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L'Aube et le Crépuscule d'un Jour | Pv. Sosaku-Ō Enkeï


Mer 27 Déc 2017 - 15:12
L’Académie. Bien qu’il était arrivé quelques mois auparavant, l’aveugle n’avait toujours pas visité ce haut lieu du Savoir. Là, nombre de Shinobis venaient apprendre les différents Arts Ninjas. D’autres venaient là pour enseigner et transmettre ce qu’ils savaient. Si cela n’avait pas son pareil à Kirigakure no Satô, ce lieu lui évoquait le Dojo que les Sabreurs tenaient là-bas, au sein de la Cité Militaire. Pour autant, c’était bel et bien la première fois que l’aveugle découvrait une telle instance, exceptée celle sur quelques terres étrangères. Pour autant, celui qui se faisait le curieux d’un instant, la tête levée, se faisait aussi surtout attentif aux éléments qui l’entouraient. Bandeau sur les yeux, son habituelle canne en main, il s’était arrêté au milieu du Hall d’entrée.

Ces jours étaient bien étranges. Après la retraite Kirijine, Iwa s’était lentement transformée. Endeuillée par les trop nombreuses pertes, la Cité Militaire avait principalement pleuré son défunt Tsuchikage, un homme qui avait inspiré, un temps, sa communauté. C’était ce dernier, sous l’impulsion de ses raisons, qui avait accepté quelques réfugiés de Kiri. Puis, alors qu’ils étaient interrogés, ce dernier les avait finalement laissés entrer dans ce qui serait, finalement, leur nouveau foyer. Pourtant, la première semaine, ainsi que les premiers mois, n’avaient pas été toujours faciles. Souffrant d’un véritable mal du Pays, l’ancien Chef de Clan s’était longtemps plongé dans un mutisme difficile pour le reste de sa famille. Mais aujourd’hui, après l’attaque de Kiri, il était devenu un autre homme. Il devait être un autre homme, nécessaire, pour la réussite et la protection des siens. C’est ainsi que l’aveugle avait décidé de reprendre le contrôle d’une vie qu’il avait trop longtemps laissée aller.

Debout, la tête relevée, bandeau sur les yeux, les bras le long du corps, il se faisait penseur et pensif. Curieusement, son esprit se demandait ce que lui réserverait l’avenir. Serait-il capable de le percevoir malgré les limbes obscurs de ses yeux morts ?

_ Quel sera le monde de demain ? La guerre serait-elle inévitable ? Les Hommes ne peuvent-ils que vivre par le sang répandu de leurs pairs ? »

Lâcha-t-il finalement pour lui-même, intrigué, curieux ... Mais aussi inquiet. Pour sa vie. Pour celles de sa famille. Pour ces femmes qu'il aimait et qu'il voulait protéger.
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Mer 27 Déc 2017 - 21:32
À en déduire par sa démarche, cette canne, qui certainement trompait sur ses réelles capacités et ce bandeau voilant son regard, cet homme était aveugle. Trois questions aussi fatalistes que pertinentes furent énoncer par ce dernier et elles n'étaient pas tombées dans l'oreille d'un sourd. L'honorable samouraï, comme il aurait tant souhaité être reconnu, se tenait là, à quelques mètres de ce guerrier, semblait-il, à l'aura enténébrée. Enkeï, à l'humeur taciturne, resta emmuré dans le silence.

Le dos droit, les deux mains liées face à lui en un seul poing, le visage bas, ce dernier méditait sur ces trois questions toujours suspendues au dessus des deux protagonistes. Car, oui, dans les parages, ils étaient seuls. Lui-même était venu ici, face à ce grand bâtiment qui protégeait en son sein le savoir ancestrale shinobi, et à une heure aussi tardive, pour réfléchir sur sa propre existence.

