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L'attraction du savoir (ft. Meikyû Raizen)


Dim 31 Déc 2017 - 17:46
Zzzzz

Une mouche virevolte devant moi, impavide et insouciante. Elle effectue une danse grâcieuse dénuée de toute logique. De l’avant vers l’arrière, de la gauche vers la droite, elle forme de grandes boucles d’une manière totalement imprévisible. À la regarder, on pourrait croire qu’elle a plongé sa trompe dans un verre de saké de trop. Malgré tout, je ressens une sorte de fascination, voire de jalousie, à l’égard de ce petit insecte. Libre comme l’air, il peut faire ce que bon lui semble. Il n’éprouve rien, ne subit aucune pression sociale et passe le plus clair de son temps à se repaître de la nourriture d’autrui. Si cela n’est pas vivre sa vie sans aucun souci, alors j’ai encore beaucoup de choses à apprendre. Son ballet s’achève finalement par un atterissage sur ma main — un amainrissage ? — que j’avais laissé traîner sur le comptoir. Je peux sentir très légèrement ses fines pattes tapoter mon épiderme. Curieux, je rapproche doucement ma main de mon visage ; mon dernier souhait est de l’effrayer. Une fois mon objectif atteint, je l’observe attentivement. De si près, il m’est possible de distinguer ses énormes yeux composés. Je me demande comment elle me perçoit ? Elle se met soudainement à frotter ses pattes les unes contre les autres, comme si elle préparait un plan machiavélique. De par mes souvenirs de lecture sur le sujet, je devine plutôt qu’elle se nettoie les pattes afin de mieux ressentir ce qu’elle touche, à savoir ma peau. Après quelques secondes, elle se rend compte qu’il n’y a rien d’intéressant à aspirer ici et s’envole. Elle recommence sa chorégraphie aérienne, suite à quoi elle s’échappe par l’entrée de la librairie.

Le fait que cette minute à contempler cette mouche fut la plus intéressante de cette journée me désespère un peu. Je replace ma main sur le comptoir et commence automatiquement à tapoter des doigts le bois assez abîmé qui le compose. Être de remplacement à la librairie de mes parents, ce n’est vraiment pas la joie. Pourtant, j’adore les livres, trop diront certains. Ce n’est pas tant l’environnement qui me gêne, mais davantage le manque d’activité. Je ne sais pas d’où est venue l’idée à mon père de se lancer en concurrence avec les Suzuri. Tout le monde sait que ce clan est le plus à même de gérer les ouvrages et les archives historiques ; la preuve en est avec la Grande Bibliothèque de Kumo. Sans doute est-ce l’ambition et la gloire qui l’ont poussé à se lancer dans cette entreprise. Eh bien, c’est raté. Il n’y a pas un chat ici. Pour tout dire, il n’y en a pas eu de toute la matinée. Quiconque rentrerait ici réaliserait rapidement l’atonie de ce commerce. Il n’y a qu’à jeter un coup d’œil à la quantité de poussière qui surplomb chaque couverture de livre pour s’en rendre compte. Je dirais bien que les gens fuient notre librairie comme la peste, mais je ne pense même pas que la moitié des habitants du village soit au courant qu’elle existe. Le seul avantage que l’on a ici, pour ainsi dire, c’est que nous avons l’exclusivité sur certains ouvrages qui sont souvent rares — dans le sens où personne ne les recherche vraiment.

Présageant que l’ennui risque de m’assoupir à tout moment, je place ma main dans la poche de ma veste où j’attrape une sucette dont je m’empresse d’enlever la protection pour la prendre en bouche. Le goût sucré me remet d’aplomb instantanément et me redonne la joie de vivre qu’il me manquait jusque-là. Malheureusement, l'effet s'estompe plus rapidement que prévu. Ne souhaitant pas m'endormir debout et tomber sur place, je décide de placer mon coude sur le comptoir pour permettre à ma main de servir de repose-tête. Ma joue rentre en contact avec ce "coussin" improvisé tandis que je ferme lentement les yeux. Après quelques secondes de silence, j'entends des bruits de pas. Un client ? Probablement pas. Lorsque de rares personnes s'aventurent ici, c'est souvent par erreur plutôt que par choix. Malgré tout, j'ai promis à mes parents de tenir la boutique comme il se doit le temps de leur escapade en amoureux. Je prends donc une inspiration avant d'accueillir le nouvel arrivant en bonne et due forme, plus ou moins.

