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Un saké pour l'avenir ft. Icy blinded


Dim 31 Déc 2017 - 2:39
Il était tard. Le vent soufflait les dernières feuilles d’automne, mais le cœur commerçant ne désemplissait pas. Malgré les stigmates de la guerre qui demeuraient à l’une des portes du village de la roche, le commerce avait repris comme si jamais l’attaque surprise n’avait eu lieu. Ou presque. Les gardes et les escortes étaient plus nombreux encore. Une certaine tension invisible s’était invitée. Et c’était bien normal. Personne ne voyait la lointaine et brumeuse nation insulaire de la même manière. Pourtant, les affaires devaient tourner. Que ce soit pour le pays de la terre, de la foudre, du feu ou du fer, il y avait un important commerce qui faisait fonctionner l’économie des différents pays.

Malgré les conflits, malgré les oppositions idéologiques, une langue commune unissait les différents commerçants du monde. Celle des affaires et de l’argent. Malgré son hospitalisation, Watari n’avait pas perdu de temps dans les siennes, d’affaire. Et il était presque certain d’avoir entendu parler d’un domaine Yuki et de l’installation officielle de ceux-ci, ici à Iwa. S’il n’avait pas encore de lieu pour recevoir personnellement son frère d’arme, son ami de toujours et ce, bon gré mal gré les événements, Watari jugeait opportun de l’inviter dans l’un des plus beaux restaurant d’Iwa pour déguster le saké de l’amitié, de l’honneur et de l’avenir.

C’est là, qu’assis face à une petite table, qu’il regardait la nuit continuer de se vivre, en attendant son ami. Il avait des projets à confier, des stratégies à confier et un avenir à construire…
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Dim 31 Déc 2017 - 14:05
A plusieurs reprises, l’aveugle avait demandé son chemin. Car il ne voyait rien et ne connaissait pas non plus ce Village, il s’était perdu à plusieurs reprises, jusqu’à, finalement, trouver une âme capable de le conduire jusqu’au fameux établissement. Car en cette soirée automnale, après les derniers événements qui avaient bousculé de nombreuses vies, il était peut-être temps pour les deux hommes de revenir sur cette année 201 qui avaient vu tant de bouleversements. Il était ainsi temps pour les deux hommes, aussi, de se parler de cet avenir qui s’approchait grandement sous la forme de l’Hiver 202. Au Crépuscule de cette année, à l’aube d’une nouvelle année, les deux hommes se retrouvaient finalement pour faire, finalement, le point sur les chamboulements de ces vies qui ne seraient plus jamais les mêmes. Ni pour le Samouraï, ni pour l’Aveugle, ni pour quiconque qui les entourait. C’est ainsi que, entrant au sein du prestigieux édifice où mille odeurs enivraient les sens éveillés de celui qui en avait perdu un, l’Aveugle se fit conduire vers son plus proche ami.

C’est ainsi que, tâtant sa chaise qu’il tira bientôt, il vint s’asseoir face à son ami, se dégarnissant de son traditionnel manteau aux nouvelles couleurs des Yuki d’Iwa, celui qui patientait en silence qu’un serveur apporte les coupes et autres boissons rafraichissantes, l’Aveugle prit finalement la parole pour tous les deux. Car ils semblaient souvent incapables de réellement engager la parole l’un avec l’autre, il s’adossa, s’enfonçant mieux dans sa chaise pour finalement commencer cette conversation autour d’un Saké et de cet Avenir.

_ 201 n’aura pas été une année facile pour nous, mon ami. Qui aurait cru que, lorsque je te retrouvais au sein de ces poisseux marais, encore borgne, nous terminerions celle-ci loin de Mizu no Kuni tandis que je serais aveugle. Sans parler de tous ces autres événements qui nous ont tous bouleversé. »

La mort du Tsuchikage, en premier lieu, avait grandement affecté son ami. Mais tant d’autres événements avaient révélé de terribles enjeux au sein de ce monde qui, dorénavant, ne serait plus jamais le même. C’est ainsi que, finalement, reprenant son propre monologue, attrapant sa coupe remplie du liquide salvateur, il le leva face à lui pour saluer son partenaire d’une vie.

_ Espérons que 202 sera une nouvelle année sous de meilleurs auspices. »

Et, prenant une gorgée entière du Saké, il le posa dans un soupir d’aise. Laissant sa tête aller doucement en arrière, tandis que ses longs cheveux bruns étaient attachés d’une queue soignée, il reprit quelques instants plus tard, se redressant et mettant ses deux avant-bras sur la table, il prit, une dernière fois la parole.

