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Installation : de la Brume à la Roche | Pv. Akimoto & Ayuka


Mer 13 Déc 2017 - 14:23
Le monde change. Le monde tourne. Loin d’être statique, toujours en mouvement. Peut-être, finalement, était-ce ainsi que le monde devait être. Il y a quelques années encore, ils vivaient au sein du Domaine, une demeure gigantesque au sein de l’Archipel de Mizu no Kuni. Mais avec l’émergence du Village de la Brume, ils avaient construit une autre demeure, moins imposante mais tout aussi splendide. Pourtant, aujourd’hui, nombre de Yuki n’étaient plus au sein du Village. Après un départ en catimini, dans le secret de la nuit, ils s’étaient cachés au sein du Village de la Roche. Et, ici, tout était encore à construire. Ici, le nom des Yuki ne se connaissaient que vaguement, comme des utilisateurs de la Glace. Certains évoquaient le combat contre le Titan où au moins un utilisateur avait été présent. Pour le reste, tout était encore à faire. Une autre vie. Une nouvelle vie.

Pendant un temps, l’aveugle était resté morose. Nostalgique, incapable de réellement prendre une décision, il était resté dans ses pensées durant de nombreuses journées. Enfermé dans l’obscurité de sa cécité, autant que de sa chambre, le Yuki n’avait pas été au meilleur de sa forme. Trop longtemps, comme retiré, il avait laissé les choses se faire en son absence. En résultait peut-être de nouvelles erreurs, comme l’absence prolongée de son jeune frère. Si Ayuka semblait s’en être sortie, le manque de communications avait, un temps, construit un fossé entre eux. Absent, aussi, pour sa propre fille et sa pupille. Mauvais frère. Mauvais ami. Mauvais parent. Pourtant, au lendemain de l’attaque menée par les troupes kirijins, et l’échec de son arrestation, l’homme avait finalement accepté le sort. Peut-être n’était-il pas le véritable responsable des erreurs du monde, mais il en avait sa part. Aussi, abandonnant cette passivité oisive qu’il avait acquise avec la perte de son deuxième œil, il devait devenir l’homme qu’il avait été. Le responsable de quelques hommes et femmes. Il devait devenir l’ancien soldat qui donnait des ordres. Il devait se retrouver pour mieux avancer. Ainsi, c’est déterminé qu’il avait frappé à la porte de sa cousine et confidente.

Ils avançaient tous les deux en silence. Car si Iwa se relevait de son deuil, Eiichiro le taciturne retrouvait son silence comme une forme de contemplation. Pourtant, tous les deux savaient ce qu’ils faisaient. Comme Ayuka venait de lui dire, les Yuki ne pouvaient pas se contenter de rester comme de vulgaires réfugiés. Ils se devaient de retrouver une place dans l’échiquier. Aussi, les deux adultes avaient embrassé les filles, sourire aux lèvres, mais le sérieux en tête. Si aujourd’hui la rencontre ne devait être qu’une formalité, l’angoisse prenait le ventre de l’aveugle. Des Kages, il en avait rencontré plusieurs. Comment se passerait cette nouvelle rencontre ? Aussi, entrant dans les bâtiments, suivant les clochettes de son amie, il salua d’un hochement de tête la personne qui les fit attendre. Puis ils entrèrent dans le bureau du Borukan, un des hommes les plus vieux encore actifs, sûrement suivi par le Yuki lui-même. Une rencontre d’hommes. Une rencontre de lave et de glace. Aussi, baissant légèrement la tête pour saluer l’Ombre, il parla sans attendre, laissant néanmoins la possibilité à Ayuka de parler quand elle le désirait.

_ Bonjour, Nidaime. Je tiens à vous adresser personnellement, et au nom des Yuki, mes félicitations autant que mes condoléances. Nous avons tous perdus quelqu’un dans ces premiers combats. Iwa aura bien besoin d’un homme de votre trempe pour se relever et montrer à tous la volonté de la Roche. »

Il laissait s’installer le silence. Juste le nécessaire pour que, finalement, il entame plus vivement le véritable sujet de leur venue. Car ce n’était malheureusement pas qu’une visite de courtoisie mais bel et bien dirigée par une véritable motivation.

_ Nous avons beaucoup discuté, Ayuka et moi-même. »

Il ne savait pas comment réellement la présenter. Une simple amie ? Sa confidente ? Sa partenaire ? Elle qui lui était telle une sœur. Il n’aurait su expliquer le lien invisible et secret qui les unissait pourtant l’un à l’autre.