- Bienvenue..., dis-je d'un air nonchalant, la sucette toujours en bouche et les yeux encore fermés.
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Mar 2 Jan 2018 - 18:16
Depuis quelque temps, Raizen était en quête de réponses. Son esprit était encombré par de nombreuses pensées. Généralement de nature pensive, l’assaut de questions qui lui traversaient la tête sortait de l’ordinaire. Bien que la moyenne de ses réflexions dépassait de loin le nombre de réflexions moyen qu’un individu lambda avait dans une journée, il dépassait un peu les bornes. La situation était si grave que la nuit, certains citoyens préféraient prendre un autre chemin pour éviter de passer à côté de lui. Lorsqu’il entrait dans son monde, il avait cette aura légèrement lugubre et pensive qui rendait les gens inconfortables. Pour les moins préparés, cette aura pouvait même sembler hostile, surtout que Raizen n’était pas du genre à se déplacer pour éviter de bousculer quelqu’un qui marchait dans son chemin, pas dans cette condition hypnotique. Chanceux comme il était, personne n’osa lui poser de problème. De toute manière, nul n’était assez fou pour s’en prendre à un homme aux cernes aussi prononcées. À force de ne pas dormir, le rat de bibliothèque arborait une mine des plus effrayantes. 

Tandis qu’il marchait dans une direction qui lui était inconnue, il s’arrêta brusquement. On aurait dit un robot en mode pilotage automatique. Mécaniquement, il tourna la tête vers la gauche et constata un endroit qu’il n’avait jamais visité auparavant. Si espérait que ce soit son appartement pour y faire une sieste, ceux-ci risquaient d’être déçus. Devant lui se trouvait la librairie des Yamanakas, lieu qu’il n’avait toujours pas visité. Les Suzuris possédaient presque tout le monopole de ce marché et donnaient accès à une variété de livres intéressants. Toutefois, il était toujours pertinent de visiter les petits libraires. Dans ce genre d’endroit, il était possible d’y faire des découvertes surprenantes. Qui sait il n’avait rien à faire, mais surtout rien à perdre mis à part plusieurs heures de sommeil.

Se convaincant qu’il n’allait pas exagérer et y passer toute la journée, il pénétra dans la boutique familiale. À première vue, la libraire était anormalement petite. Toutefois, la superficie n’était pas un gage absolu de qualité. Il pensait tout le contraire. Qui sait, peut-être allait-il trouver des livres exclusifs. 

-Bonjour…

Mis à part la dimension de la libraire, l’accueil qu’il reçut était aussi hors-norme. Voir une personne aussi jeune travailler dans une libraire était pour le moins inaccoutumé Pour quelqu’un d’aussi jeune, il était clair qu’il devait s’ennuyait. Rien que le timbre dans sa voix et ses traits non verbaux le trahissaient. 

- Est-ce que je pourrais voir le responsable de la librairie ? Je cherche des livres sur les sceaux que la Grande Bibliothèque n’a pas.

Raizen n’avait pas de temps à perdre avec un employé qui était présent en corps, mais pas en esprit. Cette attitude nonchalante était tout sauf ce avec quoi il avait envie d’interagir pour le moment. 
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Mer 3 Jan 2018 - 19:50
Je continue d’apprécier ma sucette, convaincu que le soi-disant client repartira aussi vite qu’il est arrivé. Mais, étrangement, je continue d’entendre ses pas sur le plancher qui tapisse le sol de notre librairie. Les craquements du bois sous ses pieds se font de plus en plus forts, signe qu’il se rapproche. Pénétrer l’enceinte de cette librairie serait donc un choix de sa part ? Un choix volontaire ? Intéressant. Il est peut-être temps que je jette un coup d’œil à ce client, ce que je fais tout en tournoyant ma langue sur la sucrerie qui se rapetisse lentement dans ma bouche. Je lève donc les yeux et commence à étudier le nouvel arrivant. Il est clair qu’il s’agit là d’un beau spécimen, dans tous les sens du terme. Néanmoins, une chose qui me saute tout de suite aux yeux est la quantité de tatouages qui ornent son corps. Mon expérience de la vie est peut-être médiocre pour certains, mais ce que j’ai appris dans les livres m’en disent déjà beaucoup sur cet homme.

