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La peste bleue [PV Muramasa]


Jeu 4 Jan 2018 - 23:43
LA PESTE BLEUE
M u r a ma s a



Peste blanche, peste bleue. L'océan emporte le ciel.
Réveil en apnée, par le feu lunaire qui dessinait des silhouettes hostiles sur le sol. Une énième douleur sans lumière, sans exubérance. Des angoisses ? Des rêves lucides ? Impossible de déterminer ce qui berçait avec sadisme la princesse des roches. Une frénésie qui se crée, se tord, disperse les angles de la pièce sous une fièvre nouvelle. Les yeux brumeux, loins d’être prêts à affronter la violence pourtant tamisée d’une lune presque pleine. Clarté opaque, la fenêtre se dessine comme une ouverture sur le monde, à son air pur. D’un coup, les poumons de la gamine semblent re-fonctionner. Comme si ce maudit parquet et ces toiles dorées étaient les oppresseurs silencieux de son cœur. Comme si dehors, elle n’était plus au service de ses paniques internes. La paix intérieure ? Foutaises ! Quelque chose la rongeait de l’intérieur sans même qu’elle ne puisse définir quoi. Cette vieille à qui elle avait refusé l’aumône la veille ? Ces mensonges sadiques qu’elle avait suggéré à une gamine qui cherchait du réconfort ? Peut-être ces deux ou trois lettres anonymes adressées aux familles des enfants voisins ? Des remords, elle n’en avait jamais eu. Pourquoi aujourd’hui ? Pourquoi maintenant ?

Ses crises d’angoisses remontaient à deux jours et ne cessaient de s'amplifier. La chute était toujours plus brutale, les sens, toujours plus affolés. Parfois il y avait ce gout amer qui remontait de ses tripes comme pour lui faire vomir des mots d’excuses qu’elle gardait par fierté, par arrogance égarée. Elle était la Shiroi Kujaku, l’héritière la plus à même de succéder à un royaume étatique ! Une petite querelle de cœur ne devrait pas la remuer ainsi. Père la regarderait encore de haut. Vivement que ces stupides jambes poussent, et que le dos du paternel s’affaissent. Que les rôles s’inversent, qu’elle donne le nouveau tempo.

Nouvelle remontée, cette fois d’une sueur froide, parcourant son dos comme une bête affamée en quête de proie facile. Son cœur l’était. La proie idéale aux maux et aux démons. Plus elle creusait son esprit pour trouver des solutions d’elle même, plus le froid s’emparait de son corps bordé d'une toge en soie fine. L’habit de nuit luxueux ne la protégeait guère du vent qui balayait les mèches, maintenant sauvages, autour de son visage.

Elle ignore la raison qui la pousse à escalader en silence la bordure séparant son monde princier de celui d’une nature humble. Elle ignore si les gardes font leur ronde correctement, si tout ces efforts sont voués à s'empaler sur la horde du Yamagenzo comme toujours, mais elle avance continuellement. Sans surveillance, sans hâte, simplement et docilement, comme la bête qui connait ses terres mais qui s’en méfie quand même.

Le palais regorgeait de dépendances, plus où moins ambitieuses, plus ou moins entretenues. La plupart étaient inhabitées, après tout, il ne restait plus que 3 membres à vivre dans les appartements principaux du Daimyo. Le reste était soit mort soit banni. Les servants vivaient dans des chaumières solitaires, d’extérieur tout aussi flamboyantes, mais évidées de toute forme de noblesses à l’intérieur. La vie creuse d’un seigneur féodal. Comme si ces gens n’avaient pas le droit à une simple estampe, même de mauvaise main.

Un soupir ravive la douleur brûlante au thorax de la gamine. Elle pose son poing sur une poitrine fragilisée, tapote avec comme s’il était le remède à ses soucis. Elle fronce des sourcils opalins, la sortie nocturne aurait du régler les choses, comme elle l’avait fait les deux jours précédents. Pourtant la gêne demeurait, la fatigue grimpait. Une toux s’empare d’elle et du silence qu’elle aurait aimé préserver. Plus violente qu’escomptée, plus frénétique. Elle ne pouvait stopper son petit corps d’expier tout l’air dont il avait pourtant besoin pour s'oxygéner.

La garde accourt au premier bruit. Piégée par ses propres remous; la gamine voit la foule apparaître. De charbon et d’argent. Leurs visages s'effacent, troublés par des larmes grandissantes. Elle ne contrôle plus rien. Pas même ce genou qui plie de lui même, pas même ces paupières qui deviennent trop lourdes, pas même cette salive maculée qui s’échappe au coin de ses lèvres.

- Yu… YUME-SAME
- Appelez un médecin, VITE !
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Shiroi Kujaku — I am blooming from the wound where I once bled


Dernière édition par Byakuren Yume le Lun 16 Juil 2018 - 22:38, édité 3 fois
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Ven 5 Jan 2018 - 7:40



La Peste Bleue


Featuring : Byakuren Yume

« La douleur ne meurt pas quand elle semble épuisée. »
( W. Shakespeare ~ Richard III -1592- )



(Musique ~ The Nightmare Begins)


Crépuscule planait de son placide zèle silencieux, depuis temps immémoriaux, sans se soucier moindre instant du destin d’âmes mortelles. Ce nocturne seigneur implacable, prenant son ténébreux règne couronné de pléthore de luminescences étoilées, demeurait impartial spectateur de ce monde à son orée, ainsi que des êtres qui s'y mouvaient. Iris glacial, se délectant de ce que les abîmes pouvaient offrir de plus malicieux, car nuit exaltait, désirs et actes pernicieux, en frénésie ne connaissant point entrave. Le cœur des hommes était un fruit pourri, oscillant d'innombrables nuances. Et lorsque l'incandescent globe se couchait, cette teinte apparaissait alors, prenant son véritable éclat.

Ses doigts jouaient sur un morceau de papier, la mélodie encrée qui progressivement du néant s'inscrivait réalité, originaire de ses chimériques pensées. Depuis quelques heures, cette Ode effrénée se déroulait, aussi fluide que le flot d'une paisible rivière ancestrale, ne connaissant point sécheresse ou débordement, venant troubler sa mélancolique harmonie scellée à jamais, pour l'éternité jusqu'à la fin des temps. Crissement secs et acerbes, imperceptible plume porteuse de jais aqueux, se faufilant de malice, pour ne perturber la cathartique plénitude se déroulant alors. Formant une à une les précieuses lettres se mouvant en singulier mot, devenant finalement censée phrase, se multipliant ainsi, jusqu'à l'infini tenant de l'immortalité parachevée. Cependant, que se passait-il, lorsque encre se tarissait, tableaux sylvestres venaient à manquer, sans compter, usage du mélodieux instrument ou encore de son habile joueur risquant de se briser.

Bien que de solide constitution, une langoureuse sensation s’immisçait sur les doigts détenant le calice déversant la cascade noircissant les feuillets. Il n'avait point vu temps passer. Se rendant compte, que la tombée de la nuit avait frappé, dans un mutisme tenant de colérique foudre assassine. L'alacrité de ce jumelage des opposés, pouvait surprendre parfois, sans crier gare et avec toupet. Ces horions punissant alors, de nombreuses stupeurs accablantes, ceux n'y prenant guère garde. Enfin, cela était opprobre pour ceux dont fainéantise était porteurs, tandis que cela revêtait saveur, pour qui était des plus travailleurs.

Sans prévenir, la porte du bureau, soudain s'ouvrit, dans un fracas tel, que l'habituel grincement de l'acier lubrifié, fut oblitéré sans pitié.

