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L'héritage ft. Watari & Yoshitsune


Mar 12 Déc 2017 - 22:26
Dans le vide, réside la vertu et aucun vice. La sagesse, tout comme les principes et la voie, existent. L'esprit est le vide.

Cette maxime était l'une parmi tant d'autres qui faisait la finesse de la sagesse des samouraïs du pays de fer. Il l'avait choisie pour s'entretenir avec l'ainé des Nagamasa. Le seul qui, de ce qu'il savait, demeurait de cette fratrie qui avait tant perdu par la faute de la cruauté du destin et du Soshikidan. Que pouvait-il en dire ? Watari avait du mal à aborder ce cousin qu'il découvrait pour la première fois. Les mots lui manquaient. Alors, il serait honnête.

L'héritage de Chôgen, l'héritage de votre clan, ne doit pas disparaître, Yoshitsune-dono. Ces quelques mots étaient frappés du sceau de la dévotion et de la loyauté qu'il vouait à son cousin, même après la mort. Une statue est dressée à son effigie, mais en hommage à l'honneur des vôtres, en hommage à l'honneur de nos origines, nous devrions créer un lieu digne du premier Tsuchikage. Construisons un lieu où il pourra reposer en paix, sous la garde des bouddhas et de Susanoo-no-mikoto.

Cette proposition était un moyen d'unifier les samouraï d'Iwa, malgré leurs clans. Une manière de les réunir et de montrer que les leurs avaient beau s'éteindre, jamais ils n'abandonneraient la voie, l'honneur et la quête de l'harmonie. Versant du saké dans la coupe de son cousin et dans la sienne, il le regarda avant d'ajouter : Vous pourrez compter sur l'aide du clan Hoshino, Yoshitsune-dono.

Watari espérait que de cette première rencontre à laquelle il invitait son cousin, l'avenir pourrait être envisagé. Un avenir où la mort de Chôgen ne serait pas vaine de sens. Un avenir où Iwa pourrait compter sur eux et sur leur maîtrise du sabre pour se défendre contre les félons et les belliqueux. Une manière de préparer la guerre en initiant un contact diplomatique avec leurs pairs. Ce faisant, nous pourrions établir un lien concret à Iwa avec notre pays d'origine et sceller une alliance déterminante avec eux pour l'avenir. Il ne savait pas à quoi s'en tenir face au Nagamasa. Il ne savait pas s'ils s'entendraient. Mais au-delà de son émoi, il espérait trouver un allié pour préparer la guerre contre Kiri.
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Mar 12 Déc 2017 - 23:33



☆ ☆ ☆     FAMILLES LOINTAINES



Tandis que d’autre célèbre l’ascension de Borukan Akimoto, Yoshitsune, lui pleure le trépas complet de cette fratrie, dont il est le triste momento. La “Haine” et la “Rancune” se logeant dans le trou béant laissé par les morts consécutives de ces êtres que notre jeune wagashira avait eu le malheur de chérir le plus au monde. La Haine se dédiant à cette Déité maudite qui l’eut pillé tandis que la Rancune se tournait vers cet apôtre anonyme qu’est la destinée, venue le dépouiller du futur qu’il s’était efforcé de forger. Et quand bien même il se sentait haï de la vie, il avait secrètement osé espérer que le destin prendrait soin de ses proches, mais il n’en fut rien : leur existence paisible fut chapardée au profit du chaos. Et, inévitablement, Il en était revenu au point de départ : la solitude, le pouvoir.

Désormais alors qu’il erre dans la citadelle, vogue autour de lui un soupçon de doute quant à cette présence qu’il sent tout le long, qui virevolte au rythme de ses pas tandis qu’en lui s’embrasse de jour en jour une flamme, symbole de sa rage croissante. Et bien qu’il ignore s'il fut digne d’un tel présent, celle-ci est toujours là, si proche d’un cœur qui céda un jour sa raison pour s’adonner au désespoir. Enfin, désormais, plus rien n’est certain. Même la croyance qu’il semblait exercer pour les dieux de sa patrie commence à se lézarder. “Si Izanami ne m’a pas tué car je ne crois pas en ce Dieu qu’elle représente, alors j’imagine qu’elle se donnera l’honneur de m’achever lorsque j’aurai même cessé de croire en Izanagi, moi qui suis pourtant son fils marchant parmi le reste des mortels.

[...]

Puis cet homme qui s‘avance posément aussi qu'il parle, étalant ses mots ainsi qu'il déroule ses foulées, serein et précautionneux à la fois, déplie les syllabes de cette langue étrangère à ceux de Rokkusu et qu'il fallut à Yoshitsune apprendre à maîtriser en son temps pour être capable de converser avec les hauts dignitaires des clans de Tetsu; encore aujourd'hui, alors qu'il est parvenu à en dompter les accents ricochant, les claquements de langue et les soupirs langoureux, L’héritier d’Hideyoshi ne peut en user sans se donner l'impression d'une fierté sans bordure. Envers qui, il l'ignore – sa Patrie, asservie aux Montagnes de fer emplie de neige, à l'époque de son enfance ; son Père, Samouraï raffiné ? Sûrement pas ; ou bien lui-même, dont la mémoire pourtant intacte a scellé dans un recoin sans lumière le dialecte de sa mère, à l'instar d'un trésor qui, faute d'avoir été exposé, exhibé, s'est choyé à l'intérieur de l'écrin censé le protéger. Alors peut-être, parce qu'il avait eu recours à un vocabulaire qui appartenait à son sang, le fier bushido ne s’eut pas trompé sur son compte. Il s’agit bien là de celui qui est son cousin, Hoshino Watari.


« Vos hommages me vont droit au coeur Watari-dôno.. D’autant plus que je n’eus pas entendu tel dialecte depuis l’époque même de Tetsu no Kuni. » rétorque t-il

Cette familiarité sonne étrangère sur sa langue, son ton pourtant d'une douceur sans égale, signe du lent apprivoisement entre deux créatures d'honneur et de devoir. Mais il n’est pas Chogen, il ne saurait accorder sa confiance à celui qu’il n’a retrouvé que depuis hier.


« Pourtant quand bien même le même sang rouge coule dans nos veines, il est vrai que l’aube s’eut levé maintes fois depuis les dernières retrouvailles de nos familles.. »
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Mer 13 Déc 2017 - 0:12
Celui qui lui fait face est digne. Il porte son honneur comme la plus belle armure que peut revêtir un guerrier. Son cousin, comme lui, n'est pas là pour pleurer. Les larmes... Ils les gardent bien pour ceux qui pleureront leurs ennemis communs. Comme l'avait dit l'ancêtre du glorieux clan auquel il avait failli allier à nouveau son sang, peu importe les actes commis, il ne fallait jamais regretter ses actes. Mais ces maximes en connaissaient une autre ; qui intimait la révérence et le respect, mais pas de courber l'échine face aux grands hotokes, face aux kamis. Ils avaient le devoir de s'élever parmi les Hommes jusqu'à un jour, peut-être, devenir le digne fourrier de leur ire céleste.

Et Watari, lui, avait cessé de pleurer depuis fort longtemps. Il n'était plus là pour savoir si les Hommes étaient bons, mauvais, maudits ou bénis. Il n'était pas là pour pointer inutilement du doigt des responsables. S'il pouvait les couper, alors il lèverait sa lame pour que de profonds sillons, les brumes se colorisent d'un fleuve vermillon qui étoufferaient ceux qui usaient de leur pouvoir pour provoquer les souffrances du père des Hommes. Mais la confiance est endeuillée. Il y a des choses que deux guerriers peuvent lire en l'autre par-delà les mots. Chacun est ici porteur de cette tragédie qui s'est déroulée sous leurs yeux. Le sort s'acharnait, sans fin, sur celui qui lui faisait face. Si la destinée de Watari n'était pas la plus enviable, ce-dernier savait désormais quelle horreur s'abattait sur Yoshitsune. Non pas un, mais deux frères. Une sœur. Un père.