_ Nous ne comptons pas rester les bras croisés. Les vôtres nous ont accueilli et, alors que Kiri venait chercher nos têtes, vous vous êtes battus pour nous. Il est temps que les Yuki rendent la pareille et se mettent véritablement au service de la Roche. Comme les Nagamasa, les Inuzuka, les Hyûga et les Hoshino, nous prendrons bel et bien part à l’effort de guerre. Autant dans la reconstruction du Village, dans son renforcement, que dans les missions auxquels vous nous assignerez. »

Le temps d’un silence. Peut-être Ayuka était-elle aussi attentive. Au dehors, quelques enfants se mirent à crier, jouant un peu. Oubliant, un temps, les nuages funestes de la guerre. Souriant, l’aveugle reprit.

_ C’est pourquoi nous aimerions nous installer définitivement au sein de la Roche, dans une véritable Demeure, afin que d’autres de notre Clan puisse nous rejoindre à l’avenir. Lorsqu’ils auront compris les erreurs de la Brume, j’espère leur faire entendre raison. »
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Mer 13 Déc 2017 - 16:23
Leur première discussion depuis l’assaut ne datait que de la veille, c’est pour cela qu’Ayuka fut étonnée en ouvrant la porte de sa chambre et découvrant Eiichiro face à elle. Même après cette nuit sanglante, même après cette violente dispute, il revenait. Preuve d’un lien si difficilement cassable entre les deux Yuki persistait. La jeune femme ne se fit pas prier en apprenant qu’ils allaient demander audience auprès du Tsuchikage, enfilant un de ses nombreux hoari avec le nouveau mon du clan Yuki d’Iwa.

En silence, elle marchait aux côtés d’Eiichiro, traversant la ville d’un pas rapide et aérien avant de s’engouffrer dans la tour du Kage. Ce n’était pas la première qu’elle se rendait en ces lieux. En effet, quelques jours après l’attaque du Village, alors que Borukan Akimoto n’était que Kage officieusement, elle avait reçu en son bureau, la mission d’interroger les deux prisonniers. De même, le bâtiment administratif se trouvant juste à côté, Ayuka y avait passé de nombreuses heures à remplir les dossiers d’informations que ses anciens compatriotes kirijins. Alors que les rues portaient encore quelques traces de sang séché, les enfants avaient repris leurs jeux, bien heureux étaient les inconscients du lourd conflit à venir. Si la guerre n’était pas déclarée officiellement, Ayuka malgré son jeune âge, avait déjà connu suffisamment de tensions politiques et militaires pour savoir que le tonnerre et l’orage approchaient.

Ses cheveux blonds simplement attachés, son teint pâle habituel contrastait souvent avec celui plus halé des iwajins de naissance, cependant Ayuka se sentait chez-elle. Cela pouvait être difficile à exprimer… Mais la philosophie, les mœurs ainsi que la culture d’Iwa et plus globalement du Pays de la Terre savaient la toucher, bien plus que les pleurs et la morosité quotidienne du Village Caché de la Brume. Toujours en silence, jambes croisés tout comme ses bras, Ayuka attendait à côté d’Eiichiro, le frôlant presque, devant le bureau d'Akimoto. De longues minutes s’écoulèrent avant que la secrétaire ne vienne les conduire à l’imposant Borukan.

Car en effet, quand Ayuka pénétra dans le bureau, elle semblait bien frêle à côté des hommes la surpassant en taille, en âge et certainement en puissance. Toujours plus petite – sauf pour une certaine Borukan – cela devait changer. Depuis déjà de longues semaines, Ayuka passait la plus grande partie de ses soirée à l’académie, s’entraînant jusqu’à ce que les jointures de ses modestes poings ne s’effritent contre les sacs de sable. En voyant ces deux hommes face à elle, ce désir de progresser, de maîtriser totalement la puissance des glaces et révéler leurs potentiels dans des domaines pourtant bien étrangers aux autres Yuki ne fit que grandir.

Rapidement, la jeune femme se pencha légèrement en avant,saluant le Borukan. Si ce n’était pas sa première rencontre avec le colosse de lave, il s’agissait du premier Kage qu’elle côtoyait sans tension. Souvenir de Benten, Sosuke et découverte d’un homme que l’on annonçait pire que celle pratiquant nombre d’expériences sur les orphelins de Kiri ? Enfin, Akimoto savait impressionner la jeune Yuki par sa stature et par sa réputation.