Apparut alors, espiègle damnée, néanmoins azurée, cantatrice exacerbée se mettant à chanter.

" Mura, il semblerait qu'une épidémie vienne gangrener la roche. "


Manquant pourtant de surprendre, celui allumant les savoureuses braises, qu'il souhaitait calmement humer.

Soufflant zéphyr formé entre ses lèvres, afin de sécher les derniers écrits ayant pris naissance, l'illustre pouvait être satisfait. Rangeant tout cela là où il était avisé, ce dernier, enfin, pu se laisser aller, à savourer l'encensoir son péché.

" Voilà qui est bien regrettable. "


Impassible, les sphères irisées aux reflets d'or se levèrent pourtant, révélant ainsi curiosité certaine. Néanmoins, aucun intérêt ne se dessinait pour cette nouvelle malheureusement triste, mais indigne du talent touchant les miracles du divin.

" Apparemment un individu proche du Daimyō a été contaminé par cette soudaine pandémie, ainsi que quelques douzaines de roturiers. Heureusement ces manants ont pensé à isoler les souffrants et ceux ayant été en contact avec ces derniers. Espérons que cela suffise. Un serviteur cherche désespérément un médecin, afin de se rendre sans plus attendre aux quartiers résidentiels "

" Le Daimyō? Par individu proche et cette hâte non dissimulée, il ne peut s'agir que d'un membre d'une importance certaine politiquement parlant... S'il n'en était ainsi, nul doute que ce dernier aurait été jeté sans once de vergogne avec les autres insectes attendant de périr d'une mort des plus misérables. "

" Tu t’intéresses à la politique maintenant ? "

" Ne me fais pas rire. Bien sûr que cela pourrait être avantageux... cependant, ce n'est pas ce qui me vient à l'esprit. "


Songeur, au pragmatisme pourtant implexe, s’enquérir que ce pressentiment le traversant ne fusse pas solide fait prouvé, il se devait pourtant d'arborer inquisitrice parure afin de s'en assurer. S'enhardissant, le perplexe se dressa, s'étirant nonchalamment.

" Je vais aller voir moi même de quoi il retourne. "


✗✗✗

(Musique ~ The Crimson Court)


Arpentant sous le nocturne manteau nébuleux la voie menant à la résidence -tenant plus de palais- où pure noblesse se trouvait, Muramasa était hésitant. Son cœur blessé ne pouvait point éprouver sympathie, envers ceux incarnant regalia, pour diverses raisons héritées de son dramatique passé. Marchant comme funambule au pas assuré, mais prestance préservée, il rejoignait néanmoins ce lieu de damnation, se plaisant à des jeux des plus pernicieux. Agonisants gémissements, accompagnés crescendo de moult quintes de toux des plus abyssales, se faisaient résonnantes sirènes de cette nuitée. Apparemment, le concert était donné par les petites gens, qui s'étaient vues entassées non loin d'une des résidences proches de celles du plus huileux des sieurs de ces sanctuaires rochers. Étrange, mais logique, si cette épidémie s'était déclarée dans les parages.

En l'espace d'un instant, il était déjà devant la gargantuesque antre du monstre. C'était ici, que la princesse devait forcément se trouver. Odyssée de tel acabit devait être confrontée, que par élu désigné du Divin, être répandant Miracles sur son chemin. Cela tombait fort bien, car nul ne touchait plus au céleste, que ce spectre silencieux, mais légèrement capricieux.

Après avoir couvert la moitié de son visage, montant jusqu'aux regard à la teinte dorée, le héro s’avança en direction de la demeure, entrant dans ce suspendu jardin fleuri, qui miroitait d'élégantes facéties des plus plaisantes pour les yeux. Soudain, un servant, se dirigea vers lui, s’enquérant de l'identité, mais surtout de la fonction, de ce visiteur apparaissant et s'invitant de lui-même. Le médecin leva la main, impérial décret, sommant à l'hurluberlu de stopper le pas, avant de venir trop près de sa vindicative personne.

Les gardes avaient-ils disparus ? Qu'importe ces cloportes.

" Vous cherchiez un médecin. Parlez. "


Sonnant vindicte, d'un ton calme, mais pourtant ferme, sa voix se voulait primordiale, imposant réponse immédiate.




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Dim 7 Jan 2018 - 0:55
LA PESTE BLEUE
M u r a ma s a



Peste blanche, peste bleue. L'océan emporte le ciel.

- Un mal a frappé l'héritière, médecin, vous devez l'ausculter !

Un ton intransigeant. La peur écourte toute forme de banalités courtoises. On le salue à peine, on ignore son ton condescendant, son visage de marbre. Les servantes s’agitent en silence, courant çà-et-là comme pour illustrer le dramatique. Il n’y a pas de requête ni d’explication : Le nouvel arrivé venait de recevoir un ordre, pas un appel à l'aide. Le politique s’en mêlait de loin, il avait donné son exigence d’aller chercher des experts dans les plus brefs délais, mais n’avait pu rester à la demeure royale plus longtemps. Ils avaient peur pour lui, peur de ce qu’il représentait ou surtout de ce qu’il ne pourrait plus représenter si sa propre fille devenait un danger pour lui.

- Ohhh Yume-sama, Yume-sama…

Une doyenne avalait ses mots entre ses larmes, perdue au milieu de ses congénères qui soignaient elles un peu plus leurs tenues, mais dont les visages ne mentaient pas : Elles craignaient le pire.

- Nous l’avons retrouvée affalée dehors en pleine nuit… Notre Yume-sama.. Les pieds tout gelés.. Elle crachait du sang… Ohhh Yume-sama…

Les pleurs étouffent les dernière paroles. Il n’y avait rien de plus à dire. Le médecin s’était levé sur le champ et avait pénétré la chambre princière.

►►►

Parfois il ouvrait les bras avec une douceur lente. Sa parure de soie dessinait les ailes qu’il n’avait pas; l’oiseau et son approche la plus terrestre. La gamine pouvait alors se nicher là où personne d’autre n'allait jamais, au creux d’une épaule solide, d’un coup charnu. Une tanière rien que pour elle. Que ses ailes se replient, qu’elles l’enlace. Il ne ferait alors plus froid, les neiges disparaîtraient. Toutes ces formalités aussi. Plus de titres, plus de rang. Ils sont père et fille. Il accueille sa solitude dans une valse de drapés. Elle n’a plus rien à craindre, sous ses bras elle sera toujours sauve.

La chaleur n’a pas le temps de naître, ces espoirs non plus. Les paysages dorés font place à un plafond tamisé par les premiers éclats du jour. Les poutres en bois s’allongent à l’infini, depuis quand la pièce était-elle si longue ?

Ouvrir les yeux ravive le pieu qui serrait la poitrine déjà éreintée de l’héritière. Lever la tête lui semble impossible, comme si le poids des mots n’était plus qu’une simple métaphore. Une tonne de verre brisé, des pierres roulantes, quelque chose de froid et chaud à la fois. Son corps tout entier avait été remplacé par de simples matériaux, sciant ses chairs, évidant le peu de vivant qui lui restait. Ciseaux, lames et griffes. Des antres aux proies d’une transformation morbide.


Elle sent la rouille lui monter. Pas par le sang qui cherchait une sortie, mais par ces effluves qui s’étaient accrochée à ses narines. Humer ses propres moeurs, l’enfant frisonne. Elle aperçoit autour d’elle une dizaines de silhouettes. Un seul ne cachait pas son visage derrière ces masques repoussants.