Et pourtant, celui-ci restait stoïque sous le poids des deuils. Encore une fois, malgré le dialecte maîtrisée et la verve acérée, il avait beaucoup de mal à trouver de la justesse dans les mots à adresser à cet homme qu'il rencontre véritablement pour la première fois. Et pourtant, dans ce crépuscule de l'harmonie des peuples, je ne peux me résoudre à abandonner ainsi.

Cette phrase était simple et pourtant, témoignait que le jeune samouraï ne voulait pas abandonner sa voie. Elle qui était née d'exils, elle qui recherchait l'honneur perdue, aujourd'hui, il était devenu le voyageur qui avait fondé un serpent dont les têtes ne cessaient jamais de quereller le reste du monde. Enfant lui aussi tragique de la paix, ses géniteurs aujourd'hui à Iwa se sentaient responsable de ce que dans son immaturité, il infligeait aux autres. Aucun mots ne saurait rendre ce que vous avez perdu. Il serait bien orgueilleux de ma part de croire que ceci est ma faute ou de l'un de ceux qui ont été sauvé par votre frère... Non, la vérité est bien pire.

Si les dieux existaient bien, si une justice animait ces horreurs, la chute de ceux qui les orchestraient serait violente. Il est fort probable que les véritables coupables de ceux-ci provoquent ces horreurs pour leur désir de pouvoir. Il n'était pas là pour lui mentir. Il n'était pas là pour insulter sa dignité en tombant dans un pathos mal placé. Même s'il ressentait de la détresse pour son cousin, ils n'avaient pas ce droit. L'aube m'a séparé autant de votre famille que de la mienne, durant des années. Mais si nous voulons faire poindre l'aurore... Ce n'est qu'en portant les armes ensemble contre les félons que nous pourrons redonner du sens à ceux qui ont péris injustement, leurs noms souillés, des mains des démons...

Et que pouvait-être un homme qui souhaitait la paix par la destruction des autres ? Que pouvait-être un inconnu qui s'alliait aux usurpateurs pour tuer et trahir ceux qui dirigeait sa propre patrie ? Ses pensées faisait écho à la colère qu'il voulait déchaîner sur les responsables de tant de tragédie. Cette colère réveillée par l'amour de la justice, celle-là même qui était instrumentalisée ou niée sous le poids de l'égoïsme d'autres.
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Jeu 21 Déc 2017 - 19:51



☆ ☆ ☆     FAMILLES LOINTAINES

Avec sa lenteur coutumière, le jeune homme expose sa colère noyée sous les amples longueurs de sa chevelure.

Son mutisme mouillé, ses respirations troubles, son parfum silencieux ayant davantage d'éloquence que le plus savant des langages. Lui qui jadis éblouissait quiconque posait le regard sur lui, semble comme éviter la discussion - Ses paroles étant reflets d’un éclat déclinant du jour qui s’embrase, alors que sa chevelure emprisonne les ultimes rougeurs du ciel ; Yoshitsune ne voit rien de cela. Il écoute juste.

Pourtant après après un cours instant, il se ravise. La question fatidique, finissant par se décrocher. Ainsi lorsqu'elle heurte le sol avec tumulte, elle laisse d'une craquelure se répandre un parfum que Yoshitsune respire avec un mince froncement de nez. Si tôt, les conversations sérieuses ? Certes, le temps est précieux, mais enfin. Pour s'effacer, la rudesse exige une certaine distanciation. Et tout ce que le jeune Wagashira craint, c'est d'avoir à trancher dans le vif trop tôt. De ne pas avoir, du haut de sa jeunesse, le recul indispensable à ce type de confrontation. Cruelle vérité. Il inspire, profond, sobre, relâche ses épaules et noue ses mains sur ses genoux. Affable et altier d'un même souffle.

Dans l'écho frissonnant de sa voix résonne le surnom tant abhorré “Gaki” (aussi humiliant qu'infantilisant)... Que d’acides syllabes tranchantes. En enfant frappée de la malédiction jusqu’à dans la mort, Chogen exécrait sa lignée et plus encore l'affront qu'était ce surnom. Pourtant dans la bouche de celui qui était son aîné, cela sonnait douceur de miel, sifflement vipérin sans une once de venin. Simplement l'expression d'une affection sincère à laquelle Yoshitsune n’avait su vraiment comment répondre.


« Je n'ai hélas aucune envie d'observer le prochain lever du jour. Je ne rêve d'ailleurs plus que de sang. De cette journée fatidique où les assassins de mes frères croupiront dans le néant auprès des damnés. »

Et sur ses joues à lui éclot le rubis enflammé d'une ire destructrice quand bien même en quête de son regard, les yeux de Watari courent sans gêne ; prunelles orageuse à l'audace polie, il détourne cependant les yeux dans une retenue (faussement dissimulée) pour regarder ses mains à la noirceur salissant même jusqu’aux dentelles.


« De même que... Comment puis-je un jour espérer redorer leur honneur moi qui ai outrageusement laissé leur assassins s'échapper ? »

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Ven 22 Déc 2017 - 20:39
Les palpitations d'un cœur blessé. Les cris muets, plein de fureur, d'un frère porteur d'une destinée de souffrance, qui laissaient ces en son âme, en souffrance, des échos d'amertume, de regrets et de vengeance. Un chaos trouble, sourd, trouble, où tempêtaient les émois d'un esprit en peine. Il était traditionnellement admis que les samouraïs parcouraient la voie du guerrier, pour jamais ne tomber dans celle du carnage. Une voie de fureur, de colère, de massacres et d'horreur, d'égo volcanique et des effets qui en résultent, l'amertume, le malheur et la cruauté pour ses victimes que pour le guerrier. La colère et la vengeance étaient des portes d'entrées vers cette voie sombre et qui souvent, amenait plus de malheur que de paix.

Ici, l'affaire était tragique. Le cœur de Yoshitsune vacillait dans les ombres que lui jetaient les cruelles destinées où il s'avançait. Combien de proche perdait-il, combien de fois son cœur s'était-il brisé ? Il était des fêlures bien plus horrible que celles qui transformaient un homme en morceaux brisés. Elles étaient invisible à ceux qui n'y prêtaient pas attention, striaient et lézardaient les cœurs, se répandaient pernicieusement, avilissant les serments, affaiblissants les convictions. C'était celles-là même qui vrillaient le fier guerrier qui était l'un des derniers représentants du clan Nagamasa.

Comme précédemment, trouver les mots justes pour apaiser et panser les blessures qui flétrissement son cousin semblait être un tâche particulièrement complexe. Pourtant, Watari était déterminé à malgré tout, ne pas le laisser s'enfoncer dans ces méandres sombres qui étaient les ténèbres qui parasitaient la fierté du samouraï. Regrets de n'avoir su mettre la main sur le meurtrier, ces ténèbres-là n'aidaient pas le jugement que Yoshitsune Nagamasa était à-même de produire. Preuve en était, la colère viciait déjà celui-ci alors qu'elle le poussait à se tenir en faute, là où il avait fait le meilleur pour parvenir à venger Chôgen...

Ne regrettes pas ce que tu as fait. Tel sont les principes qui nous animent. De même nous intiment-ils de ne pas abandonner notre honneur, au mépris de notre vie. Pour autant... Si nous autres samouraï, acceptons et accueillons la mort comme la digne fin d'un guerrier, notre vie est ce qui nous permet de faire flamboyer notre honneur. Certes, vous n'avez pas su les emporter et vous avez été contraint de les laisser partir... Mais l'avenir est ce qui vous permettra de couper les vies de ceux qui vous ont pris vos bien-aimés...

Watari regardait les mains sales de son cousin. Tremblante sous les effets de la juste vindicte qui était la sienne. Les avez-vous laissé partir par peur de la mort et par lâcheté ? De ce que j'en sais, vous vous êtes battus et votre adversaire a été sauvé. Il n'y a rien d'honorable à perdre la vie dans un combat perdu d'avance. Mes mots ne sauront apaiser seuls vos troubles... Mais celui qui s'enfonce dans la voie du sang et de la vengeance finira par voir sa lame s'émousser et finir par en payer les conséquences. Chacun de nos actes portent en eux les germes du futur et c'est là de notre devoir de savoir quand tirer notre lame.

