop, son poing se planta à côté d’elle, sur le montant de la porte, s’ouvrant la main.

_ Tu ne comprends décidément absolument rien ! Tu crois vraiment que je n’ai rien fait ce soir-là ? Et toi, qu’as-tu fait, dis-moi ? »

Et, sous la rage qui faisait trembler sa lèvre inférieure, l’attrapant violemment à la gorge sous l’intensité de sa colère, il l’arracha de sa chambre pour la planter contre le mur opposé. Sa tête juste à côté d’elle, à son oreille, il continue de parler, sans se retenir. Pour la première fois, sous cette colère restée trop longtemps silencieuse, il laissait entendre tout ce qu’il avait sur le cœur.

_ Tu as privé un homme de sa liberté, voilà ce que tu as fait ! Voilà ce dont tu es capable de faire. Tu prives les hommes de leur liberté. Et pourquoi ?! Parce que tu es égoïste ! Voilà ce que tu es, une égoïste. Tu n’as pensé qu’à ton bien ! Et non celui de Noah. Ou du mien. Ou de n’importe qui ! »

Puis, continuant sur sa lancée, ne se retenant plus de ses mots, il cracha presque la suite.

_ Tu fais tout cela pour toi. Tu ne t’intéresses pas aux autres. Tout cela pour ton foutu ego ! Et tu crois que j’ai fait rien foutu ?! J’ai laissé un homme la chance de vivre ou de mourir comme il le voulait. »

Sa main serrant un peu plus la gorge de son amie, il n’en avait pas encore entièrement fini avec toute la rancœur qu’il avait contre elle.

_ Peut-être qu’il avait marre de vivre, peut-être qu’il en avait assez de souffrir. Et que fais-tu ?! Tu l’arraches à la sérénité qu’il recherche. Tu l’emprisonnes dans tes prisons et tu lui enlèves tout ce qui pouvait peut-être le rendre heureux. Tout cela parce que tu te crois au-dessus des autres. Tout cela parce que tu n’es pas née au sein du Clan, tu te crois assez différente pour ne pas faire comme les autres. »

Puis, relâchant son emprise glaciale, alors que ses doigts le piquaient d’une glace intense, il poussa un soupir.

_ Je me suis battu pour le Clan. Regarde comment il m’a remercié. J’en ai été exclu, vulgairement banni. Et tu me dis que tu veux te battre pour moi ? Tu veux mourir au nom de mes combats ? Ne me fais pas rire, Ayuka. Connais ta place et peut-être que tu pourras un jour m’égaler. Au lieu de cet égoïsme supérieur dont tu te targues. »
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Sam 16 Déc 2017 - 21:27
Le souffle de la jeune femme fut violemment coupé quand la puissante main comprima son cou, et par réflexe Ayuka posa ses deux fines mains sur celle d’Eiichiro, cherchant à récupérer un peu d’air. Le choc contre le mur avait su faire trembler tout le couloir et les chambres environnante. Elle n’eut guère d’autres choix qu’écouter les paroles presque assassines de son chef de clan, la colère grimpant avec la douleur cuisant ses côtés. Le propre chakra glacial d’Ayuka se mélangea à celui de l’homme en rage, glaçant totalement l’air de la demeure de Yuki. En moins de six mois, c’était la deuxième fois que l’homme se montrait violent envers elle. La première fois dans les bains et à présent à Iwa. Elle avait su réveiller le démon de glace, celui qui arrivait à s’en prendre même à Ayuka.

Chacune de ses mots su énerver Ayuka un peu plus alors que celle-ci se débattait vivement, tentant de prendre appui contre le mur pour le dégager, pour qu’il la lâche enfin alors que son esprit ne pensait à se venger, lui faire payer chaque violence dans ses mots. Le froid avait beau être l’ami d’Ayuka, la poigne de son cousin commençait à s’incruster dans les chaires de la jeune femme qui se mouvait toujours plus vivement, ses paumes glacées cherchant à l’aider en brûlant Eiichiro ou au moins en le faisait reculer.

Dès que la prise disparut, Ayuka vacilla et reculer de quelques pas, l’air s’engouffrant dans ses poumons d’un coup, la faisant tousser vivement alors que sa main encore glacée se porta naturellement sur sa gorge marquée. Sa voix enrouée réussit tout de même à s’exprimer difficilement. « Est égoïste… Celui qui ne pense qu'à sa la liberté… »

Reprenant doucement son souffle, la colère ne mourrait pas avec la douleur. La jeune Yuki se redressa dès qu’elle le put, faisant face à Eiichiro dans le couloir. En entraînement, elle n’avait pas de soucis à ce qu’il montre toute sa puissance, toute sa rage de victoire, mais en cet instant, il usait de sa supériorité physique simplement pour tenter de dominer celle qui pourtant de désirait plus être l’ombre des plus grands. Toussant une dernière fois, ses poings serrés, elle ne comptait pas se taire. « Il ne sait pas ce qu'il souhaite ! Il est perdu et ne sait pas comment faire pour être heureux ! Quel intérêt d'être libre quand on est aveuglé par ses malheurs, incapable de voir son propre bonheur ? »

Les mots s’enchaînèrent rapidement, la manieuse de glace répondant à chacune des accusations de celui qui savait à quel point elle pouvait se montrer indomptable. « Avait-il l'air serein ? Que sais-tu de la sérénité, toi qui à dû attendre qu'on lui tende la main avec patience pour surmonter tes aigreurs ? Tu oses invoquer le nom du clan pour me discréditer alors que c'est bien un étranger qui a su te faire voir par-delà celui-ci ? Au final, ce que tu me prouves ici, c'est que tu m'accuses de ne pas être différente, mais celui qui ne change pas, c'est toi, qui n'a que la colère pour rejeter l'avis des autres ! »

Les larmes aux yeux, il l’a rabaissait comme rarement on l’avait fait. Elle qui s’entraînait si ardemment tous les soirs à l’académie, elle qui rentrait les jointures rougies, elle qui ne dormait presque plus pour veiller sur les prisonniers. Il arrivait à la blesser, réellement, encore plus violemment que sa poigne avait su la faire souffrir. « Ma place, ce n'est certainement pas celle de me plier face à quelqu'un qui estime avoir raison sur moi, ou alors tu ne vaux pas mieux que Sôsuke. Ma place, je la mériterais par mes actes, pas par mes accès de colères sourdes, aveugles et méprisables ! »

Peut-être se rendrait-il compte de cela. Qu’elle aurait pu continuer de vivre à Kiri mais qu’elle avait tout abandonné pour l’honneur du clan, autant qu’elle avait dû abandonner son art samouraï pour recevoir l’enseignement d’un mentor qui en cet instant savait la mépriser comme personne.

Et Ayuka ne le frapperait pas, ne lui ferait pas ce plaisir. Elle n'avait pas besoin d'user de sa force et de son chakra pour exprimer ses paroles certes tranchantes, mais sincères.