« Le Monde n'est véritablement qu'un immense gouffre béant,
Dans lequel chaque être finira par être englouti-
Énonça-t-il, tout en levant la tête au plus haut-
Chaque village caché est un état,
Et, chaque état place ses intérêts au centre de toutes ses décisions,
Pour sa rapprocher à chaque fois un peu plus de la suprématie,
Qu'elle soit économique, militaire ou politique.
Des mots médités tant de fois-
Alors, oui, prévisiblement,
Les rizières seront à nouveau inondés du sang des innocents- »
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Jeu 28 Déc 2017 - 2:47
Il fut surpris par l’étrange intervention qui, venue de nulle part, l’arrêta pourtant dans sa propre réflexion. C’est ainsi que, sourcils froncés sous le bandeau noir qui ornait la moitié haute de son visage, la canne dans sa main gauche comme il en avait si souvent l’habitude, l’aveugle avait écouté le mystérieux personnage qui, soudainement, l’interrompait dans ses propres méditations. Aussi, curieusement, tendant une oreille vers ce dernier, il l’écouta attentivement. Et, alors qu’un sourire s’affichait doucement sur son visage, les paroles de l’étranger l’amusèrent légèrement. Car, à sa façon si particulière de parler, l’ancien Chef de Clan se rappelait un ami à lui, un Samouraï, l’Hoshino Watari. Une façon particulière que, à force de le fréquenter, la Glace avait su comprendre et décortiquer. A cet instant, seul avec lui-même, il reconnaissait cette façon de s’expliquer qui, sûrement, venait d’un autre de ses hommes combattant à l’épée.

Gloussant pour lui-même et se tournant finalement vers l’autre, il le salua d’un geste de la tête, sans réellement savoir où ce dernier se trouver, ni même quelle taille il pouvait bel et bien faire. Pour autant, sourire aux lèvres, léger, il prit la parole pour lui répondre, aussi énigmatique l’autre avait pu être, l’aveugle ne comptait pas rester sans lui laisser une réponse.

_ Tu es peut-être l’un des premiers hommes à me parler de la sorte, l’Iwajin. Peu accepte la guerre comme tu sembles t’y être résigné. »

Alors qu’il se détournait de ce dernier, il laissa quelques instants avant de reprendre, d’une voix claire et calme, mais surtout pensif et curieux de ce que l’autre finirait par lui répondre.

_ Serais-tu donc de ces pessimistes qui viennent à perdre foi en l’homme ? Crois-tu que la guerre est inscrite dans notre sang au point de vouloir verser celui d’autres ? »
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Jeu 28 Déc 2017 - 18:27
L’iwajin. Ce surnom, quasi-péjoratif, que cet inconnu lui attribuait, sembla signifier qu’ils n’étaient pas de la même appartenance. Et pourtant, étant dans l’enceinte du village rocheux et face à un lieu aussi hautement symbolique, que pouvait-il être d’autre qu’un iwajin ? L’homme s’enveloppait de mystères, tant de secrets que le samouraï ne souhaitait l’en dépouiller. Il n’était pas ici pour mener des investigations ou des interrogatoires sur qui que ce soit. Il parlait à un parfait inconnu, qui l’intriguait, et cela ne lui dérangeait pas qu’ils se quittent tous deux ainsi, en parfaits inconnus.

Il n’eut besoin d’observer son interlocuteur pour ressentir son visage arborer un sourire tranquille. Au sein de ce lieu, où le silence régnait en maitre absolu, ce type de mimique faciale laissait fatalement échapper un soupire imperceptible en règle général, mais parfaitement audible dans ces circonstances. Peut-être n’était-il pas d’accord avec sa perception des choses ? D’ailleurs, le mot pessimisme ne manqua pas de lui faire plisser légèrement les paupières. Ce jugement un peu trop hâtif lui avait fait l’effet d’un gout amer dans la bouche. Ainsi, sa tête levée au plus haut tomba doucement pour faire face à l’édifice, le regard vide. Il le salua par la même occasion, sans se détourner de sa vision pour autant. Le froissement de ses vêtements ajustés à sa corpulence devrait l’indiquer à l’homme aveugle.


« Vous semblez si aguerri,
Et, je suis pourtant le premier qui vous tient un discours aussi banal,
En ces temps sombres où la Paix n’est qu’une trêve entre deux guerres,

Ce fut à son tour de sourire-
Quelles réponses attendez-vous de recevoir de la part d’un Soldat ?
J’ai tant de fois percé le cœur de l’Humanité de ma lame,
Sans connaître les raisons qui m’y ont poussé-
Car, un Soldat, zélé, n’est qu’un exécutant, abruti,
Qui ne démêlera jamais le vrai du faux,
Car, derrière ces nobles enjeux,
Se cache des causes obscures-