Dans un regard qui s'éleva vers les ciel plus vieux, Watari murmura ce paradoxe qui était le fardeau des samouraïs, martyrs guerriers de la paix : Après tout... L'ultime objectif des arts martiaux est encore de ne pas avoir à s'en servir...

Même pour Watari, cette simple phrase avait toujours été d'un poids incroyablement lourd à porter. C'était à la fois la beauté et la noblesse de leur idéal, mais aussi toute sa complexité. Un guerrier, formé à savoir sortir sa lame, devait autant que possible, ne la tirer que si cela était nécessaire, et de s'assurer que la paix soit maintenue de telle manière qu'elles n'auraient pas à être tirées de leurs fourreaux...
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Ven 22 Déc 2017 - 23:51



☆ ☆ ☆     FAMILLES LOINTAINES

Son cousin. Il est homme bon, un homme dont en temps normal les mots auraient dû egayer ne serait-ce que l’ombre d’un mièvre sourire. Pourtant Yoshitsune demeure de marbre face à ses réflexions qui tonnent tel des impolitesses. Il ne cille pas même un peu face à de tel déclarations. Trop habitué de ses grossièretés qu'il reçoit sans un mot depuis la mort du dernier de ses frères.

A la manière de ces gens sans fierté, Yoshitsune dévisage son interlocuteur. Il irradie de rage, parce qu’il se refuse qu’un étranger puisse être apte à comprendre cette peine qui le ronge. Cette émotion qu’il ne sait manier à l’inverse de ce katana qui est sien. Parce qu’au creux des braises mourantes du crépuscule qui ne permettent que l'oubli, Yoshitsune se plaît à penser aux méandres du temps qui fuit : souvenirs planants d'orgueils passés, ébauches fragiles de vestiges oubliés, mémoires hâtives, volages, faisant fleurir des rides mélancoliques aux coins de ses prunelles d'orage. Pourtant en ces heures-là, de ces fragrances éphémères ne demeurent que des sillons secs et amers d'empires détruits, ruines ravagées aux reliques bafouées, psaumes arrachés de plaintes démunies.


« Tais-toi. Sans vouloir te manquer de respect, mon cher cousin… Mais ai-je réellement leçon à recevoir d'un homme qui passe sa journée à genoux. D’un homme qui n'eût été là pour protéger mon petit frère ? »

Ce qu’il énonce, il ne sait pourquoi il le fait. Ces paroles d’ailleurs lui arrachent la gorge mais il y a en la pitié que lui voue Watari cette chose qui le pousse à se défendre. Et il n'oserait dire cependant qu'il ne se soucie guère de son avis mais il n’a pas la force pour le prouver non plus.


« Mes frères… Je leur ai menti tout le long. Leur prétextant que cette dissension qu’on appelle “la guerre” n’est rien d’autre que notre unique moyen d’exprimer fièrement cet art que nous a transmis le vieux. Mais je ne suis pas Hideyoshi. Lui-même que j’ai d’ailleurs tué. Cet homme que j’ai traité de monstre sans doute aurait-il pu les défendre mieux que je ne l’ai fait. »

Et parce qu’il revit ses mensonges, ses mains tremblent parce que la haine se refuse à disparaître. Et si il voudrait bien faire pour satisfaire cette envie croissante en lui, cela n’est guère qui il est. Lui qui de par ces affabulations enfantines aurait souhaité mettre fin à la guerre.


« Watari-kun, as-tu déjà perdu l’un de tes proches devant tes yeux ? »
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Sam 23 Déc 2017 - 1:09
Le tonnerre gronde autant dans l'âme que dans les paroles cinglantes de son cousin. Celui-ci souhaite le faire taire. C'est logique. Il est difficile d'admettre la raison en une période de deuil. Par certains aspects, Watari comprenait à quel point ses paroles pouvaient être déplacées en cet instant. Après tout... Il demandait de la raison à un cœur d'homme qui devenait de céder aux plus sombres émotions qu'il pouvait ressentir sous le poids d'une tragédie.

Le visage de Watari s'affaissa un peu. Il est rare que quiconque me rétorque cela. Si je puis dire, vous touchez juste, Yoshitsune-dono. Héritier de bien des traditions et des espoirs, il était le fourreau d'un creuset de nombreux et douloureux poids. Ces poids, tant de serments, de promesses d'avenirs qui lui furent volés, avaient façonné un homme qui s'était perdu lui-même. Il avait souhaité être la digne machine de l'honneur, qui ne fonctionnait pas par son coeur, mais par simple asservissement à ce code, celui du guerrier. Son clan cherchait depuis toujours à le créer, cette incarnation du parfait guerrier. Et lui, l'était-il ? Il ne l'était pas, non. Je ne fut pas assez rapide pour agir. Contrairement à vous... Je suis faible... J'ai combattu cette faiblesse. De Kiri jusqu'ici. Pendant des années. Dans l'espoir de parvenir à protéger. Mais la force m'a toujours manqué. J'ai eu beau progressé, le destin ironiquement, m'a toujours placé face à des gens qui étaient plus fort que moi. Le dernier en date, ce fut l'usurpateur et traître Raonaka, Ao. Sans honte, sans gêne, il avouait la connaissance de la pleine mesure de ses limites. Ce n'était ni un excès de modestie, ni une invitation à la pitié. Watari avait sa fierté. Il n'avait pas besoin de ça.

Et je ne vous demanderais pas de croire en la peine qui est la mienne que Chôgen ne soit plus... Il s'était permis de ne pas employer d'honorifique. Cette personne lui avait été prise avec tant de brutalité que Watari ne comprenait pas lui-même pourquoi la perte de ce cousin qu'il venait de retrouver lui était si douloureuse. Il aimait Katsuo, son frère. Mais c'est peut-être l'absence de son frère biologique, la distance avec Tetsu no Kuni, qui avait su faire naître cette relation étrange d'amitié entre eux. Et c'était peut-être la brièveté de leur rencontre qui rendait cette perte aussi affreuse que lui avait paru précieux ces instants passés. Si le pouvoir m'en été donné, je repartirais dans le temps et j'empêcherais cette mort. Mais il ne regrettait pas. Il n'avait pas ce pouvoir. C'était terminé. Chôgen n'était plus et à Kiri, son meurtrier était libre.

Cependant... Chôgen n'était pas un homme de guerre. Il m'a prouvé par lui-même sa capacité à se battre. Non, Chôgen valait mieux que ces chiens bâtards de Kiri ! Lui... Lui... Il avait l'amour du partage, et des autres. De la paix et de l'Harmonie. Watari avait serré le poing. Lui-même, il connaissait la colère. Il se retenait de faire l'usage un langage vernaculaire pour exprimer son envie d'utiliser sa lame pour infliger le même sort horrible à cet infâme ordure qui se prenait désormais pour le leader de Kiri.

Quant à perdre un proche... Si vous voulez parler de la mort, non. Mais j'ai connu la distance. J'ai connu l’opprobre. J'ai connu la souffrance que l'on ressent quand on doit renoncer à la personne que l'on aime. Quand une personne que l'aime nous tourne le dos et nous abandonne. Est-ce que cela se vaut ? Je ne sais pas. Et je ne le crois pas. Je ne suis pas vous, Yoshitsune-dono. Et vous n'êtes pas moi. Nos histoires sont différentes. Mais nous avons une chose en commun.

Ils étaient des guerriers ayant juré sur l'honneur, de venger la mort de Chôgen. Nous pouvons empêcher que ce drame qui vous arrive, n'arrive à d'autres. Nous pouvons protéger la légende de Chôgen et la laver des soupçons qu'on a voulu mettre sur son nom. Nous pouvons faire en sorte que sa disparition ne soit pas vaine. Et que ce soit avec ou sans votre appui... Je compte créer un monde où une telle tragédie ne se produira plus.