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Dim 17 Déc 2017 - 12:30
En réalité, il ne s’en voulait pas. Les mots lâchés, ceux qu’il venait d’hurler, il ne les pensait pas. Il ne voulait pas dire ces choses pourtant, finalement, il en avait besoin. Cette façon si particulière qu’il avait de s’exprimer par la rage et la colère. Comme si, finalement, c’était seulement par cette façon qu’il était capable de se faire comprendre. C’était en lui hurlant ce qu’il pensait qu’il s’ouvrait, finalement. Qu’il lui disait, bien étrangement, qu’il tenait réellement à elle. Et les mots qu’elle laissait entendre. Il poussait un soupir. D’agacement. Car elle ne savait pas. Elle ne pouvait pas réellement comprendre. Aussi, dos à elle, la voix plus froide, plus cassante, il laissa encore parler son cœur. Sans cette même colère, mais cette déception qui continuait de s’entendre dans son ton.

_ Penses-tu vraiment qu’il est perdu ? Est-ce qu’un homme prêt à mourir, qui souhaite mourir, est un homme perdu pour toi, Ayuka ? »

Il soupire, baissant légèrement la tête, avant d’avancer dans le couloir glacé.

_ Tu me déçois, Ayuka. Un homme peut très bien souhaiter mourir sans qu’il ne soit perdu. »

Finalement, il se tourna à nouveau vers elle, peut-être plus blessé qu’il ne le laissait transparaître. Car, finalement, elle l’avait comparé à un homme qu’il avait fui. Pour la protéger elle. Pour les protéger eux. Aussi, d’un sourire étrangement triste, il continua sa critique.

_ Tu penses donc que je n’ai pas changé ? Que je ne vaux pas mieux que Sôsuke ? »

Laissant tomber la tête en arrière, soupirant à nouveau, il se passa finalement une main sur son bandeau, ressentant encore ses pupilles éternellement fermées.

_ Je pensais que tu serais capable de voir au-delà de mes colères. Mais tu es peut-être comme tous les autres, au final. Tu n’es même pas mieux que les Sabreurs et leur rancune vengeresse. Je pensais pouvoir tout te dire, mais je me suis trompé sur toi. »

Puis il se détourna tandis que le froid perceptible du couloir s’en allait en même temps, pour retrouver la morosité d’un homme qui garderait pour lui la blessure causée par cette séparation plus douloureuse que le silence.
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Dim 17 Déc 2017 - 14:45
Elle détestait cette situation de pure confrontation, une dispute entre deux amis, deux frères et sœurs, deux cousins. Il était déçu, elle était également. Ne ce rendait-il pas compte des sacrifices qui n’avaient pas été que ceux d’Eiichiro. Ayuka aurait pu continuer de vivre à Kiri, si elle était partie, c’était certes pour préserver un honneur mais également la vie de celui qui lui était le plus proche. Elle soupira, la gorge encore douloureuse lui rappelant à chaque inspiration qu’il lui faudrait quelque temps avant de guérir.

Elle ne le laisserait pas s’enfuir. Pas alors qu’en restant dans sa chambre, elle avait accepté la confrontation. D’un pas toujours aussi rapide, Ayuka traversa le couloir et descendit les escaliers, ceux que venait d’emprunter Eiichiro. « Hey ! Je ne suis peut-être pas assez forte mais ne me tourne pas le dos comme tu le fais avec tes simples ennemis ! » Arrivée dans le salon, la main froide se posa sur l’épaule du chef de Clan, le forçant à s’arrêter. Mâchoire crispée, Ayuka se contenait pour que ses émotions n’éclatent pas au grand jour. « Si je ne t’estimais pas plus que Sôsuke, je ferais partie des Yuki qui te traqueraient, jamais je ne t’aurais considéré comme mon ami et j’aurais déjà dégainé pour ce que tu viens de me faire. »

Passant devant lui, celui qu’elle appréciait tant mais qui savait se montrer aussi aveugle de l’esprit que du regard, Ayuka ne le laissa plus avancer. Non, s’il voulait fuir, de nouveau il devrait user de sa force contre sa cousine. Il en était capable, la preuve résidait sur la peau violacée du cou lésé. « Continue de m’insulter si cela t’apporte un réconfort, mais si j’étais un Sabreuse, je protègerais ma famille, la Confrérie et pas toi. » S’approchant de lui, elle haussa les épaules, levant légèrement les mains comme pour marquer une évidence « Si j’étais incapable de voir par-delà ta maudite rage, j’aurais dormi toutes ces nuits où tu ne pouvais plus te lever. Si je ne savais pas que tes stupides colères ne t’étaient pas nécessaires pour t’exprimer sans détachement, alors tu peux bien te dire que je ne t’aurais pas laissé sortir du couloir sans que toi aussi tu ne sois marqué. »

Le chakra de la jeune femme se répandait encore légèrement autour d’elle alors qu’elle ajouta, d’une voix à la limite d’être brisée. « Je vais aider Noah, peu importe ce qu’il m’en coute. Ma place, je l’obtiendrais par ma force et mes décisions, celles en lesquelles je crois ! Ne me sous-estime jamais Eiichiro, c’est la pire insulte que tu puisses me faire et jamais, jamais je n’en ai fait autant te concernant. » Redressant son regard vers celui disparu de l’aveugle, Ayuka posa son poing sur le torse d’Eiichiro, sans force, marquant simplement une légère pression. Une main refermée bien faible face à la puissante musculature du maître des glaces, mais qui renfermait toute la rage de vaincre d’Ayuka. « Dans un mois, je reviendrais te défier. Refuse en m’insultant si c’est là que résulte ton plaisir, mais n’imagine jamais avoir gagné avant même d’avoir commencé à frapper. »

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Dim 17 Déc 2017 - 23:06
Il était descendu. D’un pas rapide. Alors que la glace continuait de geler le plancher à chacun de ses pas. A chaque instant où sa main se posait dans l’escalier, une fine couche glacée se formait là. Il avait manqué de se trébucher, aussi, car, aveugle, il oubliait quelle difficulté était-ce de se déplacer dans des couloirs surélevés. Car chaque marche manquée pouvait conduire à sa nuque brisée. Pourtant, ignorant sa meilleure amie, il l’avait entendue le suivre, descendant avec bien plus d’agilité qu’il ne pouvait encore se le permettre. Puis elle l’avait arrêté là, au milieu du salon. Elle l’avait retenu de sa main glacée, tandis qu’elle perdait aussi de son sang-froid. Il l’écouta en silence, de son visage complètement fermé. Comme s’il se fichait bien de ce qu’elle pouvait dire. Pourtant, alors qu’elle parlait sans se retenir, elle posa son poing fermé contre son torse, comme une ultime confrontation. Car, à cet instant, plus que jamais, ils s’opposaient. Et son cœur en pleurait. Car, pour la première fois, ils n’étaient plus ces complices.