Le sourire disparut aussitôt-
Vous semblez être un humaniste,
Nous ne sommes peut-être pas destinés à nous comprendre- »
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Jeu 28 Déc 2017 - 21:06
Silencieusement, il avait écouté l’homme qui, comme son ami l’Hoshino, parlait en de bien mystérieuses façons. Pour autant, l’aveugle avait appris à les écouter et à les comprendre, malgré les phrases qui, souvent, ne tombaient pas directement sous le sens du pragmatique personnage qu’il était. Car il aimait les phrases directes et sans aucun sous-entendu, ce qu’il reprochait parfois dans le bel Art de la Parole des Samouraï. Pour autant, il avait aussi su l’apprécier, de temps en temps et, écoutant attentivement l’autre homme, il hocha de la tête doucement.

_ Il existe de nombreux guerriers, l’Inconnu. Il y a ceux qui vivent pour la Guerre, pour le sang qu’elle fait couler. Et d’autres qui se battent au nom de la Paix. »

Poussant un soupir, se tournant un peu plus vers l’autre sans pour autant le voir, il lui souriait tristement, avec cette peine qui lui venait du poids des anciennes responsabilités. Pourtant, c’était bien le discours de cet autre qui l’attristait. Il n’était qu’une véritable machine, qui exécutait sans plus penser. Son discours, plat, effrayait même le cœur de l’aveugle. Lui qui avait toujours vécu au nom de sa propre liberté. Celle de son peuple. Celle de chacun. Alors que ses sourcils se fronçaient sous les interrogations, il ne comprenait pas comment un homme pouvait être à ce point dénué d’ambitions ou d’une quelconque volonté.

_ Penses-tu réellement que les puissants recherchent les soldats ? Es-tu donc de ces hommes qui ne veulent pas réfléchir pour ce qu’ils pensent ? Es-tu donc sans aucune volonté, l’Iwajin ? »

Hochant encore une fois de la tête pour lui-même, il poussa un long soupir avant d’en hausser les épaules. Malgré sa cécité, malgré ses nombreuses erreurs, il n’avait jamais su se résoudre à en perdre sa foi en la liberté de conscience et de pensée. Ainsi, continuant d’interroger l’autre, il prolongea en lâchant quelques nouveaux mots.

_ Tu es peut-être pire que les hommes qui aiment la guerre car tu ne sais même pas ce que tu souhaites et recherches dans celle-ci. Es-tu donc plus perdu que je ne le suis sans mes yeux ? »
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Jeu 28 Déc 2017 - 23:13
L'aveugle guerrier, aux propos baignés de noblesse et de bienveillance, ne semblait entrevoir dans les mots du samouraï leur réel sens. Et, pourtant, que lui avait-il présenté d'autres que la vérité ? Celle-là même qui était le fondement de la réalité, une vérité parmi d'autres, certes, mais c'était tout de même une vérité dont la noirceur ne pouvait être ignoré. Il était temps pour certains de ces idéalistes, aux esprits soit-disant libérés de tout asservissement, d'ouvrir leur raison à ce qui s'exerçait tout autour d'eux. Il y avait des guerres menées pour mener des guerres et les paix, précaires, n'étaient quant à elles que de courtes entractes entre ces mêmes guerres. Cet inconnu, prompt au jugement, s'était lourdement trompé sur le samouraï, dont le regard, enténébré, lui signifiait volontiers l'affront ressenti, et le mépris désormais de toute bienséance.

Ces nombreux soupirs d'exaspération, ces questions insolubles qui convergeaient toutes vers une seule conclusion trop hâtive, tout cela nourrissait de bien noirs sentiments chez le samouraï mésestimé. Pour s'exprimer convenablement, ce dernier dut au préalable mettre de l'ordre dans ce flot d'émotions tumultueuses qui l'avait envahi, la colère étant très mauvaise conseillère, entre autres.

« Ton orgueil est d'une naïveté risible,
Et, si c'est tout ce que tu as retenu de mes propos,
Un être sans aucune volonté,
Alors, tu es également aveugle de cœur, l'Inconnu-
Rétorqua-t-il, les poings serrés-
Car, ce sont bien là les mots d'un être qui souffre de sa condition,
Et, qui n'aspire justement qu'à s'en libérer-

Se battre au nom de la Paix ?
Fugacement, un rictus fendit son bas-visage,
Face à tant d'optimisme-
C'est mignon tout plein.