Watari, le regard lourd, porteur d'une terrible volonté et d'un vœu pieu, ajouta alors : Car... C'est cela, la voie que j'ai choisi d'emprunter. Mon serment, en tant que samouraï. Celui que j'ai fait à Chôgen. Et celui que je compte porter à l'avenir.
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Dim 24 Déc 2017 - 19:16



☆ ☆ ☆     FAMILLES LOINTAINES

Pourquoi qu’il lui est si facile que prétendre que tout va bien… Comment lui est-ce si aisé que de se mentir de la sorte ? Dans quel but sur sa langue les excuses coulent-elles à l’image de perles qui lui glisserait entre les doigts ; lisses et glaciales, à la fois sans profondeur et sans valeur. Et c’est bien là ce qui le dérange que le laisse proie à tant d’émoi. Pourquoi est-il le seul à pleurer son frère, héros de nation. Fils d’Hideyoshi certes, parce qu’il s’agit bien là d’un crime mais également père, frère pour bon nombre d’Iwajins. Jamais, ô grand jamais ne pourrait-il l’accepter. Et alors qu’il tente bien que mal d’éluder ces pensées bien malsaines, toutes les paroles de Watari semble l’y pousser.

Vigoureuse acrimonie, indignation, Yoshitsune semble serrer le poing.
Ces remarques ne le font pas même légèrement sourire, doucement esclave de l’ire alors que le tréfonds de ses pensées se referme, l'expédiant au-dehors. Il revoit son cadet sous cette apparence juvénile et ses pensées enfantines attendrissantes ; autant qu’il fut lui-même attendri par son désespoir et les larmes de son aîné sous la pluie battante.. Et il ne peut donc pas se plier à sa façon de penser, il ne peut décemment pas l’accepter ; parce que dans le fond Watari, quand bien même Yoshitsune pense que tu as raison, il s’agit là de l’honneur de son clan. Oui, il est ridicule, comme le sang que fait gicler la guerre, maculant son teint blafard d'une couleur bien trop vive, de celle qui imbibe les corps quand les veines éclatent. Actuellement, il est rouge Yoshitsune, lueur carmine de démence, brûlant comme le soleil, chaud comme un brasier incandescent capable de tout ravager sur son passage. L'influence de Hideyoshi sur lui n'a pas eu bon effet, peut-être, ou peut-être pas ; il est certes le pire père qu'il aurait pu avoir, qu'il aurait pu espérer ; mais ce n'est au final que la cruauté de la vie qui l'a rendu ainsi ; mais comment faire comprendre ceci ? Et pourquoi se sent-il obligé de se justifier ? C'est une énigme qu'il se doit de résoudre avant la fin de la journée.


« Nous avons une chose en commun dis-tu ? »

Sans doute est-ce là, la marque d’affection maladroitement exprimée. Une pointe de délicatesse inutile dans tant de rigueur, un peu comme une flamme vacillante dans une tempête d’hiver.
Le jeune wagashira se tient bien droit, soldat prêt à tuer et de sa main obsidienne se saisit un de ses poignets couleur neige. Celle-ci souillée tranchant avec la pureté opalescente de sa peau lavée de cicatrices. Et l'image de son sabre se heurtant au jugulaire d’un énergumène lui revient alors en mémoire, la douleur s'emparant légèrement de ses songes.

En à peine une seconde ses doigts glacés rencontrent son épiderme pulsant. Face à chacuns de ses palabres déplacées, Yoshitsune ressentait les paumes de feu Nagamasa Koga, Shiro, Chogen saturer son échine du poids des imputabilités. Pour lui désormais, loin d’être capable d’appréhender la terrible vérité, son interlocuteur décide simplement de se moirer dans une multitude de points dont la débilité et les aptitudes émaciées.

Sans aucun symbole, le jeune homme disparut. Sans crier gare, le Sannin extirpa le fourreau qui scellait Nene Kirimaru, le dégainant vélocement et envoyant un violent coup à Watari visant à le faire valser dans l'étreinte des airs.


« C’est muni de toute ton armée Hoshino que tu comptes ériger nos deux portraits de manière égale ? Tu ne sais rien de nous. N’ose pas prétendre avoir de l’affliction pour la mort de Chogen. Qui es-tu pour oser le pleurer Watari ? »

Yoshitsune, atteint par la rage n’a pas l'air d'aller bien. Son regard noir semble chercher le sien avec cet air d'animal blessé.



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Lun 25 Déc 2017 - 20:14
Qu’il est triste de voir ainsi un homme en proie aux malheurs, en proie à la colère et au chagrin. Watari ne connaît que la raison ; peut-être apprenait-il à écouter son cœur, mais il demeurait dans cette zone grise où il agissait comme le Code et la Voie le voulait, plus que comme un être humain normal. Et à l’inverse, son cousin, lui, s’enfonçait dans cet opposé, dans cette ébullition d’émotions négatives, sous la tragique destinée de lui et de ses frères. Pourtant, cette maladresse devant les cœurs d’Homme, fait de lui un adroit manieur de lames : Yoshitsune allait rapidement s’en rendre compte.

Celui-ci semblait se méprendre sur la souffrance qu’il gardait au fond de lui. Elle était invisible, tenue en silence dans les chaînes d’un serment ; celui de ne pas laisser ses émotions et les remords, les regrets, parasiter sa lame, lorsque venait le temps de la dégainer et de se servir d’elle pour protéger la paix et l’harmonie. De nombreux rivaux et de nombreux professeurs s’étaient fait les utilisateurs de leurs émotions pour entraver, écraser les autres. Watari n’était pas de ceux-là. Il en était un autre. Une autre personne, qui, s’il devait un jour devenir un démon, serait bien plus terrifiant pour le sang-froid qu’il avait face à ses choix. Un samouraï, s’il devait un jour atteindre l’ultime destination de leur voyage qu’était la Voie, devait garder le cœur calme et ouvert, le plus à l’écoute du monde. Ce n’était pas sans raison qu’un samouraï était autant un guerrier qu’un contemplatif. Ce cœur ouvert et ces entraînements étaient ceux-là même qui lui permirent de ne pas être étonné ou surpris de la charge impromptue de son cousin au cœur meurtri.

C’était peut-être même cela qui risquait de faire hurler encore plus fort ce cœur blessé. Il était rapide. Watari n’avait pas encore assez d’entraînement pour suivre parfaitement ces mouvements. Mais… Il n’était pas pour autant un débutant. Il doutait sincèrement que Yoshitsune, au cœur embrumé par la rage, puisse percevoir l’empreinte de celui qui avait su lui permettre d’atteindre une telle vitesse. Ce mouvement était tellement rapide et imperceptible, qu’il dépassait la vitesse déjà grande de son cousin. Une vitesse libre qui rappelait le grondement du tonnerre et le rugissement des vents.

Même si tu dois mourir, n’abandonne pas ton honneur. Clang. Le bruit se mit à raisonner dans la pièce où les deux cousins s’étaient réunis. Le bruit des lames qui se rencontraient, qui tentaient de s’exprimer. L’une tremblante de rage. L’une, qui était comme la danse de l’eau et de la lune. Une rare maîtrise du sabre, qui surpris même Watari. La parade était parfaitement exécutée, sans aucuns mouvements parasite. C’était pratiquement à l’instinct que Watari s’était approché d’un pas en dégainant sa lame, avant de la rengainer grâce à la vitesse de l’éclair qui rappelait feu, le cousin disparu de Watari.

Le silence. Celui qui se répercute et s’impose, quand deux lames d’exceptions se rencontrent et que leur résultat en demeurait inconnu pour les protagonistes, tout comme leurs observateurs.

Ce silence demeurât quelques secondes, alors que leurs yeux purent comprendre ce que Watari avait fait : sans aucune volonté de tuer celui qui était son cousin, le jeune guerrier au clan du ciel étoilé venait de maîtriser la lame de son cousin grâce à son propre fourreau et son tsuba, la coinçant dans le fin espace qui demeurait alors que sa lame était au fourreau. Une lutte de force s’imposait alors que le jeune homme maintenait la lame de celui qui se voulait se faire son adversaire. L’honneur de Chôgen mérite mieux qu’une lutte entre samouraï. Je ne dirige aucune armée. Ceux-ci sont des guerriers et doivent être traités comme tels, peu importe à quel point ceux-ci me dépassent ou non. Si notre présence vous gêne, Yoshitsune-dono, je peux repartir avec eux et rentrer au pays du fer. Pas de colère, pas d’agressivité. Une pointe de tristesse et d’amertume, alors que les deux lames tremblent, immobilisées l’une par l’autre. Et il est vrai que je ne connais pas grand-chose de votre clan, Yoshitsune-dono… Mais faut-il plus à deux frères d’armes ayant croiser le fer, pour pleurer la perte de l’autre ? Chôgen a sauvé les miens et j’ai prêté serment de protéger la paix qu’il m’offrait, ici à Iwa. C’est ce pour quoi il est mort. Ce pourquoi il a été lâchement et injustement tué. Et ce pourquoi ceux qui sont responsables de cette guerre et de ces meurtres devront craindre ma lame.