_ Quoi qu’il t’en coûte, hein ? Même notre amitié ? … »

Une question d’un homme qui se retenait. Qui avait déjà perdu le contrôle tant de fois. Car si elle comprenait ses colères et ses rages, elle n’entendait jamais ce qu’il avait réellement à lui dire. Qu’il tenait à elle. Qu’il lui faisait confiance. Qu’il avait peur de la perdre. Qu’il redoutait l’instant où elle n’aurait plus besoin de lui. Le jour où, finalement, elle le battrait enfin. Aussi, posant ses doigts autour du poignet, gelant légèrement l’épiderme, il le conserva un peu plus contre lui. Appuyant bientôt son torse dessus, il laissa transparaître un sourire plein de provocations.

_ Tu veux dire que j’arrêterai enfin de me retenir pour te laisser une chance ? »

Puis, poussant un soupir, la tête basse, il prit une longue inspiration, acceptant peut-être finalement cette décision qui lui était encore bien difficile à digérer.

_ Alors, qu’il en soit ainsi. Trouve ta place, Ayuka. Tu ne me rencontreras plus sur ton chemin. »

Et, bousculant son bras au niveau de son coude, il enleva la pression pour se détacher et continuer son chemin. Rancunier. Blessé. Plus que jamais, il ne désirait plus d’elle dans sa vie. Car s’il avait vécu tant de trahisons, celle-ci venait de cet être cher qui ne comprenait pas ses craintes et ses peurs, mais uniquement les conséquences. A cet instant, l’aveugle, plus têtu et borné que jamais, retrouvait sa morosité silencieuse, laissant traîner derrière tout le froid de son âme torturée.
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Mer 20 Déc 2017 - 0:42
« Je veux mériter ma place mais pas sans toi ! » Les mots avaient le mérite d’être clairs. Alors qu’il s’éloignait un peu plus, alors qu’il fuyait de nouveau, elle continuait de lui parler. Parce qu’elle ne voulait pas le perdre, parce que dans son univers, il était au centre. Car il savait lui parler comme un ami, l’aimer comme une sœur et l’aider comme un père. Elle le suivit, les yeux humides, une larme perlant sa joue avant de s’échapper dans son cou pâle.

« Je veux être aussi forte que toi, je veux que plus jamais on ne te traite de lâche ou de monstre, alors ne me tourne pas le dos ! » Émotive, elle l’était. Et en cet instant, la fatigue, la colère, la tension se relâchaient pour ne laisser qu’une boule d’émotions brutes dans l’entrée de la demeure. Il voulait fuir, mais il valait mieux que cela, et elle le savait, il n’était pas le monstre de Kiri. Les marques violettes sur son cou marquaient toute l’impulsivité de son cousin, mais il n’était pas une bête assoiffée de pouvoir et de sang comme beaucoup se l’imaginaient.

Les bras d’Ayuka se refermèrent sur le torse du Yuki, le buste de la femme secoué de quelques sanglots silencieux collé au large dos de son cousin. « Je veux que tu ne te retiennes pas… Quitte à me faire mal, ne te retiens jamais ! Si un jour je dois être aussi forte que toi ne te retiens pas… J’ai besoin de toi. Mais laisse mon esprit demeurer libre. » Il ne pouvait sentir à traversa sa lourde veste, les larmes de la jeune femme aux yeux rougis. Épuisée. Blessée. Il ne pouvait l’abandonner, pas ainsi.

Il pouvait la rejeter violemment à terre,ayant la force pour réaliser ce geste. Mais Ayuka ne comptait pas le lâcher. Il avait piqué son égo, sa fierté, ses douleurs passées, ses faiblesses. Eiichiro ne pouvait la délaisser dans cet état. Pas alors qu’elle lui demandait de l’aider, de la rendre plus forte. « Arrête de laisser la vie t’emporter et agis ! » Il n’y avait pas d’agressivité dans ses mots. Elle voulait réellement qu’il se réveille. Qu’il la réveille. Qu’il fasse d’elle la Yuki qui saurait le vaincre et le rendre fière.

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Mer 20 Déc 2017 - 9:33
Il l’avait dépassée. Encore une fois. Une nouvelle fois. Il la dépassait. Car, comme toujours, il faisait ce qu’il savait faire de mieux. Fuir. Comme il avait lâchement abandonné la mère de Rakka. Comme il avait fui ce soir-là, en pleine nuit, pour sauver sa vie et celles de sa famille. Il avait fui ses crimes et ses responsabilités. Comme toujours. Comme il l’avait toujours fait. Aussi, alors qu’il la dépassait, il entendait les mots de celle qui, encore en cet instant, représentait peut-être la part la plus importante de sa vie, hormis la chair de sa chair. Peut-être ne s’en rendait-il pas lui-même compte. Alors, il sentit ses bras l’entourer. Il la sentit le serrer. Et il entendit ses mots. Baissant la tête, il l’écoutait en silence.

Car elle parlait de sa lâcheté. Car elle parlait de ce monstre que les rumeurs aimaient à décrire. Car il était, aussi, celui qu’elle ne voulait plus qu’il soit. Il l’avait été si longtemps, se construisant cette carapace si particulière. Qu’il le faisait être craint. Qui le rendait aussi plus monstrueux qu’il ne l’était. Pourtant, il avait endossé ce rôle. Il avait endossé ces responsabilités. Devenir le démon dont Kiri avait eu besoin. Dont les Yuki avaient eu besoin. Dont chacun avait besoin. Devenu la chimère de nombreux cauchemars, il s’était lui-même perdu. Quelque part, durant la Répression, l’homme n’avait plus été qu’une ombre. Quelque part, durant son combat contre le pouvoir, l’homme n’avait plus été qu’une parcelle de ce qu’il pouvait être. De ce qu’il avait été. Monstre lâche. Chimère monstrueuse. Horreur des cauchemars. Cauchemar d’horreurs. Noyé sous sa carapace.

Il avait longtemps gardé le silence. Un silence lourd. Pesant. Pénible. Puis, doucement, de son pouce, il avait détaché les doigts de celle qui se tenait à lui et, se tournant lentement vers elle, le géant des glaces avait passé son bras droit autour d’elle. Il l’avait serrée contre lui. Tendrement. Comme un frère pouvait le faire pour rassurer sa sœur. Comme après une nuit de mille tendresses. Comme un père protégeait ses enfants. En cet instant, alors que le silence envahissait l’obscurité du salon vide, il se laissait emporter par la vague d’émotions et sentiments. Se déchaînant. C’est ainsi que, posant ses lèvres sur le front de celle qui était son monde, il laissa entendre quelques mots, soufflés dans le murmure de l’instant.

_ Ne pleure plus, s’il te plaît. »

Puis, dans un geste de plus en plus symbolique, la tête glissant, il laissa son front se poser contre le sien, caressant délicatement les joues larmoyantes. Tentant, comme il pouvait, d’effacer son méfait et son erreur, essayant, comme il le pouvait, de prendre la responsabilité, il prit une longue inspiration avant de reprendre la parole, répondant avec calme. Pourtant, s’il parlait le plus souvent avec les flammes de son cœur, laissant la colère et la rage exprimer ses émotions, sa voix se fit douce, basse et calme. Comme il était rarement. Car, peiné, il savait avoir commis le crime d’avoir blessé celle qui représentait tant en son monde si souvent bouleversé par les fruits de ses émotions explosives.