_ Malgré les récents événements et la guerre à venir, il paraît que tu n’es pas resté sans rien faire. Quels sont tes plans d'avenir, Watari ? »
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Mar 2 Jan 2018 - 2:16
Mais n’est-ce pas là tout l’intérêt de notre destin, de nous laisser surprendre par l’endroit où notre karma nous emmène ? Il leva sa coupe de saké et but en même temps que son ami lampa lui-même le contenu de la sienne. S’il était vrai que de nombreux et funestes événements s’étaient produits ; la mort de Chôgen et la trahison de Tsukiyomi en tête, pour Watari, l’année 201 était loin d’être totalement mauvaise. Certes, Shitô et l’attaque récente d’Iwa par Kiri et du Soshikidan sur le sommet des Kages étaient de terribles événements… Mais on pouvait aussi rétorquer qu’ils avaient su se rencontrer les uns les autres. Qu’ils avaient su s’entre-aider pour survivre à Kiri. Ils s’étaient rencontrés et avaient su s’apaiser les uns les autres. Se tirer des complots brumeux et aqueux. Ils avaient su mutuellement s’entraîner vers une route du succès.

Sans Kiri, sans Eiichiro et sans le Soshikidan, ils ne seraient probablement jamais tous devenus si forts. Ils ne se seraient probablement pas tous adressés la parole. Watari serait encore en train d’enseigner aux miséreux de Kiri, Eiichiro serait enfermé dans son domaine à porter une casquette de chef qu’il ne désirait pas réellement, Ayuka coulerait des jours ennuyeux. Eirin serait coincé dans un village morne et pauvre. Les trois cousins continueraient de se répandre dans leurs vices. Tant de choses ne se seraient probablement pas produite. Pour le meilleur ou pour le pire, cette année à amener de grands changements dans nos vies. Mais si tel est la volonté des Kami et des Hotoke… Alors, tout lui convenait, malgré les douleurs et la perte.

Respectons-les, mais ne comptons pas sur eux. Faisons de l’année 202, une année où la paix triomphera sur les bellicistes. C’était là le plus fort et intime vœu qu’il espérait au fond de lui-même. Comme tu l’as dit, je ne suis pas resté inactif. J’ai fait la rencontre de l’émissaire de Kumo. Comme tu le sais, ton clan et… De facto, celui que je dirige de manière déléguée pour mon aïeul… N’avons pas de présence ici à Iwa. Pas encore en tout cas. J’ai entendu les rumeurs comme quoi vous construiriez un domaine sous peu. Je suis heureux d’apprendre que le Tsuchikage vous reconnaît bientôt comme un clan officiel d’Iwa. Lui dit-il en souriant, avant de remettre un peu de saké et se resservir, lui aussi. L’émissaire de Kumo est d’accord pour me prêter main forte dans la construction d’un grand temple pour les samouraïs. Ce serait un moyen rendre hommage à nos divinités, à Chôgen et ses frères, à mon pays d’origine… En y mêlant Kumo, je compte aider le village à obtenir une alliance avec mon pays d’origine et le village des nuages.

Savant et audacieux coup politique qu’il préparait là. Un symbole pour unir à la fois les samouraïs et les ninjas derrière des valeurs et une cause commune. L’harmonie, la paix, le respect. Il espérait avoir plus de réussite que feu Yuki Sôsuke qui n’avait pas su unifier trois des clans de Kiri derrière lui. Il faut dire que l’enjeu ici était un peu plus large. Un brin plus grand même. Ironiquement, Watari, derrière l’installation des Hoshino et le renforcement de la position des Nagamasa, tentait après tout de réunir trois contrées dans une même direction. Qu’en penses-tu ? Si ce projet est un succès… J’ai l’espoir que nous pourrions rétablir plus facilement la paix dans le continent. En tout cas, si nous voulons la sécurité d’Iwa, il va nous falloir nous trouver des alliés et forger de solides liens d’amitiés avec eux.
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Mar 2 Jan 2018 - 13:27
Il souriait. Dans cet établissement aux allures bien différentes des derniers entraînements et rencontres diverses, les deux évoquaient le passé et comment ce dernier viendrait à construire cet avenir pour lequel chacun se battait à sa façon. Encore à cet instant, l’aveugle comprenait combien le samouraï était bel et bien un homme plus impliqué qu’il ne le serait jamais. Si Sôsuke n’avait pas su unir trois Clans autour d’une même ambition, déchirant finalement son propre Clan dans une scission qui se jouait sur un échiquier devenu mondial, l’Hoshino jouait un jeu qui dépassait davantage le Yuki. En effet, celui qui maîtrisait les épées comptait unir non pas trois Clans mais bel et bien trois Nations. Non seulement il comptait unir son pays de cœur, celui de Tsuchi no Kuni, autant que sa terre natale, Tetsu no Kuni, et celui de la raison, Kaminari no Kuni. Projet d’une ambition non-cachée, l’aveugle hochait légèrement de la tête lorsque, la coupe posée sur la table, il prit finalement la parole.