Watari soupira, avant de relâcher la lame de son adversaire, tout en restant en alerte. En vérité, j’ai toujours connu la solitude et l’exil. Si cela doit continuer à être mon destin, peu me chaux. Mais cela ne changera pas la nature de mon serment… Et à quel point Chôgen me manquera et manquera à ce monde. Seuls les mots du jeune homme clamait cette simple vérité. Personne ne pouvait dire qu’il souffrait de la perte de Chôgen…

Pourtant, il se souvenait encore de cet unique entraînement qu’il avait partagé avec lui. De leurs rires, de leurs retrouvailles, à Shito. De la fierté ressentie par ce qu’il accomplissait. De la gratitude ressentie lorsque Chôgen avait sauvé le clan Yuki et sa cousine. Ces souvenirs étaient peu nombreux. Cependant… Son cœur hurlait en silence alors que ses yeux retenaient des larmes et les émotions qu’il retenait au plus profond de lui-même. Car il était un guerrier… Car il respectait la souffrance de Yoshitsune… Car il désirait plus que tout être ce guerrier qui ne regrettait rien. Car plus qu’un shinobi impitoyable, Watari était un samouraï au cœur vaillant.




Dernière édition par Hoshino Watari le Dim 31 Déc 2017 - 4:40, édité 2 fois
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Mer 27 Déc 2017 - 0:38



☆ ☆ ☆     FAMILLES LOINTAINES

A l’aube d’un nouveau jour, la nuit fredonne l’air sanguinolant d’une bataille. Avec ferveur, l’illustre Yoshitsune nouvellement Sannin du village de la roche, se lance dans cette querelle pour l’honneur de feu son cadet. Ses responsabilités d’ainé viennent reprendre le dessus et l’incombe de cette irascibilité si profonde. La rage s’égare farouchement dans son regard de braise qu’elle semble vernir ; l'air tout entier autour d'eux se mit crépir, virevoltant au moindre de leurs pas. Ce qui allait les accabler alors que grandissait le mystère accompagnant ces silhouettes imposantes. Cette excitation était à l’image d’un incurable poison, celui d'une incontrôlable frayeur parcourant le doux nectar rubicond en son sein. Ce poison que nul ne peut surmonter, glaçant le sang de la moindre de ces victimes. Et ce dans son intégralité. De leurs veines jusqu'à son ultime goutte, jusqu'au plus paresseux de ses courants. Cette sensation qui fait subir au corps de vils frissons compulsifs et écrase la conscience, faisant de ceux qui en étaient les proies, de vulgaires pantins révélant spontanément les fils dont allait se servir ce ténébreux marionnettiste venu les balayer de sa magnificence.

La pression pesait, muant l'atmosphère en une chape de plomb chauffée à blanc allant alourdir les épaules déjà lourdes de responsabilités de ceux venus poser le pied en ce qu'il avait adopté comme son territoire. Lequel des deux guerriers n’aurait qu’autre choix que de ravaler l'impétueuse audace régissant ses gestuelles belliqueuses, sans quoi le mince fil de son existence n'aurait guère plus de temps que celui de tisser la partition d'un requiem. La quintessence d’un funeste tableau s'échafaudait peu à peu.

[...]

Il y a désormais bien de mots qui fusent dans la cervelle du véritable héritier d'Hideyoshi, mais aucun ne transperce la barrière de ses lèvres ; rien, juste un silence chaleureux alors qu’il revoit le sourire de son cadet dont il était si fier. Il se tient là debout dans cette salle -fulminant de cette rage qui est maintenant son propre attribut primaire.

Et Yoshitsune ne peut s'empêcher d’exhumer cette colère - à elle seule, bien plus réminiscente de cette douce présence qu’était sa famille ; aussi forte qu'amère ; comme brisé par un mensonge éphémère qu’il se voue à protéger. Yoshitsune se ment à lui même comme on peut respirer en cet instant et sans aucun doute, qu’il le sait mais son interlocuteur l'a très bien compris. Peut-être essaye-t’il d'être plus fort qu’il ne veut le faire croire, peut-être qu’il a ce besoin de se prouver quelque chose, qu’il peut comprendre le monde qui l'entoure ; ou peut-être souhaite t-il simplement le comprendre 'lui' ; la source de ses tremblements, la source de sa hantise : Chogen…. Il en vient à soupirer tandis que sa paume glisse le long du manche de Nene Kirimaru, attendant bien la suite de ses mots, comme s'il lui importait plus qu'il ne voulait le faire croire ; peut-être était-ce bien cela... Mais il est impossible de se l'avouer pour Yoshitsune, ce n'est pas dans ses cordes, ce ne serait pas logique ; et puis ce ne serait surtout pas lui.


« Watari vous ne semblez pas comprendre. Ce que je m’apprête à déferler sur Kiri… C’est la bien plus qu’une simple guerre. Il s’agira là d’un génocide et qu’importe la décision du Nidaime. Je ne crois plus en cette paix factice qui m’aura dérober ma famille. Et quand bien même si des enfants doivent périr, qu’il en soit ainsi. »

A l’image d’un iai, arcane originaire des contrées de la neige, Yoshitsune frappe avec détermination l’arme de Watari afin de s’en saisir.


« Comptez-vous m'en empêcher ? »



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Mer 27 Déc 2017 - 14:51
C’est vous qui ne comprenez pas, Yoshitsune-dono ! Les étincelles des lames déferlaient comme des larmes s’échappant du métal chauffé par la friction des deux forces en présence. L’un comme l’autre, ils ne souhaitent pas capituler. Tous deux font hurler leurs âmes. L’une, hurle à la colère, à la violence, sous le coup de la souffrance. L’autre, appelle au calme, au répit de l’âme de son frère d’arme. Pourtant, quand de pareilles querelles éclatent entre deux manieurs de sabre, celles-ci ne se règlent que rarement par les mots.

Après tout, les samouraïs parlaient une langue que personne d’autre ne pouvait connaître. Ce langage, une logorrhée de métal, était une langue de guerrier. Elle s’exprimait en silence dans le crissement et les vibrations du métal, par le moment où deux samouraïs décidaient de dégainer leurs lames pour défendre leur détermination et la mettre au réel. C’était une langue qui s’exprimait par l’art de trancher. La construction grammaticale de leurs phrases est un ballet d’émotions et de souvenirs. Elles sont éphémères, car elles s’expriment dans un moment fugace. Mais ce qui prouvait bien qu’ils étaient malgré leurs émotions, sur la même longueur d’onde, c’était que tout deux revoyaient celui qu’ils pleuraient. C’était des souvenirs peu nombreux pour Watari, mais au fond de lui, il gardait au fond de son cœur l’image de cet homme pacifique qui se battait pour la prospérité et la tranquillité d’Iwa.

Cet homme qui qui s’était tenu droit face aux persécuteurs et qui avait accepté de sauver sa tendre Ayuka, sa bien-aimée Eirin ainsi que son frère d’arme, Eiichiro et les siens. Cette pensée ravivât un peu plus la flamme et la détermination de vaincre de Watari, qui dans un cri guerrier, s’exprima : JAMAIS JE NE VOUS LAISSERAIS SALIR L’HERITAGE DE VOTRE FRERE !