« Nous désirons ne plus être de simples réfugiés prêts à aider, mais un clan capable de porter Iwa. Cela demandera du travail comme cela a dû être le cas pour les premiers membres de votre propre clan ou celui des Hyuga, mais nous sommes prêts à nous battre pour que les Yuki d’Iwa n’est pas à pâlir devant les Yuki de Kiri, autant que nous comptons nous battre avec toutes nos glaces à vos côtés et sous vos ordres. »

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Sam 16 Déc 2017 - 0:55

Reclus dans son bureau, le Nidaime s'adonnait à ce qu'il faisait de mieux ces derniers temps ; réfléchir. À Iwa, à ses fils, son futur, la guerre...Les dossiers s'accumulaient sur son bureau, au point d'être devenus une pile précaire de feuilles et de rouleaux, menaçant de s'écrouler à tout moment. Le Shodaime l'avait laissé avec plus de boulot inachevé qu'il ne le pensait. Avec la série d'évènements dont Iwa avait été victime, son prédécesseur n'avait jamais eu le temps d'achever l'ensemble de ses projets. Les dégâts de l'attaque de l'hiver dernier avaient bel et bien été résorbés en totalité, l'Académie avait été complétée, mais sans plus. Le Borukan réalisa même qu'aucune inspection des défenses du village n'avait été effectuée depuis l'avènement du Triumvirat, chose complètement aberrante à ses yeux. Et il y avait ce fameux Daïki, retrouvé à Shîto inconscient aux côtés de la dépouille de l'ancien Daimyo...Si Akimoto en était presque venu à en oublier sa présence au village, l'attaque de l'hôpital par le Soshikidan lui avait brutalement rappelé.

Bref, le colosse était débordé.

Soudain, l'extirpant des méandres de ses réflexions, on toqua à la porte de son bureau. Sans se lever, Akimoto invita à entrer. La présence des deux Yuki arracha alors au Borukan un petit haussement de sourcil, visiblement il ne s'attendait pas à les recevoir aujourd'hui. L'aveugle fut le premier à prendre la parole après avoir salué le Nidaime d'un geste de politesse. Il écouta ses deux invités exposer leur demande, sans interrompre. "Je vous arrête immédiatement Eiichiro-san." dit-il de sa puissante voix. Si son ton et ses paroles pouvaient laisser présager un reproche...Ce n'était nullement le cas. "Vous continuez de vous considérer comme des êtres à part...Il n'y a plus de 'vôtres' qui tiennent." Le Borukan marqua une pause. Lui-même était surpris par ses paroles. Il y a quelques semaines à peine, il ordonnait à ses hommes de ne leur laisser aucune seconde de liberté, de surveiller leur moindres fait et geste. Ils étaient des exilés parmi des Iwajins. Mais maintenant... "Vous êtes tout autant Iwajin que je ne le suis. Dès l'instant où votre fille s'est tenue à mes côtés pour combattre l'envahisseur, dès l'instant où vous avez été confronté à vos origines et que vous avez choisi de vous battre pour Iwa et capturer l'ennemi, vos anciens frères d'armes...Vous l'êtes devenu."

Il s'arrêta de nouveau, observant leur réaction. Le colosse parlait en toute honnêteté. Leur arrivée au village et les évènements qui s'en étaient suivis avaient donné une grande leçon d'humilité au Borukan. "Je suis content de vous entendre parler tous les deux de la sorte de votre nouveau foyer. Il y a beaucoup à faire pour se préparer à l'avenir, préparer nos troupes, préparer notre village. Toute l'aide que vous pourrez apporter sera la bienvenue. Iwa c'est toujours targué d'être une terre d'accueil. Ce combat ne sera pas qu'un combat pour les Yuki, mais pour tous. Kiri a montré son véritable visage au monde. Maintenant c'est à nous tous d'agir face à ces usurpateurs." Chose certaine cependant, Akimoto ne pouvait toujours pas prétendre les connaître. Il ne connaissait pratiquement rien des Yuki, de leur clan, de leur coutume, ni même de ces individus si ce n'est des informations qui étaient contenues dans les rapports de leurs interrogatoires. "Je ne vous cacherai pas que nos ressources sont pour l'instant exploitées pratiquement à leur maximum en vue de la complétion des travaux pour cette tour, ainsi que pour le renforcement de nos défenses, au village et partout à travers le pays. De ce côté, je n'ai malheureusement pas beaucoup à vous offrir..." Il s'agissait là de l'un des plus gros problèmes que le Nidaime devait tenter de résoudre. Si des négociations allaient bientôt ouvrir entre le village et le pays voisin afin de signer un important accord commercial, rien n'était encore décisif. "Cependant...Il y a certains nombres d'endroits à travers Iwa qui pourraient être mis à votre disposition et que vous pourriez transformer en votre nouvelle demeure. Je peux demander à mon assistant de vous préparer une liste de ces lieux." ajouta-t-il. Ce n'était peut-être pas l'idéal, mais c'était au moins un départ...