Je suis un homme qui garde ses réflexions pour lui-même,
Le fond de ma pensée pourrait me porter préjudice, l’Éveillé-
Le rictus muant en un sourire sarcastique- »
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Ven 29 Déc 2017 - 13:48
C’est ainsi que, par les mots qu’il employait, de façon provocante, l’aveugle éveillait lentement les pensées de cet inconnu qu’il rencontrait, là, dans cette nuit calme et silencieuse. Car les deux hommes semblaient s’opposer en de trop nombreux points. Et si, souvent, il aurait eu l’envie de s’énerver sous les propos de cet infortuné interlocuteur, le Maître des Glaces s’était contenté d’une profonde inspiration, et de ce léger sourire. A la fois carnassier, moqueur, mais aussi plein d’une douceur déplacée. Comme si, finalement, il s’amusait de plus en plus des mots de cet étranger qui ne se découvrait guère. Pour autant, s’éloignant finalement de lui, mettant une distance de trois de ses pas entre lui, car il sentait aussi la tension naissante chez son partenaire, il prit finalement la parole.

_ Ai-je un jour prétendu écouter mes émotions, l’Iwajin ? C’est sûrement là où tu te trompes. »

Puis se tournant finalement vers son interlocuteur aux paroles de plus en plus cinglantes, il soupira légèrement, davantage de dépit pour cet homme qui s’ouvrait de plus en plus et, dans le même temps, l’ennuyait aussi de plus en plus.

_ Si tu souffrais de ta condition, tu te battrais pour la changer. A t’entendre, tu ne fais que t’en plaindre. Es-tu donc de ces pleureuses qui ne peuvent que larmoyer ? »

Un instant de silence, sans lui laisser le temps de réellement répondre, il continua rapidement.

_ Je ne me suis pas toujours battu pour cette Paix dont tu te moques. J’ai longtemps été ce criminel de guerre qui se battait au nom du sang de ses victimes. Et c’est parce que j’ai vécu et expérimenté les ravages de ces guerres que j’ai appris que la Paix devait être recherchée. »

Et, finalement, parlant une dernière fois vers l’autre qui se tenait à trois pas de lui, sa canne prête à contrer le premier coup qui viendrait, il lâcha les derniers mots d’une voix cinglante, cassante et glaçante à la fois. Comme si, cristallisant dans les glaces éternelles, il laissa ses mots brutalement traverser sa langue acerbe.

_ Si tu as peur de tes réflexions, si tu ne sais être franc avec toi-même, tu es un homme inutile, le Lâche. »
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Sam 30 Déc 2017 - 0:24
Quel être pétri de paradoxes. À la recherche de la paix et pourtant si belliqueux dans ses relations humaines. Quel être hypocrite. Prompt à sermonner les autres alors qu’il était lui-même sujet aux mêmes souffrances. Car, oui, n’était-il seul l’instant d’avant, à soulever des questions existentielles ? C'était donc l'une de ces fameuses joutes verbales qui s'emboitaient comme un jeu de patience. Mais, était-il enclin à l'endurer, cette fois-ci ? À en juger par le tranchant de son regard, peut-être pas. Cette conversation muait en un échange ridicule et il n’en tenait qu’au plus mature ou raisonné des deux d’y mettre un terme. À ne pas compter sur lui, d'ailleurs ce sourire carnassier dont il avait le secret fendait déjà depuis bien longtemps son pâle visage. Endurci aux affronts, ceux-là, d'une bassesse inouïe, lui faisaient finalement l'effet d'un petit ruisseau ruisselant à ses pieds, chatouillant au mieux ses chevilles. À la dernière réplique acharnée, dont les réels motifs demeuraient d'ailleurs encore obscurs, le samouraï ne put retenir l'éclat de rire qui lui nouait la gorge depuis quelques minutes. Il en marqua un arrêt, riant littéralement à gorge déployée de cet inconnu qui se donnait tant de mal à lui abattre le moral. Il se reprit néanmoins autant que cela se pouvait.