Comprenant parfaitement ce que cherchait à faire Yoshitsune, Watari accepta de perdre Tsukiotoshi, ne serait-ce que temporairement, pour le charger avec violence au corps-à-corps en se saisissant de la lame de Chôgen, Raikiri. Usant de celle-ci dans sa charge, il la dégaina pour user de sa vitesse et de sa force pour déséquilibrer Yoshitsune et le plaquer contre le mur, plaçant la lame de Chôgen près de sa gorge. Les yeux de Watari brûlaient eux aussi. Une tempête insondable, une énergie spirituelle crépitant de détermination. Mais malgré les yeux couleurs de lune du jeune homme, il baissa doucement sa lame, canalisant l’émoi qu’il ressentait pour ajouter : Chôgen a peut-être était la victime des bellicistes, tout comme feu d’autres frères et sœurs avant vous… Se remettant debout et s’avançant vers Tsukiotoshi pour mieux la ramasser, Watari laissa s’échapper : Mais réfléchissez-bien à ce que lui, aurait souhaité pour vous et pour l’avenir d’Iwa… Réfléchissez bien si votre lame mérite d’être souillée par la voie du carnage…. La voie de Chôgen, en tout cas, n’était pas celle que vous vous apprêtez à vouloir suivre, Yoshitsune-dono…

Il expira profondément en rangeant ses sabres à la ceinture, avant de masser son poignet, blessé dans la rixe. Rien de grave, hormis pour une contusion. Ses yeux se posèrent sur ceux de Yoshitsune et il ajouta : Je sais comment vous avez failli tuer Nara Alderan. Je ne suis d’aucun poids contre vous, si vous souhaitez me vaincre. Mais réfléchissez-bien… La mort d’un traître rendra peut-être l’honneur de votre frère, mais celui-ci souhaitait-il vous voir ainsi comme un chien blessé et hargneux ? Je ne le crois pas. Chôgen est au royaume des Dieux. Rien ne pourra le ramener parmi nous à ma connaissance… Mais la voie que vous souhaitez emprunter… Elle vous séparera probablement de toute chance de le revoir un jour…

Religieuses mises-en-gardes que voilà. Pourtant, Watari y croyait sincèrement. Au-delà de leur monde, il y avait un endroit de paix, d’harmonie et d’amour où Chôgen se reposait très probablement en les contemplant, dans les plaines de l’illumination finale. Si tel était le cas… Alors, Watari se devait d’être courageux et de faire honneur à son cousin. Il espérait que Yoshitsune se résignerait à s’engager dans cette voie sombre et percluse qu’il convoitait : car elle était un leurre. Pour son âme, pour l’honneur de Chôgen, pour son honneur à lui… Et elle n’aurait probablement qu’une conséquence : alimenter les flots de la haine et des conflits…


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Jeu 28 Déc 2017 - 23:23



☆ ☆ ☆     FAMILLES LOINTAINES

Silence.

Mais ce n'est pas toujours un chasme. Pas toujours un mur infranchissable, pas toujours un refus, ni même une solitude amère. Même pour le bushidō le silence n'est pas toujours un gouffre sans fond; peut-être sont-ils même les plus à même de le comprendre. De l'apprécier. D'y trouver un calme, une paix, niché au fond de ce silence un mystère paisible des choses que l'on a pas besoin de dire. De ce qui se cache derrière les regards, ce qu'il y a de plus, leur profondeur, ce que l'on lit entre les lignes, entre deux sourires… Entre ces deux vigoureuses colères.

Et malgré les mots, les palabres qui fusent à tout va, il y a ces ténèbres qui l’enserrent. Obscures et silencieuses, comme dans un puits dans lequel on se noit. Lui qui n’avaient de cesse que de célébrer les dieux ne sait d’ailleurs plus où se mettre. Lui qui n’avaient de cesse de rendre grâce aux déités quelles qu’elles soient, pour son âme invincible et fière, ne sait finalement plus où se mettre.

Devant cet homme nommé Hoshino Watari, aussi brave qu’inconscient, il se revoit se saisir de Nene Kirimaru afin de combattre. Tout à l’inverse des préceptes samouraïs, parce que dans ces cruelles circonstances, il ne peut que gémir et pleurer. Et il ne peut se résoudre à l’avouer parce que ce serait admettre la perte de feu Chogen l’eternel.

Et alors que les crissements de metal jouissent et scandent, les mots eux ne s’échappent plus. Pourquoi ? Nullement besoin d'être dits, ils se partagent sans que l'on ne les esquisse, ne sont jamais un silence douloureux. Pesant, peut-être, parfois qui s'écrase sur ses épaules sans faire courber l'échine, qui coule sur sa tête, telle la pluie. Mais parfois aussi d'une légèreté insaisissable, à l’image d’un venin qui court le long des brises, venant toucher, fugace, éternel le haut de son dos, danser contre ses omoplates, jusqu'au plus profond de sa poitrine, se niche sous son sternum et s'y complaire sous une expiration - jamais un soupir.

Ainsi meurtri par cette existence sans le moindre but, Yoshitsune se tient là debout comme un vulgaire pantin articulé par les mièvres fils de l’ire. Il n’est plus maître de ce qu’il dit ni même de ce qu’il fait. Debout bien que blessé.

Le silence n'est là que cet ode au ciel bleuté où se perdent les au cœur chercheur, dans ce réconfort amer que lui amène un jour nouveau. Que le silence est parfois désespoir; qu'il se pose là où se jouaient les notes d'une sonate, - Un sourire se profile sur le visage de l'aîné.

Car ceci n'est pas de ces silences là. Ce n'est que le silence de deux âmes qui se lient, un instant, qui s'apprêtent à poser leurs doigts sur les notes de la vie. Qui s'apprêtent à briser ce silence, qui se contentent de l'apprécier, de comprendre, de sentir ces secondes s'égrainer, fugaces. Une anticipation, presque une excitation, une fébrilité. Alors l’espace d’un instant Yoshtsune entrouvre les yeux, déchaînant son regard d’orage ; apposant son regard sur son cousin.

Et d'un simple déclic l'aura autour de Yoshitsune change pour le pire, pour le mieux nul ne le sait. En ce lieu de colère et de pleurs, se profile l’ombre de la mort, et quand bien même Yoshitsune ne sait pas ce que lui réserve le sort, Il est et demeure un samouraï sans peur, car aussi étroit soit le chemin, nombreux les châtiments infâmes, mais il est le maître de son destin…


« Je te remercie Watari. Tu as raison, Nagamasa Chogen est mort. Je ne suis plus obligé que m'accrocher à son souvenir comme tu le fais. Je suis désormais le capitaine de mon âme. Et désormais ce sera ma légende que je suivrai... Plus celle de Chogen. »



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Ven 29 Déc 2017 - 22:28
Nagamasa Yoshitsune… Encore un qui allait probablement lui donner beaucoup de fil à retordre. Dans le silence des lames, point de larmes. Dans le silence des hommes, point d’armoiries. Ils n’étaient que deux samouraïs venant de se livrer à la plus simple des passes d’armes. Peu importe qu’ils furent Hoshino, Nagamasa. Ils étaient avant tout Yoshitsune et Watari. Se battant dans le souvenir de Chôgen. L’un pour l’honorer. L’un pour le dépasser.

Ses yeux croisèrent ceux de Yoshitsune. Et soudainement, une terreur aussi étrange qu’inopinée s’empara de lui. Lui qui n’avait plus connu la terreur depuis voilà des lustres, il dût s’arrêter, sa main ayant du mal à tenir entre ses doigts. Sa volonté de combattre n’était pas totalement complètement vaincue, mais pourtant… Il baissa les yeux… Et soudainement, la terreur s’en alla. Alors, il venait de comprendre. Il avait été immobilisé par un maléfice. Haletant, les yeux fermés, Watari leva son sabre dans une garde aveugle, ne sachant plus vraiment à quoi s’en tenir. Tant que votre légende n’est pas celle qui dévorera votre cœur et que vous ne vous faites pas le quatrième protagoniste d’un héros tragique, peu m’importe, Yoshitsune-dono. Ses sens en alerte, Yoshitsune lui enseignait qu’on pouvait le terrasser d’un regard, à son plus grand dam. Il ne demandait pas pourquoi avait-il utilisé un tel et déshonorable artifice que des illusions pour tenter d’éteindre son cœur. Il préférait l’intimer par le silence et son regard aveugle pour lui faire comprendre qu’il n’était pas dupe.