*Un Meikyû, hein ? C’est mon jour de chance !*

Je m’intéresse de près et de loin à de nombreux sujets, c’est pour cette raison que je connais sur le bout des doigts tous les clans qui ont pu être documentés à ce jour. Les Meikyû, cela dit, c’est plus qu’un intérêt lambda à mes yeux. Leurs origines et leurs capacités représentent tous deux des sujets sur lesquels je souhaiterais approfondir mes connaissances. Après tout, j’ai moi-même appris à maitriser les sceaux de manière autodidacte. En discuter plus profondément avec un membre d’un clan spécialisé dans ce domaine, c’est une opportunité en or. Ni une, ni deux, je me remets droit, dépoussière un peu ma veste et fait le tour du comptoir pour m’avancer vers le client. En me rapprochant, je me rends compte des énormes cernes qui habillent lourdement ses yeux. Quelqu’un semble être en sérieux manque de sommeil.

*Ça me rappelle quelqu’un…*

Avant que je ne puisse lui poser mes quelques dizaines de questions vis-à-vis des sceaux qu’il porte sur son corps, celui-ci me demande si le propriétaire est dans les parages. Sans doute est-il décontenancé par mon jeune âge et pense que je ne puis être d’aucune aide pour lui ? Ce ne serait pas le premier à me sous-estimer intellectuellement. La plupart des gens pensent que seuls les Nara et les Suzuri sont cultivés. Si seulement ils savaient que l’appartenance à un clan ne fait pas tout. Dans ce cas, autant travailler dans la beauté. Après tout, beaucoup supposent que les Yamanaka ne s’intéressent qu’à leur apparence. Certes, il y a du vrai, mais cela est un point de vue bien unilatéral et réducteur que j’abhorre. Bref. Je repense au reste de la question de l’homme tatoué. Des livres sur les sceaux que la plus grande bibliothèque n’abrite pas ? Il y a bien quelques ouvrages ici qui ne sont pas présents là-bas, mais au point de l’intéresser lui ? Cela dépend de son objectif.

- Nous avons bien cela, répondis-je d’un ton confiant en ignorant sa première demande. Croyez-moi, je sais bien à quel point on peut vite avoir fait le tour des livres lorsqu’un sujet nous intéresse… ! Ça me rappelle quand j’ai dévoré « Origines des sceaux » et « Les secrets du Fûinjutsu » à la Grande Bibliothèque, j’avais juste envie d’en savoir encore plus ! continue-je avec excitation.

S’il y a bien un sujet sur lequel il ne faut pas me lancer, c’est bien les livres. Je pourrais raconter en détail la moindre découverte que j’ai pu faire au cours de mes nombreuses lectures. Il a bien dû remarquer cela de par mon enthousiasme manifeste lorsque j’ai commencé à discutailler. Ayant déjà dû faire face à nombre de regards déconcertés de la part des personnes m’ayant rencontré jusqu’à maintenant, je n’y fais même plus attention. L’avis des autres est bien le cadet de mes soucis. Sur ce, je ne laisse place à aucun temps de répit à mon invité et poursuit ma parenthèse plus que digressive.

- D’ailleurs, qui aurait crû que cet art pouvait être utilisé de tant de manières différentes ? Les possibilités sont tout simplement infinies, dis-je avec admiration et mon air rêveur habituel tout en cherchant un peu les étagères remplies de livres. Pour tout dire, cela ne m’étonnerait pas que des peuples, adultes comme enfants, aient été massacrés violemment, voire brûlés vifs, pour que leurs connaissances en Fûinjutsu ne prennent trop d’importance, poursuis-je toujours aussi inspiré et passionné malgré les propos macabres que je viens de tenir. Quelque chose de similaire s’est-il déroulé avec les Meikyû ?