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Sam 16 Déc 2017 - 20:53
Arrêt. Un court arrêt. D’un instant. Son cœur s’était arrêté. Brutalement. Soudainement. Surpris par les premiers mots du Tsuchikage, dont la voix résonnait déjà dans son esprit qui répétait les mêmes mots. Inquiétude. Angoisse. Sa gorge s’était serrée, autant que son ventre s’était brutalement noué. Par cette peur. Cette crainte. Si le Shodaime avait accepté sa famille au sein de ses Remparts, son successeur n’y était nullement tenu. Aussi pouvait-il rompre la protection que son village offrait. Il pensait à Rakka. A Setsuka. A Ayuka. Il pensait aussi à son frère, depuis trop longtemps absent, ainsi que la récente lettre reçue par sa sœur, revenue des terres froides de Yuki no Kuni. Il pensait aussi aux Hoshino, dont les cousins les avaient récemment rejoints, et dont les liens avec l’ancienne Ombre leur avaient permis de trouver refuge en ces murs. Gorge serrée. Ventre noué. Son esprit étudiait, dans l’éclair de cet instant, toutes les possibilités qui allaient s’offrir à lui. A eux.

S’il se retint d’un soupir de soulagement, son cœur reprit son rythme normal. Car, alors qu’il avait déjà craint le pire, son esprit entendait les paroles rassurantes d’un homme qui, finalement, acceptait leurs présences. Il évoquait Rakka, et son combat aux côtés de l’homme. Il évoquait aussi la capture des deux Shinobis envoyés spécialement pour l’arrêter, lui et sa famille. Et, hochant de la tête, sourire doux aux lèvres, il acceptait les mots d’un homme qu’il respectait. Pour la première fois, lui qui avait été si souvent en conflit avec les Ombres de son passé, il acceptait le ton d’un homme qui lui était supérieur. Borukan dans l’âme. Borukan par le sang. Si la génétique voulait qu’ils s’opposent, l’aveugle comprenait les mots d’un homme qui, dorénavant, incarnait un rôle. Qui, à partir de l’instant où il avait accepté la charge de ses devoirs, avait mis son ego de côté pour travailler au nom d’un intérêt plus grand. Alors qu’il le laissait parler sans le couper, il baissa une nouvelle fois la tête devant le personnage dont il ne connaissait que la voix, et la description faite par sa fille.

_ Merci de vos mots, Tsuchikage-sama. »

Sama. Peut-être était-ce bel et bien l’une des rares fois qu’Ayuka pouvait entendre son meilleur ami et complice reconnaître quelqu’un comme son supérieur. Car rares étaient les fois, depuis son passage à l’âge adulte, où le Maître des Glaces avait reconnu un homme comme son égal, ou son supérieur. Pourtant, à cet instant, alors que l’homme acceptait de leur offrir un véritable toit, l’aveugle reconnaissait son respect à un homme qu’il rencontrait véritablement. Défenseur de sa fille. Protecteur d’Iwa. Celui que les rumeurs décrivaient tel un ours au pelage enflammé était au-delà de sa réputation.

_ Nous tâcherons d’être à la hauteur. »

De courtes phrases. Puis, finalement, d’un sourire qui se voulait amusé, légèrement appuyé sur sa canne, ses doigts bandés resserrèrent leur emprise sur le seul outil qui, encore maintenant, le liait sûrement à la réalité tangible.