Méfiant, Watari lui posa alors cette simple question : Que souhaitez-vous laissez comme traces sur ce monde, Yoshitsune-dono ? Innocente en apparence, elle pouvait à la fois tout dire et ne rien dire, cette question. Et pourtant, au regard de l’instabilité que lui démontrait Yoshitsune, il devait rester vif et sur ses gardes… Il espérait sincèrement que son cousin remonterait la pente où il avait peur de l’avoir envoyé en tentant de l’en sortir…

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Ven 29 Déc 2017 - 23:19



☆ ☆ ☆     FAMILLES LOINTAINES

Ainsi les paroles de l'homme résonnaient amèrement aux oreilles du nuage noir. Comment un être ayant partagé les mêmes traditions que lui pouvait s'opposer si aigrement ? Coeur ? Si ce dernier en avait un, il était mort en même temps que son clan. Un silence en suspension nappa la pièce. Yoshitsune demeura muet l’espace d’un mièvre instant, son regard d’orages fixant le visage âpre et blême de celui qui est son cousin. Le sien fut soudainement épris d’ un rictus d'exécration primale, fielleux. Il n'avait pas le droit de laisser, à nouveau, les émotions singulières de son âme vernir ses iris. Comment pouvait-il encore le soutenir alors qu’il avait failli à cette promesse qu’il avait faite ? Comme repu de sentiment de bien-être - Lui-même qui ne parvenait pas même à contempler l’ombre de son reflet si ce n’est dans l'élixir de vie qu’il passe désormais sa journée à côtoyer - Déliquescente décadence, tandis que la curiosité s'attise, que les peurs s'embrasent là où les doutes s'enflamment ; que la vérité n’a de raison de subsister sans elle.

Son esprit comme assaillit par un tourment virulent de questionnement, ne laissait aucune place pour le calme ou la docilité dont il put faire preuve autrefois en la compagnie de ces pairs ; comme si leurs manières et sa présence enfantine arrivaient à calmer le tonnerre virevoltant qui gronde en lui, expulsant la tempête, réprimant la pluie.
Il se retrouvait désormais comme Icare non pas privé d'ailes, mais de cet astre rayonnant - chef d’orchestre des bourgeons infimes qu’étaient ses sentiments. Loin de cette silhouette capricieuse qui baigne le monde qui l'entoure d'un halo solaire. Privé d’elle, la chaleur se perd.

Pour Yoshitsune, désormais tout semble s'être retiré de cette bulle onirique qui entrelace les deux êtres - sentant son fluide coruscant s'écouler malaisément dans ses tempes.

Mais la lueur sur son visage qui s'éteint le plonge dans une perplexité qui inonde son cœur de sentiments qu'il n'avait pas ressentit depuis bien longtemps ; la haine, le remord, les regrets. Parfois, Yoshitsune ne réfléchit pas avant de l'ouvrir, il dit les choses comme elles lui viennent, n'hésitant pas une seconde à se faire cassant, cinglant, blessant. Ce ne fut pas son but premier avec Watari, ce n'est pas ainsi qu'il avait prévu le déroulement des événements. Parce qu’au final, il avait été comme son paternel.

Figure véritablement dépourvu d'émotion, les ayant laisser assister à de tels spectacles macabres ; des carcasses qui s'entassent, dépourvue de langues, puant le désespoir ; teinté d'un rouge vermeil qui en ferait pâlir de jalousie l’as de cœur. Depuis sa dernière tirade, Yoshitsune semble maître dans l'art de la parole silencieuse ; si sa bouche ne peut dire quoi que ce soit, ses prunelles le feront ; car le regard est plus éloquent que les mots... Et le regard d’un Nagamasa, capable de tuer.

Apposant son front contre celui de son cousin, le fil rouge de leur destin s’entremêla de nouveau avant de s’embraser à l’image d’une flamme vigoureuse que nul ne saurait consumer - un peu à l’image de leur premier instant, où leurs deux regards se croisèrent à l’orée de cette table d’autrefois.


« Dès ce jour et sur cette ultime promesse que je te fais Watari,
Je te promets d’être cette légende dont l’unique nom sonnera comme Légion.
Et de par cette seule appellation, j’entends bien faire trembler n’importe quelle nation.
Nul n’osera désormais à l’encontre de cette lame qui tranche.
De cette lame qui prendre sans doute sa revanche.
Et à ceux qui m’ont offensé, j’offrirai le présent de la peur
Car ils sont bien là les seuls, et les derniers à s'être joué de mon cœur. »


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Sam 30 Déc 2017 - 0:02
Watari frémit en son plus profond for intérieur. Chôgen, où étais-tu ? Que dirais-tu, face à Yoshitsune ? Que devrais-je faire ? Pensa tristement Watari face à la tragique destinée qui continuait de frapper les Nagamasa. Watari, les yeux fermés, n’avait pas besoin d’utiliser ses talents de samouraï pour comprendre ce qui se passait. Ses souvenirs s’en allèrent à ceux qui lui avaient compté la voie des Samouraï et à ceux qu’il avait compté la perdition des âmes. S’il ne faisait rien, à l’avenir, son cousin allait le regretter.

La voie du carnage. 修羅の道. Dans son esprit, le samouraï voyait ces idéogrammes poindre. Face à lui, son cousin se muait peu à peu dans ce que tous les samouraïs avaient jurés d’abattre de par leur philosophie même. Ambiance glacée qui était celle dans cette pièce alors qu’il déclamait ses vers comme un serment de sang et de chaos.

Qu’il en soit ainsi, Yoshitsune-dono. Si tel est votre souhait, j’honorerais les vœux de paix qui ont forgées ma destinée. Un souffle. Un seul. Watari savait désormais qu’il devait se méfier du regard de son cousin. Il devait… Trouver une solution pour le vaincre sans le fixer dans ses yeux. S’il devait remporter ce combat, ce serait en un unique instant. Il pouvait faire rimer ses mots… Watari, recula de deux pas. Il n’avait plus qu’à utiliser cette technique. Ironiquement, il ne pensait pas l’utiliser contre son propre cousin.

Mon cœur est immobile, pourtant, il demeure à la recherche de la liberté. Le vent pouvait se lever. Il serait le monde. Le monde serait Watari. Il serait le tout. Il serait le vide.

C’est pourquoi je demeure détaché de mes pensées et de mes désirs… C’était un mantra. Un serment. Les mots d’un épéiste qui venait de toucher du doigt l’harmonie la plus parfaite. Il allait devenir la lame qui sauverait Yoshitsune…

Kenzen Ichinyo…

En vérité… Il n’y arriverait pas. Il y était presque, mais en cet instant, son cœur n’était pas libre. Pas totalement. Il était encore immature. Il voulait… Il voulait sincèrement pouvoir retourner dans le passé et changer la course du destin. Avoir une lame capable de couper jusqu’à la chaîne du karma. Alors qu’il l’avait tranché de toutes ses forces avec le revers non-coupant de sa lame… Il le savait. Il avait échoué à reproduire l’arcane ultime des Hoshino. Il n’était pas encore prêt…

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Mer 3 Jan 2018 - 8:29



☆ ☆ ☆     FAMILLES LOINTAINES

Si l'homme qu’était Watari n'était pas dupe, Yoshtsune ne l‘était pas non plus. Plus jamais on le rendrait de revers, et sa décision fut bien prise. Enfant ou pas enfant, il ne ferait pas de quartier à Kirigakure no Sato. Ces derniers qui n’eurent pas le moindre scrupule à se débarrasser de son frère, de son ami… Pourquoi en aurait-il pour les exterminer à l’image de la vermine qu’il représentait à ses yeux ? Aucune. La pitié n’étant pas même son maître mot.

Sans un traître mot il se mit en position, prêt à en découdre pour de vrai. Prêt à mettre en déroute cet homme plein de valeur qui lui faisait face. Nul absurde confiance en une utopie factice ne saurait désormais mener sa tyrannique conviction vers un échec cuisant. La belle citadelle de Iwagakure, la forte contrée qu’était le Rokkusu, ne perdrait plus face à l'inatteignable bastion, fourbe et vipérine, puissante et transparente, oppressante et libératrice. De ce savoir dont il regorgeait et de cet arsenal de jutsu ayant pour seules limite celle de l’homme qui les utiliserait, Yoshitsune insoufflerait au village de l’eau tout entier la notion même de la crainte.