Un grognement ultime l’aide à redresser son torse contre la paroi (plus glacée que jamais) du lit. Son regard encore assoupi se joint à celui de la mine grisée qui la scrutait. L’interrogatoire muet commence. Un sourcil qui se fronce, puis s'arque à l’opposé. Serein puis inquiet. Enfin fier. L’héritière ne doit pas montrer ses peines de cœur, ni de corps. Elle reprend alors une posture aussi droite que possible, avec toute la dignité et les forces qui lui restaient. (Est-ce que père serait fier ?). Son cœur aurait parlé avec précipitation, mais de la raison découlent une voix sage et maîtrisée :

- Eh bien... Que me vaut cette visite impromptue ?

Une légère intonation de reproche, n’oubliant pas de faire virer ses prunelles d’azur vers le public qui était censé la protéger. Comme pour leur rappeler leur place, comme pour les blâmer de cet égard à l’intimité qu’ils venaient de salir.

Elle défroisse son duvet de soie dans un geste souple puis repose ses deux mains l’une après l’autre sur la couette qui la recouvre de moitié. Elle s’y re-plongerait bien toute entière. Quel automne pouvait être aussi glacial ?

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Dernière édition par Byakuren Yume le Lun 16 Juil 2018 - 22:41, édité 3 fois
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Dim 7 Jan 2018 - 10:02



La Peste Bleue


Featuring : Byakuren Yume

« La douleur ne meurt pas quand elle semble épuisée. »
( W. Shakespeare ~ Richard III -1592- )



♫♪ ambiance musicale : La Cour Écarlate ♪♫



L'ivresse de la peur miroitait subtilement de panache, tant la voix, imprégnée de panique, allait parfaitement avec la gargantuesque agitation enivrant l'interlocuteur. Était-ce l’inquiétude de perdre celle, qui était si précieux joyau au sein de la roche, inspirant noblesse et espoir de toute une nation, qui suscitait crainte, ou bien, était-il plus réceptif à la colère du seigneur, qui châtierait certainement tous ceux à qui il avait confié le soin de s'occuper de sa petite préférée ? La réponse devait tenir entre les deux, à n'en pas douter. Mais le sacripant, dans mascarade se voulant courage, ordonnait implicitement de sauver cette enfant. Quel manque de correction flagrant. Un de ceux, devant être expié en étant châtié séance tenante. Enfin, pour cette fois, ce manant avait chance, que le médecin comprennait que la situation était urgente.

" L'héritière ? Hatez vous, nous perdons un temps précieux. Ouvrez la marche. "


C'était bien ce qu'il craignait. La Princesse était en grand danger, ce qui expliquait pareille frénésie. Cette noble demoiselle, vantée comme fleur alliant grâce et beauté, en dantesque diapason, que même fertile imagination ne pourrait se targuer en dresser justesse dans son portrait, ne devait point mourir. Muramasa ne lui permettrait en aucun cas de rendre gorge aussi impunément. Il ne la connaissait que de nom, n'avait vu qu'esquisses de ses traits, cependant, les raisons le poussant à venir en aide à cette femme lui étaient légion. Cela ne tenait pas du fait que tout Iwajin devait respecter ordres, ou encore servir nation avec patriotique esprit enhardi. Que nenni ! La principale raison était plus subtile que simple fanatisme féodal.

Le voilà qu'il était maintenant guidé par le freluquet apeuré, mais alerte, qui cavalait comme un possédé. Doublant la cadence de ses pas, pour ne pas être distancé, le médecin suivait l'inutile guide, avec assurance. Il était là, chien dans un jeu de quilles, tant la panique sonnait à tout rompre, que les murs risquaient de se lézarder à tout instant. Les servantes faisaient les cents pas, s'agitaient dans une torpeur frénétique pour certaines, la triste mine sur leur crispé visage blafard, révélait toute l’inquiétude qu'elles traversaient à l'unisson. La Belle de ces bois devait être des plus souffrantes, pour pareille veillée de cette faune criant au funèbre destin. Personne ne prenait le temps d'expliquer ou de nommer la chose, tant la culpabilité de ces incapables se lisait dans la pesante atmosphère des plus morbides. Après tout, si la pauvre avait déjà un pied posé au delà de l’entrée des enfers mortifères, c'était qu'ils avaient faillis. Rien de plus, rien de moins. Si Muramasa se fourvoyait de même, nul doute que la valétudinaire ne finisse happée corps et âme par les abîmes éternelles d'un funeste sommeil ne trouvant jamais éveil. Heureusement, s'il y avait quelqu'un capable de remettre en question, le destin dictée par les Kami, cela ne pouvait être que ceux osant défier ces divinités avec sagacité et zèle, sans relâche et avec audace tenant d'inconscience. Après tout, être médecin, était faire pied de nez à Shinigami et autres entités. Plus proche du Divin que nul mortel en ce monde, l'inquisiteur, bien que flagrant manque de respect à son égard se tenait, comptait tout de même sauver la souffrante. Les mortels surnommaient l’ombre de ce spectre, Cordeau de Tempêtes, mais étaient alors bien loin d'imaginer, que ce dernier était encore au delà de ce sobriquet. Tueur de Dieux, en réalité, il était. Sa pugnacité était subtile, bien plus, qu'il ne paraissait. Ils se faisaient intransigeants, sommant au médecin, de sauver celle qui devait perdurer et marquer l'histoire du simple fait de son existence d'une empreinte éternelle. Cela tombait bien, car s'il avait pris peine de se déplacer, ce n'était point pour rien, au contraire. Rencontrer cette princesse, telle occasion s'incarnait offrande. Et si cette opportunité n'était saisie, jamais plus elle ne se présenterait alors. Mais faillir à la tâche, provoquerait de la part Daimyō, foudres certaines.

Il ne restait plus que les serviteurs, pièces aisément remplaçables, lors des mortels tumultes. Avec la nouvelle de cette épidémie frappant soudain, nul doute que trouver rassurant sanctuaire, loin de tout danger, se fit. Sa fille semblait malade, prendre le risque de s'assurer, que point corrélation n'était, semblait pari des plus risqué.

Enfin, quelqu'un, parmi inquiète foule, contait pour éclaircir les faits. Tenant succincte complainte, larmoyant moult pleurs concernant l'état fébrile de sa maîtresse, l'adorée. Avant de sombrer à nouveau, en ce désespoir éhonté, au mutisme de larmes teinté.

Cracher du sang ? Les coïncidences étaient une chose plus rare que le monde le laissait croire. Cela était indubitablement lié à ce fléau gangrenant subitement la roche. Hérité de l'attaque de ces vils démons, à n'en point douter. Et tous ceux présents en cette orée, devaient être inconscients infectés. Ils ne le savaient pas encore, mais ils étaient tous déjà morts. Ce n'était qu'une question d'heures, tout au plus, pour que macabre cortège viennent fanfaronner haut et fort. Heureusement que le médecin était là, car pas un semblait avoir suffisamment de jugeote pour réagir intelligemment. Ou alors, peut être que tous étaient trop aveuglés par la jeune héritière, qui se mourrait en ces lieux, en rendant son chant du Paon -semblable à celui du cygne-.

" Dehors !? Retrouvée !? "


Clamant soudainement en s'enhardissant, brisant son silence par son fatal échos, marqué d'une dantesque indignation. Cette bande d'incapables laissait la Princesses sans la moindre surveillance ? Alors qu'il est bien connu que ces dernières ont une fâcheuse tendance, à se voir enlevées ou pire encore. En tout cas, il fallait que cette dernière crache du sang et s'évanouisse pour que ces sbires de la pire espèce lèvent le petit doigt apparemment. Cela était inadmissible, voir scandaleux. Se tournant vers la Doyenne, affichant un air des plus graves, il lui tint soudain ce langage.