_ Je laisserai le soin des transformations à Ayuka. Elle sera sûrement plus capable de voir les changements nécessaires à notre définitive installation. »

Des mots qui, sans réellement le dire, suggéraient bien plus. En effet, depuis son départ des Brumes, l’aveugle gardait nombre de ses pensées pour lui. S’enfermant de longues heures dans le silence autant que dans l’obscurité, il réfléchissait à l’avenir. A ce qu’il désirait réellement. Pour sa fille. Pour sa pupille. Pour son frère. Pour sa cousine. Aussi, sans encore le dire clairement, il laissait peut-être entendre que, avec l’installation, la jeune femme, sûrement la plus précieuse après sa propre fille, pourrait devenir celle qui serait nommée Cheffe de Clan. Pourtant, désireux de faire la transition de façon discrète, il comptait lui laisser, au fil du temps, de plus en plus de ses responsabilités, veillant dans l’ombre à son succès.

_ Quant à la Roche, sachez que nos forces sont vôtres. Demandez et nous serons ravis de construire un meilleur Iwa. Ordonnez et nous serons ravis de laisser nos Glaces protéger ceux qui nous font nous sentir chez nous. »

Puis, d’un sourire plus triste, alors que sa tête baissait lentement, il réfléchissait aux mots qui suivraient. Ayuka l’avait sûrement remarqué mais, aujourd’hui, Akimitsu était parti depuis bientôt trois semaines. S’il était un adulte accompli, l’aveugle savait son frère comme son ombre. Aujourd’hui, le laissant découvrir sa propre voie, sa disparition l’inquiétait de plus en plus. Aussi, avalant sa salive autant que les mots qui ne lui venaient pas, il laissa finalement tomber sa demande plus personnelle.

_ Peut-être la demande est-elle hasardeuse mais … Cela fait bientôt trois semaines que mon frère est parti sur les Terres du Feu. Il n’est toujours pas venu alors que, tout au plus, le voyage devait lui prendre une dizaine de jours. Depuis son départ, je n’ai reçu aucune de ses nouvelles. Serait-il possible d’envoyer une équipe à sa recherche, au moins savoir ce qui lui est arrivé ? »

Puis, relevant la tête, il se tourna légèrement vers sa cousine qu’il savait encore présente. Peut-être savait-elle. Peut-être ne savait-elle pas.

_ Je comprendrais que, vu la situation concernant Kiri et mon ancienne allégeance, aucun Yuki ne puisse partir à sa recherche. Néanmoins, j’aimerais savoir qu’il va bien. »

Car Eiichiro le savait, envoyer des Yuki à la recherche d’un autre, c’était peut-être prendre le risque qu’ils n’avaient été que des espions depuis le début. Aussi, se voulant rassurant, il écartait son propre sang de cette recherche où il était plus que jamais lié. Si Akimitsu avait menti, son frère désirait au moins le savoir.
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Lun 18 Déc 2017 - 22:15
Comme son mentor, le cœur d’Ayuka se serra dès que l’imposant Borukan prit la parole. Il était bien rare qu’un guerrier s’adresse ainsi à Eiichiro, dans une franchise assumée et sans manières pompeuses. Ayuka avait l’habitude qu’on parle à elle de manière simple, comme à un kunoichi parmi tant d’autres, mais il était amusant de voir son cousin faire face à un deuxième titan sans animosité. Les mots du manieur de lave savaient viser juste. En y réfléchissant bien, elle s’était comportée comme une vraie iwajin en effet, sans réellement s’en rendre compte, agissant naturellement pour le bien commun d’Eiichiro, Noah et Tsukiyomi. Face à d’autres elle se serait battue, car même s’il s’agissait d’anciens alliés, Ayuka haïssait par-dessus tout ce manque d’honneur qui avait été synonyme de la mission ratée de Kiri.

Ayuka se pencha légèrement à ses mots, sa posture plus marquée qu’à son arrivée. « Merci également, Akimoto-sama. » Même titre de supériorité, cependant à la différence de ton meilleur ami, Ayuka n’était guère une inconditionnelle des formules de politesse à rallonge. Le fait était que le Borukan avait su la mettre en confiance, comme Iwa dans son entièreté. A chaque fois, cela était un peu étrange mais… La jeune se sentait bien à Iwa. Simplement bien. A chaque levé de l’astre solaire, la blonde ne craignait pas de découvrir un bain de sang, celui de sa famille. Et chaque nuit malgré ses longues promenades nocturnes, elle ne craignait guère d’être poignardée dans le dos ou d’être passée à tabac. Iwa les avait accueillis, elle et sa famille, elle et les Hoshino. Depuis son arrivée, Ayuka n’avait rencontré que des âmes honorables et agréables dans le Village de la Roche. C’était naturellement et sans grandes réflexions qu’elle se sentait iwajin à présent.