« Haha-Tu sembles plus âgé et plus aguerri que je ne le suis,
Et, pourtant, tu me fais l'effet d'un garçon frustré-
Le visage serein, les yeux scintillants de malice-
Quelle audace, quel courage,
Qu'est-ce qui peut justifier que tu aies la langue aussi bien pendue ?
Peut-être, connais-tu l'issue d'un éventuel affrontement entre-nous deux,
Si, je venais à perdre mon sang-froid-
Le rictus étiré, les dents saillantes-
Ce qui fait de toi, en mon sens, le plus lâche de nous deux-
Le piège que tu me tends est trop grotesque,
C'est donc ce que tu recherches lors de tes balades nocturnes,
Le frisson du combat à sens unique, le Pacifiste ?
Il tendit ses bras dans le vide-
  Il est triste de constater,
Après toutes ces expérimentations sur le champ-de-bataille,
Que tu n'aies pas compris que l'essence même de la Paix,
C’est avant tout l'absence de perturbation, de trouble,
Et, tu ne m'en as démontré que le contraire,

..

À moins que je n'en sois pas digne ? »
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Sam 30 Déc 2017 - 12:47
L’aveugle souriait doucement aux répliques de son interlocuteur qui, finalement, s’éveillait aussi. Car il détestait cette passivité. Car jusqu’ici, il avait eu l’impression d’entendre ces hommes dénués de sentiments et d’ambitions, dénués même d’une quelconque envie. Jusqu’alors, l’étrange interlocuteur s’était montré souple dans ses paroles qui, finalement, étaient devenues dures et bien plus incriminantes. Touchant finalement le bandeau à son visage, poussant un lent soupir, il ne put se contenir d’un gloussement. Laissant sa tête tomber vers les cieux, la tête en arrière, les cheveux tombant, il laissa un lent soupir d’aise se faire entendre, traversant le silence de quelques instants. Haussant finalement ses épaules, il se tourna finalement vers l’autre.

_ Je n’aime pas les gens endormis ou qui se laissent faire. Ceux qui dérivent selon le cours des fleuves et océans. Ils manquent de mordants et lorsque viendra la guerre, ce seront ceux-là même que j’aurai à défendre. »

Poussant un soupir, levant sa canne devant lui, il poussait un autre soupir et prit la parole pour lui-même. Comme un aveu de sa propre prison. Un aveu de sa propre faiblesse. Un aveu qu’il serait toujours aux prises de ces mondes qui l’arrachaient à sa tranquillité. La tête bientôt levée vers les étoiles, il souriait doucement.

_ Pour trouver la Paix, je dois d’abord me battre au nom d’une Guerre que je ne veux pas, l’Iwajin. »

Haussant les épaules, il souriait tristement aux mots de ce compagnon d’un soir. Infortunée soirée. L’un comme l’autre ne s’aimant guère, ils se parlaient de mots tendus, de lâcheté et de cette paix.

_ J’ai longtemps cherché le frisson de l’excitation des combats. J’ai aimé le frisson du danger. Mais ne t’imagine pas qu’un combat à l’issue connue me satisferait. Au contraire … »

Reposant finalement sa canne à terre, il se laissa aller doucement.

_ Si je t’ai provoqué, c’était pour connaître ta véritable valeur mais, à t’entendre, tu n’es pas de mon niveau et le combat ne serait donc pas excitant. »

Finalement, comme une dernière phrase, il se fit lui-même l’aveu de ses derniers mots.

_ Je cherche le frisson de la Mort et de sa Paix éternelle. »
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Sam 30 Déc 2017 - 15:26
« L'adrénaline face au danger,
C'est un sentiment que je recherche également,
J'ai appris à me battre avec le mépris de la Mort,
Mais, je ne peux à mon niveau t'honorer,
Ni toi ni moi ne sortirions satisfait de cet échange- »

La joute verbale mit en lumière cet être qui se dépouillait petit à petit de ses propres mystères. Ainsi, ce dernier aimait à défier ses rencontres pour en tirer, peut-être, à ses yeux, le meilleur d'eux-même ou du moins en savoir plus sur eux. Ils les acculaient jusqu'à leurs derniers retranchements. Il parlait en effet tel un aguerri dépressif, insatisfait, qui avait une certaine vision des choses, peut-être même remettait-il en question l'éducation Shinobi dont était chargée l'Académie des Ninjas ? Car, oui, le scénario à la fois critique et détestable selon lui serait qu'un haut gradé, lui en l’occurrence, en vienne à sauver ceux qui ne savent être autonome sur le champ-de-bataille. Difficile de le contre-dire là dessus, le samouraï sans honte comprenait cette perception des choses et l'acceptait, dans une mesure raisonnable. Il poursuivit, le ton serein.