_ J’aimerais … »

Une longue inspiration. Ses mains tombèrent doucement le long des bras de sa meilleure amie. Attrapant ses doigts, il comprenait ses erreurs. Sa jalousie. Sa colère. Sa rage. Des sentiments négatifs nés de sa propre appréhension. Celle de la perdre. Celle qu’elle n’aurait plus besoin de lui alors que, encore en cet instant, il était, des deux, celui qui avait le plus besoin d’elle. Car s’il ne pouvait pas apprendre sur le combat auprès d’elle, bien que cela s’était pourtant révélé le cas, elle était sûrement celle qui lui permettait, si souvent, de trouver la balance de ses sentiments, de tempérer ses émotions. Car lui parler de ses folles passions permettait d’évacuer. Car savoir qu’elle pouvait connaître ses secrets était apaisant. Sur elle, il pouvait compter. Pourtant, cette nuit-là, il l’avait trahie. Et sa voix, brisée par les émotions et les larmes qui tâchaient son bandeau, rompit finalement le silence qui s’éternisait.

_ J’ai … »

Encore une inspiration. Car parler de ses émotions se révélait bien plus difficile qu’en apparence pour celui qui, s’il s’enflammait aisément, parlait bien peu des émotions et sentiments tendres et apaisants qu’elle faisait naître.

_ J’ai. Besoin. De. Toi. »

Besoin d’elle. Pour faire de lui un homme meilleur. Pour qu’il ne soit plus l’homme lâche, ni le monstre. Pour faire de lui un meilleur père qu’il ne l’avait été. Pour Rakka. Ou pour ces enfants dont il ne connaissait pas encore le prénom. Pour faire de lui un meilleur Shinobi. Pour qu’il accepte, finalement, son propre handicap. Pour que, ensemble, ils construisent un autre monde. Pour elle. Pour lui. Pour leur famille. Pour ce Clan en devenir. Il avait besoin d’elle. Car il ne pouvait faire autrement. Depuis toutes ses années, bien avant qu’il ne soit aveugle, ses souvenirs l’évoquaient constamment. Par son sourire. Par son rire. Par ses piques. Par sa malice. Et, alors que les premiers étaient tombés, sa langue se délia lentement.

_ Je ne veux plus jamais te blesser. Pas de cette façon. »

Car elle était Ayuka.

_ Je … Je ne veux jamais te perdre. »

Car elle était la femme de sa vie.

Et, finalement, lâchant ses mains, son front se détacha de celle qui, pour la première fois depuis bien longtemps, entendait l’émotion dans sa voix. Comme aucune depuis bien longtemps. Pourtant, ce soir-là, il savait qu’il devait se montrer tel qu’il était. Qu’il pouvait lui parler. Car tous les deux savaient, en cet instant, ce qu’elle était. Sa meilleure amie. Sa sœur. Sa confidente. Ce pilier qu’il avait cru instable et qui, dans le cœur de la nuit, se solidifiait un peu plus encore en son sein.
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Sam 23 Déc 2017 - 1:26
Il était si rare de le voir ainsi, ouvert, presque émotif. L’homme pouvait se montrer compréhensif voire compatissant mais pour une rare fois, un unique moment, c’était l’émotion qui prenait le pas sur son visage meurtri. Le front de la jeune femme posé contre celui d’Eiichiro, les quelques faibles qui oppressaient son corps commencèrent à s’estomper. La douleur de l’esprit laissait place aux prémices quelques maux qui dureraient certainement quelques jours car en effet, son cousin ne pouvait le voire mais le cou de sa meilleure amie se couvert de quelques marbrures violacées.

« Alors essaie de me comprendre si tu ne veux plus me blesser… Tu ne me perdras pas, comme Rakka, comme Setsuka. »

Malgré la douleur qui saisissait sa gorge, malgré son corps encore fébrile de cette dispute aussi violente par les mots et les coups que par sa rareté, la Yuki serra les mains de son cousin, exerçant dessus une pression qui se voulait suffisamment présente pour être réconfortante mais suffisamment douce pour ne pas le blesser un peu plus qu’il ne l’était déjà. Elle n’aimait pas le faire souffrir.

Ne bougeant pas, Ayuka ne le lâchait pas, car eux deux le savaient, peu importe les dangers, peu importe les supplications de l’autre, chacun saurait devenir le bouclier de celui à protéger. Les deux petites filles n’étaient pas présentes en cette journée, n’ayant ainsi pas pu admirer le coup de froid qui avait menacé toute la rue si jamais les deux Yuki en étaient réellement venu à se battre. Heureusement, les mots réussirent à attendrir les cœurs et calmer les esprits.

« Je ne suis plus une enfant mais ça ne veut pas dire que je n’ai pas besoin de toi, ‘Chiro. » Un surnom qu’elle utilisait rarement et uniquement dans l’intimité. Ayuka savait piquer son cousin, mais elle ne l’avait jamais rabaissé publiquement si bien ces quelques attentions verbales n’étaient connues que des deux Yuki. Puis toujours proche de lui, toujours présente même s’il ne pouvait plus la contemplait, elle ajouta « Si tu ne veux pas me perdre alors que la guerre est aux portes d’Iwa, alors laisse-moi devenir plus forte. Aide-moi à devenir aussi forte que toi. »

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Dim 24 Déc 2017 - 15:17
Alors, il gardait ses doigts près de ceux de celle qui, en cet instant, fendait son cœur. Car il le savait mieux que quiconque, plus rien ne serait pareil. Car l’angoisse grignotait un peu plus son cœur blessé. Car, il le savait, il devait la laisser partir. La gorge nouée par les mots qu’il entendait, les bras aussi fébriles que les jambes, l’angoisse serrait un peu plus son estomac, lui donnant, lentement, l’envie de remettre son dernier repas. Comment allait-il faire lorsque, finalement, elle aurait pris son envol ? Pouvait-il seulement avoir suffisamment confiance en cet oiseau ? Ne trouverait-elle pas un meilleur nid, plus confortable et plus protecteur que lui, diminué et affaibli par ses erreurs ?

Finalement, posant un baiser sur le front de sa partenaire, il laissa transparaître un triste sourire alors qu’il caressait légèrement la joue de sa cousine. S’il se retint d’un soupir audible, son corps continuait de se soulever sous le poids de sa colère passée. Aussi, rompant finalement les liens qui les unissaient jusque-là, autant ses lèvres à son front que ses doigts, il se laissa finalement, maladroitement, tomber dans le canapé qui était à côté d’eux. Soufflant, passant une main sur son visage et particulièrement sur son bandeau frontal, il baissa finalement la tête.