Cependant les yeux d’Ayuka s’ouvrirent un peu plus aux dires de son mentor, quand celui-ci lui laissa une liberté conséquente pour leur installation et leur future demeure… Enfin, à bien y réfléchir, Ayuka passa sa main dans ses cheveux légèrement amusée et sourit malicieusement à Eiichiro. Elle le savait, il le savait. Cela faisait des années qu’ils se comprenaient sans paroles et depuis quelques mois… Sans regard. « Il est vrai que malgré tes nombreux talents, je ne suis pas sûre que l’architecture soit faite pour toi. » Posant une main sur sa hanche, après ce léger ton d’humour, la jeune femme glissa son regard ambré vers le colosse et maître d’Iwa. « Merci, Tsuchikage-sama. Un simple endroit nous suffirait, l’effort n’a jamais refroidi un Yuki d’Iwa de mémoire. » Presque amusante dans tout ce formalisme, il fallait croire que le soleil de Pays de la Terre savait révéler le meilleur de sa malice.

Passant son bras autour de des épaules d’Eiichiro… S’étant mise sur la pointe des pieds pour réussir cet exploit – et cela était non sans rappeler une jeune Borukan d’ailleurs -, Ayuka sourit doucement et ajouta derrière son cousin « Bon, il ne voit plus grand-chose, mais Eiichiro-dono reste un vrai colosse. Et tous les Yuki suivront les combattants d’Iwa. » Et peut-être Noah. Au plus profond d’elle, elle espérait qu’il accepterait sa proposition. Il faisait partie de sa famille peu importe ses choix, mais la jeune espérait réellement qu’il l’entraînerait également.

Cependant la suite s’annonçait moins joyeuse. Akimitsu… Ayuka savait que le jeune homme s’était confié à son frère mais le sachant également peu extraverti, la jeune femme avait décidé de le laisser respirer. Mais un mauvais pressentiment habitait le cœur d’Ayuka qui ajouta quelques mots, son sourire précédant à présent absent. « Akimitsu est un jeune homme discret. Et j’espère que sa disparition ne changera pas votre avis sur nous, Akimoto-sama cependant… Après nous avoir suivis, mon cousin n’aurait jamais abandonné Iwa. Pas alors que lui-même a pu découvrit la réelle terre d’accueil qu’est ce village. »

Soit Akimitsu avait rencontré une jeune femme qui l'avait charmé, et il l'avait suivie dans de folles aventures, ce qui ne convainquait absolument pas Ayuka. Soit elle avait eu raison de ne pas laisser Noah seul dans la nature.

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Ven 22 Déc 2017 - 7:58


Les deux Yuki semblaient accueillir l'aide du Nidaime avec un enthousiasme certain. Si Akimoto ne savait pas exactement ce qu'il aurait à leur offrir pour leur nouveau domicile, il ne pouvait qu'imaginer leur désir de stabilité. Après un aussi long périple et des évènements aussi marquants, les manipulateurs de glace ne devaient avoir qu'une seule envie, celle de trouver un nouvel endroit qu'ils pourraient définir comme leur maison. Le rouquin se remémora soudainement d'un matin, il y a une bonne trentaine d'années, où il quitta sa terre natale du nord du Pays de la Terre pour venir s'établir dans la région de Rokkusu. Il avait quitté, en compagnie d'une poignée d'autres Borukan, le confort de leur montagne volcanique du nord et de leur luxueux domaine, pour venir aider à bâtir ce qui devint Iwa. Les raisons de leur exil n'étaient pas les mêmes que les siennes, mais les sentiments étaient les mêmes.

Le Nidaime en profita pour gribouiller une petite note rapide sur un parchemin vierge déposé devant lui, afin de pouvoir transmettre la demande à son assistant dès que possible. Il devait bien y avoir quelque part à Iwa un lot vacant, un établissement désert, ou n'importe quoi d'autre qui pourrait leur servir.

Si le dénommé Eiichiro était aveugle, Akimoto demeurait persuadé que ce dernier devait être un adversaire redoutable. S'il n'avait que rarement vu la glace des Yuki à l'oeuvre, il en connaissait la réputation. Diminué ou non pas sa cécité, le Borukan vouait un certain respect envers son homologue Yuki. Il avait fait le plus grand des sacrifices au nom des siens, un geste honorable qui méritait à l'aveugle le respect du colosse d'Iwa.