" Vous... Ce n'est pas en vous larmoyant que vous aiderez votre maîtresse à aller mieux. Ressaisissez vous et prenez les choses en main. Faites que tous se couvrent bouche et nez. Conduisez moi aussi à elle, sans attendre. "


Le visiteur de ces lieux, s'enquerra en direction de la princière chambrée, où la pauvre mourante était alitée, attendant de trouver son trépas.



✗✗✗



♫♪ ambiance musicale : La Princesse du Pays de la Terre ♪♫



Il regardait la rêveuse, sommeillante victime, dont le visage endormi sonnait carillon de souvenance d'un jadis lointain. Ressemblance évidente, cela était indéniable, voire des plus normal. Attroupées comme spectatrices -à l'utilité plus que discutable-, les servantes se figeaient, attendant ouvrage du médecin, craignant les moindres mots que ce dernier pouvait susurrer, comme poignard menaçant de frapper. Tout comme, elles étaient craintives à l'idée de la réaction de celle, dont l'intimité immaculée, chambre où nul homme ne pouvait avoir audace de s'inviter sans risquer exécution courroucée, venait d'être violée sans once d'impunité aucune.

Il posa le sac contenant son matériel dans un coin, sortit quelques masques et gants spécialement prévus pour des circonstances du genre. Les distribuant et donnant consigne à ceux, se voulant à assister au spectacle atroce qui allait alors prendre place. Eviter de respirer l'air sans masque, surtout si toux se fait entendre, éviter aussi le contact direct avec le sang ou autre fluides, tout comme de toucher sans protection les vêtements ou encore la literie. Signifiant bien, pour rassurer la foule déjà tourmentée, qu'il ne s'agissait que d'une simple mesure de sécurité, simple prudence au cas où, comme on disait en ces situations de crise.

A peine étaient-ils arrivés, que l'ingénue ouvrait alors péniblement les yeux. Comme si les regards sur son frêle petit être, ne pouvait prendre place à son insu.

" ... "


Regard azuré, néanmoins, fatigué, s’éveillant avec candeur, puis avec fierté des plus plastronnées. Demandant avec toupet, pour ne pas dire de forme maniérée dans son phrasé digne des armoiries dorées, dont porteuse elle demeurait, le pourquoi de ce dérangement manquant à l'étiquette se devant pourtant d'être à la lettre respectée. D'une mouvance des plus noble, elle se repositionnait, telle délicate, mais royale, se voulant à l'écoute, mais pas plus qu'il ne fallait en faire montre. Après tout, la princesse était d'un tout autre niveau que plèbe lui devant le respect, si ce n'était totale dévotion endossée et servile.

Poupée de porcelaine, au teint pale et aux cheveux d'une teinte argentée, semblant soie veloutée. Bien que désarticulée par les maux liés au fléau, elle restait prestance.

Silencieux, il la fixait avec intensité de son regard doré. Lui répondant après quelques instants -semblant pourtant éternité- la raison, dont elle était évidemment consciente, mais se targuait de nier.

Bien que jouant les intouchables créatures, à l'abri des maux touchant roturiers, son état était alarmant. Sa flamme vacillait, lentement, mais sûrement, et cela jusqu'à ce que le brasier animant ses rouages de chair et de sang, ne sombre dans la froideur du néant. Utilisant les savoirs interdits, la lame maudite ne risquait point que malédiction ne s'invite à lui. Il restait prudent, mais serein, face à la Calamité venant frapper avec une rage insatiable.

" Pas de cérémonies entre nous, Princesse. Vous êtes souffrante, il se trouve que je suis médecin. "


Avoir la correction, de ne pas trop alarmer celle revêtant tiare de souveraineté, se devait. Se tournant alors vers la doyenne qui tremblait intérieurement comme si le ciel allait lui tomber sur le crane, encore légèrement prise par les sanglots la faisant tressaillir, il lui invectiva ordre solennel.

" Déshabillez la, je dois l'ausculter. "


Dit-il, calmement, en tout bien tout honneur. La pudeur était inutile, il fallait agir sans tergiverser. Quelles seraient les réactions des servantes, mais surtout de la prude concernée, face à pareil décret ?




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Dim 21 Jan 2018 - 12:15
LA PESTE BLEUE
M u r a ma s a



Peste blanche, peste bleue. L'océan emporte le ciel.

L’océan peine à houler et rouler sous la dorure qui lui est due : Un regard cendré contre celui de la froideur céleste. Aujourd’hui terni par des nuages, éteint et las. Pas de lumière pas de chaleur, même les prunelles disparaissent au profit d’apparats sans âme. La princesse elle, ne s’assombrit pas, mais se rapproche au contraire du translucide réservé aux fantômes qu’on aime imager. Sa peau cristalline s'apparente à un verre trop fin qu’on briserait même avec de l’eau. Elle contraste avec la basane du médecin qui lui fait face, avec tout le sérieux qui découle de ses mots, et toute son hérésie.

Le Shiroi Shujaku est un oiseau blanc, une perle rare qui ne doit être vue ni prisée. Sa nacre, ses brillances, ses formes sont des secrets gardés depuis toujours derrière des murs infranchissables, un donjon de pureté. Pas de candeur au rendez-vous, juste un statut de noblesse, un icone qu’il fallait respecter.

Derrière elle se trouvait une immense estampe sur un parchemin bien plus haut que large. La princesse s’y envolait, rigoureusement vêtue, bercée par les fleurs et les ailes qu’elle aurait aimé avoir. Elle prend instinctivement la même pose que sur l’affiche, comme pour lui faire écho, comme pour témoigner de sa préciosité. Elle était un tableau à étudier, un art à ne toucher qu’avec les yeux.

- C’est hors de question

Les servantes qui s’étaient approchées dans le but d'exécuter la requête du médecin se stoppent net : La parole d’une héritière a bien plus de valeur à leurs oreilles que celle d’un homme quelconque (à savoir, une personne hors de la famille princière). Le regard aussi sévère qu’il puisse l’être, Yume se veut radicale, inclémente à quiconque ne respectera pas sa pudeur. Car la raison de ce refus n’était autre qu’une sérieuse gêne à son ego et sa confiance propre. Elle n’avait pas à subir ça. Ils n’avaient aucun droit sur elle !

Cette colère froide sévit instantanément : Le service baisse le regard, les gardes s’inclinent. Ils connaissent leur place. Retour de médaille, les flammes qui bercent un cœur fragile décident de répondre à cette adrénaline. Le muscle se serre, des poumons remplacés par des boules de plasma, des flammes bleues, ni chaudes ni froides, qui brûlent juste avec lenteur et délice du premier au dernier tissu trouvé.

La peinture bouge enfin. Impossible de poser plus longtemps. Poing le buste, délicat mais ferme. Elle s’autorise une petite toux, comme si cela allait libérer la gêne qui la rongeait depuis des jours. Grossière erreur. S’accorder un soubresaut : c’était ouvrir la porte à la frénésie dévorante du malin. Elle tente tant bien que mal de calmer ses démons, mais le corps agit avant la raison; Une gorge lourde, un cœur amer, des mains tremblantes, faibles face aux spasmes périodiques qui les réveillent avec une certaine violence.