_ Qui serais-je une fois que tu seras plus forte que je ne le suis ? »

Un homme mort. S’il ne le serait pas physiquement, il savait que le jour viendrait où, plus forte, elle n’aurait finalement plus besoin de lui. Sa voix brisée, cassée par les élans de tristesse autant que de colère passée, il finit par entièrement s’y asseoir, tête encore basse, pensif, retiré. Car, plus le temps passait et plus il savait que celle qu’il estimait plus que tout serait bientôt une autre femme. Une femme méconnaissable. S’il en retenait les larmes derrière le tissu, l’aveugle désirait peut-être, plus que tout, ne jamais qu’elle ne parte. Mais peut-être était-ce finalement une nécessité. Elle qui voulait prendre son envol. Lui qui aimait ses racines. Aussi, déliant les branches d’un arbre trop longtemps protecteur, qui avait si longtemps caché le soleil qu’elle recherchait, il abandonnait l’idée de lutter contre ses envies à elle.

_ Je t’aiderai à devenir la femme que tu veux être. J’ai toujours voulu te protéger comme ma sœur, mais peut-être qu’il est temps, finalement, que tu puisses voler aussi de tes ailes, sans l’ombre des miennes. »

Un sourire. Doux. Triste. Nostalgique. Un sourire. Car il acceptait d’en faire la femme qu’elle désirait tant être.
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Mer 27 Déc 2017 - 1:37
Alors que le contact des lèvres glaciales de son cousin cessa, le froid continuant d’irradier doucement mais agréablement le crâne de la jeune femme, elle sourit doucement à ses mots. Sourire triste des évènements passés, sourires véritable d’un avenir où elle ne le laisserait plus sombrer. « Tu resteras Eiichiro. Tu resteras un des chefs de l’histoire du clan Yuki, tu seras toujours un guerrier puissant et respecté. » Puis elle ajouta plus doucement, comme plus intimement, une réflexion personnelle mais qu’elle n’avait encore jamais confiée à un combattant « Ton nom est déjà gravé. Tu sais, je pense qu’il n’y a pas plus grand honneur qu’avoir des enfants qui cent ans plus tard, parlent encore de la grandeur de soi. »

Car Ayuka n’en doutait pas, Eiichiro ne serait pas un oublié du clan, comme tous les chefs l’ayant précédé. Et le maître des Glace avait déjà suffisamment de batailles et de guerres derrière lui pour qu’Iwa et Kiri n’oublient jamais le nom de Yuki Eiichiro.

S’étirant doucement, la jeune femme toussa, comme pour chasser sa voix enrouée et blessée des violences précédentes. Le regardant faire, il ne lui fallut que quelques secondes pour le rejoindre et grimper également sur les coussins mais s’asseyant naturellement dur le dossier directement. Oui, être assise ainsi était une rares situations où elle n’était pas obligée de lever le regard pour contempler celui de l’autre.

Si le contact avait été rompu, elle n’en restait pas moins proche de lui. Seuls. « Ton ombre a toujours été immense Eiichiro… Tu ne la vois plus, mais finalement, je ne te t’abandonnerai pas, je serais à jamais à tes côtés. Face au soleil d’Iwa. »

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Mer 27 Déc 2017 - 13:52
Il gloussa. Pour l’une des rares fois où cela lui arrivait, l’ancien Chef de Clan se mit à légèrement glousser sous les mots de celle qu’il comptait protéger de sa vie s’il le devait. Car elle lui était aussi précieuse que sa propre fille, sa cousine était l’unique femme qui pouvait se moquer de lui sans en subir ses glaces. Elle pouvait rire de lui. Elle pouvait le faire sourire. Elle pouvait le critiquer. Depuis si longtemps qu’il la connaissait, il l’avait laissée faire, devenant celle qui, à jamais précieuse, composait sûrement une des plus grandes parties de sa vie. Pourtant, alors qu’elle évoquait le guerrier autant que ses honneurs, il ne put s’empêcher de laisser tomber sa tête en arrière. Puis, soupirant légèrement, il laissa transparaître un sourire bien plus triste que les derniers.

_ Quel Chef ai-je été, Ayuka ? Regarde ce que j’ai créé. Le Clan est maintenant divisé entre les terres ancestrales de Yuki no Kuni, le territoire de Mizu no Kuni et nous sommes quelques exilés. Voilà ce que l’on retiendra de moi, j’ai à jamais séparé et détruit l’unité du Clan. »

Passant une main sur son bandeau, la nuit s’étirant doucement, il se demandait comment il en était arrivé là. Il repensait à tous les événements de cette année. Il imaginait comment tout aurait pu être si différent si, simplement, il n’avait pas été le Chef de Clan. S’il n’avait pas été ce qu’il avait toujours refusé. Peut-être Hideyoshi avait-il commis de véritables erreurs en le préférant à Feng. Elle qui s’était battue au nom de Kirigakure, au nom de ce rêve qu’elle construisait. Lui qui s’était battu au nom de ces quelques frissons. Soupirant encore, les mains abandonnées à ses jambes, il reprit ensuite ce qu’elle racontait sur cette enfant qui, maintenant, vivait sous son toit.

_ Je n’ai jamais désiré d’enfants. Tu le sais bien, je ne me suis jamais senti capable d’en élever et lorsque les femmes que j’ai aimées m’en parlaient, je prenais lâchement la fuite. Je dois maintenant composer avec Rakka et un rôle pour lequel je n’ai jamais été préparé. Et que racontera-t-elle sur son père, dis-moi ? »

Soufflant, il reprit aussitôt, sans lui laisser l’occasion de répondre.

_ Comment je l’ai volée à sa mère, au beau milieu d’une nuit d’été, et que j’ai lâchement fui un pays parce que je craignais pour ma vie et les vôtres ? Ou comment j’ai perdu la vue parce que j’ai torturé une Criminelle ? Ou peut-être souhaites-tu qu’elle évoque comment j’ai exporté la guerre à la Roche ? Telle est l’Héritage que je lui laisse … »

Il le savait mieux que personne, il avait commis de nombreuses erreurs. Des erreurs dont il n’avait pas toujours accepté la responsabilité. Aussi, en ce soir où ils n’étaient que tous les deux, assis dans ce canapé refroidi par les auras glacées des deux Yuki, il laissa transparaître un sourire aux derniers mots de sa partenaire.

_ Peut-être que je serai bien mieux à l’ombre sous la Lune, tu »

Avait-il alors, las, lâché. Comme un aveu de sa propre fatigue. Son corps épuisé lui donnait parfois encore de nombreuses douleurs. Serait-il, à jamais, l’esclave de volontés qui n’étaient plus les siennes ?
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Mer 27 Déc 2017 - 15:51
« En fait je pense que c'est ça qui te met de mauvaise humeur et qui détruit ton moral ainsi que ton sourire. » Lâcha-t-elle d’un coup une fois qu’Eiichiro eut fini de lui expliquer ce qui n’allait pas dans sa vie, ce qui avait le don de l’irriter ou encore la rétrospective sur sa propre vie. Assise à côté de lui, ses jambes posées sur le dossier du canapé, elle le regardait. Lui, lui qui ne pouvait pas lui rendre son regard.