Maintenant que cette première affaire était en quelque sorte résolu, l'aveugle se risqua à une deuxième demande. Son frère, un dénommé Akimitsu, était porté disparu depuis trois semaines, c'est-à-dire quelques jours à peine après leur arrivé au village. Le rouquin fronça les sourcils, marquant une surprise et une angoisse visible sur son visage. "Hum...cette nouvelle est effectivement des plus troublantes." La première question qui frappa l'esprit du Borukan était de savoir pourquoi le Yuki avait été autorisé à quitter le village à peine après y avoir mis les pieds. Et surtout, pourquoi ne l'en avait-on pas informé plus tôt. Les hommes du Yamagenzô qu'il avait personnellement chargé de la surveillance des exilés ne lui avaient jamais fait état d'une telle disparition. Il est vrai qu'avec son retour précipité au village après son voyage jusqu'aux Remparts, la première tentative d'assassinat sur le Shodaime et le départ de sa délégation pour le Sommet de Tetsu, les choses s'étaient précipitées. Peut-être que l'information dormait dans un rapport quelque part dans son ancien bureau. "J'étais absent du village lors de votre arrivée, je ne peux donc pas vous dire comment, ni pourquoi votre frère a été en mesure de quitter le village. Mais un rapport doit exister, quelque part dans les archives de surveillance que j'avais demandé après votre arrivée."

Était-il retourné vers Kiri? Avait-il simplement décidé de quitter les siens pour vivre en solitaire? Un Iwajin lui avait-il fait la peau en catimini? Les options étaient nombreuses et aucune ne plaisait à Akimoto. Il ne craignait pas pour la sécurité de son village, après tout même si le jeune Yuki avait été capturé par ses anciens compatriotes de la Brume, il n'avait visiblement passé que quelques heures au village, même sous la torture il n'aurait rien à divulguer sur Iwa, sauf peut-être la couleur des murs de nos salles d'interrogations et le goût de notre café."Akimitsu vous avez-dit, n'est-ce pas? J'ai assisté à son combat contre mon fils lors de l'Examen de Shîto. Il me semble être un fier shinobi...Je veillerai à éplucher les archives personnellement et vous tiendrai au courant de ce que j'y trouve. S'il le faut, j'enverrai une équipe à sa recherche."

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Ven 22 Déc 2017 - 14:25
Baissant une nouvelle fois la tête en avant, autant en signe de respect que de remerciements. Car l’homme, bien qu’investi de nouvelles charges, semblait être un homme à l’écoute de ses hommes. Patient, aussi, car occupé par son nouveau poste, il semblait prendre le temps d’écouter l’exilé. Chose rare que l’homme respectait énormément. Peut-être que, pour la première fois, l’aveugle acceptait cette supériorité. Car ni le Shodaime, ni le Nidaime de Kiri n’avaient su obtenir son soutien. Et s’il n’avait guère eu le temps de rencontrer le premier Tsuchikage, le deuxième semblait tailler pour sa position. Ainsi, se redressant entièrement, il prit une nouvelle fois la parole, très rapidement, afin de remercier clairement l’homme à qui, peut-être, il devrait le plus.

_ Merci beaucoup, Nidaime-sama. »

Et tandis qu’il reculait déjà vers la porte, sachant l’entretien qui approchait de la fin, il ajouta encore à l’intention de l’Ombre quelques paroles posées.

_ Sachez que les Yuki d’Iwa sont à votre écoute, prêts à vous servir lorsque vous le demanderez. »

Et d’ajouter assez rapidement, autant à l’adresse de sa meilleure amie que du Tsuchikage, de nouvelles paroles pleines de vérité.