La rouille s’invite au bal. Des aigreurs muettes, profondes. Elle termine sa route sur une paume délicate. Quelques gouttes de carmin. Bien loin du sang bleu qu’on lui avait décrit. Bien loin de toute cette noblesse. La voila banale enfant aux proies d’un loup affamé. Yume referme le poing et cache la preuve apparente de sa vulnérabilité. Dans la salle, tout le monde s’était paré d’un masque de soin, personne n’avait cependant osé l’approcher, si ce n’est ce vulgaire médecin qui n’avait pas oscillé pendant cette crise. Son courroux inchangé, cette même attitude solennelle, qui ne te regardait pas comme une princesse, mais comme le morceau de viande avarié qui pourrait contaminer le reste du poulailler.

Le paon rouge sang se redresse tant bien que mal, lève une main agitée (celle non ensanglantée) et frappe sans remords une joue qui ne rougit qu’à peine. Elle n’avait pas la force de punir plus. Elle n’arrivait pas à se venger sur le premier être qui la défiait ainsi de son regard ambré.

- Sortez, sortez tous !

La peuplade met une seconde à s'exécuter, comme s’ils doutaient de l’attitude à choisir. Obéir et fermer les yeux devant le problème ou se révolter pour au final être condamné plus tard. Le médecin était resté planté tel un arbre centenaire, enraciné à ses devoirs, à ses vertus.

- Tournez-vous

Son visage oscille, conscient que l’acte était plus dégradant que le résultat lui même. La gamine sent alors la soie lui tomber le long des épaules, ne restent alors que des caches misères, plaquant une poitrine pourtant inexistante, arrondissant des hanches pourtant si droites.

Elle tire un drap à elle, encerclant sa taille pour la cacher, et elle se tourne à son tour, dévoilant un dos décoré d’une colonne apparente, peut-être même un peu trop. Pas épaisse, presque recouverte par une crinière opaline qui lui sert de parure de secours; Yume s’était exécutée. A l’abri des regards familiers, à l’abri de tous.
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Dim 21 Jan 2018 - 21:09


RP ▶ La Peste Bleue
PV ▶ Byakuren Yume



« La douleur ne meurt pas quand elle semble épuisée. »
( William Shakespeare | Richard III | 1592 )


♫♪ music box ♪♫



Miroirs jumelés partageant nitescence dorée, rappelant aisément et à raison froideur du métal précieux, consumant âme et exaltant convoitise, jusqu'à aliénation tenant de damnation. Ils se plongeaient en ces impériaux iris les toisant avec allégresse. Ce regard outré, que d’ouïr évocation tenant de félonie abasourdie, était un délice demandant d'être contemplé avec attention toute particulière. Ce n'était pas tous les jours, que l'on avait le rare privilège que de pouvoir offusquer une demoiselle au sang plus azuré que les cieux eux-même. L'immaculé Paon rencontrait l'austère Corbeau. De sa noblesse, elle ne pouvait s'attendre à pareille tempête venant menacer son plumage, pourtant bien à l’abri de ces risques incongrus, qui ne devaient être qu'apanage destinés à d'autres oiseaux bien moins majestueux.

Les servantes eurent à peine l'occasion d'esquisser la mouvance sonnant le trépas de son honneur jusqu'alors intouché, que la royale inquisitrice réfuta avec entrain, l'impardonnable que revêtait cette théâtralisation digne du grotesque horripilant. Il n'en était point question, laissant échapper derrière les mots, toute la contrariété la traversant soudain. Ce qui ne manqua pas de faire sourire intérieurement le médecin, qui n'en attendait pas moins d'une princesse. Néanmoins, autant que cela puisse être admirable, autant cela était caprice, que de ne point abdiquer à l'évidence devant de toute manière se réaliser.

Courroucée, malgré le mal rongeant son frêle corps, elle s'animait d'une palpable objection, quand à se voir dénudée devant l'inconnu, fusse-t-il docteur ou Kami tout puissant, elle ne permettrait point l'affront. Ou du moins, qu'il n'y ait témoin de celui-ci. Frappée par les tourments dévorant sa flamme, elle vacilla sous la soudaine émotion dont elle faisait montre. La douleur des maux la traversant, de son cœur jusqu'aux bout de ses ongles, l'écarlate vint perler de son souffrant râle, qui la tiraillait d'une pernicieuse malice.

Vaillant, le Paon attaque, frappant l’infâme défiant sa majestueuse grâce. Le claquement sec, vint résonner dans les échos brisant l'harmonieux silence cérémonieux, qui hantait le palais où calme s'érigeait de tout temps avec respect et dévotion.

Stoïque, le médecin ne chercha point à éviter les foudres de celle se sentant bafouée et humiliée au plus profond de son être. Si cela pouvait la calmer, cela n'était que maigre rétribution se devant d'être honorer. La gracile paume, si affaiblie, venait toiser la joue d'une caresse sèche et vindicative, malgré essence animant ses mouvances se voyant dépérir, elle ne manquait point du panache digne de son sang. Certes, cela était plus pour marquer honneur se devant être éternel, que réelle punition infligeant infinies souffrances rédemptrices. Quoi que, à bien y regarder, la furie semblait aspirer à vouloir châtier le malandrin et lui faire subir une douloureuse éternité en enfer, avec un zèle certain. Cependant, si elle en avait le désir, elle n'en avait pas la force. Si le médecin de l'ombre était le premier être à la défier de la sorte, en contrepartie, elle était bien l'unique ingénue ayant refusé de se dévêtir d'elle-même, séance tenante, sous l'implexe de la demande de l'érudit. Décidément, les princesses étaient de bien étranges créatures.

Agacée, la belle ordonna à tous de quitter la chambrée, incarnation du nid douillet, qui berçait les songes de ses nuits, mais aussi, du cauchemar qu'elle traversait alors. Le visiteur restait planté là, comme arbre profondément enraciné, ne bougeant point, à part pour porter sa main sur sa joue légèrement endolorie par la fureur vengeresse l'ayant frappée. Sachant pertinemment, que cette jeune demoiselle allait devoir céder à sa demande, si elle voulait renaître des cendres qui commençaient à résulter du flétrissement des plumes incarnant sa vitale entité.

Sommant alors à l'oiseau de mauvais augure de se retourner avant qu'elle ne laisse choir le plumage cachant nudité, chose qu'il fit sans rechigner, mis à part léger sourire esquissé, tant elle faisait montre de ces valeurs se voulant des plus dorées.

Le bruissement de la soie glissant sur la peau jouait la sensuelle eurythmie marquant la silencieuse complainte de celle qui abdiquait enfin à dévêtir sa peau, afin d'en offrir les horizons insoupçonnables si savamment et éhontément cachés. Lorsque le dernier râle velouté vint se terminer, laissant place à mutisme solennel, le médecin se retourna. Elle était là, offrant le satiné dos à sa vue. La cascade soyeuse venant péniblement s'écouler comme dernier rempart se jouant défenseur de pudeur. Il s'approcha d'elle, d'un pas que seul loup, cherchant querelle, pouvait en arborer la délicieuse résonance. Avançant sa main, sans once d'hésitation, il dévia le courant de cette cascade se jouant sinueux voile de chasteté. Découvrant ce dos si fluet, mais à l’élégance ne trouvant point semblable. Ce teint proche du laiteux, qui laissait suggérer une douceur semblant irréelle, s'érigeait comme sinueux temple ne demandant qu'à être découvert, mais surtout arpenté. Du bout de ses doigts, il vint en dessiner le sillage, en souligner les traits, suivant avec rigueur la colonne marquée de vertèbres un peu trop saillantes, mais néanmoins charmantes.

Sifflant alors dans le creux de l'oreille de la prude créature, le venin dont il usait si bien, avec sagacité.