« Tu as été un chef qui n’a pas laissé notre clan s’écraser devant un Mizukage ayant délaissé nos arts. Tu as été un chef qui a su protéger sa famille, qui a toujours prouvé sa force et Eiichiro, je vais t’apprendre quelque chose… Tu es encore un chef de clan. » Car il parlait au passé, cependant Ayuka le considérait encore comme tel. Et même si elle n’avait pas de nouvelles de Kiri, le prochain chef serait assurément moins puissant qu’Eiichiro.

« Tu parles de femmes au passé, mais regarde la situation actuelle. Tu as une fille adorable, et déjà en âge de se battre. Eduque là pour qu’elle devienne une future cheffe de clan dont tu pourras être fier. Et le monde se souviendra que tu es son père. » Soupirant, Ayuka passa sa main dans ses cheveux, sa nuque craquant légèrement car encore faible des violences passées. Il ne pouvait plus voir le monde mais intérieurement, Ayuka avait l’impression que son esprit ne comportait aucune couleur. Posant les mains sur le dossier, la blonde avança légèrement et se laissa glisser contre celui-ci, jusqu’à se retrouver aux côtés d’Eiichiro qui pouvait de nouveau la dominer de sa grande taille.

« La guerre aurait eu lieu, même sans ton départ. Le roux de Kiri a littéralement détruit Chôgen-sama. C’est une soif de sang qui anime Kirigakure quant au Soshikidan… Alderan parlait surtout d’Hi no Kuni et je pense qu’il se fiche bien de tes états d’âme. »

Posant une main sur son épaule, elle lui sourit doucement, son corps posé contre le sien dans cette salle vide de toute âme sinon les leurs. « Tu es bien trop puissant pour l’ombre de la Lune et ton histoire n’est pas terminée ‘Chiro. Tous, nous avons fait des erreurs, à nous d’écrire la suite pour que cela n’arrive plus. »

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Mer 27 Déc 2017 - 17:38
Il sentit le déplacement dans le divan alors qu’elle glissait dessus pour se retrouver à ses côtés. Et, dans un geste instinctif, passant son bras derrière elle, il l’avait amenée près de lui, pour sentir sa tête contre son torse. Un geste qui se voulait protecteur en cet instant, après la difficile dispute qui avait éclaté. Alors qu’il parlait de lui, de ses craintes, elle évoquait Rakka autant que ses différentes erreurs. Elle parlait de ce futur qu’il ne connaissait pas. Ainsi, gardant longuement le silence, il souffla un instant, la tête encore posée en arrière sur le dos, ses cheveux coincés entre son cou et ce dernier.

_ Je ne suis plus Chef. Je ne veux plus l’être, petit flocon. »

Passant une main dans sa chevelure, il souriait doucement à la douceur de ceux-ci. Cela faisait bien longtemps qu’il ne l’avait plus fait. Cela faisait maintenant trop longtemps qu’il n’avait plus pu la voir. Encore aujourd’hui, même s’il l’acceptait mieux que jamais, sa cécité était encore une barrière. Lui qui avait toujours tant aimé voir, être aveugle semblait être le pire des supplices. Mais il savait qu’il ne pouvait se morfondre plus longuement. Aussi, évitant soigneusement de retrouver sa morosité accablante, il poussa un lourd soupir qui avait d’abord soulevé l’ensemble de sa cage thoracique.

_ J’aurais aimé qu’elle ne connaisse pas le monde que nous avons connu. Et pourtant il me semble aujourd’hui que le monde de demain sera peut-être pire que celui que j’ai connu. »

Haussant légèrement les épaules, il continua encore pour lui-même autant que pour elle.

_ Quelle monde allons-nous faire découvrir aux filles, Ayu’-chan ? »

Finalement, délaissant cette étreinte, bousculant doucement celle-ci, il posa ses coudes sur ses genoux car, songeur, il repensait aux dernières paroles de son amie. Car si elle pouvait avoir raison, il se questionnait énormément sur ce qu’il avait échoué.

_ Peut-être aurions-nous pu faire autrement. Si nous étions restés à Kiri, peut-être que nous aurions pu stopper Yamamoto avant son crime. Si je n’avais pas été aveugle, j’aurais peut-être pu arrêter le Nara. Si … »

Et sa voix de se briser dans le silence de la nuit. Laissant tomber sa tête en avant et ses cheveux devant sa face blessée, il hochait pour lui-même, comprenant qu’il ne pourrait rien faire. Le mal était déjà fait. C’était maintenant à lui de s’en occuper et de l’éradiquer. Pour que jamais sa fille n’ait à se battre. Pour qu’Ayuka puisse trouver le bonheur et la paix.

_ Sois le Soleil de ce Clan, je me contenterai de la Lune. »
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Jeu 28 Déc 2017 - 1:58
Toujours assise, toujours à ses côtés, toujours. Levant les yeux vers le ciel obstrué par la vue du plafond de bois, elle soupira doucement à l’interrogatoire de son ami. Une question qui lui demandait de lire dans l’avenir, chose impossible pour celle ayant connu des batailles contres des bandits mais jamais une guerre de grande ampleur. Cependant, Ayuka ne resta pas silencieuse « Je pense que nous leur feront découvrir un monde dans lequel nous nous serons battus pour elles. Que nous finissions morts sous les attaques des tyrans ou victorieux contre Kiri et autres ennemis, nous ne resterons pas les bras croisés. » C’était une certitude. Le nom des Yuki n’était pas synonyme de lâcheté mais au contraire, de puissants guerriers. Il était toujours possible de trouver plus fort que soi, cependant Ayuka désirait que l’histoire de se souviennent d’eux comme de shinobis à craindre en combat.

« Hum… Peut-être. Avec des si, nous referions le monde à notre image, tu ne serais pas aveugle, je serais puissante, tu serais Mizukage. Mais l’inverse est aussi vrai, si nous étions restés à Kiri, peut-être que Shiori t’aurait tué. Que Tetsuko l’aurait aidée et je serais morte en désirant te venger. Nous serions tous enterrés ou jeté aux chiens. »

Non, Ayuka était persuadée qu’en rejoignant ces terres d’accueil, ils avaient fait le bon choix. Un pays qui leur permettait de s’entraîner, de faire renaitre et aiguiser leurs glaces pour mieux restaurer la Paix perdue de Kiri. Une paix qui autrefois avait poussé les clans Kaguya et Yuki à s’allier mais qui à présent était totalement morte entre les mains d’un Meikyuu tueur et sanguinaire. Les derniers mots firent tiquer légèrement la Yuki qui fit retomber son regard sur son mentor. « Ne te contente pas de l’ombre, tu es suffisamment plongé en plus… » Elle tape doucement son épaule de son poing, sans violence en ajoutant « Le soleil est bien plus grand que le soleil, et du coup, il te va bien mieux qu’à moi ! » Car elle ne désirait pas qu’il se fasse oublier.