_ Tu t’impliques dans une politique qui me dépasse et m’effraie toujours, mon ami. Je suis heureux d’observer ton engagement au nom d’Iwagakure. »

Puis tâtonnant de son autre main à la recherche du divin pichet, il prit une inspiration avant de reprendre la discussion là où elle en était. Car ils parlaient de cet avenir qu’ils ne connaissaient pas, de ce conflit qui se jouait, comme le faisait si bien Watari, sur l’échiquier mondial. Posant une main sur le pichet, il continuait de sourire doucement, de cette tristesse infinie qui l’habitait constamment, comme si le poids des responsabilités assumées conduisait à ce nouvel état. Plein d’une résolution renouvelée. Mais d’une tristesse de devoir agir au nom de cette Paix. Pour assurer un avenir heureux à chacun.

_ Je ne doute pas un seul instant que tu trouveras les nécessaires amis dont tu auras besoin. Sache que tu pourras toujours compter sur mon amitié. »

Et de sourire un peu plus. Les deux hommes étaient bien différents. Car si le Samouraï était celui capable de parler des affaires politiques, le Maître des Glaces était avant tout un guerrier. Combattant dans l’âme, il se montrait bien plus doué dans l’action que dans les palabres. C’est ainsi que celui qui se faisait maintenant le Démon des Glaces connaissait son propre rôle au sein de l’échiquier international sur lequel ils jouaient dorénavant tous. C’est ainsi que, pour lui, l’aveugle se rappelait encore que, quelques mois auparavant, les Villages se connaissaient à peine. Qu’à Shîto avait eu lieu la toute première rencontre entre les différentes Cités. Aujourd’hui, le bouleversement était entier. L’univers minuscule de Kiri était maintenant l’espace gigantesque qui se jouait sur le plateau du Yuukan. Car ce n’était pas juste Mizu no Kuni ou Tsuchi no Kuni. C’était aussi Tetsu no Kuni, Kaminari no Kuni et même Hi no Kuni. L’échelle était bel et bien différente.

_ Ayuka fait un excellent travail, je dois bien le dire. Grâce à son implication, nous retrouvons une place au sein des instances. Elle est faite de ta trempe, Hoshino. J’imagine qu’en cette nouvelle année qui approche, j’aurai à lui confier de plus en plus de responsabilités au nom de mon Clan. J’espère qu’elle comprendra mon désir de lui laisser une place qui n’a jamais été faite pour moi. »

Et finalement, d’ajouter quelques derniers mots avant de se resservir une coupe de Saké.

_ Je crois le monde bien plus sûr lorsque vous y travaillez. Je reste un Homme de la Guerre, vous êtes de la Paix. »
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Mar 2 Jan 2018 - 19:11
Détrompes-toi. Je ne fais pas ça simplement pour Iwa. Je fais ça pour la mémoire de Chôgen, qui voulait la paix pour tous. Je fais ça pour le serment que m’ont transmis mes ancêtres. Même si Kiri et le pays de l’eau sont nos adversaires, je souhaite aussi y rétablir la paix, là-bas. C’est peut-être pour ça que Watari demeurait inflexible. Il ne se sentait pas responsable du monde en tant qu’individu, mais pour autant, son serment faisait de lui quelqu’un qui se devait être l’artisan d’une harmonie qui les dépassait tous. Si Eiichiro avait peur du poids du monde, Watari lui semblait totalement l’ignorer. Ou plutôt… Si tu avais la possibilité de changer le futur en quelque chose de meilleur, malgré la peur du poids de responsabilités et l’échec, ne tenterais-tu pas quand même ? Watari était encore assez jeune et fringant, de ce point de vue-là. Il n’avait pas subi trop d’échec d’envergure et jouissait d’une discrétion qui pouvait parfois être vexante, mais qui avait ses intérêts.