De par son rang, son statut et ses fonctions – tant officielles qu’officieuses – Yoshitsune se dédiait à son village, par la force des choses lui qui avait toujours été maître des mots, venait de se décider de teinter sa lame de rouge. Quand bien même il ne serait pas rare que ces deux hommes prennent un thé ou autre ensemble, à la fin d'une longue journée remplie de discussions plus ou moins sérieuses. C'était là aussi un moment privilégié pour les deux qui, parfois, venaient à se confier l'un et l'autre ; Yoshitsune ne le laisserait pas intervenir.

Haut-Conseiller le jour et homme de main la nuit, les assassinats et autres infiltrations et manipulations de groupuscules étaient son pain quotidien. De toute façon, il préférait largement ces missions pernicieuses à ces foutues missions diplomatiques qui n’ont dès lors plus l’ombre d’un intérêt à ses yeux… Ni même aux yeux de l’ombre de l’Eau. Ce dernier faisait cela pour la forme, mais tous deux étaient clairement du même avis : la diplomatie ne servait à rien lorsque l’objectif principal était la conquête pure et simple.

Alors apostrophé entre deux logorrhées de métal, Yoshitsune s’avança sur le chemin du carnage.


「 « En cette nuitée,
En cette année 102, elle même bénie des déités, “Moi”... Patriarche des samouraïs du clan Nagamasa, fait appel aux miens pour mener à bien cette pérégrination et de surcroît toutes les générations futures vers un lendemain toujours plus florissant.
Que cette "moisson" s’effectue avec la bénédiction de vous autres, mes ancêtres.
Car ce décret prend action dès aujourd’hui. Pour la gloire de Iwagakure no Sato. Qu’elle puisse vivre éternellement.. » 」


« Désolé Cousin, cela peut vous sembler difficile mais vous comprendrez qu’étant Samouraï, je ne puisse laisser ma détermination s’effondrer. »

Il esquiva alors l’attaque de son opposant, qui semblait réagir avec difficulté le prenant de vitesse avant de le désarmer.


« Aujourd’hui grâce à vous j’ai appris, Watari et je vous en remercie.
Car il est vrai que lorsque l’eau monte, le bateau fait de même. De même que face aux difficultés, les facultés s’aiguiseront. Je n’ai que compris que trop tard que les hommes courageux cultivent sérieusement leurs talents quand les difficultés auxquelles ils sont confrontés sont importantes. Et c’est là une erreur impardonnable que de se laisser abattre par les épreuves. Pourtant mon père m’a dit un jour, puisse t-il reposer en paix qu’il existe deux sortes d’orgueil, l’orgueil interne et l’orgueil externe. Un Samouraï qui ne possède pas les deux est d’une utilité douteuse » Yoshitsune prit son souffle et poursuivis



« Je veux entendre par là que j'ai su interroger mon cœur au vue de vos paroles, Watari. L’orgueil peut être aiguisée puis réintroduite dans le fourreau. Quand bien même de temps en temps, elle en est tirée, brandie, puis nettoyé pour être remise dans le fourreau. Ainsi si le sabre d’un Samouraï est toujours tiré, s’il est tout le temps levé, les gens le craindront et il aura de la peine à se faire des amis. Toutefois, ce que je veux vous faire comprendre c’est qu’au contraire, s’il ne sort jamais de son fourreau, la lame se ternira et se couvrira de rouille et, les gens ne craindront plus celui qui le porte. »

Et la prophétie maudite s’accomplirait dans le feu et la destruction. Jusqu’à l’accession d’une aube nouvelle qui débuterait par le massacre des derniers insurgés. Un soleil rouge du sang versé berçera Kirigakure d’une lumière amère. Au matin du recommencement, tout serait consumé.



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Jeu 4 Jan 2018 - 4:56
Deux cœurs s’affrontant. Dans cette charge où il avait échoué à égaler ses aïeuls, l’ancien héritier du clan de la mer d’étoile avait hésité. Non pas de ses motivations. Mais… En l’instant où il s’apprêtait à risquer sa vie, la voix de son humanité l’avait rattrapé. Sa vie, plutôt que celle des autres. Son bonheur, plutôt que celui de son cousin. Sa paix et son futur, plutôt que ceux d’un millier d’autres. Son enfant, plutôt que celui de ceux qui avaient su attiser la haine dans le cœur du survivant…

Lui qui avait juré de défendre la paix, à cette instant, avait eu l’unique tentation de céder à sa volonté de se protéger lui, plutôt que la paix qu’il avait juré de le défendre. Mais qui pouvait lui en vouloir ? Qui ? Yoshitsune ? Eirin ? Ayuka ? Eiichiro ? Combien de fois s’était-il oublié pour les autres ? Combien de fois avait-il accepté de souffrir pour se faire le pèlerin d’une route paré d’épine ? Il s’était longtemps interdit l’amour. Il venait de s’interdire le deuil. Il s’interdisait les larmes. Il s’interdisait la colère. Il s’interdisait tant de choses. Approchant la valeur de la vie et l’interstice qui existait entre celle-ci et la mort, il apprenait la valeur de sa propre vie. Le droit au bonheur.

Le monde semblait soudainement plus rapide. Peut-être plus lent ? Qui pouvait le dire ? Venait-il de perdre sa lame ? Ou l’avait-il encore ? Que se passait-il ? Poison ? Sortilège ? Malédiction ? Il s’excusait ? Qui sait ? Qui pouvait savoir ? Que fallait-il savoir ? Son fils, ou la sûreté d’innocents ? Choisir ? Exil ? Fraternité ? Hospitalité ? Brumes sanglantes ? Rivalité ? Lame de requin ? Carnage ?

Oui.

Le carnage.

Là-bas. Dans le pays de l’eau.
Dans le pays du feu.
Dans le pays de la terre.

Ils recommençaient tous. Encore et encore. Et encore.
Et encore.
Et encore.

Et encore.

Peu importe. Peu importe. Peu importe.
Ils ne connaissent que ça. La haine. La vengeance. Ils ne pensent qu’à eux.

Et le cercle continue.

Encore.

Et encore.

Où était-il ? Une illusion ? La réalité ? Où était son sabre ? Son sabre ? Son sabre ? Ce bâton de pèlerin était son guide. Où était-il ? Sans lui, que deviendrait-il ? Sans cause à défendre ? Où étaient les autres ? La colère. Il voulait détruire ? Se venger ?

La vengeance. D’un aveugle. D’une femme violée. D’un frère esseulé. De nations exaltées. Des ambitions ratées. La forge d’un destin de sang. Mais où était, la sienne, de vengeance, pour toutes ces épreuves ? Resterait-il emprisonné dans cette confusion ? Non. Qu’allait-il devenir ? Non. Qui se souciait ? Non. Qui savait ? Non. Le double croissant de lune brille dans l’obscurité. Le son d’une lame chutant au sol. De longues secondes. Un concerto entêtant qui se répète. Orgueil. Il devait défendre la paix. Vengeance. Il devait vivre. Colère. Le rêve devait continuer. Ego.

Les mains posées sur les tempes, Watari recule en arrière. Dans un râle, il revoit Chôgen. Cet entraînement où il avait connu la présence d’un frère et d’un ami. La chaleur du soleil avait disparue. Il était seul. Seul. Encore. Et toujours. Comme avant. Comme hier. Et comme l’année précédente.

Dans la nuit, une lueur verte s’élève du cœur du jeune homme. Elle l’enveloppe, jusqu’à former une cage thoracique. Chaque battement provoque l’extension de ce qui ressemble à un squelette géant. Ce n’est pas une illusion. Le colosse squelettique projette sa main vers celui qui se fait l’écrivain de sa propre tragédie.

Nous sommes faits de la même étoffe que les songes et notre petite vie, un somme la parachève.


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L'héritage ft. Watari & Yoshitsune

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