Cette dernière question était bien évidemment directement dirigée à mon interlocuteur. Pour cette raison, je n’ai pas ressenti le besoin de me tourner vers lui pour qu’il comprenne cela, ou bien même de demander confirmation quant à son appartenance à ce clan. À la place, je poursuis juste ma recherche à travers les œuvres qui habitent notre bibliothèque plus que modeste. Curieux de quelle pourrait être sa réaction à cette question, ainsi que sa réponse, je ne peux m’empêcher de mettre une pause à ma recherche et à le regarder. Cela ne m’étonnerait guère qu’il s’agisse d’un être fort intimidant habituellement. Néanmoins, la fatigue ne lui réussit pas, non pas que j’aurais été gêné par un autre regard dur. Mais, rapidement, mon regard se sépare du sien pour se poser sur les différents sceaux apposés sur son corps. Ils m’intéressent clairement plus que la personne elle-même. Quelle histoire et quel horrible passé se cachent derrière ces tatouages ? Qui est mort pour lui permettre de perpétuer le clan ? Tant de questions à lui poser. Encore faudrait-il qu’il accepte de répondre à la première. Une chose à la fois…
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Jeu 4 Jan 2018 - 5:11


S’il y avait bien une chose plus forte que la fatigue, c’était bien l’instinct de survie. Cet aspect inné de chaque vivant se manifestait pour diverses causes. Par moment, il s’agissait d’un danger et à d’autres moments d’une constatation difficile. Là où se rejoignaient les nombreuses causes était la création de sentiments. Principalement péjoratif, l’instinct de survie se manifestait lors qu’une personne était menacée intellectuellement ou physiquement. Dans son cas, Raizen était sujet à une attaque intellectuelle. Comme si la situation ne pouvait être pire, la fatigue jouait en sa défaveur. Dans ces conditions, un compliment pouvait rapidement devenir une insulte et un geste amical, un cadeau empoisonné. 

L’effet de surprise était un autre facteur dangereux. Si aux premiers abords, le blondinet semblait être un inculte qui subissait le fardeau de travailleur, celui-ci était plutôt très cultivé. L’intelligence n’était pas une qualité, mais bien une capacité qui avait deux tranchants. Entre les mains de différentes personnes, elles pouvaient être utilisées de manière positive ou négative. Probablement trop jeune pour capter l’étendue des paroles qu’il venait de prononcer avec insouciance, le bibliothécaire venait de commettre une erreur.

-D’autres ont été brûlés pour avoir été trop curieux. Parfois poser les bonnes questions aux mauvaises personnes peut être plus dangereux qu’on le présume.

Ne bougeant pas, la combinaison entre ses paroles et son ton de marbre ne présageait rien de bon. Une tension s’accumulait dans cet absence de son tandis que le temps semblait s’être immobilisé. Lui faisant dos, il était fort possible que le bibliothécaire ressente de l’hostilité à son égard.

Cette situation dura plusieurs secondes qui furent plus que suffisantes pour permettre à Raizen de s’endormir sur place et de se faire réveiller par son propre ronflement. Passant sa main sur son visage comme pour essuyer un coulis de bave, l’atmosphère lourde et pesante retomba instantanément. Tentant promptement de se souvenir de la situation, il s’esclaffa d’un léger rire gêné et sournois.

-Par contre, c’est cette curiosité qui permet au monde de croître, ha...ha.

Se reconnaissant en ce jeune homme, Raizen daigna lui répondre.

-Les données à ce sujet sont très floues, mais il existe de nombreuses techniques liées au Fuinjutsu qui pourraient bouleverser des nations. C’est notamment pour cette raison que les Uzumaki et les Meikyû ne s’entendent pas. La nature humaine et le destin semblent vouloir les séparer, car l’union des deux clans pourrait être beaucoup trop dévastatrice au niveau des percées sur le Fuinjutsu. C’est du moins ce que je pense. Pour le moment, les sceaux les plus dangereux sont probablement inconnus et passés de génération en génération à quelqu’un devant préserver le secret.

Marquant une pause, il bâilla avant de poursuivre:

-Bref, j’espère que tu sauras me proposer du contenu intéressant sur le sujet.

Le jeune homme avait rapidement montré sa maîtrise du sujet pour se permettre de parler d’égal en égal au bibliothécaire qui lui rappelait étrangement sa propre personne.





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