" Rassurez-vous Hime-sama, je souhaite seulement vous soigner. Vous avez beau jouer la forte tête, faire semblant que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, nous savons tous deux, que vous ne faites que préserver les apparences. Vous souffrez horriblement n'est ce pas ? Pourtant, vous gardez cela pour vous. Voilà une bien courageuse effrontée que voilà. "

Il posa pleinement sa main sur la peau en parcourant l'échine, qui frémissait sous le toucher venant bousculer la timidité ne connaissant point pareille sensation, que d'être abusée par autrui. Elle était complètement offerte à ce regard et à ces doigts qui se posaient sur elle et la traversaient au plus profond de son être.

" Dire que certains tueraient sans hésiter, simplement escomptant occasion de pouvoir effleurer soie revêtant votre chair, que ce soit de leur regard ou encore de leurs doigts. "

Jouant des arcanes médicales dont maître incontesté il se trouvait être expert, en déduire que la pauvre enfant était effectivement gangrenée par le fléau bleuté dévorant peu à peu sa vie fut tache aisée. L'auscultation ne fit que confirmer les soupçons, se faisant évidence.

" La flamme vous animant s'éteint inexorablement. "

Annonçant le verdict à l'impérieuse inconsciente, qui craignait plus pour sa noblesse, que pour sa vie. Muramasa posa sa main sur l'épaule de l'ingénue et la força à se retourner, que cela lui plaise ou pas. La faisant basculer en la retenant de l'étreinte de son bras venant la soutenir. Elle fuyait la triste vérité, mais devait y faire face. Tout comme elle devait se confronté au médecin ayant pris la peine de venir l'aider, alors qu'elle n'était qu'une petite fille gâtée depuis toujours. Loin d'être femme connaissant les affres que pouvaient incarner ce bien triste monde. Elle cachait de ses ailes sa poitrine encore naissante, comme une vierge effarouchée faisant face aux regards emplis de désirs des loups voulant se repaître de ces délicieuses formes. Le canidé en question n'était pas intéressé, mais le doute était légitime. Il glissa sa main, afin de la placer sur la vallée dormant entre ses seins, où poumons s'ancraient.

" Cela devrait vous soulager le temps que je prépare le remède adéquat. Laissez moi faire et enlevez vos mains. "

Un halo lumineux, étincelant d'une teinte verte, émana de la paume qui se posait tendrement et délicatement sur le corps de la jeune femme récalcitrante. Il pouvait sentir le cœur de l'ingénue palpiter d'une cadence se voulant plus frénétique, qu'il ne se devait alors d'être. Une douce chaleur venait panser les meurtrissures qui venaient se jouer annonciateurs de trépas. Elle pouvait ressentir la délivrance, qui venait emplir tout son être, se voyant alors revigorée d'un nouveau souffle de vitalité, s'incarnant espoir d'être finalement sauvée des griffes du vicieux Shinigami essayant de la happer dans les abîmes d'un éternel repos ne connaissant lendemain.




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Mar 29 Mai 2018 - 17:10
LA PESTE BLEUE
M u r a ma s a



Peste blanche, peste bleue. L'océan emporte le ciel.

Une moue tord son visage lorsqu’elle sent les sillons laissés par les phalanges du médecin. Même si son visage est masqué, imperceptible, elle s’évertue à le figer dans le temps et l’espace, mort ou vif, il devait être éternel. Le jeu de dessin commence, les doigts en guise de plume, marquant d’une encre indélébile les chemins qu’ils traçaient. De haut en bas, sans hésitation, réduisant la princesse à l’état de vulgaire cobaye anatomique. Incapable de savoir si cette encre la brûlait ou la pétrifiait. Incapable de comprendre et tolérer ces mouvements. Sa peau était un nappage royal, un duvet de soie encore jeune, le laisser à la portée du premier venu était une honte et un outrage sans mesure. Il parlait avec arrogance pour quelqu’un qui se devait faire profil bas. Son rang lui imposait silence, mais il s’égarait dans ses propres déboires, s’amusant du privilège de la voir ainsi, en animal emprisonné par ses propres mœurs. Comment pouvait-il parler d’apparence quand il n’avait rien de digne, pas même son attitude. Son sang était sale et il osait parler comme s’il connaissait le poids du pouvoir. Il n’était pourtant qu’un rat qu’elle devait surplomber et chasser. Elle revêt alors la pire de ses facettes.

- Gardez ces remarques pour vous, si vous tenez à votre blason.

En un claquement de doigts et elle le faisait rayer du pays de la terre (du moins elle le croyait intimement). C’est donc avec cette fierté froide qu’elle accueille le constat sur son état. Une flamme qui s’éteint ? La jeune impétueuse ne peut retenir un petit sourire sarcastique. Elle avait pourtant l’impression de brûler de l’intérieur, mais lui disait le contraire. Le malin était en train de prendre possession de ses plus intimes convictions. Elle était foutue ? Le rire s’efface quand son buste se penche. Cachant une poitrine derrière des bras encore fragiles, puis derrière les tissages d’argent. Elle se couche, guidée par les mouvements du médecin. Une nouvelle flamme s’invite à l’assemblée, mais celle-ci est douce et sans chaleur. Les paumes de l’arrogant agissent dans l’instant, calmant la brûlure interne qui la rongeait. Elle savait que ce n’était que partie remise. Cette lueur verte, elle la connaissait. Une traîtresse qui apaise sur le moment, mais qui laisse intactes les blessures que l’on ne peut contrer. Dès qu’il partira, dès qu’elle serait seule, le feu reviendrai. Elle penche alors le visage épuré de tout sentiments.

- Quelles sont mes chances ? Dans l’optique elles seraient nulles, combien de temps ? Est-ce héréditaire, contagieux ?

Un temps de pause marque lourdement l’espace en écho à la gravité de la situation.

- Si l’on peut parler de mois ou de semaines, appelez ma gouvernante sur le champ, loin de moi l’envie de finir mes jours dans cette pri… cet endroit, au milieu de la plèbe.

Ses prunelles vacillent légèrement sur le côté, témoignant du léger doute qui la rongeait. Elle craignait pour sa vie, certes, mais elle était bien plus effrayée par le temps. Si quelques jours avaient suffi à la rendre pathétique, quelques autres l’emmèneraient peut-être à tout jamais. Elle et les autres, si tant est qu’elle soit un danger pour eux.
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Dernière édition par Byakuren Yume le Lun 16 Juil 2018 - 22:43, édité 4 fois
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Mer 30 Mai 2018 - 0:10