« Tu tiens le langage de ceux qui souhaitent mener le combat de leur vie,
Et dont la Mort serait l'issue la plus favorable,
En tant que Shinobi aguerri et défenseur du Village,
N'est-ce pas honteux de ta part ?
N'est-ce pas .. égoïste ?

À moins que dans ton ultime quête de la Paix,
Le Village et ses enjeux, ses habitants,
Tout cela ne t'importe plus ? »
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Dim 31 Déc 2017 - 12:54
L’Iwajin qui se tenait à ses côtés, observateur d’un monde que l’aveugle ne pouvait plus voir, était un homme bien étrange. Aux paroles qu’il laissait entendre, le Yuki se demandait à quoi l’autre devait ressembler et il imaginait déjà une personne à l’allure abandonnée, comme s’il ne prenait pas soin de lui. Comme une ombre qu’il avait lui-même été durant les premiers mois de sa jeune cécité. Incapable de voir ou de ressentir réellement, il s’était muré physiquement dans le silence, à la recherche de réponses que personne ne pouvait lui donner. Cet Exil, finalement, avait ressemblé à une quête de soi. Une recherche constante de lui-même. A la recherche de sa propre identité. Ce n’était qu’après l’attaque-surprise de Kiri que l’homme, finalement, s’était peut-être trouvé. Ainsi, penchant la tête en arrière et laissant tomber ses cheveux derrière lui, il soupira légèrement avant de glousser. Sûrement que l’autre avait en partie raison, de dire qu’il était peut-être plus égoïste qu’il ne voulait lui-même se l’avouer. Haussant finalement les épaules, il prit quelques instants pour formuler ce qu’il avait à lui dire.

_ Je ne recherche pas la Mort, mais seulement le frisson qui a lieu juste avant. J’aimerais encore sentir ce danger qui me pousse dans mes retranchements, ceux qui me font me sentir réellement vivant. »

Poussant un lent soupir, il ne savait comment formuler les mots qu’il voulait réellement dire et, pourtant, il tenta une approche de ce qu’il recherchait depuis de nombreuses années.

_ Je n’ai pas l’impression de vivre, sais-tu ? Comme si la plupart du temps, j’étais uniquement endormi. Le danger, peu m’importe de quel genre il est, m’excite et me plaît. Comme s’il était quelque chose de nouveau, de fabuleux, de … Différent. Le danger autant que l’inconnu sont des sources vivifiantes. »

Puis se tournant à nouveau vers l’autre, hochant de la tête comme il lui avouait la vérité, il continua.

_ Je ne me crois pas égoïste … Ou pas uniquement, en tout cas. J’aimerais me battre pour ce Village, jusqu’à y laisser ma vie. J’aimerais me battre au nom de ma famille, quitte à y laisser la vie. Pour que certains s’inspirent de ma volonté de protéger ce qui m’aura toujours été cher et que plus jamais d’autres aient à souffrir du mal qui ronge ce monde. »
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Lun 1 Jan 2018 - 17:16
Il semblait regretter les jours d'antan, où les épreuves les plus hardies, au tout début de son parcours, le poussaient aisément dans ses derniers retranchements. Cet instant fatidique où, au mépris de la mort, le guerrier véritable jubilait d’excitation. L'expérience ne donnait à la suite de l'existence qu'une pâle copie de ce qui avait déjà été vécu, dans des circonstances différentes, certes, mais avec des sensations similaires. Il enviait secrètement ces guerriers qui ne vivaient que l'instant présent, le regard braqué vers l’horizon, vers l'avenir et qui avaient déjà vécu tout un lot de sensations fortes. Lui, enfant d'une mère morte dans des circonstances obscures, se faisait beaucoup trop souvent rattraper par les fantômes du passé.

« Tu sembles très aguerri,
Mais, il y a forcément plus fort que soi,
Il y a forcément des situations extrêmes à vivre,
Qui satisferont tes appétits guerriers- »

Il le comprenait sans être pour autant son égal en termes d'expérience. Cette sensation d'être réduit à l'immobilité tout en étant capable de tout. Cette torpeur qui de jour comme de nuit engourdit le corps et l'esprit. Seul le danger, le véritable danger, mobilisait toutes les ressources de l'être, lui révélant qui il était vraiment et qu'elles étaient ses possibilités.