Bizarrement, c’était peut-être son statut de déshérité qui lui donnait l’envie de demeurer dans l’ombre du monde, sans pour autant toutefois se désintéresser du sort de celui-ci. Cela étant… Il n’est pas dit que je parvienne à unir quoi que ce soit, mon ami. Ou qu’il survive même au futur qu’il essayait de créer. Après tout, Chôgen était mort, alors que celui-ci était par bien des aspects, plus fort que lui. Fallait-il espérer un meilleur avenir pour lui ? Et plus encore, il avait déjà à ramener la paix. J’ai tenté de former Shiori aux valeurs de mon peuple. J’ai échoué. J’ai tenté de faire entendre raison à Sôsuke. De la même manière, j’ai échoué. Le nombre de mes échecs pour amener la paix à Kiri est assez élevé, en réalité. Je n’ai pas tant que ça d’amis, au final. Surtout là-bas, désormais. Je me demande seulement s’ils se souviennent de moi pour être franc. Il ne pouvait le voir sourire tristement de ce qu’il vivait comme un échec personnel. Mais si j’ai déjà pu t’amener sur une voie plus douce que celle dans laquelle tu te trouvais, l’échec de ma présence à Kiri n’es pas total.

Au moins avait-il su diviser le clan Yuki entre un traditionalisme froid qui était instrumentalisé par l’autorité du village et une nouvelle philosophie de vie. S’il avait séparé une famille, il espérait l’avoir fait pour les raisons les plus justes. J’ai foi aussi en Ayuka. Un jour, tu verras, elle nous dépassera tous les deux. J’en ai le sentiment. Son cœur est pur et son âme est juste. Elle ne connaît pas les vices du monde qui sont les nôtres. Hormis peut-être la nourriture, mais c’est un vice encore acceptable, dans les proportions où elle l’entretient. Il se mit à rire de bon cœur en avalant le contenu de sa coupe. Un homme de paix, hein ? Peu de gens le savent, mais j’ai plus de sang sur les mains que de nombreuses personnes ici. Peut-être moins que toi… Mais si mon cœur est celui de la paix, ma lame est une arme pour tuer. Et c’est bien parce que mon ancêtre fondateur était un maître dans l’art de trancher, que mon peuple a si durement réfléchi sur le moment et la manière de sortir sa lame. Tuer quelqu’un peut sauver. Mais lorsque nous tuons et faisons souffrir, nous alimentons le cycle de la haine et de souffrance dans lequel les Kami nous ont enfermés. Et celui qui veut totalement s’en détacher doit à la fois atteindre l’illumination et se libérer des chaînes du karma. Peut-être était-ce une légende, peut-être n’en était-ce pas une. Cela dit, Watari avait vu le cycle de la haine être alimenté avec force dans le village de la brume. Je crois être bientôt en mesure d’apprendre l’ultime art de l’épéisme des Hoshino. J’espère que je saurais m’en servir pour la paix et que je ne me laisserais pas dépasser par sa puissance…

Le style du maître des hauts cieux étoilés. Un nom poétique pour un style qualifié de Satsujinken, un style vieux de l’époque où Tetsu no Kuni était un pays divisé par des rivalités intenses. Le style originaire du clan Hoshino. L’art de trancher avec le moins de mouvement possible. Voilà ce qu’il allait apprendre, sous peu, dans l’espoir d’être le plus efficace à la guerre.
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Dim 7 Jan 2018 - 14:14
Poussant un léger soupir, celui qui se tenait face à son ami laissa finalement sa tête tomber en arrière sous les réflexions qui le tourmentaient encore à ces instants. Ils étaient bel et bien deux hommes si différents. Il était encore étrange qu’ils aient su se trouver malgré les événements qui avaient pu les séparer. Peut-être même que le Samouraï aurait pu tenir pour responsable le Yuki, face à son obstination contre les pouvoirs qu’il jugeait à l’encontre de la hiérarchie militaire. Peut-être qu’il aurait même pu le blâmer de la mort de Chôgen, ce cousin disparu qui semblait tant l’affecter depuis sa mort. Souriant tristement, c’est ainsi que Eiichiro soupira légèrement après avoir pris une longue inspiration. C’est ainsi que, cherchant sa coupe, il reprit finalement la parole.