::: RP ::: La Peste Bleue
::: PV ::: Byakuren Yume



♫♪ MUSICBOX ♪♫
REALLY SLOW MOTION - DEADWOOD


En voilà une ingénue bien récalcitrante, que d’être traitée avec totale dévotion, en plus de toute l’attention d’un médecin aux yeux aussi mordorés, que son regard s’incarnait assuré. Il s’agissait bien là de la patiente la plus véhémente qu’il avait rencontrée jusqu’à ce jour. La plus véhémente, certes, mais non des moindres. Ce n’était pas tous les jours que l’on avait l’honneur, pour ne pas dire le privilège, que de pouvoir pratiquer les arts médicinaux sur une personne aussi impériale que la lune arborait le vespéral. D’habitude, les demoiselles étaient loin d’être réticentes à se dénuder à la demande du parangon, puis à docilement le laisser prodiguer le moindre soin qu’il jugeait nécessaire, celles-ci s’offrant éperdument corps et âme sans résister. Cependant, le Paon Blanc n’était point de ces gourgandines à se laisser apprivoiser par une belle apparence ou d’autres sentiments ambiguës et indignes de sa gracieuse parure immaculée jusqu’au moindre de ses traits. Incarnant la princesse au zénith, elle surplombe de son apogée naturelle les misérables insectes, tous indignes de s’élever à semblable firmament. Le médecin pose la paume de sa main sur la porcelaine pâle et épurée de toute imperfection en faisant glisser habilement ses doigts sur la soie de ce plumage de chair et de sang, afin d’ausculter l'effrontée. Il ressent tout le désarroi l’emplissant, malgré la contenance qu’elle s’évertue de tenter de garder intacte et éternelle. Bien qu’elle cache le moindre signe la trahissant, il ressent parfaitement le tumulte la saisissant d’une irrémédiable pulsion cathartique la prenant au dépourvu jusqu’à l’essence même de son être, voire sans déraisonner, de son âme. Muramasa ne faisait que l’ausculter, d’une manière si solennelle que cela en paraissait cérémonieux. Il était sans nul doute probable, pour ne pas dire d’une véracité sans faille ou moindre lézarde, que la Byakuren devait être auscultée en temps normal par des doctoresses, et non des mâles ne risquant que de perturber sa pure innocence ou encore ses autres traits. Espièglerie fière, elle essaye de se défendre à nouveau, que de se voir insulter de la sorte, de part le simple fait qu’il ne garde pas sa langue de vil serpent à sa place. Ce qui amuse intérieurement le jeune homme qui poursuit sans vraiment accorder le droit à la charmeuse de serpent que les sifflements se figent dans le marbre du mutisme. La jeune femme à la tiare incandescente d’un nacre purement cristallin est hautaine, se pliant à être traitée, mais bien car cela était dû à la tragédie la frappant du funeste mal azuré. On lui annonçait sa fin, ce qui fit exulter de ses fines lèvres l’esquisse d’un sourire aussi doré que le précieux métal synonyme de souveraineté, contrariant l’argent lui allant si bien. Désarticulée, la poupée de porcelaine ose demander les chances qu’il lui reste, combien de temps avant que la dernière once animant son frêle corps d’ingénue ne l’abandonne en l’endormant dans les limbes du repos dont jamais elle ne s’éveillerait. Muramasa reste stoïque, posant les miroirs à l’encontre des siens ayant perdu de leur flamme dès que l’idée d’une fin éternelle planait.
" Les chances sont inexistantes. Contagieux, sinueusement rapide à s’enraciner jusqu’à dévorer la moindre once de vie. "
Le pragmatique oiseau de mauvaises augures ne pouvait pas s'empêcher d’un peu la taquiner. C’était plus fort que lui, surtout qu’il ressentait qu’elle était tout à fait le genre de personne à fulminer dès lors qu'on la contrariait. Si cette dernière ne s’était pas avérée liée à lui par certains liens, il ne se serait sans doute même pas déplacé pour son cas. La Princesse Yume était intéressante, et le médecin ne comptait pas à ce qu’elle disparaisse aussi facilement qu’une éphémère étincelle s'effilochant dans le néant.
" Dites-moi, Princesse. S’il ne vous restait qu’une seule journée à vivre, que feriez-vous ? "
Il profitait de cette opportunité pour chercher à déceler le véritable visage se cachant derrière ce masque que l’immaculée arborait avec fierté. Muramasa était quelqu’un qui appréciait cerner la nature des gens, et même parfois être un peu malicieux.



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Mer 30 Mai 2018 - 18:01
LA PESTE BLEUE
M u r a ma s a



Peste blanche, peste bleue. L'océan emporte le ciel.

Chances inexistantes. Contagieux. Rapide.

Décrivait-il la maladie ou un serpent sans nom ? Nulle différence aux oreilles de la princesse ; La bête était déjà installée. Ce reptile n’avait pas de venin, mais tuait ses proies par constriction ; encerclant les corps encore chauds jusqu’à les briser, les étouffer à jamais.

Le basané parle alors d’un unique jour, ne cherchant même pas à dissimuler le sourire témoignant de sa curiosité prédatrice. Ses crocs jubileraient presque devant pareille proie. Un oiseau étriqué par le basilic, et le loup à côté qui se régale juste de la scène. Voulait-il l’embarrasser, la désarçonner ? Il devait croire qu’une princesse n’avait de son rôle que le titre, et qu’une fois au bord du précipice, elle se comporterai en simple gamine qui voulait survivre. Et c’est ce qu’elle désirait, au fond, mais elle n’était plus de ceux qui abusent de l’utopie pour se créer des personnalités sous-jacentes. Son masque ? Cela faisait longtemps qu’on l’avait fondu à son propre visage, comme une poupée de cire chaude qu’on remodèle sans cesse. Ses antres, sa vérité, son cœur ? Elle n’en avait plus que le fond, la forme s’étant adaptée à la noblesse du sang royal.

Le Shiroi Kujaku se redresse, s’adossant à la tête de lit avec toute la droiture qui lui restait. Elle a les yeux froids et la gorge embrasée, de sa bouche ne pouvait découler que le flux d’un rang, la parole d’une éduquée.

- Je ferais ce que la raison me dicte. Et pour l’heure, elle me dicte de gérer mes erreurs.

Sèche et amère, la voix princière a perdu de sa chaleur, mais gagné en autorité.

- Ruka !

La vieille servante rentre à la seconde même ou son nom est sommé. Ses yeux cendrés et son teint blafard témoignent de son angoisse, ou peut-être de son serpent à elle.

- Suis-je la seule concernée ?

La doyenne rentre en apnée, incapable de sortir un mot. Ses joues tremblent et tressaillent à chaque commissure de ride. Une moue de frénésie, un claquement inaudible.

- RUKA !

Pas de seconde chance, la servante déglutit l’air qu’elle emprisonnait jusque lors. Comme si elle craignait sa propre parole. Comme si elle savait déjà ce que la princesse avait en tête.

- Une dizaine d’autres cas, Hime-sama… Des servantes et quelques gardes. Nous n’avons pas envoyé d’inspection au village dans le cas où….

Elle s’arrête, consciente de la cruauté de la situation qu’elle venait de suggérer. La résidence princière était captive de sa propre conscience, bannie de son propre monde. Des rois exilés.

- Tu as bien fait. Dis à tout le monde de se rassembler au jardin principal, nous partirons bientôt pour nos quartiers secondaires. Prenez les animaux aussi.

S’éloigner d’Iwa, c’était la seule chose que la princesse pouvait gérer d’elle-même. Quitte à condamner la maison mère et ses résidents. Intérieurement, elle savait cette réaction impulsive mais juste. * Au cas où ; juste au cas où * Elle replonge alors ses yeux océans vers le médecin.

- J’ignore si votre histoire de jour unique n’est qu’une grotesque blague, mais je crois comprendre qu’une quarantaine s’impose. Cela vaut pour vous aussi, mais si vous préférez vous excentrer de votre côté, vous êtes libre.