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Jeu 28 Déc 2017 - 2:29
Puis, alors que la pression retombait soudainement dans la pièce, l’aveugle se mit à rire aux éclats sous les mots de sa cousine. Car il ne savait réagir autrement que de cette étrange façon. Car, alors qu’elle évoquait le soleil, il se rendait compte à quel point cela ne l’intéressait plus. Il n’avait jamais été intéressé par cette lumière et se serait bien contenté, une vie durant, de l’ombre reposante de la lune. Pourtant, encore en cet instant, il avait l’impression que celle qu’il chérissait plus que tout désirait qu’il reste bel et bien à cette place qu’il ne voulait plus. Aussi, se levant finalement, il tâtonna sur la jambe de celle-ci avant de récupérer sa main et, l’emmenant dans l’obscurité de cette demeure qu’il connaissait, il la conduisit au dehors.

C’est ainsi que, levant la tête vers les cieux étoilés qu’il ne pouvait pourtant pas voir, il serra un peu plus cette main qu’il tentait de retenir. Car il ne voulait pas la laisser partir. Car il ne voulait jamais qu’elle parte. Ainsi, sourire triste aux lèvres, des mots dits trop vite, la gorge nouée, il laissa finalement sa voix vibrante s’entendre.

_ Tu sais, je n’ai jamais été intéressé par la lumière du soleil. En vérité … »

Il la lâcha pour se tourner vers elle et, souriant doucement, prenant ses deux mains entre les siennes, encore bandées des séquelles d’un combat dont son corps ne se remettrait jamais, il laissa entendre encore quelques paroles à son adresse.

_ En vérité, c’est bel et bien ce ciel et ses étoiles qui me manquent depuis que Shiori m’a à jamais aveuglé. »

Poussant un soupir, la lâchant finalement, il s’en détourna et, s’avançant sur la rue silencieuse, il s’écarta un peu d’elle, mettant de la distance entre eux pour la première fois de cette soirée. Croisant les bras devant sa poitrine, il leva finalement sa tête vers ce qui lui manquait depuis ces longs mois plongés dans l’obscurité.

_ Peut-être que tu as raison, Ayuka. Mais l’ombre est rassurante. J’ai l’impression que tout le monde s’attend à beaucoup de moi. Je dois être un père pour Rakka. Je dois être un ami pour toi. Pour Watari. Je dois être un Protecteur pour cette cité. Que me demandera encore Iwa ? »

De sa voix encore vibrante, se tournant à moitié vers elle, il laissa entendre ses dernières phrases.

_ Je t’empêcherai de mourir. Que ce soit en mon nom, au nom des Yuki, de cette famille, ou de ce village, n’essaie même pas de crever, Ayuka. Ou même dans l’au-delà, je viendrai te chercher pour te maudire cent fois par jour. »
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Jeu 28 Déc 2017 - 3:04
Il la fit rire. Au point de réveiller totalement les douleurs enserrant sa gorge blessée. Malgré cela, elle ne pouvait s’empêcher de rire aux ordres de son cousin. L’éclat de sa voix retentit dans toute la rues mais elle n’en avait que faire, au diable les apparences, Iwa la faisait se sentir libre. « Je ne suis pas suicidaire, si un jour je viens à mourir de la main d’un adversaire j’espère au moins l’emporter avec moi ! » Il s’agissait d’une des rares philosophies samouraï qui lui restait de l’époque où son père lui prodiguait les enseignements de leur caste. Ayuka aimait la vie et les plaisirs qui en découlaient mais paradoxalement, la mort ne l’effrayait pas. C’était l’amour de la vie qui la poussait à se battre et se surpasser et pas la peur du vide ou de la noirceur solitaire. Encore plus quand son père lui avait parlé qu’une autre vie auprès des autres combattants après avoir rendu son dernier souffle.

Dans la rue, déambulant de lui, elle lui répondit sérieusement « Si tu le désires, dans ce cas j’accepte le soleil. Mais cela ne m’empêchera pas de passer encore de nombreuses nuits dehors à tes côtés, Chiro. » Après tout, bien plus sociable que son cousin, plus souriante et avenante, elle était peut-être le meilleur choix pour représenter le clan seulement… Dans l’esprit de la Yuki, la puissance et l’âge de son mentor faisait de lui en représentant bien plus légitime, encore plus alors qu’il était l’héritier direct d’Hideyoshi.

« Si tous t’en demandent autant, c’est parce qu’ils t’estiment en mesure de réussir et pourquoi pas sauver des vies. Finalement, cela ne serait pas le meilleur avenir que tu montrerais à Rakka ? Un monde où par le choix de ne pas se laisser aller aux plaisirs cruels, tu sauverais un village qui l’a elle aussi, accueilli à bras ouverts ? » Peu importe ce que l’avenir leur réservait, Ayuka savait que son cousin agirait pour le bien de sa fille et par extension, celui d’Iwa.

Et définitivement, elle ne comptait pas mourir, pas avant d’avoir réalisé ses projets et ses rêves, secrets pour beaucoup d’entre eux.

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Jeu 28 Déc 2017 - 12:02
Eiichiro n’avait jamais aimé le pouvoir, il n’y avait jamais été attiré. Contrairement à d’autres, comme Feng, il n’avait jamais été fait pour prendre ces responsabilités. Il n’avait pas été préparé quand le vieil Hideyoshi s’était décidé à passer le flambeau et qu’il avait décidé d’en faire le nouveau Chef de Clan. Une absurdité. Une erreur. Car s’il était un Général de Guerre, capable d’aboyer les ordres nécessaires à exécuter en temps de guerre, il n’était pas, alors, un homme de la Paix. Appel de ce sang qu’il désirait faire couler, il avait toujours fui les responsabilités civiques qui incombaient aux positions. Encore cette nuit, alors qu’elle l’évoquait comme le Chef de Clan légitime, il refusait cette possibilité. Car il n’avait jamais voulu l’être, il n’avait jamais souhaité devenir cet homme que l’on scrutait. Il n’avait jamais voulu inspirer quiconque. Pourtant, alors que l’Hiver 202 approchait doucement, une rétrospective de l’An 201 était nécessaire. Et s’il ne se décidait pas à accepter un peu du poids qu’il fuyait tant, que penserait Rakka ? Car elle était devenue le rayon qu’il protégerait.

_ Ne meurs pas avant moi, s’il te plaît. Sois le modèle dont a réellement besoin ma fille. »

C’est ainsi que, au milieu de la nuit, tandis qu’ils s’étaient disputés violemment en raison de ses craintes, de ses peurs et de sa perpétuelle paranoïa, l’aveugle préparait maintenant l’avenir d’un monde dans lequel il ne serait peut-être pas. Car la guerre faisait des victimes et peu importe les discours sur sa puissance, il serait en première ligne pour affronter les ennemis. Et, quitte à mourir pour un monde meilleur, il comptait bien en emporter autant qu’il le pouvait. Ainsi, dans un autre de ses perpétuels soupirs, celui qui était aveugle depuis bientôt six mois et dont les lumières et les couleurs s’étaient entièrement estompés au profit de la noirceur des ombres et ténèbres

_ Je ferai le nécessaire. Je ferai ce que l’on attend de moi. Pour Rakka. Pour toi. Pour tout le monde. »

Puis, débandant pour la première fois ses doigts brûlés par sa propre glace, il leva la tête vers ces étoiles qui lui manquaient tant. Pourquoi était-ce finalement la nuit qui venait à lui manquer plus que le jour ?