_ J’imagine que nous ferons le nécessaire pour des jours meilleurs, mon ami. Mais contrairement à toi, je suis un homme qui vit d’actions davantage que des paroles. »

C’est ainsi que, prenant la coupe entre ses doigts bandés, il finit par continuer tranquillement de lui parler, évoquant ses propres ambitions, mais surtout son désir de ce conflit qui, lentement, rongeait son esprit.

_ Je déteste l’impatience de ce conflit. Kiri est au loin, nous narguant après cette invasion. Peut-être qu’ils ne nous ont pas attrapés pour cette fois, mais je ne compte pas attendre la prochaine offensive. »

Poussant un soupir, il souriait malgré tout face à l’étrange situation qui s’ouvrait pour la nouvelle année. Soufflant légèrement, il haussa finalement les épaules pour continuer, ouvrant finalement ses paumes sur la table qui se tenait devant lui.

_ Peut-être suis-je fait pour tâcher mes mains de sang. Peut-être plus comme auparavant, aussi cruellement que je le faisais mais … »

Il songeait à ses propres mots.

_ … Mais, j’imagine que j’attends cette guerre. Les combats me manquent. Depuis la fin de la Répression, j’ai l’impression de dormir, d’être comme ces cadavres qui ont jonché les plaines de l’Archipel. Je m’ennuie au point d’en mourir parfois. »

C’est ainsi qu’il continua encore, évoquant cette fois-ci ce qui se passait depuis son arrivée et leur installation définitive à Iwa.

_ Et je ressens ce même ennui depuis que nous sommes là. Lorsque nous étions sur les routes de notre Exil, je me sentais vivant, le danger nous poursuivant aux trousses. Derrière les Remparts de la Roche, face à cette sécurité et ce déploiement militaire, je me sens ... Mort … »

Puis souriant finalement pour lui-même, attrapant finalement sa coupe et la conduisant jusqu’à ses lèvres, il termina finalement.

_ Tandis que tu penses atteindre l’art suprême de tes ancêtres, il me semble que je ne cesse de m’amortir de plus en plus. L’inaction me rend faible. »
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Jeu 11 Jan 2018 - 23:31
… Des actions, hein… Il était vrai qu’il ne prenait pas beaucoup le temps d’agir. Il faut dire que son éducation ne l’aidait pas réellement à être quelqu’un dans l’action. Les circonstances non plus. Tu marques un point. Je n’ai pas beaucoup agi. J’étais dans ton ombre, à Kiri. L’ombre des fondateurs. Et je le regrette aujourd’hui. Il n’avait pas eu la force d’empêcher cette guerre et ces complots qui parasitaient Kiri. Et pourtant… Je n’ai pas été le seul, cela dit, à n’avoir pas pu agir. Il ne comptait pas en dire plus. La conscience d’Eiichiro suffirait. Je compte agir à l’avenir, ne t’inquiète pas. Il y a des gens qui doivent payer.

Son regard se fit plus tranchant à ces mots. Yamamoto et Ao, deux traîtres, deux usurpateurs. Deux personnes qui devraient payer pour leurs actes. Je compte bien devenir le meilleur de tous les samouraïs du continent. De sorte que plus jamais, quiconque n’ose tuer un innocent sous mes yeux, que ce soit pour ses intérêts ou pour toute autre futile raison. Une sourde et froide colère, une tension contenue, maîtrisée, accepté. Quelque chose que Watari, jamais par le passé, n’avait accepté de montrer. Avec ou sans aide, je rétablirais la paix. Et il serait assez fort pour se battre à cette fin si nécessaire. Je dépasserais ta force, Eiichiro. Il acquiesça doucement avant de rajouter : Et je ne compte pas attendre non plus. J’ai besoin de toi. Je ne suis pas un ninja. Il prit une petite gorgée de saké avant de rajouter : Pour la guerre qui s’annonce à l’avenir, il nous faut quelqu’un pour espionner le soshikidan : le pays du feu se dresse entre nous et Kiri. Eiichiro se sentait mort par l’inaction ? Il allait donc lui offrir de quoi revigorer son âme.

Qu’en dis-tu ? Soit notre homme de l’ombre, je m’occuperais d’allumer les lumières de la paix sur le continent. S’il était d’accord, il proposerait ce plan au dirigeant du village.
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