Le tempo était donné. Le même rythme que celui d’un cœur qui prend conscience de sa mort imminente et de l’adrénaline qui en découle. .
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Dernière édition par Byakuren Yume le Lun 16 Juil 2018 - 22:44, édité 2 fois
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Jeu 31 Mai 2018 - 9:23









::: RP ::: La Peste Bleue
::: PV ::: Byakuren Yume



♫♪ MUSICBOX ♪♫
Lilium


Le médecin examine la réaction de l’ingénue, désireux de percevoir la subtile quintessence à travers ce visage façonné de la plus pure porcelaine en ce monde. Que peut-il bien aspirer à déceler chez l'effrontée ? Une chimère, de celle qu’il ne devrait se laisser tenter chasser, sans nul doute. Une ressemblance frappante existait dans les traits, ainsi que la prestance ramenait des échos d’un lointain jadis. Similaire jusqu’à un certain point, car si la Princesse était aussi pure dans son ramage, c’était qu’elle n’avait pas connu la même histoire. Une destinée qui ne peut que diluer l’essence immaculée d’un magnifique plumage, le rendant tristement terne, mais où quelques nitescences subsisteront, malgré l’adversité, pour toujours et à jamais. Son visage est de marbre, tandis qu’il contemple la faible dissonance d’une radiance se faisant exergue, bien qu’imperceptiblement fébrile. Le taciturne Sphinx laisse se débattre la majesté, songeur quant à la réponse sacrificielle dont elle fait montre. Autoritaire, sa voix incarne impérial décret, quelle que soit l’eurythmie employée dans son chant. La langue de l’ingénue est une arme à ne pas sous-estimer, sachant la manier avec une implexe audacieuse. Une vraie petite furie, dont la verve est naturellement un doux poison par l’azur irriguant ses veines au rythme de son palpitant. Elle exultait de tout son être ce qu’une princesse se devait d’incarner. Le taciturne attendait énormément de cette rencontre, mais surtout de la prisonnière de la cage d’argent. Il ne s’était pas trompé, car elle ressemblait vraiment à l’image qu’il se faisait d’une silhouette du passé avant qu’elle ne soit engloutie dans des abysses dont nul ne pouvait se relever. Il laisse la fougueuse procéder à sa représentation, jusqu’à ce que celle-ci porte l’attention de ses prunelles cristallines, accompagnées de sa verve, sur le médecin la fixant silencieusement. Il ne voulait pas interrompre le chant du Paon avant sa fin. Prenant une inspiration, il lui apporte alors quelques mots dénotant de son irrémédiable correction. Prenant détours sinueux, afin de répondre au mieux à la sang bleue le toisant.
“ Votre réponse est intéressante.
Je n’en attendais pas moins de vous, Yumehime. “
Employant le surnom qui convenait parfaitement à la demoiselle, le jeune homme n’y ajoutait aucun honorifique venant briser l’harmonie de ce sobriquet un peu audacieux. Il pouvait se le permettre, ou peut être pas. Apprécierait-elle ? Cela importait peu aux yeux mordorés ne craignant point le courroux de la belle. Il pouvait encore ressentir le fantôme des doigts graciles ayant estoqué son fin visage. L’effrontée oserait-elle une seconde fois faire montre d’un violent désaccord ? Peu probable. Se relevant du sanctuaire interdit, afin de se plastronner fièrement avant de faire quelques pas en direction du balcon qui se dressait à travers le vitrage scellé, le parangon écarta d’un geste assuré les voilures de fils d’or et d’argent entremêlés, afin de contempler l’horizon.
“ Le mal vous touchant est certes des plus funestes, cela est indéniable. Néanmoins, vous êtes plus chanceuse que la situation ne laisse paraître. Les personnes capables de vous sauver de cette mort inéluctable doivent se compter à travers tout le Yuukan sur les doigts d’une seule et simple main. “
Orgueilleux, le médecin contemple le vespéral baignant l’horizon dans une mélancolie de jais. Il se retourne, croisant les bras en s’adossant à l'alcôve de pierre se recouvrant de cascades drapées nimbant son existence.
“ Si la Princesse des Rêves s’endormait d’un sommeil éternel, quelles rêveries subsisteraient en ce monde ? Vous êtes adorée par la plèbe et les nobles comme incarnation de chair et de sang d’une déesse immaculée. Pensez-vous qu’ils pourraient encore rêver si vous les abandonner ? Un monde sans rêve n’est envisageable. “
Finissant sa tirade, le médecin se tourne vers la servante encore blafarde d’angoisse. Il esquisse de ses fines lippes un léger sourire, avant de se tourner à nouveau sur la poupée de porcelaine, afin de l’inviter à être soignée par ses soins.
" Vous ne pouvez mourir, Yumehime. Je ne vous en donne pas ma permission, autant en tant que médecin, qu’en tant que votre plus dévoué sujet...

Le moindre de vos maux, je le soignerais. "
Le visage grave, le narcissique ne laisserait pas le destin arracher une immaculée à la roche. Une fois avait déjà été de trop.



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Sam 9 Juin 2018 - 10:58
LA PESTE BLEUE
M u r a ma s a



Peste blanche, peste bleue. L'océan emporte le ciel.

Le médecin collectionnait les tirades déplacées comme des trésors maudits. A chacun de ses souffles, une nouvelle déraison. Son égo osait se mesurer à celui d’une royale, alignant des injonctions et des vérités qui n’en étaient pas. Pourtant, plus il s’embourbait, plus la princesse s’apaisait. Ses traits disparaissant un à un, rendant à jadis ce qui appartenait à la fameuse idéologie Iwajine : Une porcelaine immaculée, détachée de tout. Un buste qui se redresse, des paumes fragilisées qui soulèvent la dernière couche de soie qui se battait tantôt contre une hypothermie morbide, tantôt contre le feu de la fièvre.

Elle se lève, le menton droit, le regard fier. Sans gestuelle ; elle lâche alors les courants des enfers :

- Ce que vous attendez de moi ? Vous ne me donnez pas la permission de mourir ? N’oubliez pas votre place, rangez votre ardeur désuète. Vous parlez à une Byakuren !

Le collier était posé ; celui qu’on resserre au cou d’une bête qui hurle trop. Ce même collier sanglant qui n’hésite pas à étouffer l’animal jusqu’au râle. Il l’avait accepté de lui-même, en décidant de soigner un mal qu’il ne jugeait curable que par les élites. S’il l’était, s’il en avait l’étoffe, il n’avait cependant aucun droit de parole dessus. Son mutisme serait son absolution, surtout en face d’une princesse forgée de fierté.

Ruka choisit cet instant de sermon pour faire son retour. Elle a à ses côtés des gardes, l’escorte princière, prête à inaugurer la danse macabre. La princesse reste pourtant concentrée vers l’audacieux. L’azur de ses prunelles scintillant plus que jamais, comme si cieux et océans eux-mêmes y étaient prisonniers.

- Je vous nomme médecin en chef de la quarantaine qui se situera dans nos résidences au Nord. Tout désistement sera passible de jugement. Vous avez le droit de constituer votre équipe, car nous accueillerons chaque cas similaire recensé à Iwa. Cette équipe devra être prévenue des risques que vous connaissez et leurs erreurs seront les vôtres, formez-les en conséquence.

Elle clôt ainsi la capture du loup. Le voilà piégé entre songes et réalités, sous le courroux du paon blanc qui s’avance vers la sortie avant de s’arrêter à la porte. Elle ne daigne pas se retourner, laissant son dos parler pour elle.

- Les dieux ne meurent pas, et les rêves ne guident pas. Il serait temps qu’Iwa le comprenne…

Une légère tristesse sonne. Celle d’avoir à révéler elle-même des secrets interdits. Des acquis à briser, cette supercherie liée au sang, elle était la première à trouver ce statut ridicule, mais elle était encore plus accablée de voir qu’elle pouvait influencer (en bien ou en mal) des cœurs qu’elle ne connaissait même pas. Il lui manquait cette confrontation, ce véritable combat, les joutes verbales et les débats. Elle ne les connaissait pas, et eux non plus. Elle en haut et eux en bas.
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Shiroi Kujaku — I am blooming from the wound where I once bled
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La peste bleue [PV Muramasa]

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