« Je te souhaite de réussir cette quête personnelle- »

Il ne cherchait donc pas à jouer le dernier acte de son existence. Le guerrier était patriote, entendant honorer ses premiers vœux réalisés en tant que shinobi de ce village caché.

« Transmettre ta volonté de protéger à la pérennité,
Est tout à votre honneur,
Peut-être les évènements à venir,
À la fois sombres et proches,
Te donneront l'opportunité d'atteindre tes objectifs personnels- »
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Mar 2 Jan 2018 - 12:16
Il entendait cet autre, cet inconnu dont le nom ne viendrait jamais dans la conversation. Pourtant, l’aveugle ne s’y intéressait pas. Alors qu’il se trouvait face à l’Académie, celui qui ne pouvait plus voir, qui vivait de cette obscurité constante appréciait aussi cette discussion. Aussi étonnante pouvait-elle être, il reprit lentement le calme, se modérant autant que nécessaire. Car ni lui, ni l’autre, étaient là pour s’affronter autrement que sur une divergence d’opinions sur les questions de la guerre, de la paix et des ambitions. Ainsi, tandis qu’il remettait en place quelques mèches envolées, il hocha de la tête pour lui-même autant que pour l’autre.

_ J’imagine que s’achève là notre conversation, l’Inconnu. Il est vrai que ma quête m’est personnelle. Peut-être qu’un jour, au sein de la Paix, je trouverai finalement de quoi me reposer autrement que par ces instincts guerriers qui m’invitent tant à la Guerre. »

Poussant un soupir, laissant sa canne retrouver la poussière d’Iwa, il se détournait déjà de son interlocuteur. Levant une nouvelle fois la tête vers ces cieux inconnus et pourtant si étoilés dans ses souvenirs, le Yuki laissa entendre encore quelques paroles à l’unique adresse de cet Iwajin.

_ J’espère que tu trouveras les mots et les expériences nécessaires à ta propre quête, l’Iwajin. Un ami Samouraï m’a appris que les chemins du Destin sont inconnus autant que tortueux. »

Hochant encore de la tête, il reprit encore quelques mots pour l’autre.

_ La guerre approche. J’aurais aimé la paix mais il semblerait que nous sommes voués à nous battre. J’espère te retrouver lorsque celle-ci sera achevée. »
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Mar 2 Jan 2018 - 17:21
Le retentissement de la canne du guerrier –dont le véritable usage demeurait à ce jour mystérieux- emplit l’atmosphère où seul le silence régnait en maître jusqu’alors. Etait-ce la voie réservée aux êtres qui vouaient leur vie à la guerre ? La voie, ou le châtiment sur terre. Une vie entière, gâchée, à verser le lourd tribut du sang, car le quotidien hors du combat et du danger semblait si fade, si monotone, ne répondant guère à cet insatiable besoin. Trouvera-t-il véritablement la paix loin de ce qui avait fait tant de fois –trop de fois- battre son cœur de guerrier ? Cela semblait trop beau, même du point de vue d’un Genin inexpérimenté. Il lui laissa quelques mots avant de partir, quelques conseils avisés, qui valaient autant à celui qui les recevait qu’à celui qui les prodiguait. Décidément, cette discussion était une invitation à réfléchir d’avantage sur soi et en profondeur.

Il leva les yeux vers ces cieux obscurs qui se taisaient lorsqu’il vit son interlocuteur le faire, se questionnant quelque peu sur ce qu’il pouvait bien le préoccuper au fond. La guerre était en approche, ne manqua-t-il pas de préciser. En effet, tous les pronostics visaient à le démontrer, l’opinion publique, plus inquiète que jamais quant à l’avenir de son peuple vivant dans les roches. Une énième réflexion. Enkeï, les bras le long du tronc, taciturne, demeura statique, entendant bien achever cette quête nocturne, ici et au cours de cette nuit. Il voulut se présenter à lui, mais ses lèvres refusèrent de se mouvoir, comme scellées par un sentiment plus fort encore que celui qui le poussait à le faire. Il voulut intérieurement le retrouver, dans d’autres circonstances que celles-ci, et se présenter à lui après s’être illustré dans cette guerre, si elle devait arriver, qui allait certainement les unir.
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L'Aube et le Crépuscule d'un Jour | Pv. Sosaku-Ō Enkeï

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