_ Nos intérêts, autant que les miens, vont pour Iwa. Nous sommes Iwajins, autant dans nos cœurs que dans nos esprits. »

Serment. Aveu. L’ancien Chef des Yuki, encore responsable de ceux qui l’avaient suivi dans son Exil politique autant que militaire, se surprenait lui-même. Lui qui avait été si souvent en opposition avec le pouvoir acceptait ce dernier sans aucune difficulté, reconnaissant la véritable force de l’homme qu’il n’avait jamais su voir. Pourtant, aux dires de ce qu’il avait pu entendre, l’homme, colossal, à la chevelure rougeoyante, était un Général nécessaire au Village. Aussi, approchant finalement de la porte, il patientait. Car, peut-être Ayuka voudrait prendre la parole. En retrait, il se faisait maintenant silencieux, patient et attentif. Elle le pouvait. Qu’elle s’impose en cet instant, au lieu de rester cette ombre qu’elle avait été trop longtemps. Il lui donnait l’espace et le temps qu’elle désirait, quitte à ce qu’il sorte si elle désirait protéger ses secrets de lui.
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Sam 23 Déc 2017 - 14:47
Le plus jeune frère d’Eiichiro ne se rendait certainement pas compte des conséquences. En quittant le village, il attaquait potentiellement tous les efforts d’Ayuka pour faire des Yuki, un Clan d’Iwa. En quittant son frère, il était certainement capable soit de le faire retomber dans la morosité, soit de déchainer la bête de glace qui sommeillait en lui. Pourtant bien plus proche en âge d’Akimitsu que d’Eiichiro, c’est à l’aîné que la blonde c’était rapidement attaché et avec l’absence du cadet… Elle regrettait de ne jamais avoir eu l’occasion de le découvrir.

S’inclinant une nouvelle fois, Ayuka présenta ses remerciements au Tsuchikage, même si intérieurement et sans réellement savoir pourquoi… Une mauvaise impression saisissait son ventre. Sixième sens féminin ? Peu importe, les faits était bien présents et l’avenir flou couvert d’une brume aussi épaisse que le Village Cachée aux éternels pleurs. « Merci, Akimoto-sama. »

L’entretien touchait à sa fin car en effet… Ayuka plaignait tout de même le Tsuchikage, ayant vu la longue file d’attente devant le bureau. Était-ce cela, la vie de responsable politique ? Des entretiens et de la paperasse ? La Yuki avait déjà vu son cousin passer des soirées entières gérer les soucis et les tracas du Clan, ainsi que toutes les plaintes qui en découlaient… Finalement, le plus haut pouvoir pouvait ressembler à une grande prison à bien y réfléchir. Enfin, heureusement pour elle, elle était libre de choisir grand nombre de ses responsabilités, Eiichiro demeurant le chef de Clan. Car même si Kiri se tenait déjà prêt à le remplacer, aux yeux d’Ayuka, personne n’était plus légitime sur cette terre – sinon les ancêtres – à porter au firmament le Clan des glaces.

Ayuka fit un pas en avant vers le colosse des Borukan, semblant si frêle face à lui. Et détaillant le roux, la blonde ne put s’empêcher de l’imaginer combattre. Etait-il comme Eiichiro ? A préférer les attaques dévastatrices de loin ? Ou comme Watari, filant directement au corps à corps ? Nul doute que dans la deuxième possibilité, la stature l’aidait certainement à prendre le dessus. Une pensée qui manqua de faire soupirer Ayuka qui n’avait que sa lame et sa rapidité pour tenter de foncer vers ce type de combattant. Enfin, les combats n’étaient pas encore arrivés et rapidement la Yuki chassa ses réflexions de son esprit.

« J’ai fini d’interroger les prisonniers Yuki Noah et Kaguya Tsukiyomi, j’ai déjà pris rendez-vous avec votre secrétaire afin de vous remettre et vous expliquer le rapport, en présence de Borukan Homasubi. »

Souriant malicieusement, la Yuki ne pouvait s’empêcher d’espérer un réel avenir aussi ensoleillé que les terres de Tsuchi pour Noah et la lunaire. Quelques ombres savaient venir teinter le cœur de la jeune femme de manière imperceptible, mais son esprit espérait sincèrement un avenir sans mort pour les deux résidents des geôles. Finalement, les compétences des Yuki si communément connues à Kiri pouvaient s’avérer utiles au village de la Roche.

Alors dans le couloir, certains habitant commençaient à s’agiter, la file ne faisait que grossir un peu plus, Ayuka comprenait que le rouquin devait passer à l’affaire suivante au risque de définitivement passer une journée sans libertés. « Merci pour votre accueil et votre écoute, Akimoto-sama et… Bonne chance pour cette journée. » dit-elle, passant sa main dans ses cheveux, légèrement peinée, mais également amusée, par l’énorme pile de dossiers qui trônait fierté sur le bureau du défenseur d’Iwa.

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Installation : de la Brume à la Roche | Pv. Akimoto & Ayuka

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