_ Peut-être est-il temps que je ne me retienne plus. »

Et, posant ses doigts contre le bandeau autour de sa tête, caressant le bord de ce dernier avec curiosité, il remit quelques mèches de ses cheveux qui tombaient en travers de son visage. C’est ainsi que, comme une promesse qu’il se faisait, comme une promesse qu’il lui faisait, il laissa entendre à la lune et aux étoiles cette promesse silencieuse.

_ Et je réduirai Kirigakure no Satô à son état originel, celui des cendres et des boues. »
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Jeu 28 Déc 2017 - 13:00
Après la violence physique de la dispute, la violence d’une promesse. Quelques mots qui laissaient entrevoir une possibilité quant à l’avenir du Village Caché de la Brume. La Yuki savait un émissaire de Kumo présent et dans les rues se murmurait des rumeurs concernant une possible alliance entre la Roche et les Nuages. Si tel était réellement le cas, Ayuka se doutait que son camp possédait des chances de l’emporter. Mais s’ils ressortaient victorieux du conflit… Dans quel état finiraient les perdants ? La guerre apportait toujours son lot de morts et de sang, et si Ayuka se savait prête à assumer les responsabilités de son statut militaire, il y avait une différence entre décapiter un tyran et un génocide.

Le contemplant malgré la nuit encore persistante, Ayuka se demandait s’il perdrait le contrôle à nouveau. Si face aux kirijins, il laisserait sa fureur se déchainer et tuerait aussi facilement que par le passé. Puis s’approchant de lui, une main sur la hanche, elle sourit, répondant avec malice et humour « Pour réduire Kiri en cendres, il te faudrait un Borukan. En revanche je ne doute que tu serais capable d’y faire naître un désert de glace où personne ne survivrait. » Il y avait un mais. Toujours un mais, sinon cela serait trop simple « Kiri est une terre souillée depuis bien trop longtemps, mais te verrais-tu tuer les innocents qui subissent les tyrans ? »

Dans son esprit, la jeune femme se souvenait du restaurant dans lequel l’avait emmenée Watari. Des serveurs joyeux, une mamie tenant son établissement avec amour. Des cuisiniers talentueux leur ayant offert un repas de fête. Le boulanger qui voyait tous les jours Ayuka venir chercher ses beignets aux parfums d’agrumes et de thé. La petite vendeuse de tissus à laquelle la Yuki achetait tout le matériel nécessaire pour ses haori. Les enfants Yuki. Les enfants Kaguya. « Tu serais prêt à tous les tuer, vraiment ? »

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Jeu 28 Déc 2017 - 14:21
Haussant les épaules sous la question, le Yuki se détourna de son amie, encore silencieux. Il savait ce qu’elle entendait. Et il arrivait encore à la comprendre. Pourtant il savait aussi sa résolution déterminée. Poussant un soupir, la tête levée vers ces étoiles qui étaient autant de portes sur des mondes bien différents et meilleurs, il se laissa à un sourire attendrissant. Uniquement pour lui. Un sourire plein de tristesse. Il le savait au fond de lui-même, il ne voulait pas devenir cette créature ignoble qui arracherait d’innocentes vies, pourtant, peut-être devrait-il la devenir. Finalement, se tournant vers elle, il laissa entendre l’écho de sa voix.

_ S’il est nécessaire qu’un Démon naisse des entrailles d’Iwa, je serai celui qui tuerai ces innocents. Car pour répondre à la cruauté de Kiri, nous devons en montrer la même, sinon pire. Et faire savoir que d’Iwa et de Kiri, nous pouvons aussi être craint. »

Puis, se mettant en marche vers l’intérieur de la maison, et s’arrêtant finalement à mi-chemin, il laissa entendre quelques paroles.

_ Je sais ce que tu penses, petite Ayuka. »

Se tournant à nouveau vers elle, il hocha de la tête pour retourner vers elle et, à deux pas d’elle, s’arrêta finalement pour lui parler sans détour.

_ Toutes les guerres ont besoin de leurs démons et monstres. T’en penses-tu capable ? Ou Watari ? Qui peut mieux goûter aux ténèbres que celui qui s’y est déjà plongé ? Je ne laisserai personne prendre cette place, si c’est là ma façon d’expier pour mes crimes du passé. »

Finalement, posant une main sur la joue de cette sœur qu’il venait de blesser, alors qu’il lui avait déjà fait savoir son souhait qu’elle prenne sa place, un jour, à la tête des leurs, il caressa, de son pouce, la douce peau de cette partenaire. C’est ainsi que, souriant tristement aussi bien que doucement, il laissa entendre quelques paroles à son adresse.

_ Rentrons, tu veux bien ? Les jours sont encore longs avant la guerre, et tu as besoin de te reposer. »
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Jeu 28 Déc 2017 - 15:18
Nul doute que si Watari avait été présent, le Yuki aurait pris un bon coup de fourreau de la part du samouraï. Même Ayuka manqua de se prendre le front entre ses mains en voyant son cousin replonger ainsi dans les mêmes pensées lui ayant coûté son deuxième œil. C’était justement car Iwa ne se faisait pas cruelle qu’ils étaient différents de leurs anciens compatriotes. C’est justement parce qu’Iwa préférait les prisonniers au décapités qu’Ayuka se sentait bien plus en phrase avec la Roche que la Brume. « Iwa n’a pas besoin d’un démon, Iwa a besoin de protecteurs, comme la Paix de ce monde mise à mal. »

Avançant vers lu,i vers le foyer familial, Ayuka soupira, continuant de partager sa réflexion avec son cousin « Le simple fait que les effectifs de Kiri ne soient plus complets au profit d’Iwa montre que la Roche doit être crainte. Et s’ils nous sous-estiment, et bien ils ne pourront s’en prendre qu’à eux. » Mais pour rien au monde, Ayuka ne désirait voir Eiichiro sombrer de nouveau, brisant tous les efforts d’Ayuka et enseignements de Watari. Face à la simple de leur demeure, ils parlaient sans voile, sans se restreindre par peur de blesser l’autre. Une honnêteté qu’appréciait la jeune femme.

« Si je dois tuer, je le ferais. Ce ne serait, hélas, pas la première fois. Ni pour moi, ni pour Watari. Mais si tu tues des innocents plutôt que les monstres kirijins, cela ne fera qu’amplifier le conflit au lieu de le résorber et cela donnerait juste une nouvelle source à la soif de sang de Kiri. Enfin… Nous n’y sommes pas encore. »

Alors qu’elle sentit les doigts blessés du guerrier sur sa joue, un doux contact, Ayuka attrapa doucement cette main salvatrice et entraîna son cousin au cœur du premier foyer des Yuki d’Iwa. « Toi aussi Eiichiro, tu dois te reposer. » Puis sur une dernière pointe de malice, elle ajouta « surtout que dans un mois, je veux un entraînement où tu ne te retiens pas. »

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Visions des étoiles du Nord | PV Yuki Eiichiro

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